Et voilà la troisième partie. Un peu plus courte mais le chapitre de mercredi prochain sera plus long. J'éspère que tout va bien pour vous et que vous tenez bon. Moi j'ai découvert il y a peu la série "Astrid et Raphaëlle", avec une scène de l'épisode 5 qui m'a fait penser à l'épisode SwanQueen où Regina sort du Granny et Emma la rattrape. (Même scène je vous jure!) Enfin bref, je divague, mais si vous cherchez une série à regarder, n'hésitez pas! Et bonne lecture d'ici là !
DK
Quand on a que l'amour
Confinement jour 32
« Regina,
J'ai parlé à Henry ce matin. Je n'ai pas pu résister, je lui ai demandé comment tu allais, comme ça, au détour d'une phrase banale. Il m'a dit qu'il te voyait peu, que tu travaillais beaucoup dans ton bureau et qu'il n'avait pas le droit de te déranger. Ça m'a rendu dingue. Je sais que ça ne va pas. Sinon tu serais occupée à jouer avec Henry, à profiter de lui comme jamais, pas à t'enfermer dans ton bureau jour et nuit à ruminer. Je suis sûre que la mairie ne te donne pas autant de travail que ça quand rien ne fonctionne à l'extérieur.
Si seulement tu passais ce temps là à penser à moi… On aurait quelque chose en commun. Je sais que tu aimes bien penser qu'on est trop différents, mais c'est faux. Je sais qu'on se ressemble beaucoup. On est fortes, toi et moi. On a vécu des choses difficiles qui ont fait qu'on s'est refermés sous une carapace de fer. On ne laisse personne y rentrer. On ne fait confiance à personne. On se bat comme des lionnes acharnées, on en fait trop tout le temps. Je sais que toi tu aimes, tu aimes tellement fort que tu te blesses. Tu prends tout trop à cœur, sans jamais le montrer. Moi je ne prends rien, jamais, et mon cœur est plus vide qu'une coquille. Alors que le tien déborde mais tu voudrais le voir vide. On est pareil au fond, on se complète, on se colle. On est deux pièces d'un même puzzle. Mais toi tu n'en sais rien. Tu ne sais pas comment chaque jour je découvre que l'on est faites l'une pour l'autre. Loin de toi, comme ça, ça me parait tellement évident. Tout est écrit depuis le début, on est liées. On n'a pas vu les signes, les cygnes… Tu ne les verras sans doute jamais.
Je sais comment c'est la vie avec toi Regina, en tout cas je sais comment ce serait. Tu ne me laisseras jamais la moindre place dans ton cœur. Je suis la fille de tes pires ennemies, tu aurais trop peur que je te blesse, trop peur de me donner le pouvoir de te détruire, trop peur de te montrer faible devant moi parce que ce serait te montrer faible devant eux. L'amour est une faiblesse, je sais. On te l'a tellement répété que tu ne sais plus comment on peut aimer autrement. Tu ne sais plus aimer du tout, pas même toi. Mais dieu ce que tu sais qu'on peut t'aimer et devenir fou pour toi.
Je regrette presque le jour où je suis entrée dans ta vie. Je regrette, parce que c'est moi qui t'ai donné le pouvoir de me détruire. J'aurais voulu être aveugle pour ne jamais voir ta beauté, j'aurais voulu être sourde pour ne pas être sensible à ta voix. J'aurais voulu mourir plutôt que de te connaître, toi. Tu sais, c'est comme Ycare qui s'approche trop prêt du soleil, je me suis brûlée trop prêt de toi. On ne devrait jamais te voir, pas même une fois, parce qu'en te connaissant, on a toujours envie de te revoir. Et on imagine ce qui se cache sous les tenues cintrées, on imagine si tu es du genre à attiser la pensée en cachant des dessous de luxe, ou si tu es tellement machiavélique à ne rien porter du tout.
Tu vois à quoi j'en suis réduite, Gina ? A imaginer ce que tu portes, à imaginer ce que tu penses. A t'imaginer à dix-sept ans à galoper sur un cheval, le sourire au bout des lèvres et l'amour en plein cœur. Aujourd'hui tu as le cœur au bout des lèvres et le sourire de la rancœur. Je t'offrirais le mien si je pouvais.
J'ai renversé mon verre de vin dans mon carnet. Alors désormais il y a une tâche de vin en plein milieu. Tâche que je suis obligée de contourner pour que ce que j'écris soit lisible. Tu vois, même ça, tu ne me laisses pas le faire correctement. Même quand tu n'es pas là, je fais n'importe quoi. Tu m'énerve même quand je te ne vois pas, quand je ne te parle pas. Tu imagines que ça fait 32 jours que je n'ai plus entendu le son de ta voix ? Quand tu m'insulte, tu me manques. Quand tu me crie dessus, quand tu me juge, quand tu me dénigre, quand tu m'aboies dessus, quand tu t'énerves, quand je te rends dingue. Quand tu m'approches d'un peu trop prêt. Quand tu veux me frapper, m'étrangler, me tuer. Tu me manques. Tu me manques terriblement. Et tu es tellement si proche… J'aimerais juste un signe pour savoir si tu vas bien. Ou au moins savoir que tout ne va pas trop mal. Tu devrais savoir que je suis là à tout moment, que tu peux m'écrire, m'appeler. Mais sans doute serait-ce trop à offrir. Regina Mills ne dit pas quand tout va mal. Sans doute fais tu comme moi à noyer tes peines dans un verre de vin rouge. Ou plusieurs. Je voudrais frôler ton verre juste pour frôler tes lèvres.
Tu es mon verre de vin rouge.
Emma. »
