Et voilà la suite, les sentiments d'Emma se décuplent de jour en jour. Ca vous dirait une journée depuis le point de vu de Regina ou vous préferez que je continue avec Emma ? En attendant, j'espère que tout va bien pour vous et que vous tenez bon en cette période. Si vous vous sentez seules, que vous avez besoin de parler ou autre, n'hésitez pas à glisser dans mes mps.

Bonne lecture,

DK


Quand on a que l'amour


Confinement Jour 33 :

« Gina,

J'ai rêvé de toi cette nuit. A vrai dire, j'ai rêvé de toi toutes les autres nuits. Tu sais, c'est comme une présence bancale, comme si tu me consolais dans mes nuits à défaut de ne pouvoir le faire de jour. Je sais que c'est faux, mais ça me fait du bien de le croire. J'aime bien m'imaginer que tu m'observes à travers les miroirs pour voir si je vais bien, que tu te connectes à mes rêves la nuit pour faire ce que tu n'oses pas faire quand tout le monde est éveillé, je m'amuse à croire que tu lis tout ce que j'écris et que c'était un carnet magique comme dans Harry Potter, à travers lequel on pourrait communiquer. Mais non. Tu n'en as sans doute rien à faire de moi. Et moi, je cours vers un mur de béton, la tête la première, et je sais d'avance que le choc sera brutal. J'ai tellement besoin de parler de ça à quelqu'un. Tellement besoin que quelqu'un sache que je suis éprise de la grande Regina Mills. C'est comme les amours de jeunesse, j'ai besoin de le crier sur tous les toits pour m'assurer qu'il existe. Même si j'avoue que les amours de jeunesse n'ont jamais eu cet effet là sur moi. J'ai bien aimé Neal, c'est sûr, mais il faut avouer que ce n'était pas une histoire vouée à bien se terminer. De toute façon, le destin en a décidé autrement à notre place. Je ne suis pas sûre que tomber sous le charme de l'Evil Queen soit plus sain, mais je m'en fou, tu es juste Regina à mes yeux.

Puis merde, j'en ai marre d'être si niaise. J'ai l'impression de me décomposer et de n'être plus moi-même. Mais je suis toujours moi, toujours Emma Swan. Tu me fais peur Regina. Tout ce que je ressens pour toi me fait peur. Et pourtant je suis toujours enfermée ici, presque avec moi-même et tous ces sentiments qui font trop de bruit, à m'en donner mal au crâne. Je te veux toi, Regina. Je m'en moque si c'est pour une nuit, trois nuits, ou pour la vie, je veux juste te connaître au moins une nuit. Juste une. Tant pis si après ça on recommence à agir comme deux étrangères, je veux juste avoir le luxe, la chance, de te connaître sous les draps pendant un instant. Avoir le sombre bonheur de pouvoir toucher ta peau, au point d'en connaître chaque parcelle, au point de savoir où se trouve chaque petit grain de beauté, de pouvoir en tracer les contours, pouvoir t'observer à la lueur de la lune, voir tes cheveux en désordres, tes traits déformées par un plaisir dont je serai la seule responsable.

C'est mon unique souhait. Putain, s'il existe vraiment une entité capable de nous entendre et réaliser ce que l'on demande, alors c'est tout ce que je désir une fois ce foutu confinement terminé. Je n'ai jamais été exigeante, je n'ai jamais rien demandé. Je sais qu'après ça, je serai tombée, je serai littéralement au sol, mais ça en vaudra la peine. Tu en vaux tellement la peine.

Et voilà que je t'imagine dans un gros paquet cadeau, totalement nue avec un flot rouge autour du corps, comme si c'était Noël. Si tu pouvais voir à quoi je pense, je suis sûre que tu jugerais que c'est une raison valable pour me tuer. Et c'est tant mieux qu'on ne puisse pas savoir à quoi les autres pensent, et tout aussi merveilleux de pouvoir penser autant qu'on le veut, mais j'aurai beau t'imaginer comme je le souhaite, ce sera tellement peu comparé à ce que je pourrais ressentir en le vivant réellement. Tu es un véritable tsunami qui dévaste tout sur son passage, un séisme qui fait tout trembler, une météorite qui débarque à pleine vitesse et fait des dégâts à des kilomètres à la ronde, tu es une tempête qui souffle son charme de toute ses forces, une catastrophe naturelle, aussi fascinante que dangereuse. Tu seras ma mort, mais ce sera la mort la plus délicieuse, j'en suis persuadée.

Mais en attendant j'écume mon énième verre de vin et je n'en ai même pas renversé. Ma mère s'inquiète de me voir boire si souvent, mon père, lui, ne dit rien. Si tu savais comme j'aimerais qu'ils arrêtent de penser parfois. Je me sens comme un oiseau en cage, les ailes blessées, mais quand je pense à toi, j'arrive à sourire, comme si je pouvais m'envoler. Puis je réalise, qu'à défaut de n'être dotée d'ailes, je voudrais être dotée d'elle. De toi.

En ce moment ce sont les nuits des étoiles filantes. Je n'ose même pas regarder par ma fenêtre, de peur d'en voir une, j'aurais trop peur de faire un vœu, d'avoir de l'espoir, d'être idiote au point de croire qu'il se réalisera, et puis plus rien. De voir que j'ai espéré, de voir que si la magie et les mondes parallèles existent, une chose aussi bête qu'un vœu quand on voit une étoile filante n'est qu'un simple mythe. Ou peut être aurais-je peur qu'il se réalise.

Je repense au vœu que j'ai fait le soir de mes vingt-huit ans et tout ce qui s'est passé depuis. Je flippe comme une enfant de bouleverser tout à nouveau. Le libre arbitre, ils disent. Si ça se trouve, encore une fois, je suis manipulée, je ne contrôle rien ? C'est mon destin de fondre pour toi, d'être avec toi, ou alors de me faire briser le cœur à nouveau et de finir mes jours comme Killian dans une vieille taverne à me nourrir exclusivement de Rhum et de minettes qui ont la moitié de mon âge.

Je n'en sais rien, Regina… Gina… Est-ce que j'ouvre cette foutue fenêtre et je m'essaye à croire qu'on a une chance toi et moi ? Est-ce que je résisterais à nous ? Est-ce que ce n'est pas moi qui vais te briser le cœur et te faire tellement de mal que tu redeviendras celle que tu étais ?

Sache que ce n'est pas dans mes intentions. Volontairement, je ne te ferai aucun mal, jamais. J'ai tellement le cœur en miette quand j'imagine que tu pleures, que tu puisses être triste. Tout ce que je veux c'est te voir sourire, te voir et t'entendre rire aux éclats, te savoir heureuse, des papillons dans l'estomac, des étoiles dans les yeux.

Qu'est-ce qu'ils sont cons ces papillons… Je n'ai pas ressenti ça depuis des années. Je ne sais même pas si je ressens ça parce que j'aime l'idée d'être avec toi, ou parce que… j'aime plus que cette idée-là.

Je ne pourrais jamais faire de grandes déclarations et finir mes lettres par une petite formule bateau que les gens qui craquent balancent à l'être désirée. Mais je peux te dire ça.

J'aime l'idée d'être avec toi.

Emma. »