Bonjour à tous,

voici un nouveau chapitre, incluant enfin le duo tant attendu, j'ai nommé Hermione et Drago !

J'espère que celui-ci vous plaira, une fois de plus, je n'ai rien contre une review, je vois que mon histoire est tout de même lue et suivie, même si je n'ai pour l'instant que très peu de commentaires, je me plais à penser que certains me suivent à présent depuis une semaine et demie, et sont heureux de recevoir une alerte concernant la mise à jour d'Une course contre le monde.

Je vous laisse donc à votre lecture !

Bien à vous,

Cha.


Réponse à la review :

Futilement moi : Bonjour Hélène,
Un grand merci pour ta review, cela me fait super plaisir de lire tous ces commentaires. D'une part je suis ravie qu'Istanbul te plaise, d'autres destinations sont prévues pour la suite de leurs aventures mais ils rentreront aussi à Londres !
J'aime beaucoup mes personnages, j'admets que je m'éloigne un peu de l'Hermione originale (ce que j'ai eu un peu de mal à faire), mais celle ci colle mieux avec une Hermione auror plutôt qu'une Hermione du département de la justice magique, mais je garde en tête ta remarque, en essayant tout de même de ne pas non plus faire une Hermione vraiment trop différente.
Egalement pour les descriptions, je te remercie pour ton conseil, que je vais m'empresser d'appliquer, cela donnera plus de peps aussi au récit et aux dialogues qui seront moins entrecoupés !
En tout cas, une nouvelle fois merci pour cet avis enrichissant, j'ai hâte que tu lises la suite j'espère qu'elle te plaira !
A bientôt,
Charlotte.

40 : Merci pour ta review, je suis contente que cette fiction te plaise, je te laisse donc à la suite ! A bientôt !


La porte s'ouvrit une nouvelle fois, Hermione ne leva même pas la tête, elle n'était plus surprise, et connaissait par cœur ce qui suivait ce grincement. Son corps entier s'était vidé de toutes forces, et de toute contenance, même sa propre odeur ne la dégoutait plus parce qu'elle était le signe qu'elle était en vie. Sauf que cette fois, quelque chose clochait. Elle percevait en plus du bruit de pas caractéristique produit par les chaussures caoutchouteuses de ses ravisseurs, des trainements sur le sol. Il n'était plus seul, et cela suffisait à Hermione pour regarder qui l'accompagnait. Alors qu'elle s'attendait à croiser le regard d'un second membre de l'organisation, elle retint un hoquet de stupeur et se liquéfia. Sous la crasse son visage changea de couleur, du rouge au blanc en passant par une teinte verdâtre produite par une désagréable sensation de nausée. Qu'est-ce qu'il foutait là ? Sous ses yeux se tenait une silhouette familière, qu'elle sonda de haut en bas. Ses cheveux d'ordinaires si soyeux et si blancs étaient devenus d'un blond sale, quelques mèches ondulaient signe qu'ils n'avaient pas été peignés depuis plusieurs jours. Par Merlin, il allait perdre toute contenance en voyant ça, sa précieuse chevelure… Si elle n'était pas dans cette position désastreuse, Hermione en aurait tellement rit que même un épouvantard n'aurait pas osé lui faire face. Sa peau d'ordinaire si pale était semblable à la sienne, couverte de sueur, rendue mate par la terre et la poussière. Une vilaine entaille apparaissait sur son front, un filet de sang coulant le long de sa joue et de sa narine droite. D'ailleurs son œil gauche était à peine entrouvert. Le reste de sa personne n'était dans un état guère plus brillant. Sa chemise avait disparu, son pantalon était troué, son torse avait l'air d'avoir intercepté quelques bastonnades, au vu des taches violettes et ecchymoses qu'elle distinguait par endroit, et autres estafilades sanguinolente. Il était aussi crade qu'elle, le vomi et la pisse en moins. L'homme le fit asseoir de force sur une chaise face à la sienne et sorti sans un mot. Hermione ouvrit la bouche la première.

« Bordel de merde Malefoy, t'es malade ou quoi ?

- Ravi de te revoir Granger. C'est toi qui pues comme ça ? »

Hermione choisit d'ignorer sa remarque et leva son petit nez retroussé en l'air.

« Pourquoi t'es là ?

- Jprends des vacances… Sympa l'auberge.

- Ne commence pas.

- Dis donc Granger, franchement, elle date de quand ta dernière douche ? Tu ferais fuir un Scrout à Pétard.

- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, c'est pas un établissement à 15 gallions la nuit.

- Merci, même la cabane d'Hagrid est plus confortable.

- Tu n'es qu'une sale petite fouine arrogante.

- Et Miss Bégueule, ils te laissent aller aux toilettes au moins ?

- Malefoy, c'est avec plaisir que je vais laisser planer le mystère jusqu'à ce que tu fasses exactement comme moi.

- C'est donc ça cette odeur. J'ai tellement pitié que je te laisserai la salle de bain en premier quand on sortira d'ici.

- Si tu débarques pour me faire ce genre de commentaire tu peux repartir.

- Tu pourrais au moins faire semblant d'être contente de me voir.

- Figure toi que je m'y attendais pas.

- C'est pas une raison pour être désagréable.

- Pourquoi t'es là ?

- Jsuis venu te récupérer… J'ai abimé mon merveilleux visage pour tes beaux yeux… »

La brunette le regarda les yeux ronds. Drago Malefoy en personne était venu la sauver ? Comment avait-il su où elle se trouvait ? C'était sa mission ! Il allait tout faire foirer. Elle serra les dents.

« Pourquoi t'es venu me chercher ? Cria-t-elle.

- Généralement on dit merci Granger !

- Je m'en sortais très bien toute seule.

- Oui je vois ça, t'as même pas été capable de protéger ton coéquipier.

- On avait un plan Malefoy, le règlement c'est le règlement, on suit le plan, et si ça tourne mal on rentre on ne se jette pas dans la gueule du loup, même s'il faut laisser un auror sur le terrain ! Seamus aurait dû rentrer !

- Seamus est salement amoché mais il va bien. Il est rentré, il a même immédiatement transplané quand il a vu que ça tournait mal, tu peux le remercier.

- Alors pourquoi tu me dis tout ça ?

- Hermione…

- M'appelle pas comme ça !

- On a perdu un gars de l'équipe… »

Son souffle se coupa. Cela ne pouvait pas être Harry et Ron, son sixième sens particulièrement aiguisé l'aurait senti, un lien si fort les reliait tous les trois, s'il leur arrivait quelque chose elle le savait immédiatement, et son instinct lui disait que ce n'était pas le cas.

- Berrycloth…

- Putain… Qui ?

- On en sait rien, Granger ça a un lien avec eux, il avait la marque, cette organisation que tu pistes, qui sont-ils ? Qu'est-ce que tu as appris qui puisse pousser des hommes à assassiner un auror à Londres dans son propre appartement ?

- Malefoy on n'a pas beaucoup de temps. Toi, tu peux être un atout pour eux. Jsuis condamnée. Reprend l'infiltration, et ne me ramène pas, fous les en confiance, utilise ton nom de famille et tes relations, la magie noire, ça va te sauver la vie et ça ne foutra pas en l'air tout mon travail. Me ramène pas. T'es doué en infiltration, ça pourrait rattraper les dégâts…»

Son ton était implorant, elle n'avait pas fait tout ce boulot pour rien, les maigres informations dont disposaient leur unité n'étaient pas suffisantes, ce qu'elle avait découvert ici faisait sacrément avancer l'enquête. Il était impératif que quelqu'un reprenne la mission, le monde sorcier en dépendait. Elle ferait toujours passer le monde magique avant sa propre vie, et avant celle de ses collègues, c'était peut être cruel, mais ils s'étaient engagés pour le bien des sorciers, ils avaient combattu pour cela, elle avait perdu des amis, Fred, Tonks, Lupin, Sirius, et ils n'étaient pas mort en vain parce qu'elle continuait ce qu'ils avaient entrepris, et si pour cela elle devait y rester, alors qu'il en soit ainsi. Et c'était là sa différence avec Malefoy. Aussi bon agent soit-il, rusé et malin, elle le voyait comme le jeune garçon qui avait gardé l'habitude de se battre, pour prendre la fuite.

« Tu es folle Granger. Et tu joues à la martyre, c'est insupportable. En plus c'est impossible, jsuis un traitre pour eux, ton plan à la va vite ne fonctionnerait absolument pas et tu le sais aussi bien que moi. Tu ne vas pas crever, je ne vais pas crever, on va se sortir de là, tu prendras une douche et point à la ligne.

- Alors trouve une solution, nous ne sommes que deux, ils sont une vingtaine, et jusqu'à preuve du contraire, aucun de nous n'a de baguettes, et je n'ai eu droit qu'à un repas par jour.

- J'ai pas dit que j'étais venu tout seul. »

FLASH BACK

« Qui était ce contact dont Hermione nous a parlé la dernière fois ?

- Aucune idée, mais jcrois qu'il ne savait pas grand-chose, il l'a juste informée de la réunion à laquelle elle pouvait se rendre.

- Peut être qu'il en savait plus mais qu'il ne pouvait pas lui dire. A mon avis il a risqué sa peau pour lui vendre ce genre d'info.

- Chercher Hermione dans une ville de 15 millions d'habitants… Cela va nous prendre des jours. »

Harry tapa du plat de la main sur la table et émit un sifflement agacé.

« Des jours que nous n'avons pas ! alors plus vite on s'y mettra…

- Seamus nous a bien dit qu'ils avaient transplané ?

- Ouai…

- les transplanages laissent toujours des traces.

- Il y a quelque chose de plus… j'arrive pas à mettre la main dessus… Ils ont tout remis en ordre, et pourtant ils ont laissé sur place la cape d'invisibilité et le couteau d'Hermione, comment ont-ils pu passer à côté.

- Peut être que c'est un message ?

- Quel message ? On a votre copine et on va la saigner comme un poulet ? Génial ça nous aide…

- Le sang ! On analyse le sang sur le couteau, et je vous parie que ce n'est pas celui d'Hermione, jamais elle ne se blesserait avec sa propre arme, elle est bien trop habile pour ça… »

Malefoy leva les yeux au ciel, ce n'était certainement pas le moment de chanter les louanges de la demoiselle sur son admirable adresse avec une arme blanche, même si c'était en effet la plus à l'aise avec ce genre d'objet. Harry attrapa la lame et préleva du bout de la baguette une goutte poisseuse qui s'éleva sous leurs yeux dans les airs.

« Appare nominum »

La bille flotta un instant, une lueur blanche s'intensifia tout autours puis elle s'écrasa sur une feuille de parchemin que Drago avait glissé en dessous, traçant des lettres.

Hydra Dolohov.

Quatre paires d'yeux fixaient ce morceau de palimpseste, ils s'étaient tous figés, puis trois d'entre eux s'étaient tournés vers un quatrième. Drago restait immobile, clouant du regard ce nom qui ne lui était pas inconnu. Dolohov, Antonin de son prénom, avait été un des plus fervents mangemorts de Voldemort. Il avait déjà fait ses preuves durant la première guerre des sorciers dans les années 70, en assassinant deux des plus grands sorciers, membres du premier ordre du Phoénix, Gidéon et Fabian Prewett, les frères de Molly. Sa baguette n'avait pas épargné un membre de l'Ordre, Remus Lupin était tombé lors de la bataille de Poudlard, de nombreux moldus et opposants de Voldemort avaient été torturés. Il avait pourchassé Hermione, Ron et Harry, avait même échoué. Oh oui, Drago ne le connaissait que trop bien, pour l'avoir torturé suite à ce fiasco, sur ordre de Voldemort. Comme si c'était hier ce souvenir brûlait encore dans sa mémoire, provoquant un arrière goût de bile sur sa langue. Antonin Dolohov avait disparu après la chute de Voldemort en 1999, nul ne savait ce qu'il en était advenu, tous le soupçonnaient d'être rentré en Russie, sans preuve réelle. Antonin Dolohov avait croisé la route de ces quatre jeunes gens qui cherchaient un quelconque lien entre Hydra, lui, et eux même.

« Drago, Hydra Dolohov ça te dit quelque chose ? »

Il secoua la tête, non il n'avait rencontré aucune Hydra Dolohov, ni femme, ni sœur, ni fille… Mais après tout il ne connaissait pas par cœur la vie des amis de son père. Dolohov avait été enfermé à Askaban à la fin de la première guerre des sorciers dans les années 80, il avait très bien pu avoir une fille avant, il venait des pays de l'Est, il avait tout aussi bien pu avoir une sœur restée là-bas. Mais ce prénom ne faisait absolument pas tilt dans son esprit, même s'il avait beau se creuser la cervelle.

Ron observait l'objet sous toutes les coutures, une ride contrariée barrait son front.

« On peut en tirer d'autres infos ?

- Aucune directement, il faut le faire analyser au ministère. » avança Harry.

Drago quant à lui retournait dans tous les sens le lien entre Hydra Dolohov et leurs affaires, réfutant les hypothèses les plus farfelues, avant de donner son avis sur les découvertes qu'ils venaient de faire.

« Même si on ne connait aucune Hydra Dolohov, ça colle parfaitement. Dolohov, c'est pas un nom très courant dans le coin, ça ne m'étonnerait pas franchement que ce soit quelqu'un de la famille d'Antonin. Vous ne trouvez pas ça bizarre qu'on trouve ses traces là où Hermione enquêtait, là où Hermione a disparu. Et coïncidence Hermione était aux trousses d'un groupe affilié d'une manière ou d'une autre au Seigneur des ténèbres et ses mangemorts.

- D'accord mais ça ne nous explique pas pourquoi Istanbul ni avec qui elle travaille. rétorqua Ron.

- Non, mais mine de rien, on vient de faire un sacré bon en avant dans l'enquête.

- Et le lien avec Berrycloth ?

- La marque des ténèbres. Jte parie que cette Dolohov sait très bien manier la magie noire.

Harry acquiesça « C'est une piste qui mérite d'être creusée. »

- Et je peux vous garantir qu'on a utilisé de la magie noire ici… »

Tous se pivotèrent vers Drago, un sourcil arqué, et coulant un regard suspicieux. L'intéressé haussa les épaules l'air de rien.

« Quoi, je sais quand même encore en reconnaitre quand il y en a eu…

- Ca ne nous dit pas où est Hermione. »

- Non, mais ça nous dit qui, et de toute façon nous n'avons que ça comme information. »

Il avait ainsi clos la discussion, en faisant admettre à tous qu'ils avaient foncé tête baissée dans cette mégalopole, sans avoir aucune information sur les intentions d'Hermione, ni sur ceux qui étaient au centre de sa mission. Mais il ne fallait en aucun cas abandonner. Ginny releva le menton, et déclara d'un ton sans appel, déterminée à retrouver son amie, quitte à le faire seule s'il le fallait. C'était probablement la plus certaine de toute, elle savait qu'elle la retrouverait en vie, mal en point, mais en vie, même si pour cela elle devait s'acharner.

« On continue les recherches. »

Elle vit Harry esquisser un sourire, il la reconnaissait bien là, cet espoir qui ronflait dans sa poitrine et qui l'habitait à chaque seconde de vie, c'était pour cela qu'il l'aimait follement, parce même dans les moments les plus sombres, Ginny ne s'arrêtait jamais de croire, entrainant avec elle ceux qui doutaient.

Fin fu flashback.

« … Et donc nous voilà avec un périmètre démesuré sur les bras, à chercher un Botruc, toi, dans une forêt, Istanbul. Et j'avoue que tu ne nous as clairement pas facilité la tâche.

- Je pensais pas que vous viendriez.

- C'est pas vrai, tu savais très bien qu'Harry et Ron partiraient à ta recherche.

- Et après ?

- Après… »

Flashback.

L'eau tiède crachotée par le tuyau de douche ruisselait sur le visage détendu de Ron Weasley. Le petit groupe avait décidé de réserver deux chambres dans l'auberge qu'Hermione et Seamus avaient fréquenté, au grand damne de Malefoy qui rabâchait à qui voulait l'entendre que l'hygiène de l'établissement était douteuse et qu'il ne voulait pas tomber malade tout ça parce qu'il s'évertuait à chercher Granger au fin fond du Moyen-Orient. La douche était un moment propice à la réflexion, et c'est pourquoi Ron ne cessait de cogiter. Brusquement il écarquilla les yeux et sa mine s'éclaira. Le robinet fut coupé et c'est un rouquin glissant et tenant maladroitement une serviette autours de la taille qui débaroula dans la chambre qu'il partageait avec Drago Malefoy.

« Comment Hermione et Seamus communiquaient ? »

Il fut accueilli par un ricanement mesquin.

« Tu penses vraiment qu'Hermione serait en capacité de communiquer ? Elle est retenue, ils ne lui auront pas laissé sa baguette, sinon on en serait pas là ! »

- Malefoy ton pessimisme commence à me taper sur les nerfs ! Hermione utilise souvent le système qu'elle avait mis en place pour l'AD, expliqua-t-il. Elle nous informait de la la date et de l'heure de nos réunion à l'aide d'un gallion. Nous en avions tous un et il chauffait dans notre poche. Ce qui signifie que d'une manière ou d'une autre son gallion était relié aux nôtres. Je suis sûre qu'elle avait demandé à Seamus de prendre le sien au cas. J'ai également toujours mon exemplaire sur moi, une simple pièce d'or, n'importe qui n'y verrait que du feu, il nous suffit de retracer le lien qui nous dira où cette pièce se trouve, je te parie mille balais que son gallion se trouve à Istanbul, et repose bien au fond de sa chaussette.

- Je m'étais toujours demandé comment vous aviez fait... Comment tu peux en être aussi sûr ?

- Je la connais par cœur, même si c'est une tête brulée de Gryffondor, Hermione est trop intelligente pour ne pas assurer ses arrières.

- On peut toujours essayer… Pour l'instant c'est la seule solution...

Fin du Flashback.

« Brillant de la part de Ron…

- Pour une fois… »

Hermione ne releva pas la provocation.

« Continue ?

- On a fait ce que Ron avait proposé. Effectivement il avait bien pris le gallion, à croire qu'il savait que tu serais dans le pétrin. Et grâce aux maigres ressources du ministère dont nous disposions sur place, nous avons remonté la trace magique qui reliait son gallion au tien. Et ça nous a indiqué cet endroit.

- D'ailleurs où sommes nous ?

- Une rue perpendiculaire à l'avenue Istiklal, heureusement que nous savions que tu étais là, c'est impossible de la remarquer si tu ne sais pas qu'elle existe. Le plan était simple, ils devaient me tomber dessus, une héroïne de guerre et un mangemort repenti c'est suffisant pour les occuper assez longtemps.

- C'est réussi, ils nous ont laissés là… Et ils t'ont bien amoché.

- Ah ça… t'es pas mal non plus…

- Merci. »

Ils en parlaient comme une colonie de vacances, mais ce qu'Hermione avait subi la marquerait probablement à vie. Ce n'était pas la première fois qu'elle subissait la torture, Bellatrix Lestrange avait été très douée pour ça aussi lors de la Grande Guerre. Mais à Istanbul cela avait été plus long, elle ne savait même pas depuis combien de temps elle était là. Elle n'avait pas été blessée que physiquement, sa fierté de Gryffondor en prenait coup parce qu'elle avait cédé sous le veritasérum. Tout le monde s'accorderait à dire que ce n'était pas de sa faute car on ne peut pas vraiment lutter contre ces choses-là. Mais elle s'en voudrait toute sa vie d'avoir mis en danger toute l'équipe en révélant ce qu'elle savait, son corps avait été tellement affaibli, qu'elle n'avait même pas eu la force de contourner intelligemment les questions qu'on lui posait, c'était bien sûr possible pour les sorciers extrêmement doués, mais même le plus grand des mages n'aurait pas pu faire preuve d'autant de finesse s'il avait été mis à l'épreuve de la faim, du sommeil, de la douleur, du noir, de l'humidité et de la soif, durant des heures entières, la force de l'esprit était étroitement liée à celle du corps. Car un corps sain abritait un esprit sain.

« Qu'est-ce qu'ils t'ont fait. »

Aucune réponse.

« Granger. »

Elle l'ignorait royalement, fixant un point invisible pour fuir son regard. Drago n'insista pas et se replongea dans l'analyse des dernières heures, de toute façon il le saurait bien un jour ou l'autre, même s'il devait la cuisiner de façon malhonnête pour cela. Sois proche de tes amis mais bien plus de tes ennemis, et pour cela, il devait connaitre sur le bout des doigts leur mode opératoire. Il verrait plus tard.

Flashback.

A présent ils savaient où elle se trouvait. La solution était simple, Drago Malefoy était un excellent appât en se basant sur ce qu'ils avaient appris. Si Hermione était bien retenue par une certaine Hydra Dolohov, et si cette Hydra était bien de la famille proche d'Antonin Dolohov, alors Drago Malefoy, mangemort traitre, qui avait torturé ce dernier, serait susceptible de l'intéresser. Le parie était risqué mais les maigres informations ne leur avait pas permis de mettre sur pied un plan plus élaboré dans un laps de temps aussi court. Il avait donc fallu faire courir dans l'Istanbul sorcier le bruit selon laquelle ce Drago Malefoy était sur place, à cette rumeur s'ajouta quelques sorties en terrasse, seul. Ron, Harry et Ginny ne mettaient que très peu le nez dehors, camouflé, à l'aide de polynectar et de savants costumes pour se fondre dans la masse, lorsque c'était essentiel et qu'ils n'en pouvaient plus d'étouffer à l'intérieur. Puis petit à petit la rumeur enfla, jusqu'à atterrir dans les oreilles de certains contacts, qui la firent remonter jusqu'à l'intéressée. Au bout de quelques jours, il commença à s'apercevoir qu'on le suivait, qu'on murmurait sur son passage, de curieux regards lui étaient adressé, signe que tout était en bonne voie. Puis un soir, au détour d'une rue désertée, on lui plongea dessus. Bien qu'il résistât pour la forme, il se retrouva dans cette minuscule ruelle, trainé dans un bâtiment à l'air anodin puis sans ménagement soumis au même traitement que l'on avait réservé à Hermione. Ils avaient essayé de lui tirer les vers du nez, mais d'une part Hermione avait déjà tout avoué, et d'autre part c'était un occlumens extrêmement doué. Il était arrivé dans la matinée, et tendait à présent l'oreille pour essayer de deviner parmi les différents bruits la voix d'Hermione. Ils avaient rapidement su qu'il était là pour elle. Et c'est comme ça qu'il s'était retrouvé sur cette chaise à terminer son récit.

Fin du flashback.

« Attends… Hydra Dolohov tu dis ? murmura-t-elle à voix basse.

- Tu la connais ?

- Jamais entendu parler d'elle avant aujourd'hui, mais ça expliquerait cette impression de déjà-vu. Je connais bien son père… C'est lui qui a tué Remus… Malefoy, cette fille c'est celle qui dirige l'organisation. Je me disais bien que sa tête me rappelait quelqu'un, c'est le portrait craché de son cher papa… Et c'est pas tout… Ils ne sont que 26 Malefoy, on croyait que c'étaient plusieurs groupes dans plusieurs villes, mais non, il n'y a qu'un groupe, et ils sont dispersés par binôme dans des coins stratégiques, et c'est Hydra Dolohov qui les a envoyés la bas, elle compte sur eux pour nouer des liens avec d'autres sorciers étrangers, mais ce n'est que de la pure stratégie, elle veut s'appuyer sur les moyens et les avancées scientifiques des coréens, c'est pour ça que deux d'entre eux sont a Séoul, deux autres sont en Italie… Hydra Dolohov se fait appeler Londres… il n'y a aucun moyen pour connaitre les identités des autres… D'ailleurs comment vous avez fait pour savoir que Dolohov était responsable de tout ça ?

- On a retrouvé ton poignard à la mosquée, et la cape d'invisibilité d'Harry au passage… Ta lame avait du sang, on a fait une brève analyse mais c'est tout ce qu'on a pu savoir…

- Tu plaisantes ? Ils n'ont pas fait le ménage derrière eux ?

- Bien sûr que si, les lieux étaient propres comme des gallions neufs, sauf qu'ils sont passés à côté de la cape et de ton couteau…

- Comment c'est possible ?

- Aucune idée, ils étaient sous un tapis, si Ron n'avait pas fait le curieux nous ne les aurions jamais trouvés.

- Quelqu'un les a mis là.

- T'es sûre de toi ?

- Enfin Malefoy une cape et un couteau, ça glisse pas comme ça roulé en boule dans un coin aussi précis, en plus vous les avez retrouvés réunis, impossible qu'ils soient tombés au même endroit, t'aurais vu la scène…

- Qui ?

- Comment je le saurais ? Ils savaient que vous alliez venir de toute façon, j'ai pas eu le choix j'ai du leur dire, enfin, ils savaient pour Harry et Ron mais ils ne s'attendaient pas à te voir, sauf qu'ils savent aussi que tu fais partie de l'unité d'Harry, ils sont loin d'être stupides et savent très bien qu'un plus un est égal deux. Ils ont très bien pu les foutre là en sachant que vous viendriez… Quoi que la cape d'Harry ? Jsais pas…. C'est à creuser.

- Donc notre plan avait un défaut.

- Vos plans ont toujours un défaut.

- Vu la réussite du tien je ne parlerais trop vite à ta place…

- Super, donc vous êtes là, et maintenant on fait quoi ?

- On attend…

- Décidément… j'adore vos interventions à tous les quatre…

- Et moi j'ai hâte de sortir de là, et que tu ailles prendre une douche, sérieusement Granger, même un détraqueur ne t'approcherait pas

- Maintenant Malefoy tu veux pas la boucler un peu, j'ai sérieusement, très mal au crâne, et très envie de dormir.

- T'endors pas Granger c'est pas le moment… »

Sa collègue soupira et ferma les yeux quelques secondes, il l'observa sans retenue. Ils l'avaient décidément bien amochée, dire qu'elle ne ressemblait à rien était un euphémisme, sa peau était recouverte d'un mélange de sueur, de sang et de saleté séchés et crouteux. Ses plaies avaient dû s'infecter au vu de la couleur noirâtre qu'elles arboraient. C'était sans parler de ses cheveux, d'ordinaire déjà ils étaient assez volumineux, soyeux, ondulés certes, mais volumineux, à présent ce n'était plus qu'un ama de nœuds qui encadrait lamentablement son visage salement contusionné. Ses vêtements étaient même presque un vague souvenir, par pudeur il évita de l'inspecter un peu plus bas, son débardeur était lacéré par les coups, quant à son pantalon, à la teinte suspecte, était taillé de part en part. C'était sans parler de sa voix, sifflante, éraillée, et de son regard dont la vivacité s'éteignait petit à petit. Elle semblait épuisée, la moindre articulation craquait au moindre mouvement sur quelques millimètres. Non sincèrement, il n'aurait pas aimé être à sa place, elle avait du souffrir mille mort, se taire, pour ensuite déverser tout ce qu'elle savait sous la contrainte soit du véritasérum, soit de la légilimentie. Le jeune homme finit par détourner les yeux mal à l'aise. Il n'éprouvait pas vraiment de pitié pour elle, de toute façon elle détestait ça, il ressentait plutôt de la gène de la voir plus bas que terre, décharnée par la situation dans laquelle elle se trouvait. Il avait l'impression de violer l'intimité de la jeune femme dont toutes les barrières physiques et psychologiques avaient été brisées une à une par la torture qu'on lui avait infligée. C'était une personne démunie, et il se doutait bien que jamais personne ne l'avait vu ainsi. Ce n'était cependant pas la première fois, il se souviendrait toute sa vie des hurlements de terreur qui étaient sortis d'elle de manière incontrolée sous les doigts de sa tante, et elle lui interdisait d'en parler. Mais cette fois ci c'était différent, parce qu'il était venu la chercher, ce qui les plongeait dans l'embarra à tous les deux.

« Arrête de me regarder.

- Désolé. »

Il s'excusait même, ce qui était rare pour Drago Malefoy qui était rarement désolé pour quelque chose, mais la vision de sa coéquipière en face de lui le poussait vraiment à s'excuser, tant il se sentait honteux d'assister à ce spectacle, dont elle aurait à tout prix souhaité évité le public.

« Tu ne diras rien. »

Ce n'était même pas une demande, plutôt un ordre et en effet Drago Malefoy se tairait sur cette partie d'Hermione, que lui seul voyait une fois de plus, à croire qu'il était destiné à être l'unique spectateur de cette détresse morbide. Ses yeux cendrés croisèrent deux pupilles dorées, qui ne se lâchèrent pas pendant plusieurs secondes. Il hocha la tête et elle sembla un peu rassurée. Ils n'avaient plus qu'à attendre que les autres agissent.