(Le dis-je assez? Merci pour vos reviews, je vous aime!)
Chapitre 8.
24 Juillet 2015.
La table désormais dressée et le repas mijotant tranquillement dans le four, Hermione détacha son tablier et le posa sur le dossier d'une chaise. Elle alla ensuite monter une à une les marches des escaliers afin d'aller dans sa chambre et se préparer avant que tous ses invités arrivent. En passant devant les chambres de ses enfants, elle trouva que c'était silencieux. Bien trop silencieux, même. Légèrement soucieuse, elle alla d'abord voir ce que faisait son fils. Il était assis au sol, en train de faire voler ses jouets par la simple force de sa pensée. Lorsqu'il vit sa mère, il se figea et les objets retombèrent aussitôt au sol.
« C'est rien, mon coeur. Dit-elle en riant. Je t'ai déjà dit que tu pouvais faire de la magie, juste qu'il ne fallait pas en faire tout le temps. Et surtout pas quand il y a des Moldus autour. »
Timothy afficha un petit sourire satisfait et aussitôt, les jouets se remirent à flotter à quelques centimètres du sol. Hermione secoua légèrement la tête tout en souriant et referma doucement la porte avant de se diriger vers la chambre de sa fille, qui se trouvait juste en face. Elle toqua avant d'entrer et attendit une réponse avant de pousser la porte. Elle aperçut Gaia allongée sur son lit, mordillant sa plume et tenant un parchemin sur ses jambes repliées.
« Je croyais que tu en avais marre? Fit savoir Hermione en entrant dans la pièce et s'appuyant contre la table du bureau.
- C'est le cas mais le plus vite j'avancerai, le plus vite je serai débarrassée. Répondit nonchalamment Gaia en griffonnant à toute vitesse sur le parchemin.
- Je suis ravie de constater que tu vois les choses du même point de vue que ta vieille mère. »
Gaia lâcha un bref ricanement à cette remarque et se remit à mordiller sa plume, apparemment très concentrée. Hermione se leva et alla s'asseoir au bout du lit, le regard rivé vers la fenêtre donnant sur l'extérieur. Elle se mit à penser à Fred. Elle se demandait s'il avait fini à cette heure ci ou s'il était encore perdu au milieu de tous ces cartons à ranger entassés avec les mois.
« Tu ne devrais pas te préparer? C'est toi l'hôtesse des lieux. Fit remarquer Gaia sans détourner le regard de son parchemin. »
Hermione soupira pour confirmer ces dires et se leva aussitôt pour quitter la pièce. Elle ferma la porte derrière elle et se dirigea vers sa propre chambre, se demandant ce qu'elle allait bien pouvoir porter. Une fois sa mère partie, Gaia lâcha la plume qu'elle tenait et balança le parchemin par terre, s'étalant de tout son long sur son lit. Elle venait d'échanger plusieurs lettres avec Erwann débattant sur le fait qu'ils devaient le dire ou non à leurs parents. Ça commençait à lui prendre sérieusement la tête et elle ne savait désormais plus quoi faire. Le pire, c'est qu'elle n'avait personne vers qui se tourner... Peut-être sa cousine Grace. C'était l'une des seuls à être au courant, elle saurait non seulement garder son secret et peut-être même la conseiller sur la décision à prendre. C'est ce qu'elle espérait, en tout cas...
05 Décembre 1994.
Hermione avait remarqué tous les regards qu'elle recevait lorsqu'elle passait quelque part. C'était dû au fait qu'elle allait au bal avec Viktor Krum, elle le savait. La plupart des filles étaient jalouses d'elles et les garçons ne semblaient pas en revenir que ce soit elle qui accompagne le joueur de Quidditch. Elle ne raffolait pas vraiment de toute cette attention qu'on lui accordait mais jusqu'à ce que le bal soit passé, elle allait sans doute devoir faire avec.
A cette pensée, elle soupira et continua d'avancer en direction de son prochain cours de la journée. Avant de tourner à un couloir, quelqu'un surgit devant elle et son coeur manqua de lâcher sous l'effet de la surprise.
« Nom d'un Pitiponk, tu m'as fait peur! S'exclama-t-elle, reprenant doucement son souffle.
- Oh pardon, c'était pas mon intention. Enfin... Si. Peut-être un peu. »
La jeune fille soupira de nouveau, mais en affichant un mince sourire cette fois. Avec le temps, elle avait appris à différencier les jumeaux quand elle les voyait et elle savait pertinemment qu'elle avait Fred sous les yeux à cet instant. Avant qu'elle ait pu faire le moindre mouvement, elle réalisa qu'elle s'était plaquée contre le mur à cause de la peur et que Fred avait appuyé son bras contre le mur également, juste à côté d'elle. Il bloquait Hermione, qui devrait passer sous son bras pour continuer dans la direction escomptée. N'étant pas en retard, cela ne la dérangea pas pour l'instant et elle laissa Fred lui faire la conversation.
« Tu vas être en retard en cours, tu sais. Lui fit-elle remarquer en souriant.
- Tu te fiches de moi? Je croyais que tu me connaissais bien maintenant Hermignonne, tu sais que j'en ai rien à faire n'est ce pas? Lui dit-il en tâchant de garder un ton sérieux, même si son sourire le trahissait.
- Je te faisais simplement la remarque. Je sais que tu t'en fiches. Répondit-elle sans se départir de son sourire.
- Ouf ça me rassure, je pensais que tu avais oublié comment je suis vraiment. Fit-il mine de se rassurer. »
Oh crois moi, je ne risque pas d'oublier comment tu es, se dit-elle à elle même en repensant à son comportement envers la gente féminine. C'est là qu'elle réalisa qu'elle était dans une situation critique. Elle était coincée par Fred Weasley, seulement quelques mètres les séparant et il n'y avait pas grand monde dans les couloirs, tout le monde se rendant en cours. Elle aimait à croire qu'il ne se passerait rien et qu'ils continueraient tranquillement leurs chemins.
« Bon. Moi en tout cas, je ne m'en fiche pas et je vais finir par être en retard. Fit-elle remarquer en attrapant son sac qu'elle avait laissé tomber à ses pieds.
- Déjà? S'exclama Fred, faisant une moue déçue. Mais je viens à peine d'arriver!
- Désolée mais toi aussi tu me connais et tu sais que je n'aime pas arriver en r...
- Oh allez, Hermione. Une fois dans ta vie. »
Tout en disant cela, il appuya son autre bras de l'autre côté de Hermione et les plaça tous deux à hauteur des épaules de la jeune fille, si bien qu'elle se retrouva, pour ainsi dire, emprisonnée.
« Ça ne te fera pas de mal d'arriver en retard juste une fois. Ajouta-t-il dans un souffle. »
La Gryffondor retint sa respiration et tâcha de rester maître de la situation. Dans quoi était-elle fourrée, au juste? Elle était coincée par Fred Weasley, un Fred Weasley qui s'amusait visiblement bien à l'instant même, pendant qu'elle était affreusement gênée et ne savait que faire.
« Fred... Finit-elle par lâcher d'une voix rauque.
- Juste une fois. Répéta simplement Fred. »
Il était désormais si près d'elle que Hermione sentit son souffle chaud dans son cou. Son corps entier fut parcouru de frissons et ses jambes se mirent à trembler. Elle n'aimait pas du tout la tournure que prenait tout cela. Il baissait désormais ses bras afin de les placer à hauteur des hanches de la jeune fille. Elle n'était plus totalement prise au piège mais toujours un peu quand même. Les souffles de leurs respirations se mélangeaient doucement, tandis qu'aucun des deux ne faisait plus aucun mouvement. C'était très calme autour d'eux. Paisible, serein... Silencieux. Et étrangement, Hermione s'en sentit bien. Même si Fred Weasley était si proche d'elle que leurs nez se touchaient presque.
« Qu'est ce que tu attends de moi, Fred? Réussit-elle finalement à demander, déglutissant avec peine. »
Le rouquin ne répondit rien et se contenta d'attraper lentement sa main. Il remonta doucement vers son poignet et elle sentit le pouce du jeune homme y tracer des cercles invisibles. Il finit par s'arrêter et elle sentit une légère pression. Très légère, tellement qu'on aurait pu ne pas la remarquer. Mais Hermione comprit rapidement ce qu'il était en train de faire et elle sortit immédiatement de sa transe. Elle repoussa Fred loin d'elle et le regarda, offusquée, tandis qu'il se mettait à rire.
« Tu étais en train de prendre mon pouls! Lâcha-t-elle, presque révoltée.
- Je voulais simplement voir comment tu réagissais Hermignonne, pas la peine de paraître aussi choquée. Se justifia-t-il sans s'arrêter de rire.
- C'était un test? Pour une de tes stupides farces? Eh bien, sache que bravo, ça a marché, tu t'es bien moqué de moi, tu pourras l'essayer sur qui tu veux après! »
Désormais folle de rage, Hermione attrapa son sac d'un mouvement sec et s'en alla d'un pas déterminé. Elle fulminait. Elle s'était faite avoir comme une idiote. Il l'avait charmé dans le seul but de se moquer d'elle à la fin et le pire, c'est qu'elle avait marché. Elle avait foncé la tête droit dans le mur. Pauvre folle, se sermonna-t-elle mentalement.
« Tu ne veux même pas savoir comment étaient les battements de ton petit coeur sensible, Granger? Entendit-elle alors derrière elle. »
Elle s'arrêta brutalement de marcher, réfléchissant rapidement. Elle décida de ne pas se retourner pour ne pas avoir à faire face au visage rieur et moqueur de Fred mais de rester en place pour au moins entendre ce qu'il avait à dire. Après quelques secondes à rester immobile, elle devina que Fred avait compris car il inspira avant de prendre la parole.
« Ton pouls était tout à fait normal. Pas de quoi s'affoler. Alors soit tu es totalement insensible aux garçons séduisants comme moi, soit tu caches très bien tes émotions. Bien joué. »
Sur ce, il n'ajouta rien et Hermione écouta simplement le bruit de ses pas s'éloigner dans la direction inverse. Une fois qu'elle fut sûre qu'il était bien loin d'elle, elle se mit à respirer lentement pour se calmer et se remit en marche quelques instants plus tard. Une chose était sûre, elle allait être sacrément en retard après cela.
11 Décembre 1994.
Confinés dans la Salle Commune de Gryffondor à cause du mauvais temps dehors, Ron et Harry passaient le temps comme ils le pouvaient. N'ayant pas réellement envie de faire leurs devoirs, ils jouaient machinalement aux échecs version sorcier tout en discutant de banalités. Un groupe de sixième année à l'autre bout de la salle faisait un vacarme assourdissant, si bien qu'il était compliqué pour les deux garçons de se concentrer.
« Je vais les frapper maintenant ou j'attends un peu? Fulminait Ron, jetant un regard noir à cette bande qui comprenait pourtant ses propres frères.
- Ils ont droit de s'amuser, Ron. Fit remarquer Harry en souriant.
- Pas en faisant autant de bruit. S'ils ont envie de brailler, ils ont qu'à aller au parc, c'est fait pour ça.
- Il pleut des trombes et l'orage tonne, ça m'étonnerait qu'ils soient suicidaires à ce point!
- Pourquoi pas? Puis s'ils pouvaient se faire manger par le calamar géant du lac, ce serait pas mal aussi. »
Les deux meilleurs amis rirent de cette remarque et tâchèrent d'ignorer le bruit que faisaient leurs camarades. Malheureusement pour eux, deux d'entre eux décidèrent de se joindre à eux. Fred et George se jetèrent sur le canapé, piégeant Ron entre eux et ils affichèrent un grand sourire à Harry, assis sur le fauteuil en face.
« Tout va comme vous voulez? S'enquirent les jumeaux d'une même voix.
- Ça irait beaucoup mieux si vous arrêtiez de faire un bordel pareil. Pestiféra Ron, de nouveau de mauvais poil.
- Excuse nous de profiter de la vie, Ronald. Ironisa George, accompagné par le rire de Fred.
- Ça ne vous arrive jamais de... Je ne sais pas, de ne pas rire? Vous pleurez jamais? Je sais pas, on dirait que vous êtes jamais de mauvais humeur!
- C'est parce qu'on prend la vie du bon côté et qu'on la vit sans se faire de soucis. Philosopha Fred, approuvé d'un hochement de tête de George. »
Cette phrase rappela beaucoup à Harry un dessin animé Moldu sorti cette année qu'il avait regardé cet été mais il s'abstint de faire un commentaire et suivit la conversation en silence.
« Ben pourtant, vous devriez. Sachant que vous avez raté le trois quart de vos BUSE l'année dernière et que vous êtes mal partis pour les ASPIC. Poursuivit Ron d'un ton sévère.
- Ne parle pas de sujets qui fâchent Ronnie, on est en plein dans l'année de transition, on a aucun examens importants. »
Aussitôt, Fred remarqua qu'il manquait un élément au petit groupe de quatrième année.
« Où est Miss-Je-Sais-Tout? S'enquit-il alors d'un ton détaché. »
Il vit que Harry et Ron échangèrent un coup d'oeil entendu et fronça aussitôt les sourcils, curieux de savoir ce que cet échange silencieux voulait dire.
« Elle est partie à la bibliothèque. Répondit Harry d'un ton nonchalant.
- Et pourquoi ça a l'air de vous faire tant marrer? Demanda George en constatant que les deux jeunes dissimulaient mal un sourire.
- Oh, pour rien. Réussit à dire Ron tandis que Harry se mettait à rire. »
Pour une fois, c'était les jumeaux qui se retrouvaient mis à l'écart face à une crise de rire, et ça les décontenança.
« On veut savoir ce qu'il y a de drôle, nous aussi! Se plaignit Fred.
- Vous ne pourriez pas comprendre. Répondit Ron, essuyant une larme au coin de son oeil.
- Essayez toujours. Insista George. »
Le brun et le rouquin prirent une longue inspiration pour calmer leur crise de fou rire et attendirent quelques instants d'avoir pleinement retrouvé leur calme avant de répondre aux attentes des jumeaux.
« Vous êtes au courant que Hermione a un cavalier pour le Bal de Noël? Demanda alors Harry, tandis que Ron continuait à sourire. »
Surpris, Fred et George secouèrent négativement la tête d'un même mouvement. Hermione, le petit rat de bibliothèque, avait trouvé quelqu'un pour l'accompagner au bal? Étrange.
« Dans ce cas vous ne savez pas non plus avec qui elle y va? Ajouta Ron, tandis que Harry se remettait à glousser. »
Encore une fois, les jumeaux secouèrent la tête de gauche à droite. Pourquoi ces deux imbéciles de Harry et Ron riaient autant?
« Bien, alors on va vous apprendre le scoop de l'année. »
Ils mirent un temps d'arrêt avant de terminer leur phrase. Fred et George étaient suspendus à leur langue, attendant la chute avec une impatience démesurée.
« Elle y va avec Viktor Krum. Lâcha alors Harry. »
Aussitôt, Harry et Ron se remirent à rire, ce dernier se tenant les côtes tant il riait. Fred et George restèrent de marbre. Alors, c'était ça qui les faisait autant rire? Ils ne comprenaient toujours pas en quoi c'était drôle.
« Krum Krum Krum. Imita alors Ron avec un accent bulgare, faisant encore plus rire Harry.
- Je rêve ou vous vous moquez de votre meilleure pote là? Finit par dire George, ne partageant pas l'euphorie des jeunes.
- C'est pas de ça en soi même qu'on se moque. Rectifia Harry. C'est du fait que Krum, qui n'a évidemment pas grand chose dans le pois chiche, passe son temps à accompagner Mione à la bibliothèque ces derniers temps.
- Et la dernière fois qu'on l'y a vu, il regardait un livre comme si c'était la première fois qu'il en voyait un.
- Et du coup, maintenant on rigole quand on sait que Hermione va à la bibliothèque, parce qu'on sait que le pot de colle de bulgare sera forcément avec elle, même s'il ne sait probablement pas lire. »
A présent qu'ils imaginaient la scène avec plus d'aisance, Fred et George finirent par rire à leur tour. C'est vrai que ça devait être comique, comme situation.
« Je croyais que c'était un de tes joueurs de Quidditch préféré, Ron. Fit alors remarquer George en cessant de rire.
- Oh, niveau Quidditch je l'admire toujours. Mais en tant que personne, c'est un homme des cavernes, on ne peut pas le nier. »
Cette fois ci, les quatre garçons rirent ensemble de bon coeur. Pauvre Hermione, ça devait l'exaspérer qu'il soit sans arrêt derrière elle à l'observer étudier.
« C'est lui qui lui a demandé de l'accompagner, je présume? S'enquit alors Fred, reprenant son sérieux.
- Ben bien sûr, tu vois Hermione faire le premier pas vers un garçon? Confirma Ron d'un ton ironique. »
Fred repensa alors à ce moment où il avait tenté de la rendre mal à l'aise quelques jours plus tôt. Elle semblait si envoûtée jusqu'à ce qu'il prenne son pouls et qu'il constate que le coeur de la jeune fille battait normalement. C'était totalement en contradiction avec ses émotions extérieures, c'est pour ça qu'il avait été décontenancé pendant de brèves secondes. Bien sûr, il n'en avait rien montré. Il se devait de rester maître de la situation, peu importe de quoi elle retournait.
« Mais pourquoi diable a-t-elle accepté d'y aller avec lui? S'interrogea alors Fred à voix haute, soudain soucieux.
- Ben... Probablement parce que c'est un garçon populaire et qu'elle avait envie de se montrer à son bras. Répondit Ron, comme si c'était une évidence.
- Ça m'étonnerait. C'est pas son genre. Elle en a rien à faire de la popularité. Regarde, elle traîne bien avec toi Ronald. Fit remarquer Fred.
- Pourquoi ça t'intéresse autant, Fred? Demanda alors le susnommé, un sourcil haussé. »
Le concerné marqua un temps d'hésitation et finit par hausser les épaules, tâchant de rester passif.
« Ça m'intéresse pas. Je suis simplement curieux. »
Il aurait espéré que son frère se contente de cette réponse mais il continuait de le regarder d'un air suspicieux. Cependant, il changea de conversation et s'intéressa désormais à la cavalière de George, qui n'était autre que son amie Alicia Spinnet. A défaut de trouver une vraie cavalière, comme celles qui l'intéressaient était déjà prises, il en avait parlé à son amie, qui avait décidé d'y aller avec lui en toute amitié. Cela semblait satisfaire le jumeau, car Alicia était après tout une jolie fille. Tête brûlée, grande gueule, caractère fort, certes, mais elle restait plutôt mignonne.
Une fois de retour avec ses camarades de sixième année, Fred avait la tête ailleurs. Il n'en revenait pas que la petite Hermione aille au bal avec Krum. C'était tellement improbable! Il s'attendait plus à ce que le joueur de Quidditch y aille avec une fille de Serpentard. Pas avec une Gryffondor. Qui, de plus, avait bien trois ans de moins que lui. Est ce que ça rendait la situation glauque?
« A quoi tu penses, Freddie? S'enquit alors George en tapotant le dos de son frère. »
Ce dernier se contenta de secouer la tête et de ne rien répondre. Au vu du comportement de son jumeau, George comprit que quelque chose clochait. Fred semblait presque... contrarié.
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« Et ça, que veut dirre?
- Ça parle des effets néfastes du Polynectar s'il est mal préparé.
- Polynectarr dangerreux. Ceux qui l'utilisent sont fous. »
Hermione tâcha de ne pas prendre cette remarque pour elle et continua de lire, écrivant de temps à autre sur un parchemin. Elle sentait le regard de Viktor sur elle et cela finit par rapidement la mettre mal à l'aise. Pourquoi se sentait-il toujours obligé de l'accompagner dès qu'elle allait à la bibliothèque? Il avait pourtant beaucoup d'amis! Ou du moins, d'admirateurs. Admiratrices, à vrai dire. Serait-ce parce qu'elle était sa cavalière qu'il s'imaginait qu'il devait être sans arrêt près d'elle? Peu importait la raison, ça commençait à devenir fortement agaçant mais la jeune fille ne savait pas comment le lui dire sans lui faire de peine. Après tout, il restait quelqu'un d'extrêmement gentil et sa curiosité envers les attraits du monde de la magie était une qualité qu'elle appréciait.
« Tu as... Tu as réussi à résoudre l'énigme de l'oeuf? Lui demanda-t-elle alors. »
Elle espérait que ça lui ferait réaliser qu'il a des choses plus importantes à régler que suivre sa cavalière presque partout où elle allait.
« Oh... Je n'y pensais plus. Fit alors Viktor, l'air soucieux.
- Je suis désolée, je ne voulais pas te contrarier. S'excusa aussitôt Hermione.
- Non non, ce n'est rrien, pas ta faute! Se reprit immédiatement le bulgare. Tu as rraison, je devrrais plus m'en occuper. Févrrier apprroche à grrand pas. »
La Gryffondor hocha simplement la tête en guise de réponse et reporta son attention sur ce qu'elle lisait. Bon, même ce qui était en rapport avec le Tournoi des Trois Sorciers ne semblait pas lui donner envie de partir. Désormais au bord du désespoir, Hermione entendit alors des gloussements provenant de l'allée derrière celle où elle se trouvait. Deux filles se mirent à papoter tout en continuant de rire comme des idiotes. Sur les nerfs, la jeune fille essaya de ne pas y prêter attention, mais un prénom surgit dans la conversation et attisa aussitôt sa curiosité.
« C'est grâce à toi si Fred m'a proposé d'aller au bal? S'exclama alors une voix surexcitée.
- Ne me remercie pas, c'était tout à fait normal. Répondit une autre voix, plus posée mais également enjouée.
- Par Merlin Alicia, tu es la meilleure amie qui puisse exister!
- Je sais, je sais. »
Les deux filles se remirent à rire, et reprirent leur conversation. Hermione tâcha de s'en désintéresser mais désormais, elle ne pensait plus qu'à cela. Ça ne pouvait être qu'Alicia Spinnet qui parlait. Dans ce cas, cela signifierait-il que la deuxième fille, celle que Fred accompagnait, serait... Angelina Johnson? La belle métisse aux longs cheveux raides et noirs et aux grands yeux marrons intenses?
« Herrmioneuh? Entendit-elle alors. »
Roh, je l'avais oublié celui là, pestiféra mentalement la jeune fille en jetant son regard sur le bulgare.
« Tu vas bien? Lui demanda-t-il, l'air soucieux. »
Aussitôt, Hermione se sentit coupable de ne lui montrer aucun intérêt. Il était si gentil... Elle devait faire des efforts, son attitude n'était pas la meilleure à adopter pour une cavalière.
« Oui, ça va, merci. Juste... Fatiguée. Répondit-elle, acquiesçant un sourire.
- Alorrs, tu devrrais peut-êtrre arrrêter trravail. Rétorqua-t-il en prenant le livre que la née moldue lisait.
- Oui... Tu as sans doute raison. Admit-elle. »
Elle roula son parchemin, l'attacha avec un élastique, partit ranger le livre qu'elle avait pris et suivit volontiers Viktor jusqu'à la sortie de la bibliothèque. Avant de partir, elle se tourna vers Alicia et Angelina, qui avaient pris place à la table où ils se trouvaient quelques instants plus tôt. Cette dernière semblait particulièrement joyeuse. A cette pensée, Hermione se sentit étrange mais essaya de l'oublier et quitta la pièce aux côtés du bulgare.
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De retour dans sa Salle Commune après le dîner, Hermione décida d'aller directement dans son dortoir, prendre une douche et rapidement se coucher. Elle salua Harry et Ron, qui avaient décidé de faire pareil qu'elle et les regarda s'éloigner vers les dortoirs des garçons. Le couvre-feu n'étant que dans une bonne heure, la Salle Commune était tristement vide. Soit les élèves restaient encore dans la Grande Salle ou dans le parc, soit ils se rendaient à leurs dortoirs à peine arrivés. La jeune fille s'attarda un peu dans la salle vide et regarda distraitement le feu crépiter dans la cheminée, perdue dans ses pensées. Elle n'entendit pas le portrait de la Grosse Dame pivoter et les bruits de pas qui suivirent lui échappèrent également. En moins de temps qu'il ne le fallait pour crier "Quidditch", elle sentit deux mains s'appuyer contre ses yeux, de sorte qu'elle ne voyait plus rien.
« Eh! Protesta-t-elle, tâchant de se libérer, mais l'autre personne était plus forte qu'elle. »
Ça ne pouvait être qu'un garçon. Peut-être ses deux meilleurs amis étaient discrètement descendus pour lui faire une blague. Mais c'était peu probable. Ils semblaient réellement fatigués quand elle les avait quitté. Alors, c'était peut-être...
Elle sentit que la personne la fit tourner sur elle même, sans enlever ses mains de devant ses yeux. Elle se retrouva alors torse contre torse. Elle entendit une respiration lente et régulière. Elle sentait le torse de l'autre personne se soulever contre sa poitrine au rythme de sa respiration. Étant donné que l'autre ne semblait pas prêt de parler, elle comprit que c'était à elle de deviner qui lui faisait cette blague de mauvais goût.
« Neville? Seamus? Dean? Ron? Harry? »
Aucune de ces questions ne vint avec une réponse. Elle réfléchit alors encore et l'idée lui vint presque aussitôt à l'esprit.
« George? »
Toujours rien mais elle perçut un net raclement de gorge. Elle comprit enfin face à qui elle était. Elle ne comprit en revanche pas comment elle avait fait pour ne pas le deviner plus tôt.
« Fred. »
Ce n'était pas une question mais une affirmation. Aussitôt, les mains se retirèrent de son visage et elle put de nouveau ouvrir les yeux. Elle se retrouva effectivement face à un grand rouquin au visage fin et au sourire enjôleur.
« Je suis vexé que tu ne l'ais pas compris plus tôt, Hermignonne. Lui fit-il savoir en s'éloignant d'elle. »
La jeune fille fut presque déçue que Fred ne reste pas près d'elle. C'était comme si elle avait appris à aimer ce peu de distance qu'il mettait volontairement entre lui et elle.
« Je n'ai pas les idées très claires ce soir, désolée. Dit-elle simplement en se tournant de nouveau pour admirer les flammes mouver dans l'âtre de la cheminée.
- Ouuuuuh... Aurait-on la tête ailleurs, Mademoiselle? »
Il vint se placer à ses côtés, regardant également le feu crépiter. Ils étaient si près que leurs doigts se frôlaient presque. Hermione inspira fortement après ce constat.
« C'est juste la fatigue. Répondit-elle finalement.
- Tu es souvent fatiguée en ce moment, on dirait. T'adonnerais-tu à des activités, disons... Épuisantes? »
Hermoine mit du temps à comprendre ce qu'il voulait dire mais lorsqu'elle percuta, il était déjà plié en deux et elle ne put que rester bouche bée, légèrement choquée.
« Tu es incorrigible, Fred Weasley! S'insurgea-t-elle en lui donnant un coup dans l'épaule.
- C'était trop tentant, désolé. Dit-il, sans le paraître pour autant.
- Idiot. Grommela-t-elle en lui donnant un autre coup.
- Tu as autant de force qu'une mouche, c'est risible.
- C'est parce que si je ne me retenais pas, je pourrais vraiment te faire mal.
- Ah oui? Je demande à voir. »
La Gryffondor se tourna vers son interlocuteur, qui la regardait avec un sourire goguenard. Elle haussa un sourcil et prit cette provocation au premier degré. Elle lança alors son poing directement dans la figure du jeune homme, mais il l'arrêta juste à temps en attrapant son poignet. Elle réussit à se libérer quelques instants plus tard et entreprit aussitôt de lui donner un autre coup mais dans le torse cette fois-ci. Il se décala au moment où elle allait atteindre sa cible, si bien qu'elle frappa dans le vide et faillit en perdre l'équilibre. Elle entendit le rire de Fred et reprit rapidement ses esprits avant de se ruer sur lui pour lui donner un autre coup dans l'épaule. Il fut plus vif qu'elle et lui attrapa les deux mains, les croisa dans son dos et la fit pivoter sur elle même de sorte à ce qu'elle se retrouve dos à lui. Il l'entoura alors de ses bras forts et la serra contre lui. Elle était faite comme un rat. Et humiliée, qui plus est. Il se pencha vers elle et lui chuchota à l'oreille:
« Qu'est ce que je disais... La force d'une mouche. »
Ce contact et ce souffle dans son cou lui donna des frissons. Par Merlin, que c'était gênant! Elle entreprit de se libérer d'elle même mais c'est le jeune homme qui relâcha son emprise et la laissa partir. Aussitôt, elle se tourna pour être face à lui et se fit la plus grande possible pour ne pas avoir à trop lever les yeux vers lui.
« Ça t'amuse de me tourner en ridicule? Lâcha-t-elle alors.
- Je te ferais remarquer que tu te tournes toi même en ridicule, ma chère. Je ne fais qu'y participer. Corrigea Fred.
- D'abord l'histoire du pouls, puis la devinette en me cachant les yeux et maintenant ça. C'est bien toi qui essaye de me ridiculiser.
- Peut-être. Pourtant, à part moi, personne n'est là pour assister au spectacle. »
Ce qu'il disait n'était pas faux. C'était même bien véridique. A chaque fois qu'il faisait de pareilles choses, il n'y avait qu'eux dans les parages. Dans ce cas, quel était son but? La mettre mal à l'aise au point qu'elle n'oserait bientôt plus le regarder dans les yeux?
« Tu sais quoi? Je ne veux pas savoir pourquoi tu fais tout ça, si c'est juste pour t'amuser ou alors me mettre mal. J'ai d'autres chats à fouetter. Dit-elle en s'éloignant vers les escaliers menant aux dortoirs.
- Oui, comme par exemple Viktor Krum. Cingla alors Fred. »
Le pied que Hermione venait de poser sur la première marche se figea aussitôt. Son corps entier se figea. Avait-elle bien entendu? Elle se retourna pour en être sûre mais l'expression qu'affichait Fred laissait à entendre que oui, elle avait même parfaitement entendu.
« Ah, maintenant j'ai ton attention. Ironisa le rouquin avec un sourire mauvais.
- Qu'est ce que tu cherches à prouver, Fred? S'emporta la jeune fille en revenant au pas de course vers lui. Hein? C'est quoi ton but dans tout ça, exactement?
- Tout ça? Dis donc, tu n'aurais pas une trop grande estime de toi même, Mione?
- C'est toi qui me dis ça, toi avec ta tête aussi grosse qu'une pastèque? »
La comparaison arracha un sourire à Fred mais il ne dura qu'une micro-seconde.
« Contrairement à ce que tu as l'air de croire, je ne cherche pas toujours à prouver quelque chose. Tu es une fille comme les autres, une amie comme les autres, alors arrête de croire que dès que je te dis ou fais quelque chose, il y a quelque chose à comprendre derrière.
- Mais c'est toi qui fait en sorte que je pense ça! Tu es en train de me rendre complètement folle, Fred! »
Hermione s'arrêta de parler avant de dire une autre bêtise. Surpris par ce qu'elle venait de dire, Fred eut un mouvement de recul, ses deux sourcils haussés. Les yeux écarquillés et les joues rouge de honte, Hermione bafouilla quelque chose d'incompréhensible, même pour elle et battit en retraite, grimpant les escaliers deux à deux avant de vite disparaître de la vue du jeune homme. Une fois qu'elle eut passé la porte et l'eut claqué derrière elle, elle s'y appuya brutalement en fermant les yeux et soupirant bruyamment. "Tu es en train de me rendre complètement folle"? Mais qu'est ce qui lui avait pris de dire ça?! Fred allait mal l'interpréter, c'était une certitude! Et avec le comportement qu'elle avait adopté par la suite, ça n'arrangerait rien. Quelle pauvre idiote tu es, Hermione Granger, se sermonna-t-elle mentalement.
Le jeune homme, quant à lui resté planté au même endroit, réfléchit à ce que venait de dire la née moldue. Qu'est ce que ça voulait dire, exactement? Dans quel sens la rendait-il folle?
« Roh mais pourquoi tu t'en soucies, Fred? T'en as rien à faire, de toute façon. Se dit-il alors à voix haute. »
Il planta ses mains dans ses poches et entreprit de sortir de la Salle Commune s'aérer un peu et retrouver ses amis avant que ce soit l'heure du couvre-feu. Une fois qu'il eut passé le portrait et qu'il se retrouva dans les grands couloirs frais, il put respirer plus calmement et tâcha d'oublier cette étrange entrevue.
...
Hahahahaha. Vous allez rire. Enfin. Peut-être pas. Moi, en tout cas, ça me fait rire. J'ai failli oublier de poster ce nouveau chapitre... Encore une fois. Eh oui. Pourtant j'y ai pensé toute la journée hein. Je pense sérieusement à me mettre un réveil tous les vendredi soirs pour ne pas oublier maintenant.
Bon bon bon... Que penser de tout ça? Que Fred est un chaud lapin? Nan je rigole. Quoique... Avec lui, on peut se poser la question.
Maintenant que Fred comme Hermione savent avec qui l'un et l'autre vont au bal, la situation va peut-être changer entre eux. Ou peut-être pas... A voir.
La réaction de Fred? Celle de Hermione? Leurs deux entrevues pour le moins ambiguë? La révélation implicite de Mione à la fin? J'attends vos aviiiiiiiiiiis.
Je me répète? Encore et toujours merci. J'espère que ce chapitre vous a plu. Sinon ben... Désolée de ne pas avoir le même don d'écriture que Queen Rowling. J'essaye hein, je vous promets mais je ne lui arrive même pas à l'ongle du petit orteil. Hélas... Je me dépatouille déjà avec ce que j'ai! Enfin bref, j'arrête de dire du grand n'importe quoi, je vous laisse à vos claviers! Bisous à tous et à toutes.
Morgane.
