De nouveau la suite, avec un peu de nouveauté dans les élucubrations d'Emma. J'éspère que ce chapitre vous plaira, en attendant je vous retrouve Dimanche pour le chapitre du point de vu de Regina. Bonne fin de semaine et bonne lecture,
DK
Quand on a que l'amour
Confinement jour 37 :
« Gina,
Je commence cette lettre après avoir enfin vu ton visage au travers d'un écran, et je dois écrire tout ce que j'ai pu ressentir, ancrer chaque seconde sur du papier pour le relire et m'en rappeler à chaque fois que le cœur m'en dit.
J'avais rendez-vous avec Henry par webcam à 15h et puisqu'il était sur sa tablette, il s'amusait à aller et venir dans toute la maison pour me montrer Régal. Un petit chaton noir abandonné que vous avez trouvé devant votre porte. Henry me dit que tu ne voulais pas le garder, mais qu'en insistant bien, tu as fini par craquer.
Il dit aussi que le chaton ne te quitte plus, et qu'il t'a surprise à le caresser. Je savais bien que tu étais du genre à te laisser attendrir par la bouille d'un chaton. Henry dit qu'il est tout noir et qu'il te ressemble un peu, j'avoue que ça m'a fait rire.
Il a donc parcouru la maison à la recherche du dit-Régal pour me le montrer, et j'ai cru que j'allais faire un arrêt cardiaque quand je l'ai vu entrer dans ton bureau. Il ne tenait pas la tablette correctement, par conséquent je n'ai vu que tes longues jambes habillées d'un collant transparent les premières secondes, puis lentement la tablette s'est redressée pour montrer un chaton noir allongé sur tes genoux. Henry avait mis la tablette si proche que j'avais presque l'impression d'être là, de pouvoir te toucher si j'avançais le bras. Je t'ai entendu disputer Henry et lui demander ce qu'il fabriquait d'un ton un peu froid, et Henry répondre qu'il voulait me montrer le chat.
Après quelques secondes de silence, je t'ai vu prendre la tablette et c'est ton visage que j'ai vu apparaître. Mon dieu, j'ai cru défaillir. Tu avais les sourcils froncés comme à chaque fois que tu désapprouves quelque chose, où que tu me vois. Tes lèvres toujours peintes d'un rouge sublime qu'on a envie de voir apparaître sur les nôtres. Ton parfait brushing. Tes yeux à en faire pâlir plus d'un. J'ai vraiment cru défaillir.
Tu m'as fixé un moment avant de dire « Bonjour Miss Swan. » et puisque je n'ai pas répondu, je t'ai presque vu agacée « Vous avez perdu votre longue ? », tu as renchéri. Et je suis sortie de ma transe en entendant Henry faire un commentaire sur mes joues rouges, prétendant que j'allais exploser. C'est à ce moment-là que j'ai repris contenance, prétextant que l'on avait un problème de chauffage.
C'est aussi à ce moment là que le chat Régal a décidé de se réveiller, redressant son museau pour venir donner de tendres coups de tête contre ton cou, te décrochant un sourire qui failli me tuer. C'était comme si mon cœur s'était stoppé, j'en avais oublié comment respirer.
Tes traits s'étaient détendus, tu semblais apaiser. Je te voyais sourire naturellement presque pour la première fois. J'ai vu tes doigts se déplacer sur le pelage noir pour le caresser, et dieu ce que j'avais envie d'être ce chat.
Mais j'avais l'air ridicule depuis trop longtemps déjà, alors plutôt que de me perdre dans les méandres de tes doigts, je me suis autorisée à parler. « Alors c'est lui le nouveau membre de la famille Mills ? », tout en esquissant un sourire que je voulu spontané, mais ma mâchoire était encore trop crispée, j'étais trop tendue. Et j'étais heureuse de voir que tu l'avais remarqué. Tu remarques toujours tout.
« Vous allez bien Miss Swan ? », c'était comme une nouvelle mélodie divine à mes oreilles, j'avais presque envie de l'enregistrer en tant que sonnerie sur mon téléphone. Mais j'ai bégayé, j'ai ouvert puis refermé la bouche, tu me regardais toujours, tu me fixais même, sans cligner des yeux. J'ai répondu un petit « Bien sûr, tout va bien. » mais ça n'a pas l'air de te convaincre, alors j'ai souris, puis j'ai soutenu ton regard, en me disant que c'était sûrement la seule fois avant longtemps. Tu étais si belle, et moi si minable.
Tu m'as simplement dit de me reposer, et que tu aimerais me parler plus tard dans la semaine, par téléphone. Encore une fois, j'ai cru mourir. J'ai hoché la tête comme une enfant de cinq ans, et le tourbillon Henry a repris sa tablette, courant vers une autre pièce pour me montrer ses constructions de Lego, pendant qu'au loin, je me voyais m'éloigner de toi, toujours assise à ton bureau, en train de reprendre ton travail comme si je n'avais été qu'une parenthèse.
Une si douce parenthèse. J'ai ancré les images de cette entrevue dans ma mémoire. J'ai même réussi à appuyer sur « Imprim écran » afin d'avoir une photo de toi à contempler dans mes nuits noires.
Tu as dit que tu voulais me parler. Même si c'est pour me crier dessus, je serai là.
Ça fait plusieurs heures maintenant, depuis notre entrevue à trois, et pourtant mon cœur bat toujours aussi fort. J'ai un sourire idiot pendu sur mes lèvres et je trouve que je ressemble un peu trop à mes parents, comme ça.
Je pense à ce chaton qui a la chance de passer ses nuits au creux de tes bras, de voir ton visage de jour comme de nuit, de se faire cajoler à chaque moment de la journée et la chance d'entendre et de voir chacun de tes secrets. Ce que j'aimerais être un chat parfois.
Ce que j'aimerais être à toi.
Emma. »
