Chapitre 20.

7 Janvier 1997.

La neige tombait fort à Poudlard et les élèves se dépêchaient pour se rendre en cours. Seul les rouge et vert de sixième année traînaient des pieds. Les cours de potion entre Gryffondor et Serpentard étaient toujours intéressants, excepté pour les concernés. Une fois devant la salle de classe du Professeur Slughorn, qui se chargeait des cours de potion depuis que le Professeur Rogue avait obtenu le poste de Professeur de Défense Contre les Forces du Mal qu'il convoitait tant depuis bon nombre d'années, ils attendirent dans le couloir, absolument pas pressés d'aller en cours.

Neville discutait avec Dean et Seamus lorsqu'il se fit violemment bousculer. Les livres qu'il tenait dans ses bras tombèrent au sol et il s'empressa de les ramasser avant que quiconque ait pu remarquer qu'il s'était à nouveau fait humilier par des Serpentard.

« Toujours aussi empoté, Londubat! Hua Vincent Crabbe. »

Gregory Goyle et lui échangèrent un rire gras et une tape de main. Neville avait les joues légèrement rosies mais contrairement à ses premières années dans le château, il faisait face à la situation avec beaucoup plus de dignité et tâcha de ne laisser paraître aucun émotion tandis qu'il se relevait, si ce n'est une profonde indifférence.

Crabbe et Goyle s'éloignèrent un peu plus loin dans le couloir vers d'autres Serpentard et Pansy Parkinson les regarda passer, un sourcil arqué. Elle leva les yeux au ciel et les posa sur Drago, qui semblait aussi ennuyé qu'elle face au comportement de leurs camarades.

« Ils sont lamentables. Lâcha Pansy. Ce n'est plus à l'ordre du jour de torturer des Gryffons, on a d'autres chats à fouetter.

- Pour une fois, je suis d'accord avec toi. Soupira Drago, qui semblait ailleurs. »

La Serpentard n'insista pas. Elle savait que le Seigneur des Ténèbres avait confié une mission de la plus haute importance à son ami, une mission dont il avait strictement l'interdiction de parler. Elle aurait souhaité lui apporter une aide, quel qu'elle soit, mais elle n'y était pas autorisée. Et elle devait s'avouer que cela la frustrait énormément.

Le couloir était divisé en deux: une partie Gryffondor, une partie Serpentard. Le regard de la jeune femme dévia vers les rouge et or, qui se tenaient à sa droite. La première personne qu'elle eut dans son champ de vision fut Ron Weasley, qui discutait avec Harry Potter et Hermione Granger quelques mètres plus loin, face à elle. Il avait l'air extrêmement sérieux. Pansy ne parvint pas à détacher son regard de lui. Elle admirait en silence le mouvement de ses lèvres fines, ses yeux bleus qui dégageaient une certaine intensité à cet instant, ses cheveux roux indisciplinés, sa stature imposante. Il avait l'air d'un grand dadais au premier abord mais la jeune femme dut s'avouer qu'il avait un certain charme. A cette pensée, elle se mordit discrètement la lèvre inférieure et se força à détourner les yeux de ce fruit défendu.

« Parkinson? Entendit-elle.

- Ouais? Répondit-elle nonchalamment.

- Drago se met avec Blaise en atelier potions, tu te mettras avec moi?

- Bien sûr Théo, pas de problèmes. »

Théodore hocha la tête à la réponse de sa camarade et son regard croisa celui de Hermione. Il lui adressa un mince sourire qu'elle lui rendit, ce que Pansy ne manqua pas de remarquer.

« Je savais pas que Granger était ta nouvelle meilleure amie pour la vie. Le taquina-t-elle.

- Tu parles. C'est juste agréable de pouvoir discuter avec quelqu'un qui est aussi intelligent que moi et comprend ce que je lui dis.

- Merci Théo, ça me fait plaisir.

- Mais de rien, Pansy. »

Le silence se fit à nouveau et le Serpentard vit Drago et Blaise parler à voix basse, furtivement, comme ils avaient l'habitude de le faire depuis le début de l'année scolaire. Il se doutait qu'ils devaient parler de choses importantes alors il ne s'en mêla pas et arbora un air neutre. Cependant, il vit que Ron Weasley jetait souvent des regards hagards dans sa direction. Au début, il crut que c'était pour lui mais lorsqu'il tourna la tête pour parler à Pansy, il fit rapidement le rapprochement. Il eut une violente envie de soupirer mais il se retint, ne voulant pas attiser les soupçons de son amie.

Le Professeur Slughorn fit enfin son entrée et les élèves le suivirent dans la salle. Ils se mirent tous par deux à chaque table, qui disposait chacune d'un chaudron ainsi que plusieurs ingrédients que nécessitait la préparation de potion du jour. Slughorn leur expliqua quelle était leur tâche pour le cours d'aujourd'hui et écrit tout ce dont ils avaient besoin sur le tableau noir. Théodore et Pansy s'étaient placés à la table à côté de celle de Hermione et Neville, en partie car ce premier souhaitait parler avec la Gryffondor. Une fois que tout le monde commença à travailler et que la salle fut emplie de brouhahas de conversations, Théodore saisit l'occasion et tapota sur l'épaule de Hermione.

« Quoi? Demanda-t-elle en se tournant vers lui.

- Je crois qu'on a un problème. Lui dit-il simplement.

- Comment ça? S'enquit Hermione, visiblement intriguée.

- Je vais te la faire courte: le même problème que l'année dernière. »

Le jeune homme illustra ses propos en faisant un léger mouvement de tête en direction de Pansy, puis de Ron. Hermione suivit son regard et mit du temps à assimiler. Puis, elle soupira simplement, les yeux fermés.

« Comme si on avait pas assez de problèmes en ce moment... Souffla-t-elle.

- Tu m'ôtes les mots de la bouche, Granger. Rétorqua Théodore, las.

- Et donc, qu'est ce qui te fait dire ça?

- Oh, disons, les regards langoureux qu'ils s'échangeaient tout à l'heu...

- Qu'est ce que tu fais, Nott? On va avoir un Troll si on ne se met pas vite au boulot! Le héla Pansy, s'attachant les cheveux.

- Excuse moi Parkinson, je papotais avec ma nouvelle meilleure amie pour la vie. Plaisanta-t-il en adressant un clin d'oeil à Hermione. »

Il se détourna et reporta son attention sur Pansy et la potion qu'ils devaient préparer. Hermione lâcha un bref rire à ce que Théodore avait dit et se concentra également sur sa potion.

« Ton amitié avec Nott est vraiment bizarre. Fit remarquer Neville d'un ton réprobateur.

- Ce n'est pas mon ami Neville, ce n'est pas parce qu'on a arrêté de se cracher dessus dès qu'on se voyait que maintenant, on s'adore. Disons que je tolère sa présence et qu'il nous arrive d'avoir des conversations intéressantes.

- Hmm. Si tu le dis...

- Il n'est pas comme ces imbéciles de Crabbe et Goyle, tu sais.

- Ça c'est sûr, ils sont uniques en leur genre. »

Hermione et Neville se mirent à rire à cette remarque mais s'arrêtèrent aussitôt après avoir aperçu Slughorn venir dans leur direction. Ils se contentèrent à présent de préparer leur potion, après tout ils étaient notés, autant mettre la chance de leur côté.

Hermione laissa son esprit divaguer tandis qu'elle préparait machinalement la potion assignée. Ron et Pansy. C'était sans aucun doute la chose la plus improbable qu'elle ait entendu de toute sa vie. Pourtant, cela ne semblait pas les empêcher d'être attirés l'un par l'autre. Ils en étaient probablement étonnés et choqués eux-même, il n'empêche que c'était désormais irrémédiable et qu'il n'y avait rien à faire. La jeune femme se remit à penser à Fred et à Sebastian. Ce dernier avait bel et bien coupé les ponts avec elle, lui laissant croire que Fred avait raison et que Sebastian s'était bien fichue d'elle. Rien que cette pensée la rendait malade. Quant à Fred, ils s'étaient tout bonnement quittés sur leur dispute de cet hiver, avant Noël et elle n'avait bien sûr pas eu l'occasion de lui reparler entre temps. Et quant bien même l'opportunité lui aurait été offerte, elle n'aurait pas su quoi en faire. Sa relation avec le jumeau était dorénavant bien plus compliquée qu'elle ne l'était déjà. Étaient-ils au moins toujours amis? Peu probable...

Au bout d'une trentaine de minutes, le professeur disposa un nouvel ingrédient sur son bureau dont tout le monde aurait besoin. Un élève par duo s'y dirigea afin d'en récupérer et c'est ainsi que Hermione se retrouva derrière Ron et Pansy, qui se jetaient des regards en biais.

« Weasley. Fit Pansy d'un ton froid.

- Parkinson. Répondit Ron sur le même ton. »

Hermione leva les yeux au ciel en réponse à cette échange et s'empressa de récupérer l'ingrédient dont elle avait besoin afin de retourner rapidement à sa préparation. Pansy et Ron traînèrent un peu avant de retourner s'asseoir et échangèrent de nouveau un regard, sans essayer de s'en cacher cette fois-ci.

« Tu devrais t'imposer un peu plus quand tu prépares les potions avec Potter. Lança-t-elle soudain au rouquin.

- Euh... Quoi? Lâcha-t-il, surpris.

- Il te vole la vedette et s'attribue tout le mérite. Tu mérites tout autant que lui d'avoir de bonnes notes en classe. »

Pansy n'ajouta rien et retourna s'asseoir à côté de Théodore, comme si de rien n'était. Ron la suivit du regard, stupéfait. Il finit par reprendre ses esprits et se dirigea vers Harry mais il ne cessait de lancer des regards en coin à Pansy, qui se faisait elle-même violence pour ne pas en faire de même. Elle ne savait même pas pourquoi elle lui avait dit ça. Elle les avait en effet observé quelques fois durant le cours et avait constaté que Ron se mettait volontairement en retrait et laissait Harry faire tout le travail. Non seulement elle trouvait cela culotté de la part du rouquin de ne pas aider son ami à travailler mais cela l'énervait également qu'il n'essaye pas alors qu'il était clair qu'il en avait les capacités. Pourquoi cela l'énervait-elle? Bonne question. Elle se demandait également pourquoi elle passait son temps à le reluquer dès qu'il était dans les parages mais pour être honnête, elle n'était pas certaine de vouloir connaître la réponse.

Le cours se termina lorsque Slughorn claqua une fois des mains et vint vérifier les préparations de chaque duo. La plupart obtinrent un Acceptable, ce qui était plus que correct avec le Professeur Slughorn, qui était jugé pour être assez sévère en notation. Une petite majorité dut subir un Piètre, mais quelques Efforts Exceptionnels furent également distribués. Et bien évidemment, trois Optimals furent obtenus par les duos Potter/Weasley, Granger/Londubat et Nott/Parkinson. Slughorn les applaudit, ce que les élèves rechignèrent à faire. Hermione afficha un sourire satisfait à Neville, tandis que Harry et Ron échangeaient une poignée de main. Théodore et Pansy se contentèrent de s'adresser un bref clin d'oeil et le cours se termina ainsi. Tout le monde remballa ses affaires et sortit de la salle afin de se diriger vers le cours suivant. Les Serdaigles et Poufsouffles de sixième année attendaient déjà devant la salle et saluèrent certains Gryffondors et Serpentards qui sortaient. Une petit blonde aux yeux verts brillants particulièrement jolie salua timidement Théodore, ce qui fit sourire le jeune homme lorsqu'il la vit. Il en fit de même et se dirigea vers elle.

« Salut, Lisa. Comment tu vas? Lui demanda-t-il avec un sourire.

- Bien, merci. Et toi? Répondit-elle avec un sourire timide.

- Très bien. Je viens d'avoir un Optimal en préparant une potion de Mort-Vivante. Annonça-t-il fièrement.

- Waouh, félicitations! Elles ne sont pas facile à faire.

- Je te l'accorde. Bon courage, vu que vous êtes les prochains.

- Merci beaucoup, je vais en avoir besoin. Dit-elle en riant.

- Bien sûr que non, tu es brillante. Nos cours particuliers ont bien servi, après m'avoir eu comme professeur, tu ne peux qu'être excellente. Répliqua-t-il en lui adressant un clin d'oeil.

- Si tu le dis... Je te tiendrai au courant de mes prouesses avec cette potion.

- Il me tarde de savoir. Allez, bonne chance et à bientôt! »

Il lui tapota légèrement le bras avec un autre sourire et rejoignit Pansy, Drago et Blaise qui l'attendaient un peu plus loin dans le couloir. Il se retourna pour voir la longue chevelure blonde de Lisa disparaître dans l'encadrement de la porte. Il se retourna presque aussitôt et sursauta en voyant Hermione, plantée face à lui.

« C'est pas très drôle de surprendre les gens comme ça, Granger. Lui fit-il remarquer.

- Ça fait combien de temps, Lisa Turpin et toi? Lui demanda-t-elle de but-en-blanc.

- Je... Pardon? S'étrangla Théodore, les yeux écarquillés.

- Lisa et toi. Ensemble. Ça fait combien de temps? Répéta patiemment Hermione.

- Euh... On n'est pas ensemble, à ce que je sache.

- Ah bon? On aurait dit.

- Pourquoi tu dis ça?

- Oh, pitié. Elle te faisait les yeux doux et était rouge pivoine quand vous vous parliez. Et elle faisait ce truc avec ses cheveux, les replacer sans arrêt derrière son oreille. Il y a pas plus explicite comme signes.

- Tu essayes de me dire qu'elle en pince pour moi?

- Et que c'est aussi le cas pour toi.

- Hein? Tu délires, je...

- Tu lui faisais tout autant les yeux doux et je crois que je ne t'avais jamais vu autant sourire en un si court laps de temps. C'en était presque effrayant.

- C'est n'importe quoi, je ne fais pas les yeux doux aux gens, et certainement pas à Lisa.

- Pourquoi pas? Elle est plutôt jolie et a l'air très gentille.

- Elle l'est.

- Jolie ou gentille?

- Ben, les deux.

- Donc, tu l'aimes bien?

- Bien sûr que je l'aime bien mais...

- Dans ce cas, j'ai raison.

- Arrête deux secondes et écoute moi, Granger. S'impatienta Théodore, qui jetait des regards en hâte à ses amis qui l'attendaient toujours et lui faisaient des signes. »

Hermione s'arrêta de parler et croisa ses bras sous sa poitrine tout en lui adressant un sourire en coin.

« Lisa et moi, on se connaît depuis qu'on est petits. Nos pères sont allés à Poudlard ensemble et sont restés amis, du coup j'ai passé énormément de temps avec elle. Elle pourrait presque être ma soeur, pour ce que j'en sais. Je l'aide aussi à faire ses devoirs dans certaines matières parce qu'elle a un peu de mal, ce qui nous a encore plus rapproché depuis qu'on est à Poudlard mais c'est tout.

- Ce n'est pas parce que vous vous connaissez depuis le berceau que ça veut dire qu'elle ne peut pas avoir le béguin pour toi et toi avoir le béguin pour elle.

- Mais... Ça serait trop bizarre.

- Ces choses là ne s'expliquent pas, tu sais. Tu verras comment les choses évoluent mais je suis sûre de ce que je dis.

- Pourquoi? Tu es une sorte d'experte en l'amour, maintenant que ta vie sentimentale ressemble à des montagnes russes? La charria-t-il, sarcastique.

- Et notre conversation s'arrête là parce que tu deviens incroyablement vexant. Répliqua Hermione, sans réprimer un sourire.

- Ouais, je crois que ça vaut mieux. A la prochaine, Granger. »

Elle lui adressa une moue moqueuse et il sourit tout en se dirigeant enfin vers ses amis, qui commençaient à s'impatienter. Ils le charrièrent pendant un bon moment sur le fait qu'il avait discuté avec Hermione Granger mais maintenant, il s'en fichait. Toute cette rivalité Gryffondor/Serpentard lui passait bien au dessus de la tête désormais.

Hermione rejoignit Harry et Ron, qui l'attendaient adossés au mur. La jeune femme ne put s'empêcher de froncer les sourcils et afficher une mine inquiète en croisant le regard de Ron, ce qu'il s'empressa de faire remarquer.

« Pourquoi tu me regardes comme ça? Lui demanda-t-il, l'air étonné.

- Oh, pour rien. Mentit-elle, échangeant un regard avec Harry, qui ne comprenait pas non plus.

- Qu'est ce qu'il se passe? Vous avez mijoté quelque chose contre moi ou quoi? Ajouta Ron lorsqu'il intercepta l'échange de regard entre ses deux amis. »

Hermione soupira et bien que Harry ne savait pas de quoi il retournait, puisqu'elle n'en avait parlé qu'avec Théodore un peu plus tôt, elle décida de se lancer à l'eau et tant pis pour les représailles, il n'était plus question d'agir dans le dos de Ron maintenant.

« J'ai vu ce qu'il se passait entre Parkinson et toi tout à l'heure. Annonça-t-elle brusquement.

- Hermione! Qu'est ce que tu fais? S'insurgea Harry, qui comprit enfin.

- On ne va pas lui cacher ça éternellement Harry, ça le concerne après tout. Fit-elle remarquer, sévèrement.

- Euh... J'aimerais juste savoir ce qu'il se passait entre Parkinson et moi tout à l'heure? Se permit de demander Ron. Parce que je ne vois absolument pas de quoi tu parles.

- Tu vas me dire que tu n'as pas fait attention que tu la reluquais pendant tout le cours de potions et que la tension était palpable entre vous? Soupira Hermione, exaspérée par ces hommes qui ne comprenaient rien à rien.

- Que je la reluqu... Mais enfin Hermione, tu es tombée sur la tête récemment? Jamais de ma vie je ne reluquerais Parkinson!

- Hmm... Si, Ron, tu l'as fait. Contredit Harry, qui eut l'air de faire le rapprochement dans sa tête.

- Et pour information, parce que je me doute que tu n'y as pas fait attention non plus, elle ne te lâchait pas du regard non plus. Ajouta Hermione. Alors maintenant, tu vas nous dire ce qu'il se passe exactement entre vous deux, parce qu'on arrive vraiment pas à mettre la main dessus et ça devient perturbant.

- Mais... Il ne se passe RIEN entre Pansy et moi, elle n'est rien pour moi, si ce n'est qu'une perfide et vicieuse Serpentard fricotant avec les Mangemorts, je la méprise toujours autant que vous!

- Dans ce cas, pourquoi tu l'appelles par son prénom alors que tu as toujours appelé les Serpentards par leurs noms de famille? »

La remarque de Harry rabattit le clapet à Ron. Il semblait ne pas avoir de réponses à cela. Hermione ferma les yeux et secoua la tête de gauche à droite. Ron semblait enfin avoir compris lui-même de quoi il retournait alors que ça avait été sous son nez tout ce temps.

« Ce n'est quand même pas de ma faute si Parkinson est devenue jolie... Bougonna-t-il, l'air très mal à l'aise.

- Il y a quand même plus jolie que Parkinson. Fit remarquer Harry.

- Si tu fais référence à ma soeur, je vais devoir arracher ta langue hors de ta bouche, Harry. Grogna Ron. »

Hermione pouffa légèrement mais s'arrêta net lorsqu'elle intercepta les deux paires d'yeux qui la fusillaient.

« Oui, il est possible que je sois... très légèrement attiré par Parkinson. Mais ce n'est pas la première fille qui m'attire et certainement pas la dernière. J'en reviens pas que je viens de dire ça à voix haute.

- Ouais, c'est écoeurant. Dit Harry en faisant semblant de vomir.

- Oh on te disait rien à toi, quand tu avais ton pseudo béguin pour Cho Chang. Le charria Ron. De toute façon, ça n'est sûrement pas récipr...

- Nom d'un Pitiponk, les hommes ne comprennent vraiment rien à rien. Soupira Hermione en se passant une main sur le visage. »

Harry et Ron la dévisagèrent, curieux de savoir ce qu'elle avait en tête en disant cela.

« Ça crève les yeux qu'elle ressent la même chose pour toi. Lâcha la Née-Moldue en levant les yeux au ciel.

- Tu veux dire que...

- Elle te reluque aussi? Je te l'ai dit il y a deux minutes mais c'est pas grave...

- Je ne l'ai jamais remarqué.

- C'est bien pour ça que je dis que vous ne comprenez rien. C'est désespérant, parfois...

- Bon, toujours est-il que c'est malsain, Ron. Lança soudain Harry. Comme tu l'as toi même dit, elle fricote avec les Mangemorts. Elle est dangereuse.

- Harry a raison. Ajouta Hermione. On sait bien que ce n'est pas quelque chose que tu peux contrôler comme tu le souhaites mais tu ne peux pas permettre que ça aille plus loin. Pas en ces temps de guerre. Pas quand notre avenir est en jeu.

- Ça me touche que vous vous inquiétiez pour moi mais je ne comptais pas aller plus loin avec ça. Franchement, vous pensez sérieusement que ça pourrait marcher? On parle de Pansy Parkinson là, anciennement toutou de Drago Malefoy. Il n'y a sûrement pas plus chiante qu'elle.

- Ce n'est pas la principale raison. Le fait qu'elle soit chiante est bien le cadet de tes soucis. Rappelle toi de ce qu'on t'a dit.

- Je sais bien, j'essayais de détendre l'atmosphère... Soupira Ron, l'air las.

- On ne te juge pas, Ron. Ajouta Hermione lorsqu'elle vit l'air dépité de son ami. Bon, certes, tu aurais pu trouver mieux que Parkinson mais on ne te jugera certainement pas. »

Surtout pas moi, qui ait eu la bonne idée de tomber amoureuse de ton crétin de frère, se dit-elle à elle-même.

« Hermione a raison. N'ais pas honte, surtout. On te respecte toujours.

- C'est gentil mais je me juge déjà moi-même. Je ne comprends pas comment j'ai pu laisser ça arriver.

- Comme on te l'a dit, ce n'est pas quelque chose qu'on contrôle. »

Harry tapota l'épaule de Ron doucement et Hermione lui attrapa la main pour le réconforter. Il sourit brièvement à ses deux meilleurs amis et décida de laisser cela de côté en attendant. Ils allaient finir par être en retard à leur prochain cours.

23 Février 1997.

George revint à l'appartement où il habitait avec son frère jumeau sur le Chemin de Traverse, des paquets remplis de courses dans les bras. Il peinait à ne pas les faire tomber, en particulier parce qu'il devait faire attention de ne pas glisser sur les vêtements que Fred laissait traîner par terre.

« Par le caleçon de Merlin, Fred! Hurla George. Un petit coup de main ne serait pas de refus par ici. »

Le jeune homme entendit du remue-ménage du côté de la chambre de son frère et fronça les sourcils, méfiant. Peut-être que Fred n'était pas là et que quelqu'un s'était introduit chez eux, un Mangemort qui sait... George se hâta d'aller poser les sacs sur le comptoir afin d'attraper sa baguette dans la poche arrière de son jean et le temps qu'il se retourne, baguette en main, il croisa une blonde aux longs cheveux ondulés et au teint pâle, uniquement vêtu en tout et pour tout d'un chemisier deux fois trop grand pour elle et d'une culotte. Elle intercepta le regard de George et parut surprise, regardant la chambre d'où elle venait de sortir.

« Je croyais que tu allais prendre une douche, c'est encore un de tes tours? Minauda-t-elle en se dirigeant vers lui.

- Hep hep hep, je t'arrête tout de suite, je ne suis pas Fred. Lança aussitôt George, secouant les mains d'un signe négatif.

- Oh, tu dois être le frère jumeau dont j'ai entendu parler hier soir, quand j'étais encore sobre. Gloussa-t-elle, repoussant ses cheveux en arrière. Ravie de te rencontrer, euh...

- George. Se présenta froidement le susnommé.

- C'est ça! Enchantée, moi c'est Britta...

- Ne le prends pas mal mais je n'en ai absolument rien à faire. La coupa George, ennuyé. Fred! Ramène tes fesses ici tout de suite, on a besoin de parler, toi et moi! »

La blonde le darda d'un regard noir, apparemment offensée. George s'excusa en haussant les épaules, bien qu'il ne soit absolument pas désolé. Fred sortit enfin de sa chambre et vint vers son frère en traînant des pieds. Il ne s'était pas rasé depuis un petit moment au vu de la barbe naissante sur son visage, ses cheveux étaient plus désordonnés que jamais et il portait un simple t-shirt et caleçon qui n'avaient pas l'air d'une propreté irréprochable. Il posa un regard las sur George et haussa un sourcil en croisant les bras contre son torse, attendant que son jumeau prenne la parole.

« Je crois que je vais y aller. Lâcha la jeune femme d'un ton venimeux en se dirigeant vers la chambre de son amant d'une nuit.

- Ouais, à toute. Marmonna Fred, passif. »

La blonde en sembla encore plus vexée et se précipita vers la chambre de Fred en claquant la porte derrière elle. Les jumeaux s'affrontaient du regard, sans rien dire. George finit par soupirer et fut le premier à prendre la parole.

« Premièrement: tes caleçons dégueulasses qui traînent dans tout l'appartement, je commence à en avoir sérieusement marre. Deuxièmement: cette barbe ne te va pas du tout. Troisièmement: tu vas arrêter de ramener une fille différente chaque soir?

- Oh, excuse moi, je ne savais pas que tu étais soudainement devenu mon père. Ça voudrait dire que maintenant, je dois appeler Arthur "frangin"?

- Ne joue pas à ça Fred, je suis très sérieux. En particulier à propos de ta barbe.

- Ce n'est pas parce qu'on habite dans le même appartement que tu as ton mot à dire sur tout ce que je fais dans ma vie, George. Je suis un adulte, je n'ai pas besoin d'être materné, et encore moins par mon frère jumeau.

- Mais enfin, tu t'es vu dernièrement? Tu es une loque, Fred. Tu es devenu irritable, distant, froid, tu couches avec une fille différente tous les soirs. Je pourrais presque fermer les yeux là dessus mais je ne voudrais pas que tu sois comme ça au travail. On a une entreprise à faire fonctionner, je te rappelle.

- Je suis au courant, on en est tous les deux les gérants, je te rappelle.

- Dans ce cas, ressaisis toi un peu! Tu es lamentable. Et tu as pensé une seconde à la guerre en cours? Si tu sors comme ça dans la rue, tu auras l'air d'une victime facile et qui sait ce que des Mangemorts qui passent dans le coin pourraient te faire?

- Toujours à tomber dans les extrêmes et être dramatique...

- Est ce que tu entends au moins quand je te parle? Hein? Est ce que l'information remonte jusqu'à ce qu'il te reste comme cerveau?

- Si tu cherches à m'énerver, je te félicite, tu as réussi. Maintenant, écarte toi avant que je perde le contrôle de ma main et qu'elle te foute un coup de poing dans la figure.

- Très spirituel. Est ce que je peux au moins savoir pourquoi tu es devenu comme ça? Il doit bien y avoir une raison.

- Euh... Ne faîtes pas attention à moi, je vous avertis juste que je m'en vais. Dit alors une petite voix. »

Fred comme George se retournèrent pour lancer un regard noir à la blonde, désormais toute habillée, un sac à la main, sur le palier de la porte. Elle les regarda d'un air dégoûté en secouant la tête et sortit aussi vite qu'elle le put. Maintenant qu'ils étaient enfin seuls, Fred se dirigea vers sa chambre.

« Où tu crois aller comme ça? On a pas fini! Le héla George.

- Tu m'excuseras mais être sermonné par mon frère qui s'est toujours cru meilleur que moi, c'est lassant à la fin. Répondit Fred.

- Je te sermonne pas, j'essaye de comprendre ce qu'il ne va pas chez toi!

- Tu veux savoir ce qui ne va pas chez moi? Eh ben, fais la queue derrière les autres, parce que j'aimerais bien le savoir moi aussi!

- Ça va bientôt faire presque deux mois que tu es comme ça, qu'est ce qu'il s'est passé pendant les vacances de Noël qui aurait pu te... »

George ne poursuivit pas car il pensa avoir trouvé la réponse. Il soupira de lassitude et posa un regard critique sur Fred, qui semblait prêt à le frapper à tout instant.

« Ne me dis pas que ça vient de ta dispute avec Hermione, par pitié. Souffla George.

- Ma dispute avec... Je ne me suis jamais disputé avec Hermione, qu'est ce que tu racontes?! S'exclama Fred, qui sembla revenir à la normale pendant quelques instants.

- Oh, donc cette fois où vous vous êtes hurlés dessus en plein milieu de la nuit pour je ne sais quelle raison, ce n'était pas une dispute? Et oui Fred, je suis au courant. Je ne t'ai rien dit parce que je me suis dit que ça n'en valait sûrement pas la peine mais au final, j'aurais peut-être dû m'en inquiéter plus tôt. Qu'est ce que vous avez pu vous dire pour que tu sois dans cet état là?

- Hermione n'a rien à voir là dedans, tu dérailles. J'en ai rien à faire de cette pseudo dispute.

- Ça ne répond pas à ma question. De quoi vous avez parlé cette nuit là? »

Fred ne répondit pas immédiatement et pinça ses lèvres, ne souhaitant apparemment pas poursuivre cette discussion.

« Disons que... On ne s'est pas dit des choses très sympa. Résuma Fred, revoyant le visage furax de Hermione dans sa tête.

- Du genre? Insista George.

- Je ne te le dirai pas, elle m'a fait promettre de ne le dire à personne.

- Ah, je vois. Vous vous êtes dits des trucs pas très sympas et pourtant, tu lui a promis de n'en rien répéter? Pourquoi pas.

- Elle m'a juste dit quelque chose qui m'a mis hors de moi mais c'est quelque chose qu'elle ne veut pas que je répète. C'est tout.

- Ça devait être plutôt important pour que ça t'ait mis hors de toi. Surtout à cette période, où tu étais plutôt stressé à cause du travail, de la guerre et d'autres choses.

- C'est loin d'être important, crois moi. C'est juste... énervant.

- C'est à propos de ce qu'il s'est passé entre elle et toi? Tenta George, désormais plus calme.

- Plus ou moins.

- Pas très étonnant. Et l'état dans lequel ça t'a mis n'est pas surprenant non plus. Bon sang Fred, quand est ce que tu admettras ce qu'il se passe vraiment entre Hermione et toi? Pourquoi tu continues de fermer les yeux à ce point?

- Il ne se passe rien entre elle et moi. C'est uniquement de son côté.

- Nom d'un Pitiponk, je me demande vraiment ce qu'elle te trouve, tu es borné comme pas possible. »

Fred semblait visiblement ennuyé et souhaitait se faufiler discrètement vers sa chambre pour ne plus avoir à en parler. Mais George ne l'entendait pas de cette oreille et le rattrapa en un clin d'oeil en lui barrant le passage.

« Tu sais, chez les Moldus, on appelle ce que tu fais du harcèlement. Lui fit remarquer Fred, d'un ton sarcastique.

- Arrête, tu me flattes. Rétorqua George.

- Qu'est ce que tu veux que je dise de plus? Oui, il est fort possible que cette "dispute" entre Hermione et moi m'ait affecté plus que je ne le pensais. Oui, il est possible que je ne sois pas insensible à ses sentiments à mon égard. Oui, il n'est pas impossible que j'en éprouve pour elle aussi. Voilà, tu es content? Maintenant, laisse moi aller me laver.

- Fred. Tu viens toi même d'avouer que tu as sûrement des sentiments pour elle, tu t'attends à ce que je n'insiste pas là dessus?

- Qu'est ce que ça peut faire, de toute façon. Fit remarquer Fred en haussant les épaules. Elle ne veut probablement plus rien avoir à faire avec moi. Et quand bien même, je suis mauvais pour elle. Elle mérite mieux.

- Ne fais pas la connerie de passer à côté d'une fille que tu es susceptible d'aimer à cause de ton ego et de ta stupidité, frangin. Tu le regretterais toute ta vie.

- Ouais... Je sais. »

Les deux frères se turent et se regardèrent d'un air penaud, ne sachant plus quoi ajouter. Il semblerait que la discussion soit finalement close.

« Bon, maintenant que tu as eu la réponse à ta question, je peux enfin aller me doucher? Brittany m'a épuisé cette nuit, j'ai besoin d'une bonne douche.

- Beurk, dégoûtant, garde les détails sordides pour toi, par pitié. »

George fit semblant de vomir après coup et Fred en profita pour se diriger jusqu'à la salle de bains. Il n'y avait pas de meilleur endroit pour laisser ses pensées vagabonder où bon leur semblaient.

19 Avril 1997.

Les sorties à Pré-au-Lard avaient perdu leur côté attrayant depuis le début de l'année scolaire. Qui cela intéressait d'aller se promener tranquillement et aller faire les boutiques quand une terrible guerre était sur le point d'arriver? Et pourtant, grand bien cela faisait aux étudiants comme aux professeurs de se changer les idées le temps d'un après-midi.

Hermione s'était légèrement détachée du reste du groupe pour marcher de son côté, leur assurant que tout allait bien et qu'elle voulait simplement être seule quelques instants. Ron et Harry débattirent un instant mais finirent par accepter. Aux dernières nouvelles, Pré-au-Lard n'avait pas encore été touchée par les Mangemorts et de grandes protections avaient été mises en places, le même genre que celles tout autour du château. Malgré les événements récents et les circonstances, Hermione se sentait parfaitement en sécurité aux alentours du château, incluant donc Pré-au-Lard. Quelques minutes à marcher seule ne lui feraient pas de mal.

Elle se dirigeait tranquillement où ses pieds la menaient, observant les passants de temps à autres. Ils se hâtaient d'avancer, d'un pas furtif, n'osant pas regarder les gens qu'ils croisaient. Ils avaient l'air apeurés. La Gryffondor soupira après ce constat et plongea ses mains dans les poches de son manteau tout en continuant d'avancer. Alors qu'elle allait tourner à un coin de rue, elle sentit quelqu'un la tirer brutalement dans une petite ruelle. Elle s'apprêta à crier mais on lui couvrit aussitôt la bouche avec une grande main. Elle tâcha de se débattre mais lorsqu'une autre main se posa doucement sur sa hanche et que celle sur sa bouche se retira, elle ne ressentit plus le besoin de hurler, car elle était étrangement apaisée. Elle se retourna lentement vers son kidnappeur et ce qu'elle vit la laissa de marbre.

« Tu te fiches de moi? J'ai failli avoir une crise cardiaque et mourir de peur. La prochaine fois, viens me parler comme toute personne un tant soit peu normale et saine d'esprit. Pestiféra-t-elle, se reculant aussitôt.

- Désolé, je ne voulais pas te faire peur. Lui répondit-on.

- Ben c'est raté. J'ai vraiment cru que tu étais un Mangemort. Par la barbe de Merlin... Ne me refais plus jamais ça, Fred, ou je te jure que je te tue.

- Menace prise très au sérieux, c'est noté. »

Fred ricana à sa propre remarque mais s'arrêta rapidement de sourire lorsqu'il croisa le regard furax de la jeune femme.

« Je suis vraiment désolé, je voulais juste te parler mais je ne savais pas comment t'aborder...

- Alors, tu t'es dit que la meilleure façon de le faire, c'était de m'entraîner dans une ruelle sombre en me plaquant une main sur la bouche? Je te croyais plus intelligent que ça, tout de même.

- J'ai paniqué quand je t'ai vu, j'ai perdu tous mes moyens.

- Tu as perdu tous tes m... Bon, déjà, qu'est ce que tu fais ici? Encore un contrat avec Honeydukes?

- Non, je... Ginny disait dans une de ses lettres à Maman qu'il y avait une sortie à Pré-au-Lard aujourd'hui, alors... Je suis venu en espérant t'y voir.

- Tu espérais m'y voir? Attends une seconde, tu es en train de me dire que tu me surveilles, que tu me suis?

- Bien sûr que non, je ne suis pas un détraqué. Je sortais des Trois Balais quand je t'ai vu arriver.

- Écoute, honnêtement, je ne sais pas ce qu'il se passe mais ça commence à m'effrayer alors tu vas me dire ce que tu es venu faire ici, si ce n'est pas pour me traquer? »

Fred n'avait jamais paru aussi calme et en position d'infériorité depuis que Hermione l'avait connu. Il ne plaisantait pas, ne lui lançait pas de répliques cassantes, ne lui faisait pas de remarques désobligeantes mais se contentait de répondre à ses questions d'un air penaud et gêné. Il ne prit d'ailleurs pas la peine de répondre immédiatement à la dernière question de la jeune femme et se prit d'admiration pour ses chaussures, sa main dans la nuque.

« Tu commences à me faire peur, Fred. Quelque chose de grave s'est passé au Terrier? S'inquiéta aussitôt Hermione, pensant à Arthur et Molly.

- Oh non, ne t'inquiète pas, Papa et Maman vont très bien! Lança aussitôt Fred, lui caressant doucement le bras comme s'il essayait de la rassurer.

- Je ne te reconnais pas, qu'est ce qu'il t'arrive? S'exclama Hermione en le repoussant. »

Le jeune homme parut extrêmement peiné par son rejet et Hermione ne comprenait absolument rien à ce qu'il se passait. Pourquoi Fred agissait de la sorte?

« Je suis venu ici, parce que... J'avais besoin de te voir, Hermione. On ne s'est pas revus depuis notre dispute à Noël et ça me ronge. Il fallait que je te vois. Avoua piteusement Fred.

- Bon... D'accord. Je suis là. Dit-elle simplement, se radoucissant légèrement. Tu veux qu'on en... parle?

- Non, je ne veux pas qu'on reparle de ça. Je veux te dire quelque chose et je veux que tu m'écoutes sans m'interrompre.

- Oh... hmm... Très bien. Je t'écoute. »

Il se mordilla légèrement la lèvre avant de parler, ce que Hermione ne put s'empêcher de trouver terriblement attirant. Elle secoua la tête pour chasser ses idées de son esprit et se concentrer sur ce que le jeune homme avait à lui dire.

« J'ai été un vrai crétin avec toi, Hermione. Se lança-t-il alors. Depuis bien trop longtemps. Je ne sais pas comment tu as fait pour me supporter sans jamais rien dire de ce que tu ressentais. Et j'ai été encore plus idiot après avoir appris tes sentiments pour moi. Je ne sais même pas pourquoi j'ai réagi comme ça, c'était complètement stupide. Peut-être parce que je n'avais jamais pensé qu'une telle chose pouvait arriver. Je suis plutôt le genre des filles comme Marietta ou Angelina. Toujours est-il qu'après cette dispute qu'on a eu, j'ai beaucoup pensé à toi et tout ce que tu m'as dit. J'ai repensé au fait que tu avais couché avec cette saleté d'américain et rien que d'y penser me mettait en rogne. Je le déteste ce gars, je le méprise. Et la façon dont tu me l'as lancé à la figure, c'est ce qui m'a le plus énervé. J'y ai donc repensé plus tard, j'ai bien eu le temps d'en déduire des choses et j'en suis venue à une conclusion, que même George approuve, si ça t'intéresse. Et cette conclusion, c'est que... Ce que tu as dit m'a affecté, parce que j'ai aussi des sentiments pour toi, Hermione. »

Fred venait à peine d'achever sa phrase qu'une gifle atterrit sur sa joue. La bouche entrouverte à cause du choc, il tâta son visage bouillant après ce contact physique et regarda sa propriétaire d'un air interloqué.

« Je dois avouer que je m'attendais à beaucoup de réactions mais pas à celle là. Lança-t-il, sonné.

- Pour qui tu te prends? Murmura Hermione, les dents serrés et l'air hors d'elle. Qui crois-tu que tu es pour oser venir me dire de tels mensonges avec tout ce qu'il se passe en ce moment? Tu crois que cette petite blague me fait rire? Avec tous les problèmes qu'on a depuis le début de l'année, tu crois que plaisanter sur un sujet pareil me fait rire? Hein?!

- Mais enfin, c'est pas une blague, je suis plus que sérieux! S'insurgea Fred, qui n'en croyait pas ses oreilles.

- Mais bien sûr, après la façon dont tu t'es moqué de moi à Noël avec ça, tu crois sincèrement que je vais gober ce que tu racontes maintenant?

- Ça m'a pris des mois pour réaliser ce que je ressens pour toi et pour venir te l'avouer en personne et tu me traites comme le pire des hypocrites qui existe, comment tu crois que je me sens, là, tout de suite?

- Probablement bien mieux que moi, en tout cas.

- Je n'aurais jamais dû écouter George et venir te dire ça. Tu sais quoi? Oublie tout ce que tu viens d'entendre, je vais simplement repartir et faire comme si cette conversation n'avait jamais eu lieu.

- Alors là, je ne crois pas non. Répliqua Hermione en l'agrippant par la manche de son pull avant qu'il fasse demi-tour.

- Dans ce cas, accepte ce que je viens de te dire sans être violente et sans me pourrir, c'est franchement pas agréable.

- Tu t'attendais à quoi, Fred? Sérieusement. Tu as tout gâché avant même qu'il ait pu se passer quoi que ce soit d'un peu sérieux!

- Moi? J'ai tout gâché moi?!

- Oui! Toi! Tu m'as bien fait comprendre que ça ne serait jamais réciproque et en plus, tu t'es fichu de moi. Je ne vais très certainement pas t'accueillir à bras ouverts, même si soit disant, tu ressens la même chose maintenant.

- Bon sang, tu ne sais vraiment pas ce que tu veux, ma parole! Le monde ne tourne pas autour de toi et il ne se plie pas à tes quatre volontés, il va falloir que tu redescendes de ton piédestal un jour et arrête d'espérer le meilleur des gens autour de toi!

- Je t'interdis de me dire ce que je dois faire ou pas! Vociféra-t-elle en tapant du doigt sur le torse du jeune homme.

- Ah ouais? Pourtant, c'est bien ce que je suis en train de faire! Répondit-il sur le même ton en tapant du doigt l'épaule de son interlocutrice également.

- Tu m'énerves Fred Weasley, je te déteste, tu n'es qu'un égoïste et un lâche! Hurla-t-elle à son visage.

- Et toi, tu n'es qu'une égocentrique, bornée et insupportable! Cria-t-il à son visage aussi.

- Je te déteste, tu me dégoûtes, il n'y a que toi pour me faire subir ce genre de ch... »

Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase car Fred venait de la couper en plaquant ses lèvres contre les siennes. Hermione le repoussa et le regarda d'un air dégoûté. Le jeune homme ne se laissa pas démonter et la défia du regard. Peu de secondes après, elle l'attrapa par le col de son manteau et l'embrassa à son tour. Il emprisonna son visage entre ses mains tandis qu'elle s'agrippait désespérément à lui. L'une des mains de Fred descendit au bas du dos de la jeune femme afin de l'attirer encore plus contre lui. Elle détacha un instant ses lèvres des siennes pour laisser échapper un souffle mais il s'empressa de capturer ses lèvres à nouveau. Finalement à bout de souffle, les deux jeunes gens se séparèrent l'un de l'autre, front contre front, les yeux fermés.

Hermione fut la première à se reculer et le dévisagea un instant, silencieuse. Fred ouvrit doucement ses yeux et l'admira sans rien dire. Leur dispute d'il y a deux minutes ne semblait même pas avoir existé.

« Pour quelqu'un qui me déteste et te dégoûte, tu y as mis plutôt du tien dans ce baiser. Fit remarquer Fred avec un sourire narquois. »

Hermione leva les yeux au ciel et se passa une main dans les cheveux, les joues rougies par l'émotion.

« Je me suis laissée emporter. Avoua-t-elle d'une voix honteuse.

- Emporte toi plus souvent, alors. C'était génial. Souffla Fred, les mains dans les poches.

- Ce genre de choses n'arriveront plus, Fred. Lâcha alors Hermione.

- Comment ça? Demanda le jeune homme, perdu.

- J'étais sérieuse quand je disais que tu avais gâché ce qu'il aurait pu se passer entre nous. J'ai été faible tout à l'heure mais je ne veux plus que ça se reproduise. Je ne veux pas être vulnérable.

- Je ne suis pas sûr de comprendre...

- C'est trop tard, Fred. Je... Il ne se passera rien entre toi et moi, ce n'est plus le moment. On ne peut pas se permettre qu'il se passe quoi que ce soit.

- J'ai une forte impression de déjà-vu... Mais je pensais que maintenant, les choses seraient diffé...

- Je ne veux plus. Je t'aime mais je ne peux pas. Tu comprends ce que je veux dire? »

Fred déglutit au son des trois mots interdits prononcés par la jeune femme mais ne dit rien. Il approuva par son silence. Elle hocha simplement la tête et claqua sa langue, ne sachant que dire d'autre.

« Merci d'être venue me dire tout ça, cela dit. Ajouta-t-elle finalement. Je suis contente de savoir que tout compte fait, tu n'aimes pas que ta propre personne. »

Le jeune homme sourit à cette remarque et Hermione afficha un sourire voilé avant de le regarder d'un air triste.

« Je suis désolée. Dit-elle avant de s'éloigner. »

Fred rejeta sa tête en arrière et ferma les yeux, se sentant plus stupide que jamais. Hermione s'éloignait à grand pas, chassant d'un revers de main les larmes qui coulaient sur ses joues. Pas de vulnérabilité. Pas de faiblesse. Pas maintenant.

30 Juin 1997.

Hermione ne pouvait distinguer le paysage à travers la vitre du Poudlard Express tant ses yeux étaient embués par les larmes qu'elle essayait d'empêcher de couler. Cela s'avérait plus dur qu'elle ne l'aurait cru.

« Hermione? Entendit-elle soudain. »

Elle essuya discrètement ses yeux et se tourna vers Harry, qui semblait tout aussi mal en point qu'elle.

« Tu as le droit de pleurer devant nous, tu sais. Lui fit remarquer son ami.

- Je sais, c'est gentil. Soupira-t-elle, refoulant sa tristesse au fond d'elle.

- Notre directeur est mort, il n'y a pas de honte à avoir si on a besoin de pleurer.

- Je sais. Répéta-t-elle, son coeur faisant un bond au mot "mort".

- J'arrive toujours pas à y croire... Dit soudain Ron, le regard vide. »

Harry et Hermione approuvèrent d'un vague hochement de tête et replongèrent dans leurs pensées. La jeune femme repensa à tout ce que Harry avait dit à propos des Horcruxes et de partir à leur recherche. Il leur avait dit qu'il ne comptait pas revenir à l'école pour leur septième année mais partir à la recherche des Horcruxes afin de détruire Voldemort une bonne fois pour toutes. Ce à quoi ses deux meilleurs amis lui avaient ri au nez parce qu'il avait cru qu'ils le laisseraient partir sans insister pour venir eux aussi. Harry leur avait demandé bon nombre de fois s'ils étaient sûrs, que ça serait extrêmement dangereux et qu'il n'avait aucune idée du temps que cela prendrait. Ron et Hermione n'avaient pas bronché une seule fois. Ils étaient déterminés. Ils ne changeraient pas d'avis. Hermione ne changerait pas d'avis.

...

Salut tout le monde!

Ce chapitre était censé tourner principalement autour de Ron et Pansy et au final, une grande partie Fremione y est présente, vous m'en excuserez, il faut croire que mon imagination est hors de contrôle haha. En revanche, c'est bel et bien l'un des derniers flash-back. Si je m'en tiens à ce que j'ai prévu, il n'en reste plus qu'un et il ne sera pas bien long. Désormais, on se concentrera sur le présent! Mais pour l'instant, vos pensées sur ce chapitre? Le cours de potion du début? La discussion entre Fred et George? La déclaration de Fred et la réaction de Hermione? Bon, bien évidemment je respecte un tant soit peu l'histoire originale alors le Trio va partir à la recherche des Horcruxes. Je ne tiens pas trop à changer quoi que ce soit là dedans donc je ne l'évoquerais que très rapidement dans les passages du présent, je pense. Je verrai où mon imagination me mène!

J'ouvre désormais une "petite" parenthèse. Comme on me l'a fait si gentiment remarquer *lol* je dis souvent que je vais essayer de publier toutes les deux semaines et depuis quelques mois, je ne publie qu'une fois par mois, voire tous les deux mois. On ne me l'a fait remarquer qu'une ou deux fois mais je pense que vous êtes plusieurs à le penser, donc je tiens à éclaircir ce point. Oui, c'est vrai que je publie de moins en moins souvent ces derniers temps. Oui, c'est vrai que je vous dis à chaque fois que je ferai de mon mieux pour rapidement publier et je ne le fais pas. Méchante Morgane, méchante Morgane *se frappe avec une lampe*. Je n'écris très certainement pas ça pour me blâmer, ce n'est pas mon but et je n'en ai absolument pas envie. J'écris ça car oui, je publie de moins en moins mais ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que je suis une personne et que j'ai une vie, non? J'écris certes une fanfiction que je publie sur Internet mais cela veut-il dire que je dois mettre ma vie entre parenthèses pour respecter mes délais de publication? Non. Si j'écris cette fanfiction, c'est pour honorer un pairing et un univers qui me tiennent à coeur et pour mon propre plaisir car j'adore l'écriture. Je ne voulais même pas publier cette fiction au début car je manque énormément de confiance en moi et je crains toujours les avis des gens. Des amies m'ont convaincu et finalement, vous avez tous été très gentils, vous m'avez toujours encouragés et pour ça, je vous en remercie du fond du coeur car vos reviews m'ont toujours fait sourire et redonné confiance en moi. Cela dit, il ne faut pas oublier que je ne suis pas à l'entière disposition de l'Internet, j'ai ma propre vie à mener de mon côté, j'ai beaucoup de choses à gérer et c'est d'ailleurs pour ça que je publie de moins en moins, tout simplement parce que je n'ai plus autant de temps pour écrire qu'auparavant. Je pensais que ça changerait cet été mais au final, j'ai tout autant de choses à faire que durant l'année scolaire. Alors oui, je me consacre beaucoup moins à cette fanfiction, non seulement car je n'en ai pas toujours le temps mais aussi parce que c'est dur d'écrire une histoire et qu'on a pas toujours les idées, l'inspiration ou tout simplement l'envie. Mais est ce que c'est une raison pour me le reprocher? Absolument pas. Vous avez le droit de m'en vouloir si vous voulez mais s'il vous plaît, n'oubliez pas que je suis tout comme vous, j'ai ma vie à gérer, des choses à m'occuper et je ne suis pas toujours tankée devant mon ordi à écrire. Je vous remercie de votre soutien et de vos gentils commentaires mais même si je ne publie pas souvent, j'aimerais que vous respectiez le fait que j'ai d'autres chats à fouetter. Alors la prochaine fois que je reçois un commentaire me reprochant mon manque de "sérieux" au niveau de la publication de cette fanfiction, je n'y répondrais pas car tout est dit dans ce paragraphe mais je vous inviterais bien gentiment à arrêter de la lire si mon manque de ponctualité ne vous plaît pas. Comme je l'ai dit plus haut, je suis une personne et je ne suis pas à la disposition de tout le monde.

Voilà, navrée d'avoir écrit un pavé mais je prends très à coeur ce qu'on me dit et je n'aime pas me sentir jugée par des personnes qui ne me connaissent pas et ne savent pas ce que je traverse dans ma vie. Je ne souhaitais pas m'énerver non plus car c'est tout bonnement inutile mais je ressentais le besoin d'en parler pour éclaircir les choses.

Enfin bref, parenthèse fermée, vous n'êtes bien sûrs pas tous concernés par ce message mais je ne tiens pas à ce qu'on me le dise une fois de plus parce que ça m'a réellement fait de la peine. Je fais vraiment de mon mieux avec cette fanfiction et malheureusement, il faut faire avec haha.

Ceci dit, je vous dis à très bientôt, je l'espère, je vous embrasse.

Morgane.