Avec un malheureux petit jour de retard, voici la suite, du point de vu de Regina. Je ne sais pas encore si le prochain chapitre sera du PDV d'Emma ou de Regina, mais je pense alterner parfois, peut être. Ca m'a pas mal amusé de changer de point de vu ici, en tout cas. :-) Je vous souhaite donc une bonne lecture et sur ce je m'en retourne à mon visionnage des primes de la Star Academy 1. :D

DK


Quand on a que l'amour


Confinement jour 39 :

PDV Regina

« Miss Swan.

Plus les jours passent et plus je me demande si vous faites exprès d'être idiote ou si c'est non- intentionnel ? Ce dont je doute fortement. Ça fait des mois que vous pratiquez la magie, vous la ressentez, mais vous êtes toujours incapable de savoir que à trop penser à quelqu'un, on finit par se faire entendre. Je vous entends. Bien trop fort à mon goût.

Du matin au soir vous vous lamentez, je vous entends penser mon nom si fort qu'il m'en donne des migraines à toute heure. Alors ressaisissez-vous, que sais-je ?

J'avais dit que je voulais vous parler mais je n'ai pas la force de vous entendre ni de vous écouter, c'est pourquoi je vous fais parvenir magiquement cette lettre, qui je l'espère, saura vous remettre sur le droit chemin. Je dirais même DEVRA vous remettre sur le droit chemin.

La magie est complexe, Miss Swan. Et dans les situations désespérées, elle a tendance à prendre le contrôle sur nous, au point qu'elle puisse nous dépasser totalement. Vous avez pensé à moi si fort que vous avez eu besoin de l'écrire pour extérioriser. Ces pensées, bien qu'écrites, me sont parvenues. Mais vous l'ignorez jusqu'à maintenant.

J'ai lu vos premières lettres quelque peu perplexe, je m'attendais à une mauvaise blague, une soirée passée à boire un peu trop, de votre cotée. Je ne vous ai pas prise au sérieux. A la deuxième lettre non plus. A la troisième, j'ai commencé à douter. Elles m'apparaissaient toujours quand j'étais seule, quand je me sentais seule. Mais je me tairais bien de vous l'avouer. Vous êtes une idiote.

J'étais bien dans cette solitude palpable. J'y étais habituée. Vous n'aviez aucun droit de débarquer avec vos lettres et vos jolis mots et me faire croire que je suis une de ces étoiles qui fait briller tout un ciel au-dessus de vous. C'est mesquin, hypocrite, égoïste.

Vous pensez que je suis sans cœur, que je ne peu pas aimer, que je n'aime pas. Détrompez-vous. Vous dites aussi que si j'aime, j'aime si fort à m'en faire mal, et vous êtes une des seules à avoir compris ça.

Je mentirais si je disais que ça ne m'a pas fait du bien de lire ce que vous pensiez de moi. Ça faisait bien trop longtemps que je ne m'étais pas senti importante aux yeux de quelqu'un. Mais vous êtes malgré tout ça une idiote. Si vous aviez connu ma mère un peu plus longtemps, vous auriez su à quel point raison lorsqu'elle disait que l'amour est une faiblesse. Si vous en souffrez déjà aujourd'hui, imaginez comment vous en soufrerez lorsque tout retournera à la normale. Ce n'est pas une situation comme celle que nous vivons qui doit vous faire baisser vos barrières. Au contraire, vous devez les renforcer.

Vous dites aussi que vous ressentez ce courant électrique entre nous. Il est inévitable. Je le ressens moi aussi. C'est votre magie qui répond à la mienne. Ma magie qui veut se mêler à la vôtre. Et vous l'interprétez comme si c'étaient vos doigts qui voulaient se mêler aux miens, votre corps qui voulait se coller au mien. Vous avez tort. Rien de bon ne peut découler de vous et moi. Je vous détruirais, comme j'en ai tant détruit.

Ressaisissez-vous. C'est ce que je vous dirais. Mais parfois la nuit je me laisse à penser à ce que serait ma vie si je vous laissais y entrer, rien qu'un peu. Et je me surprends à apprécier des caresses sur ma peau de votre part. Mais je suis persuadée que même dans votre sommeil vous êtes agaçante.

Vous êtes vraiment agaçante. Car même à distance, vous me pourrissez la vie. Regardez-moi. Je vous écris en cachette pendant qu'Henry travaille. Je vous écris une lettre que je ne vous donnerai jamais. Je me fatigue à perdre mon temps à écrire à quelqu'un que je déteste.

Je dois dire que j'aime énormément savoir que j'ai ce pouvoir sur vous, c'est terriblement excitant. Le pouvoir de savoir que si je mets un décolleté plus prononcé, vous allez rougir, si je croise ou décroise mes jambes, vous allez avoir chaud. Si je plonge mon regard dans le vôtre, votre cœur va manquer d'éclater sans que j'aie besoin d'y glisser mes doigts. J'imagine le simple fait de vous toucher, et ça me laisse la douce image de votre corps qui se consume.

Si vous et moi nous existions, ce serait pour une nuit, Miss Swan. Rien qu'une nuit. Vous ne seriez pas capable d'endurer plus. Et si vous réussissiez à me donner un minimum de plaisir, il est certain que vous ne parviendriez pas à recommencer.

Et puis, vous n'en auriez pas l'envie. A la fin de ce confinement, vous prendrez le temps de réfléchir et vous réalisez que vous vous êtes trompés, que la solitude vous a fait croire à des choses que vous ne ressentez pas réellement. Vous réaliserez que votre imagination vous a joué des tours. Et qui souffrira à la fin, dans cette histoire à sens unique ?

Bien sûr, vous n'y pensez pas quand vous écrivez vos lettres minables. Vous ne pensez qu'à vous, qu'à vos pseudo-sentiments. Vous et votre veste immonde. Vous et vos foutus abdominaux. Vous et votre foutue grossièreté.

Ne vous attaquez pas à un poisson plus gros que vous lorsque vous ne savez pas comment vous y prendre. N'essayez pas d'user de mots et de charme sans pouvoir résister à ceux de la personne face à vous. Les mots sont dangereux quand on ne sait pas les manier, et les faux espoirs sont la pire torture qui existe pour le cœur.

Tâchez de vous ressaisir, Miss Swan avant que je ne parvienne à vous saisir. La seule qui regretterait toute cette histoire, si elle se produisait, ce serait vous, et vous seule.

Vous êtes bien trop fragile pour me laisser vous détruire,

Et peut être bien trop précieuse, pour me laisser vous nuire.

Dans une autre vie, peut-être.

Dans cette vie-là, mieux vaut vous tenir éloignée et tenir éloignée votre main du papier, pour ne pas faire rêver de trop près celles qui ont arrêtés de croire au prince charmant.

Je vous promets que dans mes rêves, nos nuits sont aussi belles que vous les décrivez. Simplement, ce sera mon petit secret.

Regina. »