Lorsque Croyance se réveilla, il se retrouva dans le noir. Cette noirceur imposée qui le mettait mal à l'aise. Il ne savait même pas s'il faisait normalement jour ou pas. Ses mains s'agitèrent dans l'espoir de trouver quelque chose qui l'aiderait à se redresser. Le mur, la table de chevet, n'importe quoi…

Au lieu de ça, il trouva un visage rond et doux sous sa main.

Modestie !

- Modestie ? Appela-t-il en déplaçant sa main vers le bas.

Il trouva son épaule, noyée par une masse de cheveux, et tenta de la réveiller en douceur. Mais il tira par mégarde sur les filins d'or et elle grogna en se dégageant.

- Croyance ?

- Oui. Je ne sais pas quelle heure il est.

- C'est le matin. Lui dit-elle. On va bientôt pouvoir aller manger. Je suppose que ton Monsieur Graves viendra nous chercher.

- D'accord…

Il sentit la main de sa sœur dans ses cheveux et il se sentit un peu mieux. Il se serra contre elle. Elle était un de ses derniers points d'attache…

Il n'arriva pas à savoir combien de temps s'était écoulé avant qu'il n'entende du bruit contre la porte. On frappait. Il resserra la main de Modestie dans la sienne et tenta de se contrôler, de ne pas laisser ses pouvoirs affluer. Il était primordial qu'il ne développe pas encore ces pouvoirs. Il ne pouvait pas prendre le risque de faire mal à sa sœur…

- Oui ? Dit Modestie.

- C'est Percival. Je peux rentrer ?

- Je suis présentable. Dit la demoiselle.

- Moi pas. Souffla Croyance d'une toute petite voix.

- Si. Et ne t'inquiète pas : il t'aidera à t'habiller. Lui certifia sa sœur en le serrant dans ses bras.

Il la serra à son tour et il entendit qu'on ouvrait la porte. Il entendit le bruit des pas qui s'approchaient de lui. Il étendit la main et en sentit bientôt une autre sur la sienne.

- Croyance aimerait que tu l'aides à s'habiller. Dit Modestie.

- D'accord. Je vais l'emmener dans la salle de bain. Prépare-toi en attendant. Lui répondit Percival. Nous avons trouvé Jedusor et nous irons à lui dès que Newt sera là.

- Est-ce qu'il sait ? Questionna Modestie.

- Je pense qu'il risque de vite savoir. Un Fantôme ça va partout, ça parle à tout le monde… Nous devons nous dépêcher. Huck va chercher Newt et les autres.

- Et on sera assez ? Interrogea Modestie.

Croyance resserra la main sur le poignet de Graves qui l'emmena dans la pièce d'à côté. Il ne savait pas grand-chose et il finit par sentir qu'on lui retirait ses vêtements puis l'aidait à en mettre d'autres. Il dut s'accrocher à ses épaules le temps qu'on le change.

- Je suis désolé… Souffla-t-il.

- Ce n'est pas ta faute. Lui dit Graves. Quand tout sera réglé, on trouvera quelque chose pour tes yeux. Newt connaît des créatures et des usages de potion dont on n'a pas idée. C'est probablement notre solution.

- D'accord…

Il n'était pas très rassuré. Il continuait de se faire changer et il détestait le fait de ne rien voir.

- Modestie ira bien ?

- Je la surveillerai.

- Même pendant qu'on se battra ? Questionna Croyance.

- Oui. Même si ce n'est pas une bonne chose de l'emmener avec nous si tu veux mon avis.

- À cause de ses pouvoirs ou parce qu'elle n'en a pas assez ? Demanda-t-il.

Il sentit quelque chose sur sa joue, une caresse. Puis il fut attiré contre le corps de l'homme et reçut un câlin. C'était toujours aussi plaisant et étrange en même temps…

- Merci. Souffla-t-il. Pour tout.

Il n'eut pas de réponse mais on continuait de lui caresser les cheveux et le dos.

µµµ

Alors qu'elle ajustait sa tenue et qu'elle prenait sa baguette, Queenie se tourna d'un seul coup vers Ombrage, les yeux écarquillés.

- Vous comptez vraiment nous accompagner ?

- Pourquoi pas ? Vous ne voulez tout de même pas vous débarrassez de moi. À moins que vous n'ayez des choses à me cacher ?

Oui.

Ils avaient prévus d'emmener Clay avec eux, comme Sammy, le Démonzémerveille et quelques Sombrals. Hank restait avec Joachim, trop dangereux. Et si Pickett venait c'était parce qu'il ne quittait jamais Newt. Ils supposaient que Dougal venait avec eux. Une part de Newt ne tenait pas à emmener les animaux, ayant peur qu'ils se blessent comme la dernière fois. Les morts étant toujours gravées en lui.

- Mets une robe, mon chou. Lança Queenie, ayant intercepté les pensées de son frère. Pourquoi pas la jolie jaune avec des nœuds noirs et de la dentelle noire ? Tu devrais pouvoir la détacher facilement en cas de besoin.

- Oui ! Cria Newt d'en haut. Merci !

- Alors… Des choses à cacher ? Demanda Ombrage d'un ton chantant, le regard la scrutant alors qu'elle ajustait son nœud dans sa chevelure.

- Les gens ont toujours des choses à cacher. Ça dépend juste de qui. Souligna Queenie avec un sourire.

- Je n'aime pas les cachoteries.

- Je l'entends bien. J'espère que vous nous pardonnerez celles que nous pourrions faire.

Bien sûr, la femme ne répondit pas. Dommage. Même si ça avait été un peu hors-jeu pour obtenir son pardon.

La seule chose que Queenie redoutait c'était comment elle pouvait réagir. Ce n'était pas un petit mensonge. Ils lui avaient vraiment tendu un piège. Et elle n'était pas fière de ce qu'ils avaient fait. Même s'ils avançaient que c'était pour le bien de tous. Ce n'était pas une raison pour faire du mal autour d'eux.

Tina descendit rapidement les escaliers et elle s'arrêta en voyant Dolores. Queenie se tourna vers elle et lui fit un signe de la tête avec une grimace. La brune comprenait…

- Les Elfes de Maison sont prêts ?

- Oui. Dit Queenie.

- Et les animaux ?

La blond se tourna vers Sammy qui portait une petite armure. Elle acquiesça.

- Je ne m'en charge pas mais oui.

- Newt le fera… Souffla-t-elle. Huck, Islander, Hozaille ?! Appela Tina.

Les Elfes de Maison apparurent et la brune s'approcha pour leur donner un parchemin sur lequel elle venait de rapidement écrire. Le nom de ceux qu'il fallait téléporter.

Jacob ne les accompagnaient pas. Trop dangereux. Et s'ils restaient un peu à Poudlard, il ne pourrait rien faire et rien voir.

Newt ne tarda à arriver à son tour, portant une valise qui faisait un peu de bruit, signe qu'elle était remplie de choses. Il avait sa baguette entre ses lèvres alors qu'il essayait d'ajuster sa robe avec des épingles. Queenie se précipita vers lui pour lui montrer comment il devait s'y prendre exactement. Puis ce ne fut plus que le temps de quelques minutes avant que les Elfes concentrent leurs pouvoirs et ne les téléportent tous.

µµµ

Tina ferma les yeux dès qu'ils arrivèrent, se demandant à quel point les hurlements seraient gigantesques. Elle avait déjà sa main sur sa baguette alors qu'elle entendait le bruit des grilles qu'on ouvrait.

- Oh par la barbe de Merlin !

Elle souleva les paupières pour voir Hagrid qui avait levé les yeux. Il regardait une immense créature qui se tenait auprès d'eux. Et la façon dont il avait dressé le visage vers le ciel, lui si imposant, poussa Ombrage à faire de même.

- Qu'est-ce ?! Vociféra-t-elle.

- Un Niffler. Répondit Hagrid. Le Niffler dont tu m'avais parlé Newt ? Oh… Queenie, cette robe est ravissante ! Je croyais que Newt ne portait plus tes robes. Dit-il sur le ton de la conversation avant de lever à nouveau le regard vers le Niffler.

- C'est plus compliqué que ça. Dit la blonde. Et merci. Rusard, ne soyez pas choqué, vous avez l'habitude de voir Newt avec des robes, vous aussi. Vous pourriez au moins être surpris par le Niffler. Dit-elle d'un faux ton de reproche.

- Comment avez-vous osé ? Rugit Ombrage.

Percival traversa la pelouse pour prendre Newt dans ses bras, lui mettant son manteau sur les épaules, ce qui lui valut un sourire doux et reconnaissant. Il leva les yeux vers la femme qui était emplie de rage.

Imaginez un crapaud en colère.

- Vous avez osé vous jouer de moi ! Vous saviez que je ne supportais pas le mensonge mais vous vous êtes moqué de moi ! Qui était cet horrible grassouillet ?!

- Mon fiancé. Dit Queenie. Vous l'avez pris pour Clay.

- Vous n'avez pas démenti ! Cria-t-elle.

Ses yeux étaient plissés. C'était maintenant un crapaud avec des petits yeux porcins…

- Vous auriez eu la chance. Mais vous ne l'avez pas fait ! Et il n'existe pas de punitions suffisantes pour des personnes comme vous. Je vais devoir…

Elle leva sa baguette et des étincelles scintillèrent avant que l'air ne s'échauffe et qu'une onde de choc ne balaie tout.

Lorsqu'ils purent reprendre leurs esprits, il n'y avait plus de Fée. Seulement un immense Niffler, un Rusard qui en était presque tombé sur les fesses et un Hagrid qui regardait tantôt ledit Niffler, tantôt ce Percival qui enlaçait son Newt d'une bien étrange façon.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Tina qui essayait de voir s'il ne lui manquait rien.

Non.

Il semblait qu'elle possédait chacun de ses membres et de ses organes.

- Dugal ? Appela Newt.

Le Demiguise apparut alors que Queenie portait ses doigts à ses lèvres d'horreur.

- Elle pensait qu'elle allait se rallier à Jedusor !

- À Jedusor ? Répéta Tina. Elle va lui dire ce qu'on a prévu ? Questionna-t-elle.

La blonde acquiesça.

- Nous étions prêts de toute façon. Je vais chercher les enfants, prévenez votre mère que les professeurs volontaires soient ralliés. Dit Percival en lâchant son amant.

- Les enfants ? Tu es sûr ? Questionna la brune.

- Oui. Ils sont puissants et ils voudront venir. Informa le Maire.

- C'est dangereux. Protesta Queenie.

Même si elle savait à quel point il était dans le vrai. Les pensées de Newt, celles de Rusard et de Hagrid lui laissait croire que, oui, ils avaient leur place parmi eux. Mais c'était si triste de se dire que des enfants étaient entraînés dans une guerre.

Quand bien même ça semblait plus être Jedusor et Gellert qui les avaient embarqués là-dedans par la force des choses…