Ce n'était pas possible. On ne connaissait pas une seule façon pour qu'un Fantôme prenne possession du corps d'un vivant. Pourtant, Gellert avait réussi. Il était là, plongeant les yeux de son fils dans ceux de Newt.

- Éloignez-vous de lui tout de suite ! Ordonna Minerva.

- Je sais que vous savez. Souffle le Mage. Vous avez tué Tom par accident mais c'était votre but. L'exterminer, me faire disparaître…

Il sourit. Ses doigts forçaient Newt à regarder vers « son » visage et s'il aurait pu baisser les yeux, fermer les paupières, il était là à le fixer également, les lèvres entrouvertes tant il était sidéré.

Tout le monde s'était figé et la seule personne qui semblait satisfaite de ce retournement de situation, c'était Renée Bibine. Bien sûr, elle était effrayée et une partie d'elle voulait seulement fuir mais l'autre était triomphante parce que tout le monde allait voir Percival comme il était !

- Lâchez mon fils. Ordonna Minerva.

- Ou quoi ? Ce n'est pas à Tom que j'étais lié mais à Percival. Ma chair et mon sang. Vous croyez vraiment que je me lierais avec ce stupide gamin ?

Il regarda la vieille femme.

- Vous comprenez, n'est-ce pas ? Si vous voulez récupérer votre fils chéri, il faudra tuer Percival.

Il attira vivement Newt vers lui, le tournant et attrapa la gorge du magizoologiste. Il sentait ses pulsations s'accélérer sous ses doigts et il comprenait que le jeune homme paniquait. Il sentait son fils fourmiller et protester. C'était peut-être le genre d'émotions qu'il voulait lui faire sentir depuis bien longtemps.

La peur et le dégoût mêlés.

Qu'est-ce que son père pourrait faire à Newt avec ce corps ? Il avait accès à toutes ses pensées. Il connaissait les peurs de ce pauvre timide. Il pouvait les utiliser pour lui faire peur et qu'il se rappelle à jamais de ça avec le visage de l'homme qu'il aimait.

À moins qu'il ne le tue avant.

- Comment faites-vous pour être en lui ? Demanda Flitwick.

Modestie s'approcha de Croyance pour lui prendre la main. Elle le tira vers lui et tenta d'être apaisante. Là, il était tout ce qu'il lui restait. Mais elle comprit que c'était faux lorsque les bras de Queenie s'enroulèrent autour d'eux pour les apaiser.

Elle s'était déplacée pour venir à eux, suivant le fil de leurs pensées, voulant être rassurante. Et si ça avait été doux et qu'elle ne le regrettait pas, elle avait fait une grosse erreur : attirer l'attention sur elle.

Gellert avait relevé la tête de son fils vers elle.

- Oh… Ce ne serait vraiment pas le moment qu'il vous arrive quelque chose, n'est-ce pas Mademoiselle future Kowalski. Est-ce que vous avez dit à votre mère que vous ne vouliez pas vous marier mais que vous viviez avec un affreux Moldu et que vous portiez son enfant ?

- Ooooh… Félicitations, Queenie ! Fit Newt.

- Et toi, tu es stupide. Soupira Gellert.

Minerva avait tourné la tête vers sa fille alors que Tina écarquillait les yeux de stupeur. Elle ne s'attendait pas à ce que sa sœur soit enceinte. Et encore moins à ce qu'elle l'ait caché ! Et qu'elle ose venir se battre, enceinte, alors qu'elle n'avait pas approuvé la présence des enfants…

- Je ne suis pas stupide. Dit Newt. Je sais que Percival est là, quelque part, Monsieur Graves…

Croyance essayait de s'orienter à la voix. C'était tellement étrange d'entendre sa Fée appeler son petit ami « Monsieur Graves » lui aussi.

- Je pense qu'il va revenir. Il est plus fort que vous. Son corps a lui est bien plus pur que le vôtre. Il a juste besoin de trouver l'impulsion. Je suis sans doute stupide de croire que seule ma voix pourrait aider.

La voix de Newt était un peu serrée. Il savait en effet qu'il pouvait faire quelque chose pour Graves, il pensait qu'il était assez puissant pour se défaire une bonne fois pour toutes de lui mais il ignorait combien de temps il lui faudrait. Et tout ce que Gellert pouvait faire en attendant… Il avait entière et complète main basse sur lui. Et malgré sa foi et son air détaché, il avait peur.

- Sais-tu qu'il voit et sent tout ce qu'il se passe ? Il sait que tu as peur de lui, cher Newt.

- Peur ? Je n'ai pas peur de Percival. Il le sait pertinemment.

- Ah !

Gellert déplaça légèrement Newt pour qu'il soit bien devant lui et qu'il ne risque pas de se prendre une attaque de Minerva. Elle avait les lèvres pincées et les yeux plissés derrière ses lunettes. Tout laissait dire qu'elle attendait le moment parfait pour essayer de le tuer.

Le tuer ?

- Vous voulez me tuer, Madame McGonagall ? Ou préférez-vous que je vous appelle Dumbledore ? C'est à votre convenance. Dit-il d'un ton à la fois chantant et moqueur.

- Relâchez mon fils.

- Faites baisser vos armes à vos esclaves où je lui fais vomir ses entrailles.

Il se pencha à l'oreille de Newt.

- Je n'aime pas trop ce sort mais tu reconnaîtras que c'est de rigueur.

- C'est le sort que vous avez utilisé pour que je crois qu'il vous avait tué, n'est-ce pas ? Vous pensiez que je le haïrais. Je ne le hais pas. Je sais ce qu'il fait. Je sais que ce n'est pas quelqu'un qu'on pourrait qualifier de « bien » mais je l'aime.

Newt serra sa main sur celle qui était sur sa gorge.

Sammy grognait alors que l'autre main de Gellert-Percival était sur sa taille. Il avait envie de se dégager mais n'en faisait rien…

- Alors c'est vrai !

- Monsieur Graves, je vous présente Renée Bibine. Dit Newt.

- Je me souviens d'elle. La femme à qui j'ai ruiné la vie, semble-t-il. Des années plus tard, toujours effrayée, toujours traumatisée. Et Percival s'en fiche. Il est juste lassé que vous continuez à lui tenir rigueur de tout ça.

Il se pencha vers Newt.

- Je te le répète : il n'est vraiment pas sympathique, ton chéri.

Renée avait les yeux écarquillés. La façon dont cet homme en parlait…

- Il l'est avec moi. Je ne peux pas attendre de lui qu'il le soit avec tout le monde. Souffla Newt. Et je lui fais confiance.

- Rappelle-toi qu'il pourrait m'arrêter quand il le veut.

Et sur ces mots, il arracha le bas de la robe de Newt. Queenie utilisa immédiatement sa baguette pour le ressouder mais le rire de Gellert, ou plutôt de Percival, résonnait.

Minerva lança un nouveau sort dans l'espoir d'atteindre l'homme mais il s'écarta, mettant Newt dans le champ d'action, lequel se tordit de douleur, les lèvres serrées et les dents tremblantes.

- Vous avez menti à l'époque ?! Questionna Renée.

Gellert tourna la tête de son fils vers elle. Il lui lança un sourire.

- Eh bien. Vous n'êtes vraiment pas intelligente. Je pensais que Percival avait de meilleur goût mais on parle d'une idiote, d'une égocentrique, d'une simplette et d'un monstre de foire. C'est peut-être ainsi qu'il arrive à encore avoir des partenaires.

- Percival…

La voix de Newt tremblait encore. Avoir été ainsi exposé le troublait. D'autant plus parce qu'il redoutait que Percival ait pu voir quoi que ce soit. Voir ce qu'il savait déjà…

- Il faudra le tuer. Sourit Gellert.

Il caressa le menton de Newt.

- Vous êtes prêt pour ça ? Questionna le Mage. Il n'était pas une personne très intéressante ou sympathique.

- Je vous l'ai dit, je l'aime. Peu importe qu'il soit comme les gens doivent être. C'est parce qu'il est différent que je l'aime.

Mais ça ne fonctionnait pas.

Newt aurait voulu que répéter son amour pour l'homme de sa vie serait suffisant pour le faire revenir. Mais non. Sa force n'était pas ce qu'il fallait pour se sortir de cette affaire.

Croyance se demandait ce qu'il pouvait faire. Pas avec les pouvoirs qu'il avait. Il ne savait pas sauvé, seulement détruire. Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire pour eux ? Pour la Fée et Monsieur Graves qui était toujours si gentils avec eux.

Il voulait rendre ce qu'ils avaient donnés.

- Tu as fait beaucoup. Souffla Queenie.

Elle caressa les cheveux de Croyance en le serrant contre elle.

Modestie glissa sa main dans la poche de sa robe et elle jeta un gland à leurs pieds. Gellert baissa les yeux, tout comme Newt.

- Tu vas jeter sur moi un chien, un lion et un loup, petite fille ? Tu comptes me tuer ? Tuer ton sauveur ?

Le rire de Percival résonna à nouveau. Il souleva le gland à l'aide de sa magie et le renvoya dans les airs.

Où il explosa.

La lumière iridescente qu'il possédait se mêla à celle opaline de Modestie alors qu'elle priait de toutes ses forces pour que sa magie opère. La lumière les repoussa tous sur le sol avec vigueur. Tina se redressa en poussant un gémissement et elle se précipita vers Queenie pour l'aider à se redresser, le visage emplit d'inquiétude.

- Je ne suis pas en sucre. Souffla-t-elle.

Elle leva les yeux vers sa mère qui se dépêchait de rejoindre son fils. Elle le prit le bras et l'attira vers elle, le serrant contre elle. Elle qui faisait des seules personnes complètement acceptée pour ce genre contact…

- Newton, ça va ?

Il regardait le corps de son amant, toujours au sol. Une fois tonnait dans sa tête.

- Tu ne sauras jamais si c'était moi ou lui.

Il n'était pas sûr que la voix avait vraiment été dans son crâne ou s'il se l'imaginait parce qu'il avait peur. Peur de ne jamais retrouver l'homme qu'il aimait et qu'il soit devenu un monstre à la place…

Il s'approcha de son amant en se défaisant des bras de sa mère.

- Percival ?

Il vint s'accroupir à côté de lui, son souffle étant un peu accéléré. Une main attrapa la sienne et il ne put retenir un sursaut. Son cœur battait à tout va dans sa poitrine et il pouvait sentir que des baguettes avaient été dressée vers eux. Vers Percival. C'était le genre de réaction tout à fait normale lorsqu'on risquait d'avoir à faire à un effroyable mage.

- Newt… Tu vas bien ?

Le châtain sourit. C'était forcément son Percival ! Il se pencha vers lui et effleura sa joue.

Le Maire ne put retenir un grondement en sentant autre chose, sur son front. Une main plus poilue. Lorsqu'il redressa la tête, Dugal apparut et il effleura les doigts de l'espèce de singe avant de tirer Newt vers lui pour lui voler un baiser court.

- Je sais qu'on est en public et j'espère que tu ne m'en voudras pas, surtout que je n'ai pas la bague sur moi mais est-ce que tu accepterais de m'épouser ?

- Tu as pris un coup sur la tête… Chuchota le magizoologiste.

- Ta mère est d'accord… Je lui ai demandé.

- Tu sais qu'on ne peut pas… Mais symboliquement. Oui.