Salut ! Bienvenue dans ce nouveau chapitre.
Résumé : Une lettre pour réparer un cœur, voilà le genre de chose qui ne se produit que dans les films ou les livres, du moins c'est ce que pensait Regina Mills jusqu'à ce qu'elle rencontre Emma Swan. Une maladresse, un sourire et tout avait commencé à dégénérer, les barrières de la brune s'effondraient une à une et toute cette pagaille à cause de cette blonde beaucoup trop déterminer à prendre un café avec elle.
Aucun des personnages de l'univers de Once Upon A Time, ne m'appartiennent !
Je remercie MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire cette fanfiction pour que la lecture vous soit plus agréable.
Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. Je vous retrouve en bas.
When I See You Tomorrow
If the stars were mine Si les étoiles étaient miennes
I'd give them all to you Je te les donnerais toutes
I'd pluck them down right from the sky Je les cueillerais juste en bas du ciel
Melody Gardot – If The Starts Were Mine
Chapitre 6 : Un mot pour te faire sourire
Comme tous les matins depuis quelque temps, Margot se réveilla en sursaut. Elle se redressa vivement, ne reconnaissant pas sa chambre. En alerte, elle scanna chaque recoin de la pièce avant de se souvenir qu'elle était chez Regina et qu'elle dormait sur le lit de camp préparé par Henry. Un soupire lui échappa avant qu'elle ne se lève discrètement pour sortir de la chambre et éviter de réveiller son cousin.
Elle referma doucement la porte de la chambre puis descendit les escaliers son portable vissé à sa main. C'est sans surprise que Margot entendit déjà du bruit provenir de la cuisine. Elle verrouilla son téléphone en souriant. Regina n'avait pas besoin de savoir qu'elle avait de nouveau fait un cauchemar. Elle se glissa discrètement dans la cuisine et fronça légèrement les sourcils en découvrant sa tante non pas en pleine préparations mais à fixer son écran avec un sourire resplendissant.
Regina ne devrait pourtant pas alors qu'elle lisait le premier sms d'Emma de la journée, elle se sentie particulièrement heureuse et apaisée. Voilà trois semaines qu'elles avaient échangées leurs numéros et depuis pas un jour ne passait sans que l'une ou l'autre prenne des nouvelles. En plus, Emma continuait de déposer des notes dans la boîte aux lettres quotidiennement. Elles apprenaient à se connaitre et Regina devait bien s'avouer qu'elle appréciait de plus en plus la blonde. Emma était incroyable, sensationnelle.
Et parfois, Emma avait le courage de la rejoindre sur son banc et elles discutaient jusqu'à ce qu'il soit l'heure pour Regina de rejoindre son restaurant. La blonde était revenue une fois au Queen's Heart, à l'heure de la fermeture. Elle attendait la brune près de sa Mercedes avec deux vrais gobelets dans les mains, un thé et un chocolat chaud avec un sourire aux lèvres. Regina avait deviné que ce soir-là quelque chose n'allait pas pour son inconnue et pourtant Emma avait passé chacune des minutes passées ensemble à essayer de la faire sourire et rire. Alors pour cette fois, Regina ne releva pas la tristesse dans les yeux de celle qui s'imposait de plus en plus comme une véritable amie. Mais elle s'était promise silencieusement que si elle décelait de nouveau cette nostalgie, elle chercherait à savoir ce qui se cachait derrière tous les sourires de cette magnifique et incroyable jeune femme.
Regina répondit au sms avant d'abandonner son téléphone sur le plan de travail, les lèvres étirées à leur paroxysme quand elle se retourna pour continuer la préparation des cookies. Elle sursauta violemment en découvrant Margot qui la fixait depuis la porte de la cuisine. C'est la main contre son cœur qu'elle prononça un faible :
- Mince, tu m'as fait peur.
- Désolée, grimaça Margot.
- C'est rien, sourit Regina, mais apprend à faire plus de bruit… tu es comme ta mère, elle aussi avait le don de toujours se glisser dans mon dos en mode ninja, j'ai frôlé la crise cardiaque plus d'une fois.
- Tu travailles toute la journée aujourd'hui ?
- Oui, mes lundis sont surchargés.
- Henry m'a de nouveau demandé pour le musé. Tu es toujours d'accord pour que je l'emmène ?
- Aucun problème. Tu comptes y aller dans la journée ?
- Hum… je me suis dit que je pourrais l'emmener au restaurant avant.
- Tu compte faire marcher la concurrence, s'amuse Regina.
Margot observa sa tante confectionner des petites boules avec la pâte à cookie, le sourire aux lèvres, détendue. Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas vu Regina aussi sereine. En fait, non… ce sourire, c'était le même que ce soir-là. Elle se demandait si cette énigmatique Emma se cachait derrière cette bulle de plénitude qui entourait la brune.
- Concurrence à ton restaurant étoilé avec un McDo, je ne crois pas.
- Je déteste quand tu emmènes mon fils manger de la malbouffe.
- Je pourrai essayer autre chose mais il me ferait son regarde de chien battu et je finirai par céder. Je le sais, autant ne pas se voiler la face.
- Très bien, essaye au moins de ne pas lui acheter de glace en sortant du musé.
- Okay.
- Ni une barbe à papa !
- Outch ! Tu es dure Gina ! Et si moi je veux une barbe à papa ?
- Ni de pomme d'amour d'ailleurs.
- L'optique de cette journée devient de moins en moins drôle.
- Et tu oublies aussi ce… cette… chose.
- Là, c'est trop me demander ! Les cornets de bonbons sont une obligation.
- Je n'appellerai pas ce cocktail de sucre nocifs pour la santé un cornet de bonbon, c'est tout bonnement la mort saupoudré de glucose et enrobé de plastique.
- Tu n'exagères pas un tout petit peu là ?
- Abso…
Regina fut interrompue par l'entrée théâtrale de Tink dans sa cuisine. Sa meilleure amie avait pris la mauvaise habitude de débarquer tous les matins de cette façon pour la bombarder de questions sur Emma. La curiosité de la petite blonde devenait quelque peu contraignante, mais pour le moment Regina tenait bon. Elle n'avait lâché aucune information et était parvenue à garder pour elle que la femme du parc et Emma était une seule et unique personne.
- Donc reprenons où nous en étions ! Dis-moi tout sur cet Emma !
- Emma, prononça Margot incertaine.
- Figure toi, chère Margot que Regina Mills ici présente à son premier coup de cœur depuis une éternité et tout ce que j'ai réussie à savoir c'est qu'elle s'appelait Emma mais je compte bien en apprendre plus !
- Emma, répéta l'adolescente en observant sa tante incertaine.
- Tu peux acheter absolument toutes les cochonneries que tu veux à Henry, tenta Regina en rougissant sous le regard ahuri de Margot.
- Mazette ! Ta nièce en sait plus que moi sur l'affaire Emma ! Margot, Tink lui fit signe d'approcher, viens plus près, veux-tu ?
- Vous êtes encore en train de crier, se plaignit Henry en arrivant dans la cuisine, se frottant les yeux et étouffant un bâillement. C'est le premier jour des vacances.
- Désolée mon petit prince. Tink, elle lança un regard noir à sa meilleure amie, devrait apprendre à maîtriser les octaves de sa voix.
- Tu permets, il faut que j'ai une discussion avec ta nièce.
- Henry, explosa presque Margot voulant échapper à cette conversation, va te préparer, je t'offre le petit déjeuner dehors !
- Super cool ! Prem's sur la douche !
- Dans ce cas prem's sur la chambre !
Tink observa sans pouvoir rien faire son seul espoir d'en apprendre plus sur Emma disparaître dans le salon. Elle tenta de la suivre mais Regina lui barra la route, lui rappelant gentiment qu'il fallait éviter de bousculer l'adolescente. Evidemment, sa meilleure amie aurait pu protester seulement Rose ne savait que trop bien avec quels démons la jeune femme devait vivre. Alors elle n'insista pas mais se promit de tenter de nouveau sa chance, sans pour autant prendre Margot au piège. Ce serait délicat mais elle devait en savoir plus.
- Je n'arrive pas à croire que tu en ais dis plus à Margot qu'à moi, soupira-t-elle en plongeant son doigt dans la pâte à cookie. Tu pourrais au moins me dire ce qu'elle sait, que nous soyons à égalité.
- Laisse tomber, sourit Regina.
- Tu n'es pas drôle ! On est lundi, tu veux que je repasse dans la soirée pour m'assurer que tout se passe bien avec Henry.
- Margot est là, je pense que tu peux… faire ce que tu fais quand tu n'es pas chez moi.
- C'est-à-dire jamais, s'amusa Rose. Houlà, tellement de possibilités… je suis paralysée pour ces différents choix possibles.
- Viens au restaurant avec quelqu'un si tu veux, c'est moi qui offre.
- Je vais y réfléchir sérieusement ! Je vais peut-être enfin laisser sa chance à Steve… qui sait ?
- Hum…
- Argh ! Tu n'es pas drôle ! Je te parle d'un inconnu et tout ce que tu as à dire c'est «Hum» ? Regina !
- Tu crois que j'ignore que si je dois t'interroger sur ce Steve, à supposer qu'il existe, tu vas en profiter pour devenir impossible au sujet d'Emma ? Hors de question ! Je ne tomberai pas dans un piège aussi évident.
- Tu n'es pas drôle…
- Je te connais par cœur Tink.
- Très bien, soupira la petite blonde en fixant sa meilleure amie. Dis-moi au moins une chose, Regina sentit une sincère inquiétude dans sa voix, c'est… quelqu'un de bien ? Elle ne va pas te briser le cœur pour un oui ou pour un non ?
- Emma est, un long silence suivit ces deux mots, attentive.
- Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ?
- Que lorsque je la vois, elle cherche toujours à me faire sourire.
- Attentive, Tink sourit plus apaisée, ça me plait… attentive, répète-t-elle pensive. Et ça fonctionne ? Question stupide, se reprit-elle rapidement en voyant l'étirement des lèvres de sa meilleure amie, cette Emma paraît douée à ce jeu.
Satisfaite par cette nouvelle information Rose changea de sujet, abordant une conversation moins éprouvante pour Regina. La petite blonde était bien obligée de constater que sa meilleure amie était sincèrement plus heureuse depuis que son chemin avait croisé celui de cette mystérieuse Emma. Quand elle quitta la maison des Mills, elle constata qu'il lui restait du temps avant de se rendre à son travail. Elle ne partait jamais aussi tôt, elle vivait presque avec Regina et Henry. D'une certaine manière, sa vie c'était elle aussi mise entre parenthèse après le décès de Danielle.
Rose avait plus de liberté que Katherine qui avait un mari et une adorable petite fille. De plus, elle ne pourrait jamais se résoudre à laisser Regina se dépatouiller seule dans cette situation. Son amie avait une certaine tendance à donner une autre image d'elle. Si on n'y faisait pas attention, la brune pouvait parfaitement faire croire à qui bon lui semble qu'elle était quelqu'un d'autre. Jamais, elle ne s'abaisserait à dire qu'elle n'allait pas bien, elle portait un masque constant en grande partie à cause de Cora. Rose avait conscience qu'elle était une exception dans la vie de son amie, elle avait le privilège de connaître la vraie Regina en partie parce qu'elle avait été présente dans les pires moments de sa vie.
Et pour rien au monde Rose ne laisserai la vraie Regina disparaître. Elle inspira profondément en entrant dans le cimetière, elle fit un signe au gardien qui hocha poliment la tête. Elle ne savait plus exactement quand elle avait pris cette habitude de venir parler à Danielle mais depuis quelque temps c'était un arrêt quasi quotidien. Elle s'arrêta devant la tombe, s'agenouilla pour retirer les fleurs trop abîmées avant d'observer un long moment la photographie qui lui faisait face. Un soupire lui échappa avant qu'un rire mélodieux ne résonne partout autour d'elle, un sourire subsista sur ses lèvres quand elle dit :
- Emma est attentive, c'était un profond soulagement. Tu imagines Dani ? Attentive… c'est pile ce dont a besoin Gina.
Rose continua de s'étendre sur Regina et Henry, c'était un véritable exécutoire. Elle pourrait facilement rester ici et parler durant des heures. D'autant plus depuis qu'elle avait remarqué les changements positifs chez sa meilleure amie. Il y avait tellement à dire, elle était si heureuse de retrouver une certaine part d'insouciance chez Regina. Rose avait envie de hurler au monde que son amie allait se relever que toute cette tristesse ne l'écraserait pas mais elle se contenterait de faire part de ces incroyables progrès à celle qui lui avait fait promettre de vivre après elle.
A quelques kilomètres de là, Margot marchait silencieusement, pensive alors que Henry s'était lancé dans un véritable monologue, décrivant avec précision tout ce qu'il avait l'intention de voir et faire dans la journée. Le petit garçon était surexcité, bien plus que d'habitude. Il avait remarqué qu'il parlait énormément, c'était comme si le bonheur qu'il ressentait en ce moment était beaucoup trop imposant et qu'il devait trouver un moyen de sortir de son petit corps.
Ils arrivaient enfin devant le musée d'histoire naturelle après avoir passé la matinée à se balader dans New-York et manger un McDo. Henry se précipita dans les escaliers, les montant à une vitesse incroyable. Margot écarquilla les yeux paniquée en élevant la voix pour qu'il soit plus prudent. Le jeune homme sautilla sur place en arrivant devant le guichet de billets. En arrivant à sa hauteur, sa cousine passa une main dans ses cheveux en se penchant pour se plonger dans ses yeux, il sourit lui de toutes ses dents.
- Okay petit monstre, elle plissa les yeux, qu'est-ce que tu me caches ?
- J'ai emmené des talkies-walkies, répond-il en les sortant de son sac et en donnant un à Margot.
- Je vois, s'amusa la plus âgée.
- Je me suis dit que tu pourrais me laisser exploré tout seul.
- Je ne suis pas certaine que cette optique plaise à Gina.
- S'il te plaît, s'il te plaît, s'il te plaîîîît !
- Pourquoi j'ai la sensation de m'être laissé piégé ?
- C'est pas un piège, Henry fit la moue, mais Grace est là !
- Grace, Margot fronça les sourcils, je peux savoir qui est Grace ?
- Une fille de ma classe et elle est trop jolie. Je lui ai même préparé une carte, il sortit une enveloppe de son sac, ses bonbons préférés et j'ai aussi un livre d'histoire.
- Je me suis carrément fait piéger, ria Margot.
- Mais non !
- Je veux la voir avant de te laisser, exigea l'adolescente, et que tu utilises ce talkie-walkie toutes les heures pour m'assurer que tu vas bien.
- Merci, merci, merciiii !
Henry sauta dans les bras de Margot et la serra aussi fort qu'il lui était possible. Il était si heureux. Il attendait ce moment depuis trop longtemps. Il avait hâte de passer la journée avec Grace, son petit cœur battait un peu trop vite mais ce n'était pas important parce qu'il ne s'était pas senti aussi bien depuis très longtemps.
Il s'en voulait un peu de ne pas avoir parlé de Grace avec sa cousine mais il savait d'avance qu'au dernier moment, il allait la convaincre. Il s'éloigna, plus déterminé que jamais à passer une bonne journée. Margot paya les deux entrés et il chercha rapidement la jeune fille du regard quand il la trouva, il se calma pour ne pas se précipiter et paraître ridicule.
- Attends Henry, l'arrêta la blonde en saisissant doucement son épaule, je… Gina est au courant ?
- Quoi, il écarquilla les yeux au maximum avant de rougir légèrement, non, répondit-il tout penaud. Je n'ai pas envie de lui dire, pas encore.
- D'accord.
- D'accord, s'extasia-t-il. Merci Margot !
- Une dernière chose, elle le retient encore. Tu sais que… je ne suis pas à l'aise dans les endroits où il y a beaucoup de monde. Si… si je me sens submergée, je serai dehors.
- Je n'avais pas pensée à ça, s'inquiéta aussitôt Henry.
- Je suis certaine que tout va bien se passer, elle lui sourit. Mais je ne veux pas que tu me cherches partout, les talkies-walkies fonctionnent dans les deux sens, si tu ne me trouves pas et que tu as besoin de moi tu appelles. Promis ?
- Promis !
- Tu peux y aller maintenant, elle lui fit un signe de la tête vers Grace qui l'attendait.
- Génial ! A toute à l'heure !
Il fit son maximum pour ne pas courir vers la petite fille mais il accéléra tout de même le pas avant d'arriver à sa hauteur. Il souriait beaucoup en invitant Grace à le suivre pour la visite. Il avait un tas d'histoires à lui raconter. Margot les observa un peu, le sourire aux lèvres, c'était un spectacle adorable à regarder avant de choisir de faire la visite dans le sens inverse pour ne pas les déranger.
Elle se baladait dans l'allée des miniatures quand elle entendit une voix qui lui était familière. Son regard parcouru les alentours. Elle était habitée par un sentiment étrange, sans reconnaître fermement les différentes intonations qui l'interpellaient, elle se sentit apaisée. C'est alors qu'elle se stoppa net quand elle découvrit Tilly en pleine discussion avec un vieux gardien du musée. Elle sentit sa mâchoire tomber légèrement alors qu'elle lâcha tout bas :
- Mince alors…
Sans oser s'approcher, Margot détailla la jolie blonde qui n'avait pas quitté ses pensées depuis leur rencontre hasardeuse à la soirée d'Ezra. Elles n'avaient parlées que quelques minutes et pourtant la jeune femme avait laissé une marque indélébile dans le cœur de Margot. Elle avait su l'apaiser d'une manière inédite. Cette situation paraissait si folle qu'elle n'avait évoqué ce moment hors du temps avec personne.
La seule preuve que tout ceci avait été réel c'était cet étrange roman que dorénavant Margot connaissait presque par cœur. Elle pouvait dire sans la moindre hésitation où se trouvait ses pages préférées, réciter des citations inscrites à la main ou encore redessiner de mémoire certain croquis que Tilly avait griffonné dans la marge ou parfois en plein milieu des mots.
Une fois la surprise passée, Margot dû se résoudre à ce fait : ce livre n'était en aucun cas fait pour être lu. C'était une carte, un idéal qui poussait quiconque qui le reçoive à ouvrir les yeux sur le monde. Et c'était efficace. Depuis la jeune femme avait un regard différent sur ce qui l'entourait, étrangement ses angoisses étaient moins violentes. Quand elle perdait pied, elle se concentrait sur des petits détails qui n'aurait jamais pu l'apaiser avant mais maintenant dès qu'elle doutait, elle se souvenait des mots et du sourire de Tilly :
Fais un effort, essaye encore, regarde mieux.
C'est entièrement en se concentrant sur ces paroles que Margot était parvenue à endiguer certaines de ses émotions d'ordinaire dévastatrices. Pas plus tard qu'hier, elle avait oublié une angoisse futile mais qui avait bien faillit lui faire perdre pied en observant les bulles d'une boisson gazeuse, durant une seconde ou deux, son imagination prit le dessus, l'emportant dans un monde rassurant et la torpeur était passé.
- Aller, explosa plus fort la voix de Tilly, ne m'oblige pas encore à te voler ton badge ! Gagnons du temps tout de suite, son rire envahit l'espace, et donne-le moi !
- Cette fois, le rire grave du gardien accompagnait celui plus doux de l'adolescente, les clefs ne quitteront pas ma ceinture, il les tapota, j'ai un tout nouveau système de crochet et si je te vois trop tourner autour de moi, j'appelle ton père !
- Quoi ? Tu n'oserais pas !
- Pour une fois, juste une fois tu ne pourrais pas te contenter des salles ouvertes comme tous les autres ?
- Les autres sont ennuyantes, soupire Tilly en croisant ses bras. Je m'ennuie ! Tu pourrais au moins «oublier» de fermer une porte, je me faufile discrètement et personne n'en saura jamais rien.
- Non, répondit-il sans même y réfléchir, va donc embêter quelqu'un d'autre ! Attrape des touristes au vol et embarque-les dans ton univers. Je me souviens encore de cette histoire farfelue que tu avais inventé sur la baleine de l'entrée.
- Cette histoire n'avait rien de farfelue, s'outre-t-elle, tu as un manque flagrant d'imagination. C'était beau !
- Mais pas très… historique. Tu étais plus intéressante que les guides.
- Evidement que je le suis, je ne me contente pas de déblatérer des faits comme un stupide robot ! Mais ce n'est pas le propos, souligne-t-elle, il faut que je vois cette salle.
- Non, s'amusa-t-il, l'ouverture est dans trois jours, revient jeudi, comme tout le monde.
- Mais…
- Je m'en vais, déclara-t-il en s'éloignant, à plus tard Till' et merci pour le sandwich, salut ton père pour moi.
- Mais…
- Je ne suis déjà plus là, il fit un geste ample de la main, bye gamine !
- Non mais je rêve, souffla la blonde en donnant un léger coup de pied dans le sol, je vais devoir redoubler d'effort, marmonna-t-elle en calant ses mains dans sa veste en jean. Très bien, elle se retourna, commençons à réfléchir ! Plan numéro un, commença-t-elle à énumérer en relevant les yeux, oh, s'arrêta-t-elle en repérant Margot qui l'observait, ça c'est inattendu, elle sourit en s'avançant.
En la voyant s'approcher, Margot paniqua complètement, elle regarda partout autour d'elle, espérant que Tilly se dirigeait vers un autre endroit mais quand elle s'arrêta en face d'elle, il était évident que la jeune Mills était le centre de l'attention de l'autre adolescente.
- Salut, s'amusa Tilly.
- Euh… salut.
- Qu'est-ce que tu fais au musée d'histoire naturelle, le premier jour des vacances ? Ennuie ou obligation ? Réponds sans réfléchir !
- Je… quoi ?
- Ne réfléchis pas !
- J'accompagne mon cousin, répond-elle en montrant un espace vide à côté d'elle.
- Ah oui, sourit la blonde, il a l'air sympathique ce cousin. Bonjour, elle tendit sa main au milieu de l'espace que désignant Margot, enchantée.
- En fait, il m'a abandonné pour être avec une fille. Ce gamin sera un vrai bourreau de cœur d'ici quelques années. Donc, elle fronce légèrement les sourcils, je suppose que je suis là par… obligation.
- Tu veux t'amuser ?
- Je ne t'aiderai pas à voler les clefs d'un gardien de musée, refusa-t-elle immédiatement.
- Dommage, Tilly roula des yeux, tu aurais été un sacré effet de surprise. Mais je vais trouver un moyen, elle saisit les mains de Margot, suis-moi !
- Euh… je…
- Ne réfléchis pas !
Margot se retrouva à suivre Tilly, s'arrêtant devant certaines œuvres qu'elle décrivait sans la moindre cohérence historique mais avec une imagination débordante qui fascina la plus âgée. Tilly détaillait un univers différent devant chaque vitrine, réinventant des personnages pourtant bien connus avec une facilité déconcertante. Sa passion était communicative et très vite Margot se mit à croire à chacune des histoires qu'on lui comptait. Elle détaillait Tilly comme elle n'avait jamais regardé personne, son cœur s'envolait à chacun de ses sourires et quand la jeune femme croisait ses yeux elle pourrait croire se faire avaler par un cyclone tellement elle était chamboulée.
Elles étaient dans la partie du musée consacré à l'Egypte quand Tilly s'arrêta subitement de parler, elle se tourna vers Margot avec un sourire renversant. Elle éclata de rire avant d'affirmer :
- Jamais je n'aurai cru que ça allait fonctionner ! Merci beaucoup !
- Pardon, interrogea Margot incertaine.
- Merci, répéta la blonde, pour l'aide, et elle exposa fièrement un trousseau de clefs, je n'y serai jamais arrivée sans toi. Tu as été une parfaite distraction !
- Mais quand…
- Quand on regarde ce qu'il se passe là, elle agita une pièce dans sa main droite, il peut se passer n'importe quoi ailleurs, la monnaie disparue sous les yeux de Margot, tout est dans l'attention, un claquement de doigts, elle s'exécuta, et tout devient magique, sourit-elle en faisant réapparaître la pièce entre les doigts de sa main gauche.
- Tu es une pickpocket ? Demanda Margot incertaine.
- Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, dixit l'Oncle Ben. Je n'ai pas l'intention de faire quoi que ce soit de mal, je t'assure. Viens avec moi !
- Je ne suis pas sûre, c'est… on pourrait avoir des ennuis.
- Ne t'en fais pas, tous le monde ici sait que je me faufile partout. Viens, insiste-t-elle, je te promets que ça vaut le détour ! Croix de bois, croix de fer, s'amuse-t-elle.
- Je… d'accord mais avant, elle ouvrit son sac pour récupérer un talkie-walkie ce qui surprit
Tilly, Henry, appela-t-elle.
- J'adore, rit-elle.
- Il a dix ans, répondit Margot en attendant la réponse de son cousin.
- Je déteste les portables, j'adore ce système.
- Mon portable contient toute ma vie, répondit-elle sans réfléchir.
- Dans ce cas, tu ne vis pas, tu es prisonnière.
- Oui, la voix d'Henry grésilla.
- Je ne suis pas prisonnière, souligna Margot en fronçant les sourcils avant de secouer la tête. Tout va bien Henry ?
- Oui, oui ! C'est génial ! Je dois dire au revoir à Grace ? Tu es dehors ?
- Non, c'est bon. Je… je ne suis pas seule, elle détailla de nouveau Tilly du regard, et je crois que je vais être occupée encore un moment. Tu me préviens si tu veux rentrer ?
-Oh tu sais, moi, je peux rester jusqu'à la fermeture, il rit. On rejoint maman après pour lui faire une surprise ?
- D'accord comme tu veux petit monstre.
- Margot, prononça-t-il prudemment, tu es sûre que tout va bien ?
- Absolument, amuse-toi.
- Génial encore merci !
Margot sourit, heureuse de voir le petit prince être heureux. La maladie de Dani les avait énormément rapprochées tous les deux. Quand la famille devait parfois passer des heures à l'hôpital, Margot l'emmenait se promener pour se changer les idées. Et après le décès de sa mère à chaque fois que Regina avait eu besoin de temps pour elle, l'adolescente avait débarqué, le plus souvent pour emmener le petit garçon au cinéma. Et durant ce court laps de temps, ils étaient de nouveau juste deux gamins sans le moindre accro au cœur. Quand ils étaient ensemble, ils oubliaient leurs malheurs.
Margot releva les yeux pour fixer Tilly qui l'observait d'une étrange façon. Elle se racla doucement la gorge, sentant ses joues surchauffées légèrement avant de prendre la parole :
- Je suppose que je te suis.
- Pourquoi un gamin de dix ans veut-il s'assurer à ce point que tu vas bien ? Il sait pour tes anxiétés dont tu m'as parlé la dernière fois ?
- Personne ne ment à Henry. Il est assez grand pour comprendre.
- Je sais ce que c'est, répond Tilly en baissant les yeux, de devoir grandir trop vite, précise-t-elle. Mais il m'a fait penser que je n'avais pas pensé une seule fois que tu puisses te sentir mal. Alors c'est à moi de te poser la question : tout va bien ? Parce que le musée déborde de monde aujourd'hui et je t'ai trainé partout sans même me poser de questions. On peut sortir d'ici, assure-t-elle, je rends les clefs et je te fais visiter les alentours.
- Je ne sais pas pourquoi mais quelque chose me dit que l'endroit où tu comptes m'emmener avec ces clefs sera plutôt désert.
- C'est pas faux, rit-elle. Mais, elle reprend avec sérieux, tu n'as pas répondu à ma question.
- Je vais bien.
- Parfait, s'extasia Tilly en prenant la main de Margot, alors allons conquérir cette salle sur l'astronomie !
Alors qu'elles avançaient sans se faire repérer, passant la porte interdite Margot se perdit de nouveau dans ses pensées. Elle aimait vraiment passer du temps avec l'autre adolescente. Alors sans réfléchir, elle l'appela :
- Tilly ?
- Hum, elle se retourna en continuant d'avancer.
- Si jamais je devais perdre pied, il y a un truc qui fonctionne bien depuis notre discussion de la dernière fois. J'ai… mieux regardé.
- Ah oui ? Qu'est-ce que je dois faire si ça arrive ?
- Verser une boisson gazeuse dans un verre devant moi, les bulles qui s'agit pour se calmer, m'apaisent.
- Qu'est-ce que tu vois exactement quand tu fais ça ?
- Mes émotions qui explosent, qui pétillent dans tous les sens sans contrôle avant de se réguler en fait, je suis comme ces bulles, énervée, agitée, prête à déborder et après quand elles se régulent… je ne sais pas, les ressentiments s'envolent.
- Tu devrais imaginer plus d'histoire, assure Tilly, le monde est magnifique à travers tes yeux. D'abord la pluie qui danse et maintenant ça… c'est beau.
- Je ne suis pas certaine d'être douée pour ce genre de choses.
- Tu te trompes, sourit Tilly. Bon, elle lâche la main de Margot, voyons voir ça, elle actionna l'interrupteur centrale de la salle, tadam !
Le plafond s'illumina, représentant parfaitement le plan céleste. Une exclamation échappa aux deux jeunes femmes qui avait le nez pointé vers le haut. Elles avançaient pour mieux profiter de tous les détails, les commentaires d'un homme à la voix grave, rendu roc par l'âge les accompagnait alors que les murs racontaient l'espace. En quelques minutes, elles assistèrent à la naissance du soleil, celle de notre petite planète bleue avant de s'étendre plus loin, bien au-delà de notre galaxie. C'était magnifique.
La dernière partie de la pièce consacrée à l'astronomie était formé par un dôme, le planétarium représentait seulement le ciel étoilé de New-York, sans aucune pollution lumineuse ou nuage. Les filles s'installèrent sur les fauteuils mis à dispositions et restèrent silencieuses pendant un long moment, plongées dans la contemplation.
- Okay, fini par concevoir Margot, je dois l'admettre c'est plutôt cool.
- Dans trois jours, cet endroit n'aura plus aucune magie.
- Rien ne changera dans trois jours…
- Bien sûr que si, soupira Tilly en croisant ses mains sous sa tête, il y aura tellement de monde que la plupart des gens se marcheront dessus, le brouhaha des conversations effacera la voix du commentateur, il y aura du pop-corn sous les sièges, peut-être même du chewing-gum sur la moquette, les enfants se bousculeront à cause de l'ennuie, des idiots auront le regard rivés sur le portable, il y aura peut-être même un abrutit qui cherchera avec l'application lampe torche son alliance qui aurait roulée sous un siège et les rêveurs ne pourront pas profiter de cette magie, elle leva son bras droit pour ouvrir théâtralement sa main vers le dôme, celle de l'instant.
- C'est très cynique comme approche.
- Je dirai plutôt réaliste, répond Tilly gardant les yeux rivés sur le ciel artificiel. Le monde nous oblige à aller à mille à l'heure, il nous empêche de vivre l'instant présent. Tu as déjà vu des gens s'arrêter, vraiment s'arrêter et juste s'imprégner du moment ? C'est le plus beau spectacle au monde.
- Tu as vraiment une façon étrange de voir le monde.
- Je peux voir ton portable ?
- Pourquoi ?
- Montre-le moi, exige-t-elle en tendant sa main.
Margot hésita, c'était tout de même personnel mais le regard de sa vis-à-vis fini de la convaincre. Elle ouvrit donc son sac et chercha son téléphone à l'aveugle. Quand elle le tendit à la jeune femme en face d'elle, son cœur battait à mille à l'heure. Elle était effrayée à l'idée que toute sa vie puisse être entre ses mains. Etrangement, elle accordait de l'importance à ce que pensait cette étrange fille en face d'elle.
- Très bien, sourit Tilly, je vais te prouver que j'ai raison. L'album, elle faisait défiler les photos sans vraiment s'y attarder, là regarde, elle tourna l'écran révélant un plat du restaurant de Regina, pourquoi tu as pris une photo ?
- Parce que c'était beau.
- Quel goût ça avait, demanda-t-elle en cachant l'image.
- Et bien, Margot fronça les sourcils, tu veux bien retirer ta main ?
- Non. Tu ne t'en souviens pas parce que tu n'as pas vécu le moment, tu l'as rendu superficielle.
- Je m'en souviens parce que j'ai pris une photo.
- C'est artificiel, élude aussitôt Tilly. Quel est l'endroit le plus beau que tu as vu récemment ?
- Je peux te montrer, tente Margot en voulant récupérer son portable.
- Non, je veux que tu me le décrives, insiste la plus jeune.
- Je…
- Tu ne peux pas le faire parce qu'à cause de ce truc, elle lui rend son portable, tu ne l'as pas regardé, pas vraiment, tu t'es demandé où tu devais te placer pour avoir la meilleure lumière, tu as peut-être mis plusieurs minutes pour trouver le bon angle et clic c'était gravé à jamais sur un écran, une suite de 0 et de 1. Si c'est oubliable, c'est parce que tu ne t'es pas arrêtée, tu n'as pas pris en considération que si tu observais assez longtemps, tu pourrais avoir toutes les lumières du monde, tous les meilleurs cadres, pour toujours, juste là, elle pointa la tête de Margot, et là, avant de descendre son indexe jusqu'à son cœur. Peut-être qu'à un moment, les images vont se ternir mais la sensation, elle, elle reste à jamais.
- Est-ce que tu es genre un vampire de 10 000 ans ?
- Non, elle rit, en même temps, si j'en étais un, je ne te le dirais pas. Le pieu dans le cœur et surtout l'ail très peu pour moi.
- « La puissance du vampire tient à ce que personne ne croit à son existence. »
- Abraham Stoker, reconnu aussitôt Tilly, Dracula.
- Abraham, diminutif de Bram je suppose, comprit Margot.
- Dracula, Tilly réfléchissait à toute vitesse avant de sourire, j'en ai une.
- Une quoi ?
- Citation, s'amuse-t-elle.
- Là, juste comme ça ? J'en suis certaine, tu es un vampire !
- « Toute abstraction est si dure à accepter que notre premier réflexe est de la refuser, d'autant plus si elle s'inscrit à contre-courant de ce que nous avons toujours pensé. », fin de citation.
- C'est une blague ? Tu viens de l'inventer, j'en suis certaine !
- Absolument pas, rit Tilly, c'est simplement un heureux hasard !
- Je n'y crois pas, pas une seule seconde.
- Relis Dracula, la défia-t-elle, et nous en reparlerons.
Margot tiqua avant de se sentir sourire plus que de raison. Tilly avait envie de reparler avec elle. C'était idiot comme constat pourtant elle était véritablement emballée par cette idée. L'optique de pouvoir revoir cette jeune femme incroyable, lui plaisait bien au-delà de ce qu'elle aurait cru.
- Je le relirai, elle continuait de sourire, fais-moi confiance, je vais le relire.
- Parfait, à son tour Tilly ne put retenir l'étirement démesuré de ses lèvres.
Leurs regards se perdirent l'un dans l'autre, au milieu de la pénombre et d'un ciel parfaitement étoilé. Elles n'eurent plus aucune notion du temps. Il n'y avait plus que l'autre et cette sensation galvanisante qui faisait pomper leurs cœurs plus vite. De part et d'autre, les images défilaient à toute vitesse, imaginant d'autre rencontres.
C'est un léger grésillement qui finit par les ramener à la réalité. Aucune des deux ne comprit immédiatement ce qui les tira de leur contemplation respective. C'était juste avant que les lumières jaillissent, que l'animation idyllique autour d'elles ne s'arrête brusquement et qu'une voix agacée hurle le prénom de la plus jeune qui par habitude, se cacha en moins d'une seconde, attirant Margot avec elle. Des pas s'approchaient, Tilly resta immobile et amusée par la situation pourtant en un regard, elle comprit que sa vis-à-vis paniquait.
Elle glissa alors ses mains sur les joues de la blonde, plongea ses yeux dans ceux de Margot avant de s'approcher un peu plus. Pendant un court instant et peut-être pour la première fois de sa vie avec une telle intensité, Tilly eut envie de se saisir des lèvres d'une autre personne. Elle avait déjà eu des coups de cœur mais cette fois c'était différent, le sentiment était plus dévastateur et surtout, il persistait. Elle dû se mordre l'intérieur de la joue pour rester ancrer dans l'instant présent et se forcer à garder ses distances, ce n'était pas le bon moment.
- Regarde-moi, murmura-t-elle, respire, continua-t-elle en caressant les joues de Margot de son pouce, visualise un verre, il est grand complètement transparent, un ou deux glaçons dedans, une canette à côté. Tu actionnes le mécanisme d'ouverture, ce bruit si particulier des bulles qui remontent à la surface envahie tout, efface tout le reste. Pshhhh, mima-t-elle en souriant. Maintenant, tu peux verser le soda dans le verre, les glaçons s'entrechoc et les bulles s'agitent dans tous les sens, la mousse forme une écume qui dépasse légèrement le haut du verre. La pression diminue en pétillant d'abord de façon folle et désordonnée avant de se calmer dans un frétillement apaisant. Tu arrives à visualiser ?
Margot acquiesça doucement presque timidement alors qu'une image parfaite se formait dans son esprit. Tilly sourit rassurée, ignorant que jamais une crise d'angoisse n'avait été avorté de la sorte. Quand la terreur commençait, rien ne pouvait l'arrêter, elle se transformait devenant un monstre, détruisant tous sur son passage mais cette fois l'anxiété était restée tapie dans l'ombre.
Il ne restait aucun poids sur le cœur de Margot. Il n'y avait que le calme.
- Merci, souffla-t-elle si bas qu'elle eut de la peine à entendre sa propre voix.
- Quand tu veux, sourit Tilly tout de même inquiète, elle devinait encore la crainte dans les yeux de Margot. Je suis désolée. C'est ma faute, c'était une idée foireuse.
- J'ai adoré, ne put s'empêcher de répondre la plus âgé. J'ai adoré, passer du temps avec toi, discuter.
- Moi aussi, elle relâcha la pression sur les joues de Margot. Je vais nous sortir d'ici, elle se redressa, personne n'en saura jamais rien. Enfin, elle roule des yeux, pour moi ils savent mais, elle souriait de plus en plus, tu ne seras pas impliqué. Tu connais l'adage, elle prit doucement la main de la plus âgé, pas vue, pas pris. Cours, Tilly se redressa et embarqua Margot derrière elle.
Les deux jeunes femmes se précipitèrent pour s'extraire de la salle, une fois la porte passée, elles ne s'arrêtaient pas continuant leur course folle alors que leurs poumons et leurs muscles commençaient à protester contre cet effort. Elles se stoppèrent net devant les ossements du T-Rex, complètement essoufflées, l'adrénaline pétillait dans tout les sens et elles éclatèrent de rire.
C'est une fois un peu plus calme qu'elles remarquèrent que leurs mains étaient toujours jointes. Elles sourirent toutes les deux, s'approchèrent en croisant le regard de l'autre, déviant parfois vers des lèvres devenues si tentatrice. Et alors qu'elles n'étaient plus qu'à un mouvement de s'embrasser, la voix d'Henry déformé par le talkie-walkie les séparèrent :
- Margot ! Les parents de Grace sont là. Tu es où ?
- Mince, la plus âgée chercha dans son sac rapidement le cœur encore battant à tout rompre. Henry, prononça-t-elle en essayant d'oublier cette envie dévastatrice qui la submergeait encore. Je suis près du T-Rex.
- J'arrive tout de suite !
- C'est pas vrai, soupire Margot.
- Tous les mercredis matin, je prends un petit déjeuner au Jane's Carousel, annonce Tilly avant d'embrasser la joue de Margot et de disparaître.
Quand Henry retrouva sa cousine, elle avait la mâchoire légèrement tombante, les joues rosées et le regard perdu dans le vide. Il fonça vers elle, inquiet par son comportement mais une fois arrivée à sa hauteur elle reprit une attitude normale. Elle lui demanda aussitôt comment c'était déroulé son rendez-vous galant. Le petit garçon ne se fit pas prier pour détailler chacun des moments qu'il avait passé avec la jolie Grace.
Ils sortirent du musée, discutant et riant, rejoignant calmement le Queen's Heart. Leurs pensées étaient quelque peu déstabilisées par l'après-midi idyllique qu'ils avaient passé chacun de leurs côtés. Par habitude, ils passaient devant l'entrée du restaurant sans passer la porte, préférant rejoindre la cour arrière qui menait aux cuisines.
Henry se figea en découvrant sa mère rire aux éclats devant une jeune femme blonde qui lui était inconnue. Il s'avança prudemment alors que Margot était restée sur place, reconnaissant sans la moindre hésitation Emma. Regina était resplendissante, elle ne faisait pas semblant.
- Maman, prononça doucement le petit garçon ce qui attira le regard des deux jeunes femmes.
Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! Que pensez-vous de cette suite ? Le chapitre était un peu plus centré sur le Madarcher que sur le SwanQueen mais j'espère que vous avez tout de même apprécié cette évasion. J'affectionne autant les deux couples mais j'annonce déjà que le prochain chapitre sera consacré à l'évolution de la relation entre Regina et Emma. ;)
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
Durant le confinement, je me suis constituée un programme d'écriture (pour m'occuper, franchement, les journée sont bien longue...) donc après un peu plus d'un mois d'affinement, voilà à quoi va ressembler la publication le lundi 1 chapitre de When I See You Tomorrow, le mercredi et le dimanche (plus un autre jour si j'ai de l'avance) 1 chapitre de Les Amis Ne S'embrasse Pas Sous La Neige et le vendredi 1 chapitre de Ne Me Regarde Pas. Voilà, j'espère que cet aménagement vous convient et n'hésité pas à me prévenir si "j'oublie" une publication, je ne sais pas pour vous mais je commence à perdre la notion du temps. Prenez soin de vous !
En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre !
GeekGirlG.
