Salut ! Bienvenue dans ce nouveau chapitre.
Résumé : Une lettre pour réparer un cœur, voilà le genre de chose qui ne se produit que dans les films ou les livres, du moins c'est ce que pensait Regina Mills jusqu'à ce qu'elle rencontre Emma Swan. Une maladresse, un sourire et tout avait commencé à dégénérer, les barrières de la brune s'effondraient une à une et toute cette pagaille à cause de cette blonde beaucoup trop déterminer à prendre un café avec elle.
Aucun des personnages de l'univers de Once Upon A Time, ne m'appartiennent !
Je remercie MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire cette fanfiction pour que la lecture vous soit plus agréable.
Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. Je vous retrouve en bas.
When I See You Tomorrow
I was standing J'étais debout
You were there Tu étais là
Two worlds collided Deux mondes entraient en collision
And they could never tear us apart Et ils n'ont jamais pu nous séparer
Paloma Faith - Never Tear Us Apart
Chapitre 8 : Un mot peuplé d'opportunités
Il était l'heure. Regina sourit à ce constat. Elle rangea ce qu'il restait en cuisine, ferma son livre de recettes dont les pages ressemblaient plus à un véritable champ de mines qu'à des prises de notes et se lava les mains. Elle avait attendu ce moment toute la journée, celui où elle pourrait rejoindre Emma.
La jeune cheffe vérifia une dernière fois que son restaurant était bien verrouillé et ne perdit pas plus de temps. Elle connaissait différents moyens d'atteindre le parc, il lui arrivait parfois de s'égarer dans des rues inconnues, de se perdre quelques instants profitant du moment et de ses pensées, mais aujourd'hui elle prit le chemin le plus court.
Quand elle passa l'entrée du square, elle se revit si engagée la toute première fois, rejoindre ce banc qui allait devenir son banc. Combien de fois était-elle venue ici ? Combien de fois avait-elle pleuré en regardant d'un air absent le lac ? Combien de fois ses pensées s'étaient-elles égarées en observant les arbres ? Combien de fois ?
Mais aujourd'hui et ceci depuis quelque temps déjà, elle s'engagea dans l'enceinte verte et elle avait le cœur léger. Aucune idée noir ou morose n'était présente.
Il y avait juste Emma, cette pétillante jeune femme blonde à la bonne humeur si facile et communicative. C'était assez incroyable de réaliser qu'une personne qu'on ne connaissait pas il y a quelque mois à peine puisse aujourd'hui avoir une telle importance. Regina aimait passer du temps avec Emma, parler avec elle, la regarder, la lire… elle pourrait passer des heures à la regarder sourire.
Regina s'approchait du banc, les pensées en fusion, se demandant ce qu'Emma avait prévue pour fêter leur amitié. La jeune femme était restée très mystérieuse dans leurs échanges, laissant la brune dans le flou totale. L'enthousiasme de l'inspecteur avait été si communicatif que Regina n'avait pas pu contenir sa bonne humeur durant tout le service.
Le point de rendez-vous était enfin en vu et Regina fronça les sourcils en découvrant amusé Emma allongé sur le banc, ses cheveux blonds dégringolant, touchant la poussière avec son coude replié sur ses yeux, les gobelets en équilibre sur son abdomen et sa jambe droite repliée certainement pour ancrer sa position. Regina arriva le plus discrètement à sa hauteur, ne voulant pas l'effrayer. Elle sourit, attendrie par ce spectacle. La respiration d'Emma était lente et régulière, la brune espérait qu'elle ne c'était pas endormie.
- Emma, prononça-t-elle doucement.
- Oh, la blonde se redressa rapidement, merde, elle rattrapa maladroitement les boissons chaudes, tu es là, elle sourit, salut.
- Tout va bien ? Demanda Regina en souriant, tout de même inquiète.
- Ouais, elle tendit le thé à la brune, je me suis prise une tornade en pleine tête mais je gère.
- Une tornade, s'amusa la cheffe, en s'installant à côté d'Emma, une vraie tornade ? Je n'ai rien senti ou vu, étrange.
- Malheureusement, ça n'avait rien d'une vraie tornade. Je sais comment me protéger de ces catastrophes météorologiques, un bon abri et basta mais je n'ai rien pu faire pour échapper à cette tornade. Je l'ai pris de plein fouet sans avoir aucune échappatoire.
- Tu veux en parler ?
- Je préférai éviter… sinon je sens que mon mal de crâne va revenir.
- Tu sembles… exténuée.
- Je n'ai clairement pas assez dormi, confirme Emma. D'ailleurs si tu as une idée pour m'aider à me venger d'une ado qui s'acharne sur une sonnette avant de se ruer dans mon appartement pour m'exposer ses problèmes, sans me laisser le temps de dire ouf, je suis preneuse. Mince, elle se masse les tempes, ça y est j'ai de nouveau mal au crâne.
- J'imagine que nous parlons de Tilly, sourit Regina.
- Cette gamine aura ma peau !
- Je l'aime bien, elle est surprenante et brillante.
- Tu as oublié envahissante ! Tu l'as rencontré deux fois et tu as déjà remarqué qu'elle est aussi éclairée qu'un vieux sage, sérieusement parfois elle me fatigue. Comment une gamine peut avoir un esprit aussi vif ?
- En fait, je l'ai rencontré plus que deux fois. Je lui ai proposée d'étudier dans mon restaurant.
- Tu as fait ça ? Pourquoi ?
- Elle m'avait apporté un bouquet de fleurs de ta part, Regina hocha les épaules, c'était la moindre des choses que de l'aider à trouver un endroit calme pour étudier.
- Un bouquet de fleurs, je n'ai jamais… ah ! Je viens de comprendre, le thé. Elle a vraiment dit ça : bouquet de fleurs ? De but en blanc ? Sérieusement… cette gamine est beaucoup trop imprévisible.
- Je pense que tu ne parles pas en toute objectivité, rit doucement Regina.
- Possible, sourit Emma.
La blonde se délecta de ce moment, le rire de Regina était vraiment magnifique. Il devenait de moins en moins rare. C'était une victoire pour Emma. Si le temps s'arrêtait à cet instant, la blonde serait comblée. S'imaginer piégé dans une boucle temporelle ou le rire de Regina raisonnerait pour toujours lui plaisait. La brune était sublime.
Emma secoua doucement la tête pour se détacher de ce moment. Amies, elles étaient seulement amies. Elle devait donc arrêter de la regarder comme la septième merveille du monde. Elle ne savait pas comment pourrait réagir Regina si elle se rendait compte de la façon dont elle la détaillait. Mais Emma n'était pas prête à prendre le risque de perdre ce qu'elle avait durement obtenue jusque-là : la confiance et l'amitié de Regina. Il fallait qu'elle s'en contente. Du moins pour le moment…
Allez, un dernier regard, juste un pour apprécier à ce juste valeur ce moment et après, elle arrêterait, promis.
Emma sourit malgré elle, en pensant que parfois les meilleures promesses étaient celles qu'on savait être incapable de tenir.
Et durant ce moment d'égarement, entre un rire vrai et un sourire malicieux, entre un cœur qui se réanime doucement et un qui s'éprend lentement, un regard capte cet instant et saisit que les choses sont en marche, elles changent et ce n'est plus du domaine de l'imperceptible. Plus maintenant. Emma et Regina sont vues dans une conjoncture exceptionnelle, sans aucun masque ou faux semblant. Un instant choc qui dessine un avenir loin de la peine et la peur, un futur rempli d'amour.
Rose secoua la tête, en faisant demi-tour. Elle était venue pour parler avec Regina, sachant pertinemment où la trouver à cette heure mais en la voyant ainsi avec cette jolie inconnue blonde, elle décida de s'éclipser discrètement. Au moins Regina n'avait pas menti sur un point, s'il s'agissait bien d'Emma, cette femme n'était absolument pas le type de femme dont la brune s'entichait habituellement. Mais c'était justement ce qui pourrait faire la différence.
Parce qu'après ce qu'elle venait de voir, Rose était absolument certaine qu'il y avait bien plus à dire que ce que sa meilleure amie avait bien voulu lui raconter. Et maintenant, elle était capable d'associer les confidences sur l'inconnue du par cet sur Emma, en faisant une seule et même personne. Elle aurait dû y penser seule mais c'était si inhabituel que la brune lui cache des choses, qu'elle n'avait pas eu la jugeote d'associer les deux.
Cette Emma était décidément de plus en plus intéressante.
Rose s'engouffra dans les rues bondées de New-York en saisissant son portable, qu'elle colla à son oreille après avoir composé le numéro de Katherine. Elle entendit deux sonneries avant que la voix de son amie ne raisonne :
- Salut Tink, quoi de neuf ? Comment c'est passé ton rendez-vous hier soir ?
- Etrangement surprenant si tu veux tout savoir, j'ai accepté de le revoir.
- Sérieusement ? Et… comment il s'appelle ?
- Evitons de trop nous épancher pour le moment. Tu connais ma règle, je ne vous dis rien à Regina et toi, tant que je ne le sens pas.
- Le problème c'est que depuis le fameux Jack Banning, tu n'as plus «sentie» aucune relation, on ne sait plus rien. Sérieusement, ça fait quoi… quatre ans ?
- Six, souffle tout bas Rose. Bref, je ne t'appelais pas pour parler de moi.
- Gina t'en fait encore voir de toutes les couleurs ?
- Elle m'a mentit, explosa la petite blonde, elle a osé me mentir !
- Vraiment ? J'ai du mal à imaginer Gina te regarder dans les yeux et mentir, tu sais ce que les mensonges peuvent provoquer chez elle, avec sa mère… et tout le reste.
- C'était de l'omission, balaye Rose. Mais un mensonge reste un mensonge quel que soit sa forme !
- Tink, soupire son amie amusée, tu sais à quel point parfois tu peux être… comment dire, elle se racla la gorge, envahissante. Tu es vraiment étonnée que Gina ne te fasse pas un rapport détaillé de ce qui se déroule dans sa vie ?
- Je ne suis pas envahissante mais présente, c'est différent !
- Tink…
- Bon d'accord, il m'arrive d'être un peu indiscrète et de m'imposer mais Gina a besoin qu'on la secoue un peu, tu étais d'accord.
- Je le suis toujours mais il ne faut pas trop la pousser. Nous… Dani est, était… tout son monde.
- Gina a rencontré quelqu'un.
- Quoi ?
- Une femme. Je crois bien qu'elle pourrait en tomber amoureuse.
- Vraiment ?
- Hum… je viens de les voir ensemble. Gina riait, comme avant, Rose sourit, peut-être même plus naturellement qu'avant. Je… je ne l'avais jamais vu comme ça et tu la verrais en ce moment, elle inspira profondément, elle est heureuse.
- Qui est cette femme ?
- Je n'en sais rien du tout.
- Nous ne pouvons pas… qu'est-ce que nous allons faire ?
- Qu'est-ce que tu veux faire ?
- Apprendre tout ce qu'i savoir sur cette femme, aller la voir, l'intimider si nécessaire pour s'assurer qu'elle ne fasse pas de mal à notre Regina.
- Et dire que je croyais être l'amie envahissante, s'amusa Rose. C'est un peu extrême, non ?
- Je ne suis pas certaine que Gina survive à un nouveau cœur brisé.
- Moi non plus mais… nous devrions lui faire confiance, non ?
- Tu ne veux rien faire, s'étonna Katherine. Tu es celle qui m'a poussé à espionner Gina à tous ces premiers rendez-vous. Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
- Nous avons manqué son premier rendez-vous avec Dani et c'est le seul qui ait abouti. Peut-être que nous devons juste… la laisser gérer seule. Je crois qu'il est temps que je lui laisse un peu plus d'espace.
- Vraiment ?
- Hum… en plus, j'ai un deuxième rendez-vous à préparer. Je te laisse, je viens d'arriver au tribunal. Continue d'organiser de grands et beaux mariages pour des prix astronomique, je m'occupe des divorces !
Katherine rit doucement avant de raccrocher. Elle rejoignit ses clients, oscillant entre joie et inquiétude pour son amie. Depuis quelque mois, elle n'attendait qu'une chose : que Regina puisse de nouveau être heureuse. Katherine sentait que son amie était prête à passer à autre chose, pas à oublier évidemment c'était impossible mais simplement continuer d'avancer. Elle n'avait simplement pas imaginé qu'une femme entrerait si vite dans l'équation. Elle voulait en apprendre plus mais elle allait devoir faire preuve de patience pour ne pas braquer son amie.
Elle envoya donc un rapide sms à Regina pour lui demander si elles pouvaient s'appeler dans le week-end. Elle pourrait certainement en apprendre un peu plus durant cet échange. Mais pour le moment, Katherine était simplement heureuse pour son amie et elle espérait vraiment que cette femme qui qu'elle soit prenne soit de ce cœur meurtrit mais débordant d'amour.
Quelques kilomètres plus loin, Emma et Regina continuaient de discuter, abordant énormément de sujets, continuant d'apprendre à se connaître. Malgré sa curiosité débordante, la blonde faisait son possible pour ne pas interroger la brune sur les informations qu'elle avait glissé la veille : son fils et son veuvage. Elle se doutait que cette conversation n'était pas adaptée à la situation actuelle. D'autant qu'elle faisait confiance à Regina qui se confiait de plus en plus et pour rien au monde, elle ne voulait que la cheffe se referme.
- En faite, je ne t'ai jamais demandé, rebondit la blonde, pourquoi la cuisine ?
- Pourquoi les forces de l'ordre, réplique Regina aussitôt avec un sourire.
- J'ai posé la question la première, s'amusa Emma.
- C'était une évidence. J'ai toujours… je ne sais vu les choses d'un point de vu gastronomique. Quand ma sœur passait des heures à la bibliothèque à étudier la science politique au plus grand bonheur de ma mère, je m'introduisais dans la cuisine et je regardais Luisa notre domestique préparer le repas. Elle a fini par me repérer, à m'expliquer tout ce qu'elle faisait et quand il n'y avait plus personne, j'appliquais. J'ai eu de gros problèmes avec mes parents quand ils ont compris que je ne suivrais pas le chemin tout tracé qu'ils avaient pour moi. Mon rêve n'était pas assez ambitieux pour eux, pour… elle. Mais je me suis accrochée, la cuisine c'est toute ma vie. C'était juste… évident, répéta Regina en conclusion.
- Wow… je n'ai pas mieux.
- Je veux tout de même savoir.
- C'est une histoire triste. Je préfère éviter.
- Et si je veux tout de même savoir ?
Le regard d'Emma changea, Regina le remarqua immédiatement, c'était flagrant. C'est comme si subitement tout le poids du monde pesait sur les épaules de la blonde. Et il y avait cette tristesse… non, pire un véritable anéantissement.
Emma força un sourire alors que durant une longue, trop longue seconde elle était de nouveau dans cette voiture. Elle perdait le contrôle, son corps était balloté de part et d'autre dans ses souvenir, le hurlement venait s'imposer dans son esprit, les larmes noyaient ses iris alors que la colère la submergea. Elle était beaucoup trop fatiguée pour affronter de tels sentiments. Elle serra les poings pour repousser les images qui s'imposaient de plus en plus violemment.
- Le Shérif de Storybrook m'a donné des objectifs alors que je… déraillais. Il m'emmenait patrouiller avec lui, il m'a appris à tirer, à pratiquer plusieurs sports de combat, tous… tous ce qui avait une chance de… d'éloigner la colère. Je n'étais pas facile à gérer de mes 16 à 19 ans, il a trouvé un moyen de me canaliser et quand il a fallu faire un choix à la fin du lycée, je suis tout de suite aller vers l'école de police.
- Je n'aurai jamais pu imaginer. Tu es si… calme.
- Je ne le suis pas, assure Emma en croisant le regard de Regina, je suis en colère, tout le temps.
- Et bien, tu le caches très bien.
- Ouais, elle se laissa retomber sur le dossier du banc, ça ne plairait pas à Ruby que je saute à la gorge du premier venu, elle rit, elle serait capable de me mettre une raclée si je me laissais submerger et Granny l'aiderait surement armé de son foutue rouleau à pâtisserie. Tiens, reprend Emma en souriant de toutes ses dents, je suis sûre que c'est à cause d'elle que j'ai une mauvaise relation avec la cuisine, cette vieille chouette m'a traumatisé !
- Tu ne veux pas en parler, comprend Regina, de ce qui te met en colère.
- Je te l'ai dit, c'est une histoire triste.
- Je… je suis plutôt habitué aux histoires tristes.
- Justement, sourit Emma. Hors de question de t'imposer ça.
Emma inspira profondément en fermant les paupières et lorsque ses cils se relevèrent toute la complexité que Regina avait deviné dans ses yeux avait disparu. Son sourire réapparu et elle se redressa brusquement en demandant à la brune si elle voulait marcher. Emma avait besoin de s'activer pour oublier tous les ressentiments qui avaient bien failli la submerger.
Regina accepta et alors qu'Emma reprit la parole, parlant joyeusement du prochain film qu'elle comptait aller voir au cinéma, la brune se demanda si elle aurait de nouveau l'occasion de voir son vrai visage. Ce qu'elle avait entrevue rendait Emma moins lisse, plus intéressante et pouvait expliquer que sans qu'elle n'ait besoin de dire quoi que se soit, elle puisse la comprendre. Emma connaissait la douleur.
Mais de quoi essayait-elle de se reconstruire ? Qu'est-ce qui pouvait encore la faire souffrir après dix ans ? Quel genre d'événement pouvait être à l'origine d'une colère si dévastatrice ? Regina espérait véritablement qu'un jour, elle en saurait plus.
Et alors qu'Emma continuait son véritable monologue, Regina s'attarda à la regarder, à la regarder vraiment. Emma était belle. Elle sourit à ce constat avant de se sentir légèrement rougir et de baisser les yeux de peur que ses pensées puissent atteindre la blonde. Elle se mordilla la lèvre inférieure avant de jeter un nouveau coup d'œil. Oui, cette femme était magnifique et pas seulement par ce qu'elle laissait entrevoir, mais aussi et surtout pour tout ce qu'elle renfermait. Regina avait hâte de la connaître plus.
Peut-être… peut-être que leur rencontre n'était pas dû au hasard. Peut-être que depuis le début elles étaient destinées à se croiser. Peut-être qu'elles étaient sensées se reconstruire l'une, l'autre. Danielle aurait détesté cette idée mais elle plaisait à Regina, bien plus qu'elle ne pourrait se l'avouer.
- Tu fais quelque chose dimanche, demanda subitement Regina.
- Pardon ?
- Dimanche, reprit la brune subitement incertaine, tu fais quelque chose ?
- Euh… non. Pas que je sache, Rogers va certainement m'inviter à dîner.
- Tu veux passer l'après-midi avec Henry et moi ? Je… le dimanche c'est sa journée. Je l'emmène au théâtre, une adaptation de Blanche Neige avec un orchestre philarmonique. Il serait heureux d'apprendre à te connaître.
- Tu es… certaine ? Je ne veux pas m'imposer. C'est un moment entre vous et je ne voudrais…
- Il serait très heureux que tu dises oui, assure Regina. Il m'a posé des questions sur toi, autant que tu y répondes toi-même.
- Je ne… il ne va pas trouver cette situation bizarre ? Je veux dire, je suis une in…
- … amie, la coupa Regina, tu es une amie. Et apparemment, Henry est persuadé que tu éloignes le dragon, donc il t'aime déjà.
- La dragon, s'amusa Emma.
- Henry a une imagination débordante et apparemment depuis… depuis que… je me bat contre un dragon.
- Je veux bien mais hors de question que je vienne les mains vides. Qu'est-ce qu'il aime ?
- Lire. Tu taperas forcément de le mille si tu choisis un livre.
- Je sais où je peux me faire conseiller, sourit Emma. Je devrais peut-être te raccompagner au restaurant, suggère-t-elle ensuite en voyant l'heure à son poignet. Je ne veux pas te mettre en retard.
Regina dû se résoudre à accepter, elle aurait aimé que ce moment dure plus longtemps. Puis subitement elle eut un doute. Alors qu'elles arrivaient devant la porte arrière du restaurant la brune demanda :
- Comment tu vas faire pour te rendre au théâtre ?
- Tu n'auras qu'à m'envoyer l'adresse, j'irai à pied.
- Il annonce de la pluie dimanche.
- Je prendrais un parapluie.
- Emma…
- J'ai l'habitude, rit-elle, tout va bien, je t'assure.
- Je ne pourrai pas… venir te chercher ?
- Ne fais pas ça, demanda avec fragilité Emma, ne me demande pas encore de refuser de monter dans ta voiture. C'est… difficile.
- D'accord.
Regina déverrouilla la porte de son restaurant mais ne l'ouvrit pas. Elle se retourna lentement, regardant la blonde partir. Elle hésita, elle devrait la laisser s'éloigner, ne rien dire, ne rien faire. Pourtant…
- Emma, attend.
- Hum, Emma se retourna.
- Est-ce que je peux faire quelque chose ? Pour que tu ne sois plus obligée de refuser de monter dans ma voiture, précise Regina. Est-ce que je peux faire quelque chose ?
- Dans une Mercedes, un rire nerveux lui échappa, non. Mais je t'assure que tout va bien, je serai à l'heure et si je vois que c'est trop loin, je prendrai mon vélo.
- Tu ne prends pas non plus les transports en commun ?
- J'évite, elle plisse le nez, l'avion et les trains j'arrive à gérer, le reste pas vraiment.
- Tu m'en parleras un jour de cette peur ?
- Ouais, je suppose. Un jour, son regard se vida, un jour, elle sourit, mais pas aujourd'hui.
- Pas aujourd'hui, répéta Regina.
- Bonne soirée Regina.
Et sur ces mots Emma parti, laissant un tas de questions sans réponses à Regina. La préparation des différents dîners occupa son esprit et jusqu'à ce que la pression redescende, elle ne pensa pas une seule fois à la blonde. C'est quand elle s'avança jusqu'à sa voiture pour rentrer chez elle qu'elle se demanda de nouveau ce qui avait pu provoquer une telle peur chez la jeune femme pour que l'idée même de monter dans une voiture la dérange à ce point.
Évidemment, il y avait un tas de suppositions, dont une évidente : un accident.
Quand elle poussa la porte de son entrée, elle fut surprise en étant accueilli par un silence et une pénombre inhabituelle. Elle alluma, cherchant Tink dans le salon puis la chambre d'amis. Elle s'inquiéta en ne la trouvant nulle part. Elle se rendit dans toute les pièces, glissant même sa tête dans la chambre d'Henry pour découvrir son petit garçon et sa nièce déjà endormie, quand Regina atteignit la cuisine, elle dû se rendre à l'évidence, sa meilleure amie n'était pas présente. Elle se saisit donc de son portable inquiète.
De Regina à 23h38 :
Tu n'es pas à la maison ? Un problème au bureau ?
Regina attendit la réponse en fixant son écran, le touchant quand il s'assombrissait pour éviter qu'il se verrouille. Quand plus de cinq minutes passèrent sans qu'aucune réponse n'arrive, elle alla se servir un verre d'eau. Elle détestait ce sentiment, celui que les choses lui échappaient alors que l'inquiétude pour une proche la broyait de l'intérieur.
De Tink à 23h53 :
Je suis passée en coup de vent en fin de journée. Margot a géré le repas. J'ai profité de sa présence pour accepter un deuxième rendez-vous.
De Regina à 23h54 :
Un deuxième rendez-vous, sérieusement ?
De Tink à 23h54 :
Oui.
De Regina à 23h55 :
Pourquoi tu ne m'en pas parlé ? J'ai une chance de connaître son nom ?
De Tink à 23h56 :
J'ai voulu t'en parler, je suis passée cet après-midi mais on a dû se manquer. Je dois te laisser, il va se faire des idées et croire que je veux le planter alors que je passe une bonne soirée. Je t'appelle demain !
-Donc, je ne connaitrais pas son prénom, soupira Regina tout de même avec un sourire.
Le lendemain matin, Regina s'éveilla au doux son du rire d'Henry et de Margot. Elle se leva encore un peu endormie et rejoignit la cuisine. Elle les découvrit en pleine préparation de pancakes. Elle secoua la tête amusée en découvrant le bazar monstre qui régnait dans sa cuisine et encore plus quand elle remarqua qu'il y avait trois saladiers, remplis de pâte, nature, myrtille et chocolat. Comme toujours, ils avaient été incapable de faire un choix.
C'est alors qu'elle remarqua l'heure, elle s'avança un peu plus, attirant le regard de Margot qui lui sourit avant que Henry ne court vers elle pour la prendre dans ses bras. Elle lui caressa les cheveux avec douceur avant d'embrasser le haut de son crâne en souriant.
- Comment va mon petit prince ?
- Super !
- Il est très tôt, signala-t-elle en regardant Margot, tu n'as pas réveillé ta cousine ?
- Non, c'est elle qui m'a demandé si on pouvait se coucher tôt et se réveiller tôt !
- Vraiment ?
- Oui, je dois aller au Jane's Carousel ce matin. Je vais emmener Henry, il a invité des copains. Du coup, elle retourne un pancake, j'ai proposé aux parents de faire le petit déj' pour tout le monde.
- Au Jane's Carousel ? S'étonna Regina.
- On n'y est pas allé depuis super longtemps, s'extasia Henry. Je suis trop content !
- C'est vrai, confirma Regina en continuant de regarder Margot. Tu es certaine que tu veux aller là-bas ?
- Hum… certaine.
- Margot, insiste un peu plus fermement Regina.
- Ne t'inquiète pas, elle regarda furtivement Henry, ça n'a rien à voir avec ça. Je… Tilly m'a dit qu'elle petit-déjeunait là-bas tous les mercredis. Je n'ai vraiment d'autre moyen de la revoir donc, j'y vais.
- Tilly, répéta Regina rassurée, d'accord.
- Et bien, s'étonna Margot, j'aurai dû commencer par là.
- C'est qui Tilly ? Pourquoi je ne la connais pas ?
- C'est une amie de ta cousine. Margot, je veux que tu me promettes d'appeler si ça ne va pas.
- Juré, assura l'adolescente.
- Je suis très sérieuse, insiste Regina.
- Je sais.
Regina continua d'observer sa nièce avec une pointe de soupçon. Elle s'éclipsa après quelque instant pour récupérer son téléphone. Elle le tapota contre la paume de sa main, hésita avant d'écrire un rapide message à Emma
De Regina à 7h20 :
Tu sais quelque chose à propose de Tilly et du Jane's Carousel ?
Regina retourna dans la cuisine en attendant la réponse d'Emma. Elle commença à ranger sa cuisine, nettoyer, tout ce qui pouvait l'occuper et lui éviter de trop s'inquiéter. Elle allait devenir folle si elle laissait vraiment partir Margot. Sa mère ne serait jamais d'accord.
Pourtant, l'adolescente semblait parfaitement contrôler la situation, riant avec son cousin et l'empêchant de tout manger. Regina s'essuya rapidement les mains en entendant l'arrivée d'une nouvelle notification.
De mon inconnue à 7h32 :
Tilly a un rituel, tous les mercredis matin elle petit-déjeune au Carrousel. Pourquoi ?
De Regina à 7h33 :
Apparemment Margot va la rejoindre.
De mon inconnue à 7h34 :
Ah-ah ! Donc j'avais raison, Tilly a tapé dans l'œil de Margot !
De Regina à 7h35 :
Ce n'est pas le sujet. Je suis morte d'inquiétude.
De mon inconnue à 7h35 :
Pourquoi ?
De mon inconnue à 7h35 :
Tilly est quelqu'un de bien.
De mon inconnue à 7h35 :
Tu m'as dit que tu l'aimais bien hier.
De Regina à 7h39 :
Ce n'est pas Tilly mais l'endroit. Je ne vais pas m'étendre mais… Margot ne devrait pas aller là-bas. Si ma soeur apprend que je l'ai laissée y aller, elle va me tuer ! Et elle aurait raison. Je ne peux pas la laisser y aller.
De mon inconnue à 7h40 :
Okay, je t'appelle.
Regina écarquilla les yeux au possible en découvrant ce message. Elle eut à peine le temps de vouloir lui assurer que ce n'était pas la peine que son portable sonnait déjà. Elle le fixa sans savoir quoi faire, enfin… elle savait mais c'est comme si subitement, elle avait oublié quel geste il fallait exécuter pour décrocher.
- Tu réponds pas maman ? Demanda Henry surpris.
- Si, assura sa mère incertaine, bien sûr que si, elle se racla la gorge en s'exécutant, je reviens, ne brûler pas ma cuisine. Allô ?
- Bonjour Emma, sourit Regina.
- Entrons directement dans le vif du sujet, tu ne peux pas empêcher Margot d'y aller.
- Je suis obligée de le faire, c'est… à défaut de trouver meilleurs mots : pour sa sécurité.
- Okay, tu te souviens du Tilly en mode tornade hier ? Et bien c'était pour me parler de Margot. Je crois qu'elle a prévu quelque chose pour aujourd'hui. Tu ne veux pas tout gâcher.
- Je… je n'ai pas le choix.
- Sérieusement ? Tu veux gâcher le potentiel premier rendez-vous d'un premier amour ? C'est pas cool !
- Ce n'est pas un rendez-vous galant, refuse Regina en se souvenant de sa conversation avec sa nièce.
- Et bien vu comment Tilly est sortie de chez moi hier, ça pourrait le devenir.
- Je ne peux pas la laisser y aller…
- Et si nous y allons pour veiller sur elles ?
- Ce serait… encore pire, non ?
- Pas si elles ne nous voient pas !
- Je… je ne sais pas. C'est… non Emma, je ne peux pas faire ça. C'est… Margot est trop… fragile. Elle pourrait… non, je ne peux définitivement pas la laisser y aller.
- Si ça peut te rassurer, Tilly est très attentive. Je suis sûre à 100% que si elle sent que quelque chose ne va pas, elle sortira Margot de là. Fait leur confiance. Et…
- Emma, s'il te plaît. Ce n'est vraiment pas une bonne idée. Je lui ai fait promettre de m'appeler si ça n'allait pas mais…
- … donc, tu n'as pas encore dit non.
- Mais je devrais.
- Ne dit pas non.
- Emma, c'est compliqué…
- Tilly est douée pour dé-compliquer les choses, crois-moi.
- Je… nous ne les quitterons pas des yeux ?
- Yes ! Promis ! Nos yeux seront rivés sur elles. Aucune distraction. Nous pouvons même rester complètement silencieuse.
- Si je sens qu'il y a le moindre problème, j'interviens.
- Je ne t'en empêcherai pas.
- Très bien, Regina soupira, je vais appeler Remy pour qu'il s'occupe de l'ouverture. Tu es certaine qu'elles ne nous verront pas ?
- Si Tilly apprend que je l'espionne, je suis morte ! Donc… évitons et c'est un peu mon boulot de savoir faire une planque. Tu vas adorer grignoter des skittles avec moi.
- Je préférais éviter, grimaça Regina.
- C'est une obligation, pas de skittles, pas de planque.
- Okay, je vais dire à Margot qu'elle ne peut pas y aller !
- D'accord, d'accord ! Pas de skittles, c'est noté, rit Emma. On se rejoint devant le café-librairie Belle's Ideas, envoie-moi un sms pour l'heure.
- Pourquoi dans un café-librairie ?
- Parce que son toit offre un parfait point de vu sur le Carrousel et tous les alentours.
- Et ils vont nous laisser monter sur le toit ?
- Je m'occupe de cette partie-là, assure Emma. Du coup, il faut que je me prépare, à tout à l'heure.
- A toute à l'heure.
En raccrochant Regina inspira profondément. Est-ce qu'elle devait prévenir sa sœur ? Non… jamais elle n'accepterait que sa fille se retrouve là-bas. Elle espérait que tout se passerait bien sans quoi, elle ne pourrait jamais expliquer à Lena comment elle avait pu laisser faire ça ? Jamais.
Regina retourna dans la cuisine pour découvrir que son fils et sa nièce étaient prêts à partir. Margot rangeait le petit déjeuner dans un grand sac pendant que Henry lassait ses chaussures. La brune continua de l'observer en silence, toujours inquiète. La blonde finit par sentir son insistance et lui sourit pour la rassurer avant de lui assurer que tout se passerait bien et en promettant une nouvelle fois de l'appeler en cas de problème.
Elle les regarda partir, Margot au volant de cette hideuse voiture jaune, Henry ajusta le volume de la radio au maximum. Regina saisit son téléphone quand le véhicule n'était plus en vu pour prévenir Emma qu'elle serait sur place dans moins d'une demi-heure. En espérant pour la centième fois en à peine quelques minutes que tout se déroulerait bien.
Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! Que pensez-vous de cette suite ? Les petits rapprochements entre Regina et Emma vous ont plu ? Elles ont été «grillées» par Tink ! Que pensez vous de sa décision de laisser plus d'espace à Regina ? Et… ce rendez-vous entre Margot et Tilly va-t-il bien se dérouler ?
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
Le confinement se termine... Bonne reprise à ceux et celle qui peuvent reprendre leur travail aujourd'hui ! Je l'avoue, j'ai hâte de pouvoir remettre les pieds dans le miens et dans mon appartement ! XD
Bref... je vais garder la publication le mercredi, vendredi et dimanche jusqu'au dernier chapitre pour Les amis ne s'embrassent pas sous la neige et du vendredi pour Ne Me Regarde Pas.
En ce qui concerne When I See You Tomorrow, il est possible qu'il y ait des petits retard, je n'ai pas de chapitre d'avance, et si la vie reprend vraiment "normalement" j'aurai bien moins de temps pour écrire mais quoi qu'il arrive je vous préviendrais sur Facebook et je ferai tout mon possible pour garder un rythme hebdomadaire avec une publication le lundi.
En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre !
GeekGirlG
