Lorsqu'ils reçurent leurs lettres, ils furent tous surpris de voir le colis qui les accompagnait.

"C'est pour quoi ?"

"C'est quoi ?"

Les trois enfants se penchèrent sur l'enveloppe qui était posée sur le colis. Les yeux de Ryûji reconnurent aussitôt l'écriture.

"C'est de Rin !" dit-il avec excitation.

Même si Ryûji préférait lire les lettres de Rin quand il était seul, cette fois-ci, il ouvrit rapidement l'enveloppe. "Une seconde !" dit-il, et il commença à lire la lettre.

Shima et Konekomaru prirent leurs propres lettres, mais ne les ouvrirent pas. Ils regardaient Ryûji, attendant qu'il ait fini de lire. Il virent ce dernier rester bouchée bée de surprise.

"Il... Il nous envoie des cookies !"

"C'est vrai ?!"

En quelques secondes, ils avaient déjà ouvert la boîte. À l'intérieur, une douzaine de biscuits étaient empilés les uns sur les autres. Ryûji sentit l'eau lui venir à la bouche en sentant la bonne odeur qui s'échappait du colis. Ils regardèrent tous les biscuits avec une envie mêlée de crainte.

Merci, Rin... pensa Ryûji. Et ils commencèrent à manger les gâteaux.

"C'est trop bon... !"

"Oui, c'est délicieux," dit Konekomaru avec un sourire joyeux.

"Il cuisine vraiment bien," déclara Ryûji avec un hochement de tête fier. "Même si on a le même âge, Rin sait déjà cuisiner beaucoup de choses."

"Hé. T'es sûr que ce n'est pas une fille, finalement ? C'est impossible qu'un garçon puisse cuisiner aussi bien," fit Shima avec un sourire taquin.

Ryûji ne mordit pas à l'hameçon. À la place, ses lèvres se courbèrent en un sourire diabolique. "Ne t'en fais pas, je le lui dirai. Je suis sûr que Rin sera très impatient de t'en envoyer une autre boîte."

Shima pâlit.

"C'était juste une blague !"

Cher Rin,

Merci pour les cookies ! Ils étaient vraiment délicieux. Konekomaru et Shima t'envoient leurs remerciements, eux aussi. D'habitude, on ne mange pas de gâteaux ou de bonbons, alors on était vraiment très heureux et on s'est dépêchés de les manger. Merci, vraiment. Je voudrais t'envoyer quelque chose moi aussi, mais je ne peux pas faire grand chose à part t'écrire cette lettre. Je le ferai la prochaine fois si je le peux.

J'espère moi aussi qu'un jour on pourra jouer ensemble. Il n'y a pas de terrain de jeu ici, sauf celui de l'école. Mais il y a beaucoup de champs près du temple. D'habitude, on va là-bas et on prend quelques fruits et légumes. Parfois, on les mange, mais moi j'offre souvent ma part à Bouddha. Je ne suis pas censé faire ce genre de choses quand mon père prie, mais ça ne le dérange pas vraiment donc je continue à le faire.

Moi aussi, j'aime t'écrire. Je pense beaucoup à toi quand je m'ennuie. Je pense que tu as une bonne influence sur moi toi aussi, parce que quand je pense à toi, j'essaie de ne pas trop me fâcher parce qu'on s'est promis qu'on allait tous les deux faire de notre mieux. C'est ce que ça veut dire, si tu n'as pas encore trouvé.

J'espère que tu recevras bien cette lettre, et j'ai hâte de voir ta réponse.

Cordialement,

Ton ami, Ryûji.

Après avoir terminé d'écrire, Ryûji fronça les sourcils un instant. Il regardait fixement la lettre, un petit pli entre les sourcils. Puis, ignorant la légère rougeur qui se répandait sur ses joues, il prit sa décision et griffonna un petit dessin sur la feuille de papier. C'était une version caricaturée de Shima, Konekomaru et lui. Ils souriaient tous et avaient des petites miettes sur le visage. Il écrivit un grand "MERCI" au-dessus du dessin, puis mit rapidement sa lettre dans une enveloppe pour s'empêcher d'y repenser.