"Sans blague ! Il le faisait vraiment ?" demanda Ryûji, les yeux écarquillés, tellement surpris que le couteau qu'il tenait lui glissa presque de la main.
Izumi ricana sans une once de retenue. "Oh, oui. Et Rin adorait ça ! Ne le laisse pas te convaincre du contraire. Il avait toujours l'air tellement excité quand nous leur enseignions une nouvelle chanson, à lui et à son frère." l'homme aux cheveux hérissés secoua la tête, son expression témoignant d'un vif amusement. Tous les prêtres étaient de bonne humeur depuis que Ryûji était rentré et les avaient informés de la réussite de Rin. Une atmosphère confortable et excitée s'était répandue dans le monastère, et tout le monde s'était senti tellement soulagé qu'ils avaient travaillé encore plus dur et avaient décidé de faire du sukiyaki pour le dîner de ce soir.
Actuellement, ils coupaient les ingrédients et mettaient la table en place.
"Oh, et tu aurais vu les petits mignons uniformes qu'ils devaient porter, aussi ! Nous en avons quelques photos quelques part, j'en suis sûr. Je vais voir si je peux essayer de les trouver avant le dîner." promit Izumi avec un large sourire.
"Vous n'avez pas besoin de vous donner tant de mal pour moi..." protesta un peu Ryûji, même s'il voulait vraiment voir les photos de Rin dans sa tenue d'enfant de chœur.
Ses vrais sentiments devaient être visibles sur son visage. Izumi rit. "Allez, Ryûji-kun. Pas besoin d'être si réservé avec nous. Détends-toi.", rappela-t-il à l'adolescent, le poussant légèrement sur le côté.
Ryûji baissa la tête et rougit légèrement. Il ouvrit la bouche pour fournir une réponse appropriée quand une petite agitation attira son attention.
"Hein ? Qu'est-ce qui se passe là-bas ?"
Maruta regarda avec précaution dehors par la fenêtre de la cuisine et grimaça légèrement, d'une manière qui fit que tout le monde se pencha pour voir ce qui se passait de ses propres yeux, et à leur grande surprise, ils repérèrent le Père Fujimoto face à une femme rousse en colère que Ryûji reconnut.
Oh, non...
Il ne pouvait pas entendre pleinement ce que la femme disait. Ils étaient trop loin, et elle parlait avec une colère rapide dans la voix. Il aperçut ce qu'elle tendait à Shiro. Une demande de remboursement. Le souffle de Ryûji se bloqua dans sa gorge. Il posa le couteau.
Terminée était l'excitation qui avait été construite au cours des deux dernières heures. Les sourires que tout le monde avait acquis s'évanouirent alors qu'ils commençaient à former les mêmes pensées.
Merde. Ne me dites pas... pensa désespérément Ryûji, en priant, en espérant que leurs soupçons étaient faux, mais le visage sombre du Père Fujimoto en écoutant la femme rousse parlait de lui-même.
Ryûji ne perdit pas de temps compte tenu de ce qu'il fallait faire. Il prit sa veste et commença à sortir de la cuisine.
"Ryûji-kun?"
Quelqu'un l'interpella. Ryûji ne pouvait même pas les regarder, trop préoccupé par les nœuds se formant dans son estomac. Les seuls mots qu'il put dire avant de quitter le monastère furent :
"... Je dois... je vais le chercher."
Il ne lui fallu pas longtemps pour le trouver. Ryûji s'était dirigé vers l'endroit, le seul endroit probable où il savait que Rin voudrait aller. Il se sentit soudain sacrément heureux que Rin ait eu l'occasion de lui monter cet endroit. Ses pieds prirent le même chemin que celui qu'ils avaient traversé ce matin, et l'aire de jeu fut en vue et-
Rin était là.
Il était dans la même position que dans la matinée, le regard rivé par terre. Il avait l'air abattu, immobile.
Quelque chose s'était passé.
Ryûji avait une idée de ce que ce "quelque chose" était.
"... Rin."
Les doigts de Rin se resserrèrent autour des chaînes quand il entendit la voix familière. Il sentait la honte bloquer sa gorge. Des larmes de frustration piquaient ses yeux alors qu'il laissait sa tête pendre, son regard se déplaçant sur ses genoux.
"Je..." murmura-t-il, la voix à peine stable, "je ne peux pas..."
Le cœur de Ryûji se serra en l'entendant. Rin...
Il s'approcha de son ami à pas lents et lourds jusqu'à ce qu'il ait soigneusement raccourci la distance entre eux. Debout à côté de Rin, il avait envie de tendre la main, mettre un bras autour de ses épaules, laisser le poids lourd de sa main sur ses cheveux ébouriffés en signe de réconfort.
"Tu vas... ?" Ryûji ravala la question inutile. "Tu veux... en parler ?" demanda-t-il à la place, les mots se précipitant maladroitement hors de ses lèvres.
Rin secoua la tête et se sentit immédiatement coupable de repousser son ami. Mais, en réalité, que pouvait-il lui dire ? Qu'il avait vu un petit monstre voler l'écharpe d'une petite fille et saccager le magasin alors qu'il le poursuivait ? Même Ryûji ne le croirait pas.
"C'est..." Rin parlait doucement. "Je ne sais pas... Je ne sais pas ce qui s'est passé, c'était trop rapide..."
Ryûji fronça les sourcils. "Comment est-ce arrivé ?" demanda-t-il avant d'avoir pu s'en empêcher. Il voulait comprendre. Le souvenir de combien la patronne de Rin était en colère quand elle était arrivée lui revint en mémoire. Que s'était-il passé... ? Tout allait bien quand il avait quitté Rin...
"Je te l'ai dit, je ne sais pas !" Rin secoua la tête avant que ses épaules ne s'affaissent. "Il y avait une fille... J'ai essayé de l'aider mais elle a été blessée..." il secoua de nouveau la tête, se souvenant de la chose qui avait été responsable. Était-il en train de voir des choses irréelles ? Était-il fou ? Rin lâcha les chaînes et pressa ses mains sur son visage, ses coudes se posant sur ses genoux. "Je ne sais pas," répéta-t-il.
Merde... pensa Ryûji en voyant son ami, un sentiment d'impuissance s'imposant à lui. Que pouvait-il faire ? Que pouvait-il dire ?
"Quelque chose va encore mal se passer, n'est-ce pas... ?"
"Rin..."
Combien de fois était-ce arrivé maintenant ? Rin avait toujours été assez vague quand il parlait de ses emplois à temps partiel. La moitié de temps, Ryûji n'avait même pas cherché pourquoi son ami s'était fait virer, sachant que Rin se sentait assez mal comme cela. Ce n'était certainement pas du à un manque d'effort ou de volonté. Il avait vu à quel point Rin essayait.
Un peu trop dur... il grimaça à ses propres pensées, les repoussant. Il referma l'espace entre eux pour mettre la main sur l'épaule de son ami, en essayant de lui donner tout le soutien qu'il pouvait.
"Hey. Viens, Rin," murmura-t-il d'une voix un peu rude. "rentrons à la maison. On pourra en parler là bas si tu le veux... ou pas. Peu importe, tout ce que tu veux. Mais viens. Tout le monde est inquiet pour toi." Il serra l'épaule tendue. "Tu dois aussi manger," lui dit-il d'un ton calme. "Il y a de la nourriture qui t'attend," continua-t-il, essayant de remonter un peu le moral de Rin.
Rin leva les yeux. Le poids lourd de la main de Ryûji sur son épaule était un peu comme une ancre. Ses doigts l'atteignirent et il serra le poignet de son ami pendant un moment avant de hocher la tête et de se lever. Il savait qu'il devait rentrer à la maison à un moment ou à un autre et rentrer seul semblait trop difficile. Au moins, avec Ryûji, il n'aurait pas à faire face à son expression déçue.
Il prirent leur temps pour rentrer. Ils ne parlaient pas vraiment, mais Ryûji fit en sorte de rester aux côtés de Rin tout le temps, lui offrant un silence réconfortant. Son inquiétude avait disparu maintenant qu'il avait retrouvé Rin, et le chemin du retour au monastère ne prit pas longtemps. Quand ils passèrent finalement par la porte de service, Ryûji leva les yeux et fut surpris de voir le père Fujimoto debout à l'entrée.
"Qui est-ce ?" murmura-t-il en regardant un étranger parler au père de Rin.
Shiro leva les yeux et vit les garçon passer le portail. "Bon retour", dit-il.
L'homme se retourna. "Êtes-vous Okumura Rin ?" demanda-t-il et Rin le regarda avec un froncement de sourcils curieux.
"Ouais," répondit-il. "Qui êtes-vous ?"
"Je suis le père de Yui." L'homme s'écarta, révélant une petite fille se cachant derrière sa jambe. Elle avait un gros pansement sur son front et Rin sentit une vague de soulagement en voyant le petit sourire sur ses lèvres. "Merci de l'avoir sauvée," poursuivit-il, à la grande confusion de Ryûji. L'adolescent observa Rin s'avancer, regardant l'homme et la petite fille.
"Ses blessures ?" demanda Rin, même s'il pouvait voir qu'elle allait bien.
"Grâce à vous, seulement quelques égratignures," répondit l'homme avec un sourire reconnaissant.
Rin lui rendit son sourire, la tension dans son corps se relâchant. "C'est bien." Il sourit à Yui dont l'expression s'éclaircit en retour alors qu'elle resserrait son emprise sur le pantalon de son père.
"Yui a toujours été une enfant imprudente." Le père de Yui parlait d'une voix douce mais sévère, au grand dam de Yui. "Elle a beaucoup d'accidents. Des chutes dans les escaliers et d'autres choses."
Rin regarda l'homme pendant un moment et les mots sortirent immédiatement de sa bouche. "Ce n'est pas ça." Il se souvenait de la chose... Ce n'était pas la première fois ? Cela ne pouvait l'être. Yui avait été... "Elle n'est pas imprudente !" Le ton de Rin était plus sûr, plus convaincu. "Elle est brutalisée! Elle se fait tirer les cheveux et se fait voler des choses..."
Ses paroles ne semblaient pas affecter la père, mais quand Shiro parla, sa voix était insistante. "Tu l'as vu ?"
"À quoi est-ce qu'il ressemble ?" coupa immédiatement le père de Yui, le front tendu.
"C'était..." Rin se retourna vers Ryûji, sa nervosité de retour. "Il était... petit. Et il avait un visage comme celui d'un singe..." répondit-il doucement, pas bien sûr de ce qu'il disait.
"Quoi ?" Le père de Yui grimaça. Il commença à marcher en direction des portes, tenant fermement la main de sa fille.
"Où allez-vous ?" l'interpella Shiro.
"Je vais appeler l'école et leur demander de punir ceux qui brutalisent Yui !"
"Ce n'est pas ça !" cria Yui, tirant sur le bras de son père avec insistance. "Ce n'est pas des humains qui me font du mal ! Ce sont des méchants fantômes !"
Les mots pourtant enfantins eurent leur effet. Bien que le visage de Shiro resta totalement impassible, Ryûji se redressa avec surprise. Il regarda Rin, donc le visage avait légèrement pâli.
Méchants fantômes ? Rin fronça les sourcils. C'était ce qu'était ce monstre ?
Le père de Yui ne semblait cependant pas surpris. "Yui a une imagination débordante. Nous avons déjà souvent entendu ces histoires," dit-il d'un ton fatigué.
Rin sentit une pointe d'indignation qu'il ne put pas contrôler. "Elle n'a pas imaginé ça !"
"Rin !" siffla Shiro à la manière d'un avertissement, mais le jeune adolescent ne s'en soucia pas, n'ayant pas entendu la voix de son père ou l'ayant simplement ignorée.
"Pourquoi ne pouvez-vous pas la croire ?" Rin serra les poings en le regardant. "Si même ses parents ne la croient pas, à qui peut-elle se confier ? Vous devez - AGH !'
Rin laissa échapper un grognement quand Shiro frotta durement son cuir chevelu et se dirigea vers l'avant, laissant l'adolescent se tenir la tête et se plaindre. Mais Shiro ne l'écouta pas. Il s'avança et se mit à genoux en face de Yui, tirant une petite bouteille de verre de sa poche.
"C'est une amulette avec un trèfle à quatre feuilles." Il parlait doucement et avec un gentil sourire. "Elle te protégera."
"Merci..." Yui prit la bouteille et la serra contre sa poitrine.
Le sourire de Shiro s'adoucit avant de se tourner vers le père. Son visage et sa voix se firent plus graves. "Ne lui en voulez pas, s'il vous plaît. C'est de vous, ses parents, dont elle dépend le plus."
Après un long silence, l'homme regarda sa fille et hocha la tête. "Allez, Yui. Rentrons à la maison."
Yui hocha doucement la tête et ils quittèrent le monastère.
"... Est-ce que ça va vraiment l'aider ?" lâcha Ryûji dès qu'ils furent hors de vue, incapable de s'aider lui-même. Il jeta un regard à Rin et à son père, en essayant de traiter dans sa tête tout ce qui venait de se passer.
Shiro hocha la tête avec raideur mais lui offrit à peine à coup d'œil. Il se concentra sur Rin presque immédiatement. "Tu es à un millier d'années de pouvoir faire la morale aux autres." Sa voix s'éleva avec irritation pendant que l'adolescent se frottait douloureusement le cuir chevelu. "D'ailleurs, Rin. Tu es interdi privé sortie jusqu'à nouvel ordre," poursuivit-il avec un regard sévère.
"Hein ?" Les yeux de Rin s'écarquillèrent. "Pourquoi ?"
"La patronne de la boutique est venue me voir plus tôt." Shiro sorti un papier de sa veste et le tendit à Rin. "C'est la facture pour tous les équipements et les produits que tu as détruits."
"Quoi ?!" Rin recula comme s'il avait été brûlé. Il n'avait jamais vu autant de chiffres...
Ryûji tressaillit en apercevant de nouveau le nombre.
"Mec, comment as-tu pu ne serait-ce que parvenir à... ?" murmura-t-il dans un souffle.
Rin ne put s'empêcher de grimacer au commentaire de Ryûji mais Shiro était déjà en train de poursuivre.
"Cela ne peut pas continuer, Rin !" Il rangea le papier dans son manteau. "Tu es privé de dîner ! Maintenant va dans ta chambre !"
"Quoi ?!" s'écria de nouveau Rin, pas vraiment en mesure de dire autre chose. "Mais !"
Shiro le regardait avec une telle intensité que sa protestation mourut dans sa gorge. Rin fronça les sourcils et retourna dans le monastère, poussant la porte entrouverte avec tellement de force que la poignée de porte troua le mur quand elle entra en collision avec ce dernier. Rin ne regarda pas en arrière et se dirigea directement vers sa chambre. Il sentait une colère familière, de la frustration, et surtout, de la honte emplir sa poitrine.
"... Cela semble... un peu dur, vous ne pensez pas, monsieur ?
Ryûji regarda le trou dans le mur, mal à l'aise, puis rassembla tout son courage pour se tourner vers le père de Rin. Un froncement de sourcils vacillait sur son visage quand il vit l'expression sévère de l'homme. Mille choses traversèrent son esprit. Il s'accrocha à celle qui le dérangeait le plus. Quand il parla, sa voix était faible et hésitante, mais il fit de son mieux pour la rendre ferme, poussé par son désir d'aller jusqu'au bout. "Il peut les voir maintenant, n'est-ce pas ? Ne devriez vous pas... ?" commença-t-il, mais Shiro ne semblait pas disposé à l'écouter. Le prêtre entra dans le monastère et ouvrit la porte avant d'inspecter le trou laissé dans le bois.
"Ryûji-kun."
La voix de Shiro était tendue quand il fit signe au garçon de rentrer à l'intérieur afin qu'il puisse fermer la porte. "Tu ne comprends pas aussi bien la situation que tu ne le penses. Tu es peut être son ami, mais je suis son père. Je te conseille de ne pas me dire comment je dois élever mon fils."
Les mots durs envoyèrent un frisson dans le dos de Ryûji et il détourna le regard. Son expression se tordit alors qu'il luttait pour ravaler le malaise que le père de Rin avait provoqué en lui. Il voulait se tortiller et s'excuser ; les bonnes manières ancrées en lui barbotaient sous sa peau, menaçant de faire surface, mais il les combattit, et ce fut un ressentiment contenu de longues années qui colora ses prochains mots.
"... Je... ne sais pas ce qui se passe ici..." murmura-t-il, sa voix gagnant en force, "mais je sais ce que c'est... ! Vous êtes censés être une famille, non ?!" Il croisa le regard de Shiro, et il n'était pas sûr du type d'expression qu'il adoptait cette fois, mais sa tête et son cœur étaient trop pleins en ce moment, serrés par l'amertume et le désir de protéger son meilleur ami.
"Je... les gens comme vous sont ceux que je hais le plus," dit-il durement, ne cherchant pas une seconde à détourner ses yeux du prêtre. Il continua sur le même ton, tout aussi vivement, serrant les poings. "Rin pense du bien de vous... ça a toujours été le cas. Alors quoi que vous lui cachez, quelle qu'en soit la raison, plus vous garderez ces choses secrètes, pire cela sera quand il le découvrira."
En regardant le vieil homme à cet instant, Ryûji repensa à la voix douloureusement douce, à la manière paternelle donc cet homme avait encouragé Rin à faire de son mieux et la façon dont le malaise de celui-ci avait disparu si facilement.
Il avait du mal à ravaler sa colère. Ryûji souhaitait vraiment pouvoir haïr cet homme, souhaitait que les choses ne soient pas aussi compliquées qu'elles ne le semblaient. Il ne savait pas ce que le vieil homme cachait, mais c'était quelque chose de gros... quelque chose de...
Si vous vous souciez vraiment de lui, ne lui mentez pas ! Tout ce que vous allez faire, c'est le blesser... !
Il ne pouvait pas se résoudre à le dire. Il avait déjà suffisamment outrepassé les limites. Mais il ne le regrettait pas, pas du tout.
L'expression de Shiro s'adoucit, devenant plus compréhensive... mais c'était la compréhension qu'un adulte pouvait offrir à un enfant. Cette expression de pitié et de nostalgie. Il secoua légèrement la tête. "Il n'est pas prêt. Et toi non plus." Sa voix était calme à présent. "Tu penses peut être que le monde est divisé en mensonges et vérités, mais il n'est rarement que noir ou blanc. Je crains que tu ne le comprennes plus tôt que tu ne le penses."
Il y avait un air de finalité dans la voix du révérend quand il se retourna et marcha dans l'allée entre les rangées de bancs.
"Si tu veux aider Rin," dit-il sans regarder en arrière, "reste avec lui. À partir de maintenant."
Shiro disparu derrière une porte à l'arrière du petit autel et il la referma, le claquement de cette dernière ponctuant sa dernière phrase.
Qui sonnait comme un ordre.
