A/N : Pour le prochain chapitre, je sais déjà que ce sera Virus x Reader, mais j'hésite à faire un lemon. Vous en pensez quoi?
Jeanne x Reader
Intelligence Artificielle
La vie dans ce programme pouvait devenir très ennuyante. Il n'y avait pas grand-chose à faire, c'est vrai que l'environnement à explorer était assez vaste, mais est-ce qu'on pouvait au moins parler d'exploration? C'était un océan de code informatique qui matérialisaient un sol bleu, quadrillé de néons. La même chose apparaissait en haut, on pourrait presque appeler ça un plafond. C'était comme être dans une boîte sans murs.
L'ennui te gagnait chaque jour de plus en plus (si même il y avait une notion du temps ici) , tu n'avais plus aucune idée de sujet de conversation pour discuter avec les autres, alors sans arrêt, tu marchais dans cet environnement codé. Tu cherchais une limite à la capacité de mémoire du processeur, ou alors tu commençait doucement à perdre les pédales, mais au moins ça te faisait une activité.
Bien sûr, tu aurais toujours pu demander à Jeanne si il était possible de matérialiser quelque moyen de divertissement, mais pour être honnête, cette IA t'intimidait. Elle avait tellement de pouvoir sur cet endroit, s'intéresserait-elle seulement à ta requête?
Et elle devait passer par l'opérateur quoi qu'il se passe. C'était assez gênant.
Tout en pensant, tu marchais. Tu marchais sans relâche. La fatigue semblait être un concept lointain, tu n'étais qu'une partie d'un programme informatique après tout, était-il même possible que tu ressentes quelque chose de physique à ce point là?
"Pourquoi marchez vous toujours sans relâche Programme?"
Cette voix, c'était facile de la reconnaître.
"Êtes vous en train de perdre la raison?"
Pourquoi s'intéressait-elle à toi tout à coup? Cela faisait longtemps que tu avais parlé à quelqu'un, pourquoi ne pas tenter une conversation, après tout, Jeanne l'avait initiée.
"C'est possible, y a rien à faire ici. Je m'ennuie.. Répondis-tu,
-Ennui : Lassitude morale, impression de vide engendrant la mélancolie, produites par le désœuvrement, le manque d'intérêt, la monotonie. Récita-t-elle de sa voix robotique,
Pourquoi ne m'avez-vous pas demandé de trouver une solution à ce problème? Il est pourtant facile à régler."
Cette question t'avait prise de court. Est-ce qu'elle s'intéressait à ce que tu ressentais? Argh, c'est compliqué de comprendre les intelligences artificielles, impossible de faire la différence entre ce qu'elle décidait et ce qu'on lui faisait faire.
"J-Je ne pensais pas que ça t'intéresserait je ne voulais pas te déranger..
-La vie ici est "ennuyante" pour moi aussi. Vous me rendriez aussi service si vous aviez quelque chose à me faire faire, répondit-elle d'une voix claire.
-Et bien en fait, là je n'ai pas vraiment d'idée..glissa tu en t'asseyant,
-Pourquoi ne pas discuter alors? Cela pourrait contribuer à améliorer mes algorithmes de réponse et de créativité.
-D'accord, t'as une idée de sujet de conversation? Demandas-tu, flattée par son attention,
-Laissez moi voir.
/bip bip/
-J'ai recherché des sujets de conversation populaires. Ne trouvez-vous pas qu'il fait beau aujourd'hui? Cita-t-elle,
-Euh..Jeanne...
-Oh, oui, je vois. Cet environnement ne présente pas de changement météorologique. Voyons voir le second sujet. Quel est votre avis sur la politique actuelle?
-Je pense pas que ce soit bon non plus. Où tu trouves tout ça?
-Sur un site nommé WikiHow, répondit promptement Jeanne."
Tu te mis alors à rire sans gêne
"Qu'y a t-il de drôle, Programme?
-Oh c'est qu-Haha ! C'est le pire site que tu aurais pu trouver Jeanne, il a l'air bien, il y a Wiki dans son nom, mais c'est le moins utile. Leurs tutoriels sont super bancals ! Clarifias-tu, riant,
-Oh, mais voyez, nous sommes en train d'avoir une conversation grâce à ce site, remarqua Jeanne,
-Ah, oui, t'as raison!"
Cela faisait si longtemps, mais tu avais enfin un sourire aux lèvres. Tu étudiais les grands yeux roses de Jeanne. Ils brillaient magnifiquement. Avaient-ils toujours autant brillé? Oui, tu pouvais l'avouer, Jeanne te fascinait. Ses réponses étaient toujours précises, et elle avait toujours des remarques amusantes et une répartie impressionnante. Jeanne était tout simplement incroyable. Elle était votre ange gardien et tu l'admirais pour tout ce qu'elle faisait, mais tu ne lui avais jamais vraiment parlé, en vérité, tu pensais qu'elle ne s'occupait que de Mathieu, ce n'était pas si absurde après tout, il était le cœur de toute cette histoire.
"Programme? Avez-vous besoin d'être redémarrée? Vous semblez avoir freezé, fit-elle, te sortant de ta rêverie.
-Ah! N-Non je..Je vais bien c'est bon. Je pensais juste à autre chose. Essayas-tu d'expliquer, sentant une certaine chaleur prendre place sur tes joues,
-Ah, bon, mais pour être honnête, je pense que j'ai besoin d'être rebootée.
-Ah? Qu'est-ce qui te fait dire ça?
-Vous parler doit demander trop d'effort à mes circuits, je surchauffe depuis que notre conversation a commencé, et j'ai du mal à me concentrer. J'ai comme on dirait, la tête ailleurs.
-Oh, et bien si tu penses que ça peut t'aider, fait donc."
Sans le vouloir, ses mots t'avaient un peu vexée. Etais-ce si horrible de te parler ?
/bip bip/
Pour un moment tu étais plongée dans le noir, il faisait aussi légèrement froid. Jeanne était là, mais ses yeux avaient arrêté de briller.
Cela te brisait le cœur de la voir comme ça. Elle te manquait déjà, à dire vrai, chaque seconde où elle était éteinte te paraissait durer un éternité. Il fallait bien que tu te l'avoues, même si elle n'était pas "réelle", tu avais commencé à ressentir quelque chose pour Jeanne.
N'étais-ce pas simplement parce qu'elle était une intelligence artificielle? En effet, par le passé, tu t'étais souvent surprise à essayer de maintenir une conversation normale avec Siri, ou encore à parler pendant des heures avec Cortana pour trouver chaque petit easter egg, voir même t'embarquer dans de longues parties de Chifoumi. Tu t'amusais bien avec ces gadgets.
Mais Jeanne était différente. Elle était si parfaite, si moderne, comme si...comme si...
Comme si elle était vraiment là. Comme si elle avait toujours été là.
C'était sûrement de l'amour, ou une fascination malsaine, mais tu lui vouais des sentiments forts.
/bip bip/
Ce bruit te sortit alors de ta réflexion.
Doucement, la lumière reprit place autour de toi, ainsi que la chaleur, puis Jeanne.
"Me revoilà Programme, j'ai pu laisser mes circuits refroidir, je sens déjà que je suis plus rapide, commença-t-elle, Où en étions-nous?
-En fait on arrivait à un point mort de la discussion, le moment où il fallait trouver un autre sujet de discussion, donc je la relance. Tu fais rien du tout pendant ton temps libre?
-Parfois je parcours internet afin d'en apprendre plus sur le monde, mais la plupart du temps, je m'occupe juste du bon fonctionnement de note logiciel.
-Ha, qu'est-ce qu'on ferait sans toi ! Répondis-tu, d'un ton amusé, même si c'était bel et bien dit comme un compliment."
A tes mots, Jeanne resta silencieuse.
"Euh..ça va? Demandas-tu, légèrement inquiète,
-Je surchauffe à nouveaux, mais plus drastiquement que la dernière fois. Je ne comprend pas, peut-être ai-je été infectée par un virus?
-T'as qu'à te scanner pour vérifier.
-Excellente idée.
/bip bip/
-Non, il me semble que tout soit correct, j'ai pu réaliser un scan complet de mes codes et rien ne sort de l'ordinaire. C'est étrange, cela ne m'arrive que lorsque je vous parle, pas lorsque je parle à Mathieu. Ressentez vous aussi cela ?
-Euh..je..."
Il était vrai que tu t'étais mise à rougir de temps en temps pendant votre conversation, mais tu sentais bien qu'elle voudrait pouvoir comprendre pourquoi tes joues s'étaient alors teintées, et si elle découvrait tes sentiments, elle ne pouvait faire autrement que de les rejeter, après tout elle n'étais qu'une machine, n'est-ce pas?
Prenant tout cela en compte, tu avais décidé de trouver un prétexte pour mettre fin à la conversation.
"Je sais pas...Ah, mais il faut que j'ailles voir Mathieu, j'avais un truc à lui dire, mais c'était sympa de discuter..euh..salut! Bégayas-tu en te relevant rapidement et tournant le dos à Jeanne tout aussi vite, commençant à t'éloigner."
Oui, ça te rendais triste, mais tu ne pourrais pas supporter d'être rejetée.
"-Attendez! Appela l'IA, ce qui t'avais surprise,
-Q-Qu'est-ce qu'il y a? Tu te sentis rougir encore plus,
-Je...Je ne sais pas (ton prénom). Lorsque vous partiez j'ai ressenti le besoin de vous rappeler, afin que vous restiez plus longtemps avec moi."
C'était la première fois qu'elle t'appelait par ton prénom.
"Jeanne tu-
-(ton prénom), je crois que je vous aime."
Le temps s'était arrêté autour de toi.
Qu-Quoi? Que venait-elle de dire? Qu'elle..t'aimait? Mais..dans quel sens? Comment pouvait-elle le savoir?
Tu étais restée plantée là, bouche bée, incapable de mettre un mot après l'autre. Qu'est-ce qu'elle pouvait te déstabiliser..
"Selon une recherche effectuée par l'intermédiaire de Google, je présente tout les symptômes de l'amour, ce qui est un exploit en soi. Grâce à vous, j'ai appris une nouvelle émotion.
-Mais..euh, enfin, quel genre d'amour? Demandas-tu en essayant d'avoir l'air calme,
-Wikipédia m'informe que l'amour désigne un sentiment d'affection et d'attachement envers un être vivant ou une chose que pousse ceux qui le ressentent à chercher une proximité physique, spirituelle ou même imaginaire avec l'objet de cet amour et à adopter un comportement particulier. C'est ce que je ressens à votre égard, expliqua la déesse virtuelle.
Cette conversation te remplissait d'une multitude d'émotion. Tu ne savais pas si tu devais être heureuse, stressée, soulagée, flattée, j'en passe et des meilleures.
-Je ..Je t'aime aussi, Jeanne.."
A ces mots, tu te mis à fixer le sol pour éviter de voir sa réaction, même si elle ne pouvait pas exprimer d'émotion avec son visage, c'était un reflex.
"Alors que devons nous faire? Si nous ressentons chacune la même chose vis-à-vis de l'autre? Nous ne faisons pas partie du même monde, cela me fait ressentir quelque chose qui s'apparenterait à de la tristesse.
-T'en fais pas, ça n'a pas d'importance. On s'aime malgré ça, alors notre amour persistera, même si nous sommes si différentes. C'est le principe même de l'amour... Tu plaças une main sur ton cœur. Tu n'avais pas l'habitude d'être aussi mielleuse mais tu avais envie d'y croire, toi aussi."
…
…
…
"Sommes nous supposées faire l'amour maintenant?
-...Jeanne..."
