Et voilà la suite, je suis désolée de ne pas avoir posté dimanche, c'était quelque peu compliqué, j'ai eu un gros pic d'anxiété et j'ai été incapable d'écrire de tout le week-end, j'y arrive seulement aujourd'hui, puisque ça va mieux. Je poste la suite demain soir ou jeudi sans faute. Ce Dimanche, il y aura l'intervention de Regina, ou tout du moins, un chapitre de son point de vu, ce qui va quelque peu changer la tournure de cette fanfic car je ne sais pas si je garde le côté épistolaire ou si je le bouleverse quelque peu pour insérer de la narration. Si vous avez un avis là dessus, n'hésitez pas. En tout cas je suis très contente de lire vos reviews et vos messages sur cette histoire, ça me fait énormément plaisir. J'espère que tout va bien pour vous et que vous tenez le coup. En attendant, je vous laisse de ce pas avec la suite, en vous souhaitant une bonne lecture,

DK


Quand on a que l'amour


Confinement, jour 35:

« Gina,

Je te déteste. Si tu savais comme je te déteste. Je suis sortie faire les courses aujourd'hui, j'avais besoin de prendre l'air, je devenais dingue. Je t'ai vu de loin, encore une fois. J'arrivais à peine au magasin, que toi, tu en partais, dans ta voiture aux vitres teintées, j'ai à peine vu ton visage, mais j'ai reconnu ta plaque. J'en connais les numéros par cœur, tu dois me prendre pour une folle. Je me suis dit que tu ne m'avais peut-être pas vu, sinon tu aurais sûrement ouvert ta vitre pour me faire un signe de la main. Puis je me suis souvenue que ce serait prendre mes rêves pour une réalité si tu avais fait ça. Regina Mills n'ouvre pas sa vitre pour faire un signe de main à Emma Swan. Mais moi je t'en ai fait un, comme si tout était normal. Comme si tout était comme dans ma tête. Un signe sans retour, sans réponse, je te déteste.

J'ai pensé que cette épreuve nous rendrait tous plus humains à la longue mais plus le temps passe et plus j'ai l'impression de me déshumaniser. Je deviens une machine. Chaque jour les mêmes gestes inconséquents. On se lève sans but pour simplement faire passer le temps, passer le jour, avant qu'il ne soit l'heure de se coucher à nouveau, et de dormir, pour faire passer le temps, passer la nuit. Passer notre vie, à attendre que ça change et à attendre que tout revienne à la normale. Tous les jours se ressemblent mais en même temps chaque jour est différent car on ne sait pas ce qu'il nous réserve. Je suis une machine à penser à toi, parce que chaque matin, tu es mon café, chaque soir tu es ma berceuse, c'est devenu vital. Tu es devenue vitale en pleine pandémie.

Mais tu sais ce qui est le plus fou désormais ? C'est qu'écrire le mot « pandémie » dans une lettre me paraît plus dingue que l'idée d'être accro à toi. Je peux écrire presque sans accroc être accro à Regina Mills, mais le reste, non, c'est trop absurde, on ne lit ça que dans les livres de science-fiction. On est juste en plein rêve. Et quand je me réveillerai, tout sera normal, et nous, on se détestera comme avant. Enfin, de ton côté, ça ne changera pas, mais quand je me réveillerai, tu me seras complètement indifférente, et je pourrais continuer à agir n'importe comment, je pourrais arrêter de te faire des signes minables quand je te vois passer, et arrêter de passer des heures à ma fenêtre à espérer te voir passer.

Gina, Gina… Tu sais ce fameux jour où j'ai failli te frapper lorsqu'on était à l'hôpital, et qu'Henry était plongé dans le coma (par ta faute. Je te déteste aussi, encore, pour ça.), j'ai voulu te frapper, j'aurais même pu te tuer, mais j'avais encore plus envie de t'embrasser que toute mes autres volontés. Je voulais t'embrasser, te mordre, coller mon corps au tien et te faire tellement mal dans cette réserve que ça m'aurait fait un bien fou. J'avais tellement chaud, de rage et de désir, j'ai cru me consumer sur place. Et je me suis demandé comment toi tu n'avais pu ne rien ressentir ce jour là et tous les autres jours où j'ai cru brûler quand nos regards se croisaient.

A chaque fois, c'est comme ça, nos regards se croisent et je prends feu de l'intérieur, c'est comme une décharge électrique. Toujours, on soutient le regard de l'autre, tes pupilles s'assombrissent et mon dieu, ça me fait devenir dingue. Je me retiens pour garder le contrôle, pour avoir un semblant de contenance, mais mon seul désir, à ces moments précis, c'est de plonger sur tes lèvres et te faire l'amour comme j'en ai toujours rêvé. Te faire l'amour comme on ne t'as jamais fait l'amour. Te faire oublier tous les monstres qui ont pu croiser ton chemin, tout ceux qui ont privilégiés leur plaisir plutôt que le tien, puis tous les autres qui n'ont jamais pu te combler. Tu aimerais tellement ça que tu te souviendrais pour toujours de la sensation de crier le prénom « Emma. » Tu l'aurais au bout des lèvres, chaque nuit, et rien que la sensation de t'imaginer gémir me donne envie d'atterrir dans ton lit d'un claquement de doigt. J'ai l'impression d'être vraiment trop folle pour ce monde.

Tu crois que c'est seulement le manque de sexe qui parle ? Peut être que je crois être folle de toi juste parce que tu es charmante, incroyablement sexy et attirante, mais qu'une fois une nuit d'enfer passée avec toi, je réaliserais que tout ce qui me manquait, c'était le sexe, rien que le sexe ?

Sûre que t'es trop addictive pour être juste le quelqu'un d'une nuit. Tu es forcément un « encore » et pas une « rien qu'une fois. »

Mais rien qu'une fois, je voudrais sortir d'ici et te retrouver, juste pour te voir, même cinq secondes. Alors que si je faisais ça, encore une fois, je n'aurais pas même un signe de toi, pas même un sourire, pas même une attention. Je n'existe pas dans tes prunelles infernales. Je dois être tellement insignifiante pour toi. Le jour où tu lieras ça, je me ferai surement couper les yeux pour ne pas lire la honte sur ton visage. Imagine, tu dirais quoi si tu savais Emma Swan folle de Regina Mills ? EMMA SWAN, bordel ! Tu réalises ? Je trouve l'expression « folle de toi » colle très bien à la situation. Je suis complètement folle. Il n'y a rien de sensé là-dedans. Il faut forcément être dingue pour s'enticher de quelqu'un de cette façon et y penser tellement qu'on ose s'oublier soi-même.

Je m'oublie à travers toi, et j'en viens presque à espérer chaque soir, que tu puisses me voir, voir mon désespoir, et y mettre un terme en me jetant un sort d'oubli pour m'éviter autant de tourment.

Mais te connaissant, tu me laisserais souffrir comme une dingue, rien que pour te sentir importante aux yeux de quelqu'un, pas vrai ? Et puis j'avoue sensiblement aimer la sensation que j'éprouve quand je pense à toi. J'ai cru que mes genoux allaient m'abandonner ce matin quand je t'ai vu, ou presque vu. Tu sais, comme une adolescente. Mon cœur battait à tout rompre, ma tête me tournait, les papillons se déchaînaient dans mon ventre, j'étais heureuse, follement heureuse. Juste avant que tu m'ignores. Mais j'étais heureuse, presque pour la première fois depuis le début de cet enfer.

Tu es mon enfer personnel, niché au creux de moi-même. Avoue, j'ai vendu mon âme au diable ?

Emma. »