Chapitre 6 (2ème partie)
Caroline tomba de son lit lourdement, aux aurores. Sa tête ricocha sur la pierre, tandis qu'elle grognait allègrement contre celui qui avait osé la réveiller. Daryl la regardait avec un sourire aux lèvres. La Serpentard vit la tête de Bianca dépasser de l'épaule carrée du jeune homme, ses cheveux d'ébènes ébouriffés.
─ Quoi ? Demanda-t-elle désagréablement.
─ Où est-ce que tu es allée hier soir ?
Elle essuya ses yeux, tentant de se remémorer le moindre de ses faits et gestes de la veille. Bastien l'avait emmené à une fête. Elle avait accepté, pour faire taire ses sentiments naissants pour Remus. Caroline plissa les yeux, se souvenant vaguement d'une fille aux cheveux bruns très courts. Elle en arriva rapidement à cette conclusion :
─ Je ne sais plus.
─ De nouveau ? S'étonna Bianca.
─ Personne ne m'a lancé d'Oubliette, rétorqua Caroline l'œil tremblant, palliant à la question suivante de son amie.
─ En tout cas, tu as une sacrée tête de déterrée.
Daryl ricana et s'éloigna de la jeune femme. D'ailleurs, pourquoi était-il là ? Les garçons ne pouvaient pas entrer dans leur dortoir. Caroline se mouvait mollement, dégotant un sol de pierre glacé à ses pieds nus.
─ Qu'est-ce que je fais dans la salle commune ? S'énerva-t-elle.
─ Tu étais là quand je suis descendue. De toute évidence, tu t'es trompée entre ton lit et le canapé, déclara Bianca sceptique.
─ Mais j'étais dans mon lit hier soir ! J'en suis sûre…
Bianca haussa les épaules. Caroline avait une mine affreuse ce matin. Ce n'était pas une théorie abracadabrante.
─ Tu ne te rappelles de rien, non ? Tu as trop bu.
─ Pas du tout ! J'ai bu deux ou trois verres…
Le problème se profila à l'horizon. Elle ne se souvenait pas de la fin de sa soirée. Avait-elle bu autant ? Ce n'était pas dans ses habitudes. Caroline tapa son crâne rageusement. Ses souvenirs lui échappaient encore.
─ Dépêche-toi de t'habiller, les autres ne vont pas tarder à se réveiller.
Caroline suivit son conseil. C'était une mauvaise idée de rester en culotte dans la salle commune. Les railleries iraient bon train.
Le week-end fut morose. Le dimanche après-midi était pire que le samedi matin. Elle errait dans le Château, cherchant une occupation. Ses devoirs étaient terminés. Le temps ne manquait pas, elle avait même l'impression d'en abuser. Toutefois, le fait qu'elle ne se soit pas souvenue du moindre détail de sa soirée de vendredi l'inquiétait. Elle était certaine de ne pas avoir bu jusqu'à en perdre la tête.
Son après-midi se peigna de belles couleurs quand elle vit l'objet de ses pensées obsessionnelles de loin. Remus parlait avec une élève de cinquième année. La Serpentard la reconnut sans peine. C'était la fille aux cheveux courts, de la fête. A la couleur de sa robe de sorcier, c'était une Poufsouffle. Caroline rebroussa chemin, avant que son professeur ne la remarque. Mieux valait l'éviter, que de subir la douceur de son regard, qui la déstabilisait plus que de raison. Sa main joua avec le coin de sa robe par dépit. L'ennui tuait son énergie, autant que le professeur McGonagall quand elle devait répondre à l'une de ses questions en cours de métamorphose.
─ M'évitez-vous Caroline ?
Mince. Il était dans son dos. Comment avait-il fait pour la rattraper, alors qu'elle avait une longueur d'avance conséquente ?
─ Non. Bonjour.
─ Bonjour, reprit-il poliment, la bouche en forme de O.
Il s'était légèrement penché vers elle. Caroline déglutit de ce rapprochement peu catholique. Un bon mètre les séparait encore, mais c'était trop proche pour la jeune femme.
─ Je pensais que c'était vous qui m'évitiez à vrai dire.
─ Pourquoi dîtes-vous cela ? S'étonna-t-il.
─ Eh bien, je ne vous ai pas vu depuis « l'attaque » du Détraqueur, plaisanta-t-elle.
Remus afficha un air impassible. Son beau sourire resta cacher dans les méandres de ses traits figés. Caroline se demandait ce qu'elle avait pu dire pour qu'il se renferme ainsi.
─ Je vous ai convoqué dans mon bureau hier soir pourtant.
Caroline se liquéfia. Qu'avait-elle fait ? S'était-elle jeté sur le lui ? Avait-elle laissé entendre quelque chose de compromettant ? Et par une crotte de Veracrasse, pourquoi se souvenait-elle de rien ?
─ Pour quel motif ?
─ Vous avez traumatisé un Strangulot, et manquer de respect à l'un de vos camardes.
Ce n'était pas glorieux, évidemment. Mais elle était soulagée. Il n'avait pas l'air de se comporter différemment avec elle.
─ C'était qui ?
─ Percy Weasley.
─ Ah, ça va alors ! Dit-elle soulagée. Il est habitué.
Cette explication était loin de le convaincre.
─ Vous ne vous rappelez de rien ?
L'absence de réponse à cette question en disait long sur la culpabilité de Caroline.
─ Avais-je beaucoup bu ?
─ Non, pas d'après moi.
─ Alors pourquoi me suis-je retrouvée sur le canapé de la salle commune, sans savoir comment j'y avais atterri ? Je n'ose pas imaginer ce que l'on aurait dit sur moi, si les autres m'avaient trouvé avant Bianca et Daryl.
─ Peut-être que l'on a glissé une potion dans votre verre hier soir, proposa-t-il.
Caroline enfonça sa tête dans ses épaules, goguenard. C'était gênant de parler de cette possibilité avec lui. C'était son professeur, et l'idée que quelqu'un l'ait droguée la mettait mal à l'aise. Surtout quand aux motivations de celui qui l'avait fait. Peut être que cette fille aux cheveux courts avait quelque chose à se reprocher... Caroline devait en apprendre plus sur cette inconnue.
─ Je ne sais pas, ce n'est pas grave. Donc plus la peine d'y penser !
─ Faites attention la prochaine fois.
─ Je ne recommencerai pas, mentit-elle pour garder la face et espérer redorer son image de jeune femme mature.
─ J'ai été jeune moi-aussi, Caroline, et je sais pertinemment que vous recommencerez.
Ils éclatèrent de rire ensemble. Caroline le regarda avec une douceur inconnue, contemplant ses prunelles chocolat ruisseler de malice. Son sourire, ses lèvres… Son regard ne se détacha pas des minces lignes qui se dessinaient, humides et rosées. La beauté singulière de son visage la frappa. C'était la première fois qu'elle le trouvait si attirant. Ses yeux sautèrent de ses orbites aussitôt.
─ Comment étiez-vous, à Poudlard ? Demanda-t-elle dans un râle disgracieux.
Il fallait qu'elle pense à autre chose. Vite.
─ Peut-être en reparlerons-nous autour d'une tasse de thé.
Caroline capta ses mots que tardivement. Il était déjà entré dans sa salle de classe. Devait-elle le suivre ? Oui ! Enfin, elle l'espérait. Caroline avança son pied droit, égayée par sa proposition.
La porte se referma vilement sur elle. Nom d'une chouette aveugle ! Il lui avait claqué la porte au nez.
Caroline fixa le bois écorché encore quelques secondes, avant de battre en retraite. La fin de leur discussion avait été très expéditive. Le professeur Lupin avait parfois un comportement spécial, voire original.
─ Ce fut un plaisir, ronchonna-t-elle, passant son chemin en traînant les pieds.
Elle retourna à la monotonie de son dimanche barbant, vexée d'avoir été éconduite aussi sauvagement. Peut-être exagérait-elle, mais une chose était sûre, il allait regretter ce geste. D'une manière ou d'une autre...
Alors voilà pour ce chapitre ! Tout d'abord, normalement Sirius Black s'introduit dans le Château à Halloween, mais pour concorder avec le tout, j'ai repoussé son intrusion d'un cycle lunaire. Et puis, Caroline commence vraiment à se rendre compte que Remus ne la laisse pas indifférente... N'hésitez pas à me me dire ce que vous en pensez ou si vous avez des interrogations !
Bonne semaine à tous ceux qui sont arrivés jusqu'ici ! :)
