Bonjour à tous ! Voilà le deuxième chapitre du Décret Royal, il fait à peu près 4.5 pages Word ce qui est assez conséquent. C'est toujours traduit par mes soins, il se peut qu'il y ait quelques légères fautes d'orthographe je m'en excuse ! J'ai essayé de changer un peu la mise en page pour que ce soit plus aéré mais je ne sais pas si c'est très concluant. N'hésitez surtout pas à reviewer ça me fait très très plaisir et ça me motive beaucoup pour la suite !
UPDATE : quelques modifications très judicieuses ont été apportés par Aphelandra dans le chapitre 1 ainsi que celui ci, voilà pourquoi les chapitres ont été supprimés puis repostés ! Je la remercie beaucoup pour sa relecture des chapitres et ses suggestions.
Bonne lecture.
- Samy
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Après leur petit détour par le palais royal, une calèche attendait pour emmener le commandant et le caporal au bureau de l'état civil. Ils s'installèrent dans le véhicule bien trop décoré à leurs goûts dans un silence tendu. La réalité de la situation qu'ils étaient en train de vivre devenait de plus en plus claire à chaque bruits que faisaient les sabots des chevaux de la brigade spéciale contre les pavés. Bien entendu, le roi était plus que enthousiaste à l'idée de faire parader Livaï enceinte par pur autosatisfaction, il voulait à tout prix éviter que quelque chose aille de travers et ne vienne ruiner la cérémonie. Livaï n'était pas de bonne humeur. Autant il détestait l'idée des contractions et d'un ventre distendu, mais ce qui le dérangeait le plus était qu'Erwin soit coincé avec lui et avec un bébé en prime. C'était ce que le roi espérait le plus et ils l'avaient compris dès la publication du décret : il voulait empêcher toute révolte de la part de leur régiment. C'était une stratégie ingénieuse, Livaï ne pouvait le nier. Alors que les officiers de la brigade d'exploration seraient occupés avec leur famille, il leur serait impossible d'organiser un coup d'état. De plus, leurs familles pourraient être utilisées comme caution en cas de problème. Même si la plupart de ces mariages étaient arrangés, la majorité de ces hommes sont honorables et seraient capables de faire ce qu'il faut pour protéger les personnes dont ils sont responsables.
"Donc j'imagine que maintenant tu dois me faire un enfant. Bien joué, Erwin. Fantastique ton plan." Dit Livaï d'une voix traînante en s'adossant contre la banquette, il parlait doucement au cas où le conducteur ne serait pas dans leur camp. Désormais il n'était plus certain de la loyauté de quiconque à part de celle des membres de son escouade.
Erwin se renfrogna.
"Ils pourraient facilement te tuer, tu sais."
"Et cela interférait grandement sur ton plan de destituer ce foutu gouvernement, n'est ce pas ?" Dit Livaï, bouillonnant de rage. Il détestait être pris comme excuse. "Donc pendant que tu seras là, le poing levé, à scander des slogans révolutionnaires, moi je t'attendrais à la maison comme une bonne ménagère."
"Je te t'infligerai jamais cela. Nous trouverons une solution. Il nous a donné un délai d'un an. Tout peut changer en un an." Dit Erwin, tendu. Puis il se pencha en avant, faisant signe à Livaï de faire de même. "Je pense que nous pouvons retourner la situation à notre avantage."
"Ah ?" Les yeux de Livaï se mirent à pétiller. "Comment ?"
"Et bien, nous apparaîtrons comme le parfait petit couple, ferons la propagande du décret, deviendrons amis avec la haute sphère du gouvernement et peut-être même..."
"Et même quoi ? Nous obtiendrons l'aide de la brigade spéciale ? Nous nous assiérons sur les genoux du roi pendant qu'il nous racontera des histoires sur les putains de murs sacrés ?"
"C'est possible." Erwin joignit ses doigts. "Il suffit de trouver comment faire. Sans vouloir t'offenser, Livaï, tu n'es pas vraiment vu comme étant capable de mener une vie de famille exemplaire."
"Toi non plus."
"Touché."
La calèche s'arrêta. Ils étaient arrivés.
"Juste... sois aimable. Aies l'air d'être amoureux." Erwin tendit la main à Livaï en sortant du véhicule, essayant de garder son air impassible.
"J'ai vraiment, vraiment envie de te faire du mal là tout de suite."
La pièce où se déroulent les cérémonies était remplie de monde, il y avait même plus d'intrus que d'invités, ayant apparemment décidés de s'incruster au mariage de l'insaisissable commandant Erwin et du mystérieux caporal de première classe Livaï. Ce dernier scrutait la salle avec dégoût ce qui obligea Erwin à lui donner un léger coup de coude dans les côtes. Avec un soupire, Livaï se força à dessiner sur son visage un large sourire et s'avança vers le bureau d'enregistrement des mariages. Le pasteur se tenaient devant eux, vêtu de la tenue traditionnelle du culte du mur, attendant de procéder au mariage. Livaï détestait ce genre de cérémonie en grande pompe. Même dans l'éventualité qu'il ait un jour décidé de se marier, il n'aurait pas invité des centaines de personnes de la sorte. Et certainement pas un fanatique religieux pour officier la cérémonie. Il repéra son escouade dans un coin de la salle; tous habillés sur leur trente-et-un, ils affichaient leurs uniformes de parade ainsi qu'un regard plein de bienveillance. Hansi avait même pris le temps de coiffer ses cheveux. Elle fit subrepticement un pouce en l'air à Livaï alors qu'il la regardait et il se retint de ricaner. Jäger et Arlert étaient tous les deux figés comme des plantes vertes. Ackerman était impassible. Le reste du groupe semblaient bien plus intéressé par le buffet que par la cérémonie, mais dès qu'Erwin et Livaï entrèrent dans leur champ de vision, tous les regards se rivèrent sur eux.
Livaï devait bien admettre qu'ils avaient plutôt marqué le coup. Leurs uniformes de parade étaient assez flashy, avec quantité de médailles et de décorations qui pendaient accrochées à leurs bustes comme des guirlandes. Le roi avait insisté pour que Livaï porte une cravate avec un petit pin's licorne : c'était une petite référence à ce qu'il attendait d'eux. Même si les sangles de l'équipement tridimentionnel étaient bien présentes et apportaient une légèrement pression agréable, Livaï n'étaient pas bien équipé pour autant, ce qui le faisait se sentir presque nu et vulnérable. Ses bottes avaient été tellement cirées qu'il pouvait se voir dedans. Il n'aurait pas pu mieux faire lui même. Alors qu'ils se tenaient au milieu de la salle, il sentit que la seule chose qui le ramenait encore à sa supposée tranquillité en tant que membre du bataillon d'exploration était de sentir le poids de ces vestes noires sur leurs dos marquées des ailes de la liberté. Livaï s'était presque attendu à ce que le roi lui fasse porter du blanc, ou même un voile, mais il s'avérait que l'homme était assez sensé pour comprendre que le public n'aurait pas gobé une telle ruse.
C'est lorsqu'ils arrivèrent en face du pasteur qu'Erwin lâcha le bras de Livaï et celui ci sentit une main se frayer un chemin dans la sienne. Il n'y porta pas d'importance. Allez, joue à l'amoureux transi.
"Chers concitoyens, nous sommes réunis aujourd'hui au sein de ces murs sacrés afin de lier le commandant Erwin Smith et le caporal Livaï Ackerman par le mariage, lien le plus honorable qui soit." Commença le pasteur du Mur, Livaï dû encore se retenir de lever les yeux au ciel : il était évident que tout le monde ici savait qui ils étaient. Après tout, s'il y avait autant de monde, c'était parce qu'Erwin et lui étaient les premiers hauts gradés à se marier. "Le mariage est une institution sacrée, de nos jours plus que jamais, qui a pour but de faire proliférer la race humaine et de faire poursuivre notre existence à l'intérieur de ces murs saints, et par conséquent, il n'est pas à prendre à la légère mais au contraire, avec respect, passion, amour et solennité."
À ce moment, Erwin serra sa main à lui faire mal et Livaï serrait la sienne en retour avec difficulté. Il savait que le commandant n'était pas du tout à l'aise avec la situation : l'homme avait trop de valeurs pour son propre bien. Il respectait vraiment l'institution du mariage, pour des raisons obscures, et faire ceci relevait du sacrilège pour lui. Nous arriverons au bout de tout cela.
"Si quelqu'un a quelque raison que ce soit de s'opposer à ce mariage, qu'il parle maintenant, ou se taise à jamais !"
Il y a tellement de personnes qui pourraient interférer en ce moment même, pensa Livaï.
Le silence était pesant.
"Puisqu'il n'y a pas d'objection, le couple peut désormais échanger leurs voeux."
Ah, merde, les voeux. Livaï avait passé plusieurs jours à se creuser la tête, il avait finalement abandonné au bout d'une douzaine de tentatives ratées d'écrire quelque chose de correct et avait décidé de se fier à son éloquence naturelle (ah ah) pour le sauver de cette situation. Il était chanceux car en tant que partenaire soumis, (va te faire foutre, Erwin) il passait en deuxième. Erwin et lui-même se mirent face à face et son futur mari recouvrit leurs mains déjà liées de sa seconde main en regardant Livaï droit dans les yeux.
"Moi, Erwin Smith, accepte de te prendre pour époux," Livaï chancela. "pour partenaire de vie et de combat. Je chérirai notre union et je t'aimerai chaque jour encore plus que le précédent." Livaï fit les yeux ronds. Mais à quoi il pense ?! "Je te ferai confiance et te respecterai; tes peines seront mes peines et ton sourire m'apportera la joie." Comme si ça allait arriver. Les larmes c'était assez, merci. "Je te promets de te rester fidèle pour le restant de mes jours. Je te donne mon esprit, mon coeur, mon corps et mon âme pour aussi longtemps que nous serons en vie."
Livaï était muet de stupeur devant le regard bleu et sérieux d'Erwin. Il n'avait pas appréhendé qu'il serait aussi... direct. Maintenant il allait avoir l'air d'un parfait idiot.
"Livaï, voulez vous bien prononcer vos voeux, s'il vous plaît ?" Pressa le pasteur du mur.
"Mes voeux ?" Murmura Livaï. Il s'éclaircit la gorge, sentant les gouttes de sueur et de dégoût dégouliner le long de sa tempe. Merde, merde, merde ! "Bien. Mes voeux."
Il prit une grande inspiration et déposa sa main sur celle d'Erwin. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pouvait bien dire. Il n'était pas naturellement doué pour les discours comme Erwin l'était. Erwin était capable de galvaniser les troupes pour des missions-suicide. Le rôle de Livaï dans le bataillon était de prévenir tout excès de prétention chez les recrues. C'était un militaire. Il n'était pas un meneur dans le sens absolu du terme.
Oh et puis merde. On y va. Ce ne sont que des mots.
Puis il eu un éclair de génie.
"Moi, Livaï Ackerman, accepte de te prendre pour époux, pour commandant et pour guide. Je ne peux pas te promettre une vie entière de bonheur, je ne peux pas te promettre d'être en vie pour voir tes larmes et ta joie, je peux seulement te promettre aujourd'hui de faire tout ce que je pourrais pour t'aider à atteindre tes objectifs et à gagner tes batailles, ce que j'ai toujours fait depuis notre première rencontre. Je... je t'aimerai autant que je pourrai, aussi longtemps que mon coeur battra dans ma poitrine."
Erwin le regardait, les yeux écarquillés, et Livaï se devait d'afficher un petit sourire mesquin du genre : prends toi ça dans les dents. Ces mots étaient ceux qu'il avait dit à Erwin lorsqu'il avait été promu au rang de caporal. Ils avaient célébré la nouvelle de manière intimiste dans le bureau d'Erwin avec un café et il l'avait poussé à se remémorer le jour de leur rencontre, le jour où les amis de Livaï avaient succombés face aux titans, le jour où tout a changé. Le jour après lequel plus rien n'avait d'importance à par la victoire.
Le pasteur du mur semblait mal à l'aise après une telle déclaration, sachant que la couronne n'allait pas voir d'un bon oeil le soutien de Livaï à la consécration des buts d'Erwin (quels qu'ils soient). Néanmoins il toussa poliment et commença à blablater sur le pouvoir de l'amour, le caractère sacré du mariage et d'autres conneries du genre que Livaï se gardait bien d'écouter en fixant leurs mains liées. La réalité le frappa d'un coup : ils étaient vraiment en train de faire ça. Une partie de lui voulait paniquer et s'enfuir pour sauver sa peau, mais d'autre part il espérait simplement que toute cette histoire ne tourne pas au vinaigre.
"Par le pouvoir que les murs sacrés m'ont conféré, je vous déclare unis par les liens du mariage. Je vous prie de bien vouloir mettre à vos poignets vos bracelets d'union, signe de votre lien."
Un petit garçon affublé de la tenue des élèves du culte du Mur portait un petit coussin où étaient posés deux bracelets d'union. Livaï ne les avait jamais vus : il était de coutume que ce soit le mari qui les choisisse. Il en avait vu beaucoup dans sa vie, ils variaient par leur décoration ou leur exécution, mais il n'en avait jamais vu de tels : ils étaient simples, des bandes argentées en deux parties, pourvus d'une charnière qui leur permettait de pouvoir s'ouvrir et se fermer : seulement une fois. De petites serrures pendaient au bout des bracelets et deux minuscules clefs se trouvaient à côté. Evidemment, le mariage était permanent désormais. Il jeta un oeil en direction d'Erwin qui lui le regardait d'un air désolé. Juste pour les apparences.
Doucement, Erwin prit la main de Livaï et plaça le bracelet autour de son poignet. Même si la matière était légère, pour Livaï c'était comme s'il lui passait des menottes. La serrure émit un "clic" lorsque le clef tourna à l'intérieur, donnant un air de finalité. Livaï se vit faire la même chose de façon hébétée. Le poignet d'Erwin était plus gros que le sien, et il se rendit compte que ses mains tremblaient alors qu'il essayait de fermer la serrure. Quand enfin il eut réussi, et sans adresser un regard à Erwin, il tendit la petite clef au pasteur qui s'empressa de la jeter au feu en même temps que l'autre. Livaï pouvait voir les clefs en train de fondre à travers ses yeux embués et il réalisa qu'ils étaient bien plus mouillés que d'ordinaire. Il mit de côté sa frustration et se tourna vers Erwin, l'implorant en silence.
"Tu n'es pas sensé m'embrasser maintenant ?"
Les yeux d'Erwin s'écarquillèrent pendant une fraction de seconde avant que son visage n'affiche un petit sourire et il se baissa pour l'embrasser.
Embrasser Erwin était étrange, puisque Livaï n'avait considéré cela comme une possibilité : il l'avait déjà envisagé mais en voyant que leur relation n'avait jamais été plus qu'un mélange d'amitié et de relation professionnelle, il avait chassé l'idée de son esprit et ce à chaque fois qu'elle avait l'audace de revenir polluer ses pensées. Ce n'était pas désagréable pour autant, les lèvres d'Erwin avait plutôt bon goût, assez pour avoir cette sensation de propre et l'angle du baiser le rendait agréable à la vue du public : doux, aimant et sans une once de dominance. Livaï cligna plusieurs fois des yeux afin de chasser les larmes de colère qu'il essayait de retenir alors qu'il laissait Erwin explorer ses lèvres. Finalement, lorsqu'il eu le sentiment d'enfin se maîtriser , il posa doucement sa main sur l'épaule d'Erwin, comme pour dire que tout allait bien. Erwin mit fin au baiser immédiatement, gardant son regard fixé sur Livaï puis les deux se tournèrent de nouveau vers le pasteur. C'est seulement à ce moment là que Livaï se rendit compte que le public applaudissait. La salle entière était une cacophonie d'applaudissements. Quelle blague.
"J'imagine que c'est l'heure du banquet."
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Qu'avez-vous pensé de cette suite ? J'espère que vous aimez autant que moi ! On se retrouve dans une à deux semaines pour le chapitre trois. A bientôt !
