Bonjour,
comme promis, voici un nouveau chapitre, qui arrive bien rapidement après l'autre, parce que j'ai eu beaucoup d'inspiration. J'espère que cela vous conviendra, de nouveau je vous demande votre avis à ce sujet, au prochain chapitre Hermione et Drago seront face à face.
Pour faire une petite mise à jour concernant les situations respectives :
- Harry et Ginny sont ensembles comme dans la saga, et vivent au square grimmaud qu'ils ont aménagé
- Le couple Ron - Hermione est fidèle au dernier tome, mais ici ils sont trop amis pour ça, je préfère conserver leur relation amicale, comme celles qu'ils avaient au cours de leur scolarité, l'ambiguité en moins, comme dans La coupe de feu par sont donc tous deux célibataires.
- Drago et Astoria sont également ensembles comme l'avait prévu JKR, mais vous verrez que c'est un couple très particulier qui ne sera pas fait pour durer.
A la lecture et à vos reviews !
*Londres, 21h30*
Ron avait bondi de sa chaise et fourrait tout ce qui passait sous sa main dans son sac à dos, sans attendre un ordre d'Harry ni une suggestion de quiconque.
« On va la chercher.
- Weasley… On est au beau milieu d'une enquête, intervint Drago.
- C'est notre meilleure amie.
- Elle ne voudra jamais qu'on y aille, tu la connais aussi bien que moi, le boulot avant tout. Drago croisa les bras sur son torse. Y aller c'est compromettre la mission, compromettre notre enquête, et courir droit au suicide. Tu sais aussi bien que moi qu'on ne peut pas laisser en stand-by l'affaire Berrycloth.
- L'affaire Berrycloth ? Seamus fronça les sourcils.
- Plus tard. Intima Drago, avant de poursuivre. Et laisser Londres sans surveillance, qui te dis que ce n'est pas une tentative de diversion pour que d'autres aient le champ libre ici.
- Elle ferait la même chose pour nous tu le sais très bien ! Ron s'agaçait et le fusillait du regard, ses oreilles rougissant au fur et à mesure que le débat avançait. Même pour toi alors qu'elle te déteste.
- Justement raison de plus pour que je n'y aille pas. »
Le rouquin plongea sur son interlocuteur prêt à en découdre si Harry ne s'était pas interposé.
« Malefoy tu fais ce que tu veux nous on va la chercher, enquête ou pas enquête. Jamais nous n'abandonnerons Hermione ou qui que ce soit de l'équipe. Toi tu restes ici si ça te chante, on bouge à Istanbul et le plus tôt sera le mieux. Bouclez vos affaires, Seamus raconte nous tout ce que tu sais, et rentre te reposer.
- Tout s'est passé très vite. Hermione était à cette réunion dans la petite sainte Sophie, j'étais dehors à la terrasse d'un restaurant en observation, si jamais cela tournait mal…. La porte de la mosquée a explosé, c'était un carnage, ils ont tous transplané j'ai même pas eu le temps de faire distraction, juste d'arrêter les deux derniers qui restaient, ce qui m'a valu ça, il pointa l'entaille sur son front, en plus ils ont filé…
- On commence par-là, la petite sainte Sophie tu dis ?
- Attends… Seamus sorti le plan dessiné par Hermione de sa poche, voilà. Ça devrait vous aider, là c'est l'auberge où on était. Nos affaires y sont encore. Je viens avec vous.
- Seamus c'est hors de question, on n'a pas besoin de perdre un nouveau membre de l'équipe. Va à Sainte Mangouste, fait toi soigner ça, ensuite va au square, tu dormiras la-bas, on a toujours une chambre d'amie de prête au cas où.
- Ginny va péter les plombs…
- Merci pour ton soutien vieux… De toute façon je rentre, j'ai des affaires à prendre… La fouine, t'es avec nous ou pas ?
- Si je ne venais pas vous vous feriez tuer… Soupira Drago, Je vais préparer mes affaires, on se retrouve au square. Astoria va être furieuse… ».
Personne ne releva, le couple que formait Astoria Greengrass et Drago Malefoy était un tabou tant il était particulier. Drago Malefoy et Astoria Greengrass était ce type de duo discret, peu habitué aux effusions romantiques et sentimentales, mais on sentait l'appréciation mutuelle dont la source était l'amitié et la tendresse. Elle était de deux ans plus jeune que lui, appartenait à une famille de sang pur parfaitement respectable, si bien que ses parents n'avaient eu aucun mal à projeter leur fille et sa sœur Daphnée dans des liaisons avantageuses, avec Drago Malefoy pour la plus jeune et Théodore Nott pour l'ainée. Très tôt Drago et Astoria avaient compris qu'il n'y aurait pas d'atomes crochus entre eux, mais que s'ils voulaient que leurs familles respectives les laissent en paix quelques temps il leur faudrait jouer le jeu. Tous deux s'étaient donc engagés dans une relation, non pas passionnelle et tumultueuse, mais calme et agréable. Ils se tenaient compagnie depuis la sortie de Poudlard d'Astoria, en quatre ans ils avaient appris à intégrer les habitudes de l'autre, aimaient discuter et débattre, rendre visite à leurs familles ensembles, assister à un match de Quidditch, et ils se complétaient au lit. Drago comme Astoria admettaient que leur situation avait de bons côtés, attendaient que leurs géniteurs vieillissent un peu, se sépareraient comme les bons partenaires qu'ils étaient, et resteraient en contact. Daphnée avait eu plus de chance. Théodore et elle étaient du même âge et se connaissaient depuis toujours, qu'ils soient poussés par les attentes puristes ou non, ils avaient commencé à sortir ensembles avant même d'avoir quitté Poudlard et coulaient des jours parfaitement heureux et un destin tout à fait enviable se profilait devant eux dans le manoir Greengrass. Drago et Astoria dégageaient cette impression d'attendre que l'un faute pour que l'autre parte. Si tout le monde en comprenait la forme, un couple glamour, séduisant, au physique éthéré, une pureté éclatante coulait là où ils passaient, personne n'en comprenait le fond.
Lorsqu'Harry rentra chez lui ce soir-là, et qu'il demanda à Ginny de le rejoindre sur le canapé de leur salon, elle su immédiatement que quelque chose n'allait pas. Il avait sa mine soucieuse, et les cheveux plus ébouriffés que l'ordinaire, ce qui n'était pas peu dire. Son cœur se serra, un mauvais pré-sentiment ne l'avait pas lâchée de la journée. L'entrainement n'avait pas été brillant, oh bien entendu, elle avait été tout à fait à la hauteur, mais pas au point culminent de ses capacités, ce qui n'avait pas manqué d'échapper à sa capitaine. Elle ne saurait dire d'où lui venait cette curieuse angoisse, et ne fut pas étonnée de voir que son petit ami allait lui annoncer quelque chose de particulièrement désagréable. Elle sortait de la douche, ses cheveux roux goutaient sur ses épaules, sa peau était rosie sous l'effet de la fraicheur de l'eau, en cette saison tout le monde prenait des douches froides, et ses tâches de rousseurs ressortaient singulièrement sur l'arrête de son nez et ses pommettes. Une ride de contrariété barrait son front, une perle d'eau tremblotait encore à la pointe de ses cils, elle s'échoua sur son visage et roula jusqu'à la pointe de son menton. Pendant quelques secondes le silence envahit la pièce, brisé par le monotone tic-tac de l'horloge, et une brosse frottant une assiette laissée pour compte dans l'évier mousseux. Même les photos habituellement animées s'étaient figées, attendant un verdict trop long à venir. Ginny l'encouragea en douceur et le cœur d'Harry se serra. Hermione était un maillon du trio d'or, et c'était aussi la fidèle amie de Ginny. Il y avait des choses qu'Hermione ne pouvait pas vraiment raconter à Ron et Harry, non pas parce que c'étaient des garçons, elle pouvait en parler à Neville aussi, mais Ron et Harry ne comprenaient pas toujours les filles, elle se rappelait même avoir comparé en cinquième année la sensibilité de Ron à la « capacité émotionnelle d'une petite cuillère. » Ils ne saisissaient pas toujours pourquoi une fille pleurait, pourquoi une fille était en colère, agissaient souvent maladroitement, n'avaient jamais vraiment considéré Hermione comme une véritable personne du sexe féminin. Ron l'avait bien vu en septième année, lorsqu'ils s'étaient embrassés, mais pour le jeune homme, Hermione restait Hermione, son amie pas très féminine, miss je sais tout, plus qu'une jeune femme qu'il avait envie de séduire, et inversement du côté de la brunette. Ginny abritait les confidences d'Hermione et Hermione abritait les confidences de Ginny, dans un environnement résolument masculin. C'était sur l'épaule de l'autre que l'une versait des larmes de crocodiles provoquées par un stupide rencard, rageait sur Harry, rageait sur Ron, s'agaçait contre l'idéal Malefoy, bavait sur les images de Victor Krum.
« Ecoute… Seamus va venir ici quelques jours… il y a eu un accident à Istanbul. »
Ginny baissa les yeux sur ses genoux, silencieuse.
« Hermione a… elle est… Enfin…
- Accouche Potter… Sa voix était dure, Ginny avait un caractère brut, elle avait bien eu quelques déboires sentimentaux qui l'avaient faite pleurer un peu… Mais lorsque cela dépassait quelques petites émotions de gamine, elle manifestait sa force, ce qui facilita la tâche d'Harry, qui savait qu'elle pourrait encaisser la nouvelle.
- Ils ont pris Hermione.
- Vous allez la chercher. »
Harry hocha la tête.
« Inutile de te dire que je viens avec vous. »
Harry hocha à nouveau la tête. Il s'en doutait.
« Prépare tes affaires Gin, le strict minimum il ne faut pas qu'on s'encombre, on ne part que quelques jours, dis à tes capitaines que tu es malade, il faut que personne ne sache que nous quittons Londres.
- Qui vient avec nous ?
- Ron, Malefoy. »
Ils montèrent quatre à quatre les marches jusqu'à l'étage, chacun prit un sac à dos et y fourra une tenue de rechange.
« baguette, polynectar, essence de dictame, veritasérum, trousse de secours… Harry, va chercher nos balais, ça t'a sauvé la vie plusieurs fois, ça sera utile, il nous reste des trucs du magasin de George ?
- J'ai pris les dernières oreilles à rallonge qui nous restait.
- Rajoute des boites à flemme et un feufoux fuseboom s'il te plait »
Le tout fut réduit et rejoignit leurs affaires. Ils furent rejoints quelques minutes plus tard par Ron et Malefoy, ce dernier dévisagea Ginny.
« Weaslette vient avec nous ?
- SI tu crois que j'ai eu le choix… »
Elle fusilla Harry du regard puis haussa les épaules.
« Si tu crois que vous seriez partis sans moi, vous vous fourrez la baguette dans l'œil jusqu'au nombril… »
Seamus se matérialisa dans la pièce, Ginny lui fit quelques recommandations, il faisait comme chez lui, le vaisselier était plein, les draps propres, il avait à sa disposition tous les livres de la bibliothèque qu'il désirait – elle avait été alimentée par les soins d'Hermione –, le téléphone qu'utilisait Harry pour communiquer de temps à autre avec les Dursley était dans un coin de la pièce s'il souhaitait joindre quelques membres de sa famille, tous les produits de la salle de bain étaient accessibles, il faudra nourrir le chat… Seamus leur demanda en retour de le tenir au courant des opérations, précisa qu'au moindre problème il débarquait, qu'il continuerait leur enquête sur Berrycloth, Harry lui indiqua où se trouvait le dossier. Une poignée de main et quelques enchantements de métamorphose, Seamus avait à présent devant lui trois jeunes hommes et une jeune femme quasiment méconnaissables. Ginny affichait à présent des cheveux plus courts et blond vénitien, un nez plus allongé et en trompette, ses yeux bleus étaient verts, et sa peau pâle était maintenant hâlée. Harry pour sa part avait tronqué ses cheveux drus contre des cheveux plus longs plus clairs, qui rappelaient Sirius, et qui permettaient de cacher sa cicatrice, un nez raccourci et légèrement de travers comme s'il était cassé, un sourire Colgate, et des yeux bleus terminaient la transformation, Ron avait subi le même ensorcellement, et présentait quasiment les mêmes attributs, ce qui le rendait tout aussi différent. Seul Drago avait rétorqué qu'on ne toucherait pas à son physique parfait, provoquant des roulements d'yeux de la part de ses collègues. Ginny avait insisté, tempêté, puis finalement Malefoy avait cédé face au dragon qui se réveillait petit à petit en face de lui. S'il jubilait face à une Hermione en colère, les crises de Ginny étaient célèbres pour ses fameux sortilèges de chauve-furie, qui lui avaient donné une réputation sans pareille dès Poudlard. Elle l'avait métamorphosé en un quasi cousin des Weasley, de façon risible. Des boucles rousses habillaient sa tête comme des taches de rousseurs couvraient ses joues, ses yeux de glace étaient devenus des yeux bleus à la lueur légèrement bêta que Ron pouvait avoir face à Fleur Delacour, si bien que Malefoy bouda pour le reste de la soirée. Il était déjà minuit lorsqu'ils furent tous prêts et qu'ils disparurent sous les yeux de Seamus.
*Istanbul, 2h du matin*
Un souffle chaud lourd de l'odeur huileuse du Bosphore s'écrasa sur le visage de nos quatre sorciers, qui s'engageaient dans la rue menant au grand bazar. Comme Seamus l'avait fait plus tôt, ils avaient suivi le croquis d'Hermione, et s'étaient retrouvés dans la petite Sainte Sophie, dont la porte dévastée une heure avant avait été remise en état. Un simple moldu n'aurait pu soupçonner l'acharnement qu'il y avait eu dans la soirée sur les lieux. Tous se séparèrent et entreprirent de faire le tour de la bâtisse, à la recherche du moindre indice, pouvant les mener à Hermione. On sentait la trace des sorts et enchantements, quelques sortilèges de repousse moldu planaient encore faiblement, comme si une poudre dorée scintillait secrètement. Le silence environnant était étrange, la nature se taisait, l'herbe ne bruissait pas, il n'y avait aucun fourmillement, signe qu'il n'y a pas si longtemps, quelque chose s'était passé là. Ils entrèrent dans la Mosquée, remise à neuve, entièrement nettoyée, tout signe de passage éradiqué. Les tapis étaient lisses, et sentaient même le propre, la poussière aux recoins peu fréquentés se reposait à nouveau, les livres étaient rangés, quelques-un ouverts comme laissés là à la lecture, mais une odeur de poudre subsistait, et quelques paillettes chatoyaient devant un œil attentif.
« Poudre instantanée du Pérou… Hermione était là… »
C'est Ron qui avait chuchoté. Il osa s'aventurer, son pied buta contre un coin du tapis décollé autours d'un des piliers de marbres. Le jeune homme fronça les sourcils et s'agenouilla devant. Il glissa la main et constata qu'il n'avait qu'à soulever la moquette qui délivra un sol de pierre et des panneaux de verre abritant les toutes premières fondations en ruine de la mosquée. Il continua d'observer curieusement ce secret d'histoire, révélant petit à petit ce qui était caché par le velours bleu. Soudain sa main rencontra un tissu fluide, comme de l'eau, mais qui ne mouillait pas, un tissus doux, dont il pouvait sentir les fils d'argent, un tissus qui lui était loin d'être inconnu parce qu'il l'avait utilisé un nombre incalculable de fois avec Hermione et Harry.
« Harry vient voir. »
Il tira, l'étoffe vint à lui. Lorsqu'il se releva un objet dense s'échoua à ses pieds en un éclair d'argent, accompagné d'un bruit mat. Harry lui fit face, Ron tenait la cape d'invisibilité dans une main, et un petit poignard d'argent reconnaissable entre mille dans l'autre, les yeux écarquillés, l'incompréhension sur le visage. Ginny et Drago se joignirent à eux
« C'est la cape d'Harry. »
« C'est le poignard d'Hermione. »
Ils avaient chuchoté de concert. L'arme blanche était poisseuse, tiède, personne n'avait besoin d'analyser cette colle rouge pour comprendre que ce n'était que du sang. Ils avaient également tous deviné qu'Hermione n'était pas là. Cependant, d'aucun d'entre eux ne saurait expliquer pourquoi ces deux objets singuliers s'étaient retrouvés soigneusement sous ce tapis.
« On rentre à l'auberge… »
La tête d'Hermione partit violemment en arrière. Un liquide chaud se répandit sur son menton, elle le cracha et réprima un haut le cœur. Le gout âpre du sang l'avait toujours dégoutée.
« Parlez-moi de la brigade des Aurors ! »
La jeune femme regarda son interlocuteur d'un œil mauvais, gardant résolument la bouche fermée. Voilà trois jours qu'elle se trouvait dans cette pièce à peine éclairée par une fenêtre en hauteur donnant sur une ruelle peu passante. Il n'y avait rien pour la distraire, les murs étaient gris et vides, le sol poussiéreux, les deux piliers de bois à chaque extrémité de la salle vierges, elle était dans ce qui ressemblait à un simple sous-sol désaffecté. Assise sur une chaise, pieds et poings liés par des fils invisibles, son pantalon de toile beige était à présent d'un marron-ocre et son débardeur maculé de gouttes rougeâtres, une des bretelles pendait lamentablement le long d'une épaule déchirée et le flanc droit n'était plus qu'un vague souvenir. Sa chevelure en bataille lui tombait devant les yeux, elle distinguait un vilain sac de nœuds et une odeur de sueur. Son nez avait dû être cassé, elle ne le sentait même plus, sa pommette droite en revanche la lançait. Ses lèvres étaient desséchées, elle-même se sentait déshydratée, si elle ne crevait pas d'une baguette, la chaleur et le manque d'eau allaient l'achever. Elle devait être si sale, et elle n'avait même plus envie de pisser, c'était désolant. Son œil gauche ne voulait pas lui obéir et se résignait à rester à demi-clos. Une main gratta son crâne et s'empara de ses cheveux pour lui renverser la tête en arrière. Une grande gerbe d'eau lui gifla le visage, elle tira la langue et ramassa les gouttes, ce maigre contentement était largement suffisant pour la soulager. La peau sèche de sa bouche craqua quand elle l'ouvrit. Il faisait si chaud que l'eau s'évaporait déjà. On lui versa un liquide frais dans la bouche, elle manqua de s'étouffer, crachota, la bave se mélangeait à l'hémoglobine. Merde, elle savait qu'il ne fallait jamais accepter à boire, elle était prête à parier qu'ils avaient salopé cette eau. De toute façon elle n'avait pas eu le choix. On la lâcha, elle s'affaissa de nouveau et la porte se ferma. Elle savait qu'on viendrait la chercher. Bien sûr si elle avait pu elle aurait empêché quiconque de la retrouver, mais elle n'était pas là, et n'avait même plus sa baguette sur elle. Son sac à dos, et la cape d'invisibilité étaient absents. Harry et Ron n'avaient pas eu de ses nouvelles depuis des jours, Seamus était elle ne savait où, il les avait très certainement avertis. Elle connaissait si bien ses meilleurs amis, et s'ils avaient hésité à venir parce qu'ils savaient qu'elle préférait mourir plutôt que de les mettre en danger, les chauves furies de Ginny les auraient obligés à partir à sa recherche. Elle aurait fait la même chose pour eux. Les frottements de pas lui indiquèrent qu'on revenait. Une chaise apparue dans son champ de vision et un homme s'assit dessus tout en retirant la crasse séchée sous ses ongles du bout d'un couteau.
- Qui es-tu ?
- Hermione Granger.
La réponse fusa sans qu'elle ne puisse la retenir, elle entendit sa voix monocorde et retint un sanglot de rage. On avait foutu du véritasérum dans son eau. Son interlocuteur sourit doucement.
- Parfait, nous pouvons continuer... Pour qui travailles-tu ?
- Ministère de la Magie Britannique, Département de la justice Magique, Bureau des Aurors. Je travaille pour Kingsley Shacklebolt notre ministre de la magie.
- Avec qui travailles tu ?
- Harry Potter, Ronald Weasley, Mordecai Berrycloth, Drago Malefoy et Seamus Finnigan.
- Que font-ils au sein du bureau des Aurors ? C'est quoi leur job ? Je veux les détails petite sang-de-bourbe.
- Harry, Ron, Malefoy et Seamus ont intégré en même temps que moi la formation d'Auror. Harry Potter est notre directeur d'unité, notre patron en quelques sortes. C'est un agent de terrain, assez impulsif, comme Ron. Ron est un excellent auror, même s'il a un humour douteux, il est très doué pour la filature, et pour le combat. Vous n'en sortirez jamais indemne. Mordecai est très discret et très adroit, c'est le meilleur en infiltration, son acuité visuelle est extraordinaire, il peut reproduire en visage en si peu de temps et le croquis sera fidèle, ce qui est très utile pour retrouver des témoins et des suspects. Avec ça, même s'il est à des centaines de mètres, il touchera sa cible en plein cœur. Drago Malefoy, c'est Drago Malefoy. Ce mec est un vrai trou du cul, comme vous. Il a un réseau impressionnant qui nous a permis de retrouver un bon nombre de criminels de la grande guerre. C'est également le meilleur d'entre nous en potions, c'est lui qui s'occupe d'un grand nombre d'analyse nécessaire pour faire avancer une affaire. C'est aussi lui qui s'occupe d'interroger les suspects, il rentre dans votre tête en un claquement de doigt, c'est le meilleur occlumens que je connaisse, il fermait même son esprit à Rogue. C'est un rusé, malin, un des cerveaux de l'équipe. Non pas qu'Harry et Ron soient stupides et que Malefoy soit nul au combat, les plans d'Harry et Ron sont souvent foireux et moins réfléchis mais Harry et Ron sont les meilleurs en défense contre les forces du mal. Seamus Finnigan est mon coéquipier sur cette affaire. C'est lui qui s'occupe des détails techniques dans une mission, vous savez, faire exploser votre planque et votre cervelle avec. C'est un vrai pyromane. J'espère qu'il ne fera pas sauter ce bâtiment parce que je suis dessous…
Les informations jaillissaient toutes seules, Hermione était à demi consciente, son corps entier criait douleur, son esprit s'embrumait, elle se trouvait ridicule à se baver dessus. Ça y est, elle avait enfin d'aller aux toilettes. Elle ne pouvait pas tout lâcher maintenant, garder des informations pour plus tard garantissait sa survie, mais d'un autre côté, avait-elle vraiment envie de gagner un ou deux jours de plus en sachant que dans tous les cas ils l'élimineraient lorsqu'elle ne sera plus utile. Non. Elle savait qu'Harry et Ron étaient en route. Peut-être que même Drago les accompagnait ? Impossible, ils se détestaient, il s'en fichait qu'elle se fourre dans les ennuis, peut-être même qu'il avait averti ses collègues qu'elle partait tête baissée comme une imbécile. Le visage de ce petit blond peroxydé s'imposa dans son esprit. Hermione ne savait pas vraiment pourquoi elle ne s'entendait pas avec lui, elle avait même oublié le début de la querelle. Il était tous les jours désagréable avec elle, l'évitait comme la peste alors qu'il entretenait de bons rapports avec Harry et Ron. Tout était bon pour recevoir une mauvaise pique, et donc par conséquent pour lui en envoyer une. C'était souvent très froid, parfois explosif, quasiment jamais bienveillant. Le fait est que Drago lui jetait souvent au visage sa petite vie parfaite, son rôle indispensable au sein de l'équipe, son physique parfait, son intelligence étonnante dont il faisait preuve pour analyser les situations troublantes, son manoir parfait, et son adorable compagne parfaite. Une nouvelle gifle la ramena à la réalité et lui arracha un premier gémissement de douleur.
- Pourquoi êtes-vous là ? Qui nous a dénoncés ? Et que savez-vous de nous ?
- Nous avions des suspicions au sujet de groupes adeptes de Magie Noire. Notre ministère et le MACUSA, le congrès magique des Etats Unis, ont toujours collaboré depuis la fin de la guerre pour surveiller les comportements étranges liés à l'utilisation de la Magie Noire. Il se trouve qu'il y a eu une recrudescence des plaintes suspectes au département des Aurors. L'équipe d'Harry, dont moi, a été mise sur l'affaire, vous comprenez, nous sommes des héros de la résistance… Sauf que cela été observé dans plusieurs villes du globe, des grandes villes, essentiels pour le développement mondial moldu et pour la communauté magique. Mordecaï Berrycloth a plus de soupçons que nous autres, et a monté un dossier d'enquête rapidement. Nous soupçonnons la même organisation, entre une dizaine et une quinzaine de petits groupes répartis chacun dans une grande ville. Nous sommes sûrs de Londres, New York, avons des doutes sur Paris mais Istanbul est notre première mission de terrain, qui était censée vérifier l'hypothèse que ce groupuscule est malin, s'éparpiller sur la surface du globe, cela vous rend plus éparses, plus difficile à attraper, d'autant plus que les relations entre gouvernements ne sont pas tous les jours au beau fixe. Nous savons que l'initiative provient d'Angleterre. Manifestement j'avais raison pour Istanbul. Je sais que vous pratiquez la Magie Noire, je sais que vous étiez d'une manière ou d'une autre lié à Voldemort, je sais que vous revendiquez la pureté du sang, l'infériorité des sorciers, les anciens préceptes des anciens mangemorts. Je sais que vous me connaissez, que vous connaissez Harry Potter et Ronald Weasley, qu'afficher une tête de la résistance sur un bâton vous permettra de fêter votre retour en grande pompe. Je sais aussi que vous avez été peu discret à Istanbul, un contact dont j'ignore le nom m'a communiqué des informations soi-disant de la plus haute importance, c'est lui qui m'a avertie pour votre réunion à la petite sainte-Sophie. Vous êtes 26, votre chef est cette femme anglaise, vous comptez faire tomber le Vatican sous votre coupe, vous comptez utiliser les nombreuses expériences sud-coréennes, vous partirez en Somalie.
- Qui va venir vous chercher ?
- Harry Potter et Ronald Weasley.
- Endoloris.
Un rayon toucha la jeune femme en pleine poitrine, la chaise se renversa sous le choc, un cri strident à réveiller un mort se répercuta sur toutes les surfaces de la pièce. La douleur insoutenable disparu aussi vite qu'elle était venue. Hermione tourna la tête et vida le maigre contenu de son estomac sur le sol, une goutte de sueur glissa sur sa tempe, elle ferma les yeux profitant de quelques secondes de répit. On redressa la chaise et Hermione s'autorisa à dévisager son tortionnaire. Il avait un visage allongé et fin, un teint hâlé par le soleil oriental. Ses yeux étaient d'un noir profond, ce qui rendait son regard aussi dur que ses traits. Une barbe mal rasée disparaissait sous un foulard kaki qui lui enserrait également le crâne. Sa robe de sorcier était légère, adaptée aux températures estivales, d'un vert tirant presque sur le marron, une ceinture la nouait à la taille dans laquelle était glissée sa baguette. Il avait les traits durs, et une cicatrice lui barrant la joue. Elle ignorait tout de lui, n'avait jamais vu sa photo, ignorait qui d'Istanbul ou du bras droit il était. Elle avait ouï dire que le dirigeant de chaque groupe avait adopté pour pseudonyme le nom de la ville dans laquelle il se trouvait, maintenant elle en était certaine. Les plis de sa robe laissaient deviner une corpulence affinée et svelte, affutée comme une lame, il avait l'air d'être agile, et pourtant musclé, au vu des coups solides qu'il lui avait porté. Ses lippes formèrent un sourire mauvais.
- Ne t'inquiète pas, on te réservera le sort qui convient parfaitement aux sang de bourbe, à ceux qui se prennent pour des héros, et ce sera public, comme ça tout le monde pourra voir, qu'Istanbul a fait crever la grande Hermione Granger, puant le sang, la sueur et le vomi, dégueulasse et bouffant la poussière. Sur ces mots, il quitta la pièce. Sa vessie la pinçait, de toute façon elle s'était déjà vomit dessus.
Elle tint une heure de plus, puis abandonna toute dignité et se soulagea en serrant les dents. Aucune larme ne venait, aucune boule ne lui enserrait la gorge, la rage lui bouffait le ventre et une lueur folle dansait dans ses prunelles dorées, elle ne partirait jamais sans lutter, même si elle venait de se pisser dessus à bout de force et sombrant dans un pathétisme qui briserait même jusqu'au cœur froid de Drago Malefoy. Le sommeil finit par l'emporter, son menton reposant sur sa poitrine, et lui permettant quelques maigres heures de tranquillité.
