Chapitre 15.
26 Novembre 1995.
Drago Malefoy se jeta dans le canapé de la Salle Commune de Serpentard avec une grâce presque grotesque. Il était entouré de Blaise, Théodore et Daphné, assise sur les genoux de ce dernier. Il inspira un grand coup avant d'exprimer ce pourquoi il avait réuni ses amis.
« Je m'inquiète pour Pansy. Dit-il finalement. »
La réaction des autres fut simplement des soupirs de protestation et des railleries.
« Eh! Lâcha Drago. Ça m'arrive de m'inquièter pour mes amis, arrêtez de croire que je ne suis qu'un gros égocentrique!
- C'est pourtant ce que tu es. Rétorqua Théo, ce qui fit rire Blaise.
- Ahah très drôle, merci les gars, j'adore me sentir soutenu. Bougonna le blond.
- Pourquoi tu t'inquiètes pour elle? S'enquit alors Daphné.
- Je la trouve vraiment... étrange depuis quelques temps. Elle n'est plus pareille qu'avant.
- Qu'est ce que tu veux dire? Moi je ne la trouve pas si différente que ça.
- Je dois être le seul à faire attention aux détails, alors.
- Bon, tu comptes faire durer le suspense longtemps ou tu vas enfin nous dire ce qui t'inquiète chez Pansy? Râla Blaise.
- Si t'es pas content, t'as qu'à t'en aller, je te retiens pas! »
Cela dit, le grand Serpentard n'en fit rien et se redressa simplement sur le canapé, attentif à tout ce que Drago allait pouvoir dire.
« J'adore Parkinson, vraiment, sous ses airs de gentil toutou fidèle et cruche, elle est chouette. Mais il faut avouer que c'est une garce vicieuse et plutôt méchante quand elle le veut. »
Les trois autres ne purent qu'approuver d'un hochement de tête et d'une moue.
« Eh bien justement, je trouve que son attitude est un peu moins "garcesque" ces derniers temps. C'est comme si elle s'était radoucie.
- Maintenant que tu le dis, c'est vrai qu'elle m'envoie beaucoup moins balader en ce moment. Remarqua Daphné.
- Et ça fait longtemps que je ne l'ai pas entendu se plaindre de sa famille. Poursuivit Blaise.
- Ou des Bouffons d'or, d'ailleurs. Ajouta Théo.
- Vous voyez donc où je veux en venir. Fit finalement Drago.
- ... Non. Dirent d'une même voix les trois amis. »
L'héritier se passa une main sur le visage, légèrement désespéré.
« Je suis entouré de sombres crétins... Marmonnait-il dans sa barbe.
- Bon d'accord, elle est moins méchante et d'humeur assassine que d'habitude et alors? Qu'est ce que ça prouve, au juste?
- Ça prouve qu'il y a quelque chose qui la radoucit. Quelque chose qui lui occupe les pensées et fait qu'elle ne pense même plus à geindre ou se plaindre. Quelque chose...
- ... ou quelqu'un. Termina Daphné, pensive. »
Drago hocha la tête d'un air satisfait. Ses comparses comprenaient enfin ce qu'il se tuait à leur dire depuis le début de cette conversation.
« Tu crois qu'elle voit quelqu'un? S'étonna Théo.
- Je me pose la question, oui.
- Mais qui ça pourrait être? Ça ne peut pas être quelqu'un de Serpentard, on serait au courant sinon.
- Ça ne peut être qu'un Serdaigle ou un Poufsouffle, mais bon, elle ne s'abaisserait tout de même pas à ça. Fit remarquer Daphné. Combien de fois elle a répété qu'elle épouserait un riche et célèbre héritier de Sang-Pur? Ce n'est pas chez les jaunes qu'elle trouvera ça.
- T'es mauvaise langue, Daph. La taquina Blaise.
- Et si ce n'était ni quelqu'un de chez nous, ni quelqu'un de chez les bleus et les jaunes? S'interrogea Drago à voix haute. Et si c'était un...
- Professeur? Impossible, il n'y a absolument rien de potable dans cette école, et quand bien même, elle n'est pas assez bête pour risquer ça.
- J'allais pas dire ça, imbécile. Soupira le blond.
- Mais enfin Malefoy, t'as perdu l'esprit ou quoi?! S'exclama Blaise lorsqu'il eut compris.
- Ben quoi? C'est tout à fait possible, non? Elle ne les déteste pas autant que moi ou toi.
- Mais de quoi vous parlez, à la fin? S'exclamèrent Daphné et Théodore en même temps.
- On parle des bouffons d'or. Cingla Blaise. »
Un silence d'outre-tombe s'abattit sur le groupe d'amis. Daphné semblait sous le choc et Théo n'en croyait pas ses oreilles.
« C'est scientifiquement impossible qu'elle se soit entichée d'un de ces abrutis. Fit Théo. Elle les déteste tous.
- Qu'est ce qu'on en sait, ça? Peut-être qu'elle les déteste parce que tout le monde chez nous les déteste. Peut-être qu'au fond, elle n'est pas comme ça.
- Enfin, on la connaît depuis des lustres maintenant, on sait très bien comment elle est, elle a toujours méprisé les Gryffons, ça m'étonnerait fortement que ça ait changé du jour au lendemain!
- Je ne parle pas de tous les Gryffons. Je parle d'un Gryffon en particulier...
- Tu veux rire, j'espère? Pouffa Daphné. Le seul qui était à peu près potable, c'était ce crétin de Dubois et il est parti il y a quelques années! C'est impossible qu'elle ait des vues sur quelqu'un de cette maison.
- Ça me fait mal de le dire mais je suis sûr que Pansy fricote avec quelqu'un en ce moment, et je suis presque sûr que c'est quelqu'un qui vient des bouffons. Lâcha Drago.
- C'est impossible... Souffla Daphné. Elle est au courant que si elle fait ça, elle sera déshéritée, reniée et tout ce qui va avec?
- Je pense que comme nous tous, elle est bien au courant oui. Répondit Blaise d'un ton détaché.
- Bon... Soit. Admettons que... Il soit possible qu'il est envisageable qu'elle apprécie un... Gryffondor. Dans ce cas, qu'est ce qu'on peut bien y faire?
- La raisonner et y mettre un terme, pardi. Répondit le blond. C'est pour ça que je vous ai réuni. »
D'un geste théâtral, il se remit debout et se plaça face à ses trois amis, qui le regardaient d'un air perplexe, curieux de connaître la suite.
« On va découvrir sur qui elle a des vues et on va tout saboter entre eux. Et s'il ne s'est encore rien passé, on va s'assurer qu'il ne se passera jamais rien. »
La détermination dans sa voix convainquit rapidement Blaise, Théo et Daphné, qui approuvèrent d'un hochement de tête avec un sourire au coin des lèvres. Le sabotage et la mesquinerie, c'est quelque chose auquel ils se prêtaient bien.
A cet instant, la concernée de la conversation revint aux cachots après sa ronde et rejoignit ses amis, l'air éreinté.
« Salut, vous tous. Les salua-t-elle en se plaçant aux côtés de Drago. Qu'est ce que vous faites encore là à cette heure ci? J'ai qu'une envie depuis tout à l'heure, c'est de me jeter dans mon lit!
- Oh, on... discutait. Répondit Drago d'un ton détaché.
- Bon... Ben je suis désolée de ne pas participer à la conversation mais je suis vraiment fatiguée, donc bonne nuit à tous! »
Elle leur adressa un faible sourire et se dirigea vers son dortoir. Les quatre jeunes gens la suivirent du regard et dès qu'elle eut disparu derrière une porte, ils se jetèrent des regards entendus.
« Avec qui elle faisait sa ronde, ce soir? S'enquit alors Théo. »
Blaise et Daphné y réfléchirent mais Drago trouva rapidement la réponse et blêmit lorsqu'il y pensa. Cela inquiéta aussitôt les trois autres.
« Quoi? Tu sais qui c'est?!
- Un bouffon d'or. Et le pire de tous, qui plus est... Répondit le blond d'un air grave. »
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Ron se jeta dans son lit une fois en pyjama et il tourna la tête vers Harry, qui ne dormait pas et regardait simplement le plafond, ses mains croisées sur son ventre.
« Comment s'est passé ta ronde? S'enquit alors le Survivant.
- Ça va. Répondit simplement Ron d'un air las. Pas trop de délinquants ce soir donc c'est allé plutôt vite.
- Faut croire que tout le monde est fatigué en ce moment. »
Le rouquin répondit par un soupir et les deux garçons se souhaitèrent bonne nuit avant d'éteindre la lumière et se glisser dans leurs draps pour dormir. Ron s'endormit bien vite, sans se douter de ce qui se complotait contre lui dans les cachots au même moment.
04 Décembre 1995.
Oublier Fred et faire comme s'il n'existait pas s'avérait plus difficile que Hermione ne l'aurait cru. Depuis ce soir où il l'avait menacé de prendre sa revanche et l'humilier à son tour, elle faisait son possible pour l'éviter et ne plus penser à lui mais c'était comme s'il s'arrangeait pour être toujours dans les mêmes parages qu'elle. A croire qu'il le faisait exprès. Ce qui n'aurait même pas étonné la jeune fille...
En arrivant à la bibliothèque, elle se dit qu'elle serait enfin tranquille. Fred Weasley n'était pas le genre de personnes friands de savoir et de culture qui passait une bonne partie de son temps ici. Elle alla donc de bon train s'asseoir au fond de la grande pièce, à une table isolée entre deux rangées de livres sur l'Histoire de la Magie.
Hermione ouvrit son ouvrage d'études des runes et se mit à lire le chapitre qu'ils avaient étudié en cours la journée même. Son esprit fut rapidement ancré dans ce qu'elle lisait, si bien qu'elle sursauta vivement lorsqu'elle entendit des livres claquer brutalement sur la table, face à elle. Elle leva rapidement la tête et écarquilla les yeux de surprise devant ce qui s'offrait à elle.
« Nott?! Lâcha-t-elle, au bord du choc.
- J'ai pas de temps à perdre Granger, alors tu vas écouter attentivement ce que je vais te dire sans broncher. D'accord? »
D'abord incertaine, elle finit par hocher la tête de haut en bas face à l'air impatient du Serpentard et attendit la suite.
« On a un gros problème qui, nous pensons, concernent Potter et toi également.
- Et... Qu'est ce que c'est donc?
- J'y viens, j'y viens. »
Hermione tourna distraitement la tête à gauche et put apercevoir Blaise Zabini et Daphné Greengrass tapis derrière une rangée de livres à quelques mètres d'elle, observant discrètement dans sa direction. Cela lui fit froncer les sourcils mais elle revint sur terre lorsque son interlocuteur claqua des doigts sous ses yeux.
« Un peu d'attention ne serait pas de trop Granger, je t'ai dit que je n'avais pas le temps. Rappela Théodore.
- Je peux savoir ce que vous tramez, tous les trois? Demanda-t-elle d'une voix dure en désignant les deux autres serpents d'un signe de tête.
- Si tu me laissais parler sans m'interrompre tout le temps, aussi. Railla le brun, l'air agacé.
- Si tu en venais aux faits plus vite, aussi. Répliqua Hermione, également ennuyée. »
Théodore n'ajouta rien et marqua une pause, soufflant discrètement. Il baissa la tête quelques instants et finit par relever ses yeux noirs intenses sur la jeune fille.
« On a des raisons de penser qu'il se passe quelque chose entre Pansy et Weasmoche. Lâcha-t-il finalement. »
Hermione eut l'impression d'être collée à sa chaise. Elle était stupéfaite, presque choquée. Elle le montra en entrouvrant la bouche et haussant ses sourcils.
« C'est impossible... Souffla-t-elle.
- C'est ce qu'on se disait au début. Mais à y regarder de plus près, il y a de quoi avoir des suspicions. Tu n'as jamais remarqué qu'il était bizarre en revenant de ses rondes avec Pansy? Ou alors qu'il était différent tout court depuis quelques temps?
- Non, hmm... Pas spécialement...
- Eh bien, fais y plus attention maintenant. Et je suis sûr que tu constateras qu'il y a quelque chose de changé, toi aussi.
- Mais... Je ne comprends pas... Comment ça pourrait être possible? Enfin, ils se détestent! Et depuis toujours! Fit remarquer Hermione, abasourdie.
- Ça n'a toujours été que de la haine polie. Et puis, comme on dit, il n'y a qu'un pas entre la haine et l'affection.
- J'ai du mal à croire que ça pourrait s'appliquer à ces deux là.
- Pourtant, il semblerait que ce soit le cas. Donc il va falloir te faire à l'idée. Cingla Théo. »
Sans dire un mot de plus, il se leva et s'apprêta à partir.
« Attends! L'interpella Hermione. »
Il s'arrêta dans son mouvement et lui accorda toute son attention, les bras croisés sur le torse.
« Pourquoi tu es venu me dire tout ça? Lui demanda-t-elle.
- Sérieusement? Tu proclames ton intelligence et tu n'es même pas fichue de comprendre ça? Railla Théo avec un amusement apparent.
- Réponds à ma question. Dit-elle simplement, ignorant cette remarque.
- Eh bien... Commença-t-il. »
La jeune fille le regarda en haussant un sourcil, attendant la suite. Théo se mit à sourire vaguement et il s'appuya des mains sur la table pour avoir son visage à hauteur de celui de la Gryffondor.
« Pour la simple et bonne raison qu'on compte mettre un terme à peu importe ce qu'il y a entre eux. On ne laissera pas notre amie faire la plus grosse erreur de sa vie. Alors on va tout saboter. Mais pour ça, on va avoir besoin d'aide. Et je pense, je suis même certain, que tu penses tout à fait comme moi, donc on s'attend à avoir ton aide et celle de Potter.
- Pas question qu'on vous aide! Débrouillez vous tous seuls, c'est vos magouilles, pas les nôtres!
- Des magouilles qui nous concernent tous, Granger. Tu ne voudrais quand même pas voir ton ami souffrir parce qu'il a flashé sur la mauvaise personne, tout de même? »
Hermione perçut parfaitement le ton menaçant dans la voix du jeune homme. Il était en train de lui donner un avertissement. Et clairement, de ne pas lui laisser le choix.
« A toi de voir. Dit-il finalement en se relevant. On te laisse le temps d'y réfléchir. Mais prends la bonne décision. Sinon, tout le monde risque de regretter quelque chose. »
Hermione resta de marbre mais ne contredit plus le Serpentard. Il prit cela comme un accord et lui adressa un bref signe de tête en guise d'au revoir avant de faire demi-tour et retourner vers ses amis. Elle les suivit du regard jusqu'à qu'ils soient hors de son champ de vision. Elle se mit alors à réfléchir à tout ce que Théodore lui avait dit. Ron et Pansy? C'était tellement inconcevable... Mais si un Serpentard lui même était venu s'adresser à elle pour lui demander son aide, c'était sans aucun doute une affaire sérieuse. A moins que ce ne soit un piège... Mais Hermione en doutait fort. Elle avait pu percevoir le sérieux dans la façon de s'exprimer du grand brun. Et la manière dont Blaise et Daphné attendaient patiemment que leur ami revienne, comme s'ils avaient peur de la réponse qu'elle leur donnerait. Il semblerait bien qu'elle soit désormais de mèche avec des Serpentard pour empêcher une amourette dangereuse de se produire. Quand elle allait annoncer la nouvelle à Harry, il allait soit éclater de rire, soit la tuer.
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Fred entra dans la Salle Commune de Gryffondor en poussant un long soupir las. Il fut aussitôt interpellé par George, allongé sur un des canapés et plongé dans un livre de cours. Fred se dirigea vers lui et prit place sur le fauteuil qui donnait vue sur les pieds de son jumeau.
« Tu t'es bien amusé? Demanda simplement ce dernier en tournant une page.
- C'était mortel. Souffla Fred. Elle est tellement... Collante. Je te promets Georgie, j'ai jamais vu une fille aussi collante. C'est insupportable.
- T'as pas l'habitude, c'est tout.
- Ça fait quand même plusieurs mois, je devrais être habitué maintenant.
- Mais ce n'est visiblement pas le cas. Constata George.
- Absolument pas, même. »
George posa son livre sur ses genoux et regarda son frère d'un air triste. Fred n'était pourtant pas le moins du monde attristé. Juste fortement horripilé.
« Largue la, alors. Proposa-t-il.
- Comme si c'était aussi simple... Si elle est chiante maintenant, j'ose à peine imaginer comment elle sera si je la plante.
- Pas faux...
- Puis mine de rien... On passe plutôt du bon temps... »
George comprit ce que son frère voulait dire par là et ne put s'empêcher de sourire, tout en levant les yeux au ciel. Fred lui adressa un clin d'oeil complice et s'allongea de tout son long dans le fauteuil, croisant ses bras derrière sa tête.
« Tu vas donc te forcer à rester avec une fille qui t'agace, juste parce qu'elle est bonne au lit?
- Ce n'est pas ce que j'ai dit.
- Mais c'est clairement ce que ça voulait dire.
- Plus ou moins mais... Ce n'est pas que ça.
- Qu'est ce qu'il pourrait y avoir d'autre? »
Fred soupira à nouveau et sembla perdu dans ses pensées pendant quelques instants. Cela attisa la curiosité de George.
« Je n'ai pas envie de lui faire de la peine. Dit finalement Fred. Elle est super gentille, douce, drôle... Je ne veux pas la faire souffrir.
- Oh... Je vois. Tu t'es attaché à elle?
- Un peu.
- Si on m'avait dit un jour que tu t'enticherais d'une fille comme Marietta Edgecombe, j'aurais ri au nez de la personne.
- Ah bon? Tu me voyais entiché de qui? Plaisanta Fred.
- J'ai toujours pensé qu'il se passerait quelque chose avec Alicia. Avoua George en riant.
- Oula non, ça va pas ou quoi? Pas Licia, jamais de la vie! Je la considère comme ma soeur.
- C'est pour ça que tu lui fais des remarques obscènes, souvent?
- C'est pour rigoler oh, il faut savoir avoir un peu de second degré dans la vie, mon vieux!
- Et c'est à moi que tu dis ça? »
Les jumeaux finirent par rire ensemble. Ils n'avaient pas entendu le portrait pivoter quelques instants plus tôt et ils ne se doutaient pas qu'une oreille indiscrète les écoutait depuis tout ce temps. Hermione restait collée au mur, n'osant pas se montrer. Elle ne cessait de repenser à ce que Fred avait dit. Il s'était attaché à Marietta. Il avait de l'affection pour elle. Et l'affection, ça conduisait toujours à des sentiments plus forts, n'est ce pas? C'est après tout ce qui lui était arrivé à elle. En se disant cela, elle sentit une boule se former dans sa gorge et la nausée lui venir. Qu'elle était cruche! Se mettre dans cet état là pour un garçon qui ne la verrait jamais plus que comme une petite écervelée! Il ne la verrait jamais comme une jeune femme mature, comme Marietta. Elle ne serait toujours que la meilleure amie de son frère, la fille qu'il considérait comme une petite soeur agaçante et sans autre intérêt.
Lorsqu'elle entendit le portrait pivoter, elle se reprit en mains et se mit à avancer vers l'escalier menant aux dortoirs. Elle comptait bien passer devant les deux garçons en les ignorant royalement et monter à sa chambre sans un mot. Pourtant, lorsqu'elle passa, George la héla et elle fut bien obligée de tourner la tête vers lui. Elle croisa sans le vouloir le regard de Fred mais elle reporta vite son attention sur son frère. Les élèves de troisième année qui venaient de rentrer dans la salle se précipitèrent aux dortoirs en gloussant et laissèrent bientôt place au silence entre les trois jeunes gens.
« Tu vas bien? S'enquit alors George. Tu es toute pâle.
- Ça va. Mentit-elle, déglutissant difficilement. Je suis juste très fatiguée.
- Tu es sûre? Insista-t-il, pas l'air convaincu.
- Et certaine. Je vais aller me reposer avant le dîner. »
George hocha la tête et n'insista plus. Hermione aurait voulu se remettre en marche sans rien faire ou ajouter de plus mais bien entendu, elle ne put s'empêcher de tourner les yeux vers Fred. Il ne l'avait pas quitté du regard et lorsqu'elle sentit ses yeux se poser sur elle, sa peau s'enflamma et des picotements la saisirent au niveau des mains. Elle se ressaisit vite et détourna le regard pour continuer à avancer et grimper à toute vitesse les escaliers. Une fois Fred loin d'elle, les picotements ainsi que la sensation de brûlure contre sa peau la quittèrent. Elle s'engouffra vite dans le couloir menant aux dortoirs des filles et se précipita jusqu'à sa chambre, souhaitant plus que tout être seule.
Fred avait suivi la jeune fille du regard et lorsqu'elle fut hors de son champ de vision, il reposa les yeux sur son frère, qui le regardait d'un air suspicieux.
« Quoi? Demanda-t-il simplement.
- Rien. Répondit George, se cachant de nouveau derrière son livre. »
Fred appuya sa tête contre le dossier du fauteuil et ferma les yeux un instant. Le visage de Hermione lui vint aussitôt en mémoire. Elle faisait son possible pour l'ignorer et l'éviter depuis qu'il lui avait fait croire qu'il l'humilierait pour se venger. Il n'aurait jamais cru qu'elle prendrait cette pseudo menace au sérieux. Pourtant, il semblerait bien que c'était le cas. A moins qu'elle ne l'évite pour une autre raison? Non, c'était peu probable. Elle avait bien d'autres soucis en tête que de le fuir, ça il le savait. Mais il devait s'avouer qu'il n'aimait pas les distances qu'elle mettait entre elle et lui. Il aimerait la garder proche de lui, comme ils l'avaient toujours été. Il allait devoir trouver comment...
10 Décembre 1995.
Après sa ronde hebdomadaire, Ron s'apprêta à retourner à son dortoir, exténué. Mais avant de partir, quelque chose lui fit prêter attention à Pansy. Elle se contentait de regarder attentivement sa manucure, comme si elle était à la recherche de la moindre imperfection. Il toussota légèrement pour attirer son attention à elle. Ce fut immédiat: elle releva vivement la tête et le regarda d'un air plutôt mécontent.
« Qu'est ce que j'ai fait qui a pu déplaire à sa Majesté des préfets, cette fois? Railla-t-elle, visiblement épuisée également.
- Rien, pas la peine de monter sur tes grands hippogriffes. Protesta Ron, sur la défensive.
- Bien. Qu'est ce qu'il y a, dans ce cas?
- Je... »
Il hésita à poursuivre. Que diable lui prenait-il? Il ne pouvait pas lui adresser un grognement en signe d'au revoir et s'éloigner vers la tour de Gryffondor, comme à chaque fois? Pansy le regardait attentivement, l'air curieuse.
« Je... Je voulais juste... te souhaiter... bonne nuit. Finit-il par dire, mortifié. »
Qu'est ce qui lui prenait, au juste? Souhaiter bonne nuit à cette odieuse personne? Puis elle allait se moquer de lui à coeur joie, c'était certain! Pourtant, elle n'en fit rien. Elle se contenta de le regarder silencieusement, sans laisser aucune émotion transparaître. Ron eut peur pendant quelques instants de se faire frapper. Elle avait l'air d'être le genre de fille agressive quand elle se sentait offensée. Mais encore une fois, elle ne fit rien de tout ça. Ce qu'elle fit surprit même Ron: elle esquissa l'ombre d'un sourire. Mais pas un de ses sourires mesquins et moqueurs. Un sourire plutôt... tendre, sincère.
« Merci, Weasley. Dit-elle simplement. »
Son bref sourire s'effaça aussitôt, elle n'ajouta pas de "toi aussi" ou quoi que ce soit d'autre et le planta là où il était, partant dans la direction opposée pour retourner aux cachots de Serpentard. Ron la suivit du regard, éberlué. Elle marchait gracieusement, presque comme si elle volait. Ses cheveux bruns dont la longueur s'arrêtait en dessous des épaules flottaient tranquillement au rythme de ses mouvements. Lorsqu'elle eut tourné à un angle de couloir et qu'il ne la vit plus, il revint aussitôt sur terre, et le choc fut brutal. Il avait l'impression que ce qui venait de se passer était totalement irréaliste. Ça n'avait pas pu réellement se produire. Il préféra oublier rapidement ce qu'il s'était passé et fit demi-tour pour aller à la tour de Gryffondor.
16 Décembre 1995.
Le week-end précédant les vacances de Noël, une sortie à Pré-au-Lard était organisée pour les étudiants de Poudlard. Ceux qui souhaitaient acheter des cadeaux pour leur famille et leurs amis ou tout simplement profiter de l'air frais du petit village avant de rentrer chez eux sortaient avec joie cet après-midi. Alicia Spinnet, quant à elle, comptait plutôt saisir cette occasion pour changer une bonne fois pour toutes les idées de son amie Angelina. Car elle avait beau adorer sa comparse, elle en avait assez de la voir se lamenter inlassablement sur son sort depuis que Fred et Marietta sortaient ensemble. Il était temps qu'elle ouvre les yeux, qu'elle se raisonne et aille de l'avant.
« Règle numéro un de la journée: ne pas parler, ne pas énoncer, ne pas évoquer, ne pas penser à Fred Weasley. On est toujours d'accord là dessus?
- Oui, à 100%, Licia...
- T'as pas l'air très convaincue.
- Peut-être parce que je me sens séquestrée par ma propre amie.
- En quoi c'est te séquestrer que de te faire sortir de ce château moisi et faire un peu les boutiques?
- Tu ne m'as pas trop laissé le choix.
- Hmm... Pas faux. »
Angelina leva les yeux au ciel mais tâcha de faire un effort pour Alicia. Elle voyait bien que cette dernière se pliait en quatre pour elle et elle ne pouvait se permettre de l'envoyer voir ailleurs. Cette fille, aussi têtue, énervante et bornée qu'elle pouvait être, était probablement la seule véritable amie qu'elle avait dans ce monde et elle ne voulait pas la perdre aussi bêtement, pas dans un moment comme celui-ci.
« On peut y aller, maintenant? Demanda Alicia avec un grand sourire.
- Ouais... Allons-y.
- Fais pas cette tête Angie, je suis sûre que nous allons passer une très bonne journée.
- Si tu le dis...
- J'ai l'impression de t'emmener à l'abattoir, souris un peu! »
Angelina fit un sourire narquois qui n'exprimait pas de réelle conviction mais dont Alicia sembla se contenter. Elle prit son amie par le bras et ensemble, elles quittèrent le château afin de se mêler au petit groupe d'élèves se rendant à Pré-au-Lard.
De leur côté, Harry, Ron et Hermione ne semblaient pas vraiment enchantés de sortir. Mais prendre l'air leur ferait le plus grand bien, aussi chacun prit sur soi et sortit affronter le froid glacial de décembre. Restant tous trois de leur côté pour discuter allègrement de ce que bon leur semblait, le chemin pour aller du château jusqu'au petit village leur parut bien plus court que d'ordinaire. Les premières maisons apparurent rapidement et très vite, ils se retrouvèrent devant le bar des Trois Balais. Les trois amis y entrèrent promptement afin d'être au chaud et prirent une table légèrement isolée pour poursuivre leur conversation. Ils ne souhaitaient pas être ennuyés par qui que ce soit.
Quelques instants plus tard, une bande de Serpentard bruyants entra dans le pub. Trois d'entre eux se détachèrent du lot et allèrent s'asseoir non loin de là où se trouvaient les Gryffondor. Harry lança un regard noir à Drago, Pansy et Blaise, qui ne faisaient même pas attention à lui. Il se désintéressa bien vite d'eux et reprit sa conversation avec ses amis. Ron tourna la tête malgré lui et observa Pansy en silence. Celle-ci semblait particulièrement fatiguée mais cela ne l'empêchait pas d'afficher un mince sourire voilée sur son visage rougi par le froid hivernal. Comme si elle avait senti son regard, la jeune fille tourna la tête et posa ses yeux sur Ron, qui rompit immédiatement leur contact visuel. D'abord surprise, Pansy le regarda encore un laps de temps avant de finalement reporter son attention sur ce que racontait Drago.
« ... ça fait déjà plusieurs semaines qu'on a crée l'AD et il y a de plus en plus de monde qui s'inscrit, tu ne trouves pas ça génial? Disait Hermione lorsque Ron reprit le fil de la conversation.
- Si si, c'est super Hermione, vraiment. Répondit Harry, l'air visiblement ailleurs.
- C'est tout ce que ça te fait? S'insurgea la jeune fille. Tu vois maintenant que beaucoup de gens croient en toi mais ça a l'air de te faire ni chaud ni froid.
- Bien sûr que si voyons, je suis plus que ravi de pouvoir défier ce crapaud d'Ombrage et pouvoir apprendre à réellement nous défendre contre les forces du mal!
- Voilà, je préfère ça, merci.
- En parlant de l'AD, George m'a dit que lui et Fred voulaient en être à part entière. Dit alors Ron.
- Mais ils se sont déjà inscrits, pourtant. Fit remarquer le survivant.
- Oui mais au cas où tu n'aurais pas remarqué, ils ne sont pas beaucoup venus jusqu'à présent. Mais ils semblent bien plus déterminés depuis qu'Ombrage a fait interdire leurs produits de circuler dans l'école.
- Dans ce cas, la porte leur sera grande ouverte avec plaisir. »
Hermione acquiesça un vague sourire lorsque les garçons échangèrent une poignée de mains victorieuse mais en réalité, cela ne l'enchantait pas plus que ça de devoir passer autant de temps avec Fred. Bien qu'il ne restait plus qu'une semaine avant les vacances de Noël, elle comptait toujours l'ignorer du mieux qu'elle pouvait jusqu'à ce moment là. Mais si elle le voyait tous les jours aux réunions de l'Armée de Dumbledore, cela risquait d'être compliqué...
« ... je crois qu'on va encore devoir se passer de Noël cette année, mon père est plutôt occupé dans... ses affaires, tu sais... Racontait Drago à ses comparses.
- Tout comme nos parents. Répliqua Blaise en se désignant lui et Pansy.
- Ouais... C'est sûr... Murmura cette dernière en acquiesçant une moue.
- Ça va pas, Parkinson? S'enquit alors Drago. Tu as l'air... ailleurs.
- Non, ça va.
- T'es sûre?
- Oui Malefoy, lâche moi maintenant. »
Sur ce, elle se leva brusquement et se dirigea vers les toilettes. Le blond regarda Blaise avec incrédulité.
« Qu'est ce que j'ai dit?
- Elle a raison, lâche lui les basques un peu.
- En quoi c'est mal de lui demander si elle va bien?
- Ce n'est pas de lui demander si elle va bien qui est mal, c'est de lui demander au moins deux cent fois par jour. Tu sais comment elle est, elle n'aime pas qu'on la chouchoute trop.
- Bien, dans ce cas, quand elle crèvera la bouche ouverte, je ferais comme si j'en ai rien à faire.
- Mais ce n'est pas le cas, n'est ce pas?
- Bien sûr que non... Soupira Drago. C'est mon amie et je vois très bien que quelque chose la tracasse. J'aimerais bien savoir quoi.
- Tu sais très bien ce qui la tracasse. »
Blaise tourna la tête vers la table où les trois Gryffondor se trouvaient et posa son regard sur le rouquin. Drago suivit le regard de son ami et une lueur de mécontentement apparut dans ses yeux gris métalliques. Au même moment, les deux jeunes hommes détournèrent le regard.
« Il faut absolument empêcher ce massacre d'arriver. Grommela Drago.
- Je suis tout à fait d'accord.
- Si seulement Potty et Granger voulaient bien se dépêcher de prêter main forte...
- Théo a bien fait comprendre à la Sang de Bourbe qu'ils n'avaient pas trop le choix.
- On a à faire aux bouffons d'or les plus têtus qui existent, je te rappelle.
- Peut-être mais le problème les concerne tout autant que nous. Ça m'étonnerait fortement qu'ils veuillent que Pansy s'amourache de leur Traîte à son Sang d'ami.
- Si ce n'est pas déjà fait.
- Là est bien le problème...
- De quoi vous parlez, les filles? Se moqua Pansy en se rasseyant à sa place.
- Ça y est, tu as fini de bouder? Fit Drago d'un ton sarcastique.
- Oui, merci de te préoccuper de mon sort.
- Bien. Dans ce cas, on peut de nouveau parler de choses importantes? »
Pansy hocha simplement la tête et aussitôt, ils reprirent leur conversation assez sérieuse sur les activités dangereuses de leurs parents.
De leur côté, Harry, Ron et Hermione parlaient toujours de l'AD lorsque quelqu'un héla la jeune fille qui se retourna aussitôt à l'entente de son nom.
« Oh, salut Alicia. Dit-elle simplement.
- Je ne vous dérange pas, j'espère? Je passais simplement dire bonjour.
- Eh bien, à vrai dire... Commença Ron.
- Non Alicia, tu ne nous déranges pas du tout. Coupa Hermione en lançant un regard noir à son ami.
- Super! Alors... Comment vous allez?
- Très bien, merci. Répondit Harry avec un sourire.
- Cool... Dîtes, la prochaine réunion de l'AD tient toujours? On se posait la question avec Angelina. »
Les trois jeunes gens remarquèrent alors l'absence de la dénommée mais Hermione l'aperçut assise à une table plus loin, l'air morose. Pourquoi n'était-elle pas venue avec Alicia pour savoir cela?
« Bien entendu, même jour, même heure, et bien sûr même endroit. Dit Harry.
- Génial! On a hâte d'y être! S'exclama Alicia.
- Pourquoi Angelina n'est pas venue avec toi? S'enquit alors Hermione.
- Oh... Eh bien... Hmm... Bafouilla Alicia, gênée. »
Le mal aise apparent et le silence d'Alicia en dirent long. Hermione pensait avoir compris mais elle fit celle qui ne savait rien et sourit simplement.
« On se voit la prochaine fois.
- Bien... Passez une bonne journée.
- Toi aussi. »
Aussitôt, la jeune fille prit congé et revint au pas de course vers Angelina. Hermione réussit à lire le "Alors?" sur ses lèvres mais baissa ensuite le regard en se mordillant l'intérieur de la joue.
« Est ce que c'est une impression ou bien il y a un malaise entre Angelina et toi, Mione? Demanda soudain Harry.
- Honnêtement Harry, je ne sais pas. Répondit franchement la concernée. J'ai aussi l'impression qu'il y a quelque chose qui coince mais je ne sais pas pourquoi.
- Faut pas chercher à comprendre, cette fille est un peu bizarre. Intervint alors Ron. Regardez dans quel état elle s'est mis pour Fred et dans quel état elle est maintenant qu'il est avec sa copine. »
Hermione crut recevoir un coup de poing dans le ventre. Mais bien sûr, c'était évident: c'était à cause de Fred qu'Angelina ne l'aimait pas! Comment avait-elle fait pour ne pas le comprendre avant? Décidément, celui-là causait bien le trouble autour de lui...
« Ça vous a dit qu'on aille faire un tour à Honeydukes? Je prendrais bien une cargaison de bonbons à grignoter avant les vacances. Dit Ron en se relevant.
- Ça marche! Répliqua Harry.
- Attendez moi juste deux minutes, je fais un tour aux toilettes. Dit alors Hermione »
Les garçons acquiescèrent et aussitôt, la jeune fille se leva, prit ses affaires et se dirigea vers les sanitaires tandis que Harry et Ron allaient l'attendre dehors. En chemin, alors qu'elle allait passer la porte, quelqu'un lui attrapa le bras et couvrit sa bouche d'une main pour empêcher le cri qu'elle faillit pousser d'alerter quiconque autour d'elle.
« Du calme, ce n'est que moi. Fit alors une voix grave. »
Hermione tourna la tête pour avoir Theodore Nott dans son champ de vision et aussitôt il la relâcha.
« T'es malade ou quoi?! Souffla-t-elle, le coeur battant à toute vitesse. J'ai eu très peur!
- Je suis désolé, ce n'était pas mon intention. S'excusa-t-il.
- Qu'est ce que tu veux, alors?
- On avait conclu un marché, Granger. »
Elle soupira alors, tâchant de se calmer. Le Serpentard gardait un air grave et sérieux sur son visage mais étonnamment, Hermione se mit à ricaner.
« Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle. Fit-il remarquer.
- J'ai failli mourir d'une crise cardiaque tout ça pour ça? Sérieusement Nott, je ne pensais pas qu'empêcher la petite romance entre Ron et Parkinson était dans ta liste de priorités.
- Ce n'est pas le cas. Je viens seulement te rappeler qu'il serait peut-être temps d'agir. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, plus le temps passe, plus ils se rapprochent.
- Ça, je l'ai bien vu merci.
- Dans ce cas, pourquoi ton crétin de copain et toi, vous ne faîtes rien? Ce n'est quand même pas à nous de faire tout le sale boulot?
- Pourtant, ça ne vous ferait pas de mal de remuer un peu le petit doigt une fois dans votre vie.
- Ne me provoque pas Granger, le fait que tu sois une fille ne m'empêchera nullement de te coller mon poing dans la figure.
- C'est bon à savoir.
- Effectivement. »
Les deux adolescents se regardaient en chiens de faïence. Hermione regrettait amèrement de ne pas avoir pris sa baguette, le tempérament imprévisible et violent du Serpentard l'effrayait, elle devait se l'avouer. Mais elle tâcha de se rassurer en se disant qu'il ne lui ferait rien. Après tout, lui et ses amis avaient visiblement plus besoin d'elle et Harry qu'ils ne voulaient le dire.
« Alors, c'est compris? Vous allez nous aider maintenant?
- Pourquoi pas, mais ce serait bien qu'on sache ce qu'on doit faire pour vous aider.
- C'est simple: dégoûtez Weasley de Pansy, faîtes en sorte qu'ils se détestent à nouveau comme avant.
- Bien. Ça ne devrait pas être très difficile, il suffit simplement de dire la vérité.
- Je ne plaisante pas, Granger. Cette idylle naissante doit être réduit à néant le plus vite possible.
- Pourquoi? Qu'est ce qui vous pousse tant que ça à empêcher Ron et Pansy de s'enticher l'un de l'autre?
- Ça nous regarde.
- J'estime pourtant avoir le droit de savoir, puisque vous nous mêlez à vos magouilles sans nous demander notre avis.
- Ce ne sont pas vos oignons. Est ce que je dois le répéter encore une fois, quitte à ce que soit plus fermement ou c'est pigé? »
Clairement, Theodore était au bord de la crise de nerfs. Hermione ne souhaitait pas subir les ravages que cela allait faire lorsque la goutte d'eau déborderait du vase.
« Non. J'ai compris. Dit-elle simplement.
- Parfait. Ça ne te fera pas de mal, pour une fois dans ta vie. Ironisa Theodore. »
Il prit alors congé et s'en alla d'un pas traînant vers la table où se trouvaient encore Drago, Blaise et Pansy. Il fit semblant de rien en prenant place à côté de cette dernière et prit part à la conversation qu'entretenaient ses amis. De son côté, Hermione était encore sonnée de ce qu'il venait de se passer, à tel point qu'elle renonça à aller aux toilettes et rejoignit simplement Harry et Ron, qui ne remarquèrent pas qu'elle semblait préoccupée.
...
Bien le bonsoir, mes chers!
Tout d'abord, j'espère que vous passez de très bonnes vacances de Noël et que ce bon vieux Papa Noël vous a gâté comme il se doit! Et surtout, que vous mangez bien et passez un bon temps avec votre famille ou vos amis! Personnellement, ça me fait le plus grand bien d'être enfin en vacances après les semaines que je viens de passer. Du boulot, du boulot et encooooore du boulot! Je n'en voyais plus la fin, c'était une horreur! Mais ça paye, puisque j'ai de bonnes notes pour l'instant. Cela dit, il y a les partiels à la rentrée, du coup je suis censée réviser... (notez le "censée", car il est important). Ouaip, je n'ai toujours pas commencé à réviser mais en même temps, c'est Noël, je vois ma famille, mes amies, je ne peux pas tout faire! Malheureusement, il va être temps de m'y consacrer... Hélas.
Fort heureusement, le soir je ne travaille pas (c'est un rituel chez moi, les soirées c'est sacré) du coup j'ai le temps d'écrire et... Voilà voilà! Ce cher chapitre 15 qui a mis du temps à sortir de l'ombre est enfin là! J'espère qu'il vous plaît, il sort légèrement de l'ordinaire puisqu'il est très centré -voire presque exclusivement- sur la relation naissante entre Ron-Ron et Pansy. L'alliance entre les Gryffons et les Serpys va-t-elle mener à quelque chose de concret? Est ce que Ron et Pansy vont encore faire traîner les choses un petit moment? Et Fred et Hermione dans tout ça? Marietta ou même Angelina vont-elles continuer d'être un obstacle?
Sinon, bonne nouvelle (pour moi en tout cas): j'ai eu mon coooooooooode! Enfin, il était temps! Ça fait déjà un poids en moins. Je commence les heures de conduite à la rentrée mais honnêtement, je pense que ça sera plus folichon que d'aller au code tous les jours. M'enfin voilà, je tenais à le partager parce que mine de rien, ça va me laisser plus de temps pour écrire maintenant que je n'ai plus ça. ;)
Voilà, pardonnez moi ce petit étalage de ma vie fort passionnante *ironie, quand tu nous tiens*! N'hésitez pas à me laisser une review pour me dire ce que vous avez pensé et n'oubliez pas que je les lis attentivement et que même si je n'ai pas le temps ou que j'oublie d'y répondre, elles me font toujours autant plaisir, si je continue cette fanfiction c'est non seulement parce que j'y tiens mais surtout parce que vous me motivez à aller jusqu'au bout et je vous en remercie!
Sur ce, joyeux Noël et éclatez vous au Nouvel An! (mais n'abusez pas trop non plus :p)
Morgane.
