Through it all, through it all , It is well


Appartement de Rafael Barba et Dominick Carisi

15 PHB, 240 Park Avenue South

Vendredi 31 octobre 2014


-On va être en retard, dit Sonny en repositionnant le tissu rouge vif dans la poche de son veston.

Il n'arrivait pas à obtenir le pliage qu'il souhaitait. En soupirant, il reprit le morceau de tissu et le plia avant de le remettre dans la poche. Toujours pas. Il avait pourtant vu Rafael le faire des dizaines voire des centaines de fois. Et cela semblait si simple quand c'était son fiancé qui le faisait. Mais bien évidemment, lui n'y arrivait pas. Autant faire appel au spécialiste.

-Rafi ! J'ai besoin de ton expertise !

Gina avait organisé une soirée chez elle pour Halloween. Une soirée costumée. Etrangement, Rafael n'avait pas été très difficile à convaincre. Mais peut-être que depuis tout ce temps, Sonny savait comment convaincre son fiancé. Un sourire, une petite mou, un regard par dessous les cils, le tout bien installé sur les genoux de Rafael, et le détective pouvait faire ce qu'il voulait du subtitut du procureur. Il avait l'impression de posséder là un super-pouvoir.

-Tu es certain de vouloir y aller ? Parce que cette tenue sur toi... me donne un tas d'idées, dit Rafael en entrant dans la chambre et en laissant son regard parcourir le corps.

Le veston prince-de-Galles enserrait la taille de Sonny, mettant en valeur ses formes. Le costume n'était pas sur-mesure mais il était parfait sur Sonny (même si Rafael aurait préféré son fiancé sans). Les lignes nettes, du col jusqu'aux chevilles, soulignaient sa silhouette, donnant l'impression que Sonny était encore plus fin, plus grand.

La réponse de Sonny mourut sur ses lèvres lorsqu'il releva les yeux pour voir le reflet de son fiancé dans le miroir. Il comprenait mieux pourquoi Rafael avait refusé de lui réveler son costume.

En officier de police.

Il avait eu le culot de choisir un costume d'officier.

Et Dieu qu'il était splendide avec.

Il n'avait ménagé aucun détail. La ceinture autour de ses hanches attirait le regard sur le haut du corps, son torse large, ses épaules puissantes. Il avait poussé le vice jusqu'à retrousser ses manches et Sonny mourrait d'envie de poser ses lèvres sur les biceps ainsi dévoilés, d'y enfoncer délicatement ses dents.

-Tu disais avoir besoin d'aide ? Demandant Rafael en s'approchant, un sourire amusé aux lèvres tout en coinçant ses lunettes aviateur dans le col de sa chemise.

Il glissa ses bras autour de Sonny, plia le morceau de tissu avant de le positionner avec douceur dans la poche. Rafael déposa ensuite ses lèvres juste derrière l'oreille de Sonny.

-Tu es sublime.

Sonny laissa échapper un gémissement et sa main gauche se faufilla dans les cheveux de Rafael tandis qu'il laissa sa tête se renverser sur l'épaule de son fiancé.

-Rafi...

-Nous allons être en retard, dit Rafael en glissant ses lèvres le long de la veine jugulaire.

Il pouvait sentir le rythme cardiaque rapide de Sonny sous sa langue.

-Gina sera en retard de toute façon, haleta le détective, ses doigts se resserrant sur les mèches noires.

Rafael tourna la tête et posa ses lèvres sur la peau fine du poignet.

-Tu sens le chocolat.

-J'ai préparé des biscuits pour les enfants.

-Quels enfants ?

-Ceux de la résidence. Nous ne sommes pas là ce soir alors... Je ne voulais pas qu'ils repartent les mains vides, même s'ils trouvaient porte close.

-Tu crois que les parents d'ici ne peuvent pas acheter des bonbons à leurs enfants ?

Sonny se tourna dans les bras de Rafael.

-C'est Halloween Rafa ! Les enfants sonnent aux portes pour avoir des friandises.

Rafael secoua la tête avec un sourire.

-Tu sais que tu es trop gentil ?

Sonny eut un sourire doux avant de détourner les yeux. Rafael fronça les sourcils.

-Hey.

Il posa sa main sur la joue de Sonny et attira de nouveau son regard sur lui.

-Ce n'est pas une critique. Dieu sait que le monde aurait besoin de plus de personnes comme toi, mi cielo.

Sonny se pencha en avant et se saisit des lèvres de son fiancé. Ils se séparèrent en entendant le téléphone de Rafael sonner.

-Notre Uber vient d'arriver.

Sonny se recula avec un sourire.

-Vous faites honneur à l'uniforme, officier.


-Non ! Je te jure Sonny, si tu me dis que tu déguisé en avocat, commença Bella, à peine avait-elle ouvert la porte de l'appartement et remarqué les costumes des deux fiancés.

-Mais pas du tout ! Je suis Tony Montana. Scarface !

-Mwais... Ce sont des menottes que je vois là ? Demanda-t-elle avec un sourire amusé à Rafael.

Rafael acquiesça, laissant ses doigts caresser les menottes.

-Si tu veux tout savoir, ce sont mêmes des vraies.

Le regard de Bella s'agrandit alors qu'elle tourna brusquement la tête vers Sonny.

-Je n'ai pas besoin de savoir ce genre de choses sur toi.

Sonny rougit.

-Je n'ai rien dit, commença-t-il à se défendre.

-Gina ! Tu ne devineras jamais ce que je viens d'apprendre, hurla Bella en entrant dans l'appartement, laissant les deux hommes à la porte.

Sonny se tourna vers son fiancé et le fusilla du regard.

-Tu es fier de toi ? Maintenant elle pense qu'on les utilise.

-Oh mais je pensais bien les utiliser.

Mais Sonny ne put répondre car son ainée lui hurla de fermer la porte et de venir lui raconter cette histoire de menottes.


La musique résonnait dans l'appartement, bien trop forte au goût de Rafael et la plupart des invités étaient ivres. Rafael se sentait vieux. Il observait Sonny danser avec sa soeur, un sourire aux lèvres. Son fiancé était dans son élément, un grand sourire aux lèvres et les yeux qui pétillaient. Mais pas à cause de l'alcool. Il n'avait bu qu'une bière car il était d'astreinte le lendemain.

-Sonny a l'air heureux.

Rafael tourna la tête pour voir Gina se laissa tomber à côté de lui. Son costume avait à peine plus de tissu que de la lingerie et elle avait clairement bien bu.

-Et c'est grâce à toi. Tu sais, au début, je ne t'aimais pas.

Rafael observait sa future belle-soeur. Gina avait toujours été la plus directe des Carisi. Et ce n'était pas chose évidente vu la propension de la famille à se taire.

-Et tu m'aimes mieux maintenant ? ne put-il s'empêcher de demander, curieux.

-Regarde mon petit frère !

Et Rafael le regarda, ne pouvant empêcher un sourire en croisant le regard de son fiancé.

Le regard de Gina se posa sur ses deux cadets. Les deux bébés de la famille. Les plus sensibles.

-Sonny aime trop. Trop vite. On a tous vu à quel point il est vite tombé amoureux de toi. La façon dont il te regarde... On a eu peur... Peur que ce soit trop pour toi... Peur de ce qui allait ce passer quand tu en aurais marre de lui.

Rafael secoua la tête. Il pouvait comprendre l'inquiétude de Gina mais il ne pouvait imaginer un jour se lasser de Sonny.

-Je ne pourrai jamais avoir marre de lui. Sonny est la meilleure chose qui me soit arriver. Une chance immense. Et j'en ai conscience.

-On a eu peur que tu profites de lui. Sonny a toujours été trop sensible pour son bien. Trop gentil... Et les autres enfants... ils prenaient ça pour de la faiblesse.

-Ton frère est une des personnes les plus courageuses que je connaisse, dit Rafael en reportant son attention sur Gina. Et je peux te promettre que je ne laisserai personne lui faire du mal.

-C'est bien. Sonny mérite quelqu'un pour le protéger.

Rafael alla pour répondre, mais il fut coupé par Sonny qui s'assit contre lui.

-Hey, sourit le détective.

-Hey.

-Je t'ai manqué ?

-Tu me manques toujours, répondit Rafael, du tac au tac.

C'était peut être niais mais cela n'en était pas moins vrai. Et Rafael aurait dit des choses encore plus stupide pour pouvoir admirer la réaction de son fiancé. Sonny lui sourit, les yeux brillants et les joues rosissant légèrement. Il fallut tout le self-control de Rafael pour ne pas l'embrasser ici et maintenant.

Gina poussa un soupir devant l'air stupide de son petit frère. C'était son rôle de grande soeur de le protéger, mais c'était également son rôle de se moquer de lui quand il regardait son fiancé avec cet éclat dans les yeux.

-Bon, les amoureux ! Vu l'heure, j'en déduis que vous allez roucouler plus loin ?

Sonny se tourna vers sa soeur en grimaçant.

-Désolé Gina, mais je suis d'astreinte demain. Et s'ils m'appellent, je dois...

Elle secoua une main, coupant court à ses explications.

-Oh arrête. Ne te sers pas de ton boulot comme excuse !

-Ce n'est pas une excuse ! Je travaille vraiment demain ! Dis-lui, Rafi.

Rafael secoua la tête.

-Par ce que tu vas me faire croire que tu vas aller te reposer en rentrant ? Tu oublies que je sais pour les menottes !

Sonny rougit violement, faisant rire Rafael. Il posa sa main aux creux des reins du détective.

-On va rentrer Gina, merci encore de l'invitation.


Ils étaient dans la voiture, à regarder les passants costumés.

-Halloween est quand même plus calme depuis que je suis passé détective.

Rafael tourna le regard vers Sonny.

-A Staten Island, quand j'étais agent, les nuits d'Halloween étaient horribles… Maintenant c'est plutôt calme. L'avantage de monter en grade j'imagine.

-Et imagine toi être tout jeune diplômé du barreau et te retrouver avocat commis d'office. Il y a des nuits qui nous faisait regretter notre nouveau diplôme si durement gagné.

Sony sourit et ses doigts effleurèrent ceux de Rafael sur la banquette arrière de la voiture.

-J'essaye de t'imaginer à la sortie de l'école de droit. Un tout jeune Rafael.

-Oh, j'étais un petit con imbu de ma personne.

Sonny éclata de rire à la franchise de son fiancé.

-Toi ? Tu me surprends !

Rafael sourit.

-J'étais jeune. J'avais un penthouse à Manhattan. J'étais diplômé d'Harvard.

Il secoua la tête.

-Et je ne pense pas que je t'aurais intéressé.

-Pourquoi tu dis ça ? Tu as toujours un penthouse à Manhattan. Tu es toujours diplômé d'Harvard. Certes tu as quelques années de plus mais…

-Je te l'ai déjà dit, avant toi, les relations sérieuses et moi ça faisait deux… Encore plus après l'histoire avec…

Rafael se reprit.

-Disons que je me suis déjà brûlé les ailes.

-Ce n'est pas grave ça, tu sais bien que c'est pareil pour moi. Avant toi, les relations que j'ai pu avoir ne duraient jamais. Et regarde nous maintenant. On va se marier.

-On va se marier, répeta Rafael.

Leurs doigts se trouvèrent et Rafael caressa du pouce l'anneau au doigt de Sonny. Le détective lui répondit avec un sourire lumineux. La vie l'avait peut être transformé de petit con imbu de sa personne à un salopard arrogant mais au moins elle lui avait donné Sonny.


Sonny verrouilla la porte derrière lui.

-Tu t'es amusé ? Demanda-t-il en ôtant son manteau.

-Amuser est peut-être un bien grand mot… Mais j'ai passé une bonne soirée, le rassura Rafael.

-Tu crois qu'elle m'en voudra qu'on soit parti plus tôt ?

-Parce que tu travailles, Carino. Je préfère te savoir bien reposé, on ne sait jamais…

Sonny eut un sourire et observa son fiancé de la tête aux pieds.

-Je ne sais pas si j'arriverai à me reposer. Pas quand tu ressembles à ça.

Rafael s'amusa à regarder son reflet dans le miroir de l'entrée.

-Quelque chose à redire sur mon costume ? Je le trouve pourtant bien. Je pensais que tu aimerais.

Sonny roula des yeux et embrassa Rafael.

-Si tu n'es pas nu dans les trente prochaines secondes, je te préviens, tu dors sur le canapé toute la semaine, ordonna Sonny en mettant fin au baiser.

Rafael secoua la tête.

-Tu es trop impatient.

Ses mains se posèrent sur les flancs de Sonny.

-Tu m'as. Nous ne sommes pas pressés. Prends ton temps, cariño.

-Je croyais que tu me voulais reposé...

Les mains de Rafael sur sa peau réveillaient un feu en lui.

-Tu dormiras profondément après... Je peux te l'assurer, susura Rafael, sûr de lui, alors que ses doigts ouvraient le col de son fiancé.

Il dénoua légèrement la cravate, ouvrit le premier bouton et appliqua ses lèvres à la naissance de la nuque.

C'est de la triche, pensa Sonny. Comment lui refuser quoique ce soit maintenant.


Appartement de Rafael Barba et Dominick Carisi

15 PHB, 240 Park Avenue South

Samedi 1 novembre 2014


Sonny sentit le sommeil le quitter petit à petit, laissant derrière lui un sentiment de contentement alors qu'il se retournait pour s'installer contre le corps de Rafael. Il était encore tôt, mais les annnées à se lever au petit matin avaient laissé leurs empreintes. Tant pis, pas de grasses matinées, rester au lit avec Rafael lui convenait parfaitement.

Rafael était détendu. Calme. Sans une once de sarcasme ou d'agacement. Son Rafi. Son fiancé. Son futur époux. Sonny esquissa un sourire, ses soeurs le chambreraient si elles connaissaient ses pensées.

Il laissa sa main caresser le torse de Rafael avant de se pencher pour déposer de légers baisers sur la peau chaude. Il ne pouvait s'en empêcher. Il était comme intoxiqué par la présence de Rafael. Addict de son toucher, de ses caresses, de sa présence.

-Ca chatouille.

La main de Sonny se figea et il écarta ses lèvres de la peau de quelques centimètres.

-Je ne voulais pas te réveiller.

Rafael avait du mal à dormir. Lui aussi était habitué à se réveiller tôt, à se coucher tard et à fonctionner avec un nombre réduit d'heures de sommeil, rajoutait à tout cela le stress de son travail et il n'était pas étonnant que Sonny voulait que son fiancé se repose autant qu'il le pouvait.

Rafael se redressa et Sonny se laissa aller contre les couvertures, satisfait de sentir le corps de l'autre homme presque au dessus du sien.

-Je ne dormais plus.

Les doigts de Sonny carressèrent le visage de Rafael, effleurant la machoîre, le pouce s'arrêtant sur les lèvres. Rafael l'embrassa avec douceur.

-Bonjour.

-Bonjour, sourit doucement Sonny.

Bêtement, aurait dit une de ses soeurs.

-Pas d'appel encore ?

Sonny frappa doucement l'épaule de Rafael.

-Hey. Ne nous porte pas la poisse.

Rafael sourit et posa ses lèvres contre la peau fine du cou de son fiancé, Sonny laissa échapper un soupir alors qu'une de ses mains alla se perdre dans les mèches noires de son fiancé, son autre main se posant sur la hanche dénudée de Rafael. L'anneau à son doigt attira le regard de Sonny.

-Hmmmm ? Rafi...

-Shhhh...

-Je réfléchissais….

-Dangereuse activité, cariño, répondit le substitut en relevant la tête, son nez effleurant celui de son fiancé.

-Moqueur, répliqua Sonny en tirant sur les mèches entre ses doigts.

Rafael étouffa un gémissement en posant ses lèvres contre la tempe de Sonny.

-A quoi réfléchissais-tu ? Demanda-t-il en se laissant glisser de nouveau sur les draps, attirant Sonny contre lui.

-A quelque chose que ma mère m'a dit… et mes sœurs…

Rafael s'installa confortablement. Qu'avaient encore trouvé les femmes Carisi pour troubler son samedi matin ?

-Elles ont l'impression que le mariage n'aura jamais lieu.

Rafael grogna.

-C'est ce que m'a dit ma mère. Je savais que c'était une mauvaise idée qu'ils se fréquentent. Tu ne doutes pas du fait que je veuille t'épouser ?

-Bien sur que non, répondit Sonny outré. C'est juste qu'on n'a jamais vraiment parlé de l'aspect pratique de la chose.

-L'aspect pratique ? Comme qui prend le nom de qui ?

-Aucun je pense. Je veux dire… Cela ne serait pas très pratique au travail… Et ton diplôme est au nom de Barba.

-De plus, c'est une coutume patriarcale et hétéronormative, répliqua le substitut. Attends, si on fait ça, on fait ça bien.

Rafael se pencha vers une des tables de nuits et attrapa le calepin et le crayon qu'ils gardaient toujours sous la main en cas d'appel intempestif.

–Tu vas prendre des notes ? demanda Sonny, étonné.

–Évidemment, dit Rafael en se réinstallant contre les oreillers. Qu'est-ce que tu veux ?

–Et toi ? Qu'est-ce que tu veux ?

Rafael traça une ligne verticale sur la feuille.

–On va faire une liste. Ce que tu veux, ce que je veux et on travaille à partir de ça.

Sonny sourit.

-Quoi ?

-C'est jusque… La dernière fois qu'on a fait une liste de ce genre… Ça s'est plutôt bien fini pour nous…

-Oh ! Tu parles de la liste sexuelle.

-Je ne crois pas que les menottes étaient dessus.

-Oh non, l'interrompit Rafael en secouant la tête. Tu ne peux pas parler des menottes et ne rien faire après. Je te propose quelque chose. Rendons nos mères fières et ensuite je pourrais t'attacher au lit.

Sonny se sentit rougir brusquement.

-Oh ! Et pourquoi ce serait moi ? Je suis le policier, je te rappelle, s'offusqua-t-il.

-Vraiment ? Je t'aime cariño, mais tu ne bernes personne.

Les mains de Rafael se refermèrent sur les poignets de Sonny et l'obligea à monter ses bras au-dessus de sa tête. Sonny se laissa faire en gémissant, le souffle déjà saccadé.

-Okay... Tu marques un point, admit Sonny devant l'air satisfait de Rafael.

Dieu qu'il aimait ce bâtard.

Rafael sourit et déposa un baiser sur la peau fine des poignets.

-Allez. Sois un bon garçon, ordonna-t-il en relâchant sa prise sur les poignets.

Le fait que Sonny ne bougea pas ses mains, les laissant là où Rafael les avaient placées réveilla un feu dans ses reins. Et quelque soit la tentation charnelle que représentait Sonny en ce moment-même, ils ne devaient pas se laisser distraire. Il ne fallait surtout pas que son fiancé puisse penser qu'il cherchait des excuses pour éviter la conversation sur leur mariage. Il épousera Sonny, même s'il devait sacrificer le fait de le voir attaché sous lui.

-Donc, la liste...

Sonny laissa échapper un soupir bruyant avec de se résintaller contre son fiancé. Rafael glissa sa main gauche dans les cheveux de Sonny et l'attira à lui pour déposer un baiser sur sa tempe.

Dieu qu'il l'aimait. En parlant de Dieu.

-Tu veux te marier à l'église, dit Rafael.

Sonny leva les yeux vers lui.

-Ce n'est pas une question.

-Non monsieur l'étudiant en droit, ce n'est pas une question.

Rafael connaissait son fiancé. Il connaissait l'importance de sa foi. Jamais Sonny ne pouvait s'imaginer ne pas se marier à l'église, et c'était un bien petit effort pour pouvoir épouser Sonny Carisi.

-Évidemment. Pas toi ?

-Je sais la place qu'occupe ta foi dans ta vie. Et je suis plus que soulagé que tu es trouvé une paroisse qui t'acceptes.

-Qui nous accepte. Rafi, je sais que tu t'es éloigné de Dieu il y a longtemps déjà...

-Sonny, j'ai tendance à ne pas m'entourer de gens qui me détestent.

Il fallut quelques secondes à Sonny pour passer outre le blasphéme latent et souligner le mensonge dans la phrase de Rafael.

-Tu adores savoir que les gens te détestent. Tu oublies que je t'ai vu au tribunal. Et au commissariat. La moitié des flics de Manhattant doivent te détester, ainsi que les juges. Et tous les avocats de la défense.

Rafael eut un petit sourire froid.

-Ca veut juste dire que je fais bien mon travail.

-Non, ça veut juste dire qu'ils ne te connaissent pas comme moi.

-Dios Mios ! Encore heureux ! Je perdrais toute crédibilité. Et ne crois pas que je n'ai pas remarqué que le comportement de Rollins a changé !

Sonny se tourna vers Rafael, son mouvement tellement brusque que le substitut grimaça en sentant un coude dans ses côtes.

-Fais attention, jirafa.

-Désolé. Elle a dit quoi ?

Rafael se redécala dans le lit, loin des extrémités dangereuses de son fiancé.

-Rollins ? Elle n'a rien dit de bien concret. C'est juste qu'elle se permet quelques petites remarques depuis qu'elle sait. Chose qu'elle ne faisait pas avant, contrairement à Amaro.

-Quoi comme remarque ?

Comment tout cela avait-il pu lui échapper ? Quel détective il était !

-Oh, Amaro est un vrai cubain. Catholique. Hétéro. Macho. Alors forcément, lui et moi.. on ne peut pas dire qu'on ait des atomes crochus.

Amaro était un con, c'était un principe que Sonny avait compris le jour même où il avait rencontré le détective. Il avait bien remarqué que le père de famille ne le portait pas dans son coeur, mais il avait mis ça sur le fait que Sonny était plus ou moins son remplaçant au SVU.

-Et Rollins... C'est souvent du même accabit. Comme quoi tu es fatigué et je suis de bonne humeur... Ce genre de choses...

-Rafa, je suis désolé...

-Et, non ! Ce n'est pas de ta faute. Ne t'excuse pas pour les autres, mi cielo.

-C'est moi qui lui ai dit, rappela Sonny.

-Elle aurait fini par le savoir. Tu n'as pas à t'en vouloir.

-Mais à cause de moi, tu dois supporter toutes ses réflexions.

Rafael secoua la tête.

-Sonny, je suis un grand garçon. Mais prépare toi à me défendre contre les femmes de ta famille si nous ne leur apportons pas des choses concrètes sur notre mariage.

Sonny sourit.

-Tu as peur de ma mère et de mes soeurs ?

-Quand elles s'allient à ma mère et abuela ? J'en tremble d'avance.

-Elles aimeraient bien que la cérémonie se passe à Staten Island.

Rafael fit semblant de réprimer un frisson.

-Non, cela est une cause d'annulation… se moqua Rafael. Je peux supporter l'Eglise Catholique mais pas Staten Island. J'ai travaillé dur pour faire en sorte que tu ne ressembles plus à un cliché sur pattes.

Il avait fini par s'habituer, et même par aimer, la façon dont l'accent de Staten Island déformait les mots dans la bouche de Sonny. C'était encore plus flagrant quand il était ivre, fatigué ou excité. Rafael avait presque fini par développer une réaction quasi pavlovienne au fort accent.

-En parlant de clichés sur pattes, dit Sonny en levant la tête pour croiser le regard de Rafael. Tu as une idée de tes invités ?

-Clairement moins nombreux que les tiens, ça c'est sur.

Le procureur savait d'avance que la famille Carisi au grand complet serait à la cérémonie, cousins éloignés inclus. Ses propres cousins éloignés ne pourraient pas faire le déplacement depuis Cuba, pas avec l'embargo toujours en place. Mais ils les verraient pendant la lune de miel.

-On va devoir faire une liste... exhaustive, soupira Sonny.

-Et... je le mets sur la liste, dit le procureur en débutant une nouvelle page. Alors, petit 1 : liste des invités, petit 2 : trouver une salle. Non attends, trouver une date.

-Si nous n'avons pas de date, nous n'aurons pas de salle, intervint Sonny.

-Ou nous pouvons partir des disponibilités de la salle pour trouver une date. Ou sinon nous pouvons attendre nos prochaines vacances.

-Je viens de débuter au SVU. Les vacances, ca ne va pas être pour tout de suite, lui rappela le détective.

-Pourquoi j'ai l'impression qu'on n'est pas doués à ça ? Demanda Rafael en fixant le bloc note dans sa main.

-Maman m'a parlé d'une organisatrice de mariage...

Rafael prit un instant pour réfléchir à la proposition. Une professionnelle. Elle saurait forcément par où commencer. Et ce ne serait autre chose que leur minable liste à trois points numérotés de 1 à 2.

-Mais j'ai peur que cela ne soit pas assez personnel...

Le substitut baissa les yeux vers Sonny.

-Si... Si on n'est même pas capable d'organiser notre mariage, qu'est ce que ça veut dire sur notre couple ?

-Que nous sommes très occupés. Que nos emplois respectifs ne nous permettent pas de gérer ce genre de choses, dit Rafael en secouant le calepin.

Les trois petits points semblaient le narguer. Mais son esprit fut tirer de la liste en sentant les doigts de Sonny sur son torse. Mmhmm. Quelque chose n'allait pas.

-Cariño ?

-C'est Teresa qui a tout organisé pour son mariage. Et elle était à deux doigts de devenir folle. Une vraie bridezilla. Elle a même failli annuler le mariage car Tony avait réservé des chaises Napoléon au lieu des chaises Tiffany.

Rafael secoua la tête.

-Tu n'es pas aussi excessif que Teresa. Et tant mieux, vu que tu portes une arme.

Sonny lui concéda sa remarque avec un petit sourire.

-Il existe des professionnels pour tout de nos jours, mi cielo. Alors, pourquoi ne pas profiter de cela ? Trouvons quelqu'un dont c'est le métier. On nous proposera ainsi des pistes mais au final, c'est nous qui prendrons les décisions.

-Et ce sera notre mariage.

-Exactement.

Rafael rajouta „organisateur de mariage" en haut de la liste de choses à faire.

-Sonny ?

-Mmm ?

-Il y a une grande différence entre les chaises Napoléon et Tiffany ?

-A peine. Mais Teresa voulait des Tiffany.

-Et toi, tu veux quoi comme chaises ?

Sonny releva la tête vers Rafael.

-Moi ? Je veux t'épouser.

Rafael secoua la tête.

-Romantique, va, dit-il avant de se pencher pour saisir avec douceur les lèvres de son fiancé.

-Tu veux voir des photos ? Ca peut nous inspirer...

-Tu veux qu'on s'inspire d'un mariage hétérosexuel qui était sans doute dans le pur style de Staten Island ?

-Rafi ! S'offusqua Sonny.

-Dis moi que j'ai tort, rétorqua Rafael.

-C'est de la discrimination, dit Sonny en repoussant Rafael sur le lit.

Rafael éclata de rire.

-Pauvre homme blanc. Où tu vas ? Demanda-t-il en voyant Sonny quitter leur lit

-Me préparer un café. Et aucun pour toi

Rafael laissa cinq minutes avant d'aller rejoindre son fiancé dans la cuisine, jetant un dernier regard sur le calepin abandonné sur le lit.

Il glissa ses bras autour de la taille de Sonny et embrassa son cou.

-Non ! dit Sonny.

Rafael rit contre sa peau.

-Tu es dur avec moi, mi cielo, ronrona-t-il en plaquant le corps de Sonny contre lui, ses mains caressant les flancs.

-Oh, je vois ce que tu es en train de faire. Tu essayes de me distraire.

-Mmm, répondit Rafael, ses lèvres perdues contre la carotide de son fiancé. Est-ce que ça fonctionne ?

-A cent pour cent, dit Sonny, se tournant dans les bras de Rafael et le faisant se reculer vers le salon.

La cuisse de Rafael buta contre le sofa et il se retrouva allongé dessus, le poids du corps de Sonny sur lui.

-Outch, attention, je suis vieux.

-Tais-toi, dit Sonny en lui ravissant de nouveau les lèvres.

Rafael ne put empêcher un sourire satisfait de naître sur son visage, il fit glisser ses mains sous le tissu du boxer de Sonny, prêt à savourer la peau sous ses doigts quand Sonny se redressa.

-Non. Tu as dit que tu voulais te faire pardonner.

-J'ai dit ça ? Je ne m'en souviens pas, dit Rafael en se redressant sur ses coudes.

Il mourrait d'envie de reposer ses mains sur Sonny et il savait exactement comment faire. Sonny était assis dans l'angle du sofa et il suffirait d'une petite poussée pour le mettre dans la bonne position.

Rafael se redressa.

-Okay.

-Okay ? Répéta Sonny, étonné que le substitut abandonne déjà.

-Je vais me faire pardonner.

Rafael posa une main sur l'épaule de Sonny, le forçant à s'appuyer contre le dossier du sofa puis il glissa au sol, à genoux devant Sonny.

-Aahh. J'aime ta façon de t'excuser, nota le détective alors que les lèvres de Rafael se posait sur sa peau.

Il laissa ses doigts se perdre dans les mèches noires tandis que la bouche de Rafael laissait une trainer de feu sur son bas ventre.

La main de Rafael trouva un des mamelons de Sonny et le pinça légèrement. Sonny haleta de surprise quand Rafael apaisa son geste en léchant et embrassant le mamelon.

Sonny dut se mordre les lèvres pour s'éviter de gémir davantage.

Rafael commença doucement à descendre sur le torse de Sonny , y parsemant de baisers. Sonny sentait son souffle chaud, sa bouche, sa langue descendre et descendre.

Les mains de Rafael glissèrent jusqu'au boxer, exerçant une pression sur l'entrejambe tendue, semblant se délecter des gémissements de Sonny, avant que Rafael ne glisse ses pouces sous l'élastique du boxer et tire le fin morceau de tissu noir. Il laissa échapper un petit son satisfait en envoyant le sexe de Sonny.

-Quelqu'un est excité.

-J'ai le grand Rafael Barba à genou pour moi, évidemment que je suis excité, cingla Sonny, la voix déjà grave et éraillée.

Un sourire sarcastique fut la réponse de Rafael avant qu'il ne se penche pour refermer ses lèvres sur le bout du sexe de Sonny. Le détective ne put retenir le spasme de ses hanches. Son corps tout entier vibrait, cherchant le maximum de friction possible. La bouche de Rafael était chaude et humide.

Sonny releva la tête pour voir les lèvres de Rafael se poser sur son les yeux de Rafael croisèrent les siens, s'en fut trop. Sonny laissa échapper un long gémissement. Il se sentait incapable de détourner le regard, comme si Rafael l'hypnotisait.

Sonny avait l'impression de ne plus avoir de contrôle sur son propre corps. C'était comme si Rafael décidait de tout. C'était lui qui créait le moindre souffle, le moindre gémissement, le moindre battement de son cœur.

Sonny se mordit les lèvres en enfouissant ses doigts dans les cheveux de Rafael. Il tira légèrement sur les mèches noires, son amant grogna de plaisir et Sonny laissa échapper un long gémissement en sentant les vibrations contre lui.

Il gémit et haleta quand la bouche chaude de Rafael l'enveloppa encore et encore. Sa langue semblait le découvrir encore et encore, le rendant totalement fou.

Sonny écarta ses cuisses, donnant à son amant de la place, mais Rafael ne voulait pas d'espace. Il voulait être près d'Sonny, collé à son corps, entouré par lui. Tous ses sens étaient en feu tandis qu'il embrassait l'intérieur de la cuisse de Sonny, savourant la chaleur et l'odeur. Rafael déposa une série de légers baisers sur les cuisses de son amant avant de le prendre de nouveau en bouche et d'enrouler sa langue autour de sa verge. Il le suça jusqu'à ce que son nez ne touche ses poils pubiens puis accéléra les mouvements de sa bouche.

Le gémissement sensuel de Sonny le fit accélérer le rythme, ses doigts glissant sur la peau sensible des cuisses ouvertes autour de lui, la pulpe de ses doigts le massant, ses ongles effleurant la peau dorée. Mettant à feu le moindre nerf de Sonny.

Il fut récompensé par un petit gémissement alors que Sonny se relaxait sur le sofa. Rafael se mit alors au travail, mêlant mains, lèvres et langue arrachant à Sonny des haletements alors que ses doigts tiraient dans ses cheveux.

Il perdit la notion du temps, à genoux devant Sonny, entirèrement concentré sur le plaisir qu'il lui donnait, sur les petits sons qui s'échappaient de ses lèvres entrouvertes, sur ses mains qui tremblaient, jusqu'à ce que les hanches de Sonny se soulèvent et qu'il se répande dans la bouche de Rafael.

La tête de Sonny retomba contre le dossier et il ferma les yeux, tentant de garder le contrôle sur le plaisir qui parcourait son corps à la sensation des mains et des lèvres de Rafael sur sa peau.

L'orgasme de Sonny le saisit comme une vague dé les sensations écrasantes sur sa peau surchauffée le fit crier de plaisir, sa respiration s'échappant en halètement tandis qu'il se répandait dans la bouche de Rafael.

Rafael releva la tête d'entre les cuisses de Sonny. Il pouvait sentir Sonny dans sa bouche, sur sa langue, sur ses lèvres.

Sonny avait la tête en arrière, les yeux clos. Sa peau était rougie par la chaleur du corps de Rafael sur le sien, par le temps passé à s'embrasser et se caresser, par la bouche de Rafael entre ses cuisses, sur sa peau, sur son sexe.

Rafael pressa ses lèvres contre la peau sensible avant de se redresser. Il garda ses mains sur les cuisses de Sonny alors qu'il se pencha vers lui, cherchant un baiser qu'il estimait bien mérité.

-Sonny...

-Mmmm.

Les lèvres de Sonny étaient douces et chaudes contre les siennes. Les doigts de Rafael carressaient sa joue.

-Je suis pardonné ?

-Mmmm...

Rafael déposa un baiser sur la joue de Sonny, souriant quand son fiancé frotta son nez contre lui.

-Tu devrais dormir un peu.

-Ta faute...

-Okay, je m'excuserai encore tout à l'heure, dit Rafael en se réinstallant sur le sofa.

Le café pouvait attendre, pensa-t-il alors que Sonny s'appuya contre lui, déjà à moitié endormi. Il attrapa son téléphone et envoya un rapide texto à Bianca, lui demandant quelques photos de mariage de Teresa.


-Dis moi que tu n'es pas en train de travailler, dit Sonny entre deux baillements.

Il se tendit, sentant les muscles se décoincer un par un. Le canapé était confortable, et même si la cuisse de Rafael offrait un excellent oreiller, la position n'était pas la meilleure pour dormir.

-Hey, regardez qui est de retour !

-Ta faute, répliqua Sonny en relevant les yeux vers Rafael. Boulot ?

-Non, dit simplement Rafael en glissant ses doigts dans les cheveux de Sonny.

Il les préférait ainsi, au naturel.

-J'ai demandé à ta mère les photos de mariage de Teresa, continua le procureur. Elle est devenue folle quand elle a compris et je cite „qu'on se remuait enfin pour lui offrir un mariage". Et elle tient aussi à être là pour l'essayage des costumes.

-L'essayage des costumes ? On n'y est pas encore... C'est du café ? Demanda Sonny en désignant la tasse sur la table basse.

-Il devrait être encore chaud.

Sonny se redressa et attrapa la tasse.

-Je devais être plus fatigué que je ne le pensais, dit-il après avoir bu une gorgée.

-L'après-coup de mes super fellations.

Sonny secoua la tête, un sourire amusé aux lèvres.

-Quelle heure est-il ?

-Presque onze heures.

-Oh merde...

-Comme tu dis... J'ai hésité à te réveiller pour que tu manges quelque chose mais... tu dormais profondément, alors...

Sonny vida la tasse d'un trait. C'est vrai qu'il commençait à avoir faim. Et il avait besoin d'une douche. Il se leva, s'étirant. Rafael n'avait pas bougé du canapé.

-Je vais prendre une douche et je nous préparerai quelque chose à manger ?

-Hmmm...

Sonny sourit en secouant la tête. Rafael était en mode boulot.


Rafael déposa son ordinateur sur la table basse et se dirigea vers la cuisine où Sonny s'afferait. Pendant un moment, Rafael l'observa. Sonny était en pantalon de jogging, ceux de Fordham avec le logo le long de la cuisse, ils tombaient un peu bas sur ses hanches. Ses yeux se posèrent sur l'anneau argenté à son doigt.

-Tu savais qu'il y avait 279 organisateurs de mariage sur New York ? Annonça subitement Rafael.

Le détective tourna la tête vers Rafael, une spatule en main.

-Et tu les as tous passé en revue ?

-Oh mon dieu, non. Pour ça, il faudrait que tu dormes encore plus longtemps. J'ai à peine commencer une sélection de ceux qui ne conviendront pas.

-Et qu'ont-ils fait pour ne pas avoir ton approbation ?

Rafael s'approcha, jettant un coup d'oeil à ce que préparait Sonny.

-C'était assez simple en fin de compte. Surtout si tu enlèves tous ceux qui précisent ne pas reconnaître le mariage homosexuel.

-C'est légal à New York, nota Sonny en retournant à la cuisson de sa frittata.

-Ils précisent que puisque leur maison-mère est situé dans un état ne reconnaissant pas la légalité de ce type d'union, ils ne font que respecter la loi.

-Leur argument est invalide et ne tiendra jamais devant un tribunal.

-Certes, mais qui veut des bigots pour organiser son mariage, pas moi en tout cas.

-Donc, tu as retiré tous les homophobes. Tu peux sortir les couverts ? Merci.

Rafael ouvrit le placard et commença à dresser la table.

-J'ai aussi mis de côté ceux qui promotent des mariages 100% gay... Je ne veux pas d'un mariage gay, Sonny. Je veux juste un mariage.

Sonny sourit doucement, l'amour se lisant dans ses yeux.

-Et ça en laisse combien ?

-Beaucoup trop !

Sonny éclata de rire.

-Et si je t'aidais à faire le tri après manger ?


Appartement de Rafael Barba et Dominick Carisi

15 PHB, 240 Park Avenue South

Dimanche 2 novembre 2014


Sonny fut tiré du sommeil en sentant le bras de Rafael se resserrer autour de son torse, ses lèvres se poser dans son cou et son érection matinale contre lui.

-Oh, quelqu'un est déjà d'attaque ? Murmura le détective, la voix pleine de sommeil et les yeux encore clos.

-Ce serait difficile de ne pas l'être quand tu te colles à moi comme ça.

Sonny sourit paresseusement tout en plaquant davantage son corps contre celui de Rafael.

-Oh, ça va être de ma faute, maintenant ?

Mais son ton sarcastique se transforma en gémissement quand la main de Rafael se posa sur son sexe. Il apprécia les caresses quelques instants, encore perdu dans les limbes du sommeil, le corps chaud avant de se retourner pour faire face à Rafael.

Il repoussa les draps et s'installa sur les hanches de son fiancé. Sonny se pencha en avant, son regard ancré dans celui de Rafael.

Le substitut laissa ses doigts effleurer les avant-bras de son amant avant que Sonny ne connecte leurs lèvres ensemble.

Leur baiser s'intensifiait quand la sonnerie du téléphone de Sonny retentit. Rafael grogna contre les lèvres de son fiancé. Sonny se pencha pour attraper son téléphone sur sa table de chevet.

-C'est le travail, dit-il en se laissant glisser sur le lit.

-Évidemment, soupira Rafael en se redressant, s'appuyant contre les oreillers.

Et voilà leur dimanche de repos envolé.

-Carisi. D'accord. Qui est sur place ? Inwood Hill Park, entrée ouest. Je peux y être dans 45 minutes, dit Sonny avant de mettre fin l'appel.

Il se tourna vers son fiancé avec un regard d'excuse.

-Je suis désolé, Rafi. C'est... commença à s'expliquer Sonny.

-Hey. Je sais. C'est rien. Je vais juste m'occuper tout seul. En pensant à toi, rajouta-t-il avec un clin d'œil.

Sonny sourit avant de l'embrasser rapidement puis de quitter le lit pour s'habiller. Rafael ne put s'empêcher d'apprécier la vue tandis que son amant disparaissait dans la salle de bain.

-Je te vois plus tard. Probablement, tard. Très tard, dit Sonny en revenant, terminant de nouer sa cravate tout en posant ses lèvres contre les cheveux de Rafael.

Le substitut tendit la main, repoussant celle de son fiancé et redressa le nœud avant de capturer rapidement les lèvres de Sonny avec les siennes.

-Je t'aime, murmura-t-il.

-Je t'aime aussi.

-Sois prudent.

-Toujours, dit Sonny en se redressant. On se voit tout à l'heure.

Rafael acquiesça alors que son fiancé quittait leur chambre et leur appartement. Il se laissa tomber contre les oreillers, ne pouvant s'empêcher de se demander quelles horreurs allaient attendre Sonny. Il savait que le détective adorait son travail, mais il ne savait aussi que trop bien le poids qu'avait ce travail sur son fiancé. Physiquement et psychologiquement.


Appartement de Rafael Barba et Dominick Carisi

15 PHB, 240 Park Avenue South

Lundi 3 novembre 2014


Rafael était profondément endormi, ronflant légèrement quand Sonny poussa la porte de leur chambre. Ce n'était pas étonnant vu l'heure, l'horloge affichait agressivement 03:04. Le détective entra à pas de loup dans la chambre et ne put s'empêcher de sourire en voyant son fiancé bien installé sous la couette, son nez enfoui dans l'oreiller de Sonny.

Il se débarrassa rapidement de ses vêtements, gardant un œil sur Rafael. Il avait eu la bonne idée de se doucher avant de quitter le commissariat, car il savait qu'à l'instant même où il verrait Rafael dans leur lit, il n'aurait pas le courage de faire quoique ce soit d'autre à part le rejoindre. Il plaça ses vêtements sur la chaise, souriant en voyant que Rafael lui avait préparé une tenue pour le lendemain. Un costume gris, une chemise blanche et une cravate à motifs géométriques. Sonny adorait cette cravate, c'était une des premières que Rafael lui avait achetée. Il avait commencé par dire qu'il était hors de question qu'il sorte avec quelqu'un qui ne savait pas se vêtir correctement, puis finalement, avait admis qu'il adorait acheter des vêtements pour Sonny et qu'il adorait encore davantage le voir les essayer – et les ôter.

Le détective se glissa sous les draps et s'installa contre le corps chaud de son fiancé, il déposa un baiser sur l'épaule dénudée avant de placer son bras autour de Rafael.

-Tu es froid, murmura Rafael, endormi.

Sonny se plaqua davantage contre l'homme plus âgé.

-Quelle heure est-il ? Grommela le procureur, les yeux toujours clos.

-Tard. Tôt. 3 heures, murmura Sonny contre le cou de Rafael. Tu devrais dormir.

Il savait que Rafael était attendu de bonne heure au tribunal, quant à lui, il devait toujours trouver les deux petites filles disparues. Le sergent Benson les avait renvoyé chez eux car plus rien ne pouvait être fait, pas sans davantage d'informations de la part de Zoé. Et il était hors de question d'interroger une petite fille sur son lit d'hôpital au beau milieu de la nuit.

Rafael se retourna et ouvrant les yeux, regarda Sonny.

-Hey. Ça va ? Demanda-t-il doucement en caressant la joue de Sonny.

Le détective acquiesça, s'appuyant contre la main de son fiancé. Il ferma les yeux avant de tourner légèrement la tête, embrassant la paume de Rafael.

-Affaire difficile ?

Sonny inspira profondément et se laissa aller sur l'oreiller.

-On a retrouvé une petite fille poignardée à Inwood Park. Elle ira bien, mais sa sœur et son amie sont introuvables. La seule personne capable de nous aider est un pur produit du système des soins psychiatriques de notre magnifique pays.

-Ah...

-Et on dirait que personne n'a suivi de formation de sensibilisation... Tu parles d'une section spécialisée.

-Quelqu'un est rochon... murmura Rafael, en laissant ses doigts caresser le cuir chevelu de son fiancé.

Sonny était tendu. Fatigué, épuisé et tendu.

-Amaro est un con.

-Et sur ces paroles pleines de sagesse, je veux que tu dormes, ordonna Rafael avec un bâillement. Amaro sera toujours un con dans quelques heures, mais avec du sommeil, il sera plus tolérable.

-Hmmm, murmura Sonny, déjà à moitié endormi.


Appartement de Rafael Barba et Dominick Carisi

15 PHB, 240 Park Avenue South

Lundi 3 novembre 2014


Sonny fixait les boutons des étages de l'ascenseur. Il avait la sensation qu'il n'aurait pas du rentrer chez lui, que l'affaire n'était pas finie. Certes, les trois gamines étaient en sécurité mais ils n'avaient aucune indication de qui pouvait être leur agresseur. Même si, au fond de lui, Sonny commençait à se faire une idée. Et il n'aimait pas cette idée. Qui est-il devenu pour que ses premiers suspects dans cette affaire sordide soient deux des victimes. Deux petites filles en plus.

Il devait forcément se tromper. Mais depuis le départ, son instinct lui disait que leur suspect principal n'y était pour rien, Charlie n'était rien de plus qu'une victime du système. Un pauvre gars que l'imagination de ces gamines avaient transformé en monster. Et tout le monde préférait les croire. Plutôt elles qu'un fou sans abri.

Et Amaro... Le détective préféré du SVU était prêt à enfermer Charlie dès le début. Ne lui accordant même pas le bénéfice du doute. De par sa pathologie, il était coupable. Pas la peine de chercher plus loin. Et rien ne pouvait l'aider. Charlie était un oublié du système, et Sonny se refusait à l'oublier aussi. Alors il avait cherché – discrétement- des solutions au cas où son instinct se révelait correct et que Charlie était vraiment innoncent. De ce qu'il était accusé en tout cas, il avait quand même violé sa conditionnel. Mais son agent de probation ne s'était pas donné la peine de le rechercher. Il l'avait oublié. Une fois encore.

Et il y avait eu le commentaire d'Amaro aussi, Sonny n'aurait pas dû l'entendre mais malheuresement il finissait toujours pas entendre les commentaires désobligeants à son égard. Il regardait les ambulances partir avec les filles qu'ils avaient retrouvé dans les ruines quand il avait entendu Amaro et Rollins. Les gens comme lui sont toujours trop sensibles. C'est pas moi qui aurait de la compassion pour un monstre comme Dorsey. Sonny avait serré les dents et leur avait dit qu'il les rejoignait plus tard à l'hôpital. Il voulait revoir l'endroit où les filles étaient détenues. Aucun des détectives ne lui avaient demandé pourquoi.

Et une fois à l'hôpital, quand Perry faisait sa déclartion, toute l'enquête se troublait. La chronologie n'était pas bonne, les blessures de la gamine étaient trop récentes pour avoir été infligées par Charlie.

Quelqu'un d'autre était forcément impliqué. Forcément. Ou alors ça voulait dire qu'une des gamines – Perry – était l'instigatrice. La coupable. Il avait essayé, tant bien que mal, d'apporter l'idée à l'équipe, mais Amaro l'avait fait taire.

Sonny avait essayé de creuser un peu son idée de Roméo mais il avait fait face à un mur. C'était comme si le monde entier des deux gamines se résumaient à l'une et l'autre. Il n'y avait pas la place pour une autre personne. Pas la place pour une petite soeur qui voulait faire comme les grandes. Il se rappelait des colères de Teresa et Gina quand Bella insistait pour les accompagner. Elles ne voulaient pas d'un bébé avec elles. Peut-être que Perry et Mia en avaient eu marre de Zoé.

Sonny soupira en descendant de l'appartement. Il n'avait pas eu envie de rentrer. Pas avec cette sensation de ne pas avoir de solution. Mais le sergent leur avait ordonné de retourner chez eux. Plus rien ne pouvait être fait sans le retour du laboratoire.

Sonny avait fait un détour par Saint Gabriel où il avait prié pendant une heure mais sur le chemin de retour, il était passé devant Inwood Park et tout lui était revenu.

Il poussa la porte de l'appartement. Rafael était dans la cuisine.

-Hey ! Ca sent très bon ! Dit Sonny, se forçant à prendre un ton jovial.

Les problèmes de la maison restaient à la maison, les problèmes du travail restaient au travail.

Rafael tourna la tête vers son fiancé. Quelque chose n'allait pas. Mais Sonny faisait semblant, alors il ferait semblant d'avoir rien vu pendant un petit bout de temps, jusqu'à ce que le détective ait besoin de lui.

-Je suis passé voir Abuela. Et je suis reparti les bras chargés de nourriture. Elle doit penser que si tu ne cuisines pas, nous mourons de faim.

-Je ne dirais pas mourir de faim, mais je ne rayerai pas la mort par intoxication alimentaire de la liste, tenta de plaisanter Sonny en s'approchant du four.

Il était affamé, et maintenant que les trois filles étaient en sécurité, il ne dirait pas non à un des plats de la grand-mère de Rafael. Et peut-être qu'il arriverait mieux à trouver la solution de leurs problèmes une fois l'estomac plein.

Un coup de torchon sur les fesses le fit se redresser brusquement.

-Hey !

-Ne me dis pas „hey". Et viens m'embrasser.

Sonny obéit et se pencha vers son fiancé. Rafael sourit contre ses lèvres avant de le repousser au bout de quelques secondes.

-Tout va bien, mi cielo ?

Sonny acquiesça.

-C'est cette affaire et...

Il soupira avant de reprendre.

-J'essaye de ne pas y penser.

Rafael l'observa un instant. Son fiancé était fatigué.

-Va te changer si tu veux, les enchiladas en ont encore pour quelques minutes.

Sonny acquiesça avant de disparaitre vers la chambre. Rafael observa le couloir pendant queqlues secondes. Quelque chose n'allait pas. Et leurs techniques habituelles ne fonctionneraient pas. Sonny avait besoin de confort.

Rafael eut confirmation en voyant Sonny revenir dans l'un de ses sweats informes estampillé Harvard.

-Tu arrives pile au bon moment, dit Rafael en déposant le plat sur la table. Assieds-toi.

Sonny obéit et Rafael fit le service. Le procureur l'observa prendre la première bouchée. Il sourit en entendant le gémissement qui sortit de la bouche de Sonny. D'habitude, c'était au lit qu'il tirait de tels sons à son fiancé.

-Je pourrais dire à Abuela que cela te plaît ?

Sonny acquiesça.

-Elle s'est surpassée.

Rafael laissa Sonny finir la moitié de son assiette avant de lui demander.

-Alors, qu'est-ce qui t'embête avec cette affaire ?

Sonny sourit. Rafael le connaissait si bien.

-Le timing. Les filles veulent incrimier Charlie.

-Charlie ? C'est le sans domicile qui vous avez interpellé dans le parc ? Le... pur produit du système de soins psychiatriques américain ?

Le détective acquiesça.

-C'est la solution la plus facile. Mais elles accusent Charlie d'un crime qu'il ne peut pas avoir commis, vu qu'il était avec nous.

-Est-ce que tu es sûre qu'elles ne sont pas tout simplement confuses ? Après tout, elles ont vécu une expérience traumatisante.

Sonny secoua la tête.

-Ouais, Amaro nous l'a déjà fait remarqué. Mais une des filles présente des blessures peu graves. Récentes. Y a forcément quelqu'un d'autre.

-Et aucune autre piste ?

-Les gamines sont dans leur monde. Personne d'autre n'est mentionné dans leurs messages.

-Tu penses que... elles auraient pu faire ça ?

Sonny haussa les épaules.

-Je sais. C'est ridicule. Et pourtant je n'arrive pas à m'enlever cette idée de la tête. Mais pour quelles raisons elles auraient fait ça ? Zoé a été poigardée à de multiples reprises.

-Les reations fraternelles sont compliquées. Tu sais ca…

-Je sais… mais je n'ai jamais laissé une de mes sœurs se faire poignarder.

-Evidemment

-Quoi?

-Tu es un protecteur, Sonny. Et je n'ai pas besoin des histoires de Mama Carisi pour savoir cela.

Sonny sourit doucement en prenant une nouvelle bouchée. Dommage que Rafael n'ait pas hérité des talents de cuisine de sa grand-mère.

-Charlie aussi aurait bien besoin d'un protecteur. Il n'a rien fait de mal et il se fait taser par un bleu et accuser de toute cette histoire... Il est le coupable idéal.

-Mais ça ne t'a pas arrêté.

Sonny haussa les épaules. Il n'avait pas l'impression d'en avoir fait beaucoup pour Charlie. Juste ce que la décence imposait.

-Tu sais qui va prendre l'affaire ? Demanda le détective.

-Tout dépend du suspect. Si vous avez des preuves que ce sont les filles... les affaires familiales.

-Tu connais quelqu'un là-bas ?

Rafael réfléchit un moment.

-Cox. Généralement c'est elle qui prend les affaires du SVU. Mais je ne pourrais pas te dire grand chose sur elle, nous ne faisons que nous croisons aux réunions avec McCoy. Je sais qu'elle est ambitieuse.

-Quel substitut du procureur à Manhanttan ne l'est pas ?

Le substitut lui conceda sa remarque avec un petit sourire.

-Et si nous arrêtions de discuter de ton enquête ? De toute façon, rien ne peut être fait avant les résulats.

-C'est frustrant, soupira le détective.

-C'est notre système judiciaire. As-tu assez mangé ?

-Oh. Oui. J'appelerai Catalina pour la remercier.

-Très bien.

Rafael se leva, débarassa rapidement et empilla la vaisselle dans l'évier.

-Viens avec moi, je sais ce dont tu as besoin.

-Rafa, je ne suis pas vraiment..

Rafael ne dit rien mais prit la main de Sonny dans la sienne avant de le guider à sa suite.

Sonny fronça les sourcils en arrivant dans la salle de bain.

-Que… ?

Rafael lâcha sa main et ouvrit l'arrivée d'eau de la baignoire.

-Tu insinues que je sens mauvais ? Qu'en est-il du „pour le meilleur et pour le pire" ?

-Nous ne sommes pas encore mariés. Et tu as passé ta journée à courir les bois dans un costume.

-Mmm... Tu as raison.

-Evidemment que j'ai raison.

Rafael se tourna vers son fiancé et posa ses mains sur la fermeture éclair du sweat.

-Tu as besoin de te détendre, cariño. Un bon bain fera l'affaire et te permettra de bien dormir cette nuit.

Devant la moue de Sonny, Rafael sourit, continuant de descendre la fermeture.

-Bien entendu, je ne vais pas te laisser seul dans cette épreuve.

-Tu sais que j'ai déjà pris une douche ?

-Encore mieux, il n'y aura pas des morceaux de Inwood flottant dans notre baignoire. Allez, nu !

Rafael ôta ses vêtements et entra le premier dans l'eau. Il ouvrit ses bras à Sonny.

-Viens mi cielo.

Sonny se débarassa à son tour de ses vêtements et rejoignit Rafael, s'installant contre son torse. Il ferma les yeux et se laissa entourer de la chaleur de l'eau et du corps solide de Rafael dans son dos. Il sentit Rafael l'attirer davantage contre lui, se coller à son dos, l'enlacant d'une manière protectrice. Les lèvres de Sonny s'étirèrent en un sourire satisfait tandis qu'il se relaxait contre son fiancé. Ils étaient à la maison, en sécurité.


Bureau de Rafael Barba

1 Hogan Place

Mardi 4 novembre 2014


-Maître Barba ?

Rafael releva la tête de son dossier pour voir Carmen dans l'embrasure de la porte.

-Oui Carmen ?

-Votre mère vient d'arriver.

Rafael jeta un coup d'oeil à son téléphone. Aucun appel manqué, aucun message en attente. Ce n'était donc pas une urgence.

-Tu m'emmènes déjeuner, Rafa.

Carmen esquissa un sourire tout en se décalant de la porte, laissant entrer Lucia Barba.

-Merci Carmen. J'imagine que je vais aller prendre ma pause déjeuner.

Son assistante acquiesça avant de regagner son bureau, fermant la porte derrière elle.

-Tu aurais pu au moins m'envoyer un message pour me prévenir, mama, j'aurai pu être occupé.

-Occupé ou non, tu dois manger, mijo.

Le substitut soupira. Il était impossible de discuter avec sa mère. Il se leva, enfilla sa veste.

-Très bien. Une idée d'où tu veux que je t'emmène ?

-Un restaurant. Un vrai. Pas ce truc devant.

-C'est un food-truck, mami.

-Ce n'est pas un vrai repas.

Rafael secoua la tête. Il avait eu cette conversation des dizaines et des dizaines de fois. Il noua son échaper autour de son cou et ouvrit la porte, guidant sa mère hors de son bureau.

-Tu sais que tu es censée m'attendre à l'accueil ? Pas te promener comme ça dans les couloirs.

-Ridicule. Si je t'attendais à l'accueil, tu finirais par m'y oublier. On vous ramène quelque chose, Carmen ?

L'assistante secoua la tête.

-Non merci. J'ai tout ce qu'il me faut. Bon appétit.

-Merci très chère.

-Je reviens le plus vite possible, et je reste joignable sur mon portable, rappela Rafael à Carmen.


Ils étaient installés à une table, attendant leur repas quand le téléphone de Rafael vibra.

Det. D. Carisi : On passe trop de temps ensemble je commence à te ressembler.

Rafael : Tu ne te plaignais pas tant hier soir.

Det. D. Carisi : .Je ne me plaindrais jamais de te voir romantique.

Rafael ne put empêcher un petit son de s'échapper de sa gorge. Lui romantique.

Det. D. Carisi : .J'ai eu recours au sourire made in Barba „J'ai raison et tu as tort". Charlie n'a rien de mal aux filles...

Rafael : Tu avais raison et Amaro avait tort.

Det. D. Carisi : Je vais aller lui annoncer la bonne nouvelle, et tenter de le convaincre de rejoindre un programme.

Rafael : J'ai toute confiance en toi.

Det. D. Carisi : Je vais rentrer tard. On boucle l'affaire. Je t'aime.

Rafael : Je t'attendrai dans notre lit. Je t'aime.

Rafael reposa son téléphone et croisa le regard de sa mère.

-Quoi ?

-Oh rien. C'était Sonny ?

-Et comment tu sais ça ?

Lucia sourit.

-C'est l'air sur ton visage.

-Quel air ?

-Ne ronchonne pas comme ça, je t'ai elevé, ça ne marche pas avec moi.

-Je ne ronchonne pas, râla Rafael.

-Et voilà, disparu. Quand tu parles avec Sonny tu as cet air romantique sur le visage. Et là, plus rien.

-Je ne suis pas romantique, contre argumenta Rafael alors que le serveur ammenait leur plat.

-Oh désolée de te contredire, nino, mais avec Sonny, tu es romantique. Comment tu l'appelles déjà ? Mi cielo ? C'est pas romantique, ça ?

-C'est privé, surtout.

-Oh allez, privé, c'est ce que vous faites ensemble une fois la porte de votre chambre fermée.

-Mami !

-Ne me dis pas que je t'ai choqué ! Tu m'as fait bien pire !

-Moi ? C'est toi qui a la mauvaise habitude d'entrer dans ma chambre sans frapper. Et tu n'as toujours rien appris d'ailleurs.

-Mais je ne t'ai jamais surpris avec Sonny.

-Encore heureux ! J'avais quinze ans la dernière fois que cela s'est produit et c'est bien suffisant pour me traumatiser pendant toute une vie.

-Tu es dramatique !

-J'ai de qui tenir, tu m'as elevé, cingla Rafael en commençant à manger.

Lucia laissa le temps à son fils de finir la moitié de son assiette avant de reprendre la parole.

-J'ai eu un appel de Bianca.

Rafael posa sa fourchette.

-Elle t'a parlé du mariage.

-D'après ce que j'ai compris il n'y a pas encore grand chose à en dire. Mais vous avez commencé à en parler, c'est déjà exceptionnel. Vu votre rythme, j'ai cru que je ne verrai jamais le mariage. Et encore moins mes petits enfants.

Rafael faillit s'étouffer avec sa gorgée de vin.

-Petits-enfants ?

-Chaque chose en son temps. Parlons d'abord de votre mariage. Dis moi tout.

Rafael prit quelques secondes pour se remettre de ses émotions à la mention d'enfants potentiels.

-Je me doutais qu'organiser un mariage était compliqué... Mais à ce point... Cela demande moins de préparation quand je plaide devant un grand jury.

-Mais ça tu le fais plusieurs fois. Régulièrement même. Pas un mariage.

-Le divorce existe.

-Oh, tu prévois déjà de divorcer d'avec Sonny ?

-Non !

Lucia sourit, fière d'elle, avant de poser une main sur le bras de son fils.

-Sonny et toi vous vous aimez, et votre mariage doit refléter ça.

-Comment ça s'est passé, pour toi ?

Rafael savait pertinnement que le mariage de ses parents n'avait pas été heureux, il en avait été le témoin. Mais peut être que les premiers moments avaient été différents.

-C'était un autre temps, Rafi, et j'étais enceinte. Nous devions nous marier rapidement. Deux témoins devant le greffier et c'était fait.

Rafael soupira.

-Je n'ai plus que les mariages des Carisi comme exemple alors.

-J'ai vu les photos... C'est quelque chose.

-On va faire appel à un organisateur de mariage. Vu notre emploi respectif, c'est probablement la meilleure solution.

Lucia acquiesça.

-C'est ce que j'ai dit à Bianca. Mais que ça n'empêchera pas que ce soit vous qui preniez les décisions finales.

-Pourquoi je ne suis pas surpris que tu aies eu cette discussion avec la mère de Sonny ?

-Oh, s'il te plaît. Vous avez déjà trouvé quelqu'un ?

Rafael secoua la tête.

-C'est compliqué.

-Tu te souviens de ma collègue Valérie ? Lorsqu'elle s'est mariée le printemps dernier, elle a fait appel à une de nos anciennes élèves. Je peux lui demander son numéro si cela te dit ?

-Merci, mami.


Bureau de Rafael Barba

1 Hogan Place

Mercredi 5 novembre 2014


-Hey !

Rafael releva la tête pour voir Sonny dans l'embrasure de la porte de son bureau.

-Carmen n'est pas là, je me suis dit que j'allais passer te dire bonjour.

Rafael repoussa le fauteuil, s'appuyant contre le dossier.

-Bonjour.

Son fiancé était sublime dans son costume noir. Sonny était toujours sublime de toute façon.

-Qu'a dit la juge ?

-Mia est reconnue non coupable. Quant à Perry, elle doit suivre des soins à Creedmore.

-En espèrant que la société ne l'oublie pas comme Charlie.

-C'est une petite fille. Avec une mère aimante. Il y a de l'espoir, dit Sonny en avançant vers Rafael.

Le substitut fronça les sourcils.

-Tu n'es pas satisfait du verdict ?

-Si. Si. La juge Linden pouvait difficilement prononcer autre chose. C'était la bonne chose à faire, aux vues des circonstances.

-Mais ? Insista Rafael.

Il connaissait son fiancé et il avait cette lueur dans le regard, ce poids sur ses épaules. Rafael se leva, ferma la porte et guida Sonny jusqu'au canapé.

-Parle-moi, mi cielo.

Sonny prit une grande respiration.

-J'ai vu quelque chose que je ne sais pas interprêter.

-Et si je t'aidais ?

Ils en avaient l'habitude, lorsque Sonny planchait sur l'interprétation d'un obscur texte de loi, il se tournait vers Rafael pour l'aider à comprendre. Et inversement, lorsque Rafael se débattait avec un argumentaire, c'était Sonny qui lui donnait son opinion.

-Les deux gamines... Mia et Perry.. Elles se sont… elle se sont touchées…

-Au tribunal ?

-Non, dans l'ascenseur.

-Un ascenseur n'est pas grand… raisonna Rafael.

-Non. C'était… Leurs petits doigts… c'était voulu…

Sonny expira profondément.

-Je ne sais pas ce que j'ai vu Rafi... Et je.. J'ai peur de ce que cela veut dire. Et si Zoé était en danger ?

-Ses parents vont la surveiller. Sa soeur va suivre des soins. Il n'y a rien que tu puisses faire, cariño.

-Je sais cela.

Sonny se tourna vers son fiancé.

-Parlons d'autre chose.

Rafael acquiesça doucement, sachant que Sonny avait besoin de temps pour faire de l'ordre dans ses pensées.

-J'ai déjeuné avec ma mère hier.

-Comment va-t-elle ?

-Elle communique avec ta mère, sourit Rafael.

-Sur le mariage ?

-Sur le mariage, répéta Rafael.

Il attrapa la main de Sonny.

-Il s'avère que l'une des anciennes étudiantes de ma mère est organisatrice de mariage.

-Mon dieu, dit moi qu'elles n'ont pas pris rendez vous pour nous ?

Rafael sourit. Leurs mères en étaient capables.

-Non. Mami m'a donné ses coordonnées. Elles ne peuvent pas prendre rendez-vous pour nous. Elles ne connaissent pas nos plannings.

-Elles pourraient appeler ta secrétaire.

-Ne t'avise jamais de mentionner cela devant elles. Tu pourrais leur donner des idées.

Sonny sourit doucement et Rafael admira les lèvres roses et les yeux bleus.

-J'ai regardé son site internet.

-Alors ?

-Nous pourrions prendre rendez-vous. Et voir si cela nous convient.

Sonny caressa l'anneau au doigt de Rafael.

-Finalement, on avance.

Ils regardèrent le site internet de l'organisatrice.

-Oh !

Sonny poussa une exclamation de surprise. Rafael se tourna vers son fiancé.

-Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

-Les menottes ! On a oublié les menottes !

Rafael retint de peu un rire.

-Parle pour toi, cariño. Parle pour toi. Je sais très bien où elles sont rangées.


IT IS WELL, Bethel Worship

[Verse 1]
Grander earth has quaked before
Moved by the sound of His voice
Seas that are shaken and stirred
Can be calmed and broken for my regard

[Chorus]
Through it all, through it all
My eyes are on You
Through it all, through it all
It is well
Through it all, through it all
My eyes are on You
And it is well with me

[Verse 2]
Far be it from me to not believe
Even when my eyes can't see
And this mountain that's in front of me
Will be thrown into the midst of the sea

[Chorus]
Through it all, through it all
My eyes are on You
Through it all, through it all
It is well
Through it all, through it all
My eyes are on You
And it is well, it is well…

[Bridge]
So let go my soul and trust in Him
The waves and wind still know His name
So let go my soul and trust in Him
The waves and wind still know His name!
The waves and wind still know His name

[Refrain]
It is well with my soul
It is well with my soul
It is well, it is well with my soul
It is well with my soul
It is well with my soul
It is well with my soul
It is well with my soul
It is well, it is well with my soul
It is well, it is well with… my soul

[Outro]
Far be it from me to not believe