Chapitre 19.

19 Octobre 1996.

Hermione n'avait jamais été aussi contente d'être seule. Voir tous ces couples nouvellement formés se bécoter autour d'elle commençait à sérieusement la déprimer et se réfugier dans ses devoirs semblait être la seule solution pour échapper à cela. C'était comme si tout le monde était de mèche et avait manigancé un complot. Susan Bones avait avoué après plus de deux ans d'incertitude qu'elle avait le béguin pour Seamus Finnigan et les voilà désormais main dans la main dans les couloirs et dans la Grande Salle, se faisant les yeux doux en permanence. Après son histoire légèrement tumultueuse avec Michael Corner, Ginny avait finalement cédé aux avances de Dean Thomas et depuis la rentrée, ils se fréquentaient assez régulièrement, au grand déplaisir de Harry, même s'il ne l'avouerait jamais. A la surprise générale, Lavande Brown avait voulu donner une seconde chance à Ron et depuis le début de la semaine, ils sortaient de nouveau ensemble et ils étaient encore plus collés l'un à l'autre qu'avant, si c'était seulement possible.

La Née-Moldue soupira en constatant que presque tous ses amis voyaient quelqu'un et qu'elle devait supporter leur bonheur et leur joie de vivre dégoulinant de guimauve et de niaiserie tous les jours. Elle était contente pour eux, là n'était pas le problème. Mais voir ses proches être avec la personne qu'ils désiraient lui rappelait constamment le terrible désastre qu'était sa propre vie sentimentale.

Elle n'avait dit à personne qu'elle avait couché avec Sebastian. Admettre qu'elle avait perdu sa virginité à un si jeune âge et avec un garçon qu'elle n'avait pas revu depuis ses dix ans était bien trop humiliant à ses yeux. Que penseraient ses amis d'elle s'ils venaient à l'apprendre? Ils avaient une vision si perfectionniste d'elle, ils se diraient qu'elle n'était qu'une autre allumeuse de seize ans aux hormones dominant sa raison. Surtout sachant qu'elle avait échangé un baiser passionné et ardent avec Fred quelques jours avant...

Les joues de Hermione se teintèrent de rose à ces souvenirs. Fred. Sebastian. Sebastian. Fred. Deux garçons qui lui retournaient la cervelle depuis qu'elle était revenue à Poudlard et elle n'aimait pas ça. Elle était à son avant-dernière année de cours et passerait bientôt les ASPICs, elle avait autre chose à faire qu'être préoccupée par des amourettes d'adolescente.

Mais elle avait beau se dire le contraire, c'était bien plus que de simples amourettes. Elle avait couché pour la première fois avec Sebastian. Ce n'était pas quelque chose qu'on oubliait facilement, et ce n'était sûrement pas indigne d'intérêt. Quant à Fred... Eh bien, Hermione était amoureuse de lui depuis... Elle ne savait même pas. Peut-être depuis ses treize ans, ses quatorze ans, ou même ses onze ans, la première fois qu'elle l'avait vu. Comment savoir? Tout était confus.

« Tu pourrais arrêter de soupirer toutes les deux minutes? J'essaye de travailler. Cingla alors une voix cassante. »

Hermione se retourna vivement lorsqu'elle comprit que cette remarque désagréable lui était adressée et aperçut Théodore Nott, assis à la table derrière elle. Il avait l'air épuisé et semblait particulièrement de mauvaise humeur.

« Excuse moi d'exister. Répliqua Hermione, surprise par son répondant.

- Si tu pouvais exister en silence, ça m'arrangerait. Rétorqua Théodore, ne se laissant pas abattre.

- Toujours aussi agréable, à ce que je vois.

- Et toi, toujours aussi agaçante, à ce que je vois.

- Tu travailles sur quoi? Peut-être que je peux t'ai...

- Non merci, je préfère être seul. »

Le ton sec du jeune homme dissuada Hermione d'ajouter quoi que ce soit. Visiblement, même lorsqu'elle essayait d'être altruiste, ça ne faisait que lui retomber dessus. Découragée, elle se désintéressa du Serpentard grincheux et se concentra à nouveau sur ses devoirs. A peine quelques secondes plus tard, elle entendit une chaise racler contre le sol ainsi que des bruits de pas se diriger vers elle et le temps qu'elle relève la tête, Théodore était assis en face d'elle.

« Je... Je suis dé... Hmm... Je suis...

- Désolé? Proposa Hermione.

- Ouais c'est ça. Marmonna simplement le brun, s'affalant sur la chaise.

- Ça te tue de le dire, hein?

- Ça tue surtout ma dignité mais passons. Tu bosses sur quoi?

- De l'arithmancie.

- Ennuyant.

- Et toi?

- Astronomie.

- Ennuyant. »

Théodore afficha un mince sourire qui détendit légèrement Hermione. Cela faisait bien longtemps qu'ils ne s'étaient pas parlés et même si elle ne le qualifierait pas comme un ami, sa présence avait quelque chose d'apaisant, elle ne saurait expliquer pourquoi.

« Alors, à quoi tu penses pour soupirer autant de fois à la suite? J'espère que ce ne sont pas des pensées innapropriées...

- Je t'interdis d'aller au bout de ta pensée. Le coupa Hermione, ne retenant pas un sourire. Je pensais juste à... Hmm. Rien d'important.

- Laisse moi deviner. Grand, roux, se croit drôle, cache un tempérament colérique? »

La Gryffondor se décomposa quand elle comprit que Théodore lui décrivait Fred, ce qui fit rire le brun.

« Comment tu... Commença Hermione, perplexe.

- Oh, je t'en prie. T'as peut-être des meilleures notes que moi dans certaines matières mais ça ne veut pas dire que je suis idiot.

- C'est... rien. Vraiment.

- Vu la tête que tu as fait quand tu as compris de qui je te parlais, c'est loin d'être rien.

- Je... Je n'ai pas vraiment envie d'en parler.

- Dommage pour toi, il paraît que je sais bien écouter les gens et que je donne de bons conseils. Rétorqua Théodore avec un sourire en coin. »

Hermione pesa le pour et le contre de la situation. Cela lui ferait énormément de bien de parler de tout ça à quelqu'un, surtout quelqu'un qui n'était pas réellement proche d'elle et qui ne la jugerait donc pas. Mais d'un autre côté... Théodore était un Serpentard, ami avec Drago Malefoy et toute sa clique. Pouvait-elle réellement lui faire confiance?

« Tu promets que... si je te raconte ce qu'il se passe, tu n'iras le dire à... personne? Demanda Hermione, regardant autour d'elle, soucieuse.

- Si par personne, tu veux dire les autres Serpentard, sans vouloir te vexer, je pense qu'ils n'en ont pas grand chose à faire de tes peines de coeur.

- Je vérifiais juste. »

La jeune fille marqua une pause avant de débuter son récit. Son interlocuteur attendait patiemment qu'elle parle, les bras croisés sur le torse. Hermione se lança et raconta dans les grandes lignes ce qu'il y avait entre Fred et elle. Elle omit volontairement le passage Sebastian mais dut bien évidemment évoquer le passage du baiser. Lorsqu'il entendit cela, Théodore ne put s'empêcher de rire et d'afficher un air moqueur.

« Arrête de rire, ce n'est pas drôle! Protesta Hermione.

- Oh si, crois moi, ça l'est. Toi, la Miss Je-Sais-Tout prude et innocente qui allume un garçon et le plante pile au moment où il va te sauter dessus, c'est hilarant!

- J'en ai honte. Avoua-t-elle, les joues rouges.

- Pourquoi? Tu devrais pas, ce n'est qu'un juste retour des choses après la façon dont il t'a traîté. Quoique, ce que toi tu lui as fait, c'est bien pire, je n'ose même pas imaginer à quel point il devait être frustré!

- Tu crois qu'il était... frustré?

- Sérieusement? Tu attends une réponse à cette question? S'étonna Théodore, un sourcil levé.

- Ben...

- Nom d'une chouette Granger, tu es vraiment prude et innocente. Tu crois réellement qu'embrasser un gars comme tu l'as fait et lui demander d'arrêter juste avant de passer à l'action n'est pas frustrant? Ça le serait pour n'importe qui avec des testostérones.

- Il avait surtout l'air en colère...

- Ouais, en colère parce que vous n'êtes pas allés au bout. Hé oh, il est temps de quitter le monde des licornes et des arc-en-ciel, qu'est ce que tu crois que les hommes ont en tête, en particulier à nos âges?

- Hmm... Tu as sans doute raison. Admit Hermione, affreusement gênée.

- Bien sûr que j'ai raison. Bon et qu'est ce que tu vas faire, maintenant?

- Eh bien, il n'est plus à Poudlard et... Je ne peux pas me permettre de penser à ça en ce moment, je dois rester concentrée sur mes études. Et avec tout ce qu'il s'est passé l'année dernière avec Harry, Ombrage et tout le reste... C'est bien plus important qu'un petit coup de coeur.

- Bien raisonné, Granger. Même si ton histoire a l'air d'être bien plus qu'un petit coup de coeur mais bon, il vaut mieux pour toi que tu passes à autre chose. »

Le Serpentard attrapa ses affaires, se leva et se dirigea vers la sortie. A mi-chemin, il se retourna vers la jeune fille et la héla pour attirer son attention.

« Au fait, tu vas à la sortie à Pré-au-Lard cet après-midi? Lui demanda-t-il.

- Oui, pourquoi? Répondit Hermione, les sourcils froncés.

- Juste pour savoir. Dit-il simplement en lui adressant un clin d'oeil. »

Après cela, il partit pour de bon et sortit de la bibliothèque. Hermione se retrouva seule à nouveau et se remit à se torturer les méninges. Elle venait de confier l'histoire "Fred Weasley" à Théodore Nott alors qu'aucun de ses amis n'était au courant. Qu'est ce qui ne tournait pas rond chez elle dernièrement?

000

« Dépêche Fred, on a pas que ça à faire!

- Dis ça à ton employé qui s'arrête toutes les trois secondes pour dire bonjour à quelqu'un! »

Fred adressa un signe de tête en direction d'un jeune homme qui discutait vivement avec un groupe de garçons qui semblaient être des étudiants de Poudlard.

« Il fallait que Dumby organise une sortie au village le jour où on a le plus de boulot. Soupira Fred.

- Tu sais quoi? Je vais aller récupérer les affaires chez Zonko moi même et tu n'as qu'à faire la baby-sitter, j'en ai ma claque d'attendre! Lança George en s'éloignant en direction de la boutique.

- Je te rejoins dans deux minutes, une fois que j'aurais fait un sermon digne de ce nom à Kyle. »

Le dénommé Kyle, un jeune homme du même âge que les jumeaux, revint vers Fred et arrêta de sourire lorsqu'il vit l'air mécontent du jeune homme.

« Qu'est ce que j'ai fait? Demanda Kyle, l'air soucieux.

- On est pas venus ici pour faire mumuse avec d'anciennes connaissances, on est là pour le travail alors sois un peu sérieux. Fit durement Fred, tâchant de se faire respecter.

- Désolée, Monsieur Weasley. S'excusa Kyle.

- Combien de fois je vais devoir te le répéter? Appelle moi Fred. Dit finalement le concerné en se décontractant et souriant. »

Kyle grimaça et Fred le prit par les épaules pour se diriger chez Zonko. Au même moment, Harry et Hermione sortaient de Honeydukes et s'apprêtaient à aller aux Trois Balais rejoindre leurs amis pour boire une bonne Bièraubeurre.

« Ça devient pesant d'être les seuls célibataires de la bande, j'ai l'impression qu'ils nous excluent de tout. Bougonna Harry.

- Neville aussi est tout seul, à ce que je sache. Ajouta Hermione, restant passive.

- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, vu que tu as tout le temps ton nez dans tes livres de cours, il essaye de se faire remarquer par Luna depuis la rentrée.

- Nom d'un Pitiponk! Harry Potter, on va se retrouver seuls comme de vieilles chaussettes d'ici quelques temps! S'exclama Hermione, les yeux écarquillés.

- Merci de me le rappeler Hermione, ça me fait chaud au coeur. Soupira le brun, l'air ailleurs.

- Tu es sûr que ça va? Avec... tout ce qu'il s'est passé l'année dernière et ce qu'il va sûrement se passer cette année...

- Je vais bien, je t'assure. Tant que je ne suis pas seul à supporter ça, ça ira. »

Les deux amis sourirent et marchèrent bras dessus bras dessous, se bousculant de temps à autre pour plaisanter. Hermione se figea soudain et eut l'impression que tout son corps était en train de fondre et se répandait sur le sol. Une tête rousse en bataille venait de passer en coup de vent près d'eux et elle était presque sûre d'avoir reconnu de qui il s'agissait.

« C'était pas un des jumeaux? Demanda alors Harry, l'air plus content de les voir qu'elle.

- Je crois que... oui. Réussit à répondre Hermione, le souffle court. »

Non. Pas ici. Pas maintenant. Pourquoi? Elle réussissait enfin à aller mieux, à se mettre dans la tête qu'il n'était pas pour elle. Pourquoi allait-il gâcher des semaines et des semaines de travail mental en seulement quelques secondes?

« Je vais le rattraper, je pense qu'il ne nous a pas vu. Dit Harry en partant dans la direction du jumeau.

- Harry, non! Lança Hermione d'un ton presque implorant. »

Mais le susnommé était déjà loin et ne l'entendait plus. La jeune fille sentait le poids faire pression sur sa poitrine revenir. Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas ressenti cela mais là, c'était plus oppressant que jamais. Elle n'arrivait plus à respirer et tous ses sens étaient en alerte. Comment allait-elle faire si elle faisait face à Fred? La dernière fois qu'ils s'étaient vu, ils s'étaient embrassés sous le coup de la vengeance de Hermione. Comment savoir s'il n'était pas furax contre elle et quelle réaction allait-il avoir en la voyant?

Ne voyant pas Harry revenir, Hermione décida de bouger et de ne pas rester plantée là où elle était comme une idiote. Elle continua d'avancer vers Les Trois Balais, ses bras fermement croisés contre sa poitrine, dans un mouvement instinctif d'auto-protection. Elle ne tarda pas à apercevoir une autre tête rousse en bataille accompagnée d'une autre, brune et mieux discipliné, avancer dans sa direction. Son coeur s'emballa comme jamais auparavant et cette sensation de compression dans sa poitrine revint à la charge. Un noeud s'était formé dans sa gorge ainsi que dans son estomac et ses jambes tremblaient tellement qu'elle se demandait comment elle arrivait encore à marcher sans s'effondrer sur le sol. Elle finit par croiser les deux jeunes hommes et cette tête rousse ne passa pas en coup de vent à côté d'elle. Il s'arrêta brusquement face à elle et la dévisagea sans un mot. Hermione reconnut aussitôt quel jumeau elle avait face à elle à la façon qu'il avait de la regarder ainsi qu'à sa posture.

« Euh... Je rejoins Monsieur George, Monsieur Fred? S'enquit le brun à côté du jumeau, l'air embarrassé.

- Bonne idée, prends de l'avance, je te suis. Répondit Fred sans détourner son regard de la jeune fille. »

Kyle regarda les deux jeunes gens d'un air inquisiteur mais se mit aussitôt à trottiner en direction de Zonko. Fred et Hermione se retrouvèrent seuls au milieu de la rue, face à face, sans se dire un mot et sans laisser la moindre expression traverser leur visage.

« Est ce qu'on va continuer à se regarder dans le blanc des yeux pendant encore longtemps? Je suis un peu venu ici pour le travail. Finit par dire Fred, qui avait visiblement craqué.

- Non, bien sûr, je... Désolée, je ne sais juste... pas quoi dire. Répliqua Hermione, abandonnant tout signe d'hostilité.

- Je crois qu'il n'y a pas grand chose à dire, si ce n'est que la dernière fois qu'on a... parlé était légèrement gênante.

- Légèrement, c'est le mot, oui. »

Pourquoi ne lui criait-il pas dessus? Pourquoi ne lui en voulait-il pas? Pourquoi prenait-il la situation à la rigolade? Et surtout, pourquoi jouait-elle le jeu?

« Tu sais, je repense beaucoup à notre baiser, Hermione. Commença alors Fred, captant toute l'attention de la jeune fille.

- Ah... oui? Soupira l'interpellée, étonnée.

- Bien sûr. Tu ne croyais tout de même pas que tu pourrais me sauter dessus de la sorte et que j'oublierais aussitôt le lendemain.

- Étant donné que mes raisons de t'embrasser étaient plutôt... égoïstes, je dirais, je pensais que tu ne prendrais plus la peine d'y repenser.

- Et pourtant, c'est ce que je n'ai pas arrêté de faire. Tu sais Granger, tu m'as vraiment impressionné ce jour là, je ne te pensais pas capable de faire quelque chose d'aussi sournois, c'était brillant. Bon, bien évidemment, j'étais furieux contre toi et j'avais envie de t'étrangler sur le coup mais en y réfléchissant, ce n'était que mérité et... Honnêtement, à part le fait de m'avoir planté quand les choses devenaient intéressantes, je n'ai rien à te reprocher.

- Pourquoi ça? Tu devrais, pourtant. J'ai été tout sauf tendre avec toi.

- J'aurais pu t'en vouloir encore aujourd'hui oui mais j'ai juste à repenser à la façon dont tu m'as embrassé et tout va mieux.

- Je... Quoi? Pourquoi?

- On te n'a jamais dit que tu embrassais super bien, Hermione? Il est temps que tu le saches alors, ne va pas frustrer d'autres hommes de la sorte je te prie, c'était vraiment une torture. »

Hermione n'arrivait pas à déterminer s'il était sérieux ou s'il plaisantait, car il restait tout à fait passif. Elle baissa les yeux au sol et ne réussit plus à rien dire. Elle ne savait pas où tout cela menait mais si Fred n'était pas en colère après elle, dans ce cas, qu'advenait-il de leur relation? Car il était évident qu'elle ne serait plus jamais comme avant.

« Tu le sais peut-être déjà mais... Je ne suis plus avec Marietta. Lança soudain Fred. »

Hermione releva aussitôt les yeux et le laissa poursuivre.

« J'ai beaucoup réfléchi cet été et je me suis rendu compte que c'était stupide de m'être remis avec elle en premier lieu, alors j'ai coupé les ponts. C'est probablement mieux ainsi. Être tout seul m'a permis de... réfléchir. Comprendre certaines choses.

- Fred...

- C'est bon Hermione, ne t'en fais pas. Je connais la nature de tes sentiments à mon égard. Il m'aura fallu le temps mais mieux vaut tard que jamais, comme disent les Moldus. Et... Je suis sincèrement désolé pour tout ce que je t'ai fait subir. Ça n'a pas dû être facile de te voir me comporter de la sorte avec toi alors que...

- Arrête s'il te plaît... Souffla Hermione, les yeux fermés pour empêcher ses larmes de couler. Parler de ce que je ressens comme ça, ça me met mal à l'aise.

- Oui bien sûr, excuse moi. »

Enlevant les mains de ses poches, il s'avança d'un pas timide vers elle et voyant qu'elle ne reculait pas, il fit un autre pas en avant de façon à être assez proche d'elle pour relever son menton et l'obliger à le regarder dans les yeux. Elle rouvrit finalement les yeux et une larme s'échappa malgré elle sur sa joue.

« Je n'ai pas l'habitude de... m'ouvrir comme ça à quelqu'un. Débuta Hermione, ravalant ses larmes. Je n'ai jamais vraiment eu de sentiments de la sorte pour quiconque. Ma famille et mes amis, ce n'est pas pareil. Et même à eux, je ne leur dis pas forcément ce que je ressens. Ce n'est pas facile pour moi à dire, vraiment pas facile à dire... Mais je pense qu'il vaut mieux que tu le saches. Que les choses soient claires une bonne fois pour toutes. »

Hermione se tut et attendit un peu avant d'ajouter quoi que ce soit. Fred l'écoutait religieusement et respecta sa pause, toujours sérieux. Il ne semblait pas rire de la situation et cela incita Hermione à poursuivre. Elle n'aurait jamais cru que la conversation en arriverait à ce point là mais de toute façon, qu'avait-elle à perdre?

« Je pense que tu as compris que j'ai des sentiments pour toi, Fred. Finit-elle par dire, sentant un lourd poids se retirer de ses épaules. Mais il valait mieux que je le dise à vive voix. Je me doute bien qu'ils ne sont pas partagés, alors je t'évite la peine de le dire et...

- Qui te dit qu'ils ne sont pas partagés? Finit par dire Fred. »

Hermione ignora les battements précipités de son coeur et la sensation de chaleur naissante dans son estomac et secoua aussitôt la tête de gauche à droite, sans laisser paraître aucune émotion.

« Ne fais pas ça, ce n'est pas la peine...

- Je suis sérieux, Hermione. L'interrompit-il, posant ses mains sur les bras de la jeune fille. Au début, je croyais que je ressentais quelque chose pour Marietta mais quand tu m'as embrassé... Bon sang Hermione, j'avais jamais ressenti un truc pareil en embrassant quelqu'un. Je ne saurais même pas comment te le décrire. Tu m'as littéralement rendu fou. J'arrête pas d'y repenser. Il m'arrive même de rêver que c'est allé plus loin...

- Oh nom d'une chouette Fred, arrête toi tout de suite, ça devient gênant. Lâcha Hermione dans un rire, ne pouvant pas s'en empêcher.

- Désolé, parfois les mots sortent de ma bouche sans que je réfléchisse avant de les dire. Grimaça Fred en riant à son tour.

- Tu ne dis pas tout ça parce que tu te sens désolé pour moi, au moins? Tu dois te dire que je me suis servie de toute cette histoire de vengeance juste pour t'embrasser au moins une fois dans ma vie.

- Franchement, c'est pas moi qui vais m'en plaindre.

- Sérieusement, Fred... Où ça nous mène, tout ça? Même si tu as aimé notre baiser, ça ne veut pas dire que tu ressens le tiers de ce que je ressens pour toi.

- Je ne sais pas, Hermione. Honnêtement, je ne sais pas.

- Si tu ne sais pas, dans ce cas, la réponse est toute faite. »

Hermione se recula et le regarda d'un air triste. Il l'observa les sourcils froncés, incompréhensif.

« Je ne peux plus vivre dans cette incertitude, Fred. C'est insupportable. J'ai besoin de penser à autre chose en ce moment, on sera peut-être bientôt en guerre et la dernière chose dont j'ai besoin maintenant, c'est d'une incertitude qui ne mène nul part.

- Mais...

- C'est trop dur. Je ne peux pas. Je ne peux pas me permettre de penser à ça alors que tu ne sais même pas ce que tu veux. »

Fred assimila ce qu'elle venait de dire et hocha la tête, avec une moue.

« Je comprends. Moi non plus, je ne peux pas me permettre de penser à ça maintenant. »

Ces mots faisaient mal à Hermione mais sa raison lui soufflait que c'était la meilleure chose à faire. Fred lui adressa un sourire et ouvrit ses bras pour qu'elle vienne se blottir contre lui. Malgré tout ce qu'elle venait de dire, elle ne se fit pas prier et s'y précipita un peu trop vite à son goût. Les bras du jeune homme se refermèrent autour d'elle et elle retrouva ce sentiment de sûreté et de bien-être qu'elle avait quand elle était avec lui.

« Dis donc, je savais pas que vous vous manquiez à ce point là! Héla soudain quelqu'un à leur intention. »

Instinctivement, Hermione s'éloigna de Fred, ce qui sembla peiner légèrement ce dernier.

« C'est bien beau de sermonner Kyle quand tu n'es même pas fichu de venir faire le boulot toi même, frangin. Fit savoir George à l'intention de Fred, qui haussa les épaules.

- Désolé frérot, j'ai été retenu en chemin. Dit-il en indiquant Hermione du regard.

- Regarde qui j'ai attrapé au passage! S'exclama George en montrant Harry. »

Des embrassades furent échangées et une fois fait, un silence gênant s'installa.

« Bon, on devrait sûrement aller rejoindre les autres. Dit soudain Harry à Hermione.

- Et nous, on doit retourner à la boutique. Ajouta George, qui sentait que quelque chose n'allait pas.

- Bonne idée. Dirent Fred et Hermione d'une même voix.

- Tu diras à Ron et Ginny qu'on leur passe le bonjour et qu'on espère les voir à Noël. Dit George à Hermione.

- Pas de problèmes, on fera passer le message. Fit savoir la jeune fille avec un sourire forcé. »

George et Kyle commencèrent à s'éloigner et Fred ne tarda pas à les rejoindre, en traînant des pieds. Il se retourna vers Harry et Hermione et regarda plus longuement cette dernière, qui n'osait pas croiser son regard. Il finit par se retourner et rattrapa ses deux collègues. Une fois qu'il fut hors de son champ de vue, Hermione se sentit enfin respirer normalement.

« Tu peux me dire ce que Fred et toi étiez en train de vous raconter avant qu'on arrive? Ça avait l'air... important. Demanda alors Harry, inquisiteur.

- Oh absolument pas, on était juste contents de se revoir. Mentit Hermione, aussi convaincante qu'elle le pouvait. »

Harry ne parut pas convaincu mais n'insista pas et ils reprirent aussitôt leur chemin vers le bar, où leurs amis les attendaient toujours. Hermione ne s'était jamais sentie aussi mal de sa vie. Elle avait avoué ses sentiments à Fred et tout ce qui était arrivé, c'est qu'ils s'étaient mis d'accord pour que rien ne se passe entre eux. Comment en était-elle arrivée là? Il y a encore des mois, tout ce dont elle rêvait était d'avoir de l'attention plus qu'amicale du jeune homme et maintenant, c'était elle-même qui suggérait qu'ils prennent leurs distances. Cela prouvait que beaucoup pouvait changer en seulement quelques temps.

21 Décembre 1996.

Noël approchait à grand pas et la tempête de neige à l'extérieur était là pour le prouver. Fred frissonna alors qu'il détournait le regard de la fenêtre et posa un regard distrait sur George, qui tentait tant bien que mal de remettre de l'ordre dans leur chambre qui était pour le moins un bric-à-brac.

« Tu t'embêtes pour rien. Fit remarquer Fred, plus pour embêter son jumeau qu'autre chose.

- Il faut bien que l'un de nous deux décide de s'en occuper, et vu que ce n'est pas le gros fainéant que tu es qui le fera, je m'en charge avant qu'on nage dans une piscine de chaussettes et caleçons sales.

- L'idée est plutôt attirante, à vrai dire.

- Beurk tu me dégoûtes, Gred.

- A ton service, Forge. »

Un silence s'installa mais Fred sentait que son frère mourrait d'envie de lui demander quelque chose.

« Vas-y.

- Quoi?

- Pose ta question.

- Quelle question?

- Laisse le semblant de stupidité qui circule dans cette famille à Percy et pose ta question. »

George arrêta de s'agiter et croisa les bras sur la poitrine, posant un regard fatigué sur son frère. Fred haussa les épaules et l'incita d'un signe de main à cracher le morceau.

« Tu ignores Hermione depuis qu'elle est arrivée. Dit finalement George.

- Ça, ce n'est pas une question. Taquina Fred, souriant malicieusement à son frère.

- Fred. Tu ne vas pas pouvoir l'ignorer éternellement. C'est la meilleure amie de Ron et il semblerait qu'elle commence à devenir celle de Ginny alors tu vas devoir prendre sur toi et faire en sorte que ce malaise entre vous disparaisse.

- Ce n'est toujours pas une question.

- Tu te rends compte que dans une quinzaine d'années, elle sera sûrement la marraine de l'enfant de Ron, ou de celui de Ginny, ou bien des deux, ou alors elle sera demoiselle d'honneur au mariage de Ginny, ce qui insinue donc qu'elle fera toujours partie intégrante de notre famille et que tu auras probablement à la voir jusqu'à la fin de ta vie.

- Le début de ta phrase sonnait comme une question mais visiblement, tu as du mal avec ce genre de formulation de phrases.

- Fred... Soupira George, avec un air réprobateur.

- Bon. D'accord. Tu as sans doute raison. Ne jubile pas trop, c'est une des rares occasions où tu m'entendras te dire une chose pareille.

- Oh je jubile avec modération, ne t'en fais pas pour moi.

- Mais... Je t'ai raconté tout ce qu'on s'est dit la dernière fois, non? Maintenant que je sais ce qu'elle ressent vis-à-vis de moi, je ne peux décemment pas continuer à être comme j'étais avant avec elle.

- Tu n'as pas non plus à faire comme si elle n'existait pas, ça doit la blesser plus qu'autre chose.

- Elle s'en remettra. Et une fois qu'elle sera passée à autre chose et qu'elle se rendra compte que Ron est sans aucun doute l'homme qu'il lui faut dans sa vie, alors elle sera ma belle-soeur et on pourra redevenir de bons vieux amis. Quitte à attendre quelques années pour ça, tant pis.

- Ron? Tu plaisantes ou quoi? Ils sont l'opposé l'un de l'autre, je ne les vois pas mariés et je n'y ai jamais pensé ne serait ce qu'une fois. Personne n'y a déjà pensé, d'ailleurs.

- On dit que les contraires s'attirent.

- On dit aussi que "qui se ressemble s'assemble", il faudrait qu'ils se décident un jour, ce sont deux choses très différentes.

- Où tu veux en venir, George?

- Je veux que tu arrêtes de te cacher dans les jupons de maman et que tu affrontes Hermione comme un grand. Ce n'est pas parce que tu es au courant de son petit béguin pour toi que tu dois arrêter d'être ami avec elle. C'est une grande fille, elle saura gérer.

- Le problème est là, George. Je ne suis pas si sûr que ce soit juste un petit béguin.

- Pourquoi ça a l'air de te tracasser autant? Ce n'est pas la première fois qu'une fille craque pour toi sans que ce soit réciproque.

- Hermione n'est pas n'importe quelle fille. »

Fred avait lâché cela sans y penser mais lorsqu'il remarqua l'expression hagarde sur le visage de George, il secoua immédiatement la tête.

« Pas la peine de dire ce que tu as en tête, tu le penses assez fort comme ça. Fit savoir Fred.

- Par le caleçon de Merlin Freddie, est ce que ce petit béguin serait en fait réciproque? S'exclama George, abasourdi.

- Arrête de dire n'importe quoi et retourne trier ton linge sale.

- Non non non, tu ne vas pas éviter la conversation aussi facilement.

- Il n'y a aucune conversation à avoir, Georgie. Tu as raison, je vais arrêter d'éviter Hermione et on recommencera à être amis comme au bon vieux temps, point à la ligne.

- Tu viens tout juste de me dire que tu ne considères pas Hermione comme n'importe quelle fille et je n'avais jamais entendu ça sortir de ta bouche, tu crois que je vais te laisser t'en tirer comme ça?!

- Et qu'est ce que tu veux que je te dise, George? Que je suis perdu, que je ne sais plus quoi penser, qu'elle a immiscé le doute dans mon esprit?

- Je m'attendais à autre chose mais c'est déjà un bon début.

- Je n'ai rien d'autre à dire, frangin. Retourne faire Marraine la Bonne Fée et laisse moi tranquille.

- Fred Weasley, le bourreau des coeurs, pris à son propre piège, quel retournement de situation... Pépia George en s'éloignant de son frère. »

Fred aurait pu en plaisanter mais il était réellement confus. La seule raison pour laquelle il évitait Hermione n'était absolument pas à cause du béguin qu'elle avait pour lui, mais tout simplement parce qu'il ressentait quelque chose d'étrange quand elle était près de lui et il ne savait pas ce que c'était, alors cea l'effrayait et il prenait la voie la plus facile: la fuite.

000

Il était presque trois heures du matin lorsqu'un gargouillement d'estomac réveilla Hermione. La faim la tiraillait et bien qu'elle tenta de l'ignorer pendant une bonne demi-heure, le tonnerre qui grondait dans son ventre finit par avoir raison d'elle. Elle se leva et sortit discrètement de la chambre de Ginny pour se rendre dans la cuisine et se préparer un thé et un petit en-cas qui, elle l'espérait, suffirait à combler son estomac gourmand et lui permettrait de retourner se coucher sans encombrement.

Il neigeait toujours dehors, à ce rythme là, la veille de Noël, ils seraient ensevelis sous deux mètres de neige. La jeune fille resserra le noeud de son peignoir, grelottant légèrement et alluma la lumière dans la cuisine. Elle sursauta lorsqu'elle vit que quelqu'un était assis à la table au centre de la pièce, un verre d'alcool coincé dans une main crispée.

« Nom d'une chouette, j'ai eu la peur de ma vie! S'exclama-t-elle, la main contre son coeur qui battait à tout rompre.

- Désolé, si j'avais su, j'aurais toussé, raclé ma gorge ou quelque chose comme ça. Marmonna son interlocuteur. »

Hermione plissa les yeux et crut reconnaître une grande stature, des cheveux roux en bataille et un sourire plaisantin. C'était sûrement un des jumeaux mais elle ne saurait dire lequel, la lumière de la cuisine n'éclairait pas grand chose à travers la pénombre. Mais c'était probablement George, avec tous les efforts que Fred s'était donné pour la croiser le moins de fois possible dans la maison, il n'aurait pas baissé sa garde de la sorte.

« Tu es nocturne, toi aussi? Lui demanda celui qu'elle présumait être George.

- Non pas vraiment, c'est juste que j'ai très faim et ça m'empêche de dormir alors... Voilà. Ta mère ne m'en voudra pas si je prends quelque chose à manger?

- Quelle question, bien sûr que non, elle te considère comme une deuxième fille. »

Hermione aurait pu être ravie de savoir cela si elle n'avait pas remarqué à quel point la voix de George était traînante et ne suivait pas un rythme régulier. A première vue, il n'était pas très sobre. Elle risqua un regard discret vers le verre d'alcool qu'il tenait fermement dans sa main. Il était presque entièrement rempli. Cela aurait pu être rassurant, s'il n'y avait pas eu la bouteille à moitié vide à l'autre bout de la table.

« George, est ce que ça va? Tu n'as pas l'air... en forme. Demanda-t-elle, néanmoins méfiante. »

Il se mit alors à rire, un rire si vif et tonitruant que la jeune fille jeta plusieurs coups d'oeil derrière son épaule pour s'assurer que personne n'avait entendu et ne venait. Elle finit par lui intimer de se taire, de peur que le bruit réveille quelqu'un dans la maison.

« Qu'est ce qu'il y a de si drôle? Chuchota-t-elle, gênée.

- Tu m'as... appelé... George... Réussit à souffler le rouquin.

- Oui, et... C'est ton prénom, aux dernières nouvelles.

- Oh Hermione, ma petite Hermione, je veux bien croire que le lustre dans cette pièce n'éclaire pas très bien mais que tu n'aies pas réussi à me reconnaître alors que tu en pinces pour moi, c'est plutôt vexant je dois dire. »

Hermione se raidit subitement. Ce n'était pas George. C'était Fred face à elle depuis tout ce temps. La panique s'empara alors d'elle lorsqu'elle réalisa qu'il n'était pas dans son état normal et qu'il était d'autant plus imprévisible.

« Relax, je rigole. Lui lança-t-il, la coupant de ses pensées. Et arrête de reluquer mon verre comme ça, je n'ai presque rien bu.

- Mais la bouteille...

- ... était déjà bien entamée depuis un moment quand j'ai commencé à en boire. J'ai bu l'équivalent de deux verres et tout ce que ça a fait, c'est me rendre un peu joyeux. Rien de nocif.

- Tu es sûr? Parce que tu as l'air plutôt... mal en point.

- Oh ça n'a rien à voir avec le Whisky-Pur-Feu, je peux te le garantir.

- C'est... le travail? Tu t'es disputé avec quelqu'un? Tu sais, il vaut mieux se confier à quelqu'un plutôt que de se noyer dans l'alcool.

- Je ne sais pas si me confier à la fille qui simule une vendetta pour embrasser le garçon de ses rêves est vraiment une bonne idée. »

Fred se releva après cela et alla ranger la bouteille de Whisky-Pur-Feu dans un placard, tout en mettant le verre dans l'évier. Hermione le suivit du regard, fulminante. Le fait qu'il parle de cela avec tant de nonchalance alors qu'il lui avait fallu des années pour en parler avec lui la blessa plus qu'elle n'aurait voulu le permettre.

« Je vois. Tu m'ignores depuis presque une semaine et maintenant que je m'en vais demain, tu te moques enfin de moi? Eh bien vas-y, fais toi plaisir, mais s'il te faut boire pour ça avant, c'est plus de la lâcheté que le courage que tu penses que c'est.

- Premièrement, je n'avais absolument pas prévu que tu descendrais ici en plein milieu de la nuit pour casser la croûte, deuxièmement, je n'ai pas besoin de boire pour te dire ce que j'ai envie de te dire.

- Ah oui? Dans ce cas, pourquoi tu ne m'as pas parlé de la semaine? Toi, le grand Fred Weasley qui n'a peur de rien?

- Merci de souligner cet aspect de ma merveilleuse personnalité mais la seule raison pour laquelle je ne t'ai pas parlé, c'était pour ne pas te mettre dans l'embarras. Puis, je ne voudrais pas risquer que tu me sautes dessus à nouveau.

- Oh, comme si tu t'en plaignais quand tu m'as attiré dans ta chambre et passé les mains sous mon t-shirt la dernière fois! Explosa Hermione, ne se préoccupant désormais plus du bruit qu'ils feraient.

- Par Merlin Hermione, tu pensais que j'allais faire quoi? Te rejeter et te dire que je ne pouvais pas faire ça? Tu m'embrasses de ton plein gré comme si tu essayais d'aspirer mon âme, c'était évident que j'allais en vouloir plus.

- Tu aurais très bien pu me repousser, parce que je te rappelle que tu étais avec Marietta à ce moment là, tu te souviens?

- Qu'est ce que ça peut faire? On a jamais été dans une vraie relation sérieuse, elle et moi. C'était principalement pour le sexe.

- Bien sûr, parce que c'est tout ce qui t'intéresse n'est ce pas? Tout ce que tu veux, c'est passer du bon temps, tu n'en as rien à faire de ce que les autres pensent ou ressentent. D'ailleurs, est ce que toi, tu ressens la moindre chose? Est ce que tu as au moins un coeur?

- Hé, je ne te permets pas de me dire des choses pareilles. Cracha Fred en pointant un doigt accusateur sur elle. Surtout des choses que tu ne penses pas.

- Qui te dit que je ne les pense pas? J'avais pris l'habitude de beaucoup t'idéaliser et fermer les yeux sur tes défauts mais maintenant, c'est fini, je me suis rendue compte que c'était parfaitement inutile et il se peut que j'ai changé d'avis sur toi.

- Tu mens, Hermione Granger. Et très mal, si je puis me permettre.

- Arrête de faire comme si tu me connaissais.

- Je te connais depuis tes onze ans. Tu es la petite fille bornée et bavarde qui est bien plus intelligente que les autres de son âge et qui estime qu'elle n'est pas reconnue à sa juste valeur. Tu n'as aucun secret pour moi.

- Pourtant, il t'aura fallu du temps pour te rendre compte de ce que je ressentais pour toi.

- Parce que ça fait toi même peu de temps que tu t'es es aperçue. Ne me prends pas pour un idiot. Je te dis que je te connais par coeur.

- Si tu me connaissais vraiment par coeur, tu ne perdrais même pas ton temps avec moi, puisque tu aurais deviné que j'ai couché avec un aut... »

La Gryffondor se coupa dans son élan mais elle n'aurait pas eu besoin de terminer sa phrase, dans tous les cas. Fred se tut aussitôt et son expression changea du tout au tout. Toute colère et amertume disparut de son visage et fut remplacée par une profonde perplexité... et un certain dégoût.

« Tu as fait quoi? Lâcha-t-il, accentuant chaque syllabe.

- Oublie ce que je viens de te dire, ça n'a pas d'importance. Répliqua Hermione, qui perdit toute assurance.

- Bien sûr, je vais oublier que tu viens d'avouer que tu avais couché avec quelqu'un. Qui c'est? Quelqu'un de l'école?

- Non, pas du t...

- Ne me dis pas que c'est ce crétin d'américain, sinon j'aurais encore plus de mal à le digérer. »

Hermione ne prit pas la peine de gaspiller sa salive et se mit à admirer ses chaussures. Elle n'avait pas besoin de regarder Fred pour savoir quelle était son expression.

« Incroyable. Waouh. Souffla Fred. J'avais cru comprendre que tu étais capable de bassesses quand tu étais en colère mais ça... Je n'aurais jamais pensé que tu t'abaisserais à ça.

- Tu ne sais rien des circonstances...

- Laisse moi deviner. Ça s'est passé quelques jours après qu'on se soit embrassés? »

Hermione ne répondit que par un silence et ne releva pas la tête. Elle était mortifiée. Elle n'avait dit à personne, absolument personne ce qu'il s'était passé avec Sebastian. Elle l'avait gardé secret pendant des mois et la première personne à être au courant n'était autre que Fred Weasley. Quelle belle ironie du sort.

« C'est bien ce que je pensais. Cracha Fred, d'une voix calme mais qui donna des frissons à la jeune fille. Si j'avais su que tu perdrais ta virginité avec le premier abruti venu, je ne t'aurais jamais laissé m'embrasser, vu que ça t'a visiblement perturbé.

- Tu ne le connais pas, il a été très gentil avec moi, c'est un ami d'enfance et...

- Et tu as eu des nouvelles de lui depuis que ça s'est passé? Vous vous êtes revus? Il t'a au moins envoyé une lettre?

- ... Non. Avoua Hermione.

- Félicitations Hermione Granger, tu fais désormais partie de ces nombreuses filles qui se font avoir comme des amateurs. Bien, j'espère juste que ça ne se reproduira pas, ce serait dommage que le peu de dignité qu'il te reste soit réduit en miettes. »

Fred lui adressa un sourire qui sonnait terriblement faux et la bouscula au passage pour se diriger vers les escaliers. Hermione se retourna et le regarda s'éloigner. Elle l'interpella avant qu'il ne pose un pied sur la première marche, mais il ne prit pas la peine de tourner la tête vers elle.

« Je... Ne le répète à personne, s'il te plaît. Implora-t-elle malgré elle. Personne n'est au courant.

- Oh, c'est qu'en plus, tu as honte de ce que tu as fait? Bon techniquement, c'est une bonne chose que tu te rendes compte de cette bêtise mais...

- Arrête avec la leçon de morale, j'ai compris. Promets moi simplement que tu ne le diras pas.

- Ne t'en fais pas, ton petit secret est bien gardé avec moi. Dit Fred avant de s'apprêter à monter les marches.

- Fred! Lança de nouveau Hermione.

- Quoi? Grommela l'interpellé.

- Je... je suis désolée. Pour tout. Vraiment. Je n'ai jamais voulu que les choses arrivent jusque là. »

Fred daigna poser les yeux sur elle et malgré la pénombre, il put voir à l'expression de son visage qu'elle était sincère. Il aurait juré voir une larme couler sur sa joue mais il se dit que c'était le fruit de son imagination.

« Ouais... Moi non plus. Répondit-il simplement. Bonne nuit, Hermione. »

Il gravit enfin les escaliers et se fit fureur pour ne pas faire demi-tour. lls venaient de se disputer bon sang, et même si elle s'était excusée à la fin, il ne comptait pas lui rendre la tâche aussi aisée. Il avait l'impression de ne plus la reconnaître alors qu'il pensait tout savoir sur elle. Elle avait tellement changé ces deux dernières années. Et il ne posait plus le même regard sur elle, désormais. Fred réalisa alors qu'il s'en voulait de lui faire de la peine de la sorte et il désirait réellement retourner au rez-de-chaussée, la prendre dans ses bras et s'excuser pour toutes les atrocités qu'il avait pu lui dire. Mais ce n'était pas comme ça qu'il fonctionnait. C'était de la faiblesse et Fred était tout sauf faible.

Arrivé devant sa chambre, il cogna sa tête contre la porte et ferma les yeux, n'arrivant plus à trier les informations qui se bousculaient dans son cerveau. En fin de compte, peut-être que George avait raison. Peut-être qu'il avait des sentiments vis-à-vis de Hermione qui étaient bien différents de ce qu'il croyait. Peut-être que... Les sentiments de la jeune fille à son égard étaient bel et bien réciproques. Mais comment le savoir s'il n'avait jamais ressenti cela avant? C'est la question à laquelle il aurait à réfléchir. Après avoir eu une bonne nuit de sommeil.

...

Bonjour/Bonsoir à tout le monde! Tout d'abord, je m'excuse d'avance s'il y a des fautes ou des tournures de phrase un peu étranges, j'ai écrit ce chapitre tard la nuit et même si je me suis relu, il est possible que je n'ai pas remarqué quelques trucs qui ne sonnent pas français.

J'ai mis du temps à l'écrire je sais je sais, mais j'ai terminé mes partiels il y a seulement deux semaines et j'ai eu pas mal de choses à faire entre temps, donc c'est vrai que j'ai un peu mis l'écriture de côté. Mais maintenant, je vais essayer d'écrire un petit peu tous les soirs pour avoir un rythme de mise en ligne régulier. (comme au début de cette fiction, sûrement une fois par semaine ou une fois toutes les deux semaines) Bien évidemment, je pense que vous me connaissez maintenant, alors vous savez que je ne peux malheureusement rien vous promettre haha mais je vais faire de mon maximum car il ne reste pas beaucoup de chapitres avant la fin de cette fiction et je tiens à la terminer bien comme il se doit pour pouvoir me pencher sur l'écriture d'autres projets! (dont une Dramione qui, je l'espère, verra vite le jour)

En ce qui concerne la fiction en elle-même, je vous informe qu'il ne reste plus que deux chapitres de flash-back et après, je me concentrerai uniquement sur les événements du présent. Après tout, le but du flash-back est de voir l'évolution de la relation entre Fred et Hermione et nous savons tous comment cela se termine donc je conclurai tout cela bien rapidement et on pourra donc se concentrer sur ce fameux dîner d'anniversaire. Le prochain chapitre sera principalement centré sur Ron/Pansy, ensuite il y aura encore un chapitre à moitié centré sur un flash-back, qui sera sûrement le dernier.

Que pensez-vous de ce chapitre? J'avoue que le passage entre Fred et Hermione à Pré-au-Lard est extrêmement niais mais je ne voyais pas comment le tourner autrement, pourtant j'ai horreur de trop faire dans la guimauve haha. La discussion entre Théodore et Hermione à la bibliothèque? Celle entre Fred et Hermione à Pré-au-Lard? Celle entre Fred et George? Et la dispute entre nos deux chouchou? Dîtes moi tout!

A très bientôt je l'espère, et pour ceux qui ont des examens à passer prochainement, bonne chance!

Morgane.