Nouvelle partie en retard, je vous l'accorde. La suite ce dimanche, et ce sera le dernier chapitre (normalement.) Je vous souhaite donc une bonne lecture et merci encore pour vos reviews.

DK


Quand on a que l'amour


Confinement jour 50 :

« Regina,

Je sais, j'ai mis dix jours avant de parvenir à comprendre toutes les subtilités de ta (ou dois-je te vouvoyer à nouveau ?) lettre. Je ne savais pas si je devais écrire à nouveau, ou ne plus écrire du tout. Alors en lisant ta lettre, j'ai d'abord arrêté d'y penser, je me suis forcée à refouler chaque pensée te concernant au fond de mes méninges. Puis j'ai avancé comme ça les dix jours suivants. Mais aujourd'hui, j'avais envie d'écrire à nouveau. Après tout, tu as déjà lu le plus intime, je ne vois pas ce qui pourrait être pire.

Sache que j'ai pensé chaque mot écrit dans ces lettres. Ce n'est pas le retour à une situation normale qui me fera changer d'avis. Ce que l'on vit actuellement m'a juste fait me rendre compte de quelque chose que je ne voulais pas m'avouer.

Tu dis également que tu ne voulais pas me parler de vive voix ni me donner cette lettre en main propre, et finalement, elle m'est parvenue malgré tout. La magie… Décidément je crois que je n'en comprendrai jamais toutes les subtilités. J'ose croire que cette lettre te parviendra donc, comme toutes les autres sans que je n'aie besoin de faire le moindre effort. C'est drôlement pratique, même si j'avoue que j'aurais pu me passer de toute cette honte que j'ai ressentie, lorsque j'ai compris l'objet de ta lettre.

De la honte. Ou du désarroi. Je me sens trahie. Tu as lu en mon âme en lisant toutes ces lettres. Tu aurais pu lire le début, comprendre de quoi il s'agissait, et jeter les autres, ne pas y accorder d'importance, comme tu le fais si souvent lorsqu'il est question de moi. Tu sais très bien m'ignorer.

Et puis ensuite, tu dis qu'on serait belles pour une nuit. Moi j'ose croire qu'on serait encore plus belles pour un petit bout de vie. Tant pis si nos nuits ne durent que quelques jours, des semaines, des mois, ou à peine quelques heures, je regretterais une nuit qui n'existerait pas.

Je ne me suis pas trompée. Je sais ce que je veux et je ne vais pas fuir une fois que tout sera redevenu comme avant. Grace à toi, à tes yeux mal placés sur mes écrits personnels, j'ai réalisé que j'acceptais. J'accepte ce que je ressens, j'accepte mes sentiments et mes désirs, j'accepte l'idée de perdre pieds, d'en souffrir, d'en sortir le cœur brisé. J'accepte. J'accepte tes doutes, tes craintes, tes faiblesses, tes forces, ton caractère, j'accepte tout. Pourvu que tu me laisses la chance de me faire accepter de toi.

Je ne serais pas parfaite, je te l'accorde, je suis flemmarde le matin, grognon tant que je n'ai pas mon café, je suis pitoyable en cuisine, je râle souvent, je ne fais jamais mon lit, mais je suis une oreille attentive, je fais de très bons massages, j'embrasse plutôt bien, j'aime les réveils dans les bras de quelqu'un, et j'aime imaginer que c'est toi.

Peu importe si le temps nous accorde un court moment, peu importe si tu n'es pas mon âme sœur, et si ça se termine après une nuit pleine d'ardeur. Essayons.

Puisque Lundi nous sommes libres, je viendrais chez toi, directement. A toi de m'ouvrir ou non, si tu le souhaites. Si tu ne m'ouvres pas, alors je comprendrais que tu ne veux pas me laisser cette chance. Si tu m'ouvres, alors ça signifiera que tu veux tenter.

Je te sais courageuse Regina. Je te sais pleine de tendresse, pleine d'amour à en exploser. Je promets de ne pas te déchirer le cœur, je promets de ne pas jouer. Je veux tout sauf voir des larmes couler le long de tes joues, crois-moi.

Ne fais pas de ce que tu ressens un secret. Ne fais pas de nous un secret, j'en assumerai chaque jour. Je me fou des barrières, des murs qu'on doit se dresser. Je me fou des autres, de ce qu'ils diront. Je me fou de tout, sauf du fait que je ne te laisse pas indifférente pour que tu as pris le temps de m'écrire et de te confier à moi. Mais je ne peux pas supporter l'idée qu'on fasse notre chemin de notre cotée sans jamais n'avoir rien tenté.

Si ça ne fonctionne pas, tant pis, on aura au moins essayé. Mais si ça marche, ça ne vaut pas le coup d'être heureuse, un peu, pour voir ?

Non, l'amour n'est pas qu'une faiblesse, je te le promets. Il est plein de force, plein de passion, de joie, de folie. Plein de moments qui resteront gravés dans les mauvais, pleins de positivités dont on se souvient dans l'adversité. Il est notre force. La seule faiblesse en amour, c'est celle d'avoir peur de se blesser. Je suis prête à avoir mal si c'est pour un peu de toi.

Réfléchis, Regina.

Je ne demande rien qu'une petite chance. Et si Emma Swan demande une chance, je te laisse imaginer à quel point elle y croit.

La balle est dans ton camp, mais pour une fois, s'il te plaît, baisse les armes, écoute-toi, et sois heureuse. Tu le mérite tellement que même si ce n'est pas avec moi, ton sourire fera le mien.

Et tu es tellement belle quand tu souris.

Bien à toi,

Emma. »