"Bon sang, c'est la classe la plus turbulente que j'ai jamais eue," grommela Shiro dans sa barbe en entrant dans la salle de bains des filles.
La scène en face de lui était unique en son genre. La première chose qu'il vit fut une baignoire détruite. Les cloisons en bois avaient été arrachées et brisées et le sol était recouvert de morceaux de verre. Yukio et Shima nettoyaient la plupart des décombres. Pendant ce temps, Shiemi et Konekomaru veillaient sur une Paku inconsciente et recouverte de feuilles d'aloès.
Gentille fille, se dit Shiro avec un petit sourire. Mais où était son fils aîné ? Ah, oui. Il était là. Torse nu. Un petit coup d'œil sur le côté lui appris que sa chemise se trouvait sur la dernière fille de la pièce. Izumo était inhabituellement timide, ne portant rien d'autre que la chemise de Rin et ses sous-vêtements en se cachant derrière les casiers, couvrant son visage de ses mains.
Rin avait lui-même un grand et encombrant Ryûji pratiquement collé contre son dos, et un éclair de fourrure noire fut tout ce qu'il fallait à Shiro pour se décider à intervenir.
"Psst."
Le petit bruit attira l'attention de Ryûji, qui vit Shiro faire un signe de tête en direction de la porte. Un éclair de soulagement traversa le visage de l'adolescent et il traîna aussitôt Rin hors de la salle tandis que Shiro se dirigeait vers Paku pour vérifier que ses blessures avaient été traitées correctement, même si à première vue elle semblait hors de danger.
Une fois que les deux adolescent se retrouvèrent dans le couloir, Ryûji attrapa brusquement la queue de Rin dans l'intention de la faire rentrer dans le pantalon de ce dernier et la mettre hors de vue. Cependant, l'appendice se crispa instantanément et Rin poussa un cri de surprise. Il agrippa aussitôt le poignet de Ryûji.
"Lâche ça, lâche, lâche !" Rin frissonna. C'était étrange et très inconfortable d'avoir quelqu'un tenant sa queue de cette façon.
Ryûji lâcha rapidement la queue de Rin et le regarda, perplexe.
"Quoi ?" protesta-t-il à voix basse. Il jeta un coup d'œil à la pièce, encore trop proche à son goût, avant de se retourner vers Rin.
"Juste, cache-la maintenant !" lui dit-il sèchement, plus préoccupé par l'idée d'être découvert que par la réaction de Rin.
"D'accord !" Rin souffla, saisit doucement sa queue et la cacha dans son pantalon. "Pas besoin d'être si brusque !"
Ryûji grimaça. "Désolé," dit-il d'un ton un peu plus doux. La tension dans ses épaules semblait disparaître maintenant que c'était terminé, mais d'après le pli toujours présent sur son front, il était encore assez gêné.
"Bon, allons dans ta chambre, " grommela-t-il. Mais avant qu'ils ne commencent à avancer dans le couloir, Ryûji enleva son gilet et le tendit à Rin.
"Tiens."
Rin regarda le vêtement trop grand pour lui et le pris protester. Il pouvait voir que Ryûji était inquiet et il savait pourquoi. C'était assez stupide de sa part de s'être débarrassé de sa chemise sans penser à sa queue. Mais après ce qui était arrivé, Rin n'avait pas vraiment pris le temps de réfléchir. Il soupira et enfila le gilet. Les deux garçons atteignirent enfin la chambre, et une fois que la porte fut refermée derrière eux, Rin eut envie de remettre sa queue à l'air libre. Mais il se retint. Ryûji était encore trop tendu.
À part la petite frayeur concernant sa queue, l'attaque du démon était une autre source d'inquiétude. Si Yukio n'était pas arrivé à temps, Rin aurait été contrait de dégainer son épée. Il se souvenait encore du démon en train de l'étrangler et sa voix rauque entrecoupée de gargouillements. Il frissonna de nouveau.
"C'est bon, Ryûji, ça va bien maintenant..." murmura-t-il doucement en se frottant l'arrière du cou.
Ryûji verrouilla la porte derrière eux sans quitter Rin des yeux, toujours en fronçant les sourcils.
"Mais à quoi tu pensais ?" Ryûji laissa échapper un soupir et secoua légèrement la tête, avant de renoncer.
"T'es sûr que ça va ?" demanda-t-il à nouveau. Tout était arrivé si vite. Comment le démon avait-il réussi à entrer ?
"Oui, j'vais bien. Promis." La queue de Rin remua sous son pantalon. Il avait du mal à la faire rester en place. Sous sa chemise, c'était moins contraignant. Rin posa son sabre contre le lit, et laissa sa queue démoniaque sortir à l'air libre. Ses doigts ne quittèrent pas un instant la sangle noire. Il leva les yeux vers son ami.
"Ryûji," commença-t-il à voix basse. "Il... Il savait qui j'étais. Le démon, je veux dire !" Sa voix reprit un volume normal. "Il m'a appelé Prince."
"Merde," murmura-t-il, ne sachant pas trop quoi répondre d'autre. Son esprit allait à cent à l'heure, et une pensée qu'il avait essayé d'ignorer commença à refaire la surface.
"Tu penses..." Ryûji ne voulait vraiment pas y croire, mais c'était la deuxième fois qu'un démon passait à travers les barrières, et à chaque fois, Rin avait été présent à l'endroit où le démon attaquait. "Tu penses que c'est toi qu'ils veulent... ?"
"On dirait, non ?" Rin s'assit sur le bord du lit en se mordant la lèvre inférieure. Il se rappelait de ses dernières rencontres avec des démons, et la seule dont il pouvait se souvenir où personne n'avait été blessé était celle où Yukio et son père exorcisaient le démon du jardin de Shiemi. Ses yeux passèrent de la joue de Ryûji à son épaule droite, puis enfin au sol. "Les gens continuent de souffrir à cause de moi," souffla-t-il doucement. Le souvenir de Paku inconsciente et couverte de brûlures ne voulait pas sortir de son esprit.
En entendant la voix calme de Rin, Ryûji serra les poings. Pourquoi était-ce arrivé ? C'était injuste... Que ce passerait-il si, la prochaine fois, les démons réussissaient ? Si, la prochaine fois, quelqu'un était gravement blessé ?
Si la prochaine fois... ils emmenaient Rin avec eux ?
"Tu dois le dire à ton père." Ryûji ne connaissait qu'une seule chose sûr laquelle il était certain de savoir compter. Le père de Rin était fort. Il ne savait pas quoi faire pour éviter une telle chose, mais le père de Rin pourrait sûrement trouver quelque chose. Sinon...
Ryûji ne laissa pas ses pensées aller plus loin.
Rin hocha la tête. Bien sûr, c'était évident. "Ouais. Je lui dirai." Il s'était passé à peine un mois depuis la fois où ils avaient eu cette conversation, celle où ils avaient parlé de la possibilité que ces démons le pourchassaient. Maintenant qu'elle semblait être vraie, peut-être qu'il serait mieux d'en parler de nouveau à son père.
"Je lui dirai demain matin. Il est trop occupé pour l'instant." Rin se frotta le bras et retira la sangle de son épaule. Paku était probablement en train d'être soignée, et Rin ne voulait pas le déranger en plein travail.
"Oui, je suppose..." Ryûji ne voulait pas trop retarder ce moment. Il ne pensait pas être en mesure de dormir avec une telle inquiétude pesant au-dessus de leurs têtes. Mais Rin avait raison, Shiro était sans doute trop occupé pour avoir le temps de discuter, et c'était mieux si Rin gardait le profil bas. Maintenant que le dortoir était sécurisé, ce n'était plus aussi urgent.
Evidemment, Ryûji le savait bien, mais son cœur restait encore profondément troublé, et ses sentiments étaient clairement visibles sur son visage, malgré ses efforts pour garder son calme.
"A-Alors..." Rin tenta un sourire et attrapa son sabre. "On oublie ça pour l'instant ?" Il s'avança rapidement vers son bureau et sortit la clé de dissimulation de l'un de ses tiroirs. Dans des gestes mécaniques, Rin mis la clé dans la serrure de l'un des tiroirs de sa commode, rangea l'épée dedans, et le verrouilla. Il remis ensuite la clé dans son bureau, sous un fouillis de feuilles et de stylos.
"Allez !" Rin sourit et posa ses mains sur ses hanches. "Faisons un truc fun ! C'est comme une soirée pyjama d'une semaine entière !"
Parfois, il était encore difficile de croire que cette andouille, son meilleur ami, était le Fils de Satan. En le voyant ainsi, debout devant lui, avec ce sourire rayonnant et ces yeux brillants, Ryûji ne put s'empêcher de se sentir aussitôt plus détendu.
"... Très bien," dit-il avec un petit soupir. Même s'il se sentait toujours inquiet, en voyant la veste qu'il avait prêtée à Rin commencer à glisser le long de l'épaule de ce dernier, Ryûji fit enfin un petit sourire. "Mais on change d'avoir de vêtements, d'accord ? T'es ridicule," dit-il avec un petit ricanement moqueur.
"Aah ?" Rin prit air effronté avec une moue trop grande pour être sérieuse. "Non, je veux pas l'enlever." Il eut un large sourire. "C'est à moi maintenant," déclara-t-il d'un ton neutre en croisant les bras. C'était quelque chose qui valait le coup d'œil. L'une des épaules de Rin était complètement découverte et le reste du pull pendait sur le côté. Leur différence de taille n'avait jamais été aussi évidente. Comparé à Ryûji, Rin semblait anormalement mince.
Ryûji laissa échapper un soupir exaspéré. "Ecoute, tu..." Le plus grand des deux lança à l'autre un regard d'avertissement avant de commencer à traverser la pièce. "J'te laisserai pas garder ça, alors rends-le maintenant !"
Les yeux de Rin brillèrent d'amusement et il recula rapidement vers le lit. "Nan ! J'ai dit que c'était à moi !" Il rit et grimpa sur le matelas, sa queue remuant derrière lui comme un jeune chiot. Il avait adopté une position de combat, mais son sourire restait plus lumineux que le soleil lui-même.
Malheureusement pour lui, Ryûji n'était pas du tout impressionné. Son ami était fermement déterminé dans sa quête pour récupérer son vêtement. Il regarda Rin avec méfiance, mais un sourire apparut sur ses lèvres quand il arriva en face de lui, à seulement quelques centimètres de distance.
"Tu vas vraiment te battre pour ça ?" demanda Ryûji, haussant un sourcil avec un léger rictus.
Rin laissa échapper un petit ricanement. "On sait tous les deux qui est le plus fort ici. Je t'ai battu la dernière fois." Son ton devint plus assuré et son sourire diabolique. Il fléchit les genoux, ne baissant pas sa garde devant son ami.
"Hé. Ne me sous-estime pas." fit Ryûji, imitant le ton de Rin en fléchissant lui-aussi les genoux. Il fixait Rin, légèrement penché en avant. "Je ne perdrai pas une seconde fois !" déclara-t-il, et sur ces mots, il se précipita en avant, mais sur Rin, mais sur la couverture sous les pieds de ce dernier, qu'il tira d'un geste sec.
Le démi-démon glapit, complètement déséquilibré. Il tomba sur le dos contre le matelas, surpris, hébété, et il lui fallut un moment pour retrouver ses repères.
"Hé ! C'était de la triche !" s'écria Rin en se redressant sur ses coudes.
"Qui a dit que c'en était ?" Ryûji avait l'air arrogant, et il fixait Rin, ses mains toujours serrées sur la couverture bleue.
"Moi !" Rin gonfla ses joues de manière enfantine avant de sauter sur le sol. Il avait un regard beaucoup plus déterminé, ses pieds fermement ancrés dans le sol, et une étincelle confiante dans l'œil. Il se jeta en avant, voulant repousser la couverture pour atteindre le torse de Ryûji. Ce pendant, les choses ne se passèrent pas tout à fait comme prévu. Le plus grand des deux s'était visiblement attendu à cette attaque, car au moment où Rin fut à sa portée, il l'esquiva et réussi à l'envelopper dans la couverture qu'il tenait.
"Ha !" Ryûji prit un air triomphant. Il maintint une prise ferme sur la couverture enroulée tout autour de Rin.
"L-Lâche-moi !" Rin s'agita, saucissonné dans la couverture, ses bras collés contre sa poitrine. "C'est de la triche !" gémit-il.
"Ce n'est pas tricher, se servir de sa tête," répliqua Ryûji d'un ton suffisant, empêchant Rin de bouger.
"C'est quand même de la triche !" protesta Rin.
"De toute façon, j'ai gagné. Admets ta défaite, Rin !"
"Et te donner mon pull ?" Rin sourit malicieusement. "Aucune chance !"
Ryûji fronça les sourcils. "Je te laisserai pas le garder !" Il plissa les yeux et attira Rin plus près de lui pour le bloquer contre son torse. L'instant d'après, il pressait ses phalanges contre la tête de son ami avec une expression qui se voulait menaçante.
"Rends-le moi, Rin. Ou sinon..." l'avertit-il.
Rin se figea. "Ryûji... Juste pour te prévenir, si tu fais ça, je me vengerai !" Il s'écarta brusquement. Il se débattit de nouveau, essayant de desserrer la poigne de son ami, mais la couverture autour de lui ne lui laissait pas beaucoup d'espace libre.
Ryûji ne bougea pas d'un pouce. "Tu peux essayer." Un sourire apparut sur ses lèvres. "Mais d'abord, je récupère mon pull. Maintenant promets-moi de me le rendre ou j'allumerai un feu sur ton crâne."
"Mais Ryûûjiiiiiiii !" gémit Rin en se tortillant pour essayer d'éviter la main appuyée contre son cuir chevelu. "Tu vas me laisser dehors dans le froid ?! Tu es si cruel !"
"Tu as d'autres vêtements !" Ryûji laissa échapper un soupir exaspéré. "Très bien, tu l'as mérité," grommela-t-il. Puis, l'instant d'après, il commença à frotter durement son poing contre la tête de Rin.
"Non non non non non !" Rin battit des pieds et des mains pour essayer de se libérer. "Arrête ! Bon, d'accord, je te le rends !"
Ryûji s'arrêta aussitôt. "Il était temps !" Lui faisant confiance, Ryûji recula, laissa la couverture tomber sur le sol, et attendit les bras croisés sur sa poitrine.
Rin fit la moue et défit le premier bouton. "Je ne peux pas le garder un peu plus longtemps ?" Il regarda Ryûji d'un air suppliant.
"Pourquoi ?" Ryûji était surpris de l'insistance de Rin à vouloir porter son pull. "Il n'est même pas à ta taille !"
"Mais il est chaud et confortable !" Rin saisit l'encolure et pressa son visage contre le tissu. "Et il sent bon," dit-il dans un murmure, son visage caché par l'étoffe.
"Q-Quoi ?!" bafouilla Ryûji. C'était la dernière chose qu'il aurait pensé entendre de la part de Rin. Ses joues rougirent quelques secondes, sans qu'il ne comprenne pourquoi. "T-Tu n'en a pas déjà ?!" protesta-t-il, ignorant le dernier commentaire de son ami.
"Pas aussi grand que ça !" poursuivit Rin d'un ton geignard. Il jeta un coup d'œil depuis le pull de Ryûji et remarqua ses joues rouges. "Tu es vraiment rouge. Tu es déjà tout fatigué ?" fit Rin avec un sourire diabolique.
Ryûji prit un air renfrogné. "Pas du tout !" L'adolescent essaya de maîtriser son rougissement et lança à son ami un regard aiguisé. "Maintenant, tu me le rends oui ou non ?" demanda-t-il.
"Oui, oui. Égoïste." Rin soupira et grommela dans sa barbe en retirant le pull.
Ryûji le saisit rapidement et le posa sur son épaule. "Merci," dit-il sèchement avant de rouler des yeux. "Maintenant, va te changer avant d'attraper un rhume."
"Je ne risquerais pas d'avoir un rhume si tu m'avais laissé le garder..." marmonna Rin qui avançait déjà vers le placard. Il en sortit une chemise, qu'il enfila. Une petite moue apparut sur son visage, et tout à coup, il se retourna et se jeta sur Ryûji sans le moindre avertissement. Rin sauta sur son dos, enroulant ses jambes autour de sa taille tandis que ses mains ébouriffaient les cheveux minutieusement coiffés de son ami.
"H-Hé !"
Ryûji était sur le point de commencer à se changer quand Rin s'était jeté sur lui. L'impact le fit trébucher en avant, mais il réussit à rester debout en s'appuyant contre le mur en face de lui. "Tch. Rin, espèce de singe !" Il tenta d'écarter les mains de Rin à l'aveuglette. "Descends !"
Rin laissa échapper un rire espiègle et esquiva les mains. Il appuya ensuite les siennes sur les épaules de Ryûji pour retirer ses jambes du large torse et atterrir sur ses pieds, mais cela ne se passa pas exactement comme prévu. Il atterrit au sol, mais son corps bascula en arrière et il tomba sur le fessier.
"Haha, aïe !" Rin rit en se frottant le bas du dos, mais eut un ricanement moqueur en voyant l'état des cheveux de Ryûji. C'était un désastre, des épis partout, avec des mèches colorées retombant partout devant les yeux de l'adolescent.
Ryûji, bien sûr, ne trouvait pas du tout la chose amusante. Quand il se retourna, son visage était rouge et sa lèvre était pincée tandis qu'il regardait Rin à travers ses mèches désordonnées.
"C'était quoi, ça ?" se plaignit-il.
Rin cilla et leva les yeux vers Ryûji, se retenant d'éclater de rire à nouveau en voyant le visage écarlate de son ami. Il sourit. "Ça," fit-il en se remettant debout, "c'était ma revanche !"
Les sourcils de Ryûji se crispèrent, même si ce mouvement fut invisible, étant donné qu'ils étaient cachés derrière sa frange.
"Ah ouais ?"
Même si Ryûji savait qu'il était en train de mordre à l'hameçon, son air renfrogné commença à se transformer en un sourire vicieux. L'adolescent repoussa ses cheveux en arrière en fixant Rin. Ses yeux étaient remplis de défi.
"Si tu veux continuer, parfait. Mais je te préviens, Rin. Cette fois, je ne te lâcherai pas si facilement !"
"Ah, Ryûji. Tu m'as pris mon pull, j'ai plus grand chose à perdre !" Rin sourit avec le même défi dans le regard. "Amène-toi."
"Tch. Tu pourrais pas laisser tomber ce truc ?!"
Rin et Ryûji continuèrent à se disputer le pull durant la nuit. L'atmosphère joyeuse qui s'était répandue autour d'eux était contagieuse, et les deux garçons mirent leurs soucis de côté et en profitèrent pour se détendre pendant quelques temps, jusqu'à ce qu'il soit l'heure d'aller dormir. C'est pourtant, une fois qu'il fut couché dans son lit, que Ryûji senti que ce sentiment de quiétude commençait à disparaître.
De l'autre côté de la pièce, Rin dormait déjà à poings fermés. Ryûji avait du mal à faire de même. Tandis qu'il écoutait Rin respirer profondément, il ne put s'empêcher d'envier son ami de prendre les choses avec une telle facilité. Ryûji fixait le plafond, observant les ombres qui se formait à partir de la lumière tamisée provenant de la fenêtre. Sans qu'il ne s'en rende compte, son regard se déplaça lentement jusqu'à la forme endormie de Rin. C'était un désir irrationnel -ridicule, même -, mais à ce moment, Ryûji voulut aller se mettre à ses côtés, comme si, en le faisant, il pourrait garder Rin en sécurité.
Mais Ryûji ne bougea pas. Il se réprimanda pour sa pensée stupide, et laissa ses yeux se fermer, ses muscles se détendre. Mais ce sentiment de malaise qui ne cessait de croître à l'intérieur de lui ne le quitta pas, même quand il sombra enfin dans le sommeil.
Passez de bonnes fêtes de fin d'année, et rendez-vous le 7 janvier 2015 ;-)
