Salut ! Bienvenue dans ce nouveau chapitre.
Résumé : Une lettre pour réparer un cœur, voilà le genre de chose qui ne se produit que dans les films ou les livres, du moins c'est ce que pensait Regina Mills jusqu'à ce qu'elle rencontre Emma Swan. Une maladresse, un sourire et tout avait commencé à dégénérer, les barrières de la brune s'effondraient une à une et toute cette pagaille à cause de cette blonde beaucoup trop déterminer à prendre un café avec elle.
Aucun des personnages de l'univers de Once Upon A Time, ne m'appartiennent !
Je remercie MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire cette fanfiction pour que la lecture vous soit plus agréable.
Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. Je vous retrouve en bas.
When I See You Tomorrow
Say goodbye to the lonely nights Dis au revoir aux nuits solitaires
Say goodbye to the Northern Lights Dis au revoir à l'aurore boréale
Say goodbye to the cold north winds Dis au revoir au vent froid du nord
Say goodbye to the autumn leaves Dis au revoir aux feuilles d'automne
One day the sun will shine on you Un jour le soleil brillera sur toi
Turn all your tears to laughter Changera toutes tes larmes en rire
One day your dreams may all come true Un jour tes rêves pourraient tous devenir réalité
Gary Moore – One Day
Chapitre 2 : Une lettre laissée sur une table
Regina n'arrivait pas à le croire. Elle se tenait bien droit derrière la porte de sa cuisine en fixant à travers le hublot ce spectacle des plus absurdes. Un des commis se glissa derrière elle pour essayer de comprendre ce qui pouvait bien empêcher sa patronne de jouer les tyrans afin que tout soit parfait. Regina Mills était une véritable sorcière diabolique du coup d'envoie de la première assiette à la dernière mais après c'était une des femmes les plus douce et incroyablement gentille qui soit.
Tous le monde dans la cuisine voulait savoir pour quelle raison leur cheffe était à ce point silencieuse. Ils espéraient sincèrement qu'il n'y aurait pas de retombés mais ils peinaient à y croire. Le commis dans son dos, de plus en plus audacieux se mit sur la pointe des pieds pour scanner rapidement la salle. Une des seules fois où sa patronne s'était figée de la sorte, Cora Mills s'était invitée dans le restaurant de sa fille avec de gros investisseurs. Sidney, le réceptionniste et ami de Regina avait appelé Rose la meilleure amie de leur patronne pour la calmer avant que la colère de la brune ne s'abatte et décime tout sur son passage.
Le jeune homme fut infiniment soulagé en ne découvrant nulle part le maire de la ville. Les assiettes survivraient à cette soirée. Du moins s'il n'y avait personne d'autre capable de transformer Regina Mills en véritable furie hystérique. Il ne pouvait pas y avoir deux personnes dans cette ville à pouvoir la rendre folle de rage, n'est-ce pas ?
- Remy, aboya-t-elle subitement pour rameuter son second.
- Oui cheffe, prononça-t-il incertain en faisant un geste vers le commis pour l'éloigner, je peux faire quelque chose ?
- Remplace-moi jusqu'à ce que la table 12 se libère et si on me demande, je ne suis pas là.
- La 12, répéta Remy en arrêtant son regard sur ladite table, il ne repéra rien d'inhabituel, la table de huit était remplie par un groupe d'amis, pas de problème cheffe. Que dois-je dire si on me demande la raison de votre absence ?
- Je n'en sais rien, s'agaça Regina en retirant vivement son tablier, que je suis malade, à l'agonie après m'être charcutée la main, n'importe quoi, mentez effrontément !
La jolie brune traversa sa cuisine pour rejoindre son bureau, duquel elle claqua violemment la porte avant d'effectuer les cent pas dans le noir. Elle essayait encore de comprendre. Cette journée avait pourtant parfaitement commencée, Henry et elle étaient allés au cinéma avant de manger des glaces et d'aller tous les deux au parc. C'était Tink qui était venu le chercher avant l'ouverture de son restaurant. Et puis les premiers couverts avaient été servis sans le moindre accroc et alors que Regina s'apprêtait à rejoindre Sidney pour connaître les recettes de ce début de soirée, elle l'avait vu.
Emma. Emma était là, dans son restaurant. Emma était attablée à une de ses tables, entourée de sept autres personnes. Emma riait et discutait joyeusement avec ce qui semblait être ses amis. Emma dégustait un de ses plats avec appétit.
Regina avait alors ressenti un sentiment très étrange, une sorte de jalousie. Elle n'aurait jamais pu s'imaginer que son inconnue puisse franchir les portes de son restaurant sans elle. Elle avait eu une envie folle, quasi incontrôlable de rejoindre la blonde. Combien de temps s'était-il écoulé depuis la dernière fois qu'elles s'étaient vues ? Elle l'ignorait mais l'envie de la voir, de lui parler la rongeait de l'intérieur. Elle était dévorée par un désir irrépressible et incontrôlable. Elle voulait sourire et rire naturellement à nouveau. Emma avait cet incroyable pouvoir et rien que pour cette raison, elle aurait dû la rejoindre.
La jolie brune se décida à allumer la lumière de son bureau. Elle s'installa à son bureau. Elle sortit son livre de compte d'un des tiroirs et l'ouvrit en son centre. Elle observa tendrement un des dessins d'Henry avant de le soulever pour saisir un polaroïd en noir et blanc, la représentant avec Danielle, sa femme, et Henry qui n'avait alors pas plus de trois ans. C'était au tout début de leur relation, le jour où Danielle avait accepté que Regina rencontre son fils. Elle se souvenait qu'elle avait rarement été aussi angoissée. Quand elle était tombée amoureuse de Danielle c'était comme une évidence, un regard et son cœur ne lui appartenait plus. Mais quand la jeune femme dont elle s'était éprise, lui avait parlé de son divorce récent et surtout de son petit garçon, elle avait cru qu'elle ne parviendrait pas à gérer cette situation encore plus à tout juste 21 ans. Pourtant ce jour-là son cœur se scinda en deux, une part déjà évidente pour la mère et la seconde pour son fils.
Les doigts de Regina passèrent lentement sur le visage souriant de Danielle, les larmes aux yeux. Elle ferma doucement ses paupières pour tenter de les retenir. Après tout ce temps, elle ignorait comme il était encore possible pour elle d'autant pleurer. Elle saisit la chaîne en argent accrocher à son cou, le tintement des deux alliances la fit de nouveau ouvrir les yeux. Elle déposa délicatement la photographie à côté du dessin d'Henry avant d'observer un long, très long moment le bout de papier plié en deux. Elle suivit les lignes noir du regard, elle l'avait tellement plié et déplié que les bords commençaient à se déchirer.
Regina voulait rire à nouveau. C'était la raison pour laquelle elle avait garder ce bout de papier, arracher à la va-vite d'un bloc note. La seule raison. Depuis combien de temps n'avait-elle pas vu Emma ? Depuis quand avait-elle ajouté cette note au milieu d'autres objets si importants à ses yeux ? Comment ce bout de papier avait-il pu atterrir là ? Son regard s'arrêta de nouveau sur le cliché, elle avait un terrible poids sur le cœur alourdit par une sensation de trahison qui s'emparait d'elle. Regina se souvenait de façon douloureuse des derniers mots que lui avait adressé Danielle : «Réapprend à aimer, soit heureuse, promet le moi.»
Regina n'avait pas promis. Elle en avait été incapable. Elle n'aurait jamais pu s'y résoudre. Elle ne voulait pas oublier, elle ne voulait plus aimer, c'était bien trop douloureux. Mais elle souhaitait rire, réapprendre le bonheur. Elle peinait à comprendre que cette inconnue, son inconnue, puisse avoir cette capacité incroyable. Elles ne s'étaient parlées qu'à deux reprises, durant à peine quelques minutes et pourtant Regina avait sourit et rit comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.
Alors pour quelle raison Regina n'avait tout simplement pas rejoint Emma ? Il n'y avait rien de plus facile. Il suffisait de franchir une stupide porte, d'effectuer quelque pas et elle aurait pu prononcer son prénom. Emma. La blonde se serait retournée en souriant, ses iris émeraudes incroyablement expressifs se seraient posés sur elle et avec ces deux simples choses, Regina aurait pu sourire à son tour. Elle le savait. Elle s'était imaginée revoir son inconnue un nombre incalculable de fois.
"À bientôt" avait été les derniers mots d'Emma pourtant, elles ne s'étaient pas revues. Depuis combien de temps exactement ? Regina s'était surprise à de nombreuses reprises à la chercher au milieu de la foule new yorkaise, dans son parc ou quand elle passait près d'un poste de police. Maintenant que la revoir était devenu une véritable possibilité, Regina était tétanisée. Dans tous les scénarios qu'elle avait construit de toute pièce, ce n'était jamais elle qui devait forcer le destin pour retrouver Emma. Non, c'était toujours la blonde qui apparaissait avec son incroyable sourire, sa désinvolture et son incroyable confiance.
Regina caressa lentement la peau de son poignet, là où Emma avait inscrit son numéro de téléphone il y a maintenant une éternité. Peut-être qu'elle n'aurait pas dû l'effacer sans y réfléchir. Elle ne comptait plus le nombre de fois où elle s'était reprochée de n'avoir gardé aucune trace de cet acte de courage de la part d'Emma. Elle essayait de ne pas trop penser non plus aux incalculables fois où elle se retrouvait à fixer les touches d'un téléphone en tentant de se souvenir de la combinaison de celui de la blonde.
Elle saisit le bout de papier, le déplia et le lu. Il y a avait si peu de mots. Pourtant, Regina sourit encore alors qu'elle les connaissait par cœur.
Si peu de mot… si peu de temps… et pourtant, Emma avait laissé une empreinte indélébile dans son cœur meurtri. C'est ce qui la terrifiait à ce point. Emma pouvait la faire rire, oui. Mais elle était surtout dangereuse. Regina s'était surprise à penser tellement à elle, qu'elle avait fini par comprendre. Elle était prête à essayer, à se reconstruire. Seulement, elle n'en avait pas envie à cause de cet horrible sentiment de culpabilité qui la rongeait envers Danielle et pire que tout, envers Henry. Regina ne voulait pas oublier cette douleur, elle refusait d'arrêter d'aimer sa femme ou de trahir la confiance de son petit garçon.
C'était la véritable raison pour laquelle Regina avait réfréné son désir de rejoindre Emma. Elle n'était pas prête à laisser entrer une inconnue dans sa vie. Elle n'était pas disposée à laisser Emma la chambouler encore plus. Elle n'était absolument pas décidée à laisser une personne s'infiltrer dans son cœur pour l'apaiser à défaut de le réparer.
Donc, elle resterait enfermer dans ce bureau jusqu'à ce qu'Emma parte. Elle savait que si elle en sortait, la tentation serait trop forte et elle refusait de prendre ce risque. Mais tout de même, elle se demandait si un jour elle aurait l'occasion de la revoir.
Emma avait mis un peu plus de trois mois à mettre son plan, qu'elle espérait parfait, en place. Elle était enfin en train d'exécuter la phase un. Et si elle s'était attendue à ne pas voir Regina, en s'approchant du comptoir pour payer, elle fut tout de même déçue. Alors que Mary et David se disputaient pour savoir lequel des deux allait payer la part de l'autre, la jolie blonde se tourna vers les portes des cuisines. Elle était là, à quelques mètres à peine.
Ruby qui avait remarqué le comportement étrange de sa meilleure amie durant le dîner passa son bras sur les épaules de la blonde et la secoua gentiment en riant. Emma grogna en essayant de se libérer mais c'était peine perdue quand la brune l'avait décidé, elle pouvait se transformer en véritable sangsue et pour la détacher, il fallait un pied de biche.
- Rub' lâche-moi.
- D'accord, dis-moi d'abord ce qui te préoccupe.
- Si c'est le boulot, intervient David en souriant victorieux en rangeant sa carte bleue, laisse-moi te rappeler d'un poste d'adjoint est toujours à pourvoir à Storybrook.
- Je suis inspecteur à la criminelle, je réponds blasée, pas une vulgaire adjointe de shérif dans une ville où il ne se passe jamais rien.
- Ouais, s'amuse Auguste, ça c'est sans oublier que tu attires les problèmes comme personne !
- Oui et puis tu nous manques, bougonne Ruby. Je n'arrive toujours pas à croire que je sois obligée de prendre l'avion pour te voir ! On a vécu littéralement dans la même chambre depuis toujours et maintenant des milliers de kilomètres nous séparent. Ce n'est pas juste !
- Ruby est intenable depuis que tu as quitté Storybrook, s'amuse Aurore.
- Intenable, moi ? Et Granny alors ?
- Un point pour Rub', rit Philippe, la vieille chouette est pire !
- Ne traite pas ma grand-mère de vieille chouette, assène Ruby.
- Elle a raison, je la soutiens, ne fait plus jamais ça. J'ai une arme, je te rappelle.
Nous quittons le restaurant, dans la bonne humeur, Ruby toujours collée à moi. Je parviens tout de même à me retourner difficilement. Je souris en espérant que tout ce que j'ai orchestré va porter ses fruits. Je ne m'attends pas à recevoir un appel ce soir, ni dans la semaine mais je sais qu'à la fin de la phase une, Regina finira par utiliser mon numéro de téléphone. Je ne vais pas abandonner. Jamais.
Emma s'était rarement sentie aussi déterminée. Mais il était vrai aussi qu'elle n'avait pas convoitée quoi que ce soit autant que Regina Mills. Elle avait conscience que c'était beaucoup d'effort pour une simple coup de cœur seulement là, était le problème. Une petite voix lui murmurait sans cesse que c'était bien plus que cela, elle avait comme un pressentiment, c'était plus grand qu'elle. Une conviction. Regina Mills pourrait véritablement être son grand amour.
Ce qu'Emma avait pu ressentir avant même d'oser lui parler, la sensation de chavirer complètement la première fois qu'elle lui avait parler et le néant qui l'habitait depuis qu'elle subissait son absence alors qu'elle aurait pu débarquer dans son restaurant à tout moment. Elle était en train de tombée amoureuse et si c'était plutôt effrayant, c'était encore plus grisant et pour le moment elle préfèrerait se jeter bêtement sous un bus que de renoncer.
Elle devait se faire confiance, à un moment ou à un autre, à force d'acharnement Regina ferait partie de sa vie. Et, s'il s'avérait que la jeune femme ne ressente pas la même chose pour Emma, alors elle pourrait au moins être amie. Mais elles avaient besoin l'une de l'autre, encore une fois la jolie blonde ne saurait dire d'où lui venait cet instinct et pourtant, il était bien présent et la poussait à agir.
Son plan allait fonctionner et il commençait dès ce soir.
Regina sursauta en entendant frapper à la porte de son bureau. Elle rangea précipitamment ses affaires avant de déposer le tout dans son tiroir. Elle se redressa, lissa ses vêtements, ajusta ses cheveux en espérant que ses yeux ne soit plus rougit par les larmes quand elle prononça distinctement un simple :
- Entrez !
Remy s'exécuta quelque peu mal à l'aise avant de fermer la porte. Regina eut le temps de remarquer qu'il n'y avait plus la même agitation en cuisine et que ça c'était transféré à la plonge et au ménage. Elle fronça les sourcils avant de regarder rapidement l'heure sur son portable. La fin du service, elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait manqué presque toute la soirée à cause de cette histoire.
- Les clients de la 12 viennent de libérer la table. C'étaient les derniers. Ils ont laissé un très bon pourboire.
- Tout s'est bien passé ?
- Ils n'ont pas demandés après vous.
C'était étonnant, elle aurait pensé qu'Emma aurait foncer tête baissée comme les deux premières fois. Peut-être que la jolie blonde ignorait que ce restaurant appartenait à Regina. Jolie… venait-elle de penser que cette jeune femme était jolie ? En y réfléchissant plus intensément, elle préféra éviter de se mentir. Emma était magnifique.
- Je n'étais pas certaine qu'ils le feraient mais je préférais éviter une confrontation.
- Je comprends. Ils ont un lien avec votre mère ? Voulez-vous que nous les mettions sur liste rouge ?
Regina écarquilla les yeux, pas une seule seconde elle avait pensé que Remy pourrait faire un tel rapprochement. Grand Dieu, elle ne pourrait jamais interdire l'accès de son restaurant à Emma. Ce serait terriblement injuste et pour les autres, elle ne les connaissait même pas.
- Aucun lien avec ma mère, répondit-elle de manière évasive, et il ne sera pas nécessaire de les bannir.
- Si vous le dites, mais ça ne vous ressemble pas de vous rapatrier dans votre bureau et de me laisser aux commandes cheffe.
- Je ferai en sorte que cette situation ne se reproduise plus à l'avenir.
- Et s'ils reviennent ?
- Je…
Que ferait-elle ? Comment réagirait-elle si Emma revenait ? Maintenant qu'elle était venue une fois, elle pouvait revenir, n'est-ce pas ? C'était une possibilité mais son inconnue pouvait tout aussi bien ne plus jamais remettre les pieds dans son restaurant.
- J'aviserai à ce moment, s'il arrive.
- Comme vous voulez cheffe. J'allais vous demander si vous vouliez que j'appelle Miss Rose mais vous semblez plutôt calme.
- Je vous l'ai dit Remy, il n'y a aucun lien avec ma mère.
- Voulez vous tout de même que je joigne Miss Rose ?
- Non, ce ne sera…
Regina fut interrompue au milieu de sa phrase par une personne qui frappa doucement à sa porte. Il était rare que quelqu'un la dérange quand elle était dans son bureau avec Remy. Elle espérait qu'il ne s'était pas produit une catastrophe, tout sauf une blessure, ou l'arrêt d'un frigo.
- Oui, sa voix tonna.
- Je ne voulais pas vous déranger cheffe, intervint une de ses serveuses, mais j'ai trouvé ça en débarrassant la salle, elle tendit une enveloppe, elle vous est adressée.
- Je vous remer…
Encore une fois, la fin de la phrase de Regina mourra sur ses lèvres. A peine ses yeux s'était posé sur l'enveloppe qu'elle reconnut immédiatement l'écriture. C'était celle d'Emma, aucun doute possible. Sa main trembla légèrement, alors elle savait qu'il s'agissait de son restaurant. Elle était venue en étant consciente d'où elle mettait les pieds.
- Cheffe, s'inquièta Remy, tout va bien ?
- Laissez-moi deviner, elle était au niveau de la table 12 ?
- C'est exact.
- Je vous remercie, Regina se massa les tempes. Vous pouvez y aller, bonne soirée.
- Bonne soirée à vous, sourit la serveuse en refermant la porte derrière elle.
- Vous êtes certaine qu'il n'y a aucun lien avec votre mère, s'informa aussitôt Remy.
- Aucun.
La réponse n'était rien d'autre qu'un souffle. L'esprit de Regina était rempli de questions à commencer par celle-là : qu'avait écrit Emma cette fois ? Allait-elle la faire sourire de nouveau ? Elle mourrait d'envie de la lire, sur le champ mais elle n'était pas seule.
- J'ai changé d'avis, je vais appeler Rose.
- Je peux le faire.
- Non Remy, rentrez chez vous, le service est terminé et vous avez fait plus que votre part pour aujourd'hui.
- Regina, reprit-il prudemment, il n'usait que rarement de son prénom.
- Je vais bien, le voyant septique elle poursuivit, je vous assure que tout va bien.
- Dans ce cas, je vous dis à demain.
- A demain Remy, elle lui sourit jusqu'à ce qu'il referme la porte.
Dès que ce fût fait, son regard bifurqua immédiatement vers l'enveloppe. Son prénom et son nom de famille y était inscrit, l'écriture était bien plus posée que sur la note rapide qu'Emma lui avait laissé dans le parc. Elle suivit la calligraphie avec un sourire. Elle se sentait un peu coupable d'avoir une telle envie d'ouvrir et de lire cette lettre. Elle pensa furtivement à Danielle et relâcha le bout de papier comme s'il l'avait brûlé. Elle ressentait de nouveau cette sensation désagréable, celle de tromper sa femme.
Jusqu'à ce que la mort vous sépare, tel était le serment. Et la mort les avait séparées depuis 20 longs et terribles mois. Regina saisit de nouveau les alliances accrochées à son cou, elle joua avec elles pour tenter de se calmer. Au fond d'elle, Regina savait que Danielle voudrait qu'elle ouvre cette lettre. Sa femme avait voulu lui faire promettre de continuer de vivre après elle, jusqu'à récemment la brune n'avait pas pu s'y résoudre mais Emma était arrivée avec son sourire et ce regard envoûtant. Elle avait tout changé, en seulement deux rencontres fortuites.
Et aujourd'hui, il y avait cette lettre.
Regina la saisit de nouveau prudemment entre ses doigts. Elle remarqua qu'elle était un peu plus lourde sur le côté gauche. Elle fit basculer l'enveloppe sur la droite et sourit en découvrant un objet y tomber. Et voilà, elle souriait encore sans même s'y forcer, c'était naturel et stupide. Elle ne savait pas encore de quoi il s'agissait. Un rire timide et moqueur lui échappa quand elle s'imagina Emma y glisser un pin's « ami de la planète » qu'elle aurait trouvé par hasard mais l'objet ne semblait pas rond.
Un soupire lui échappa, elle inspira profondément avant de prendre son téléphone sans lâcher l'enveloppe. Elle tapa machinalement le numéro de Rose de mémoire avant d'hésiter. Si elle passait cet appel, elle était foutue. Elle serait bien obligée de parler d'Emma. Jusque-là, elle était parvenue à éviter habilement d'aborder le sujet en mettant Tink dans la confidence, son inconnue ne serait plus un secret, ni une possibilité assez évasive. Elle entrerait dans le réel.
- Ça suffit, souffla Regina en portant son portable à son oreille après avoir lancer l'appel, tu n'es pas une enfant, grogna-t-elle, arrête d'agir de la sorte.
- Gina, répondu immédiatement sa meilleure amie en sortant du lit de la chambre d'amis de la brune, tout va bien ma belle ?
- Je crois que j'ai besoin de conseils.
- Evidemment, je suis toujours là pour toi. Tu le sais ! Même quand il est… presque une heure du matin ? Gina pourquoi tu n'es pas rentrée ? Tu es coincée quelque part ? Tu as fait une crise d'angoisse ? Je dois venir te chercher ?
- Tout va bien, ne t'inquiète pas.
- Gina, prononça Rose en grinçant des dents détestant quand son amie lui mentait.
-Étonnement, je t'assure que je vais bien. Je… j'aimerai tout de même que tu viennes me chercher si c'est possible. Je ne me sens pas de conduire.
- Où es-tu ? Demanda sans la moindre hésitation la petite blonde en enfilant déjà ses chaussures.
- Encore au restaurant.
- Tu veux que j'appelle Katherine pour qu'Henry ne reste pas seule ?
-Je… je pense que ça devrait aller, c'est une question d'à peine une demi-heure.
- Okay, j'arrive tout de suite. Ne bouge pas, je passerai par derrière comme toujours.
Regina resta parfaitement immobile de longues minutes après avoir raccroché. Ce n'est que lorsqu'elle entendit la porte de derrière se fracasser contre le mur qu'elle se leva en grimaçant. Sa meilleure amie était géniale et vraiment parfaite mais par moment, elle devait apprendre à se retenir. Si elle continuait à entrer dans son restaurant de la sorte, il allait finir en ruine. Elle enfilait son manteau quand Tink s'introduit dans son bureau. Rosa scanna son amie avec attention, pour une fois, Regina ne semblait pas lui avoir mentit en lui assurant qu'elle allait bien. Mais dans ce cas, pourquoi avait-elle besoin d'elle et pourquoi avait-elle pleurée ?
- Regina…
- Rentrons, nous parlerons après.
- Comme tu veux. Qu'est-ce que c'est, la stoppa-t-elle alors qu'elle embarquait un bout de papier avec elle, je croyais que nous avions dit pas de travail à la maison.
- Crois-moi, c'est tout sauf du travail.
Le trajet de retour se fit dans un silence que Rose ressenti comme écrasant. D'habitude Regina lui parlait toujours un peu lorsque c'était elle qui conduisait. Si ce n'était pas autour d'une conversation constructive, la brune trouvait toujours le moyen de critiquer la musique que son amie choisissait et qui n'était jamais à son goût. Mais ce soir, elle se contentait de regarder le paysage défiler à toute vitesse sans dire un mot.
- Tu as pleuré, ne put s'empêcher de constater Rose une fois la voiture stationner devant la maison.
- En effet.
- Mais tu m'as dit que tu allais bien.
- Je me sens bien, confirme Regina. Depuis quelque temps déjà je… mon cœur est plus léger.
- C'est normal. Je sais que tu voudrais que cette douleur ne disparaisse jamais, mais Regina tu ne peux pas la pleurer pour toujours et ça ne veut pas dire que tu l'oublies, juste que tu avances.
- J'ai… je…
- Danielle restera toujours ici, lui assura Tink en posant sa main sur le cœur de Regina. Ce n'est pas parce que tu commences à aller mieux qu'elle va disparaître.
- J'ai ri aujourd'hui. J'ai imaginé une situation qui m'a amusé et juste comme ça, j'ai ri.
- Il y a bien longtemps que je n'ai pas entendu ton rire, sourit Rose nostalgique. Tu peux m'en dire plus ? J'aimerai t'entendre rire.
- Un pin's «amis de la planète», Regina se passa une main nerveuse dans les cheveux sans parvenir à retenir un sourire, c'est tellement stupide, elle se mordilla la lèvre inférieure pour contrôler ses lèvres qui continuait de s'étirer.
- Un pin's, répéta son amie sans grande conviction, tu veux dire que j'ai été battu par un pin's ? Ce n'est pas stupide mais ridicule.
- Pas un vrai pin's, corrigea la brune en se raclant la gorge, juste l'idée qu'il puisse exister.
- Mais c'est encore pire !
Regina ne tenu pas plus longtemps et rit. En attendant son amie, elle avait eu le temps de s'imaginer plus d'une situation cocasse dans laquelle Emma aurait pu trouver ce fameux pin's. La première hypothèse avait été sur une scène de crime, la seconde qu'elle ait pu le fabriquer elle-même, la troisième qu'elle soit tombé dessus par hasard dans une friperie, la quatrième qu'elle ait cambriolé les bureaux de WWF et la cinquième qu'elle l'ait trouvé par terre, ce qui serait assez ironique quand on y pense. Le rire de la brune finit par s'essouffler mais un sourire amusé persista alors que les scénarios de ces cinq grandes idées continuaient de se jouer dans son imagination.
- L'hypothétique pin's est liée à quelqu'un, avoua-t-elle du bout des lèvres, une personne que j'ai rencontré à deux reprises de façon hasardeuse. C'était au parc, les deux fois mais aujourd'hui… cette personne est entrée dans mon restaurant et… je ne sais pas… je n'ai pas su comment gérer cette situation alors j'ai pensé à Danielle et j'ai eu l'horrible sensation de la trahir. Elle… elle me fait rire, je crois que même Dani n'y arrivait pas aussi facilement.
- Tu as rencontré quelqu'un, répéta Rose interdite sans parvenir à y croire.
- Je ne dirais pas ça, non. C'est simplement une inconnue qui a égayé les journées dans lesquels elle est apparue.
- Tu as rencontré quelqu'un, s'égosille presque la petite blonde.
- Bon d'accord, si tu veux, céda la brune en hochant les épaules avant de fixer son entrée.
- Pourquoi tu ne m'en as pas parlé avant aujourd'hui ? Il y a une règle Regina… tu es censée tout me dire.
- Je crois que je ne voulais pas m'avouer à quel point j'avais envie de la revoir ou alors, je n'avais tout simplement pas réalisé que j'en avais envie.
- Comment… comment l'as-tu rencontré ?
Regina lui raconta alors sans aucun filtre leurs deux premières rencontres. Elle n'avait pas besoin de préciser à quels moments, elle avait pu sourire puisque le simple fait d'y penser avait de nouveau cet effet. Elle lui parla aussi du contenu de la note qu'Emma lui avait laissé la seconde fois même si elle ne lui précisa pas qu'elle avait gardé ce bout de papier. Quand elle arriva au moment où elle avait remarqué la présence de la blonde dans son restaurant, elle lui confia tout ce qu'elle avait pu ressentir, son conflit intérieur, ses peurs et quand elle arriva à la fin du récit, il ne restait plus qu'à évoquer la lettre.
Sans pouvoir se l'expliquer, Regina avait envie de jalousement garder ce détail pour elle. Aussitôt, elle ressentit de nouveau ce terrible sentiment de trahison envers Danielle. Elle glissa alors sa main dans sa poche pour saisir l'enveloppe, elle sentit de nouveau l'objet et cru reconnaître une clef. Elle hésitait, c'était tout de même personnelle. Elle n'était vraiment pas certaine de vouloir partager les mots d'Emma quels qu'ils soient avec quelqu'un d'autre, pas même avec Tink.
- Oooookay, prononça Rose sur la longueur, bien je n'ai qu'un conseil : appelle-la. Et je ne sais pas, buvez-le ce café. C'est juste un café. Il n'y a rien de mal à boire un café.
- Je ne peux pas l'appeler.
- Bien sûre que si, tu prends ton téléphone, tu composes son numéro et tu appuies sur ce petit bouton vert magique. Rien de plus facile !
- Je n'ai pas son numéro.
- Elle te l'a donné.
- Je ne l'ai plus.
- Gina c'est pas vrai ! Qu'est-ce que tu as fait ?
- Je me suis lavé les mains. Tu sais combien de fois un cuisinier se lave les mains par jour ?
- Oh la connerie ! Et tu n'as pas pensé à écrire ce numéro sur un bout de papier avant de prendre ton service ?
- Je n'allais pas appeler une sombre inconnue.
- Non mais… Regina ! C'est… c'est… tu es tellement butée par moment ! Toi et moi, avant d'être amie, qu'est-ce que nous étions ? Je te le mets dans le mille : des inconnues ! Avec Katherine, pareil ! Et il en était de même avec Dani. Tu ne peux pas continuer à rester dans ta bulle, il faut que tu fasses des rencontres, de nouveaux amis et pour ça, oui rencontrer des inconnus. Comment veux-tu que cette femme passe du statut d'inconnue à potentiel amie si tu ne lui laisse aucune chance ?
- Est-ce que tu es en train de me sermonner ?
- Oui et pas qu'un peu ! Avoue qu'à cet instant, tu te trouves stupide d'avoir été à ce point… toi !
Stupide, non, pas vraiment. Si elle avait toujours ce numéro et la possibilité d'appeler Emma, Regina serait encore plus torturée. Elle n'arrivait déjà pas à se décider à ouvrir une stupide enveloppe alors s'imaginer sur le point de passer un coup de téléphone la rendait presque malade. Elle n'était clairement pas prête à franchir cette étape, c'était trop tôt, beaucoup trop tôt pour s'imaginer nouer des liens avec quelqu'un de nouveau.
- Nous pouvons rentrer et nous coucher maintenant ou tu veux encore me crier dessus ?
- Gina…
- Par pitié, ne me dit pas ce que Danielle aurait voulu. Pas maintenant.
- Tu sais que j'étais là quand elle a voulu te faire promettre. Tu le sais, n'est-ce pas ?
- Tink, s'il te plaît.
- Je veux que tu sois heureuse, comme Dani le voulait. Ton cœur est assez grand pour tellement d'autres personnes.
- Mon cœur est en miettes, souffle Regina en réponse.
- Non pas en miettes, seulement fissuré et les fissures laissent certes une marque indélébile mais avec le temps elles se réparent.
Regina ne trouvait plus rien à redire, elle savait que son amie avait raison mais pour rien au monde elle ne lui avouerai. Il était encore trop tôt. Elle ne se sentait pas prêt à avancer. Elle sentit les larmes s'accumuler alors que le sourire joueur d'Emma s'imposa encore une fois dans son esprit. Elle resserra ses doigts sur l'enveloppes dans la poche de son manteau, le cœur battant. Pendant un instant, elle s'imagina laisser une chance à cette blonde quelque peu excentrique de s'imposer dans sa vie.
Son esprit se perdit dans une infinie de possibilité, bien plus facilement que ce qu'elle l'aurait cru. Elle ferma les paupières afin de retenir les larmes qui s'étaient accumulées dans ses yeux. Au fond, peut-être que son cœur était prêt. C'était autre chose qui la retenait. Les milliers de moments qu'elle avait pu partager avec sa femme, la douleur en la perdant et cette sensation de ne plus jamais pouvoir être entière. Regina n'était pas prête à souffrir à nouveau.
Il était stupide immédiatement penser que la souffrance serait inévitable. Elle avait conscience qu'il s'agissait d'un mécanisme de défense. Pourtant c'était ancré en elle avec cette question qui ne cessait de se répéter encore et encore : qu'adviendrait-il d'elle si quelqu'un lui brisait de nouveau le cœur ? Cette fois, elle ne se relèverait pas. Elle n'en aurait jamais le courage. Or, elle n'avait pas le droit de s'effondrer, en aucun cas, pour Henry.
Henry était la seule raison pour laquelle Regina était parvenue à garder la tête hors de l'eau. Elle se devait de continuer à vivre parce que lui ne s'arrêterait pas. Il avait vu sa mère se battre contre une maladie qui finalement l'avait battu à plat de couture et il s'était accroché à la seule personne en qui il avait encore confiance comme à une bouée de sauvetage. Il avait besoin d'amour et de stabilité et Regina s'efforçait de lui apporter, qu'importe le trou béant dans son coeur. Elle ferait tout pour que ce petit garçon soit heureux.
- Je vais rentrer maintenant.
- Regina…
- Je ne suis pas en colère, simplement fatiguée.
- Tu aurais le droit d'être en colère. Tu étouffes trop tes émotions jusqu'à ce qu'elles débordent et là…
- Tink, je n'ai pas envie de parler de mes angoisses ce soir, je veux juste rentrer et dormir un peu avant qu'Henry ne se réveille pour l'école.
- Depuis combien de temps tu n'as pas été au groupe de soutiens ?
- Je ne suis pas du genre à m'épancher.
- Tu devrais y retourner, ils t'ont fait du bien au début.
- Je n'en ai pas envie.
- Très bien mais tu devrais tout de même réfléchir aux raisons qui t'empêchent d'avancer. Je ne peux pas imaginer à quel point c'est difficile de continuer sans Dani mais tu es en vie alors essaye un peu de vivre.
- J'ai Henry, je t'ai toi, Katherine et mon restaurant, je vis.
Rose s'apprêta à répondre qu'il ne s'agissait pas d'une vie si elle se contentait de tourner en rond dans sa bulle mais elle se retenue au dernier moment. Elle fronça légèrement les sourcils en plissant les yeux. Il y avait une lueur étrange dans le regard de son amie. La petite blonde comprit alors que les quelques barrières encore présentes autour du cœur de Regina qui tenaient encore étaient en train de s'effondrer une à une. Cette inconnue avait eu une bien plus grande influence sur son amie que ce qu'elle avait bien voulu faire entendre.
Peut-être même que Regina ne lui avait pas tout dit. Il y avait quelque chose à propos de cette femme que la brune taisait. Serait-il possible qu'elle ait été bien plus touchée qu'elle ne le laisse entendre ? Que cette Emma ne ravive pas seulement ses rires, mais aussi son cœur ? Que Regina éprouve à nouveau des sentiments, autre qu'une tristesse dévastatrice ?
- J'espère que tu la reverras, se contenta de souffler Tink.
Regina acquiesça sans dire un mot. Au fond d'elle, elle l'espérait aussi même si elle ne savait pas du tout comment elle réagirait si c'était le cas. Elle sortit de la voiture, entra chez elle en observa sa grande maison encore plongée dans le noir. Pendant une seconde, elle se fit du mal en se laissant imaginer que Danielle l'attendrait dans leur lit. Elle ferma les yeux pour garder cette image un peu plus longtemps. Elle se vit l'embrasser avant de se glisser contre son corps pour la serrer et s'endormir paisiblement. Alors que les larmes s'accumulaient de plus en plus sous ses cils refermés, elle accrocha rapidement son manteau avant de foncer vers les escaliers.
Elle s'arrêta nette sur la deuxième marche sous le regard surprise de Rose qui la suivait de près. Regina fit demie-tour pour récupérer l'enveloppe dans sa poche. Ses yeux parcoururent de nouveau la belle calligraphie d'Emma. Elle inspira profondément avant de se diriger vers l'étage, plus calmement. En passant devant la chambre d'Henry, elle s'arrêta pour s'assurer qu'il dormait paisiblement avant de rejoindre son lit encore tout habillée et d'ouvrir cette enveloppe.
Regina fit tomber la clef sur son matelas, elle la récupéra pour l'analyser. Elle était petit. Elle ouvrait peut-être un cadenas. Elle la fit tourner entre ses doigts, elle n'avait absolument rien d'exceptionnelle. Elle semblait si normale que s'en était risible. Emma était donc capable de faire dans la simplicité, c'était bon à savoir. Du moins, Regina le pensait à cet instant mais elle ne savait pas encore ce que cette clef ouvrait.
La brune tira ensuite le bout de papier plié soigneusement en trois. Elle le déplia délicatement en passant rapidement ses yeux sur les mots qui y étaient inscrit. Elle avait cette envie malsaine qui nous pousse à lire la dernière page d'un livre à peine arriver au troisième chapitre. Elle aurait aimé être capable d'assimiler tous les mots d'Emma en un battement de cils mais elle se résolut à commencer par le début.
Regina,
Vous n'avez pas la moindre idée du nombre de début que j'ai pu écrire, ils étaient tous insatisfaisants. J'ai voulu me faire aider. Je connais une personne qui sait parfaitement manier les mots. J'ai renoncé à cette idée. Je n'étais pas particulièrement emballée à l'idée de vous partager. Et imaginez, je pourrai malencontreusement tomber sur un complice de votre mère, je ne prendrai pas ce risque.
Ce début, n'est pas plus convainquant que les autres mais cette fois, je vais essayer d'aller plus loin. D'abord, je tiens à m'excuser si je suis à un moment où à un autre, maladroite. Je n'ai jamais été très douée pour canaliser mes pensées par écrit. Bien que par un miracle que je ne m'explique pas, j'ai toujours eu de très bonnes notes en philosophie.
Vous voyez, je suis un peu moins une inconnue. Je suis lamentable quand il s'agit du basket, du moins du jet de gobelet dans une poubelle. Je suis une «amie» de la planète. Je suis flic. Je ne suis pas de connivence avec votre mère et j'insiste de nouveau sur ce point. Je peux être légèrement impulsive, en donnant mon numéro de téléphone ou en sortant de ma voiture de patrouille pour rejoindre une inconnue dans un parc. Je ne suis pas un super héros, la cape très peu pour moi, la statue de cookies à mon effigie, peut-être un jour. Je déteste le café, grand Dieu il n'y a rien de pire que le café ! Je raffole du chocolat chaud, d'ailleurs vous devriez sérieusement songer à l'ajouter à votre carte. Oui, j'ai été faire du repérage et oui, j'ai découvert par hasard que le Queen's Heart était votre restaurant. Et pour finir, j'étais super douée en philosophie.
Je me suis longuement demandée à partir de quand une inconnue pouvait devenir une connaissance et une connaissance une amie. Je sais que ce n'est pas à moi d'en décider et qu'il serait facile d'abandonner. Seulement, de un, ce n'est pas mon genre et de deux, je tiens vraiment à ce café. Enfin… par café, vous voyez ce que je veux dire. Alors, j'ai imaginé un plan. Un jeu.
Avec la lettre, j'ai glissé une clef. Vous vous demandez peut-être de quoi il s'agit. Ou peut-être que vous vous en moquez, que vous avez arrêté de lire ou encore que cette lettre n'est jamais arrivée jusqu'à vous. Je m'égare. Désolée.
Voilà, je ne sais pas ce que vous apporte le parc, et ce banc en particulier. Je vous y avais repéré bien avant que nous nous parlions pour la première fois et je vous y ai vu de nouveau quelques fois sans oser vous aborder. J'espère sincèrement vous causez aucun tort en m'immisçant dans votre endroit. Sur la gauche de votre banc se trouve un arbre, il y a quelques jours j'y ai installée une petite boîte. La clef l'ouvre. A partir de demain, je viendrais y mettre un mot tous les jours avec une information plus ou moins pertinente sur moi, jusqu'à ce que vous décidiez que je ne sois plus une inconnue et que vous acceptiez mon invitation.
J'espère vous revoir bientôt.
Emma.
Voilà pour le second chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! Que pensez-vous de cette suite ? Il était un peu plus centré sur le ressenti de Regina. Elle a un lourd passif. Est-ce que vous pensez qu'elle va laisser une chance à Emma d'entrer dans sa vie ? Que pensez du plan de cette dernière, de sa lettre ? A-t-elle une chance d'obtenir ce «café» ?
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre !
GeekGirlG.
