Bonjour à tous,
Me revoici avec un nouveau chapitre. Il arrive rapidement, mais comme j'avais rapidement la structure en tête, cela a été facile à écrire, en tout cas j'espère qu'il vous plaira, il se concentre un peu plus sur Hermione et Drago.
Merci pour votre fidélité, je vois qu'il y a de plus en plus de lecteurs et ça me fait tellement plaisir, reviews ou pas reviews, j'espère dans tous les cas que vous aimez !
Je ne m'étends pas plus, et vous laisse à votre lecture !
Réponse aux reviews :
Claire : Coucou, c'est super si tu as trouvé le chapitre précédent bien ficelé ! La petite discussion entre Drago et Hermione concernant son couple risque d'être orageuse ! Concernant Ron, j'avoue que je n'ai pas encore trop décidé, j'aime beaucoup ce personnage et j'ai souvent du mal avec le Ron colérique qui est mis en scène dans certaines fictions, j'ai envie de le ménage, JKR a donné de la profondeur à tous ses personnages, Ron y comprit, ce serait dommage de le laisser de côté ! et concernant Harry et Ginny, j'aime aussi beaucoup ce couple et j'adore écrire quelques scénettes à leurs sujets, je devrais peut être aussi leur laisser un peu plus de place dans cette histoire car j'ai beaucoup de retours positifs sur eux ! En tout cas merci pour ta review, j'espère que ce chapitre te plaira, bonne lecture !
Le petit groupe était arrivé sans encombre à l'auberge. Le voyage en balais, bien que relativement court, n'avait pas été une partie de plaisir pour Hermione, mais elle avait pu profiter à loisir des premières lueurs roses de l'aurore, dont elle avait été privée pendant plusieurs jours. L'air frais fouettait son visage et la revigorait, la tenant réveillée. Elle aurait bien voulu ne s'agripper qu'au t-shirt de Drago, mais il n'en avait pas, elle ne savait pas trop non plus comment, où, poser ses mains, mais elle préférait éviter la taille, si elle avait été malmenée en bas, lui n'en menait pas large non plus, de gros hématomes s'étalaient sur son torse. Elle avait donc décidé de simplement poser ses mains sur ses épaules, garantissant non seulement sa stabilité mais en plus une distance de sécurité entre eux, elle détesterait être collé à lui de toute façon et si cela avait été le cas Drago lui aurait rabâché ça pendant des jours.
Ils arrivèrent sans encombre à l'auberge, qui s'éveillait doucement. Il allait être difficile de traverser la grande salle à manger discrètement, le patron était déjà derrière le comptoir et essuyait avec son torchon grisâtre les verres à thé et les tasses à café. Hermione ne savait plus depuis combien de temps elle n'y avait pas mis les pieds, elle avait même peur que l'aubergiste ait mis ses affaires à la porte, mais Harry la rassura d'un regard, ils s'étaient occupés de ces détails et avaient prolongé la réservation de la chambre qu'avaient Seamus et Hermione pour quelques jours de plus. Ils essuyèrent les regards des premiers levés. Il fallait dire que la cuisse de Ron était suintante, que Drago était à moitié dénudé et avait l'air de s'être battu dans la poussière, et c'était sans parler de l'odeur que dégageait Hermione, dont l'état de fatigue et de saleté dépassait la normale. Cette dernière n'avait qu'une envie, prendre une douche interminable, et retrouver un bon lit. Mais ses collègues et amis ne l'entendirent pas de cette oreille. Lorsqu'elle pénétra dans sa chambre avec un soupir de soulagement, alors qu'elle s'attendait à rester seule, elle fut suivit par les quatre autres qui s'assirent autours de la table ronde qui meublait la pièce. Ginny fut la première à briser le silence.
« Hermione…
- Quoi ? »
Son ton était sec, elle ne voulait pas être brutale, mais elle ne voulait pas non plus qu'on la prenne en pitié, juste qu'on la laisse seule, et ce n'était certainement pas trop demander après ce qu'elle venait de vivre. Mais elle regretta immédiatement d'avoir répondu vivement à Ginny, son amie n'y était au fond pour rien et n'avait pas hésité à venir la sortir de cet infame sous-sol. Elle s'assit avec eux et s'adoucit.
« Raconte-nous ce qu'il s'est passé là-bas ? » Demanda Ron. Ginny lui fit les gros yeux, c'était certainement la dernière chose à demander, mais Ron avait réfléchi avec sa maladresse et sa délicatesse légendaires, il ne pensait pas mal faire, la colère avait parlé pour lui et il voudrait faire payer ceux qui avaient fait du mal à sa meilleure amie. Hermione préféra leurs faire part de ce qu'elle avait appris.
« Vous ne devinerez jamais… »
Tous se redressèrent, soudainement tout particulièrement intéressés par la conversation, même Drago, que la situation gênait extrêmement.
« 26 personnes, 13 binômes, 13 pays, 13 villes. Hydra Dolohov est l'instigatrice de tout ça, elle s'appelle Londres, son second, tu as pris son apparence Harry, et si tu as également gardé quelques uns de ses cheveux ce serait très pratique pour nous. C'est sa fille Harry, d'ailleurs elle déteste Drago, pour eux tu es un petit traitre, et tu as torturé son père, elle veut ta peau. Celui que vous avez tué c'est Istanbul, c'est lui qui a organisé la réunion, et d'après ce que j'ai cru comprendre nous étions dans sa planque. Je ne connais pas son nom, je sais juste qu'il tenait des activités terroristes sorcières ici contre les moldus et les nés-moldus.
- Hydra Dolohov, c'est cette fille brune, qu'est-ce qu'elle veut ?
- La même chose que Voldemort, un ordre sang pur.
- Et ton contact, t'as découvert quelque chose ?
- Il s'est envolé, ses informations sur le groupe n'étaient pas vraiment exactes, mais il y a trop de coïncidence, d'abord ce sorcier qui sait à peu près des choses mais qui connait la date, le lieu et l'heure exacts de la réunion… La cape, et mon poignard sous le tapis de la mosquée… Et vous avez remarqué ? Quelqu'un avait fait le ménage quand nous sommes sortis, on nous couvre, on nous donne des informations. L'organisation a une taupe, et je crois savoir qui… Vous êtes bien assis ? »
Ils la fixèrent, perplexes. En effet ils avaient trouvé ces coïncidences bizarres, mais dans la précipitation ils n'y avaient pas vraiment porté attention.
« Rome, il se fait appeler Rome, et…
- Accouche Granger.
- Blaise Zabini. C'est notre gars. »
Si Drago Malefoy n'avait pas été assis, il serait tombé à la renverse. Blaise Zabini ? Il n'avait pas entendu ce nom depuis des années, depuis la bataille de Poudlard pour être précis. Il avait pensé que Zabini avait rejoint sa mère en Italie. Il se passa une main dans les cheveux, Dolohov, Zabini… Son passé lui revenait en pleine figure et après ce qu'il venait de vivre il n'était clairement pas prêt à encaisser ça. Il se leva, il faisait si chaud tout à coup.
« Je… Je crois que je vais prendre une douche. »
Hermione attrapa son bras, elle l'intercepta.
« Malefoy reste ici.
- C'est quoi ton problème Granger ! Me donne pas d'ordre, je viens de te sauver la vie, laisse moi me laver, et me coucher, et tu devrais faire pareil, vraiment, tu pues la mort c'est insoutenable !
- Putain Malefoy pour une fois dans ta petite vie d'égoïste tu peux t'intéresser à ce qu'il se passe autours de toi ! C'est important ! Je ne connais pas tes antécédents avec Zabini et Merlin, je m'en balance ! Arrête d'être désagréable et de me rappeler que tu es venu ici, je m'en serais bien passée de ta présence figure toi ! »
Hermione s'était levée à son tours, tapant violemment les deux mains sur la table, elle le fusillait du regard, à bout. Si c'était pour lui balancer ça à la tête à tout bout de champ il n'avait qu'à rester à Londres, elle n'avait rien demandé ! Elle aussi, elle en avait assez, elle voulait se laver, dormir puis prendre un repas digne de ce nom, et pourtant elle faisait passer l'enquête avant tout, Malefoy faisait tout foirer à cause de ses vieux démons et elle ne cautionnait pas.
« Ca suffit ! »
Harry éleva la voix à l'encontre des deux adultes qui se faisaient face, le regard orageux, et la mine fermée. Chacun se rassit, de mauvaise grâce.
« Continue Hermione.
- Non, si vous me le permettez, je vais me coucher, on en reparlera ce soir.
- Malefoy tu restes avec elle. Elle ne dort pas seule cette nuit, et toi non plus. »
Ils pâlirent, et s'aperçurent qu'une fois de plus c'était le chef d'unité qui avait parlé et non l'ami, c'était un ordre, pour protéger son équipe il fallait qu'elle soit soudée, et à l'heure actuelle c'était même tout le contraire. Drago et Hermione passeraient la nuit ensemble, le lit était assez grand pour deux, ils l'avaient déjà fait quand ils étaient en planque.
« Harry tu ne peux pas me faire ça maintenant ! » Rétorqua Hermione, au bord de la crise. S'en était trop, elle ne voulait pas craquer, mais la fatigue était telle qu'elle tenait tête à son supérieur.
« C'est moi qui décide Hermione, tu n'as pas le choix. Ron, Ginny et moi n'avons pas besoin de dormir autant que vous, et nous ne voulons pas vous réveiller en faisant du bruit. Vous dormez tous les deux ici, point barre, tu ne discutes pas les ordres. »
Personne d'autre n'osa le contester. Si Harry ne réfléchissait pas toujours, n'élevait que rarement la voix, et travaillait avec ses amis, il savait se montrer ferme. Ginny croisa le regard implorant d'Hermione, mais lui adressa un sourire d'excuse, elle ne faisait pas partie de l'équipe, ne pouvait pas mettre son grain de sel dedans. Hermione pinça les lèvres, se leva, attrapa une serviette de bain, sa trousse de toilette, et s'enferma dans la salle d'eau en claquant la porte. Harry soupira, il détestait la mettre en colère, mais était persuadé que c'était le meilleur choix à faire.
Drago, de son côté, ne disait plus rien et accusait la nouvelle dont elle leur avait fait part. Blaise et lui n'avaient jamais vraiment été amis. Ils avaient fait connaissance en première année, comme avec Pansy, Théodore… Bien sûr tous se connaissaient de noms, les familles de sang pur n'étaient pas très nombreuses et ne se fréquentaient qu'entre elles. Blaise Zabini avait d'ailleurs toujours été mis à l'écart. Sa mère, Mrs Zabini, faisait en effet partie de ces anciennes familles. Drago savait qui elle était parce qu'elle était régulièrement au centre des conversations et des ragots de la haute société. Célèbre pour sa beauté, et pour ses sept maris morts de façon mystérieuse. Il l'avait également croisée à plusieurs reprises à de grands dîners. Il se rappelait d'une femme froide, au physique sulfureux, glamour, elle incarnait parfaitement la beauté fatale, c'était le cas de le dire, ironie du sort elle avait enterré tous ses hommes. Le père de Blaise était inconnu, de sang pur, ou de sang mêlé, il n'avait donc jamais fait partie de la bande de Serpentards de Drago. Il pouvait même dire qu'il lui était antipatique. Blaise ne l'avait jamais adulé, contrairement au reste de ses camarades, il le méprisait même ouvertement et n'avait jamais hésité à le remettre publiquement à sa place. Solitaire, il s'entendait avec les sœurs Greengrass, et autres rares exceptions telles que Théodore Nott, mais c'était tout. Drago aurait été incapable de dire qu'elles étaient les convictions de son ancien collègue de dortoir. Les questions se bousculaient dans sa tête, il avait faim, et pour couper court à ses nœuds au cerveau, il décida de commander un solide petit déjeuné.
De son côté, Hermione fulminait contre ce « petit Potter arrogant qui osait lui donner des ordres, à elle, Hermione Granger, sa meilleure amie qui avait toujours été là pour le soutenir y compris dans ses disputes avec Ron ! » L'adrénaline de la fuite, le trajet du retour, et la colère l'avait momentanément coupée de la réalité, elle y revint durement lorsqu'elle retira son débardeur en lambeau. Merlin, elle n'était pas mieux que Malefoy, mais la sueur et la poussière empirait son aspect, elle fit de même avec son pantalon. Diverses entailles cicatrisaient mal, avec l'essence de dictame les plaies se refermeraient et sa peau serait à nouveau comme neuve. L'ennui, c'est que c'était douloureux. Elle préféra d'abord se glisser sous la douche. C'est avec régal que l'eau tiède ruissela sur son visage et le reste de son corps. Elle voulait frotter, enlever les traces du traitement ignoble qu'elle avait subi, le jet et le savon réveillèrent la douleur, des larmes perlèrent du coin de ses yeux, ses membres piquaient et tiraillaient tant. Elle s'aperçu également en ce lavant abondement les cheveux, que chaque mouvement demandait un effort surhumain. Lorsqu'elle était encore là-bas, les coups pleuvaient tant et tant, elle n'osait imaginer le nombre de bleu, et décida qu'elle s'amuserait à les compter plus tard. L'onde dans le bac de douche était un mélange grisâtre et rouge. Certaines de ses estafilades qui avaient cicatrisé, plus sous une croute d'impuretés que sous une croute de sang séché, s'étaient rouvertes, et c'était un liquide translucide tirant sous le jaune qui s'en écoulait, elles étaient certainement infectées.
« Dégueulasse… »
C'est avec ravissement qu'elle nettoya jusqu'à en avoir la peau rouge, l'urine sur ses cuisses, qu'elle décolla les restes de sa régurgitation collés sur son épaule. Démêler le sac de nœuds sur son crâne était une autre affaire, elle usa et abusa de démêlant, jusqu'à ce que cela soit à peu près convenable. Enfin, lorsqu'elle se senti à nouveau propre, et saine, elle se décida à sortir de la douche et à faire face à son corps nu dans le miroir. Il était inutile de préciser qu'elle avait minci, il lui manquait peut être trois bons kilos, elle qui de base était en forme, mais pas non plus très épaisse, sentait, maintenant qu'elle l'avait sous les yeux, qu'elle était affaiblie. Les bleus qu'elle avait deviné en se savonnant sous la douche étaient violets, cerclés de jaunes. Elle remarqua également que son œil gauche, s'ouvrait toujours aussi difficilement, d'ailleurs un merveilleux cocard l'agrémentait. Son nez était légèrement de travers, en passant le doigt dessus elle constata aussi qu'il était cassé. Elle attrapa dans son sac le précieux flacons de liquide transparent, qu'elle déboucha. Quelques gouttes tombaient de la pipette sur chacune de ses balafres, produisant un léger filet de fumée verte, elle serra les dents, étouffa des gémissements de douleur, haleta. Il y en avait tellement, elle ne les comptait même plus. Et quelques minutes plus tard, il n'y avait plus une seule cicatrice, hormis sur son visage, elle préférait supporter la douleur plutôt que la vive brulure de ce remède si efficace.
« Episkey »
Un craquement sonore suivi le murmure d'Hermione qui pointait sa baguette sur son visage, son nez avait retrouvé une inclinaison normale, et ne la lançait plus. Elle détourna son regard de son corps encore tuméfié par les nombreuses ecchymoses, enfila une fine tunique blanche, et sortit de la salle de bain sans un regard pour Malefoy.
Elle avait décidé de l'ignorer royalement. Harry voulaient qu'ils se rapprochent ? Il se payait sa baguette. Ils avaient passé suffisamment de temps l'un près de l'autre pendant plusieurs heures. En plus, elle ne voulait pas qu'il lui parle, sa pitié, sa gêne, le malaise, voilà ce qu'il lui rappelait et ce que sa présence lui infligeait. Elle se détestait pour cela, il l'avait vu dans le plus immonde des états, et se doutait qu'il était loin d'oublier l'image d'elle, puant, crasseuse, battue, qui était si loin de ce qu'elle était au plus profond d'elle-même, une Gryffondor brillante, téméraire, et forte. Elle n'allait pas se gêner pour leur montrer qu'elle était Hermione Granger, Miss-Je-Sais-Tout, elle leur avait même prouvé, parce qu'elle savait qu'elle avait joué un rôle indispensable dans l'enquête.
L'odeur de la nourriture qui envahissait la chambre ne lui donnait même pas faim, c'était même plutôt le contraire. Sans un mot elle se servit un verre d'eau, dans lequel elle glissa une potion de sommeil sans rêve, se laissa tomber sur le lit, et sombra rapidement dans un profond et paisible repos.
Hermione était étendue au beau milieu des draps sombres et froissés, recouvrant son buste qui se soulevait au rythme de ses respirations lentes et laissant entrevoir ses pieds fins et ses mollets dorés. Un bras reposait sur sa taille, l'autre était proche de son visage. Un souffle paisible s'échappait de ses lèvres entrouvertes. Un hématome violet se dessinait encore sur le haut de sa pommette droite, et deux entailles barraient son petit nez retroussé et le coin gauche à la commissure de ses lèvres, sans parler du cercle violet qui décorait sa paupière gauche. Ses boucles brunes s'éparpillaient sur son front et sur le coussin. Assis sur un fauteuil à l'autre bout de la pièce, Drago Malefoy ne la quittait pas des yeux. Elle était restée inexorablement muette sur les derniers jours passés dans cette pièce sombre sous la chaleur d'Istanbul, ne délivrant que quelques informations jusqu'à ce qu'à nouveau ils se prennent le bec. Une file pellicule de sueur rendait sa peau luisante, il se leva et ouvrit la fenêtre. Hermione Granger était à mystère entier qui l'intriguait et qui causerait un jour ou l'autre sa perte. Au lieu de se rasseoir il s'approcha et la domina de toute sa taille. Elle ne s'était pas réveillée depuis qu'ils étaient rentré, tôt dans la matinée, à présent il devait être minuit. Lui n'avait pas réussi, il s'était momentanément assoupi dans la journée, à présent il était bel et bien réveillé, et surveillait la léthargie de sa coéquipière.
Elle semblait si fragile, il tendit la main pour repousser une mèche de cheveux qui lui barrait le visage. Alors qu'il effleurait sa joue elle ouvrit les yeux et en un réflexe inattendu elle saisi sa baguette et la pointa sur son menton, se redressant à genoux sur le matelas. Son rythme cardiaque s'était accéléré, rougissant sa peau, et elle murmura entre ses dents serrées :
- Ne me refais jamais ça Malefoy.
Malefoy ignorait qu'elle dormait avec sa baguette. Il contemplait le petit spectacle qu'elle lui offrait. La manche longue de sa légère tunique blanche avait glissé révélant une épaule ronde et bronzée par le soleil du Moyen Orient, bien qu'elle n'ait pas vu la lumière du jour depuis longtemps. Le cordon qui retenait le menu décolleté du vêtement de toile menaçaient de se dénouer. Sa petite main se desserra autours de sa longue baguette et son bras retomba mollement le long de son corps. Jamais elle n'avait été aussi jolie qu'en cet instant. Hermione recula, en scrutant son compagnon de fortune, une lueur de défi dansait dans ses prunelles. Son corps était si tendu, comme si une menace planait au-dessus de son lit. La méfiance lui tordait tant les entrailles, sa prise se resserra à nouveau sur ce bout de bois qui lui avait sauvé la vie tant de fois. Il soutenait son regard, un sourire en coin. Tout a coup elle paraissait soudainement beaucoup solide qu'il ne l'aurait parié.
« Vas y, fais le… sussura-t-il du bout des lèvres.
- tu sais que je pourrais t'amocher sans peine.
- Alors qu'est-ce que tu attends… murmura-t-il. »
Elle lui adressa un sourire mauvais. Malefoy de malheur. Il la voyait dans ce moment de faiblesse, faiblesse nourrissait d'autant plus sa force morale. Elle le détailla à son tour. Un simple pantalon de lin noir pendait sur son bassin, révélant des hanches sculptées qu'elle préférait ne pas regarder. En quelques secondes elle détourna les yeux et se leva pour se servir un verre d'eau.
- Je n'aime pas qu'on me regarde dormir. Lâcha-t-elle d'un ton sec.
- Personne n'aime.
- Alors arrête ça. »
Elle ne pourrait plus dormir de la nuit après ça. Le regard de Malefoy glissa sur ses jambes fines et musclées, dénudées. Hermione n'était ni grande ni petite, mais Malefoy la dominait sans peine de sa taille. Pourtant il savait très bien qu'en corps à corps Hermione n'aurait aucun mal à lui faire face. Sous ses allures de femme frêle, il y avait une force et une précision de haut niveau. D'ailleurs son nez s'en souvenait encore.
Il ne l'avait jamais trouvé particulièrement laide, ni particulièrement belle. Sa petite amie débordait de classe et de grâce, Pansy Parkinson était plus voluptueuse, Ginny Weasly plus sulfureuse, Luna Lovegood était particulière mais ces grands yeux bleus qui lui mangeaient le visage étaient superbes, Fleur Delacours était d'une beauté sans pareille. Mais le charme d'Hermione Granger c'était sa fougue, et son caractère merdique. Physiquement c'était une fille que l'on qualifierait de jolie, avec un petit nez retroussé, une peau dorée, et des yeux chocolatés, elle n'avait pas vraiment de défauts physiques, n'était pas ce que l'on appelait une femme élancée. Les épreuves de la guerre lui avait donnée une taille mince et une musculature que les hommes aimaient bien. Il voyait très bien ce que ses précédents petits amis avaient pu lui trouver. Hermione Granger était une lionne, qui ne pouvait s'empêcher de faire la crâneuse, qui ne jurait que par le règlement qu'elle seule selon ses dires avait le droit de transgresser. Il se demandait si avec eux elle était une insupportable Miss-Je-Sais-Tout comme elle savait si bien faire lorsqu'ils étaient tous les deux, avec son malin plaisir à le faire passer pour le premier des imbéciles. Il avait une sainte horreur de son petit ton impertinent et de son air supérieur qu'elle adoptait si souvent.
« Que s'est-il passé là bas. »
Il avait parlé d'un ton si bas qu'elle avait du tendre l'oreille. Elle ne répondit pas et recula, fermée comme une huitre.
« Granger répond moi…
- Ca ne te regarde pas.
- Je t'ai sauvé la vie.
- Je t'avais rien demandé.
- Peut être, mais je l'ai quand même fait.
- Tu aurais pu t'abstenir, surtout si c'est pour me le rappeler des que tu ouvres la bouche. Tu veux quoi ? Une récompense ? Un sucre ? »
Elle était décidément ingrate.
« Je t'y ramène si tu veux. Il était moqueur.
- Vas-y, fais-le. Un sourire suffisant accompagnait sa provocation.
- Ca suffit Hermione. Son ton était devenu dur, et autoritaire. Il s'assit sur le lit et passa une main sur ses cheveux. Arrête de lutter, et de te mentir à toi-même. Tu n'es pas Dieu. Tu n'aurais pas survécu là bas, ni physiquement ni mentalement, et ta fierté merdique t'empêche d'admettre que oui, je suis venu te chercher, et que tu m'en es reconnaissante !
- Tais-toi !
- Et le pire dans tout ça, c'est que je sais que tu recommenceras, on te dira jette toi dans la gueule du loup et tu plongeras la tête la première ! Parce que tu es une putain d'égoïste qui ne pense qu'à sa réputation de Gryffondor aguerrie. Sauf que tu oublies que quand tu fais ça, tu disparais, tu ne laisses jamais le choix, tu n'écoutes jamais et tu n'attends jamais qu'on te dise que tes plans sont mauvais parce que personne n'oserait contredire la grande Hermione Granger ! Avoue le, Seamus n'était pas d'accord ! Tu as suivi des pistes, tu es partie à Istanbul, Berrycloth est mort et j'ai presque envie de dire que c'est de ta faute !
- Impedimenta ! »
Drago était tombé à la renverse, Hermione avait crié le sort d'une voix cassée. Son regard se faisait meurtrier, et sans remord. Le jeune homme se redressa tant bien que mal en grimaçant, sous l'effet de la colère le sortilège avait été violent, ses contusions le faisaient souffrir mais il n'en montrait rien, cette mauvaise tête de Granger serait bien trop contente. Sans un mot elle s'assit dans le fauteuil, lui laissant le lit, elle ne supporterait pas qu'il la regarde dormir à nouveau.
« Mon plan tenait la route Malefoy, la cape d'invisibilité offre une protection invincible… Seulement j'ai reconnu Zabini, ça m'a déstabilisée, c'est là que le plan a foiré… Tout était bon, nous avons transgressé tellement de règles à Poudlard avec cette cape, sans jamais nous faire prendre, j'avais la Poudre d'Obscurité Instantanée du Pérou si jamais ça tournait mal… Mais voilà… Zabini, c'était l'imprévu de mon plan... »
Elle parlait comme pour elle-même à voix basse, Drago s'assit sur le lit et passa une main dans ses cheveux, qu'il avait retrouvé propres, ils ondulaient à présent, sans vraiment de discipline.
« Ecoute Malefoy… Je veux pas de ta compassion pourrie, j'en ai pas besoin. Efface ce que tu as vu de ta mémoire, et ne me reparle pas de ce qu'il s'est passé sauf au sujet des informations concernant l'enquête. Je suis en vie, je ne suis pas traumatisée, épuisée, morte de faim tout au plus, mais pas terrifiée, oui tu as raison, je continuerai sans relâche, et je ne te demanderai pas ton avis. Je suis pas une gamine irréfléchie, je suis l'une des sorcières les plus brillantes de notre génération, et si ça me mettait mal à l'aise avant, aujourd'hui je n'ai pas peur de le dire parce que c'est ce qui fait ma force. On va les coincer, et cette affaire, on va la résoudre. »
Hermione le regardait droit dans les yeux. Elle n'avait donc pas compris. Il n'avait jamais eu pitié d'elle, après tout il s'était fait tabassé lui aussi, et il avait vu juste en pensant qu'Hermione détesterait qu'on la plaigne. Il haussa les épaules.
« J'ai bien compris. Je te demande juste d'accepter que pour une fois je t'ai aidée. Dors, on s'en va demain matin.
- Qu'est-ce qu'il y a entre Astoria et toi ?
- Granger c'est ma petite amie depuis des lustres.
- Merci Malefoy, je sais. Tu as très bien compris ce que je voulais dire.
- Mon couple ne te regarde pas, surtout après ta remarque déplacée. Je te prierais de ne pas faire de commentaire. Tu es très mal placée pour parler je trouve.
- Tu dis n'importe quoi.
- Tout va bien entre Astoria et moi, j'ai dit ça pour le déstabiliser et ça a marché. Donc ne parle plus d'Astoria et moi, comme je te l'ai dit, ce ne sont pas tes affaires, si tu voulais des confidences, tu n'avais qu'à te montrer plus polie envers elle au lieu de l'ignorer comme tu sais si bien faire. Evite de fourrer ton nez dans mes affaires Granger, tu ne nous fais pas entrer dans ta vie, je suis sûre que ça te vexe même qu'elle arrive à bien s'intégrer dans ton groupe d'ami, alors n'intervient pas dans la nôtre.
- Sinon quoi ?
- Sinon je raconte à Harry dans quel état je t'ai trouvée. » répliqua Drago froidement.
Hermione renifla d'un air dédaigneux, et croisa les bras sur sa poitrine. Il lui avait dit ses quatre vérités, et c'était blessant. Elle préféra ne pas répondre ouvrit les battants des portes fenêtre, empoigna une chaise qu'elle calla à la lumière de la lune, et s'assit, étendant ses jambes sur la balustrade, coupant ainsi court à toutes discussions et négociations. Elle lui tournait résolument le dos.
Dans le fond Drago n'avait pas tort, elle avait tout fait pour ne pas leur porter d'attention, elle oubliait même de les convier aux repas qu'elle donnait elle, même si Harry leur glissait toujours la date et l'heure, et Drago s'y rendait accompagné, il savait que cela la rendait dingue. Mais elle reviendrait sur le sujet, elle était prête à mettre sa baguette à couper que tout n'était effectivement pas rose entre eux, après tout il s'était bien quasiment jeté dans la gueule du loup en la laissant sur le gradin de touche. Elle l'entendit s'allonger.
Drago avait croisé ses bras derrière la tête et regardait le plafond, l'air mitigé. Il était prêt à parier qu'Hermione reviendrait à la pêche aux informations, il les lui donnerait le jour où elle décidera de faire un effort envers lui. Il ne pu s'empêcher de constater qu'un certain malaise régnait entre eux, et il espérait qu'il se dissiperait avec le temps et que leur relation redeviendrait aussi normale et inexistante que possible.
