Deuxième partie de ma fanfiction confinement. J'ai décidé de poster deux fois par semaine, à savoir les Mercredis et Dimanches. Il y aura donc deux chapitres par semaine, c'est pourquoi j'ai quelque peu réduit la taille de ceux-ci, et j'ai décidé de faire une lettre par publication (lettre plus longue, évidemment.) La taille variera donc, parfois beaucoup plus longue, parfois de la longueur d'aujourd'hui. Et je continuerai jusqu'à la fin du confinement, avec, pour la conclure, une véritable fin. En attendant je vous souhaite une bonne lecture !
DK
Quand on a que l'amour
Confinement jour 31.
« Regina,
Aujourd'hui est le premier jour du mois le plus long. Hier encore, on expérimentait le confinement. Désormais, étant donné qu'il est prolongé, on vit ce que l'on connaît déjà depuis un mois. J'ai failli tuer ma mère hier, je te jure, je ne la supportais plus. Elle se comporte comme si j'avais 15 ans et qu'elle connaissait tout de moi, comme si elle était en droit de donner son avis sur un pan de ma vie. Non mais j'hallucine. J'ai plus de 30 ans, je suis une adulte, je n'ai jamais eu besoin d'elle auparavant, ce n'est pas maintenant qu'elle va pouvoir me donner des ordres ou me juger. Elle était où quand j'étais gamine et que je passais mes nuits à pleurer dans mon lit ? Elle était où quand je me faisais frapper, humilier, voler, quand je me suis retrouvée en prison, puis enceinte ? Elle était où quand tout allait de travers ? Bon, je sais où elle était maintenant, mais ça n'excuse toujours pas le fait qu'on m'est envoyé à travers une armoire magique pour être en mesure de sauver tout le monde. Je voulais juste une vie normale, même ensorcelée, ça m'aurait été égale.
C'est dingue comme ce confinement permet de tout remettre en question, de travailler sur soi. Je crois que ça m'a changé un peu, j'ai déjà beaucoup plus de rancœur. Et le fait d'écrire, enfin, de t'écrire tout ce que je ressens, j'ai l'impression que ça m'aide à l'atténuer, à l'exprimer, plutôt qu'à la confiner, comme tout le reste, au fond de moi. Je suis confinée, mais mes ressentis aussi, c'est marrant.
J'ai décidé de te parler comme à une espèce de journal intime, moi qui n'en ai jamais tenu de toute ma vie. C'est sans doute ridicule mais je veux essayer de repartir sur de bonnes bases après cette expérience. Saisir cette deuxième chance qu'on nous offre pour être quelqu'un de meilleure et de plus épanouie. Faire la paix avec moi-même et mon passé, pour espérer rencontrer un futur qui m'apaise.
D'ailleurs, c'est marrant, quand je pense à ce futur qui m'apaise, tu es la première à apparaître dans mes pensées, alors que tu es tout sauf apaisante. Tu es des braises en feu, un incendie criminel, une bombe atomique, une explosion fatale, tu es tout ce qu'il y a de plus électrique, de plus dévastateur. On ne vivrait pas un seul jour apaisant toi et moi, on se crêperait le chignon chaque seconde, on ferait l'amour le reste du temps, et ce serait tellement intense qu'on en mourrait avant d'atteindre quarante ans. Mais tu sais le pire dans tout ça ? C'est que j'en rêve, jour et nuit, j'en crève. Je rêve que ça. Te faire la guerre du matin au soir et m'endormir en subissant nos corps prendre la relève. On n'a rien d'apaisantes, toi et moi. Mais on se ferait du bien dans la tempête. Je suis sûre que ce serait délicieux.
J'imagine si tu lisais tout ça, je serais sans doute morte de honte. Tu voudrais sûrement me tuer d'oser penser tout ça, tu aurais sans doute peur que je te compromette. Peut être même que je te dégoutterais, après tout, je ne sais même pas si tu aimes les femmes. Peut être que c'était tabou dans votre monde, peut être que les gens comme ça finissaient pendus, ou au bûcher. Je n'ai jamais pensé demander à ma mère, c'est sans doute une mauvaise idée, elle finirait par penser que j'ai besoin d'un énième rendez-vous avec Archie.
Parce que oui, ma mère veut que j'aille voir Archie, une fois que tout ça sera fini. Selon elle, je garde trop de choses, je n'exprime pas ce que je ressens. Elle pense qu'elle a décelé quelque chose en moi que je n'avais jamais remarqué auparavant. Ce qu'elle ignore, c'est que c'est à cause d'eux que je suis comme ça. Je l'ai toujours été, je suis née cassée, abîmée. A quoi s'attendaient-ils, sincèrement ?
Quand on voit Blanche Neige dans le film du même nom, on l'imagine niaise, fade, et pas si jolie que ce que l'on prétend. J'ai du mal à voir ma mère en tant que la combattante que j'ai pu lire dans le livre d'Henry. Même si je l'ai vu à l'œuvre, je l'imagine encore trop comme la Mary Margareth maîtresse d'école de mon arrivée. Elle était adorable mais c'est le genre de fille avec qui je m'entends deux jours par semaine, avant de me lasser. Toi t'es de celles avec qui je m'entends la nuit sous les draps. Et le jour dans le canapé.
Rah, je deviens vraiment dingue, Regina. Il pleut depuis ce matin et mon moral est au plus bas. Si je descends, je vais me retrouver en tête à tête avec eux, et je n'ai pas envie de répondre à leurs interrogations, ni d'en créer de nouvelles. J'ai demandé à Henry si une vidéoconférence le tentait mais il m'a dit qu'il avait trop de devoirs… Et que tu m'avais défendu de l'aider à les faire. Ça Te fait toujours du mal qu'il m'aime, hein ? Alors que je sais qu'il a de la place pour nous deux. Imagine-nous, tous les trois… Ce serait le confinement parfait. Toi et moi, bloquées dans la même maison, sans pouvoir s'éviter. On finirait sans doute par s'entre tuer. Je suis sûrement trop bordélique, et toi trop parfaite. On serait parfaitement imparfaites ensemble. Tu serais le feu qui m'attiserait et je serais la glace qui t'apaiserait. Tu m'apprendrais la magie. Quelquefois j'imagine que ma magie déraille et que je parviens à atterrir chez toi, sans pouvoir repartir. Le confinement au pays des merveilles.
Pardon. Je ne voulais pas te rappeler ta mère.
C'est encore un jour sans toi, Regina…. Gina… Comment tu vis tout ça ? J'aimerais tellement le savoir, tellement le voir.
Ton Emma… ou ton aimant, à toi de voir. »
