Hello ! Dernier spin-off sur mon ordi, il va falloir que j'en écrive d'autres ...

Cette histoire-ci se trouve dans le début de notre partie, juste après qu'on ait adopté Vlad, mon petit lapin. A l'époque, on n'était pas au courant de tous ses traits de caractère ...

PS : Je m'excuse d'avance, je n'ai pas relu et corrigé une dernière fois avant de le poster, il se peut qu'il reste une ou deux erreurs ...


La nuit, tous les lapins sont gris

Adoption étonnante


Sur l'Arcadia, on comptait depuis peu un nouveau membre d'équipage : Vlad, le lapin récupéré par Elyse sur une petite planète lors d'un ravitaillement. Il avait été baptisé ainsi en « hommage » au cruel empaleur, le tristement célèbre Prince de Valachie.

Tout le monde s'était demandé comment cette adorable boule de poils avait gagné un nom aussi terrible, mais Harlock lui-même ne s'était pas essayé à objecter : plus terrible encore que le lapin, les décisions de sa pupille en matière d'onomastique n'étaient pas soumises à controverse.

Lors du ravitaillement où ils avaient adopté Vlad, les filles avaient également proposé au pirate d'emporter le grillon qui s'était pris d'affection pour ses cheveux, mais le capitaine de l'Arcadia, voyant bien le ton moqueur de ses pupilles (à raison, puisque le dit grillon avait tout à fait l'air de se plaire dans la tignasse brune d'Harlock, véritable jungle capillaire aussi renommée qu'impénétrable), se vexa comme un pou, et grogna vaguement que son vaisseau n'était pas un zoo.

En faisant le compte, on se trouvait maintenant à bord en compagnie d'un cormoran intellectuellement limité, d'un chat voleur de saucisses, de Jacklyne – l'araignée du couloir – et d'un lapin dont les traits de caractères restaient encore à délimiter. Bientôt, il y aurait sur l'Arcadia plus d'animaux hétéroclites que de pirates pour se battre ! Le Capitaine, assis dans son bureau, se fit la réflexion qu'un grillon de plus ou de moins n'aurait pas changé grand-chose, mais qu'il ne devait pas commencer à céder aux grands yeux brillants de ses filles adoptives. Ils avaient déjà échappé à pas mal de choses, comme une tortue carnivore (mais ça, c'est une autre histoire), une Laganaphyllis Simnovorii, plante mangeuse de gâteaux à la crème, ou encore un ourson Snatchy insupportable (il avait entendu un des hommes de l'équipage se plaindre, et répétait comme un perroquet « tu as appuyé sur mon ventre, et j'ai des gaz ! »), sans parler de la boîte remplie de bébés lézards ailés que Claire, enfant, avait attrapés lors d'une escale sur Buôn Xuyên. Sur cette petite planète tropicale du système de Tharueroen, entre deux colonies humaines, Titan Terminal et Hypnos Awe, elle avait capturé ces petites créatures, puis les avait introduites dans le vaisseau sans en parler à son tuteur. Ç'avait d'ailleurs été extrêmement compliqué de faire comprendre à la petite que non, ce n'était pas des bébés dragons, et qu'il en avait plus qu'assez qu'ils se soient évadés partout dans l'Arcadia (le Capitaine gardait un mauvais souvenir de la fois où il s'était fait attaquer par une escadrille de lézard volants alors qu'il était sous sa douche – il ne pouvait pas prévoir qu'ils avaient établis leur siège derrière ses shampooings).

Harlock vida le fond de son verre de Brandy, lâcha un long soupir, puis se leva et sortit de son bureau. Qu'est-ce qui allait encore leur arriver, cette fois ?


Dans la cabine d'Elyse, cette dernière et son amie s'évertuaient à installer convenablement le petit lapin. En attendant que Yattaran lui fasse une cage, le petit lagomorphe devrait se contenter d'un clapier fait avec les moyens du bord – littéralement, dont la porte était assez mal conçue. Cependant, les filles avaient vérifié longuement qu'il ne parviendrait pas à l'ouvrir, et après mille stratagèmes, optèrent pour bloquer le loquet de la petite grille avec des élastiques à cheveux (les moyens du bord, hein).

Elles lui donnèrent de quoi boire et manger, puis un appel de Kei dans les haut-parleurs les rappelèrent à leur poste. Les deux adolescentes abandonnèrent le lapereau, et remontèrent en passerelle. Elles croisèrent Harlock, qui venait de terminer le décollage.

- Vous allez où ? leur demanda-t-il.

- Kei nous a fait appeler sur le pont.

- Ah, oui, c'est vrai.

Il avait l'air fatigué, mais balaya vaguement leurs inquiétudes.

- Va dormir, t'as l'air mort, lui recommanda Claire.

- Non, ça va aller, j'ai encore un tas de tracés à prévoir, et …

Un bâillement lui échappa.

- Hors de question, tu vas te coucher !

Le pirate capitula : il avait trop sommeil pour redire quelque chose. Il baragouina un bref « oui, oui », et laissa ses pupilles, se dirigeant vers sa cabine. Il s'assit à sa table, se persuadant qu'il pouvait bien tenir encore un peu, mais finit par s'endormir sur sa paperasse.

C'est ce moment que choisit Vlad pour se dégourdir les pattes. Le petit lapin trouvait sa cage bien trop exigüe, habitué jusqu'alors à gambader dans des prés sans frontières. Il se mit en tête de retrouver l'humaine qui l'avait emporté dans cette cellule en métal, se sentant très seul. Vu comme les deux bipèdes qui l'avaient attrapé l'avait câliné, il n'y avait pas de raison qu'elles l'abandonnent, pas vrai ?

Alors le lapereau grignota l'élastique qui maintenait sa porte. Il apprécia particulièrement les cheveux qui restaient sur l'enveloppe en tissu : ce n'était pas difficile à mâcher, et il en aimait bien la sensation sur ses deux petites dents.

L'élastique céda bientôt, et il descendit sur le sol de la chambre. Après en avoir inspecté le contenu (les affaires d'Elyse portaient son odeur), il comprit qu'elle n'était pas dans la cabine. Alors qu'il passait devant la porte, le détecteur personnel comprit l'information qu'on lui envoyait de travers, et le panneau coulissant s'ouvrit. Voyant là une opportunité, la boule de poils blancs sortit dans le couloir. Un nouvel univers de corridors s'offrait à lui, bien que le métal froid ne soit pas aussi accueillant que ses vastes prairies.

Il déboucha sur l'un des couloirs les plus fréquentés par les membres d'équipage. Si quelques-uns étaient trop concentrés sur leurs parties de cartes pour se rendre compte de sa présence, le reste des hommes était soit en train de boire (le saké était l'une des denrées essentielles sur l'Arcadia), soit en train de roupiller tranquillement à même le sol. Alors qu'il sautillait entre les bouteilles vides et les membres répandus aléatoirement sur le plancher, le lapin vit dépasser quelques mèches de cheveux d'un foulard ceint sur le front d'un pirate. Ni une ni deux, il vint grignoter la chevelure du pirate endormi.

Mais un grondement résonna derrière lui. Alerté par le bruit, le lapin se prépara à fuir : un chaton roux, qui faisait bien deux fois sa taille, feulait sourdement. Pris de panique, Vlad préféra fuir : il bondit par-dessus le pirate dont il était en train de manger les cheveux, renversa une bouteille, et galopa entre les corps endormis. Il fut poursuivi par Mii, qui, comme il n'avait jamais vu le lapin, défendait son territoire aussi farouchement que possible.

Transi de peur, le lapereau vit une porte s'ouvrir, la commande d'ouverture actionnée par une femme vêtue d'une longue robe violette. Miimé ne vit pas Vlad entrer avec elle, car elle portait un plateau. La Nibelung passa, et la porte se referma au moment où Mii allait entrer. Le pauvre chaton se cogna contre la porte, et recula en titubant, assommé, voyant des petits cormorans noirs tourner au-dessus de sa tête.

Pendant ce temps-là, Vlad avait pénétré involontairement le domaine de l'impitoyable capitaine pirate. Il s'était caché sous un fauteuil, et la Nibelung ne l'avait pas remarqué. Miimé posa son plateau sur un guéridon, et vit qu'Harlock s'était endormi à son bureau. Elle attrapa sa cape, qu'il avait retiré pour travailler (être classe en public était une chose, travailler avec cinq kilos de cuir sur les épaules en était une autre), et la posa sur son dos. La femme enleva aussi de la portée du pirate les crayons – il valait mieux qu'il ne perde pas son seul œil valide – ainsi que les commandes de ses ordinateurs, pour éviter qu'il n'appuie involontairement dessus. Miimé laissa le pirate se reposer, consciente qu'il devait être exténué pour tomber ainsi de sommeil sur son bureau. Il se donnait trop, tout le monde était d'accord là-dessus.

Vlad, voyant qu'il n'y avait plus de danger, sortit de sa cachette. C'est là qu'il aperçut l'équivalent du Saint Graal : la crinière brune du célèbre pirate, qui s'épanchait comme un nid de serpent sur son bureau.


Harlock fut réveillé par de petites douleurs assez aigües au niveau de son cuir chevelu. Quelqu'un était en train de tirer sur ses cheveux, et ce, assez sèchement tout de même. Il releva la tête, prenant conscience qu'il s'était endormi sur sa table, et se trouva nez à nez avec un ventre velu. Le pirate poussa un cri de surprise – mais qui aurait presque été de la peur, au vu de la sonorité aigüe du hurlement. Vlad n'avait pas voulu lâcher les cheveux qu'il dévorait, et était maintenant suspendu par les dents à une mèche d'Harlock, ses pattes battant dans le vide à la recherche désespérée d'une prise pour décharger ses quenottes de son poids. Le capitaine attrapa d'une main le monstre qui l'avait tiré de son sommeil, et réalisa qu'il s'agissait de Vlad. Il passa les doigts dans ses cheveux : ils étaient pleins de bave de lapin … Beurk …

Soudain pris d'une crainte dévorante, le pirate fonça dans sa salle de bain, son lapin toujours dans les bras.

Là, horreur : une partie des cheveux sur sa nuque avaient disparu.


- Elyse est appelée dans le bureau du capitaine immédiatement ! gronda la voix de ce dernier dans les haut-parleurs.

L'adolescente abandonna son amie en soupirant. Que lui voulait-il, encore ?

La jeune fille eut de grandes difficultés à ne pas rire. Son tuteur tenait Vlad par la peau du cou, et râlait comme à l'accoutumée. Mais contrairement à d'habitude, ses cheveux n'étaient non plus en train de vagabonder autour de son visage en raison de leur volonté propre, mais sporadiquement attachés en arrière, en un catogan vraiment ridicule.

- Tu vas m'expliquer ce que ton lapin faisait dans ma cabine !

- J'en sais rien, on lui a construit un clapier avec Claire, mais la porte tenait pas bien. C'est quoi le problème ?

- Il … Il m'a mangé les cheveux !

Elyse ne put s'empêcher d'éclater de rire. Son pirate de tuteur, le grand Capt'ain Harlock venait-il d'être battu à plate couture par un lapin aussi adorable qu'imprévisible ?


Voilà ! Les blagues sur les cheveux de notre cher Capitaine sont toujours aussi drôles, je trouve ...

Et pour une fois, je plaide l'ignorance, car on ne savait pas que notre petit Vlad était capillarophage quand on l'a adopté !

J'espère que ça vous a plu ^^

N'hésitez pas à passer sur Instagram voir les illustrations qu'il peut nous arriver de faire avec mon amie : nos pseudos sont Ancolia et Yase_0814 !