Chapitre 2:

1er Septembre 1991.

Une Hermione de onze ans, émerveillée, ne pouvait dormir en cette première nuit qu'elle passait à Poudlard, l'école de sorcellerie. Elle se souvenait encore du jour où elle avait reçu sa lettre d'admission. Elle avait ainsi appris qu'elle était une sorcière Née-Moldue, qui possédait des pouvoirs incroyables et apprendrait à les contrôler en allant dans cette école. Elle avait compté chaque jour qui la séparaient de cette extraordinaire rentrée dans le monde magique. Et maintenant, elle y était. Elle était dans son lit, dans son dortoir, dans sa nouvelle maison.

En poussant un long soupir heureux et apaisé, elle décida de bondir de son lit. Elle glissa délicatement ses pieds dans ses pantoufles aux couleurs de sa maison, Gryffondor. Elle enfila également un pull tricoté par sa vieille grand mère, car il faisait vraiment froid dans cet imposant château. Elle sortit alors discrètement, essayant de ne pas attirer l'attention des filles qui partageaient son dortoir et elle descendit à pas de loup les escaliers en pierre qui menaient à la Salle Commune. Cette grande pièce contenait des canapés et fauteuils, une grande cheminée ainsi que quelques tables et des chaises. Elle permettait aux élèves de Gryffondor de venir s'y reposer après une longue journée de cours pour discuter avec quelques amis ou simplement profiter d'un temps libre qui leur était accordé. Certains y travaillaient également ensemble, d'où les quelques tables.

La salle était vide. Parfait, pensa Hermione en souriant. Elle alla s'asseoir sur le canapé face à la cheminé et regarda le feu crépiter, son sourire toujours accroché aux lèvres. Elle se sentait tellement bien. Elle se sentait... Dans son élément. Pour la première fois depuis qu'elle était toute petite, elle avait le sentiment d'appartenir à une cause, d'avoir une valeur particulière. De compter. Toute son enfance, elle s'était sentie rejetée par les autres enfants car elle était "trop différente". Plus mature, plus intelligente. Puis, il y avait toutes ces choses "étranges" qu'elle était capable de faire et qui avaient longtemps effrayé ses parents. Désormais, elle savait qu'elle n'était pas bizarre ni différente mais juste qu'elle avait hérité de pouvoirs magiques. Et maintenant qu'elle était avec des gens pareils qu'elle, elle se ferait enfin des amis. Elle trouverait des gens qui la comprendraient. Qui étaient comme elle.

« Tu ne devrais pas être là. Entendit-elle soudain. »

Brutalement coupée de ses songes, elle se redressa brusquement dans le canapé et fit volte-face pour voir qui lui avait adressé la parole. Elle reconnaissait ce garçon: c'était l'un des frères du garçon avec qui elle avait partagé son compartiment dans le train. Étant donné que ce garçon avait un frère jumeau dont la ressemblance était frappante, elle ne fut pas réellement sûre de son nom. Elle se remit rapidement debout, plissant inutilement les plis de son pantalon de pyjama. Elle sentit alors ses joues se colorer d'un rouge léger lorsqu'elle remarqua qu'il riait devant l'attitude de la jeune fille.

« Détends toi, je plaisantais. Lui fit-il savoir une fois calmé. Ce n'est certainement pas moi qui vais faire une remarque sur ce qu'il faut faire ou ne pas faire. »

Hermione ne répondit rien et le fixa simplement avec de grands yeux. De grands yeux innocents. Cela fit rire le rouquin de plus belle.

« Tu es Hermione, c'est ça? Lui demanda-t-il.

- Oui. Dit-elle simplement, intimidée.

- Ah oui, tu étais à côté de moi pendant le dîner, je me souviens. Alors Hermione, tu ferais mieux d'aller te coucher, une longue journée t'attend demain. Et puis, si le préfet, c'est-à-dire ma tête de bourrique de frère Percy te voit, il ne t'épargnera pas, même si tu es une première année et que c'est le premier jour. »

Elle hocha la tête et se dirigea vers les escaliers. Elle sentait le regard du jumeau glisser sur elle et elle devinait sans mal qu'il devait bien se fendre la poire face à sa réaction. Comme si elle avait été prise en train de faire quelque chose de mal alors qu'elle ne faisait strictement rien. Il allait falloir qu'elle apprenne à gérer ses émotions et contrôler son comportement en public.

« Au fait, j'ai vu que tu te posais la question. Je suis Fred, le jumeau le plus drôle. Lâcha-t-il d'un ton enjoué et visiblement amusé. »

Hermione en rougit de plus belle et se hâta de rejoindre son dortoir.

31 Octobre 1991.

Hermione pleurait. Si fort qu'elle en avait des hoquets et avait un mal fou à respirer. Elle n'aurait jamais cru pleurer autant alors qu'on lui avait simplement fait une remarque blessante. Pourtant, des remarques blessantes, elle en avait subi toute sa vie depuis qu'elle était à l'école maternelle. Elle avait appris à les encaisser, à vivre avec, ou même ne pas y faire attention. Mais ce n'était que des gens qui ne la comprenaient pas qui faisaient ces remarques. Des idiots qui n'étaient capable que de méchanceté gratuite. Alors qu'aujourd'hui, c'était quelqu'un comme elle qui avait fait une remarque blessante. Qui plus est, quelqu'un qu'elle commençait à considérer comme un ami. Jamais elle n'aurait cru qu'il serait capable de dire du mal d'elle. Ses paroles tournaient et retournaient dans sa tête. "Ça ne m'étonne pas que personne ne puisse la supporter, c'est un vrai cauchemar, cette fille là!" Oui, Hermione n'avait aucun amis. Elle n'avait jamais eu d'amis. Jamais. Était-ce pour autant la peine de remuer le couteau dans la plaie?

Cela faisait désormais plus de trois heures que la Gryffondor était enfermée dans les toilettes des filles, à se lamenter sur son sort et pleurer toutes les larmes de son corps. Elle aurait cru que ça la soulagerait mais son état ne faisait qu'empirer. Et elle n'osait même plus sortir de ce refuge pourtant peu réconfortant.

« Hermione? Lança-t-on alors dans les toilettes, l'écho se répercutant contre les murs. »

Manqué.

« Hermione, je sais que tu es là. Continuait-on. »

Mais la concernée ne répondit rien. Elle voulait être seule, elle ne voulait pas de compagnie. De personne. Pourtant, elle savait sans avoir besoin de regarder que la personne qui la cherchait arpentait les toilettes au même moment et devait probablement regarder en dessous de chaque porte à la recherche de pieds qui trahiraient sa présence. Et Hermione n'avait pas le courage de les cacher. Aussi, lorsqu'une ombre se profila face à la porte et que la personne qu'elle devina comme étant Parvati Patil cogna avec vigueur, elle se recroquevilla un peu plus sur elle même et ne réagit pas aux supplications de l'indoue, qui pestait contre la jeune fille qui ne daignait pas lui accorder la moindre attention.

« Nom d'un Pitiponk. Soupira finalement Parvati. Tu vas sortir de ces toilettes, que tu le veuilles ou non, Hermione. »

Sur ces paroles, Parvati s'en alla. Hermione entendit ses pas s'éloigner. Avait-elle abandonné l'idée de la faire sortir des toilettes et était-elle retournée avec les autres? Ce serait étonnant. Cette fille avait l'air très coriace, autant ne pas trop espérer. Et effectivement, à peine deux minutes plus tard, la Gryffondor entendit des bruits de pas revenir à ses oreilles. Parvati était revenue. Mais pas seule.

« Je n'arrive pas à la faire réagir, comme tu peux le constater. Disait-elle à la personne se trouvant à ses côtés.

- Ne t'en fais pas, je m'en occupe. »

Hermione hoqueta de surprise en reconnaissant la voix de Fred Weasley. Non, un Weasley était bien la dernière personne au monde qu'elle désirait voir à ce moment là. Ron lui avait fait beaucoup trop de peine, pas la peine d'en plus voir un de ses nombreux frères.

« Hermione? L'appela-t-il en se collant contre la porte. »

La susnommée ne répondit que par un reniflement sonore dont elle ne se sentit pas gênée. Fred sut aussitôt qu'elle avait pleuré, et qu'elle pleurait sûrement encore à l'instant où il lui parlait.

« Explique moi ce qu'il t'est arrivé. Continua-t-il sans prendre en compte le mutisme de Hermione.

- Demande à ton frère. Lâcha-t-elle seulement d'une voix rocailleuse. »

Fred prit quelques instants pour réfléchir et il comprit immédiatement. Ron. Il avait sûrement dû dire quelque chose qui l'avait blessé, avec son tact habituel.

« Écoute, Ron est un idiot. Débuta maladroitement Fred, qui se sentait mal à l'aise dans cette situation. Il n'a jamais eu de tact, il lui arrive de dire des choses blessantes sans même s'en rendre compte. Mais il ne faut pas te mettre dans un état pareil à cause de lui.

- Trop tard. Répliqua-t-elle avec amertume dans la voix. »

Fred lança un regard de détresse à Parvati, qui ne put que secouer la tête, vaincue.

« Tu ne comptes tout de même pas élire domicile ici? Continua-t-il. Ce n'est pas vraiment un lieu idyllique pour habiter. »

Le rouquin fut soulagé d'entendre la jeune fille émettre un ricanement discret. Ce n'était pas grand chose mais c'était déjà un bon début.

« En plus, c'est Halloween aujourd'hui. Poursuivit Fred. Je peux te dire que les repas du 31 Octobre à Poudlard sont quelque chose qu'aucun élève ne se permettrait de manquer.

- Que je manque un seul repas alors que je vais rester ici sept ans ne fera sans doute pas une grande différence. Fit remarquer la Gryffondor.

- Mais imagine qu'il t'arrive quelque chose et que tu meurs subitement avant de pouv... »

Fred poussa un grognement de douleur et lança un regard noir à Parvati, qui lui avait écrasé le pied d'une force inestimée.

« Si tu comptes la faire sortir d'ici en prévoyant sa possible mort, tu risques d'en avoir pour un moment. Dit-elle, furibonde.

- Du respect pour tes aînés, jeune fille. Lança-t-il en massant ses doigts de pied endoloris à travers sa chaussure.

- Laissez moi tranquille. Lâcha soudain Hermione entre deux reniflements. »

Elle s'était remise à pleurer. Le rouquin accorda un regard moralisateur à Parvati, qui en fit de même. Chacun tenait l'autre pour responsable, mais pendant qu'ils débattaient sur l'identité du vrai coupable, Hermione s'était de nouveau assise sur le sol et avait enfoui sa tête entre ses bras croisés pour pleurer en toute tranquillité.

« Je crois qu'il est inutile d'insister, elle ne sortira pas d'ici. Grommela Parvati, dont le ventre commençait à gargouiller. On ferait mieux de retourner à la Grande Salle, le dîner va bientôt commencer.

- Et tu comptes la laisser ici toute seule? S'indigna Fred, qui nourrissait désormais une amertume forte pour l'indoue.

- On ne va pas la forcer à venir avec nous alors qu'elle n'en a visiblement pas envie. Fit sagement remarquer la Gryffondor. De toute façon, elle sera obligée de sortir avant le couvre-feu. »

Apparemment convaincue dans ses retranchements, Parvati quitta les toilettes et se rendit d'un pas léger à la Grande Salle, sans éprouver le moindre remord. Fred fit de même quelques instants plus tard mais avant de franchir le pas de la porte, il s'arrêta dans son mouvement et tourna lentement la tête vers la cabine où se trouvait la jeune Hermione. Il culpabilisait de la laisser ainsi, dans un si lamentable état, abandonnée à elle même le soir d'Halloween. Mais après tout, cette agaçante Parvati avait raison: il serait vain de rester encore plus longtemps et tâcher de convaincre Hermione alors qu'elle n'était visiblement pas prête à les suivre. Aussi, il quitta les toilettes et alla à la Grande Salle, essayant d'éviter de penser à Hermione, toute seule dans ces sinistres sanitaires.

20 Décembre 1991.

Hermione se rendit dans la Grande Salle, le coeur léger et sa grosse valise traînant derrière elle. La salle était presque vide, seuls quelques élèves occupaient les quatre longues tables dénuées de couverts ou nourriture. La Gryffondor se hâta de trouver ses amis avant que tous les élèves repartant chez eux pour les vacances de Noël ne soient appelés pour être conduits à Pré-au-Lard. Elle vit enfin Harry et Ron, tout au bout d'une table voisinant le gigantesque sapin de Noël de l'école. Elle les rejoignit rapidement et les observa en silence jouer à leur partie d'échecs. Ils discutèrent par la suite, notamment de l'affaire Nicolas Flammel qu'ils s'efforçaient de résoudre depuis plusieurs semaines déjà et quand le moment vint, elle leur donna un conseil judicieux et leur souhaita de bonnes vacances avant de faire demi-tour et quitter la Grande Salle.

Une fois qu'elle eut passé les portes, elle se rendit auprès d'un groupe d'élèves de première année qui attendaient près de l'entrée. Elle prit place aux côtés de Susan Bones, qui rentrait également chez elle pour Noël. Elles conversèrent poliment jusqu'au moment où Hermione tourna la tête pour croiser le regard de Fred -ou bien, était-ce George?- Weasley.

« Je croyais que tu restais à Poudlard pour les vacances. Avoua Fred -ou George- d'un ton goguenard.

- Je le croyais aussi mais j'ai envie de passer Noël avec mes parents, tout compte fait. Lui répondit-elle, s'efforçant de découvrir l'identité du jumeau se trouvant face à elle.

- Que c'est adorable. S'exclama-t-il, légèrement moqueur.

- Ron m'a dit que vos parents allaient voir votre frère Charlie en Roumanie. Dit alors Hermione, exaspérée par ce ton ironique qu'il employait quand il parlait.

- C'est exact. Mais la Roumanie, ce n'est pas vraiment pour nous, alors on a préféré rester à Poudlard, tous autant que nous sommes. C'est dommage, la dinde de Noël de Maman me manquera cette année. Soupira-t-il d'un air faussement tragique. »

Alors que Hermione s'apprêtait à répliquer, le professeur McGonagall se dirigea vers le groupe d'élèves dans lequel elle était afin de faire l'appel avant de se rendre à la gare pour prendre le Poudlard Express. Elle détourna son regard pour le reposer sur le jumeau mais elle constata avec étonnement qu'il était parti. Elle n'avait même pas eu le temps de lui demander s'il était Fred ou bien George. Ce mystère resterait donc irrésolu à jamais.

24 Juillet 2015.

« C'était Papa ou Oncle George qui t'avait parlé, alors? S'enquit Gaia lorsque Hermione marqua un temps d'arrêt dans son récit.

- Ha ha. Répondit simplement la brune avec un sourire en coin. A toi de deviner.

- Hmm... Lâcha Gaia, perdue en pleine réflexion. Papa!

- Manqué. C'était George. La corrigea Hermione. »

Gaia parut étonnée par la réponse de sa mère. Timothy aussi, visiblement.

« Comment tu l'as su? Demanda Timothy, qui était absorbé par ce que sa mère racontait.

- Au bout d'un certain temps, j'ai appris à différencier les jumeaux par leur façon de parler. Malgré leur immense similitude, que ce soit au niveau physique ou mental, ils ont tous les deux des failles qui permettent de les différencier. J'ai compris que c'était George qui m'avait parlé, parce qu'il a dit que la dinde de Mamie Molly lui manquerait. Or, Fred n'en raffole pas tant que ça alors que George, si. Je ne l'ai découvert que quelques mois plus tard mais j'ai aussitôt fait le rapprochement.

- T'es vraiment trop intelligente, Maman. S'époustoufla Gaia.

- Je sais. Se vanta Hermione avec un sourire.

- Papa n'aime pas quand tu fais ça. Fit remarquer Timothy d'une petite voix.

- Oh, je sais bien. Et crois moi qu'il le détestait encore plus quand on était adolescents. »

12 Février 1992.

« Trouve moi une excuse en béton pour ne pas rendre ce devoir le jour demandé.

- Hmm... Tu as trop mangé de Patacitrouille et tu as été malade tout le week-end, si bien que tu n'as pas pu faire ton devoir?

- J'ai déjà utilisé cette excuse l'année dernière, t'as la mémoire courte on dirait, Georgie. »

Le susnommé donna un coup de poing dans le bras de son frère, qui en fit de même la seconde d'après. Ils rirent alors de bon coeur, comme ils le faisaient toujours lorsqu'ils étaient ensemble.

« Tu te rends compte que dans un peu moins de deux mois, on aura quatorze ans? Dit soudain George, le regard dans le vague.

- Le temps passe vite. Termina Fred à la place de son jumeau. »

Tandis qu'ils repensaient chacun de leur côté à tous leurs bons souvenirs d'enfance, un trio de première année connus pour leurs nombreuses infractions au réglement arriva dans la Salle Commune de Gryffondor. L'un des élèves de ce trio se dirigea vers les jumeaux, perdus dans leurs pensées.

« Alors, vous n'avez toujours pas fini ce devoir d'Astronomie? S'enquit-il en voyant le parchemin vierge de son frère aîné.

- Mêle toi de ce qui te regarde, Ronald. Cingla Fred, tandis que George échangeait un claquement de mains victorieux avec lui.

- Comme vous voulez. Ce n'est pas moi qui vais avoir des problèmes, en tout cas. Riposta Ron, qui ne supportait pas qu'on l'appelle par son vrai prénom. »

Hermione, qui s'était difficilement retenue d'intervenir jusqu'ici, rejoignit soudain son ami et attrapa le parchemin des mains de Fred, affichant son expression spéciale devoirs, comme disaient Harry et Ron.

« Votre devoir est sur quoi? Voulut-elle savoir sans accorder un regard aux jumeaux.

- Les signes astrologiques. Répondit George, qui lança un coup d'oeil inquisiteur partagé à Fred.

- J'ai lu plusieurs chapitres sur ça dans des livres d'Astronomie à la bibliothèque. Dit-elle alors en remettant le parchemin dans les mains d'un Fred abasourdi. Je peux peut-être vous aider.

- Oh, je t'en prie Hermione. Soupira George, hilare. Tu n'es qu'en première année, ce que vous faîtes en cours est si facile que c'en est risible quand on y repense quelques années plus tard.

- Vous n'avez que deux ans de plus, je ne vois pas en quoi ça pourrait être différent. Fit-elle remarquer, blessée dans son amour propre.

- Crois en l'expérience. Intervint Fred en accompagnant ses mots d'un clin d'oeil moqueur. »

Les jumeaux se mirent alors à rire sous le regard indigné de la jeune Gryffondor. Ils osaient mettre en doute sa capacité de raisonner et sa maturité intellectuelle? Soit. Ils allaient voir ce qu'ils allaient voir. Elle s'empara de nouveau du parchemin, coupant le doigt de Fred au passage qui poussa une exclamation plaintive et elle se retira de la salle commune d'un pas rageur.

« Où va-t-elle avec mon parchemin? S'exclama Fred, qui porta son doigt qui saignait à sa bouche. »

Harry et Ron échangèrent un coup d'oeil entendu et répondirent d'une même voix:

« A la bibliothèque. »

Et en effet, Hermione revint environ deux heures plus tard dans la Salle Commune, les bras chargés de livres au volume encyclopédique et le parchemin de Fred toujours à la main. Elle se posta devant les jumeaux, qui dormaient à moitié sur l'un des canapés de la salle. Lorsqu'ils remarquèrent enfin la présence de la jeune fille, elle leur jeta les livres sur les genoux et brandit le parchemin désormais noir d'une écriture souple et soignée face à eux.

« Alors? Vous pensez toujours que je ne suis qu'une stupide première année qui ne fait que des choses faciles? Lâcha-t-elle, fulminante. »

Fred et George n'osaient même pas répondre. Ils ne pouvaient détacher leurs yeux du parchemin et de tous ces mots et ces phrases désormais ancrés sur le papier. Ils ne pouvaient se résoudre à croire que la petite fille de onze ans avait fait un devoir de troisième année particulièrement compliqué toute seule et en si peu de temps.

« Comment tu... Finit par déglutir George, sans parvenir à terminer sa question.

- De bons livres, une patience de maître, une réflexion intense et une intelligence supérieure à la normale. Répondit-elle simplement, sans cacher un sourire naissant. »

Non seulement elle les narguait ouvertement, mais elle se vantait d'être intelligente et de surcroît, elle sous-entendait l'être plus qu'eux. Cela ne plut guère à Fred, qui recouvra aussitôt ses esprits.

« Écoute moi bien, petite Miss-Je-Sais-Tout. Débuta-t-il d'une voix presque menaçante. Tu n'as pas à nous parler comme si nous étions des moins-que-rien. On est plus âgés que toi, alors tu nous dois le respect.

- Oh mais parfois, deux ans de plus ou de moins ne veulent rien dire. Répliqua-t-elle. Crois-en l'expérience. »

Fred se souvint immédiatement lui avoir dit ça quelques heures plus tôt, lorsqu'elle leur avait assuré qu'elle pouvait les aider et qu'ils s'étaient ouvertement moqué d'elle. Le rouge lui monta au visage et aussitôt, il se sentit inférieur et idiot. Idiot de se faire rabattre le clapet par une gamine de onze ans à la voix aiguë empreinte d'une confiance aveugle agaçante.

« On en restera pas là, Granger. Riposta-t-il plus tard.

- Je n'en aurais pas douté. »

Désormais bouillant de rage, Fred attrapa son parchemin d'une force inouïe et se dirigea vers les escaliers afin de rejoindre son dortoir et passer sa colère en hurlant la tête dans son oreiller. George emboîta le pas à son frère, incertain et alors qu'il s'apprêtait à grimper les escaliers, il entendit un raclement de gorge sonore provenant de derrière lui. A contre-coeur, il fit volte-face et croisa le regard victorieux de Hermione.

« Vous avez oublié de prendre les livres. Fit-elle remarquer en désignant les ouvrages restés sur le canapé. »

Il secoua la tête de gauche à droite et commença à monter les escaliers, tandis que Hermione s'asseyait sur un fauteuil après avoir attrapé l'un des livres, plus que satisfaite d'elle même.

24 Juillet 2015.

« J'imagine sans mal la tête que Papa a dû faire. Ça devait être quelque chose. Dit Gaia qui essuyait une larme au coin de son oeil une fois qu'elle eut cessé de rire.

- Effectivement. C'est à partir de ce jour là que j'ai compris que mon intelligence agaçait ton père et le mettait hors de lui. J'avais enfin une arme contre lui et ses blagues puériles.

- Dire que ça l'énerve encore aujourd'hui. Surtout quand tu fais une remarque lors des grands repas de famille.

- Je fais exprès, que crois-tu? »

Les deux femmes rirent ensemble sous le regard perplexe de Timothy, qui ne comprenait pas tout ce que sa mère venait de raconter. Une fois calmée, Hermione reprit son récit en parlant cette fois ci de sa seconde année à Poudlard.

...

C'est ici que se termine le second chapitre, merci d'avoir lu jusqu'au bout! J'espère que ça vous aura plu et que vous reviendrez pour le troisième chapitre, qui sera publié ou bien vendredi prochain, ou bien vendredi dans deux semaines! En tout cas, je posterai les nouveaux chapitres toujours un vendredi, sur une échelle d'une ou deux semaines d'écart, tout dépend mon rythme d'écriture.

N'hésitez pas à laisser une review pour me laisser votre avis, si ça ne vous dérange pas. :) A bientôt, j'espère!

Morgane.