Voici donc le chapitre 41, un peu en retard tout de même ^^'

Et j'en profite pour remercier tous les reviewers anonymes, et les reviewers en général... *HUG* MERCI À VOUS TT^TT !

Bonne lecture !


Rin s'approcha de Ryûji, la respiration haletante, tandis que les lumières de la salle revenaient une à une. Les deux goules avaient disparu, mais la panique et l'adrénaline qu'il avait accumulées courraient toujours dans ses veines. Son ami n'était pas blessé, et Konekomaru non plus, mais Shima était agenouillé par terre et pressait la manche de sa chemise contre son visage couvert de brûlures. Izumo, épuisée, couverte de sueur, était assise à côté de Shiemi, qui n'avait plus la force de se relever.

La porte s'ouvrit et deux silhouettes apparurent dans l'encadrement.

"Ren-kun !" s'exclama Yukio, qui pâlit un peu avant de s'agenouiller à côté de Shima.

L'adolescent aux cheveux roses, surpris, tressaillit légèrement et siffla de douleur quand le tissu qu'il tenait frotta durement contre ses plaies. Il croisa le regard inquiet de son ami. "Yuki-chan... ?" murmura-t-il faiblement.

"Tout va bien. Ne t'en fais pas, je m'en occupe." Yukio sortit un petit sachet de feuilles d'aloès et un tube de pommade de l'une de ses poches. Il commença à soigner les brûlures sur le visage de Shima avec des gestes doux et réguliers.

Ryûji posa une main sur l'épaule de Rin et regarda en direction de la porte. Quand il croisa le regard de leur professeur, il sentit une vague de soulagement le parcourir.

"Sensei..."

Shiro contempla le groupe. Ses yeux s'attardèrent sur quelques élèves avant de se poser sur le mur. "Très bien, tout le monde. Vous pouvez sortir." C'est alors que des exorcistes semblèrent surgir de nulle part, sortant des armoires, des placards, et de toute autre cachette possible et imaginable.

"Qu-Quoi ?!" s'exclama Rin, choqué.

Mais l'apparition la plus surprenante fut celle de Méphisto. Personne ne l'avait remarqué jusqu'à ce qu'il ne surgisse brusquement du plafond, atterrissant sur Rin et le propulsant vers Ryûji. Les deux adolescents furent emportés dans leur élan et tombèrent rudement sur le plancher de bois.

"Félicitations, chers élèves ! Merci pour votre dur labeur !" dit le Directeur avec un léger sourire et une révérence exagérée, sa cape flottant derrière lui.

"Que se passe-t-il...?" demanda Konekomaru en regardant autour de lui.

Shiro se mit aux côtés de Méphisto et prit le chapeau blanc de la tête de ce dernier. Il croisa les bras et leur sourit, effaçant la légère grimace qu'il avait fait au Directeur.

"Eh bien, vous venez de passer votre examen pour le titre d'aspirants. Nous vous observions pour être sûrs que vous surviviez. Les résultats de l'examen arriveront dans quelques jours. En attendant, reposez-vous," dit doucement Shiro avant de rejoindre les autres enseignants pour aider les blessés.

Pendant ce temps, Rin se relevait en se tenant la tête avec un sifflement irrité. Ryûji grogna sous lui. C'est alors qu'il enregistra ce que son père venait de dire.

"C'était le test ?!" cria-t-il, en état de choc.

"En effet !" Méphisto remua son index dans sa direction avant de se pencher pour ramasser son chapeau tombé au sol. "Ce stage d'entraînement était également votre examen en lui-même !" confirma-t-il en remettant le chapeau sur sa tête. "Croyez-vous vraiment que j'aurais pu laisser de nouveau un démon de rang supérieur passer mes barrières de protection ?" demanda-t-il avec un sourire narquois.

Ryûji était bouche bée.

"M-Mais on a failli mourir !" bredouilla-t-il.

"Ridicule," dit dédaigneusement Méphisto. "Comme l'a dit Fujimoto-sensei, tout était sous contrôle~"

"Mais... ce démon... !" n'était pas après Rin ? pensa-t-il en jetant un regard interrogateur vers Shiro. "Est-ce que c'était aussi un test, la dernière fois ?"

"Ce démon était le familier de Neuhaus-sensei." Shiro fit un geste en direction dudit professeur. Leur contact visuel dura un peu plus longtemps que d'habitude, mais quand Shiro se retourna vers les enfants, il était tout sourire. "Tout était planifié et sous contrôle. Pour le moment, tout ce que vous avez à faire, c'est de vous reposer et de récupérer."

Rin retomba sur les genoux. Donc, c'était juste... un test ? Le démon du parc d'attraction n'était donc qu'une coïncidence ? Rien ne le pourchassait, alors ?

"Père." Yukio était debout, tenant Shima inconscient contre lui. "Je vais emmener Ren-kun ailleurs, si cela vous convient."

Shiro hocha la tête. "Fais ce que tu as à faire."

Yukio opina du chef et jeta un regard inquiet à son frère, mais, finalement, il releva les yeux vers leur père et quitta la salle sans discuter, prenant Shima avec lui.

"Il va s'en sortir ?" demanda Rin à son père.

"Yukio s'en occupe." Shiro sourit. "Tout ira bien. Et maintenant, à votre tour d'être soignés . Je pense qu'une bonne nuit de repos sera nécessaire."

Après que les Soigneurs aient terminé de guérir leurs blessures les plus graves, les élèves furent emmenés à l'infirmerie. Chacun reçut une piqûre pour lutter contre les miasmes qu'ils avaient inhalé. Ils étaient restés silencieux tandis qu'on les soignait et qu'on leur installait leurs perfusions, mais dès que les adultes furent partis, ils commencèrent à discuter.

"J'arrive toujours pas à croire que c'était juste un examen surprise... On s'est bien fait avoir," grommela Ryûji.

"Je me demande si Shima-san va bien..." dit Konekomaru, inquiet, en regardant en direction le lit caché par des rideaux à quelques mètres de là où Yukio soignait encore leur ami.

"Je pense qu'il ira bien." Rin était assis à côté de Ryûji, au bord du lit de Shiemi. La jeune fille épuisée s'était endormie dès qu'ils étaient entrés dans l'infirmerie. "Yukio est un bon médecin, et Papa a aussi dit qu'il irait bien." Il eut un sourire rassurant. "Oh ! Au fait, où tu as appris ce super truc ?" Rin se tourna vers Konekomaru d'un air intéressé. "Tu sais, ton bouclier !"

"Ah, ça." Konekomaru baissa les yeux avec un petit sourire. "Eh bien, après ce qui s'est passé au parc d'attractions... j'ai décidé de chercher un moyen de nous protéger contre les attaques. On est censés apprendre ça plus tard, mais ça avait l'air utile, et je ne voulais pas prendre le risque d'être à nouveau incapable de me défendre. Je suis content d'avoir réussi à l'apprendre à temps," avoua-t-il en regardant Rin et Ryûji. Au moins, j'ai pu vous protéger cette fois..."

"Je suis content que tu l'ais fait. Pendant une seconde, j'ai vraiment cru que j'allais mourir." Ryûji posa une main sur l'épaule de Konekomaru. "Merci."

"Ce n'était rien." Les joues de Konekomaru devinrent légèrement plus rouges. Il secoua la tête. "En fin de compte, je n'ai même pas pu le maintenir complètement. Nous aurions été en réelle difficulté si Kamiki-san n'était pas intervenue comme elle l'a fait," dit-il.

Ryûji jeta un regard à la jeune fille assise quelques mètres derrière eux. Elle semblait ne pas faire attention à eux, mais son air boudeur accompagné d'un petit rougissement disait tout le contraire.

"C'est Shiemi qui était la meilleure," dit Rin en regardant l'adolescente endormie. "Sans elle et Nii, on aurait été fichus."

"Ouais. Ce qu'elle a fait était impressionnant." Ryûji tourna la tête vers elle avec un regard admiratif. "Elle nous a fait gagner beaucoup de temps. Je n'ose même pas imaginer ce qui serait arrivé si elle n'avait pas été là. On devra vraiment la remercier quand elle se réveillera."

"Je suis d'accord," dit Konekomaru en hochant la tête.

La jeune fille en question remua légèrement dans le lit, mais personne ne remarqua ses joues légèrement rougissantes. La gratitude de Ryûji fut rapidement remplacée par l'irritation qu'il ressentait envers les deux derniers membres de leur classe.

"Ces deux là, par contre, ils auraient tout aussi bien pu être absents, vu combien ils ont été utiles. Vous n'avez même pas levé le petit doigt ! Vous n'avez rien à dire pour votre défense ?!"

Sans surprise, les accusations de Ryûji furent accueillies par une indifférence totale. Yamada ne lui jeta même pas un coup d'œil et continua simplement à jouer à sa PSP.

"Oh... J'ai récupéré une griffe de Dragon Écailleux..." lâcha le garçon d'un ton monotone.

Sur la chaise à côté de lui, la bouche ne Takara ne remua pas, mais la marionnette dans sa main parla à sa place.

"Tch ! Vos gueules, les mioches ! J'ai rien à vous dire, moi !"

Ryûji fronça les sourcils.

"Il a parlé ! Ce type sait parler !" Rin le pointait du doigt, en état de choc. "Et il est ventriloque !"

"Moins fort, tu veux ? " marmonna Izumo d'un ton irrité. "Il y a des gens qui voudraient se reposer, ici."

"Ah, désolé." Rin se frotta l'arrière du cou.

"Pff." Ryûji fronça les sourcils, mais il avait entendu Izumo et se calma. Il n'y avait aucune raison de commencer une dispute avec ces deux-là. Il avait comme l'impression que cela ne ferait que lui donner une nouvelle migraine. Ce qui était fait était fait, de toute façon. À présent que l'examen était terminé, Ryûji se sentait beaucoup plus soulagé. D'un côté parce qu'il savait qu'ils avaient tous fait de leur mieux. Cependant, son plus grand réconfort était de savoir que les démons qu'ils avaient combattu n'étaient pas là pour enlever Rin. Ils faisaient simplement partie du test. Rin était en sécurité.

Mais le soulagement qui brillait dans les yeux de Ryûji s'atténua légèrement quand ses yeux se posèrent sur son meilleur ami, qui recommençait à parler de l'examen avec animation. Les pensées qui l'avaient torturées le matin-même refirent surface. Il y avait encore un problème à résoudre - le somnambulisme de Rin. Ryûji n'avait pas eu l'occasion d'en reparler à Shiro. Il se demandait ce que l'homme prévoyait de faire, maintenant que le stage d'entraînement touchait à sa fin. Raconterait-il lui-même à Rin ce qui se passait ? Existait-il un moyen de réprimer les flammes de Rin ?

Ryûji baissa les yeux sur ses genoux et fronça les sourcils. Une chose était sûre : il n'était pas pressé de retourner dans son dortoir.

La porte s'ouvrit. Ryûji leva les yeux et fut surpris de voir l'homme auquel il venait de penser entrer dans la pièce. Shiro ne leur accorda pas un regarde et se dirigea directement vers Izumo. Il s'accroupit, posa ses mains sur ses genoux et lui parla à voix basse. Izumo écarquilla les yeux, les joues rouges, puis hocha doucement la tête en fixant ses genoux. Shiro sourit et hocha la tête. Il se releva et s'approcha de Rin, Ryûji et Konekomaru, qui l'avaient attendu en silence.

"Comme le stage d'entraînement était censé durer toute la semaine, je voulais vous demander si vous aviez envie de rester." Shiro s'appuya sur le dossier de la chaise de Ryûji. "Nous n'avions pas vraiment prévu autre chose, et j'ai pensé que vous voudriez sûrement rester avec Renzô-kun." Il fit un geste en direction des rideaux. "Et puis, se faire aider par des professeur pour les devoirs n'est pas mal non plus, pas vrai ? Mais si vous souhaitez retourner dans vos dortoirs, vous le pouvez."

"Est-ce qu'on va encore avoir des sessions d'étude ?" demanda Rin en se mordant la lèvre.

Shiro eut un rire affectueux. "Plus de session d'étude," dit-il, et Rin lui fit un sourire radieux. Les yeux de Ryûji brillaient.

"J'aimerais bien rester," dit l'adolescent, intérieurement soulagé par la proposition.

"Oui, moi aussi," déclara Konekomaru.

Shiro sourit. "On dirait que tout le monde est du même avis." Il regarda la blonde allongée dans le lit avant de se tourner à nouveau vers les garçons. "Comment allez-vous ? Le test a été plus difficile que nous l'avions prévu." Il se frotta l'arrière du cou avec un petit rire.

"On a réussi ?!" demanda Rin, mais Shiro lui asséna une tape sur le front.

"Tu sais que je ne peux pas vous dire ce genre de choses," le réprimanda-t-il tandis que Rin frottait la petite marque rouge.

"Je ne suis pas sûr d'avoir envie de le savoir," avoua Konekomaru avec un soupir. "Je sais que nous avons tous fait de notre mieux, mais cet examen était vraiment dur."

Shiro sourit. "Eh bien, il vaut mieux que vous vous reposiez tous, pour l'instant. Des adultes passeront vous retirer vos perfusions, et vous pourrez aller vous coucher." Il tendit la main et tapota l'épaule de Konekomaru avant d'ébouriffer les cheveux de Rin, qui protesta aussitôt. "Rendez-vous demain matin." Puis Shiro se alla transmettre le même message à Takara et Yamada. Leur conversation dura beaucoup moins longtemps que la précédente.

Rin n'y prêtait pas attention, trop occupé à grommeler dans sa barbe en se recoiffant avec les doigts. Ryûji pinça légèrement les lèvres en le regardant avant que ses yeux ne s'égarent sur le dos du professeur, qui quitta bientôt la salle. Il devrait attendre jusqu'au soir pour lui parler. Se sentant plus à l'aise, Ryûji s'autorisa à se détendre.

"On devrait aller se trouver quelque chose à manger, une fois qu'on sera débranchés," dit-il en baissant les yeux sur sa perfusion. Son estomac choisit ce moment pour lui rappeler à quel point il avait faim. Le grondement lui fit faire un sourire penaud. "Je ne sais pas pour vous, mais moi, je meurs de faim."

"Je peux toujours cuisiner quelque chose," déclara Rin avec un sourire.

"Tu devrais te reposer, Rin-kun. Je suis sûr que cela ne dérangera pas Ukobach de nous préparer à manger," dit Konekomaru.

"Je vais bien ! Vraiment, ça va. J'aime bien cuisiner pour vous." Rin leva les mains et sourit avant de regarder vers le coin de la pièce caché par des rideaux. Cela faisait un moment que l'on n'entendait plus aucun bruit de ce côté. Il se demandait si Shima allait bien. Yukio était-il toujours là, ou était-il parti alors qu'ils ne regardaient pas ? "Je reviens," murmura-t-il avant de se diriger en direction des rideaux en faisant rouler sa perfusion derrière lui.

Rin passa la tête entre les pans de tissu et ouvrit la bouche pour parler, mais le spectacle qui s'offrit à lui le fit immédiatement taire. Shima était endormi. Il avait des bandages sur le visage et une perfusion dans le bras. Ses vêtements imbibés de miasmes avaient été remplacés par une chemise propre. Rin eut un petit sourire. Yukio dormait aussi, les lunettes de travers et la tête appuyée contre son bras sur le lit de Shima. Sa main libre touchait légèrement celle de l'autre adolescent.

Rin poussa un léger soupir amusé. Il entra et prir une couverture propre dans une armoire à proximité.

"Ne te surmène pas trop," souffla-t-il en étendant la couverture sur les épaules de Yukio. Il retira délicatement les lunettes de son visage et les posa sur la table de chevet. "Et toi aussi, repose toi bien." Il sourit doucement à Shima avant de sortir en refermant le rideau derrière lui.

"Ils vont bien ?" demanda Ryûji à voix basse.

Rin leva les yeux pouces en l'air avant de revenir vers ses amis, faisant glisser sa perfusion derrière lui. "Ils dorment," dit-il, faisant lui aussi attention à ne pas être trop bruyant.

"Ça ne me surprend pas." L'expression de Konekomaru s'adoucit. "C'était une longue journée."

"Ouais." Rin s'assit de nouveau sur le bord du lit de Shiemi, jetant un regard à la blonde avant de se retourner vers les deux garçons en face de lui. "Le plus dur est passé. La voile est de notre côté maintenant, pas vrai ?"

"C'est le vent, pas la voile, andouille." Ryûji poussa un léger soupir, mais un petit sourire apparut sur ses lèvres.

"C'est pas ce que j'ai dit ?" Rin se frotta l'arrière de la tête avec un rire gêné.

Quelques minutes s'écoulèrent avant que les professeurs ne viennent retirer leurs perfusions. Ils furent tous invités à boire beaucoup d'eau, et chacun d'entre eux reçut une bouteille avant de devoir aller se coucher. Shiemi se réveilla quand les garçons se remirent debout, et après avoir écouter leurs explications sur ce qui s'était passé, elle décida de se rendre à la cuisine en leur compagnie. Le reste de leurs camarades de classe sortit en même temps qu'eux, mais se sépara aussitôt. Izumo passa devant eux sans un mot, et Shiemi se sentait un peu soulagée de la voir. Izumo n'avait pas l'air aussi troublée qu'auparavant. Cela la rendait heureuse.

Rassemblant tout son courage, Shiemi essaya de l'appeler, voulant l'inviter à se joindre à eux.

"K-Kamiki-san !"

Mais elle avait parlé trop tard. L'autre jeune fille s'éloigna sans répondre. Le sourire de Shiemi diminua un peu.

"Tch." marmonna Ryûji dans sa barbe.

"Elle est probablement allée voir Paku-san," dit doucement Konekomaru en tentant de capter le regard de Shiemi.

La blonde entrouvrit la bouche, et elle eut l'air de comprendre. "Oui, tu as raison !" dit-elle.

Rin sourit et mit sa main sur son épaule, ce qui la fit légèrement sursauter. Elle leva les yeux vers lui avec curiosité. "Tu pourras toujours prendre le petit déj' avec elle demain matin. En attendant, on va se régaler, et on s'inquiétera de ça plus tard !" dit-il.

Le sourire de Shiemi s'agrandit lentement en entendant les mots de Rin, et elle hocha la tête.

"Oui !"

Aussitôt arrivé dans la cuisine, Rin commença à s'activer. Ukobach ne tarda pas à le rejoindre, non sans jeter à Ryûji un regard d'avertissement. À eux deux, ils eurent bientôt terminé de cuisiner, et Rin leur présenta bientôt un plateau d'onigiri parfaitement réalisés. Il leur expliqua rapidement chaque saveur, car chacun avait un goût différent, et ils ne tardèrent pas à entamer leurs en-cas.

Tout en mangeant, ils commencèrent à discuter. Ils prirent tout leur temps, et en profitèrent pour remercier Shiemi. La jeune fille répondit aussitôt qu'elle ne le méritait pas, mais ils insistèrent tant qu'elle dut se résigner à accepter leurs compliments. Leur conversation se porta ensuite sur leurs projets pour le reste de la semaine. Ils décidèrent de continuer à faire leurs devoirs ensemble, mais dans une autre pièce, et qu'ensuite ils pourraient faire ce qu'ils voulaient de la soirée. Ryûji sembla particulièrement heureux quand Rin mentionna qu'il pourrait cuisiner plus souvent, étant donné que les examens étaient terminés.

Longtemps après, Shiro entra dans la cafétéria. Les étudiant étaient surpris de le revoir. "Allez vous coucher après votre repas, d'accord ?" dit-il dans le dos de Rin, lui prenant son onigiri de la main avant que ce dernier d'atteigne la bouche de son fils.

"Eh, c'était quoi ça, le vieux ?!" s'écria-t-il. Shiro sourit et prit rapidement une bouchée.

Les autres élèves avaient l'air plutôt amusés. Konekomaru lança à Shiro un regard interrogateur.

"Vous avez quelque chose à nous dire, sensei ?" demanda-t-il.

"Hm ?" Shiro regarda Konekomaru avant de sourire à nouveau. "Pas particulièrement. Je voulais juste voir si vous alliez bien." Il tapota l'épaule de Konekomaru. "Ne veillez pas trop tard. Je compte sur vous deux pour s'assurer que tout le monde se couche à une heure décente." Shiro serra l'épaule de Konekomaru et fit un clin d'œil à Ryûji.

"On n'est plus des enfants !" grogna Rin. "Et puis sors d'ici ! Tu n'as pas du travail à faire ?!"

"Quelle impolitesse !" Mais Shiro souriait toujours en ébouriffant les cheveux de Rin.

Ryûji, qui les regardait, sentit un petit pincement au cœur l'espace d'une seconde. Mais il n'y avait aucune trace de jalousie sur son visage, et il eut un petit sourire. Les deux autres adolescents de la table arboraient des expressions similaires.

Ce fut Konekomaru qui brisa le moment. Il répondit à Shiro avec un air rassurant. "Ne vous inquiétez pas. Nous allons bientôt partir. Je ne pense pas que l'un d'entre nous ait encore assez d'énergie pour veilleur jusqu'au petit matin", dit-il.

"Tant mieux. Vous avez besoin de repos." Shiro sourit au reste des élèves de la table. "Je passerai tous vous voir dans la matinée. Reposez-vous bien." Il asséna une dernière petite tape derrière la tête de Rin avant de quitter la cafétéria. Une fois de plus, son fils se plaignit et se passa la main dans les cheveux d'un air maussade.

Shiemi rit devant ses cheveux complètement décoiffés. Ryûji souriait légèrement en se remettant debout.

"Allez, arrête de pleurnicher." L'adolescent commencer à empiler les assiettes, et lorsque Rin abaissa les mains, Ryûji en profita pour ébouriffer à nouveau ses cheveux. "Allez, on y va !" dit-il une fois hors de portée de l'autre.

"Eh ! Ryûji, espèce de sadique !" s'écria Rin en se levant. "Attends un peu ! Je vais me venger !"

"Rin-kun, ne te force pas," dit Konekomaru avec un soupir en continuant à empiler les assiettes.

"C'est vrai. Ecoute Konekomaru, ne te fatigue pas pour rien. Ce n'est pas comme si tu pouvais réussir à m'avoir, de toute façon," ajouta Ryûji dont le sourire narquois s'élargissait de plus en plus.

Konekomaru reposa tranquillement la pile d'assiette sur la table. Il fixa Ryûji quelques secondes. "Attrape-le, Rin-kun."

"Shiemi !" Rin prit la jeune fille par les épaules. "Tu dois nous prêter ta force ! Pour Konekomaru et moi !"

"H-Hein ?" Shiemi leva de grands yeux écarquillés vers Rin et secoua la tête, troublée. "M-Mais !"

"Ne t'inquiète pas ! J'assure tes arrières !" Rin eut un sourire rassurant. "Et Nii-chan peut aider, non ?" Il se retourna vers Ryûji avec un sourire sinistre.

"M-Minute, attendez !"

Les adolescents coururent tout autour de la cafétéria et dans les couloirs en pourchassant Ryûji. Shiemi finit par être entraînée dans le jeu, et si elle n'utilisa pas Nii-chan, cela ne l'empêcha pas de taquiner un peu son camarade de classe. Konekomaru et Rin échangèrent de grands sourires victorieux et réussissant enfin à attraper l'autre adolescent, et même si Shiemi finit par les convaincre de le lâcher, elle rit avec eux devant la façon dont les cheveux de Ryûji lui retombaient sur les yeux.

Le temps semblait passer à toute vitesse, et lorsqu'ils se glissèrent tous dans leurs lits, épuisés, Ryûji avait complètement oublié d'aller voir Shiro.

Et Rin se réveilla à nouveau en plein milieu de la nuit.