Cher Ryûji,
C'est vraiment cool, un rêve comme ça ! Je pense que je voudrais peut être être cuisiner parce que je suis fort pour ça et ça rend les gens heureux ! Mon frère est vraiment mignon. Il veut devenir docteur et il sait déjà comment faire des pansements et tout ! Je ne sais jamais les mettre, ou je les déchire et je n'y arrive pas. Mais Yukio sait comment faire, alors il m'aide quand je me fais mal et que Papa n'est pas là. Il va être un super docteur !
Yukio aime bien écrire à Renzô alors je pense qu'ils doivent bien s'entendre ! Il garde toutes les lettres de Renzô dans une boîte. Papa nous en a donnée une chacun, comme ça on conserve des souvenirs. Ma boîte est sous mon lit et Yukio garde la sienne sur son bureau.
"Rin !"
Rin leva les yeux vers le prêtre qui venait de l'appeler en entrant dans sa chambre. "Tu vas être en retard à l'école si tu ne te dépêche pas ! Yukio t'attend !"
"Oh ! D'accord !" Rin lui fit un grand sourire et retourna à sa lettre.
Je dois aller à l'école maintenant, donc je finirai ta lettre quand je serai de retour !
Rin saisit son cartable et plia la lettre en deux avant de la poser sur son bureau et de courir vers la sortie.
Cependant, Rin revint chez lui peu de temps après. Des larmes lui brûlaient les yeux et les "démon" criés par ses camarades continuaient à résonner dans ses oreilles. Il renifla et enfouit son visage dans son oreiller, se rappelant de son père emporté dans une ambulance, riant alors que Rien pouvait voir la douleur sur son visage.
"Nii-san... ?" Rin sentit une petite main sur son dos et leva les yeux vers un Yukio inquiet.
"Désolé... Yukio." Il se frotta vaillamment les yeux et essaya de chasser leur père de son esprit. Il força un large sourire. "C'était une blague, en fait. Je vais bien ! Je me demandais juste quand est-ce que tu allais me poser la question. Ca va, Yukio ?"
Yukio sembla momentanément soulagé, mais l'inquiétude ne quitta pas entièrement son visage. "Oui, ça va. Papa a dit qu'il reviendra demain, ne pleure pas, Nii-san."
"Je ne pleure pas !" Rin s'essuya le visage et s'assit, levant crânement le menton. "Je suis un dur, et les durs, ça pleure pas, pas vrai ? Toi aussi, t'es un dur, Yukio, mais je te protègerai quand même."
Yukoi sourit et acquiesça. "Merci, Nii-san !"
Les deux frères restèrent assis côte à côte pendant un long moment avant que Yukio s'endorme. Rin lui retira doucement ses lunettes et les posa sur son bureau avant remarquer la lettre inachevée sur son bureau. Il regarda l'heure. Il était tard. Mais il voulait écrire à Ryûji. Il devait avoir l'air heureux devant son frère, mais peut-être pourrait-il être plus honnête avec lui.
Je suis rentré maintenant. Mon Papa est à l'hôpital à cause de moi. Quelqu'un embêtait Yukio alors je l'ai frappé, mais je l'ai frappé trop fort.
Rin se frotta fortement les yeux quand les larmes recommencèrent à couler au souvenir des événements.
Ils m'ont traité de monstre et de diable et ça m'a tellement énervé que j'ai frappé plein d'autre personnes. J'ai fait très mal à mon père aussi, mais il a dit que c'était lui qui s'était fait mal tout seul. Je sais qu'il a menti et ça me fait sentir très mal. Il revient demain et je vais lui cuisiner quelque chose de vraiment très bon pour me faire pardonner. Je vais faire de mon mieux pour devenir quelqu'un de plus gentil à partir de maintenant. Je ne sais pas ce que je ferai si quelqu'un recommence à embêter Yukio, mais peut-être qu'ils ont trop peur de moi maintenant et qu'il n'oseront plus le faire.
J'aime le mot cordialement parce que je veux te dire la vérité.Tu es mon seul ami maintenant parce que tout le monde pense que je suis un monstre. J'ai encore Yukio mais j'espère que Papa ne me déteste pas. Tu me déteste ? J'espère que non. J'aime bien que tu sois mon ami et je vais essayer de ne plus faire mal à personne. Papa a dit que je devais utiliser ma force pour de bonnes actions alors c'est ce que je vais faire.
J'espère que tu recevras bien cette lettre et j'attends avec impatience ta réponse
Cordialement,
Rin
