Salut ! Bienvenue dans ce nouveau chapitre.

Résumé : Une lettre pour réparer un cœur, voilà le genre de chose qui ne se produit que dans les films ou les livres, du moins c'est ce que pensait Regina Mills jusqu'à ce qu'elle rencontre Emma Swan. Une maladresse, un sourire et tout avait commencé à dégénérer, les barrières de la brune s'effondraient une à une et toute cette pagaille à cause de cette blonde beaucoup trop déterminer à prendre un café avec elle.

Aucun des personnages de l'univers de Once Upon A Time, ne m'appartiennent !

Je remercie MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire cette fanfiction pour que la lecture vous soit plus agréable.

Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. Je vous retrouve en bas.


When I See You Tomorrow

I've got to get myself together now Je dois me ressaisir maintenant

Forgetting the past it's all about the here and now En oubliant le passé, ce qui compte c'est maintenant et ici

Now I know I could make if I try Maintenant je sais que je pourrais le faire si j'essayais

And Jah never let my perseverance die Et Jah ne laissera jamais ma persévérance mourir

Cause i want to give my all and all Parce que je veux donner le meilleur de moi-même

Gentleman ft. Tamika & Martin Jondo – Rainy Days

Chapitre 4 : Une lettre qui arrive en avance

Margot avait la sensation d'étouffer dans cette pièce ou la fumer de cigarette touchait le plafond ou l'alcool coulait à flot et ou la mauvaise musique était cracher beaucoup trop forte. Elle s'excusa auprès de ses amis avant de se faufiler pour sortir de la maison avant qu'il ne soit trop tard. En passant par la cuisine, elle eut son petit miracle en trouvant une bouteille d'eau. Et quand elle poussa la porte d'entrée un long soupire de soulagement lui échappa. Elle respirait à nouveau.

Sa mère l'avait prévenue que revoir ses anciens amis n'était pas une bonne idée mais Margot avait voulu éviter d'être mal poli, si elle n'avait pas accepté de venir à cette fête, son refus aurait été le cinquième. Elle inspira profondément en fermant les yeux, l'air était humide et gorger de la pollution des grandes villes. Elle avait conscience qu'avec sa mère, elles n'avaient pas déménagé très loin, restant dans l'Etat de New-York mais tout de même Shandaken faisait toute la différence avec ses paysages à couper le souffle, sa tranquillité et les gratte-ciels étaient remplacés par de magnifique montagne.

Margot prit une forte inspiration en fermant les yeux. Elle devait calmer son rythme cardiaque et sa respiration. Elle rouvrit les paupières et envoya un rapide message à sa tante pour qu'elle vienne la chercher. Elle avait encore du mal à se retrouver ainsi prisonnière dans un lieu clos au milieu d'une nuée d'inconnues. Une phobie qu'elle corrigeait mais il lui faudrait encore énormément de temps et de travail pour ne plus se sentir en danger au milieu d'une foule et surtout loin de sa famille. Elle ouvrit la petite bouteille d'eau pour la vidée de moitié. Respirer. Elle devait respirer calmement et surtout se convaincre qu'elle n'était pas en danger.

- Hey, cette voix la fit sursauter et le peu de contenu qu'il restait dans la bouteille se déversa sur elle, oups, désolée… je voulais simplement m'assurer que tu allais bien. J'ai un peu foiré. J'espère que je n'ai pas aggravé les choses. Tout va bien ?

- Oui, oui, répondit Margot évasive en faisant un geste vague de sa main droite, aucun souci.

- Tu veux que je retourne te chercher de l'eau ? Je me suis promise de ne plus entrer dans cette maison mais je crois que si c'est un cas d'extrême urgence, je peux sans problème me faire une raison.

- Tout va bien, je t'assure.

- Okay, la jolie blonde lui sourit avant de s'appuyer sur la rambarde de la terrasse qui dessert l'entrée pour s'asseoir dessus, ça ne te dérange pas si je reste ici ? J'attends quelqu'un.

Margot ne pu s'en empêcher, elle détailla chaque parcelle du visage qui était maintenant en face d'elle. Cette jeune femme était magnifique. Il lui fallut une grande baffe mentale pour parvenir à détourner le regard. Elle se sentit rougir en s'imaginant qu'il était impossible que la blonde n'ait pas remarquer son regard insistant. Pourtant quand elle déposa de nouveau ses yeux sur elle, d'abord elle frôla la crise cardiaque parce que sa vis-à-vis était beaucoup trop penché en arrière et c'est seulement après qu'elle comprit que cette dernière regardait le ciel.

Un soupire s'échappa des lèvres de la blonde avant qu'elle ne reporte son attention sur Margot. Elle lui sourit avant de s'appuyer de nouveau sur ses bras, pour s'élever jusqu'à ce que ses pieds soient sur la rambarde. Elle se redressa, fit quelque pas avant de s'accroupir juste devant Margot qui ne savait plus où se mettre. Jamais qui que ce soit ne l'avait observé comme cette jeune femme. Elle peina à déglutir, ses mains devinrent moites alors que son cœur explosait dans sa cage thoracique.

- Je te connais. Tu étais à Hyperion Height avant, non ?

- Dans une autre vie, oui.

- Je vois, elle se rassit dans une cascade qui faillit provoquer un infarctus à Margot, donc toi, tu es dans la team Elisabeth. D'ailleurs, tu ne voudrais pas qu'on parle juste deux minutes de son prénom. C'est de la maltraitance de donné ce prénom à un garçon, non. Après ce sera quoi ? Barbie.

- Oui, c'est pour cette raison que absolument tout le monde l'appelle Ezra, j'ignorais qu'une seule personne hors de notre groupe connaissait son vrai prénom.

- C'est parce que je suis amie avec London, et quand il veut vraiment agacer son frère, il utilise le combo de ses trois prénoms, elle sourit en exhibant trois de ses doigts levés ce qui fit chavirer le cœur de Margot, ce qui est assez drôle.

- Tu connais les trois et tu es encore en vie ?

- Mon père est flic donc… difficile de me tuer sans s'attirer de graves ennuis. En fait, moi c'est Tilly, elle tendit sa main vers la jeune femme.

- Et moi Margot, elle lui serra doucement la main, enchantée. Mais ôtes moi d'un doute, tu ne devrais pas être à l'intérieur ?

- Je pourrai te poser la même question, elle sourit de nouveau. En ce qui me concerne, ce genre de fête n'est pas du tout mon genre. Si London n'avait pas autant insisté, je serai en ce moment même dans mon lit à lire Sanditon de Jane Austen.

- C'est le roman inachevé, non ? Pourquoi lire un livre sans fin ?

- Pourquoi en lire un avec une fin ? Et puis, il a été achevé par une version de R.W. Chapman, le mieux c'est de tout lire, relire les premières pages écrites par Austen et voir si nous, elle se pointe du doigts, nous aurions écrit l'histoire différemment.

- Ecrire, l'histoire différemment, répéta Margot incertaine.

- La réponse est toujours : oui. Dans une seule action, il y a des milliers d'histoires différentes, méconnues et tellement plus attrayantes que la banalité quotidienne. Il y a peu de personnes capables de voir ces infinis possibilités. Crois-moi, le monde est beaucoup plus beau quand nous ne nous bridons pas à suivre un seul axe. Regarde, elle descend de la rambarde en un saut, s'installe à côté de Margot, épaule contre épaule, pointe le ciel nuageux et terriblement menaçant de l'index. Qu'est que tu vois ?

- Ce que je vois… je n'en sais trop rien mais je constate que j'aurai dû prendre un parapluie.

- Fais un effort, sourit Tilly, essaye encore, regarde mieux.

Margot fronça les sourcils, intrigué par cette demande. Elle se demandait en quoi regarder mieux serait utile. Pourtant, devant l'attente et surtout le sourire de Tilly qui la défiait en quelque sort de s'exécuter, elle se laissa prendre au jeu. Margot fixa le ciel, d'abord quelque seconde sans la moindre conviction, puis avec plus d'attention quand les premières gouttes commençaient à tomber. Elle eut un douloureux pincement au cœur, en repensant à la dernière fois qu'elle avait vu son père. Non, elle secoua la tête en fermant les paupières. Elle devait se concentrer sur ce qu'elle voyait maintenant, pas sur le passé. Elle s'ancra dans le présent, ouvrit les yeux et remarqua qu'en à peine un battement de cils, la pluie devint diluvienne.

Margot se sentit sourire. Elle adorait, le bruit de la pluie quand elle s'écrasait sur le sol. L'odeur qui s'imposa ensuite était celle du bitume trop chaud, arrosé et refroidit un peu trop vite. Les reflux de la pollution disparurent presque entièrement. Elle fixa un peu plus les longues gouttes qui tombaient du ciel, elle était déformée et embarquer par le vent dans un spectacle qu'elle devait avouer quasi artistique. Elle fixa la lumière d'un réverbère en face d'elle et c'est à cet instant précis qu'elle trouva une réponse pour Tilly.

- De la danse, c'était à peine un murmure, je vois la pluie danser.

- Voilà qui est audacieux, Margot se tourna vers elle étonnée par cette réponse, on dirait bien que tu viens d'écrire ta propre histoire. Différente de toutes les autres, une parmi des milliers de possibilités, elle sourit de nouveau et sans qu'elle le sache, elle fit complètement chavirer le cœur de sa voisine. Tu ne trouves pas que c'est terriblement rassurant de savoir que nous pouvons nous approprier n'importe quelle action, du détail insignifiant au véritable cataclysme, de notre vie pour en faire absolument ce que nous voulons, tout ce qu'il faut c'est ouvrir grand les yeux et avoir un peu d'imagination.

- Mais qui es-tu, souffla si bas Margot qu'elle peina à entendre sa propre voix.

- Je sais, reprit Tilly sans avoir conscience de l'interrogation de l'autre femme, il faut laisser l'effet se faire mais une fois que nous avons pris l'habitude de mieux regarder ce qui nous entoure, le monde devient plus beau, moins hostile et un peu plus accueillant.

- Je fais de l'anxiété sociale, révéla Margot sans vraiment comprendre pourquoi, c'est pour cette raison que je suis ici et non à l'intérieur. Je… il y avait vraiment trop de monde. J'aurai dû me faire confiance et refuser cette invitation comme toujours. Je déteste ce genre de rassemblement.

- J'aurai parié que tu faisais partie de l'équipe d'athlétisme d'Elisabeth.

- C'était le cas et toi, qu'est-ce qui te lie à London ? De ce que je vois vous êtes diamétralement opposés.

- Oh… nous nous sommes perdues ensemble le premier jour, il faut croire que ce genre de mésaventure crée des liens. Nous sommes arrivées en classe avec trois-quarts d'heure de retard. Et, je profite parfois du fait qu'il ne soit pas complètement nul en maths et lui de mes exploits en littérature.

Un silence recouvra les deux jeunes femmes. Margot continua d'observer la pluie qui, elle devait bien l'avouer, était bien plus belle maintenant qu'elle avait un tout autre regard sur elle. Tilly tourna la tête vers le coin de rue en grimaçant, le temps était de plus en plus exécrable. Toutes les deux sursautèrent alors qu'une voiture s'arrêtait brusquement devant elles. Les essuies glace s'activaient à la vitesse maximum quand Regina en sortit et courut jusqu'au porche pour rejoindre sa nièce.

- Margot, tout va bien ?

- Oui. Je ne voulais pas t'inquiéter Gina, désolée. Je… Tilly m'a aidé à me calmer.

- Oh… et bien merci. Tu es certaine que tout va bien ?

- Oui. Mais je préférerai quand même rentrer.

-Bien entendu. Vous avez besoin que nous vous déposions ?

- Non merci, répondit Tilly toujours avec son magnifique sourire sur les lèvres, quelqu'un vient me chercher.

- Je, reprend Magot, je crois que nous allons attendre que cette personne arrive. Tu attends depuis plus longtemps que moi et…

- Tout va bien elle va arriver.

Et comme s'il s'agissait d'un vœu entendu et exaucé des pas de courses sur le bitume mouillé se firent entendre. Une personne arriva sous le porche essoufflée et trempée jusqu'aux os. Elle retira sa capuche et en moins d'une fraction de seconde, Regina reconnue Emma qui fonça sur Tilly.

- Tu aurais pu me prévenir qu'il allait pleuvoir.

- Mais il ne pleuvait pas quand je t'ai appelé, répondit aussitôt Tilly.

- C'est pas vrai, soupira Emma, pourquoi c'est toujours moi que tu réveilles quand tu te retrouves dans des situations comme celle-là ?

- Tu préfères que je prenne un taxi avec un inconnu et pire dans un cercueil sur roues ?

Regina tiqua en entendant les derniers mots. Si elle se souvenait bien, Emma avait usé de cette appellation pour décrire la voiture de cette Granny dans sa dernière lettre. Elle s'était alors imaginer une voiture en piteux état, plus vieille encore que sa propriétaire mais peut-être elle s'était trompée au vu de la discussion à laquelle elle assistait.

- Si un jour, Emma leva un indexe menaçant sur l'adolescente, un seul jour, tu oses faire quelque chose d'aussi irresponsable, toi et moi, nous aurons un problème Tilly.

- C'est exactement pour cette raison que je te réveille quand je me retrouve dans des situations comme celle-là, sourit Tilly.

- Très bien, un point pour toi.

- Ou alors, j'aurai pu appeler mon père et…

- Très mauvaise idée, la coupa aussitôt Emma.

Tilly rit de la réaction de l'amie de son père même si elle était plus que d'accord. Elle ne connaissait personne au monde de plus protecteur que son père. Par moment, il lui arrivait de se sentir étouffer mais elle savait pourquoi il agissait de la sorte et comprenait. Mais en même temps, s'il avait le choix, il ne la laisserait même pas traverser un passage piéton sans qu'il soit à ses côtés pour la protéger, Tilly resterait en sécurité à la maison plutôt d'aller dans un lycée et jamais, ô grand jamais, elle ne mettrait le nez à une soirée où son petit bébé pourrait se retrouver confronté à de la drogue, de l'alcool ou pire encore.

- Bon, soupire Emma, on attend que ce déluge ce calme et on y va.

- Ou, commença Regina étonnée par sa propre audace, je peux vous conduire.

Emma se décomposa sur place en reconnaissant instantanément la voix de la brune. Elle se tourna lentement vers sa provenance et la découvrit comme elle, au côté d'une adolescente qui paraissait tout de même légèrement plus âgée que Tilly. Comment était-il possible qu'elle n'ait pas remarqué Regina avant ?

- Euh, Emma était hésitante, elle leva sa main avant de s'armer d'un sourire timide, salut.

- Bonsoir Miss Swan, Regina dû serrer les dents pour s'empêcher de sourire, l'étonnement de sa vis-à-vis, sa candeur était sincère et elle devait bien avouer qu'elle trouvait cela adorable, voulez-vous que je vous ramène chez vous ?

- Et bien, la blonde posa ses yeux sur la Mercedes, une légère grimace lui échappa avant qu'elle ne reprenne, c'est très gentil mais non merci.

- Vraiment, s'étonna la jolie brune en fronçant les sourcils, même si je vous propose de vous offrir une boisson chaude afin que vous évitiez d'attraper froid, bien que je craigne que le mal soit déjà fait.

- D'abord, Emma leva son indexe, je suis celle qui a lancé cette invitation et il est injuste de me la voler. Ensuite, poursuivit-elle en redressant son majeur et en observant furtivement la voiture avec un regard noir, ensuite… ensuite je…

- Emma ne monte jamais dans une voiture qu'elle ne connait pas, complète Tilly a sa place.

- Voilà, Emma pointa ses deux doigts vers la blonde à côté d'elle, c'est exactement ce que j'allais dire.

- Il lui a fallu presque deux mois pour accepter de monter dans la voiture de patrouille qu'elle partage avec mon père, rit Tilly.

- N'importe quoi ! Il ne m'a pas fallu aussi longtemps.

- 53 jours très exactement, je le sais parce qu'au début mon père t'avait en horreur et dès qu'il t'évoquait il te surnommait 53.

- Ouais, Emma roula des yeux, il a tendance à encore m'appeler comme ça de temps en temps.

- Bref, le sourire de Tilly était toujours accroché à ses lèvres, nous vous remercions mais nous préférons la pluie et puis, son regard s'accrocha à Margot qui c'était légèrement mit en retrait derrière sa tante, j'aurai l'occasion de regarder un peu plus longtemps la pluie danser.

Margot s'étonna de cette remarque. Elle se sentit sourire à son tour avant de rougir légèrement. Et alors même qu'elle aurait juré que c'était impossible, le sourire de Tilly s'élargit encore plus comme si elle avait deviné qu'elle était parvenue à la toucher bien plus que ce qu'elle ne laissait paraître.

- Donc, reprit Regina, vous ne montez pas, vous en êtes certaine ?

- Oui. Je vous offrirais un café un autre jour, conclu Emma tout de même déçue.

- Je préfère le thé, répondit la brune à son plus grand étonnement, noir et avec des connotations à l'ananas ou du verger.

- Anecdote numéro une, sourit la blonde, je la note. A bientôt Regina.

- Attendez !

C'est une fois qu'elle eut prononcé ce mot que Regina se rendit compte qu'elle n'avait absolument aucune raison de la retenir. Elle fit tourner ses méninges à plein régime. La vérité c'est qu'elle ne souhaitait pas que ce moment s'arrête, elle aimerait simplement passer un peu plus de temps avec Emma. Peut-être qu'au fond, les petits bouts de papiers laissé dans cette magnifique boîte ne la satisfaisaient plus. Regina commençait lentement à comprendre et à accepter le fait qu'elle voulait véritablement apprendre à connaître Emma.

Seulement, ce n'était pas le bon moment. Il était particulièrement tard. Henry était seul à la maison. Sans oublier que Margot était toujours effrayée même si elle faisait bonne figure et que cette Tilly était parvenue à étonnement bien la calmer. Pourtant, ne voulant plus se satisfaire de simples notes pour en savoir plus sur Emma, elle se décida à proposer quelque chose d'un peu fou ou du moins qui ne lui ressemblait absolument pas.

- Laissez-moi au moins vous prêter un parapluie. J'en ai toujours un dans mon coffre.

De peur de recevoir un nouveau refus, Regina se dirigea vers sa voiture sous le regard étonné de Margot. La brune déverrouilla son coffre et récupéra ce qu'elle avait promis à Emma. Elle eut un pincement au cœur en saisissant le parapluie à la toile jaune pâle. Elle se souvenait du jour où elle l'avait acheté avec Danielle, une tempête comme celle de ce soir c'était abattue sur elles sans prévenir alors qu'elles étaient en pleine visite de Boston pour un week-end. Elles étaient alors entrées dans la première boutique qu'elles avaient croisées pour s'abriter. Elles eurent la surprise de découvrir une galerie d'art qu'elles visitèrent de long en large avant de remarquer que le temps ne c'était pas adoucit. Elles s'étaient donc décidées à aller dans la boutique souvenir et à acheter un parapluie qui leurs avait coûté le double du prix habituel.

Regina serra un peu plus cet objet qui contenait une multitude de souvenir avant de refermer presque brusquement le coffre. Elle était terrifiée, pas de confier à Emma un objet si important pour elle, mais à l'idée de changer d'avis. Elle revint en trottinant et tendit le parapluie à la blonde devant une Margot de plus en plus interloqué qui en connaissait la valeur sentimentale. Emma le saisit doucement avec un remerciement qui franchit ses lèvres mais Regina le retint.

- Je tiens à le récupérer, précisa-t-elle.

- Bien évidemment.

- Dans les plus brefs délais.

- Quand vous voulez.

- Lundi à mon restaurant, j'y suis toute la journée.

Regina peinait à croire qu'elle ait pu avoir une telle audace. Ces dernières actions ne lui ressemblaient absolument pas, même avant le décès de Danielle, elle n'aurait jamais agi de la sorte. Elle attendit une réaction d'Emma refusant de lâcher prise avant d'obtenir sa réponse et d'avoir la certitude de pouvoir revoir la blonde.

- Très bien, je viendrai.

- Dans ce cas, elle laissa Emma s'emparer du parapluie, je vous dis à lundi Miss Swan.

- A lundi Regina, sourit la blonde en ouvrant la protection contre la pluie. Tilly, on y va. Et je t'interdis de me réveiller aux aurores demain matin.

- Définie « aux aurores », une erreur est si vite arrivée, s'amusa-t-elle avant de se glisser sous le parapluie.

- Arrête de jouer sur les mots, grogna Emma.

- Désolée, ça je ne sais pas faire.

Les deux blondes s'engouffrèrent sous la pluie diluvienne, protégées par le parapluie de Regina qui les regarda s'éloigner avec un léger pincement au cœur. Cette rencontre hasardeuse avait un goût de trop peu. Jusque-là, à chaque fois qu'elle avait croisé Emma, cette dernière avait tout fait pour prolonger la conversation. Ce n'était pas le cas aujourd'hui et la brune se retrouvait quelque peu déstabilisé.

Elle glissa sa main sur le bras de sa nièce, l'invitant à la suivre. Elle ouvrit la portière côté passager pour laisser Margot monter dans la voiture avant de s'installer devant le volant. Le moteur était allumé, la musique défilait sous le vacarme des essuie-glaces pourtant, Regina ne démarrait pas. Son instinct lui dictait que quelque chose n'allait pas. Emma n'était pas comme d'habitude. La blonde avait refusé de la suivre, de prolonger leur discussion alors même que Regina lui avait proposé exactement ce qu'elle voulait depuis le début, partager un moment autour d'une boisson chaude. Pourquoi ? C'était incompréhensible.

- Gina, commença doucement Margot, est-ce que…

Sa nièce se stoppa net et Regina s'inquiéta aussitôt, elle devait arrêter de tergiverser et penser au bien-être de Margot avant tout. Seulement contrairement à la plus jeune, elle n'avait pas vu une ombre s'approcher de la voiture en courant. Elle sursauta donc quand on frappa doucement à la vitre. Elle se retourna pour découvrir Emma, maintenant les deux pans de sa veste et quelque peu recroquevillée, certainement pour minimiser le froid.

Regina surprise ouvrit sa fenêtre, la pluie entra dans la voiture mais étrangement ce détail lui était égale. Avant que la vitre finisse son cycle et arrive totalement en bas, elle prit le temps de bien observer Emma. Ses cheveux trempés lui rappelèrent leur première rencontre. Et c'est dans ce laps de temps très court que Regina se rendit compte à quel point Emma était belle. Elle était tout l'opposé du genre de femmes chez qui s'attardaient ses yeux pourtant, elle était belle et bien sublime. Il ne semblait rien avoir d'artificiel, Emma était dotée d'un naturel dans son physique et dans son comportement qui la rendait véritablement unique.

La blonde sourit une fois que la fenêtre eut finit sa course. La pluie était une ennemie de plus en plus redoutable, heureusement il n'y avait pas de vent donc elle parvenait à rester un minimum stable. Et avant de changer d'avis, elle tendit l'emballage papier d'un plat de chewing-gum. Regina fronça les sourcils devant son geste, que pensait Emma que sa voiture était un dépotoir ?

- J'ai fait avec les moyens du bord. En plus ce foutue chewing-gum n'a aucun goût, elle grimaça, dès que je trouve une poubelle, je m'en débarrasse. Tilly a toujours un voir dix crayons sur elle alors, elle tend un peu plus le papier vers Regina, c'est pour vous.

- Merci, souffla Regina étonnée et quelque peu déconcerter.

- De rien. Oh et, elle pointa l'adolescente du doigt, Margot c'est bien ça ? Bref, je me les gèle… Tilly m'a demandé de te donner ce livre, elle lui tendit, vu l'état, elle a déjà dû le lire une bonne centaine de fois.

Margot saisit le roman qui, en effet, était en piteuse état. Elle pouvait voir qu'il avait été plié en deux, que les pages étaient cornées. Elle fit défiler les pages qui avait légèrement jaunie et remarqua que certaine étaient plié sur le côté, d'autre avaient été annotées et certaine étaient même habillées de post-it. Elle le referma pour observer plus en détail la couverture. Elle découvrit le titre Le Mont Analogue. Elle ne connaissait pas et même n'en avait jamais entendu parler.

Quand elle releva les yeux, Emma était partie mais la fenêtre était toujours ouverte, la pluie continuait de s'infiltrer dans le véhicule et pourtant Regina ne réagissait pas. Son regard était comme complètement absorbé par le bout de papier entre ses mains. Margot avait deviné qu'il y avait certainement quelque chose d'écrit dessus pourtant sa tante ne l'avait pas encore retourné pour découvrir ce qui avait été inscrit. Et, ce n'était pas le plus choquant pour l'adolescente, le comportement de la brune était certes étrange, cependant rien n'égala le sourire immense qui étirait ses lèvres à cet instant. Margot ne parvenait pas à ce souvenir de la dernière fois qu'elle l'avait vu être si heureuse.

Elle n'osa donc pas lui faire une quelconque remarque, attendant simplement que Regina se ressaisisse et profitant de ce bonheur qui l'animait. Margot se retourna tout de même, elle eut à peine le temps d'apercevoir les deux blondes couvertes du parapluie de sa tante disparaître à un coin de rue. Emma Swan… elle se répétait encore et encore ce nom en essayant de se souvenir si Regina l'avait déjà évoquée. Non, jamais. Elle en aurait mis sa main à couper, c'était la première fois qu'elle entendait parler de cette mystérieuse blonde. Par quel miracle parvenait-elle à faire sourire sa tante aussi facilement ? Depuis quand se connaissait-elle ? Et surtout pour quelles raisons Regina n'avait jamais parler d'elle alors que de toute évidence, elle parvenait à la rendre heureuse avec un petit rien ?

- Gina, reprit Margot prudemment.

- Margot, elle prononça son prénom comme si elle avait complètement oublié sa présence, excuse-moi, elle plia délicatement le bout de papier qu'elle rangea précautionneusement dans la poche de son manteau, nous rentrons, elle referma sa fenêtre avant de démarrer. Je suis désolée. Comment c'est passé la soirée ? Tu as tenue un peu plus de deux heures. C'est un progrès, elle était sincèrement heureuse de ce constat. Tu penses réitérer l'expérience ?

- Qui est Emma ?

- Oh… une connaissance, je suppose.

- Tu as prêté le parapluie de Dani à une connaissance ?

- Je sais qu'elle va me le rendre. Emma est sincère et tient parole.

- D'accord. C'est toujours bizarre mais d'accord.

- Et toi, je ne crois pas t'avoir déjà entendu parler d'une certaine Tilly.

- Première fois que je la vois, se dédouane immédiatement Margot, elle est amie avec London, pas avec Ezra.

- Comment est-elle parvenue à te calmer ?

- Je… je n'en sais rien, répondit-elle honnêtement, nous avons simplement parlé. Elle est, Margot réfléchit à la meilleure façon de décrire la blonde, unique en son genre. Et toi pour Emma ? Elle semble aussi… assez exceptionnelle.

Exceptionnelle, ce mot faisait un étrange écho dans le subconscient de Regina. Il était vrai qu'Emma l'était, il serait futile de le nier. C'était bien évidement une personne incroyablement remarquable et si elle devait aller plus loin, elle dirait extraordinaire. Regina ne serait pas vraiment l'expliquer mais la blonde avait une sorte de magie en elle qui obligeait ceux qu'elle rencontre en tout cas elle-même, à se révéler. Elle créait des situations inhabituelles, comme laisser une simple enveloppe sur une table ou construire une petite boîte aux lettres dans un parc, et ses idées atypiques la rendait véritablement singulière. Regina dirait même remarquablement surprenante, assez pour bousculer une âme fatiguée et meurtrit comme la sienne et lui donner de nouveau envie d'avancer. Un esprit joyeux, insouciant et déterminé rare qui lui devenait au cours des rencontres et des mots laissés terriblement précieux.

Indispensable. Les anecdotes avaient commencées seulement depuis une semaine et pourtant, Regina ne parvenait pas à s'imaginer ce qu'elle pourrait ressentir si tout s'arrêtait. Elles étaient devenues primordiales. Emma lui apportait une fantaisie et une insouciance qu'elle pensait perdues à jamais. La blonde l'avait bousculé, sans aucune violence et si au début elle s'était sentie menacée, à cet instant… à cet instant… oui, Regina se sentait heureuse d'avoir croisé la route d'une personne qui soit capable malgré son cœur brisé de l'exposer à nouveau, de le marquer et de lui permettre de se dévoiler.

Regina commençait à se rendre compte que si avoir perdu Danielle lui laissait un sentiment horrible et dévastateur d'abandon semblable à un démembrement. Que si un cœur mutilé ne pouvait peut-être plus battre comme avant, il lui était possible de réapprendre des petits tours trahissant un retour à la vie. Ce n'était pas parce que nous étions morcelés que l'on devait s'interdire de subsister. Après la mort de sa femme, Regina c'était en quelque sorte interdit de respirer. Sourire grâce à Emma avait été un véritable électrochoc, elle l'avait réanimé.

Non. Emma n'était pas exceptionnelle. Elle était beaucoup plus, mais Regina ne saurait pas trouver les mots pour l'expliquer à Margot et qu'elle puisse saisir toute l'ampleur qu'avait pu avoir l'apparition de la blonde dans sa vie.

- Regina ?

- Oui, reprit-elle en sortant de ses pensées, oui elle l'est enfin je crois. Je ne la connais pas vraiment.

- Tu ne la connais pas vraiment, s'étonna Margot. Qu'est-ce que c'est sensé vouloir dire ?

- Exactement ce que je viens de dire.

- Et tu lui as confié le parapluie de Dani, cette information troublait véritablement l'adolescente, pourquoi ?

- Parce qu'elle en avait besoin.

Margot s'étonna que la réponse de Regina soit aussi simpliste. Elle dévisagea le profil de sa tante. Quelque chose lui échappait et le fait qu'elle ne parvienne pas à saisir quoi la perturbait. Il est vrai que Regina s'était énormément renfermée pendant la maladie de Danielle et encore plus après sa mort mais pas avec sa famille, pas avec sa mère, Henry et elle. Bien entendue, le fossé qui existait déjà avec Cora c'était encore agrandit d'ailleurs, Margot ne la considérait pas du tout comme étant de sa famille. Elle ne connaissait rien de cette femme, sa mère ayant toujours mit un point d'honneur à la protéger de l'influence néfaste de la matriarche des Mills.

La jeune adolescente conclut qu'elle ne parviendrait pas à obtenir des réponses plus claires pour ce soir. Et, elle ne souhaitait pas harceler sa tante, préférant qu'elle s'ouvre quand elle se sentirait prête. La voiture se stationna devant la grande maison de Regina. Cette dernière coupa le moteur avant de retirer ses clefs et de se tourner vers sa nièce. Elle la fixa un moment avant de demander :

- Tu es certaine que ça va aller ?

- Oui. Je suis plus forte que ce que j'en ai l'air.

- Je n'en ai jamais douté, assura Regina en serrant doucement le bras de Margot. Je ne sais pas ce que tu peux ressentir après ce que tu as vécu mais si je sais une chose c'est que se reconstruire est difficile. Je suis là si tu as besoin de parler.

- Je sais. C'est pour cette raison que j'aime autant passer du temps avec toi. Ma mère a tendance à un peu trop me protéger alors que tu me dis toujours la vérité même si elle est douloureuse.

- Tu veux savoir ce qui m'effraie le plus depuis quelque temps ?

- Oui, si tu as envie d'en parler.

- Je commence à oublier. C'est des détails qui peuvent paraître insignifiant pourtant parfois, je me rends compte que je ne parviens plus à me souvenir avec exactitude de tous les traits du visage de Danielle alors je me précipite sur une photo et je les réapprends. Je… son rire aussi, il commence à m'échapper, comme sa voix. Tu te souviens de cette façon affreuse qu'elle avait d'imiter ma mère, elle surjouait son caractère exécrable et mes réactions. Je détestais ça, vraiment, à chaque fois elle me mettait hors de moi. J'avais la désagréable impression qu'elle ne me soutenait pas pourtant, il y a peu je me suis retrouvée obligée de partager une heure de mon temps avec ta grand-mère et j'avais beau essayer, les détails de l'attitude de Dani dans ces moments là ne se ravivait pas.

- Je suis désolée Regina.

- Non, ne le sois pas. Je crois que c'est une manière certes un peu cruelle de m'obliger à avancer. Il est temps que je me créer de nouveaux souvenirs.

- Tu continue à aller au parc ?

- Tous les jours. Mais là ou je voulais en venir c'est qu'à un moment ou à un autre, pour toi aussi les souvenirs vont s'estomper avec le temps se sera moins douloureux et tu auras moins peur d'avancer.

Regina serra doucement la cuisse de Margot pour la soutenir et la rassurer. L'adolescente sourit en inspirant profondément. Les larmes étaient au bord de ses yeux. La pression de ses doigts s'accentua sur le livre que venait de lui confier Emma de la part de Tilly. Elle se replongea dans les quelques instants qu'elle avait partagé avec la blonde. Aussi incroyable que cela puisse paraître, tout le long de leur discussion Margot avait complètement oublié ce mal-être qui la rongeait de l'intérieur depuis quelques années déjà.

Une douleur qu'elle savait irréelle s'éveilla dans son épaule droite. Elle se diffusa pour irradier tout son bras. Elle relâcha ses doigts pour tenter de stopper la propagation du mal. Le livre tomba sur ses genoux et s'ouvrit, la page était complètement recouverte de post-it de couleur différente ou les mêmes mots y étaient inscrit : « Ce n'est peut-être pas dans l'ordre naturel des choses, mais ne vaut-il pas mieux marcher avec la tête que penser avec les pieds, comme il arrive souvent ? ». Margot fronça les sourcils. Il y avait une sacrée couche de papier qui recouvrait la page comme si Tilly avait cherché à la faire disparaître. Cette jeune femme avait véritablement un côté étrange.

Dans la marge de la page de gauche est inscrit à la main, dans la marge : « Qui peut dire où commence le rêve et où fini la réalité ? » et en plein milieu, en diagonale comme si encore une fois Tilly avait cherché à cacher les mots de la page, les rendant complètement illisibles, elle avait inscrit au feutre rouge, passant et repassant les lettres de plusieurs traits : «Aucune épreuve n'a jamais été surmontée en versant des larmes.». Margot reprit le livre entre ses mains et fit défiler quelques pages, la plupart étaient devenues illisibles.

- Pourquoi elle a fait ça ?

- Margot, reprit Regina surprise.

- Le livre, elle lui montra l'ouvra devenu indéchiffrable par les notes de Tilly, il est impossible de le lire.

- «Mais alors, Regina commença à lire une inscription écrite sur un post-it jaune alors que des lettres étaient entourées en bleu foncé un peu partout sur la page, si le monde n'a absolument aucun sens, qu'est ce qui nous empêche d'en inventer un ?». Ton amie doit connaître ce livre par cœur, elle a entouré toutes les lettres qui compose cette question dans l'ordre. Je ne crois que ce livre soit fait pour être lu.

- A quoi donc sert un livre si ce n'est à être lu ?

- Je crois que c'est à elle qu'il faut le demander, suggère Regina.

- Pourquoi, Margot murmurait si bas que sa tante ne saisit qu'un mot sur deux, lire un livre sans fin ? Tilly a répondu : Pourquoi en lire un avec une fin ? Ecrire, continua-t-elle plus fort, l'histoire différemment. Je crois que c'est ce qu'elle fait.

- Et bien… c'est intéressant.

- Tu trouves ? Je trouve que c'est plutôt fou…

- La plupart des gens bien le sont, répondit Regina en obligeant Margot à refermer le livre. Je crois que tu devrais revoir cette jeune fille. Je suis certaine qu'elle peut t'aider.

- Et toi tu devrais revoir cette Emma.

- C'est déjà prévu, de nouveau Margot vu un magnifique sourire orné les lèvres de sa tante. Rentrons, je veux m'assurer que Henry dort toujours et qu'il n'a pas remarqué mon absence.

Les Mills entrèrent dans la grande maison au même moment où, à l'autre bout de la ville, Emma composa le code pour déverrouiller le hall d'entrée. Elle replia le parapluie, le secoua et s'engouffra à l'intérieur soulager d'enfin être au sec et au chaud. Tilly fit une feinte, subtilisa les clefs de l'appartement de l'appartement de l'amie de son père avant de se précipiter vers les escaliers en riant joyeusement et en proclamant qu'elle était la première à prendre sa douche. Emma soupira mais elle ne put s'empêcher de sourire.

Cette gamine était une vraie bouffé d'air frais. Elle avait cette incroyable capacité d'apporter la joie partout où elle allait. Emma n'avait jamais parlé de son passé douloureux, ni à elle, ni à Rogers. Pourtant, fin septembre, le jour de l'anniversaire de l'accident meurtrier qui l'avait rendu orpheline, Tilly était apparue dans son bureau avec une boîte de donuts, un chocolat chaud à la cannelle et un mp3 ne comportant que des musiques qui étaient adapté à sa morosité du jour. Emma sourit un peu plus tristement au souvenir en appelant l'ascenseur. Elle ignorait comment l'adolescente avait su que ce jour là en particulier, elle était plus triste mais ses attentions avaient été plus que bienvenue.

Les portes s'ouvrirent, elle entra dans l'ascenseur avançant jusqu'au fond, appuyant sur le bouton de son étage au passage et s'appuya contre le miroir. Durant la monté, son regard devint vide au souvenir de Regina lui proposant de la raccompagner. Elle revoyait parfaitement la Mercedes. La vague d'angoisse qui l'habitat alors à ce moment précis avait été si violente qu'elle était particulièrement fière d'avoir trouver un moyen de refuser la proposition de la brune. Emma espérait seulement qu'elle n'avait pas ruiné toute ces chances de connaître Regina.

- Merde.

Emma était en colère, contre elle, contre cette peur viscérale, contre son passé, contre absolument tout. Elle appuya sa tête contre la paroi froide de l'ascenseur qui continuait de grimper les étages sans se soucier de son état émotionnel. Elle aimerait que le temps s'arrête, qu'il lui permette de mieux assimiler ce qui venait de se passer et de l'accepter. C'était tellement stupide. Emma aurait dû trouver un moyen de monter dans cette voiture. Elle aurait dû…

- Merde !

La petite sonnerie à l'ouverture des portes retentit et elle se précipita pour sortir de la cage d'acier. Elle traîna des pieds jusqu'à son appartement, soupira en enlevant son manteau, sortit son portable de sa poche et déposa le parapluie près de son armoire à chaussures. Elle s'avança jusque dans son salon et sans allumer la lumière se laissa tomber dans son canapé. Elle regarda son téléphone, désespérée.

Regina ne l'appellerait pas. La brune n'avait donné aucun signe de vie ces dernières semaines. Les notes qu'Emma avait laissé depuis dimanche l'avait fait espérer mais elle n'avait reçu aucun message. Son comportement de ce soir n'allait pas arranger les choses.

Emma savait qu'elle n'aurait aucune nouvelle de Regina. Elle le savait pertinemment et pourtant, elle continuait de vérifier, encore et encore. Elle voulait seulement une chance, une seule, de pouvoir s'excuser et s'expliquer bien mieux que ce qu'elle avait gribouillé sur ce foutu bout de papier à chewing-gum.

- Emma, tout va bien ? Demanda Tilly en sortant de la douche, se séchant les cheveux avec une serviette, pourquoi tu es dans le noir ?

- Laisse-moi déprimer en paix, baragouina la blonde sa voix étouffée par un oreiller.

- Tu n'es pas toi-même, c'est à cause de cette Regina ?

- J'aurai dû monter dans sa voiture, répondit Emma plaintive en se retournant sur le dos.

- Ouais… très bonne idée, elle aurait à peine démarré que tu serais sortie en courant.

- C'est pas faux.

- C'est cette Regina le : «je suis désespérée et j'aimerai vraiment que vous m'appeliez ?», parce que nous n'avons jamais reparlé de cette lettre. Je suis toujours d'accord pour t'aider.

- J'ai trouvé un autre plan pour l'instant il n'y a pas de résultat mais je ne désespère pas.

- Pas de résultat, s'étonna Tilly, elle t'a littéralement invité dans son restaurant.

- Seulement pour récupérer son parapluie, éluda Emma tristement.

- Euh non, je ne crois pas. Le parapluie était une excuse.

- Tu crois, interrogea Emma pleins d'espoir, tu le crois vraiment ?

- Hum, je le crois. Qu'est-ce que tu as écrit sur le papier que tu lui as donné ?

- Rien qui te regarde.

Emma fit un clin d'œil amusé à Tilly en croisant ses bras sous sa tête. L'adolescente avait peut-être raison, Regina lui avait donné rendez-vous lundi, tout n'était pas perdu. Quand elle la rejoindrai dans son restaurant, Emma s'excuserai comme il faut pour son refus de la suivre. En attendant, elle espérait que le mot qu'elle lui avait donné la dédouanerait jusque-là.

Regina se laissa lourdement tomber dans son lit. Cette soirée avait été lourde en émotion. Elle peinait à croire que son chemin ait une nouvelle fois croisé le chemin d'Emma. D'autant plus, que sans Margot ce ne serait jamais arrivé. Elle était plongée dans le noir, prête à sombrer, exténuée quand elle se souvint du papier de chewing-gum.

Elle hésita à se relever pour aller le chercher et découvrir les mots d'Emma. Il ne lui fallut pas longtemps pour rallumer sa lampe de chevet, sortir de sa chambre et descendre discrètement les escaliers pour récupérer la note de la blonde dans la poche de son manteau. Elle retourna dans sa chambre, s'installa confortablement et déplia délicatement le papier du plat de chewing-gum, un sourire déjà sur ses lèvres.

Anecdote n°8,

Je suis désolée. Je suis terrifiée en voiture, du genre vraiment tétanisé. Ne m'en voulez pas. Je suis désolée… je l'ai déjà dit et j'ai peu de place mais je le suis : désolée. Je le suis vraiment. Je sais que ce genre de peur peut paraître irrationnelle mais je n'ai même pas le permis c'est quelque chose que je ne peux pas faire, conduire.

P.s. : Je crois que Tilly a tapé dans l'œil de Margot. Qu'en pensez-vous ?

Regina lissa un peu plus le papier particulièrement fin mais s'arrêta rapidement en réalisant que l'écriture d'Emma s'effaçait sous ses doigts. Son sourire s'était fané. La blonde s'était excusée pas moins de quatre fois, avec si peu de mots. Elle peinait à imaginer une peur telle que l'idée même d'entrer dans un véhicule puisse vous paralyser.

L'adolescente qui l'accompagnait avait précisé qu'il avait fallu plus de cinquante jours à Emma pour entrer dans la voiture de patrouille que son père conduisait. C'était énorme et maintenant, comment se sentait-elle ? Arrivait-elle à gérer ses angoisses tous les jours ?

Regina était inquiète pour une inconnue. Non, pas une inconnue, Emma. Elle était mortifiée que la blonde puisse se mettre en difficultés chaque jour pour exercer son travail. Elle mettait ses émotions à rude épreuve et toute cette torture quotidienne pour quoi ? Jouer au héro et arrêter des tueurs et autres psychopathes ? A quel moment Emma avait trouvé que c'était une bonne idée ? Combien de fois la brune avait-elle lu un article sur un agent de police blessé par balle ou pire encore tué ?

Le rythme cardiaque de Regina doubla, sa main tremblait. C'était à son tour d'être terrifiée. Elle souhaitait vraiment apprendre à connaître la blonde, elle voulait sortir de sa zone de confort, vivre à nouveau. Mais… que se passerait-il si après Danielle, Emma aussi lui était arraché ?

Regina était exactement comme Emma un peu plus tôt dans la soirée : tétanisée.


Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! Que pensez-vous de cette suite ? Avez-vous apprécié la première rencontre entre Tilly et Margot ? Et le nouveau face à face entre Regina et Emma ? La brune a fait un énorme pas vers la blonde, espérons seulement que la peur ne l'empêche pas de se rendre au rendez-vous qu'elle a fixé à Emma.

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

Durant le confinement, je me suis constituée un programme d'écriture (pour m'occuper, franchement, les journée sont bien longue...) qui devrait me permettre de vous publier 1 ou 2 chapitres de "When I See You Tomorrow" par semaines. En parallèle, je continue de publier NMRP tous les vendredi et 2 ou 3 chapitres de "Les amis ne s'embrasse pas sous la neige" par semaine. Prenez soin de vous !

En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre !

GeekGirlG.