Chapitre 8 : Il faut me croire.
Hercule se trouvait comme perdu dans Athènes.
Il ne reconnaissait rien de la ville !
Oh, bien sûr, celle-ci n'avait pas changé d'un pouce en cinq ans, la Tapisserie n'y avait en vérité pas changé grand-chose, il est vrai, mais Hercule ne pouvait pas se départir de cette sensation étrange que…
Hé bien, il ne s'y sentait pas du tout à sa place.
Et ça n'avait rien d'étonnant après tout, c'était la ville de son oncle, la première qu'il avait conquise, il n'était pas surprenant que lui, son ennemi, y soit vu de façon inconsciente comme n'étant rien d'autre qu'un vil intrus.
La sensation était plus que désagréable.
Athènes était sa maison, plus que l'Olympe ne l'avait jamais été, c'est là qu'il avait cours, là qu'étaient ses amis, ses proches, ses connaissances, son entraîneur Philoctète, ses parents adoptifs…
Amphitryon et Alcmène…
Hercule serra les poings.
Il n'avait pas la moindre idée d'où ils pouvaient bien se trouver, ni même de si ils étaient encore en vie, et il ne savait pas non plus s'ils se souvenaient de lui.
Avaient-ils seulement eu un fils dans cette réalité-là, ou bien Hadès avait-il également effacé sa présence de leur souvenir, tout comme il avait fait disparaître son existence toute entière ?
Et si ce n'était pas le cas, alors, le croyaient-ils mort ?
Il ne savait pas vraiment laquelle de ces deux options était la plus cruelle en vérité…
Une part de lui-même avait envie d'aller les voir, mais l'autre avait peur de ne pas être reconnu, d'avoir été oublié pour toujours, comme si il n'avait jamais été réel.
Il avait surtout peur de s'écrouler pour de bon si jamais il les revoyait une nouvelle fois, parce qu'il savait d'avance que dans leurs yeux, il ne verrait rien.
Plus d'amour, plus d'attache, plus aucune affection.
Ils étaient sa famille, et ils l'avaient oublié.
Et ça faisait tellement mal !
C'était déjà suffisamment douloureux de voir Tempête et Cassandre le regarder comme si elles ne le connaissaient pas et ne l'avaient jamais connu, et il ne les connaissait que depuis quelques mois.
Eux, il les avait côtoyés pendant seize ans.
Non, il le savait déjà, il ne pourrait pas aller les voir.
Ça ferait beaucoup trop mal…
C'était pour eux qu'il faisait ça aussi, pour pouvoir être réuni avec eux, retrouver sa famille.
Mais si il constatait de ses yeux, soit leur ruine totale, soit leur bonheur, il savait que…
Qu'il n'y arriverait pas.
Qu'il ne serait pas assez fort.
Il avait déjà tellement souffert…
Il secoua la tête, puis s'essuya les yeux, se sachant prêt à pleurer, et il se tourna alors vers Tempête.
« Je voudrais m'entretenir avec la prophétesse Cassandre, seul à seul, c'est urgent. »
Elle avait des visions, elle voyait le futur, elle savait des choses que les autres ignoraient.
Si il y avait bien une personne dans cette foutue ville qui avait le plus de chance de ne pas le prendre pour un fou, c'était bien elle.
L'ancienne Amazone le regarda alors comme s'il n'était rien d'autre qu'un sombre crétin (ce qui était un peu le cas...) et il avait le sentiment diffus d'être de nouveau confronté à la vraie Tempête, celle dont il était tombé amoureux, avec qui il aimait s'entraîner au combat, son amie, son premier béguin, sa camarade de classe, la fière et courageuse guerrière, pas cette pâle copie qui lui arrivait à peine à la cheville.
Pourtant, l'espace de quelques secondes, dans ce regard surpris, ce sourcil sceptique levé en l'air, cet air de tendre agacement amusé qui se dégageait d'elle, il avait l'impression d'enfin la retrouver pour de bon.
« J'espère que tu plaisantes ? Rétorqua-t-elle immédiatement, acide et presque persuadée qu'il se moquait d'elle.
- Non pourquoi ? Fit Hercule avec la naïveté qui le caractérisait si chose que son oncle n'avait pas pu totalement lui ôter.
Tempête ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.
- Parce que seul un imbécile ou un ermite ayant vécu dans une grotte durant les cinq dernières années...
- Ça tombe bien, c'est mon cas... Écrivit le héros, et même si ces mots n'avaient pas été prononcés à voix haute, l'ancienne étudiante, en voyant son regard noir, sut parfaitement déceler l'ironie dans ses paroles.
- Désolée... Disons tout simplement que tout le monde... toi excepté semble-t-il, dit-elle avec une certaine prudence, hé bien tout le monde est parfaitement au courant que la célèbre voyante Cassandre est une des médiums les plus demandées de toute la Grèce, et même de tout le monde connu en général, c'est dire. Beaucoup de monde veut la voir quand elle fait des tournées de conférences pour lui parler, lui demander des prédictions, la remercier, la féliciter, lui dire qu'ils sont très fans de son travail, ce genre de chose... Ça peut prendre des heures. Quand on a de la chance. En somme, seul un fou oserait croire qu'il peut parler comme ça en seulement cinq ou dix minutes à une des femmes les plus célèbres du pays... »
Ça tombe bien, pensa l'apprenti héros, je suis complètement fou, je compte m'en prendre au roi des Dieux et au nouveau monde qu'il a créé après tout...
« Alors... Combien de temps on est supposés devoir attendre ?
- Oh, je dirais... deux jours si on essaie de prendre rendez-vous avec elle aujourd'hui... un jour si on a de la chance ou qu'elle prend la menace que tu veux lui exposer au sérieux...
- Je vois... En clair, on est foutus...
- Non, on... on va juste devoir attendre un peu, tempéra-t-elle. »
Ça fait cinq ans que j'attends ! Aurait-il voulu pouvoir hurler.
Il préféra se taire.
À quoi bon hurler ?
Personne ne l'écouterait de toute façon...
Quand il regarda la voyante Cassandre droit dans les yeux, il la sentit frissonner.
Elle devait savoir, comprit-il, qu'il y avait quelque chose qui clochait avec lui.
Tant mieux.
Ce qu'il voulait, c'était bouleverser son monde et remettre les choses à leur place, autant qu'elle comprenne le plus rapidement possible à quel point il allait absolument tout chambouler.
Et il savait d'avance qu'elle allait le détester pour ça.
« Bon... Allons-y dans ce cas-là, signifia-t-il à Tempête. Nous n'avons plus rien à faire ici. »
Il voulait partir d'ici le plus vite possible, et rentrer chez Tempête.
Il n'avait véritablement pas envie de repasser par la foire et de revoir ce que le monde avait fait de la pauvre Méduse, sans oublier tout ceux qu'il n'avait pas vus...
§§§§
Pour la deuxième fois, Circé allait essayer de revoir la gorgone et de lui parler si possible et peut-être enfin complètement gagner sa confiance et devenir son amie, voire plus si elle avait de la chance...
Enfin ça, c'était en théorie, en pratique, elle avait surtout entendu l'organisateur de la foire et celui qui « possédait » la malheureuse Méduse parler ensemble du fait que la foire allait bientôt se terminer, ce qui signifiait que d'ici peu, la gorgone devrait se rendre dans une autre ville et être de nouveau montrée comme un monstre de foire à une autre foule de curieux pour leur faire pousser des cris de terreur.
La jeune femme sentit une sombre terreur l'envahir.
Non...
Non, non, non, elle ne pouvait pas laisser les choses se dérouler de cette manière, non, elle n'allait pas abandonner Méduse à son triste sort, accepter de la laisser partir pour souffrir ailleurs, il n'en était pas question !
Il ne s'agissait pas seulement d'un désir égoïste de garder son amie auprès d'elle, non, c'était plus fort que cela, ce qu'elle voulait, c'était la sauver du destin tragique qui l'attendait.
Si elle continuait cette vie misérable, combien de temps avant qu'elle ne dépérisse et ne finisse par en mourir ?
Circé ne savait pas vraiment pourquoi elle avait tellement envie de la sauver, mais toujours est-il qu'elle fit ce qu'elle ne faisait jamais d'ordinaire.
Elle écouta son instinct.
Se dirigeant là où se trouvaient les affaires de l'homme, elle lui déroba alors ses clefs, se rendit là où se trouvait la cage de Méduse, ouvrit rapidement sa porte, se saisit de sa main, et se contenta de ne lui dire qu'un seul mot, un seul ordre, sans aucune explication :
« Cours. »
Alors qu'elles fuyaient leurs poursuivants à toute allure, et qu'elle entendait des hurlements emplis de colère derrières elle, Circé s'autorisa une chose qu'elle ne faisait là aussi que très rarement.
Elle se mit à éclater de rire.
§§§§
Hercule étouffa un cri de douleur.
Il aurait là aussi dû le savoir, et en vérité, il s'en doutait déjà.
Cinq années sans super-force et sans le moindre entraînement ne lui avaient pas fait le moindre bien, et si, avant son emprisonnement, il était de toute évidence au même niveau que Tempête en ce qui concernait l'art du combat et de la guerre et les principales disciplines sportives, désormais, elle le battait à plate couture en tout...
Ça aurait été singulièrement vexant si ça n'avait pas juste été la preuve de tout ce qu'il avait perdu.
L'épée, le tir à l'arc, le combat au corps à corps, le lancer de javelot, ou tout ce qu'il avait pu pratiquer autrefois, il n'était plus capable de faire quoi que ce soit à ce sujet, ou du moins, il n'arrivait plus à s'y montrer bon comme il le faisait autrefois.
D'un autre côté, il n'était plus lui-même...
« Allez demi-dieu à la manque ! Lança Tempête avec une certaine malice qu'elle n'avait plus depuis longtemps. On se relève, et plus vite que cela !
Presque malgré lui, Hercule se surprit à sourire.
Malgré tout, dans son malheur, il avait eu la chance de retrouver Tempête, à défaut de retrouver Philoctète, et ce n'était pas juste mieux que rien, c'était fantastique !
Avec elle comme enseignante, il avait une chance de regagner un peu ce qu'il avait perdu au cours des cinq dernières années.
Il se releva, le corps endolori et couvert de blessures, plus salvatrices que douloureuses, contrairement à celles endurées quand il était encore dans le Tartare.
Ce n'était pas grave.
Ça lui prouvait qu'au moins, puisqu'il pouvait toujours ressentir des choses, qu'il était encore vivant...
§§§§
Deux jours plus tard.
Cassandre n'avait clairement pas envie de lui parler, et si son regard sombre n'avait pas été suffisant pour le lui faire comprendre, sa voix froide et son ton sec s'en chargèrent à sa place.
« Et vous souhaitiez donc me voir pour quoi exactement ?
Hercule ne répondit rien – enfin, n'écrivit rien plutôt – et se contenta de la regarder avec une profonde tristesse.
Que Cassandre soit heureuse était l'une des rares choses positives qui ressortait de cette situation merdique, mais son regard posé sur lui, non seulement comme si elle ne le connaissait pas, mais également empli de froideur et d'hostilité à peine dissimulée, ça, c'était foutrement douloureux.
Son amie, non seulement ne le reconnaissait plus, mais aussi le craignait, elle le haïssait aussi presque, sans même savoir pourquoi, sans avoir la moindre idée du fait qu'il ne voulait que remettre les choses telles qu'elles étaient avant.
La jeune femme fronça les sourcils.
Pourquoi cet inconnu lui donnait-il l'impression qu'il était sur le point de pleurer ?
Et surtout... pourquoi elle-même se sentait-elle aussi mal en voyant son regard désespéré et perdu ?
- Mon nom est Hercule.
Ça, ça me fait une belle jambe, pensa-t-elle.
- Je suis Cassandre, mais je pense que ma réputation me précède d'ors et déjà...
Hercule sentit quelque chose d'étrange, de conflictuel presque, remuer en lui en constatant que les paroles de la jeune femme étaient tout ce qu'il y avait de plus sérieux, à la fois sans une once d'ironie, de cynisme et même sans le moindre orgueil non plus.
C'était juste une simple et sincère constatation de ce qu'elle pensait être sa valeur, et rien n'aurait pu être aussi éloigné de la Cassandre que le jeune héros connaissait.
- Oui, j'ai cru comprendre cela.
- Hercule, je ne vais pas aller par quatre chemins... Qu'est-ce que vous voulez ?
Vous sauvez.
Tous vous sauvez, réparer ce qu'Hadès a brisé, même si je sais que ta vie redeviendra celle que tu avais autrefois si je le fais, et sincèrement Cassandre, je suis désolée.
- Dites-moi Cassandre... avez-vous déjà entendu parler... de la Tapisserie du Destin ? »
Cassandre se figea.
Et elle ne savait même pas pourquoi.
De ce qu'elle en savait, elle n'avait jamais entendu parler de cet... artefact.
Pourtant, actuellement, quelque chose dans son crâne, maintenant qu'elle entendait ces mots, était en train de lui faire terriblement mal.
Cet objet… cette chose, quelle qu'elle soit, était terriblement dangereuse.
Ça lui disait quelque chose, mais il y avait… quelque chose, en elle, qui lui disait qu'elle ne devait pas se souvenir.
« Non, rétorqua-t-elle, et ce n'était même pas un mensonge. Pas vraiment. Pas tout à fait. J'ignore quelle est cette chose dont vous parlez, fit-elle le plus sérieusement du monde, et Hercule sentit tout ses espoirs se fracasser en mille morceaux.
Oh par pitié Cassandre, souviens-t-en !
Souviens toi…
S'il te plaît…
Souviens toi de moi !
- Soit, alors dans ce cas-là... Je ne vais pas y aller par quatre chemins... Notre monde n'est pas le bon.
Cassandre cligna des yeux, interdite.
- Qu'est-ce que... qu'est-ce que vous venez de dire ? Et qu'est-ce que ça veut dire exactement ?
- Il y a environ cinq ans, mon oncle Hadès, anciennement Dieu des Enfers, a utilisé par ma faute la Tapisserie du Destin, un objet magique très puissant permettant de réécrire la réalité et de la modifier à sa guise... Il en a profité pour devenir le roi des Dieux par la force, et plonger le monde dans la désolation.. Il a également effacé la mémoire d'à peu près tout le monde, c'est pour cela que vous ne vous souvenez ni de moi, ni de votre ancienne vie...
La voyante le regarda avec un air méfiant et suspicieux.
- Et vous alors ? Comment se fait-il que vous vous rappeliez du « vrai » monde ?
Lesourire d'Hercule se fit triste, un peu comme si il s'attendait à cette question.
- Mon oncle est un homme terriblement sadique, je le crains...Il a décidé de me laisser mes souvenirs tels qu'ils étaient autrefois afin de me faire souffrir le plus possible, et pour me punir d'avoir autrefois réussi maintes fois à faire échouer ses plans de conquête de l'Olympe...
Mais il n'est malheureusement pas stupide, et il a bien pris soin de m'enfermer et de me prendre mes pouvoirs divins. Enfin, ceux qu'ils me restaient, c'est-à-dire seulement ma super-force, et il m'a aussi privé de ma voix. Sans les Moires et les Muses, je serais toujours emprisonné dans le Tartare.
Lajeune femme haussa un sourcil sceptique et resta pensive quelques secondes.
- Cette histoire est complètement folle... Déclara-t-elle finalement. Puis, elle se tourna vers Tempête. Et toi alors, tu crois à ce qu'il raconte ?
- Oui, rétorqua l'amazone sans aucune hésitation. J'ignore pourquoi, mais je lui fais entièrement confiance.
Lamédium soupira profondément, avant de se frotter les tempes à plusieurs reprises.
Foutue migraine qui refaisait encore surface...
- Et en admettant que ce que tu dis est vrai, fit-elle, reprenant les bonnes vieilles habitudes de tutoyer son ami et ce sans même s'en rendre compte, si jamais nous défaisons ce que ton... ce que ton oncle a fait, que se passera-t-il pour nous ?
- Les choses redeviendront telles qu'elles étaient autrefois... Même si je doute que nous puissions tout oublier et faire comme si rien ne s'était passé, pas cette fois, la magie de la Tapisserie a agit pendant trop longtemps pour que la majorité de ses effets puissent disparaître comme ça...
- Pourrais-tu être un peu précis ? Lui lança-t-elle, acide et sarcastique comme autrefois, et le héros eut la vague et brève sensation que la vraie Cassandre était en train de ressurgir.
- Mon oncle perdra sa place de roi des Dieux, je retrouverai mes pouvoirs, et nous aurons nos vies d'avant. Et tout rentrera dans l'ordre.
- Et qu'adviendra-t-il de moi ?
- Je...
- Si je suis bien ton raisonnement, Hercule, Hadès a utilisé la Tapisserie pour refaire l'univers à son image... ce qui quand on y pense deux minutes, est très égocentrique et un brin mégalomane.
Hadès quoi... pensa Hercule, limite blasé.
- Et pourtant, continua-t-elle, moi, je suis parfaitement heureuse ! Hadès est censé être un méchant non ? Et pourtant, il n'a fait que m'aider !
- Toi tu l'es peut-être, mais il y a des centaines, que dis-je, des milliers d'autres pauvres gens qui ne le sont pas à cause de lui, à cause de ce qu'il a fait ! Sans compter qu'il a modifié tes souvenirs, pour te faire croire qu'il était quelqu'un de bien. Je suis désolé Cassandre, sincèrement, et je te promets de tout faire une fois que ce sera réglé pour que ton don ne redevienne pas une malédiction. »
Elle se mit soudainement à blêmir.
« Alors c'est ça le prix que j'aurai à payer ? Redevenir Cassandre la folle ? Oh par tout les Dieux de l'Olympe, j'en fais le serment, ça n'arrivera jamais !
- Cassandre, je t'en pris...
- Sortez ! Lui ordonna-t-elle, les mains tremblantes, qu'elle serra au point que ses jointures en devinrent blanches. Sortez tout les deux, tout de suite !
- Tu commets une grave erreur.
- Je. Suis. Une. Prophétesse ! Je vois l'avenir, j'aide les gens quand ils en ont besoin, je leur dis leur futur si ils me le demandent, j'essaie de sauver le plus de monde possible grâce à mon don, et je pense avoir plutôt réussi à le faire ces derniers temps ! Et toi... tu... tu veux m'enlever ça ! Alors... écoute-moi bien, il est hors de question que je renonce à tout ça, ou que je redevienne Cassandre la folle, tu m'entends ça, jamais ! Maintenant partez ! »
Le regard dévasté et désespéré que lui lança Hercule lui déchira le cœur, mais elle tint bon.
Il ne pouvait que mentir de toute façon...
Ça ne pouvait pas en être autrement.
Jamais Hadès n'aurait pu faire une chose pareil.
N'est-ce pas ?
§§§§
Méduse n'avait actuellement pas la moindre idée de ce qu'il se passait.
« Où... où sommes-nous ? Demanda-t-elle à son amie et Sauveuse, n'arrivant toujours pas à comprendre pourquoi elle avait fait cela pour elle au juste.
Elle entendit une nouvelle fois le rire de Circé et se dit qu'elle pourrait rapidement s'habituer à ce son.
- Alors ça... je n'en ai absolument pas la moindre idée... fit-elle, à moitié essoufflée. Dans les bois, dans les environs d'Athènes, quelque part... Mais en dehors de cela...
- Alors quoi... On est perdues ?
- Non... je sais juste pas exactement où on est, c'est tout...
- Oui, c'est sûr que ça fait une grande différence, ironisa la gorgone.
- Et au moins on a semé nos poursuivants, c'est bien ! Reprit Circé, tentant d'être positive.
- En parlant de ça... pourquoi, enfin... pourquoi est-ce que tu m'as libérée ?
- J'ai pas réfléchi... avoua immédiatement la sorcière. C'est juste que... j'ai entendu ces sales types parler de la fin de la foire, du fait que du coup tu serais déplacée dans une autre ville, et... je me suis dit que ce n'était pas juste. Que tu... ne méritais pas de subir un tel sort, parce que personne... personne ne mérite d'être traité de la sorte.
Et surtout, j'avais envie de continuer à te voir, pensa-t-elle, gardant prudemment ses pensées pour elle-même.
Quand Méduse se saisit timidement de sa main pour la serrer dans la sienne, Circé fut presque reconnaissante du fait que la gorgone ne puisse pas voir qu'elle était en train de rougir.
- Merci... murmura Méduse. Personne... personne n'avait jamais fait ça pour moi avant.
- Oh mais ça c'est parce que je ne suis pas n'importe qui ! »
Quand Méduse se mit à son tour à éclater de rire, Circé sentit une douce chaleur très agréable l'envahir.
« Et... où est-ce qu'on va maintenant ? »
Avant de répondre qu'elle n'en savait rien, Circé aperçut très brièvement un jeune homme qu'elle avait déjà vu avant, au cours de la foire, accompagnée d'une femme qu'elle ne connaissait pas non plus.
Elle ne savait pas qui il était, et elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais elle avait le sentiment que, si elles le suivaient, elle et Méduse seraient enfin en sécurité.
A suivre...
