Chapitre 22.
1er Août 1997.
Ce fut avec un soupir que Hermione se contempla dans le miroir une fois qu'elle eut terminé de se préparer. Son reflet lui renvoyait une image dubitative, épuisée et lasse d'elle-même. Elle se demandait encore pourquoi tout ceci, pourquoi prendre la peine de célébrer un tel événement durant des temps pareils. Mais après tout, comme le répétait sans arrêt Ginny, peut-être qu'un peu de joie de vivre ne serait-ce que le temps d'une journée ne ferait de mal à personne.
La Née Moldue se détacha du miroir, fatiguée de ce qu'elle y voyait et quitta la chambre de Ginny pour rejoindre tout le monde dans le jardin. Il n'était même pas dix heures du matin que les préparatifs pour le mariage de Bill et Fleur étaient déjà presque terminés. Pas étonnant, sachant que Molly Weasley avait commencé à tout préparer des jours auparavant.
Elle tomba sur George dans la cuisine, en train de boire ce qu'elle supposait être du café. Elle pouvait différencier sans problème les jumeaux désormais, tout comme n'importe qui, puisque George avait tragiquement perdu une oreille lorsqu'ils avaient créée un leurre afin de quitter Privet Drive sans risques pour Harry. Le jumeau portait désormais un bandage blanc lui recouvrant l'endroit où était auparavant son oreille. Tout le monde s'attristait pour lui mais il préférait prendre la chose à la rigolade, comme toujours.
« Bonjour Hermione, très belle robe. Lui dit-il simplement avant de porter sa tasse à ses lèvres.
- Merci George. Tu es très élégant également. Répondit-elle avec un mince sourire.
- C'est gentil mais je le savais déjà. Alors, prête pour supporter une longue et dure journée de mariage? Je ne sais pas toi mais ce dégoulinement continu d'amour a tendance à vite m'écœurer.
- Je suis très heureuse pour Bill et Fleur. Ils méritent un peu de bonheur en ces temps durs.
- Ce n'est pas faux. Quant au reste du commun des mortels, nous avons simplement à espérer que leur joie de vivre déteindra sur nous. Excuse moi si je suis un peu cynique ce matin mais je viens juste de surprendre Ginny en train d'échanger sa salive avec Harry, j'ai besoin de temps pour m'en remettre.
- Ils ont vraiment une relation compliquée, ces deux-là. Ricana Hermione, imaginant la scène.
- C'est assez ironique de ta part de dire ça, ne penses-tu pas? »
Hermione cessa aussitôt de rire et darda George d'un regard noir. Ce dernier ne se départait pas de son sourire qui, la jeune femme le remarqua seulement maintenant, était effectivement légèrement cynique.
« Pour que ce soit ironique, il faudrait déjà que j'aie une relation avec lui. Ce qui est loin d'être le cas. Renchérit Hermione.
- Oh, s'il te plaît, ça fait des années que ça dure, évidemment que vous avez une relation. Tordue au possible mais ça reste une relation.
- Absolument pas. Il ne s'est jamais rien passé entre lui et moi.
- Entre toi et qui? Interrompit une voix masculine. »
Hermione se figea tandis que Ron se servait du café dans une tasse aux côtés de son frère. George lâcha un petit rire et quitta la pièce, tirant la langue à la Gryffondor au passage. Cette dernière ferma les yeux, espérant qu'elle allait se réveiller et que ce rêve absurde était sur le point de se terminer.
« Alors? Toi et qui? Insista Ron, se postant de la même façon que George quelques secondes auparavant.
- Personne, je plaisantais avec George. Mentit Hermione, qui sentait que ses joues s'enflammaient suite à la gêne qui s'était emparée d'elle.
- Tu n'avais pas l'air de plaisanter, tu semblais même plutôt... contrariée.
- Je t'assure que non, Ronald. Répliqua la jeune femme, les dents serrées.
- Hermione, un petit coup de main s'il te plaît? La héla Molly depuis l'extérieur.
- Sauvée par le gong. Lança Ron tandis que Hermione s'empressait d'aller dehors. »
Pour la première fois depuis ces cinq derniers jours, la Née-Moldue était ravie du mal que se donnait la matriarche Weasley pour séparer le trio, qui, elle le savait, prévoyait de s'enfuir à tout moment pour récupérer les Horcruxes. Hermione la rejoignit rapidement et aida Ginny à décorer les tables sous la grande tente qui accueillerait tous les invités.
Ces derniers commencèrent à arriver aux alentours de quinze heures. Molly était stressée au possible, bien plus que la future mariée. Hermione faisait de son mieux pour éviter Fred mais cela s'avérait plutôt compliqué dans un espace aussi réduit que la tente. La cérémonie ne commençant pas avant seize heures, la jeune femme savait qu'elle pouvait s'éloigner un petit moment. Elle attrapa sa coupe de champagne et s'éloigna vers le fond du jardin, à l'abri du soleil sous un grand arbre. Une fois sur place, elle s'appuya contre le tronc et soupira profondément. C'était trop dur, elle ne savait pas si elle pourrait supporter cela encore longtemps. Être perpétuellement séparée de Ron et Harry par Molly, devoir regarder George sachant qu'il avait failli perdre la vie, le décès de Dumbledore encore trop récent pour en avoir fait complètement le deuil, la vie de Harry continuellement menacée par le Seigneur des Ténèbres qui gagnait du terrain dans le monde magique, la guerre en cours... C'était tout simplement trop.
« Hermione? Lança une voix d'un ton hésitant.
- Est que ça va? Demanda une deuxième. »
La susnommée sourit légèrement lorsqu'elle vit ses deux meilleurs amis se placer à ses côtés et but une gorgée de champagne avant de prendre la parole.
« A merveille. Et vous les garçons?
- On se porte comme des charmes. Ironisa Harry, qui était déguisé en faux cousin éloigné des Weasley.
- Le roux ne te va vraiment pas, tu sais. Lui fit remarquer Hermione en riant.
- Je sais au moins que ça ne fera jamais partie de mes expériences capillaires. Plaisanta-t-il en retour.
- Comment vous avez réussi à échapper à la surveillance rapprochée de Molly? Demanda la jeune femme.
- On a demandé aux jumeaux de faire distraction, ils sont très forts pour ce genre de choses. Répondit Ron, qui avait également une coupe de champagne à la main.
- Pas bête. Dit-elle simplement, l'air évasif.
- Tu es sûre que ça va? Demanda à nouveau Harry.
- Écoutez les garçons, je sais que vous voulez qu'on discute de notre plan pour partir à la recherche des Horcruxes mais est-ce que ça peut attendre au moins quelques heures? Nos affaires sont prêtes au cas où on ait besoin de partir rapidement et je n'ai vraiment pas envie de penser à ça maintenant. Je veux profiter de ma coupe de champagne, du fait que je porte une robe ravissante et qu'un jeune couple amoureux va se promettre de s'aimer et de se protéger pour le restant de ses jours. »
Les deux jeunes hommes restèrent stoïques face à cette remarque et échangèrent un regard confus. Hermione soupira pour ce qui lui semblait la millième fois de la journée et se plaça face aux garçons, l'air cette fois déterminé.
« Avant qu'on retourne là-bas, je dois vous avouer quelque chose. Plus particulièrement à toi, Ron. Lâcha-t-elle, ne sachant pas ce qu'il lui prenait.
- Euh... Très bien, on t'écoute. Répondit Ron, perdu. »
Hermione prit une grande inspiration et ferma les yeux quelques instants. Elle devait prendre en considération ce qu'elle s'apprêtait à dire. Ron et Harry allaient très probablement se moquer d'elle, s'attendant à ce qu'elle leur annonce quelque chose de très important alors qu'au fond, c'était plus ridicule qu'autre chose mais tant pis. Elle ne pourrait pas leur cacher éternellement, surtout sachant que les jours leur étaient peut-être comptés. Et au vue de l'aventure qui s'annonçait pour eux, il valait mieux qu'ils restent honnêtes les uns envers les autres.
« Je suis amoureuse de Fred. Lâcha-t-elle enfin dans un énième soupir. »
Comme elle s'y attendait, passé le choc de la nouvelle, ses deux amis affichaient des rictus et se retenaient visiblement de rire aux éclats.
« Fred... Tu veux dire, Fred Fred? Fred mon frère? Demanda difficilement Ron, tandis que Harry mettait une main devant sa bouche pour étouffer le rire qui venait de lui échapper.
- A ton avis, Ronald? Rétorqua Hermione, levant les yeux au ciel devant la puérilité des garçons.
- Excuse-nous Hermione, vraiment, c'est évident qu'il t'a fallu du courage et du temps pour nous le dire, on ne veut pas paraître grossiers ou comme si on se moquait de toi mais... Nom d'une chouette, il était temps! S'exclama Ron, échangeant une poignée de mains avec Harry.
- Je... Quoi? Lâcha la jeune femme, désormais surprise.
- Tu crois franchement qu'on ne l'avait pas déjà remarqué? Tu es peut-être la sorcière la plus intelligente de ta génération mais quand il s'agit de garçons, tu n'es pas vraiment très discrète. Ajouta Harry, qui avait enfin arrêté de rire.
- Je... ne comprends pas. Vous le saviez déjà?
- Disons qu'on le soupçonnait fortement.
- Et il se pourrait que George ait fait quelques allusions de temps à autres.
- Oh bon sang, je vais le tuer. Dit Hermione, exaspérée.
- Évite ce genre d'humour morbide encore quelques temps, s'il te plaît. Plaisanta Ron, qui semblait se délecter de la situation.
- Pourquoi vous ne m'en avez jamais parlé? Voulut savoir la jeune femme, perdue.
- On s'est dit que si tu ne nous en parlais pas de toi-même, c'est sûrement que tu n'en avais pas envie.
- Eh bien, à vrai dire... Fred et moi, c'est... disons... compliqué. »
Voyant qu'elle avait attisé la curiosité des garçons, Hermione inspira à nouveau et entreprit de tout leur raconter, dans les grandes lignes. Depuis la première fois où elle s'était sentie confuse en compagnie de Fred quant à ce qu'elle ressentait pour lui jusqu'à leur dernière rencontre qui avait terminé de façon radicale. A la fin de son récit, Hermione vit qu'elle avait captivé ses amis et malgré elle, elle ne sut pourquoi, cela la fit sourire.
« Ben mince alors... J'aurais jamais cru que c'était à ce point là. Avoua Ron, qui se grattait l'arrière du crâne d'un air confus.
- Et encore, si tu savais...
- Mais si tu lui plais et qu'il te plaît, pourquoi faire autant d'histoires? Mettez-vous ensemble, parce que clairement, les seuls obstacles dans votre relation, ce sont vous.
- Ne prends pas mal ce que je vais te dire Ron mais ton frère est quand même quelqu'un de... difficile. Il m'en a fait voir de toutes les couleurs, en particulier avec cette peste de Marietta et après tout ça, je ne me voyais tout simplement pas me jeter dans ses bras et mettre tout ça derrière moi.
- Il est bien là ton problème, Hermione. Tu te poses trop de questions. »
Ron n'avait pas entièrement tort. Hermione était effectivement quelqu'un qui réfléchissait trop et pesait trop le pour et le contre dans une situation. Elle ne vivait pas assez spontanément. Mais était-ce vraiment une mauvaise chose? Elle n'aurait su le dire.
« C'est pour ça que tu l'évites depuis que tu es arrivée? S'enquit alors Ron, qui semblait assembler les pièces du puzzle dans sa tête.
- C'est exactement pour ça. Soupira Hermione, soudain lasse.
- Permets moi de te dire juste une chose... C'est ridicule. Tu ne sais même pas si tu le reverras un jour une fois que nous serons partis. On est en guerre, Hermione. Nos vies sont en danger. On a déjà assez de problèmes comme ça pour que tu te prennes en plus la tête avec des sottises pareilles.
- Tu considères donc que ma vie sentimentale est une sottise?
- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire et tu le sais très bien. »
La jeune femme se renfrogna et baissa les yeux au sol, ne sachant plus que dire. Au fond, Ron avait vu juste. Il avait raison. Mais s'il était possible de contrôler ses sentiments et de tout simplement les faire disparaître, elle l'aurait fait depuis longtemps. Malheureusement, ce n'était pas le cas.
« Je ne peux pas tout simplement oublier que j'ai des sentiments pour Fred, tu sais. Dit-elle finalement à voix haute. A chaque fois que je le vois, j'ai cette boule dans le ventre et ma gorge qui se serre. C'est à la fois une sensation agréable et dérangeante. Je ne peux pas l'éteindre et le rallumer quand bon me semble. C'est là et je dois faire avec.
- Je sais ce que ça fait d'avoir des sentiments pour quelqu'un, merci. Répliqua Ron, visiblement offensé.
- Ah bon? Dis-nous en plus. S'intéressa aussitôt Harry, approuvé par Hermione.
- Je... On ne parle pas de moi là. Bafouilla Ron, le visage s'étant enflammé. Ce que je voulais dire Hermione, ce n'était pas que ton béguin pour Fred devait être mis de côté mais plutôt qu'au lieu de te poser un milliard de questions, tu devrais sauter sur l'occasion et profiter de lui tant que tu le peux.
- Comment ça? Lâcha-t-elle, perplexe.
- Amuse toi à ce fichu mariage! Quitte à ce que ce soit ridicule de le fêter à cette période de notre vie, autant être ridicules jusqu'au bout. Va le voir, dis-lui ce que tu ressens et passe une bonne journée avant que tout ne te soit brutalement retiré sans que tu ais le temps de t'en rendre compte. »
Le rouquin était loin de se douter que ses paroles avaient un fort impact sur son amie. Elle se mit à tout remettre en question et se dire que peut-être, oui, peut-être, Ron avait vraiment raison.
« Merci, les garçons. Ça m'a fait énormément de bien de parler de ça avec vous, plus que je ne l'aurais cru. Dit finalement Hermione en les prenant dans ses bras.
- On est tes amis, on est là pour ça. Répondit Harry avec un sourire bienveillant.
- Bon, et si on retournait là-bas? Proposa Ron. Je pense que Maman nous cherche partout et qu'elle va faire un infarctus si elle voit qu'on est tous les trois depuis plus de cinq minutes. »
Les deux autres adolescents approuvèrent d'un hochement de tête et le trio retourna vers la tente, où s'accumulait désormais une foule de gens.
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Le début de soirée était relativement calme. Fred observait les gens danser au rythme de la musique d'un air pensif. Il tourna la tête vers la table où étaient assis Ron, Harry et Hermione et se mit à admirer cette dernière. Cette robe lui allait à ravir et il ne comprenait vraiment pas pourquoi elle ne se pomponnait pas plus souvent. C'était un tel gâchis, une si belle fille...
« Tu as l'air déprimé, frangin. Fit alors remarquer George, à la droite de son frère.
- Si par déprimé, tu veux dire en train de désespérément regarder la fille que tu désires sachant qu'elle t'ignore royalement, alors oui, je le suis. Bougonna Fred, détournant son regard de la jeune femme.
- Pourquoi tu ne vas pas lui parler?
- La dernière fois que je suis allé lui parler, elle m'a giflé. Tu dois reconnaître que ça ne donne pas envie de retenter l'expérience.
- Va lui proposer de danser. Elle ne pourra pas te gifler si tu ravales ta fierté pour aller te ridiculiser sur la piste de danse.
- Merci beaucoup George, j'apprécie ton soutien.
- Je suis sérieux, Fred. Va la voir. Danse avec elle. Ça détendra l'atmosphère entre vous.
- Je sais pas si c'est une bonne id... »
Fred se coupa lui-même lorsqu'il vit Hermione discuter avec nul autre que Viktor Krum. Il s'était assis à côté d'elle alors que Ron et Harry étaient partis ailleurs et elle riait aux éclats avec lui.
« Je n'avais même pas vu que cet homme de Cro-magnon était là. Pesta Fred, sentant une bouffée de jalousie s'emparer de lui.
- On dirait qu'il lui fait du charme. Fit remarquer George.
- Encore une fois, merci frangin, c'est vrai que je ne l'avais pas remarqué tout seul.
- Arrête de râler dans ton coin et va la voir, bon sang!
- Trop tard. »
Viktor s'était levé et avait tendu sa main à Hermione, qui l'avait pris presque instantanément tout en se levant. Désormais main dans la main, les deux jeunes gens se dirigeaient vers la piste de danse. Fred les suivit du regard d'un air mauvais.
« On va pas se mentir, Krum a eu les couilles de faire ce que toi, tu as hésité à faire. Dit George avec une grimace.
- Bon, étonnamment, ta présence me met le moral à zéro donc je vais m'en aller. Ironisa Fred en se levant. »
Les mains dans les poches, il traîna des pieds jusqu'à l'extérieur de la tente et observa le ciel noir parsemé d'étoiles en respirant lentement. Après tout, qu'est ce qu'il en avait à faire? Hermione pouvait bien aller avec qui elle voulait. Tant pis pour elle. Elle voulait faire sa forte tête? Soit. Fred aussi savait jouer à ce genre de jeux.
Hermione s'amusait plutôt bien. Elle dansait dans les bras de Viktor Krum avec Harry, Ron et Luna Lovegood à leurs côtés et pour un moment, ils se sentaient comme des adolescents normaux sans problèmes et qui n'avaient pas besoin de s'inquiéter. Hermione entendit alors un fort rire et tourna instinctivement la tête pour apercevoir une des amies françaises de Fleur dans les bras de Fred. Il lui glissait des choses apparemment hilarantes à l'oreille. La Gryffondor se crispa à cette vision, ce que Viktor sentit.
« Ça ne va pas, Herrmioneuh? Lui demanda-t-il avec son fort accent bulgare.
- Si si, j'ai juste... La tête qui tourne, je vais prendre l'air. Dit-elle de façon hachée en se détachant aussitôt de lui. »
Le temps qu'il réagisse, Hermione était déjà loin de lui. Elle se fraya un passage dans la foule jusqu'à ce qu'elle réussisse enfin à sortir de la tente. Elle s'éloigna légèrement et s'appuya contre le premier arbre dans les parages. Elle sentait la colère monter en elle. Elle ne pouvait pas nier qu'elle était jalouse d'avoir vu Fred flirter avec une autre fille. Pour qui donc se prenait-il? Il y a seulement quelques mois, il lui avait dit qu'il l'aimait et maintenant, il s'amusait à draguer devant elle? Cet homme était décidément une blague à lui tout seul.
« Tu ne devrais pas rester éloignée de tout le monde. Entendit-elle soudain.
- Va-t-en. Cracha-t-elle, pleine de rancune.
- Waouh, quel accueil chaleureux.
- Ça t'étonne vraiment, Fred?
- Pas tant que ça, non.
- Qu'est ce que tu veux?
- Je t'ai vu partir toute seule dans le noir alors je t'ai suivi pour être sûr qu'il ne t'arriverait rien.
- Très altruiste de ta part. Ironisa la jeune femme d'un ton mauvais. Et qu'est ce que ta nouvelle conquête en pensait?
- Ma nouvelle conquête? La cruche qui rigolait comme une idiote à tout ce que je disais? Pitié, Hermione, même toi tu sais que je vaux mieux que ça.
- Dans ce cas, pourquoi ça semblait t'amuser autant?
- Tu me connais, tu sais que quand mon public m'apprécie, ça fait du bien à mon ego. Mais j'avoue que te voir jalouse est ce que je préfère.
- Je... Moi, jalouse?! Tu rêves. J'en ai rien à faire.
- Mais bien sûr.
- Laisse moi tranquille, j'ai envie d'être seule. »
Une fois ceci dit, elle croisa les bras contre sa poitrine et défia Fred du regard. Ce dernier, pas impressionné pour un sou, afficha un sourire narquois et se rapprocha d'elle.
« Je n'ai pas l'intention de partir. Fit-il savoir.
- Tu devrais, sinon tu risques de recevoir un coup de pied là où ça fait mal.
- Oh mais dis donc, c'est qu'on est devenue téméraire à ce que je vois! Pas besoin de recourir à de telles méthodes, cela dit.
- Dans ce cas, ne t'attarde pas et pars.
- J'étais sérieux quand je disais que je ne voulais pas te laisser seule à l'écart de tout le monde, Hermione.
- Je suis une grande fille, je pense que je saurai me débrouiller toute seule.
- Par le caleçon de Merlin, tu vas jouer à ça longtemps avec moi? Ce n'est pas épuisant, à force?
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
- Depuis que tu es arrivée, tu t'entêtes à m'ignorer ou être désagréable avec moi, parfois les deux à la fois. On n'a plus douze ans, comporte toi comme une adulte!
- La personne qui ne se comporte pas comme une adulte ici, ce n'est très certainement pas moi.
- Je ne pense pas, parce que contrairement à toi, je ne me voile pas la face sur ce que je veux vraiment.
- Et qu'est ce que tu veux vraiment, au juste?!
- Toi. »
Après avoir dit cela, il brisa les derniers centimètres qui le séparaient de la jeune femme et la pressa brusquement contre lui tout en la poussant contre le tronc d'arbre. Il l'embrassa soudainement et il fut ravi de constater que Hermione ne le repoussait pas et le serrait au contraire encore plus fort contre elle. Fred avait une main dans les cheveux de la Gryffondor et son autre main qui se promenait sur toutes les parties de son corps. Il s'attarda sur les zones sensibles de ce corps qu'il convoitait tant, se délectant des gémissements timides de la jeune femme. Cette dernière finit par le repousser brutalement loin d'elle, sans pour autant se départir d'une lueur de désir dans le regard. Tous deux décoiffés, ils se regardaient dans les yeux, le souffle court.
« Je te déteste, Fred. Lui lança-t-elle soudain, replaçant sa bretelle qui était tombée sur son épaule.
- Tu aimerais bien. Répliqua-t-il, essayant de calmer son désir grandissant. »
Hermione reprit ses esprits et se dirigea d'un pas décidé vers la tente sans plus un regard pour Fred. Ce dernier, un grand sourire aux lèvres, lui emboîta le pas quelques secondes plus tard et rejoignit son jumeau, qui le regardait d'un air inquisiteur.
« Alors? Lui demanda-t-il, les sourcils froncés.
- C'est dans la poche, frangin. Elle ne peut pas me résister. Annonça-t-il en montrant Hermione de la tête, l'air goguenard.
- Qu'est ce qu'il s'est passé? S'intéressa aussitôt George.
- Désolé, c'est moins de dix-huit ans. Dit-il simplement en faisant un clin d'œil à son frère jumeau.
- Ce n'est pas en me disant ça que tu vas atténuer ma curiosité! Protesta George. »
Le reste de la soirée se passa plus tranquillement. Hermione évitait encore plus Fred qu'avant, ce que ce dernier ne saisissait pas.
« Elle en avait autant envie que moi, je t'assure, je le sentais. Baratinait Fred à George, qui n'en pouvait plus de l'entendre s'apitoyer sur son sort. Je ne comprends pas pourquoi elle est encore plus distante qu'avant.
- Parce que notre petite Hermione est bourrée de principes et de valeurs et qu'elle s'est sans doute promis que durant tout son séjour ici, rien ne se passerait avec toi. Et elle a déjà brisé sa promesse alors elle doit s'en mordre les doigts.
- Elle ne pourra pas m'ignorer pour toujours. Il y a une trop grosse tension entre nous deux et on ne se débarrassera pas de cette tension d'aussi tôt. Elle va devoir ravaler sa fierté et admettre qu'elle a toujours des sentiments pour moi, même si elle prétend m'en vouloir.
- Elle ne prétend pas t'en vouloir, elle t'en veut vraiment.
- Elle essaye juste de s'en convaincre.
- Écoute Fred, arrête d'y penser et amuse toi tant que tu le peux. On ne sait pas de quoi demain sera fait. »
A peine le jeune homme eut dit ça, quelque chose d'horrible se passa. Les événements s'écoulèrent trop rapidement pour qu'ils puissent proprement réagir. Ils apprirent que Voldemort avait pris la tête du Ministère de la Magie, que Rufus Scrimgeour était mort mais surtout, que les Mangemorts étaient en chemin jusqu'ici. La panique s'installa et certains invités commencèrent à transplaner pour s'enfuir. Quelques instants plus tard, des Mangemorts firent effectivement apparition et ce fut le chaos. Hermione, tremblante de la tête aux pieds, s'empressa de rejoindre Harry et Ron et ils se mirent aussitôt d'accord sur le fait que c'était le moment, qu'il fallait qu'ils s'en aillent et commencent leur mission. Avant de transplaner, Hermione croisa le regard de Fred, qui les regardaient d'un air confus. Ce fut une image qu'elle garda à l'esprit tandis que le décor de la tente, du Terrier et de toute la famille Weasley disparut.
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24 Juillet 2015.
« C'était vraiment suicidaire de ta part de venir ici, qu'est ce qu'il t'est passé par la tête?
- Je voulais t'empêcher de faire une bêtise!
- Mais enfin Erwann, je ne serais jamais allée parler de nous à mes parents sans ton accord, tu le sais! C'est quelque chose que nous nous devons de faire ensemble.
- Dans ce cas, pourquoi tu as pensé à le faire ce matin?
- Je tâtais simplement le terrain, j'essayais de voir ce que ma mère pouvait en penser! Visiblement, ce n'est pas le bon moment pour leur dire donc ça restera encore notre secret un moment.
- Bien. C'est mieux ainsi. »
Gaia se passa une main dans les cheveux, plus nerveuse que jamais. Erwann semblait à bout également et faisait les cent pas dans la salle de bains, comme un lion en cage.
« On peut retourner dans ta chambre? Ça ne me plaît pas trop de laisser ma sœur et son copain tous seuls.
- Si tu veux. Répondit Gaia d'un ton sec. »
Comme pour sortir de sa chambre, l'adolescente s'assura que le couloir était vide avant de faire sortir son petit copain interdit et lui emboîter le pas. Ils retournèrent dans sa chambre, dans laquelle l'ambiance était gênante au possible. Grace feuilletait un magazine d'un air distrait, assise sur le bureau de Gaia, tandis que Maëva et Owen s'étaient assis côte à côte sur le lit, les yeux rivés sur le plancher.
« Deux Malefoy et un Nott, mes parents vont me tuer. Se lamenta Gaia.
- Ne te mets pas dans cet état là, ça va aller. Répliqua Grace en posant le magazine sur le bureau et se remettant debout.
- Facile à dire pour toi, ce n'est pas ton copain secret qui a débarqué à l'improviste chez toi alors que vos familles se détestent.
- J'avoue que je n'ai jamais été dans ta situation auparavant mais il y a une solution à tout. Nos trois invités surprises peuvent s'en aller aussi vite qu'ils ne sont arrivés et personne n'en saura jamais rien.
- Sauf qu'on ne compte pas partir tant que Gaia et Erwann n'ont pas arrangé les choses entre eux. Intervint Maëva.
- Mais qu'est ce que vous voulez arranger, au juste? Voulut savoir Grace, exaspérée.
- Rien! Explosa Gaia, qui n'en pouvait plus. Il n'y a rien à arranger, cette situation est sans issue et c'est foutu d'avance, cette relation est vouée à l'échec!
- Ne dis pas ça Gaia, on s'aime, ce n'est pas voué à l'échec! Protesta Erwann en la prenant dans ses bras.
- Ça ne marchera jamais entre nous! On repoussera toujours le moment de le dire à nos parents et au final, ils ne le sauront jamais et on sera tellement épuisés de se cacher qu'on se séparera et c'est tout, c'est ce qui va arriver!
- On finira par le dire à nos parents, Gaia. Et même s'ils ont du mal à l'accepter, cela ne nous empêchera pas d'être ensemble. Je t'aime, tu m'aimes, c'est tout ce qui compte.
- Si seulement c'était aussi simple...
- Je peux intervenir? Demanda timidement Grace en levant la main. Je suis d'accord avec lui, cousine. Vous leur annoncerez en temps voulu et tout se passera très bien, vous resterez ensemble le temps que vous êtes censés rester ensemble et pas besoin de se poser plus de questions. »
Gaia approuva en hochant de la tête, désormais plus calme. Erwann la prit dans ses bras à nouveau et cette fois-ci, elle passa ses bras autour de sa taille et posa sa tête dans le creux de son cou, apaisée. Grace les observa en silence, tout comme Owen et Maëva. A ce moment là, la porte s'ouvrit brusquement et Timothy débarqua avec un grand sourire.
« C'est l'heure du gâteauuuuuuu... C'est qui? Demanda-t-il d'une petite voix timide en se reculant, l'air apeuré.
- C'est personne mon poussin, c'est personne. Répondit aussitôt Gaia en se précipitant vers son petit frère pour l'amener dehors.
- Oh bon sang. Soupira Grace. Encore plus de problèmes...
- Je pense qu'on va s'en aller. Dit Owen.
- Oui, je pense que ça vaut mieux. Rétorqua ironiquement Grace en les dardant d'un regard noir. »
Owen fit signe à Maëva et Erwann de venir vers lui. Gaia retourna dans sa chambre en claquant la porte et s'appuyant contre celle-ci pour s'assurer que personne d'autre n'y entrerait à l'impromptu. Elle échangea un regard triste avec Erwann avant qu'il ne transplane avec sa sœur et le copain de cette dernière. Désormais seules à nouveau, Grace soupira violemment tandis que Gaia n'osait pas bouger.
« Eh bien, on peut dire que c'est une soirée riche en émotions! S'exclama-t-elle.
- Je vais mourir. Dit simplement Gaia, immobile.
- Mais non ça va aller, on va descendre manger le gâteau d'anniversaire de ton frère comme si de rien n'était et tu vas oublier ce moment plus qu'embarrassant pour t'amuser avec ta famille. D'accord? »
Gaia répondit par la positive et aussitôt, Grace la prit par les épaules et les deux jeunes filles sortirent de la chambre. Timothy était toujours dans le couloir, l'air perdu.
« C'était qui eux, Gaia? Demanda-t-il de sa petite voix.
- Des amis à nous, mon chéri. Répondit Gaia, tâchant de sauver la mise. Papa et Maman ne peuvent pas savoir qu'ils sont venus me voir alors ne leur dis pas s'il te plaît, oublie que tu les as vu. »
Le petit garçon hocha vigoureusement la tête. Gaia savait que compter sur le silence de son petit frère de cinq ans était légèrement ironique mais elle s'accrochait à la pensée qu'il était tout de même en âge de comprendre lorsqu'on lui disait quelque chose et de l'exécuter. Ils descendirent les escaliers pour rejoindre tous les autres. Une fois en bas, les jeunes filles restèrent bouche-bée face à la scène qui s'offrait à elles.
...
Et voilà! J'espère que ce chapitre vous a plu. J'ai prévu d'écrire seulement deux chapitres de plus et après, ce sera la fin de cette fanfiction. Merci à ceux/celles qui m'ont suivi depuis le début, ainsi que ceux/celles qui sont arrivé(e)s en cours de route et continuent de me soutenir. Rien ne m'a fait plus plaisir que de vivre cette aventure avec vous!
Je ne compte pas m'attarder sur la chasse aux Horcruxes pour les flash-back, étant donné qu'il n'y a rien à changer et qu'on sait tous comment elle s'est passée. Le présent aura donc une place plus importante. Surtout qu'une tempête arrive!
Je me permets de vous solliciter pour un petit quelque chose: j'aimerais beaucoup avoir une vidéo pour résumer cette fiction, une sorte de "bande-annonce". Est-ce que quelqu'un parmi vous sait comment faire des vidéos avec un logiciel et serait d'accord pour m'en faire une? Ce n'est évidemment pas une obligation, je pose simplement la question au cas où quelqu'un serait d'accord dès qu'il ou elle en a le temps. Envoyez moi un message privé si cela vous intéresse :)
A bientôt pour la suite!
Morgane.
