Un Gros Poisson
Depuis nos retrouvailles, je suis victime d'un soudain rapprochement...avec mon capitaine. Bien que cela ne me paraît pas totalement unilatéral, j'en ai bien peur. Il faut comprendre que cet idiot ne comprend pas lui même certaines émotions, et qu'il est donc probable qu'il ne puisse pas les montrer d'une certaine manière. Quand bien même, c'est très embêtant. Je me trouve incapable de déceler un certain rapprochement de son côté, enfin, seulement un léger, un très léger.
Et puis, je pense à tout ça alors que je dois terminer ma carte.
Mes longs cheveux roux ne font que tomber devant mes yeux, alors je les attache d'un simple chignon plutôt mal fait, mais qui, normalement, ne devrait pas trop mal m'aller.
Je finis par sortir de la bibliothèque car je n'arriverai à rien dessiner aujourd'hui, c'est une certitude. Il fait très chaud aujourd'hui, alors je me change pour simplement mettre un short de sport et mon haut de maillot. Tenue décontractée.
Je rejoins donc les membres de l'équipage.
Zoro s'entraîne acharnement, à côté de Robin qui lit son livre paisiblement ; Chopper, Usopp, Sanji et Franky, écoutent la douce mélodie que nous joue Brook ; cette mélodie qui rappelle si bien la mer, l'océan. Comme une vague qui nous emporte à chaque nouvelle note jouée. Luffy, lui, est hors de ma vision.
Je rejoins les autres assis, et m'assois à leur côtés, pour écouter cette douce mélodie qui m'emporte si loin. Ce chant des vagues accompagné par ces notes de violon si douces et harmonieuses, si chaleureuses et envoûtantes.
Après plusieurs longues, très longues minutes à écouter ce merveilleux son, je me rends compte que le soleil se couche, que le ciel n'est plus d'un bleu éclatant mais d'une couleur dorée. Cette couleur est accompagnée d'un genre de violet et de rose, cela rend un magnifique dégradé de couleurs.
Je me demande tout de même où se trouve mon capitaine, c'est vrai, je ne l'ai toujours pas vu, non, il n'est pas venu une seule fois auprès de nous. Je demande alors aux quatre assis à mes côtés, pendant que Brook nous joue encore sa jolie mélodie.
« Dites, vous savez où est passé Luffy ? Il n'est pas venu depuis plusieurs heures maintenant, d'habitude on le voit partout, demandai-je espérant une réponse de mes camardes.
— Il est punit. » me balança rapidement le petit renne.
Je réfléchis un instant avant de demander.
« Comment-ça punit ? Qu'est-ce qu'il a fait encore ?... » fini-je en soupirant.
Franky abaissa ses lunettes de soleil pour me regarder dans les yeux, puis tourner le regard vers notre cuisinier qui me regarde, clope à la main.
« Il a dévalisé presque tout le stock de nourriture, je l'ai envoyé pêcher pour se faire pardonner, dit le blond avant de tirer une taffe. Je lui ai dit de revenir, uniquement lorsqu'il aura attrapé un énorme monstre marin qui pourra servir de repas pour plusieurs jours, annonça-t-il en lâchant la fumée.
— Irrécupérable. » dis-je en croisant les bras et en soupirant une nouvelle fois.
Je regarde ensuite d'un œil mauvais Chopper et Usopp qui font mine de ne pas comprendre, je dois alors me lancer.
« Vous n'y êtes pour rien vous ? » dis-je d'un ton accusateur, presque menaçant.
Usopp tourna la tête, je peux même y apercevoir une goutte de sueur perler sur son front, c'est tout vu. Alors je grogne dans sa direction et lui mis un coup de poing qui lui servira, j'espère, de leçon.
Il se contenta de frotter sa bosse.
« Il ne mangera pas avant. » reprit Sanji après avoir laissé s'échapper de la fumée une nouvelle fois.
Je soupire une énième fois.
« Où est-ce que je pourrais le trouver, cet imbécile ?
— Près de la bibliothèque, au niveau du pont arrière je crois, suggéra le cyborg en replaçant correctement ses lunettes de soleil.
— Bizarre, je ne l'ai même pas vu en venant, dis-je en réfléchissant à quel moment je l'aurais raté.
— Tu n'as pas du faire attention, comme il est plus souvent en train de hurler, là tu n'as pas remarqué sa présence. » affirma notre médecin, d'une réponse plutôt cohérente.
Je confirme et m'en vais vers la bibliothèque, en les remerciant avant.
En effet, je ne l'avais pas remarqué. Je le trouve assit sur la rambarde, en tailleur, canne à pêche à la main...il dort. Non mais dites moi que ce n'est pas vrai, si par malheur il venait à tomber… Mais quel idiot celui-là !
« Eh Luffy ! » l'appelai-je en lui secouant l'épaule.
Il mit un peu de temps avant de se réveiller.
« Hein… ? fit-il en ouvrant doucement les yeux et en éclatant la petite bulle qui s'était formée sur son nez. Qu'est-ce qu'il y a Nami ? demanda-t-il naturellement en me regardant.
— Ne t'endors pas ici ! commençai-je à m'énerver. Tu pourrais tomber. » expliquai-je en me calmant finalement.
Il me regarde, émergeant de son sommeil. Il jette ensuite un coup d'œil face à lui, voyant qu'en effet, il pourrait tomber s'il venait à se rendormir de cette manière.
« Oh, oui, tu as raison Nami. Merci de m'avoir réveillé, sinon je serais sûrement tombé et puis, personne ne m'aurait entendu. » me sourit-il en remerciement.
Son sourire était des plus magnifiques à cet instant. Les doux rayons du soleil couchant éclairaient parfaitement son visage, lui donnant un teint doré.
« Hum, je ne suis pas venue pour être gentille avec toi, déjà, dis-je en croisant les bras en dessous de ma poitrine.
— Mais Nami, j'avais faim ! tente-t-il de s'expliquer, le ventre criant famine pour peut-être essayer de m'amadouer. Et c'est toujours le cas, fit-il en faisant mine de bouder.
— Imbécile, tu as quand même vidé le stock. » dis-je en tournant la tête pour ne pas céder.
Il a fait une bêtise, et il est punit, c'est comme ça !
« C'est pour ça que je vais pêcher un énorme monstre marin ! » s'exclame-t-il en souriant, comprenant que toute tentative sera vaine.
Je le regarde simplement, sans répondre à cela, et il tourne la tête, regardant face à lui. Je m'assois alors sur la rambarde à ses côtés, observant ce ciel doré avec lui. Mon élastique me sert trop alors je le défais, pour libérer mes cheveux profitant de cette douce brise. Le vent est calme aujourd'hui, et le ciel se couvre de petits nuages blancs qui ont eux aussi, pris cette teinte doré, sublimant le paysage qui s'offre à nous. Quel magnifique spectacle. Mes jambes se balancent au rythme des vagues, s'écrasant contre la coque du navire, et défiant la brise marine qui me caresse la peau.
Nous restions de longues minutes sans dire un mot, profitant de ce merveilleux et reposant moment.
Quelque chose vint nous couper à notre contemplation, la ligne de mon capitaine élastique vint se tendre. Luffy, surexcité, commence à gesticuler dans tous les sens possible et inimaginable, pour tenter de faire remonter le fameux "gros poisson" à la surface. Son agitation me fait plus que peur, étant donné qu'il m'a déjà bousculer au risque que je tombe dans la mer ; et cela serait bien bête car il ne serait même pas capable de me récupérer. Alors je m'enlève de la rambarde pour seulement m'y accouder, c'est pour mon bien et ma sécurité.
Mes encouragements redoublaient tandis qu'il se tortillait un peu plus, pour lui c'était une question de vie ou de mort : il doit manger au plus vite car il a faim, oh, très faim !
Malgré tous ses efforts, ce fut seulement un microscopique poisson qui se trouvait au bout de la ligne, quelle grosse déception pour mon capitaine.
« J'étais pourtant sûr qu'il était énorme celui-là, s'énerve-t-il en prenant une mine boudeuse. Et puis, c'est trop dur d'avoir un gros poisson , il n'y en a que des petits comme ça... » ronchonne-t-il en faisant la moue, me regardant pour que je compatisse et le laisse manger, évidemment.
Mais non, je ne céderais pas aussi facilement Luffy, tu peux en être sûr !
« Tu feras mieux la prochaine fois. » dis-je avec un clin d'œil, lui dévoilant qu'il allait rester là encore un long moment tant qu'il n'attrape pas un monstre marin digne de ce nom.
Il gonfla ses joues et me regardait avec de petits yeux, qui étaient à deux doigt de me faire craquer et de le laisser partir, mais quelqu'un vint me délivrer en débarquant jusqu'à nous.
« Nami-san, le dîner est prêt. Avant cela, si tu avais l'amabilité de me montrer ta petite cu... » entama le squelette dans l'espoir que je dise "oui" un jour, chose qui n'arrivera jamais toutefois.
Je lui inflige un coup de poing en le traitant de pervers. Non mais, jamais je ne lui montrerai ma culotte ! Plutôt mourir !
Je le regarde s'en aller rejoindre la cuisine après lui avoir dis que j'arriverai dans une minute.
Je tourne de nouveau la tête vers Luffy, qui fait toujours la moue, en gonflant ses petites joues élastiques. Alors je les lui tire gentiment.
« Allez Luffy, ne fais pas cette tête, ce n'est qu'un repas que tu vas sauter finalement, me moquais-je un peu en lui tirant ses deux joues élastiques. Et puis, tu devrais avoir l'habitude depuis le temps.
— C'est déjà un repas de trop que je manque, et puis je n'en ai pas raté qu'un depuis ce matin, marmonna-t-il entre ses dents. J'ai faim moi. » finit-il un peu plus fort, avec de petits yeux me suppliant de le laisser manger avec nous.
Pour compenser cela, son ventre vient faire son gros bruit machinal ; cela veut dire que l'estomac et son propriétaire, demandent de quoi se nourrir comme il faut. Alors, toujours en lui tirant ses pauvres et innocentes petites joues, j'affiche un petit sourire qui lui est entièrement destiné.
« Et bien moi je vais manger, et je reviendrai te voir plus tard. » finis-je avec ce sourire moqueur, le rendant muet, une mine de désespoir collée au visage.
Doucement, je lâche ses petites joues pour tourner les talons et m'en aller. Alors que j'avais avancé un peu, il prit la parole.
« Il est super court ton short. » me balança-t-il comme pour se venger.
C'est que, venant de lui, cette remarque pouvait en choquer plus d'un. Mais comme je vous l'ai dis plus tôt, en ce moment avec Luffy c'est un peu différent, et il a commencé à prendre l'habitude de me taquiner comme cela.
Alors je me retourne un peu, pour pouvoir l'observer de par dessus mon épaule. Celui-ci, d'une moue toujours boudeuse, me tire une langue pendante. Je viens seulement de réaliser qu'il observait totalement mon postérieur, car en effet, mon short est plutôt très court. Prise d'une teinte rouge sur les joues, je baisse mon short tant bien que mal pour que l'on voit un peu moins mon derrière. Je peux voir Luffy, révélant un petit sourire malicieux avant de me quitter des yeux, pour me laisser rejoindre les autres dans la cuisine.
Finalement je me remet en chemin, en m'en vais rejoindre le reste de l'équipage, le laissant à sa punition.
Après avoir mangé un délicieux repas, préparé par le meilleur cuisinier : il fait nuit. Car oui, nous avions discuté et l'ambiance était paisible et conviviale. Le seul élément manquant était notre idiot de capitaine. Je dois bien admettre que sans lui, je n'ai pas vraiment besoin de faire le gendarme du dimanche, et ça, c'est très reposant et très certainement in-épuisant.
Et bien et bien, Sanji a finalement éprouvé un peu de peine pour cet idiot, alors je me suis portée volontaire pour lui apporter son bon gros morceau de viande ; d'après Sanji cela n'est certainement qu'un petit goûter pour Luffy. Quand bien même, le goûter est servi !
J'avance alors jusque vers la bibliothèque, pour retrouver mon capitaine aux cheveux noirs. Il est allongé sur le sol au pied de la rambarde, les bras écartés à droite à gauche, il s'est sans doute endormi et fort heureusement, est tombé en arrière. Autrement, il ne serait probablement plus de ce monde s'il était tombé en avant.
Alors que je n'étais plus trop loin de lui, je vis ses narines bouger, s'élargir et se rétrécir, en d'autres termes : il renifle l'odeur de la viande qu'il aime tant. Sa tête se tourne vers moi et il me regarde avec des yeux mi-clos. Je le regardais sans bouger et puis son cou vient s'étirer, s'enroulant autour de mon corps. Sa tête étant à côté de la mienne, il regarde le morceau de viande avec envie, des étoiles apparaissant à l'intérieur de ses prunelles. En voulant l'attraper, sa tête fonça en plein dans ma poitrine. Non mais dites moi que je rêve ! Elle n'est pas assez imposante comme ça ?! Comment est-ce possible de ne pas la voir ?
« Non mais ça va pas ?! lui hurlai-je en l'étranglant grâce à ma main libre.
— Aïe, aïe, ouille ! Pardon Nami ! » fit-il entre quelques étouffements.
Il ramena son corps tout entier pour finir accroché à mon dos. Je ne m'y attendais pas vraiment, alors je tombe sur les fesses. Heureusement pour moi, elles sont suffisamment rebondies pour amortir ma petite chute avec l'autre idiot sur mon dos.
Il profita de la situation en passant ses deux bras devant moi, attrapant le morceau de viande que je tenais encore, et l'amène jusqu'à sa bouche pour le manger d'une traite.
Sanji avait bien raison, ce n'est qu'un tout petit goûter pour lui…
« Mmh, merci Nami, dit-il en se léchant les babines. Maintenant, j'ai encore plus faim. » finit-il dans un souffle en posant son menton sur mon épaule.
Avec une main, il récupère son fidèle compagnon de paille qui se trouve à terre, pour le poser sur ma tête.
« Bon, et bien maintenant, il ne me reste plus qu'à pêcher un gros poisson ! annonce-t-il avec détermination, en se relevant, tout en tapotant sur ses vêtements. En plus, il fait déjà nuit, remarque-t-il en me tendant une main que j'attrape pour quitter le sol. Si je veux pouvoir manger demain, il faut que je m'y mette maintenant. » finit-il en partant prendre la canne à pêche, pour de nouveau, s'asseoir sur la rambarde.
Les minutes étaient passées et je m'étais adossée contre l'un des murs du bateau, faisant face à mon capitaine qui me tourne le dos dans cette obscurité, face à la mer. Je me rends seulement compte qu'il est tout de même très tard, et que je suis vraiment fatiguée.
« Dis Luffy, tu devrais dormir. » lui conseillai-je dans un long bâillement, suivi d'une courte succession d'étirements.
Je l'aperçu se tourner légèrement, sans doute pour me regarder, et je finis par m'endormir.
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J'ouvre doucement les yeux et n'aperçois pas la silhouette de mon capitaine devant moi. Avec une main, je touche le chapeau de paille qui est sur ma tête. Mon faciès se tourne à gauche, puis à droite, bingo ! Il est juste à côté de moi et semble dormir paisiblement. Lentement, et malgré l'obscurité, je m'approche de lui pour déposer un baiser sur sa joue. Ensuite, je m'appuie contre son épaule et enroule mon bras au siens. Doucement, mes paupières deviennent lourdes, quand le ventre de Luffy en fait des siennes.
« Ah j'ai faim. » murmure-t-il.
Je ne sais pas s'il est réveillé, ou plutôt s'il dort, la deuxième option est fort possible et la plus probable d'ailleurs.
« Désolé Luffy, mais je n'ai rien à manger pour toi. » riai-je face à ce petit somnambule.
Même en dormant, c'est épuisant, mais drôle tout de même.
« T'en es sûr ? dit-il,me faisant sursauter.
— Euh Luffy... t'es réveillé ? lui demandai-je en espérant que non, en vue de ce que j'ai fait précédemment.
— J'ai pas encore réussi à m'endormir.
— Ah... réussis-je seulement à articuler, en sentant mes joues devenir chaudes.
— Alors t'as vraiment rien à manger ? me demanda-t-il encore une fois, peut-être dans l'espoir que je fasse apparaître un morceau de viande en claquant des doigts.
— Euh... Non... » hésitai-je faiblement.
Avec sa main libre, il me prit soudainement la tête, la tournant face à la sienne ; faisant tomber dans le mouvement, son chapeau de paille, à côté de moi. Deux doigts m'écrasant légèrement les joues et un autre soutenant mon menton ; je le regarde droit dans les yeux, pouvant les apercevoir clairement malgré le règne de l'obscurité. Je peux très bien voir que son regard est intense, et moi, je dois bien rougir comme une petite fille.
« Alors, tu n'as vraiment rien à manger, même pas pour moi ? Parce que j'ai vraiment très faim. » me dit-il d'une voix rauque en s'approchant de mon visage peu à peu.
Je comprends totalement ce qu'il insinue là, il faut croire que mon capitaine a bien grandit.
« Luffy... » soufflai-je tout près de ses lèvres.
Et lentement, nos lèvres se rencontrèrent. Enfin. Ce baiser fut très long, intense, et plein d'amour l'un envers l'autre ; exactement comme je l'avais rêvé, imaginé. Mais là, il est bien réel.
Je passe ma main gauche sur la joue de mon capitaine pour coller son visage un peu plus au miens, tandis que notre baiser ne s'arrête jamais. C'est au bout de plusieurs longues et merveilleuses secondes que nos lèvres se séparèrent de seulement quelques ridicules millimètres. Nos respirations se mélangent et ne forment qu'une. Doucement, il s'approche de mon oreille.
« J'en suis certain, je t'aime Nami. » me susurre-t-il à l'oreille, procurant une vague de frissons dans tout mon corps.
Mon cœur rate un battement. Il me dévoile complètement ses sentiments, de plus il en est certain, cela veut dire qu'il sait pourquoi il m'a embrassé. Tout ça est déroutant. Jamais je n'aurais cru une telle chose envisageable.
Et puis, encore tout près de mon oreille, il me la mordille ; me faisant pousser un petit cri aigu.
Nos bras se démêlèrent et il vient regagner mes lèvres pour un second baiser intense. Le temps s'arrête à cet instant. Plus rien ne compte, seulement nous. Chacun au fond de nous, avions fais le vœux que cet instant demeure éternel. Mais nos lèvres finirent par encore une fois se séparer. Avec la même douceur que précédemment, il vient poser ses mains sur chacune de mes épaules, et ses lèvres viennent effleurer la peau de mon cou. Je pousse un petit gémissement incontrôlé suite à ce contact. Oui, il a touché une des zones les plus sensibles de mon corps. Tandis que mes mains viennent s'agripper à ses cheveux noirs ébènes, il continue ses baisers sous le bruit de mes gémissements, nous excitant tous les deux. Il effleure le haut de mon corps de ses doigts, me procurant un peu plus de sensations.
Je perd le contrôle.
Dans l'action, je passe mes jambes de part et d'autre de son bassin, pour me retrouver au dessus de lui, le plaquant un peu plus contre le mur auquel il est adossé, et l'embrasser à pleine bouche. De mes doigts, je sculpte ses abdominaux, tandis que ses mains se baladent dans tout mon dos pour passer en dessous de mon bas et enfin agripper mes fesses.
Nos respirations s'entremêlent et deviennent plus fortes, l'excitation atteint son paroxysme. Délicatement, il me penche vers l'arrière et se retrouve rapidement au dessus de moi, entre mes cuisses qu'il effleure du bout des doigts.
Et toujours aussi tendrement, il vint m'embrasser encore une fois.
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J'ouvre mes yeux et cette fois-ci, il fait jour. Je dirais même que c'est bientôt midi. Je prends à peine le temps d'émerger de mon sommeil que je me rends compte qu'il y a du mouvement sur le pont du Sunny : ils sont sans doute réveillés. Je regarde autour de moi et c'est vrai que je suis encore ici, sur le sol, seule. Il est partit.
Mille questions viennent me traverser l'esprit : et si ce qu'il s'était passé hier était déjà oublié ? Et s'il ne ressentait rien à mon égard ?
Je me torture l'esprit pendant plusieurs minutes, je n'ai pas vu le temps passer.
Alors maintenant, il faudrait que je me lève. Ah oui, je suis en maillot… J'attrape alors mon short qui a été jeté un peu plus loin cette nuit ; dans la foulée, j'enfile sa chemise posée sur le sol elle aussi. En partant, je remarque son chapeau de paille, alors je le pose sur ma tête, me donnant la sensation de toujours être près de lui partout où je vais.
D'un pas léger, j'avance jusqu'au pont pour y retrouver mes compagnons.
« Oh Navigatrice, où étais-tu passé ? demande mon amie aux cheveux plus long que les miens et au regard plein de sous-entendu.
— J'ai...dormis là-bas, dis-je en montrant la bibliothèque. Dans la bibliothèque, ajoutai-je pour qu'aucun de mes compagnons ne pose d'avantage de questions.
— Oh, fit-elle simplement en faisant un rond avec sa bouche et en détaillant ma tenue, enfin, en insistant sur la chemise et le chapeau de mon capitaine.
— Oh, fit également le tireur d'élite, de la même manière que l'archéologue.
Et puis je tourne la tête pour regarder les autres qui m'observent ou bien qui font semblant de s'occuper en me regardant du coin de l'œil. Nous avons fait tant de bruit ? Il ne me semblait pas…
« N-Nami-san, Robin-san…, fit la voix du squelette près de nous. Auriez-vous l'amabilité de…, commence-t-il avant que je lui colle une bonne droite pour qu'il finisse étalé sur le sol.
— Qu'on appelle un médecin ! Vite, un médecin ! se mit à crier le petit médecin.
— C'est toi le médecin, balancent le long nez désespéré et le sabreur qui arrivait en baillant, après une énième sieste.
— Je... Je vais mourir..., commence le squelette, inquiétant un peu plus notre renne naïf. Oh mais, je ne peux pas mourir, je suis déjà mort, yohohohoho ! »
Et il s'en suivit d'un "Brook" collectif et désespéré de chacun.
On entendit soudainement tout un vacarme dans la cuisine.
« Luffy, reviens ici ! » hurla notre cuisinier depuis la cuisine.
Et le bruit de vaisselle et de je ne sais quoi d'autre se faisait encore entendre.
Il en fait encore des siennes, c'est pas possible ça...
Et puis, quelque chose ou plutôt quelqu'un, fut littéralement expulsé de la cuisine, probablement par un grand coup de pied. Il vient s'écraser sur le pont, près de nous.
La fumée se dissipe, laissant donc apparaître mon idiot de capitaine, avec un morceau de viande à la main. Il s'assoit en tailleur et ne fait qu'une bouché de sa viande, ensuite il me regarde.
« On dirait Franky avec ma chemise, dit-il en riant.
— Suuupeeeeer ! » cria le cyborg visiblement heureux, en tapant l'une de ses poses.
Je regarde Franky et je ne sais pas si je dois bien le prendre ; franchement, c'est compliqué de voir cela comme un compliment, alors je ne vais simplement pas y répondre, c'est la meilleure solution je crois.
Puis la porte de la cuisine s'ouvre violemment, et d'en haut, c'est le blond qui lance un regard des plus noirs à notre capitaine. Luffy prend directement peur en le voyant et commence à se lever, en sueur.
« Luffy, combien de fois je te l'ai dis..., commence plus ou moins calmement le blond. De ne pas. Voler. La nourriture.
— Euh, et bien..., s'affole-t-il en faisant mine de compter sur ses doigts le nombre de fois qu'il lui a dit. Je... Je... »
Il a vraiment une case en moins celui-là.
« Imbécile..., l'insulte le cuisinier, désespéré comme tous les autres ici présents, avant de reprendre. Je t'avais dit que tu ne pouvais manger, seulement si tu avais attrapé un énorme monstre marin.
— Euh, oui, je... »
Sanji fit un saut depuis la cuisine, pour se retrouver face à Luffy qui se mit à courir autour de nous. Cela énerva un peu plus notre cuisinier.
« Et tu n'as pas attrapé de monstre marin... »
Mon idiot sans son chapeau, s'arrêta et regarda le blond. Il semble réfléchir, étrange de sa part, non ? Et puis voilà que Sanji commence à lui courir après, et Luffy court toujours autour de nous : un spectacle d'idiots. Dans leur course folle, Luffy allonge ses bras pour s'accrocher à mes épaules, amenant tout son corps pour encore une fois, se retrouver sur mon dos. Sanji est face à moi, encore plus énervé qu'avant, du fait que mon capitaine ose me toucher ainsi.
« Enlève tes sales pattes de ma Nami-swan ! »
Luffy se mit brusquement à rire tandis que je me retrouve au milieu de leur histoire.
« Et bien, j'ai réfléchi Sanji, commence-t-il sérieusement après avoir cessé de rire.
— Il a réfléchit ?! crions-nous tous en même temps, tellement cela paraît improbable.
— Ouais et…, continue-t-il en se serrant bien à moi. Je n'ai pas attrapé qu'un gros poisson, se mit-il à rire, mais deux gros poissons ! finit-il en mettant ses deux mains sur ma poitrine.
— Kyaaaaaaa ! » hurlai-je complètement rouge.
Mais c'est pas vrai... c'est un véritable idiot ! Je ne sais plus où me mettre, quel imbécile.
Sanji était affalé sur le sol et criait désespérément, les autres n'ont pas l'air plus surpris que ça et ont même de légers rires, et moi, je suis rouge de honte tandis que l'autre imbécile rigole encore avec ses mains sur mes…
« Dégage tes sales pattes de là, imbécile ! criai-je en l'étranglant.
— Arh-p-pardon N-Nami, s'excuse-t-il entre ses étouffements. Je pensais que-que j'avais le droit maintenant ! »
Encore plus rouge qu'avant, je finis même par le lâcher car je ne sais plus quoi faire de lui ; comprenez moi, je suis désespérée !
.
Après cet épisode, Sanji lui lança des injures toute la journée et la vie sur le navire était sans aucun changement. Néanmoins, je peux vous dire que tout cela n'était pas du vent et que maintenant, nous sommes plus ou moins ensemble. Tout ça, comme je l'avais espéré.
Fin.
