(Même si je ne réponds pas toujours à vos reviews parce que je n'ai pas trop le temps, sachez que je les lis toutes attentivement et qu'elles me font énormément plaisir pour la plupart, car il y a beaucoup d'avis positifs! Merci infiniment. :))

Chapitre 3:

24 Juillet 2015.

Fred soupira de lassitude en déposant un énième carton à la réserve. Il remonta rapidement à la boutique, qui regorgeait de clients aux heures de pointe. Il en conseilla quelques uns qui lui demandèrent son avis sur telle ou telle chose et rejoignit rapidement son jumeau au guichet.

« Vivement que cette journée soit terminée. Souffla-t-il.

- Tu n'es même pas nerveux pour ce soir? S'étonna son jumeau après avoir signé le bon de commande d'un groupe d'adolescents surexcités.

- Bah en fait, pas tant que ça. Avoua Fred, surpris par sa réponse. Je pense déjà connaître sa réponse, alors je ne vois pas pourquoi je devrais stresser.

- Peut-être parce que tu vas la demander en mariage devant nos deux familles, notamment devant son père qui risque probablement d'essayer de te trucider.

- Je sais qu'il ne m'aime pas mais quand même pas à ce point là.

- Et qu'en sais-tu, très cher frère? »

Les rouquins rirent de leur propre blague mais s'arrêtèrent net lorsqu'ils croisèrent le regard interloqué de la personne leur faisant face.

« Tu vas la demander en mariage?! S'exclama la dite personne, les yeux écarquillés.

- Garde le pour toi Ron-Ron, si jamais j'apprend qu'il y a eu une fuite et qu'elle est au courant, je creuserai ta tombe c'est clair? Le menaça aussitôt Fred.

- Pas la peine de signer mon arrêt de mort si vite, je dirai rien. Assura Ron, visiblement vexé qu'on ne lui fasse pas confiance.

- Mieux vaut s'en assurer. Viens dans la réserve, on va faire le Serment Inviolable. Lança-t-il en indiquant l'endroit d'une signe de tête.

- Ça va pas, non? S'insurgea le roux. Il y a mes enfants et ma femme dans la boutique!

- Je rigole frangin, pas la peine de faire dans ton pantalon.

- Quand est ce que tu arrêteras de faire des blagues nazes?

- Jamais. Répondirent Fred et George d'une même voix. »

Ils échangèrent une poignée de main victorieuse tout en riant tandis que Ron les regardait, blasé.

« Tes frères t'embêtent encore, chéri? S'enquit alors une voix de femme derrière le jeune homme.

- Ça ne change pas vraiment de d'habitude. Grommela celui-ci tandis que la femme l'entourait de ses bras en posant sa tête contre son épaule.

- Si tu savais te défendre un peu, aussi. Le taquina-t-elle en souriant.

- Tout va comme tu veux, Parkinson? Lança alors George à la femme en lui adressant un clin d'oeil.

- Très bien mais tu n'arriveras toujours pas à me mettre dans ton lit, Weasley, pas la peine d'essayer. Répliqua-t-elle en lui adressant un sourire narquois.

- Tu ne me résisteras pas encore longtemps. Assura-t-il en faisant un énième clin d'oeil.

- Ça fait bientôt vingt ans que tu essayes, tu devrais laisser tomber, frangin. Le charria Ron, qui savait que son frère faisait ça dans l'unique but de l'énerver.

- Un Weasley n'abandonne jamais, tu devrais le savoir mieux que personne. »

Ron hocha la tête en riant, imité par son épouse ainsi que Fred et George. Il s'arrêta de rire lorsqu'il sentit une présence à ses côtés qui ne semblait pas prête à bouger.

« Tu as besoin de quelque chose, ma chérie? S'enquit ironiquement Ron lorsqu'il croisa le regard déterminé de sa fille.

- Je viens de croiser Neal. Dit-elle simplement.

- Et? L'incita-t-il à poursuivre.

- Il organise une soirée sur une plage du Sud de la France la semaine proch...

- Hors de question. La coupa-t-il aussitôt.

- Mais Papa! S'insurgea la jeune fille. J'ai eu mon permis de transplanage il y a déjà un mois, en quoi ça te dérangerait que j'aille à cette soirée?

- Je connais ton Neal, ton parrain Neville m'en a souvent parlé. Ce n'est apparemment pas une personne très recommandable.

- Mais qu'est ce qu'on en a à faire de ce que Neville dit! Il ne le voit que pendant les cours! Enfin, c'est mon ami depuis toujours, tu le sais bien!

- Tout d'abord, c'est ton ami depuis que tu es entrée à Poudlard donc pas depuis toujours, revois ton apprentissage de notre langue, je te prie. Et ensuite, je fais parfaitement confiance à Neville lorsqu'il dit que quelqu'un n'est pas recommandable. Et tu sais très bien que je n'apprécie pas ce Neal depuis la fois où il a essayé de te peloter devant moi.

- Il ne savait même pas que tu étais là quand il a essayé de le faire! Protesta l'adolescente, visiblement révoltée.

- Aies un peu d'estime de toi même, jeune fille. Intervint alors Pansy, aussi mécontente que son mari.

- Bon sang, ce que vous êtes...

- On est quoi? Je t'en prie trésor, va au bout de ta pensée.

- Laissez tomber. Grommela-t-elle en s'éloignant d'un pas rageur. »

Elle alla retrouver son frère jumeau à qui elle expliqua la situation. Il se moqua quelques instants d'elle jusqu'à ce qu'elle lui assègne un coup de poing dans l'épaule bien mérité à ses yeux.

« Ils me font penser à Tic et Tac, ces deux là. Fit remarquer George avec un sourire nostalgique.

- En bien pire, alors. Ajouta Fred, approuvé d'un hochement de tête de son jumeau.

- Qui ça? S'exclamèrent Pansy et Ron d'une même voix.

- Feuilleton moldu. Revoyez votre culture, les amis. Les charrièrent Felicity lorsqu'elle passa près d'eux.

- Ravie de te voir aussi, Felicity. Répliqua Pansy d'un ton ironique.

- C'est bien Parkinson, tu as réussi à ne pas ajouter une insulte après son prénom. Lui dit Ron.

- Je me suis retenue. Difficilement. Avoua la concernée, qui ne portait pas l'assistante des jumeaux dans son coeur.

- Bon, et à part vos jumeaux diaboliques, comment va le reste de la portée? S'enquit alors Fred.

- Oh tu sais, chaque chose en son temps. Répondit Ron en désignant le ventre bien rond de Pansy.

- Tu en es à combien? Lui demanda George.

- Huit mois et demis. Répondit-elle en souriant.

- Oh mais c'est pour bientôt alors!

- Le médicomage nous a dit que l'accouchement devrait avoir lieu dans deux semaines tout au plus.

- Ne jamais écouter ce qu'un docteur dit. Un bébé pointe son nez lorsqu'il en a envie, pas quand le médecin l'a prédit. Fit savoir Fred en prenant un ton expérimenté.

- Ne commence pas à lui faire peur. Le réprimanda Ron en serrant la main de sa femme dans la sienne.

- Je ne fais que taquiner ma belle-soeur préférée. Répliqua le jumeau avec un sourire amusé.

- Ça n'aurait pas plu à Fleur, ça dis donc. Fit remarquer George d'un ton faussement sidéré.

- Ni à Isy et Penelope. Ajouta Fred en faisant allusion aux compagnes de Charlie et Percy, leurs deux autres frères.

- De toute façon, elles ne seront pas là pour l'entendre. Rajouta George en partant dans un fou rire avec son frère.

- Ça fait plus de vingt ans que je les côtoie presque tous les jours et je crois que je ne les ai jamais entendu entretenir une conversation sérieuse plus de trois minutes. Lança alors Pansy, le regard songeur.

- Nous prenons ça comme un compliment. Dirent les jumeaux d'une même voix.

- Bon et alors, pour Hermione? Redemanda Ron en lançant un regard inquisiteur à Fred.

- Tu verras bien ce que j'ai préparé ce soir. Répondit simplement le susnommé en accompagnant ses paroles d'un clin d'oeil.

- De quoi vous parlez? S'étonna l'ancienne Serpentard.

- D'une surprise plutôt... Particulière. Dit simplement Fred en prenant une voix mystérieuse. »

Pansy n'insista pas, sachant qu'elle n'obtiendrait pas de réponse à sa question et elle appela ses enfants, à savoir Grace et Julian, pour qu'ils reviennent vers eux afin de partir. Toute la petite famille salua les jumeaux Weasley et quitta la boutique, laissant enfin du répit aux frères.

« Tu as vu comment était habillée Grace? Fit alors George à Fred en remettant le comptoir en ordre.

- Ouais. Si c'était Gaia qui sortait fagotée comme ça, je crois qu'elle en prendrait trois et qu'elle serait enfermée dans sa chambre toutes les nuits. Répondit Fred d'un ton fortement paternel.

- Tu exagères. Gracey n'était pas non plus sapée comme une fille de joie. Disons que c'était légèrement...

- Vulgaire? Proposa Fred lorsqu'il vit que son jumeau marquait un temps d'hésitation.

- C'est le mot que je cherchais. Approuva George. Je ne comprends pas que Ron et Parkinson la laissent sortir comme ça.

- Elle est en pleine crise d'adolescence et Ron m'a avoué qu'ils ne savaient pas trop comment gérer ça. Avoua Fred sur le ton de la confidence. Apparemment, il n'y a que Julian qui parvient à raisonner sa soeur.

- C'est dur, à cet âge là.

- Bah, tu as encore le temps toi, vu que la tienne n'a que huit ans.

- Oui... J'ai la chance d'avoir une petite fille merveilleuse, sage et calme. Espérons qu'elle restera comme ça toute sa vie.

- N'espère pas trop. Le taquina Fred, sans pour autant plaisanter.

- Je t'ai parlé du nouveau joujou de Candice? Fit alors George après un silence.

- L'avocat moldu qu'elle a ramassé en allant en boîte de nuit? Suggéra Fred.

- Lui même. Elle a osé le présenter à Melody. Je suis devenu fou quand j'ai appris ça.

- C'est Melo qui t'en a parlé?

- Bien évidemment. Ça ne risquait très certainement pas de sortir de la bouche de sa saleté de mère. Cracha George avec mépris.

- Mesure tes paroles, si jamais ta fille t'entend dire ça, ça va lui briser le coeur.

- Je sais... Mais c'est dur parfois, si tu savais. »

Le visage peiné de George déchira le coeur de Fred. Il ne supportait pas voir son frère jumeau, son partenaire de crime dans un si mauvais état. Bien que le divorce d'avec son ancienne femme, Candice, une employée de la banque Gringotts, remontait à désormais sept mois et demis, Fred voyait bien que son frère avait du mal à s'en remettre. Après tout, il avait vécu près de dix-huit ans avec cette femme et ils avaient même un superbe enfant ensemble. Il était toujours amoureux d'elle, c'était évident. Le grand George Weasley amoureux était encore plus lamentable que le grand Fred Weasley fou amoureux.

« Tu sais, Hermignonne a une cousine qui est célibataire depuis peu, comme toi, et d'après ce que j'ai compris, elle est très intelligente et jol...

- Pour la énième fois, ça ne m'intéresse pas, Gred. Le coupa George, soudainement ennuyé. Aussi mignonne soit-elle, elle ne pourra jamais remplacer Candice.

- Oh bon sang. Soupira Fred, désemparé. Je ne voulais pas être aussi brusque avec toi frangin mais il va falloir que tu commences à tourner la page. Voire même à changer de livre. La seule chose que toi et cette femme ayez en commun désormais, c'est Melody. Il va falloir que tu t'y habitues.

- J'aimerais bien t'y voir, toi. Comment tu serais à ma place si c'était Hermione qui te larguait comme une vieille chaussette parce qu'elle estime que votre couple n'a plus de sens et se déchire depuis déjà un bon moment? »

A la simple pensée de cette éventualité, Fred se sentit instantanément mal. Il ne pouvait imaginer sa vie sans Hermione Granger. Après tout le mal qu'il avait eu pour l'avoir, il ne se voyait pas se séparer bêtement d'elle pour une question d'argent ou autres futilités. C'était tout simplement inconcevable.

« Vu la tête que tu viens de me faire, je devine que tu serais bien pire que moi à l'heure qu'il est. Lança alors George, coupant son jumeau de ses pensées.

- Très probablement. Approuva Fred. Je ne me permets donc pas de te juger, Forge.

- Je préfère ça. Fit le concerné. »

Le silence se fit de nouveau et chaque jumeau partit s'occuper chacun de son côté. Alors qu'il rangeait un peu la réserve, Fred se mit à penser à ce que sa vie sans Hermione serait. Probablement déplorable. Il enchaînerait les aventures d'un soir et deviendrait une loque. Ses enfants ne le reconnaîtraient plus et ne voudraient certainement plus avoir affaire à lui. Perdre sa femme serait une abomination. Mais perdre ses enfants serait la raison de sa déchéance. Ils étaient les choses qui comptaient le plus à ses yeux dans ce monde. S'il venait à les perdre, il ne s'en remettrait sûrement jamais.

Une fois qu'il eut terminé, il prit quelques instants pour répéter sa demande en mariage. Il voulait que tout soit absolument parfait. Ils se l'étaient promis dix-sept ans auparavant. Alors qu'ils croyaient que leur monde s'écroulerait.

2 Mai 1998.

Les membres de l'Ordre combattaient au péril de leur vie. Alors que Hermione Granger venait de protéger plusieurs personnes d'un sortilège Impardonnable, elle courut de toutes ses forces jusqu'à l'intérieur du château pour retrouver un rouquin en particulier. Elle monta et descendit de nombreux escaliers, devant combattre un Mangemort de temps à autres. Puis elle finit par le trouver. Il venait de terrasser un partisan de Voldemort et se tenait raide face au corps de l'être diabolique étalé au sol, sa baguette fermement serrée dans sa main.

« Fred? L'interpella-t-elle en arrivant doucement derrière lui. »

En entendant son prénom et en reconnaissant la voix qui l'avait prononcé, l'interpellé tourna à demi la tête, si bien qu'il ne put voir que du coin de l'oeil que Hermione se trouvait à quelques mètres de lui.

« Je l'ai... tué. Dit-il d'une voix sombre en baissant le regard au sol.

- Si tu ne l'avais pas fait, il se serait fait un plaisir de te tuer toi. Lui fit-elle remarquer.

- Mais il l'aurait fait sans aucun remords ni aucun scrupules. Je ne suis pas comme ça. Tuer un homme de sang-froid est la dernière chose que j'aurais cru faire un jour dans ma vie.

- Ne culpabilise pas. Tu as fait ce qu'il fallait faire. Imagine qu'il ait pu tuer un de tes frères. Ta soeur. Tes parents. Tes amis...

- Ou toi. La coupa-t-il en faisant finalement volte face pour se retrouver face à elle. »

La Gryffondor en resta sans voix. Elle n'aurait très certainement pas pensé à se citer dans cette liste de personnes réellement importantes aux yeux du rouquin. Mais visiblement, elle comptait plus qu'elle ne l'imaginait.

« Je... Débuta-t-elle, mal à l'aise.

- Si quelque chose t'arrivait Hermione, j'en deviendrais fou. Tu n'as pas l'air de te rendre compte... de ce que tu représentes pour moi. Lui dit-il de but en blanc. »

Hermione se mordit la lèvre inférieure si fort qu'elle sentit une goutte de sang frôler le bout de sa langue. Il l'avait tant fait mariner durant deux longues années qu'elle n'arrivait plus à croire un mot qu'il disait. Chaque parole, chaque phrase qu'il prononçait à son égard était un espoir qui s'ajoutait à une liste d'espérances déjà bien trop longue. Et combien de fois elle s'était vue déchirée et apitoyée lorsque cette simple liste volait en éclats... C'était désormais dur de refaire confiance à Fred.

« Je veux te promettre une chose. Dit-il alors en se rapprochant d'elle, de fait que leurs poitrines se touchaient presque.

- O... oui? Bégaya-t-elle, son visage se liquéfiant.

- Lorsque cette bataille se terminera, et elle se terminera bien, crois moi. Quand tout sera fini. Que Harry aura vaincu Voldemort. Que les Mangemorts se tapiront dans l'ombre et se feront oublier. Que tout redeviendra normal, comme avant. Quand tout ceci arrivera, je te promets qu'on se retrouvera. Pas de vue mais au sens littéral. On pourra enfin être réellement ensemble. Et quelques années plus tard, lorsque nous seront enfin sereins dans un monde libéré de la guerre, je t'offrirai le plus beau mariage que tu puisses espérer. Je te promets cela. Et je tiendrai parole. Tu peux me croire cette fois ci. Ce ne sont pas de nouvelles paroles en l'air. »

Hermione en resta bouche bée. Que pouvait-elle répondre à cela? Rien du tout. Il n'y avait rien à dire. Elle ne savait même pas pourquoi Fred lui disait cela. La dernière fois qu'ils avaient eu l'occasion de se parler, elle lui avait bien fait comprendre qu'elle ne voulait plus jamais avoir affaire à lui, car elle avait bien trop souffert. Mais ses bonnes résolutions ne semblaient pas lui avoir fait le moindre choc. Il semblait tellement déterminé dans son discours que la jeune femme ne sentit même pas le courage de lui hurler dessus, de le contredire, de le repousser. Elle resta tout bêtement silencieuse.

Lorsque Fred vit que Hermione ne commenterait pas ce qu'il venait de lui dire, il lui déposa un léger baiser sur le front et s'en alla aussitôt vers l'extérieur du château pour combattre d'autres forces du mal. Une fois qu'elle fut suffisamment sûre que le rouquin était assez loin d'elle, Hermione s'effondra au sol et se mit à pleurer. Pleurer à cause de toute la pression accumulée ces derniers mois. A cause de la guerre, des Horcruxes. De Fred.

24 Juillet 2015.

« Il ne s'est pas vraiment passé grand chose d'intéressant pendant votre deuxième année en fait, c'est ça? S'enquit alors Gaia une fois que Hermione eut terminé de raconter une blague que lui avait faite Fred durant les vacances d'été suivant cette deuxième année.

- Effectivement. Confirma l'ancienne Gryffondor. C'est surtout à partir du milieu de notre troisième année que les choses se sont corsés.

- C'est-à-dire? Voulut savoir la jeune fille, fascinée par tout ce que racontait sa mère.

- Disons que... On a enfin commencé à se connaître en dehors de l'intello et du farceur. »

Timothy ne comprenait pas toujours ce que sa maman lui racontait, aussi à ce moment là, il bailla d'une puissance lionnaire et frotta ses petits yeux.

« Tu veux aller faire la sieste, chéri? S'enquit immédiatement Hermione en prenant son fils dans ses bras.

- Hmm hmm. Fit simplement le concerné en appuyant sa tête endormie sur l'épaule de sa mère. »

Elle sortit alors de la chambre et fit un signe de tête à sa fille lui indiquant qu'elle reviendrait une fois Timothy endormi. Gaia se précipita vers son bureau à peine la porte refermée et attrapa une feuille vierge ainsi qu'une plume. Elle tapota rapidement dans l'encrier et griffonna quelques mots à toute vitesse. Elle signa de son nom et partit attacher la missive à la patte de sa chouette, Purple.

« Amène ça à Erwann. Lui souffla-t-elle sur le ton de la confidence. »

Aussitôt dit, la chouette battit des ailes et s'envola par la fenêtre déjà ouverte. Gaia s'empressa de la refermer et retourna s'asseoir sur son lit, l'air de rien. Sa mère revint quelques minutes plus tard et referma doucement la porte derrière elle.

« Maintenant que ton frère dort, il va falloir être plus discrètes et éviter de rire comme des baleines. Lui fit savoir sa mère en souriant.

- Aouch. Ça risque d'être compliqué. Rétorqua la fille en grimaçant.

- Alors, où en étions-nous?

- Tu t'apprêtais à me parler de ta troisième année à Poudlard.

- Ah oui. L'une des plus intéressantes, sans aucun doute. »

01 Septembre 1993.

Hermione venait de dire au revoir à ses parents et avait franchi la barrière du quai 9 3/4. Elle se tenait près du train, ses bagages à ses pieds et ses bras croisés sous la poitrine. Elle attendait Harry et Ron, qui étaient partis chercher des affaires que le rouquin avait oublié chez lui. Elle regardait furtivement autour d'elle en attendant et eut le malheur de croiser le regard de Pansy Parkinson, entourée de Drago Malefoy, Vincent Crabbe et Gregory Goyle. Elle lui adressa un regard noir et la Gryffondor n'eut pas le courage de soutenir son regard, aussi elle détourna la tête. Elle était fichue. Une Née Moldue, seule sur le quai. Elle pouvait parier n'importe quoi que l'un des quatre de la bande viendrait lui chercher les ennuis.

« Alors Granger? Potty et Weasmoche se sont rendus compte que tu étais trop chiante pour être côtoyée? »

A contre-coeur, elle adressa un regard exaspéré à Drago, qui lui faisait face avec un sourire des plus mesquins.

« Ce n'est visiblement pas le cas de tes trois toutous à ton égard. Répliqua-t-elle sans mettre une réelle conviction dans ses mots.

- Oooooh mais c'est que tu as appris à avoir de la répartie pendant ces vacances? Remarque, ça ne pouvait pas te faire de mal.

- Fiche moi la paix Malefoy.

- Demandé si gentiment.

- Je suis sérieuse. Va-t-en. Répéta-t-elle avec dureté cette fois.

- Et qu'est ce que tu vas faire si je ne le fais pas? S'enquit-il en se rapprochant lentement d'elle. Sortir ta baguette? Me lancer un sort devant tous ces gens? Tu ne voudrais tout de même pas te faire renvoyer de Poudlard alors qu'on est même pas encore à l'école. »

Il était collé à elle désormais, tant que leurs fronts se frôlaient. Hermione avait du mal à respirer et n'osait faire un pas en arrière. Bon sang, Harry et Ron ne sont jamais là quand on a besoin d'eux, paniqua-t-elle intérieurement.

« Et toi alors? Se lança-t-elle, déglutissant péniblement. Tu ne vas pas non plus me jeter un sort, je suppose. Pas devant tout le monde.

- Je ne recule devant rien, tu devrais le savoir. Lui susurra-t-il tandis qu'elle était parcourue de frissons de terreur.

- On ne t'a jamais appris que c'était malpoli de se coller aux gens quand ils n'en avaient pas envie, Malefoy? Tonna alors une voix. »

En entendant quelqu'un l'interpeller avec tant de désinvolture, le susnommé s'écarta de Hermione pour croiser le regard de Fred Weasley, à quelques mètres de là.

« Et toi, on ne t'a jamais appris à te mêler de ce qui te regarde, Weasmoche? Rétorqua Drago, tandis que Hermione se sentait respirer calmement de nouveau.

- Laisse la tranquille. Dit-il simplement en désignant la Gryffondor d'un signe de tête.

- Sinon quoi? Tu vas me glisser un Scroutt à Pétard dans mon pantalon quand j'aurais le dos tourné? Sérieusement Weasley, je sais pas lequel des jumeaux t'es mais que ce soit l'un ou l'autre, vous êtes aussi pathétiques l'un que l'autre. Vous devriez penser un peu plus à vos études plutôt qu'à vos stupides farces et attrapes.

- Venant d'un petit prétentieux dans ton genre, je prends ça comme un compliment. Assura Fred avec un sourire. Maintenant, dégage. »

Drago aurait bien riposté à nouveau mais lorsqu'il aperçut toute la petite troupe des Weasley s'approcher de Fred, il laissa tomber et retourna vers Pansy, Crabbe et Goyle, rejoints entre temps par Theodore Nott, Daphnée Greengrass et Blaise Zabini. Une fois le Serpentard assez loin, Fred se dirigea vers Hermione, qui n'avait pas bougé depuis l'intervention du jumeau.

« Il ne t'a rien fait? Lui demanda-t-il aussitôt en vérifiant qu'elle n'avait pas une égratignure ou autre sur le visage.

- Bien sûr que non. Il parle mais il n'agit jamais. Ce n'est pas pour rien qu'il est à Serpentard, c'est une chochotte. Plaisanta Hermione, bien que le comportement de Drago l'avait légèrement inquiété.

- Bien vu Granger. Rit Fred en lui passant un bras autour des épaules. »

Ils se rendirent ensemble vers les Weasley et une fois à la hauteur de Ron, Fred lâcha les épaules de Hermione et partit rejoindre son jumeau en compagnie d'Angelina Johnson, Lee Jordan et Alicia Spinnet.

« Un souci avec la fouine? Demanda alors Harry à Hermione.

- Pas vraiment. Il faisait son malin, comme d'habitude. Répondit simplement la concernée, souhaitant parler d'autre chose.

- Il vaut mieux pour lui. Bon alors, prêts pour une nouvelle année à Poudlard? »

Chacun approuva d'une exclamation de joie. Hermione ne pouvait s'empêcher de jeter des regards en coin du côté des cinquième année de Gryffondor. En particulier le grand roux qui l'avait sauvé des griffes de Malefoy quelques minutes auparavant.

12 Septembre 1993.

« C'est un cauchemar! Un véritable cauchemar!

- Calme toi Hermione, ce n'est qu'un livre.

- CE N'EST PAS QU'UN LIVRE BON SANG, IL EST A LA BIBLIOTHÉCAIRE ET SI JE NE LE RETROUVE PAS, JE SUIS DANS UN SACRÉ PÉTRIN! »

Le hurlement de Hermione convainquit Ron de ne plus ouvrir sa bouche par la suite. Il s'enfonça dans un des fauteuils de la salle commune de Gryffondor, lorgnant sa meilleure amie qui faisait les cent pas face à lui d'un mauvais oeil.

« Il ne doit pas être loin. Tenta Harry, assis sur la banquette du canapé perpendiculaire au fauteuil dans lequel Ron était.

- Il pourrait être n'importe où. Depuis que je l'ai emprunté, je suis allée en cours, dans la Grande Salle, aux toilettes. OH MON DIEU ET S'IL ÉTAIT TOMBÉ DANS LA CUVETTE?!

- Ce n'est pas en criant que ça t'aidera à le retrouver, Mione. Lui fit remarquer Harry lorsque quelques têtes se tournèrent dans leur direction.

- Je sais. Admit finalement la jeune fille en soufflant. Je dois rester calme. Je suis persuadée que c'est un de ces idiots de Serpentard qui me l'ont volé. On dirait qu'ils se sont mis de mèche pour me martyriser cette année plus que les autres.

- Ne vois pas non plus le mal partout. Osa dire Ron.

- Au lieu de dire des choses stupides, tu n'as qu'à réfléchir à ma place, d'accord? Lança Hermione avec hargne.

- Si c'est comme ça, je dis plus rien. Bougonna le rouquin en s'enfonçant encore plus dans le fauteuil.

- Je vais aller voir dans la Grande Salle. Annonça-t-elle finalement en cessant de tourner en rond.

- Le couvre-feu est dans pas longtemps. Lui rappela Harry avec les sourcils froncés.

- Dans vingt-deux minutes très exactement. Répliqua Hermione en coinçant sa baguette dans la poche de son pantalon. Si je cours, ou même marche vite, je peux facilement faire un tour dans la Grande Salle et les toilettes pour revenir ici à temps.

- Si tu le dis. Lança Ron d'une voix molle. »

Il s'abstint d'ajouter quelque chose lorsqu'il croisa le regard noir de son amie. Cette dernière tourna aussitôt les talons et passa le portrait de la Grosse Dame, qui lui somma de se dépêcher de revenir peu importe ce qu'elle avait à faire. Hermione ne prit pas la peine de lui répondre et se mit à courir au petit pas jusqu'à la Grande Salle. C'était dans ce genre de moments qu'elle était ravie de ne pas être à Serdaigle, dont la Salle Commune se trouvait dans une tour de l'Aile Ouest à l'autre bout du château.

Arrivée devant la Grande Salle, elle eut le malheur de constater que plus personne ne s'y trouvait et qu'elle était déjà interdite d'accès aux élèves. Frustrée, elle se rendit aux toilettes près de la bibliothèque. Une fois arrivée au bout, elle respira fortement, épuisée par sa descente et remontée rapide d'escaliers. Alors qu'elle reprenait lentement son souffle et s'avançait doucement vers les toilettes, elle entendit des rires et des bruits de pas précipités. Étonnée que des gens soient encore là alors que le couvre-feu serait dans quelques minutes, elle vit Fred -ou bien était-ce George?- courant à tout allure, serrant la main d'une blonde aux cheveux bouclés qui courait derrière lui. Elle peinait visiblement à suivre son rythme et ils s'arrêtèrent enfin près d'un mur. Hermione se fit alors toute petite et se cacha contre un pan de mur pas loin de là où se trouvaient les deux adolescents. Assez près pour entendre ce qu'ils pouvaient se dire.

« Tu cours plutôt vite pour une fille. Lança l'un des jumeaux en s'adossant contre le mur.

- Et toi, tu t'essouffles plutôt rapidement pour un garçon. Répliqua-t-elle en se rapprochant un peu trop de lui.

- Attention à ce que tu dis, Edgecombe.

- Je pourrais te retourner la même chose, Weasley. »

Le dénommé passa une main dans sa crinière rousse tout en riant à gorge déployée. La fille l'accompagnant se serra alors tout contre lui et lui murmura quelque chose à l'oreille que Hermione ne fut pas en mesure d'entendre. Lorsqu'elle s'écarta de lui, le Gryffondor semblait surpris.

« Je ne te pensais pas comme ça, Marietta. Je pensais qu'à Serdaigle, vous étiez beaucoup trop sérieux et studieux pour penser à ce genre de choses.

- Eh bien, sache que les Serdaigle savent aussi comment s'amuser. »

A ces mots, elle se mit sur la pointe des pieds et déposa un baiser au coin de la bouche du jumeau. Elle s'écarta de lui lentement tandis qu'il se remettait de ses émotions.

« Passe une bonne nuit, Fred. Lui dit-elle avant de se retourner. »

La dénommée Marietta se mit à marcher vers la tour des Serdaigle. Hermione la suivit du regard, apercevant le sourire radieux qu'elle affichait alors qu'elle s'éloignait de Fred. La brune tourna alors la tête vers ce dernier, qui était encore appuyé contre le mur, souriant comme un imbécile. Ainsi, il flirtait avec une quatrième année de Serdaigle? Dès la deuxième semaine de cours? Qui l'eut cru. Elle n'aurait jamais pensé que l'un des jumeaux Weasley pourrait s'intéresser à autres choses que ses légendaires gags et farces, en particulier si c'était pour s'intéresser aux filles. D'habitude, elles étaient plutôt les objets de leurs blagues. Mais il semblerait que plus ils vieillissaient, plus leurs centres d'intérêt changeaient...

Elle reprit rapidement ses esprits lorsqu'elle le vit s'éloigner en direction de la tour de Gryffondor. Elle ne réagit malheureusement pas à temps, car il l'aperçut en passant près d'elle.

« Oh salut Hermignonne. Tu t'es perdue? Plaisanta-t-il en lui faisant signe de le rejoindre.

- Non, je... J'ai perdu un livre et je pensais le retrouver ici mais... Il n'est pas là. Balbutia-t-elle en s'approchant de lui.

- Il est sûrement quelque part dans ton dortoir, tu ne l'as peut-être pas vu. Dit-il en se remettant à marcher tandis que Hermione lui emboîtait le pas.

- Peut-être. Je chercherai demain.

- Au pire des cas, c'est George qui te l'a volé.

- Ça peut aussi être toi. Lui fit-elle remarquer en souriant.

- Oh, ce n'est pas mon genre voyons! S'exclama Fred. »

Hermione rit de bon coeur tandis que Fred lui donnait un coup d'épaule à épaule. Il mit ses mains dans les poches et ils poursuivirent leur chemin dans le silence, chacun dans leurs pensées. Une fois qu'ils eurent passé le portrait, Fred la salua et partit dans son dortoir. Elle le suivit du regard jusqu'à ce qu'il disparaisse de son champ de vision.

« Alors, tu as retrouvé ton livre? Entendit-elle soudain.

- Quoi? Oh euh... Non, je ne l'ai pas retrouvé. Répondit-elle à Harry, distraitement.

- Tu l'as croisé où? S'enquit Ron en parlant de son frère.

- On s'est... croisés en chemin, il retournait aussi ici. Mentit-elle. »

Ses deux meilleurs amis n'insistèrent pas et Hermione prit rapidement congé, toujours aussi préoccupée par son livre et troublée par ce qui semblait être le "nouveau Fred".

...

Oui oui, je n'ai pas pu m'empêcher de caser un petit moment Dramione, c'est plus fort que moi hihi!

Bon, j'espère que ce chapitre vous a plu! Ça commence un peu à évoluer entre Fred et Hermione, elle commence à le voir différemment et qui sait, peut-être que ça sera bientôt pareil pour lui... J'en dis pas plus!

N'hésitez pas à laisser une review pour me laisser vos impressions, je veux savoir ce que vous en avez pensé. Encore une fois, merci énormément de suivre et lire cette fiction, ça me fait vraiment chaud au coeur! A bientôt!

Morgane.