Chapitre 8
Aujourd'hui, c'était la première sortie des troisièmes années à Pré-au-Lard. Minerva McGonagall récoltait les autorisations des élèves agglutinés dans la cour. Deux têtes se démarquaient de cette foule agitée ; Bianca et Caroline étaient mortifiées de devoir se rendre à Pré-au-Lard, en compagnie de leurs camarades de troisièmes années. La raison officielle était qu'elles chapeautaient cette sortie pour aider leur professeur de métamorphose. La raison officieuse était toute autre. Caroline n'avait pas le droit de se promener à Pré-au-Lard seule. Un professeur devait obligatoirement l'accompagner. Et aucun d'entre eux n'en avait envie, évidemment, mis à part Lupin. Elle avait donc été contrainte d'attendre la sortie des troisièmes années, car Remus était très occupé ces temps-ci.
─ C'est le règlement Potter.
Caroline observait Harry, un sourire victorieux sur ses lèvres. Il n'y avait pas qu'elle dont on pourrissait la journée. McGonagall ordonna aux jeunes de se dépêcher. Caroline fermait la marche, jetant un dernier coup d'œil au Griffondor. Il avait grandi, et elle vieillissait. Ce terrible constat l'incitait à reconsidérer l'attrait des Moldus pour la jeunesse éternelle. Elle trouvait cette manie de « toujours paraître plus jeune » dérisoire, mais peut-être que dans une cinquantaine d'années, elle changerait d'avis. Caroline chassa cette idée, et se concentra à nouveau sur le visage contrarié de Potter. Le célèbre Harry Potter avait vaincu le Seigneur des Ténèbres, déjoué le plan de Quirinus Quirrell et tué un Basilic du haut de ses treize ans. Pourtant, une simple signature manquante l'empêchait de se rendre à Pré-au-Lard avec ses amis. L'ironie de la situation amusait énormément la Serpentard.
─ J'espère que Monsieur Crowney aura quelque chose de pertinent à dire, autre que les qualités de l'Hydromel que Madame Rosemerta vend, marmonna Bianca.
─ Il a sûrement une théorie sur ce qui m'est arrivé.
La jeune femme s'infligeait la présence de McGonagall que pour une seule et unique raison : Georges. Sa version des faits était précieuse pour Caroline, qui cherchait à démêler le vrai du faux sur ce fameux jour où elle avait disparu mystérieusement.
─ J'ai beau croire ce que tu m'as dit sur lui, je le trouve toujours aussi flippant. Tu crois qu'il te protège, mais je n'en suis pas aussi sûre.
Bianca avait les bras croisés, ses cheveux d'ébènes ondulant au vent. La Serpentard n'alimenta pas cette conversation stérile, fixant son regard sur le village qui se dévoilait à elles. Elle était impatiente d'entendre l'avis de l'ivrogne. Un mois qu'elle avait imaginé tout un tas de scénarios possibles. On lui avait volé un instant de sa vie. Caroline avait besoin de connaître la vérité.
Minerva traîna les deux jeunes femmes dans tout le village durant l'après-midi. Caroline râlait sans grande conviction à chaque nouvelle boutique qu'elles visitaient. La vieille sorcière leur faisait un exposé sur la moindre petite chose qui attirait son regard sévère. Bianca faillit abandonner Caroline, tellement cette visite guidée était insupportable.
Elles crurent arracher la tête de Drago Malfoy quand celui-ci se dandina devant elles, les poches remplies de bonbons, et un sourire vicieux collé sur son visage d'enfant gâté. Il sortait de chez HoneyDuke avec son « gang » de Serpentard mal lunés.
Caroline et Bianca s'étaient finalement assises aux Trois-Balais, à la fin de leur interminable périple. Minerva leur avait fait cadeau d'un moment d'intimité. Cette dernière avait préféré se joindre à Madame Rosemerta, pour boire son rhum groseille.
─ Il n'est pas là, constata Bianca avec ennui.
─ Je sais où il est, mais il faudrait que la vieille chouette arrête de nous surveiller.
─ A la Tête de Sanglier ?
─ Non.
Elles se turent un instant. Minerva était plongée dans une conversation houleuse avec la serveuse. Même absorbée au vu de l'air rêveur de sa figure ridée.
─ Elle doit parler de Dumbledore, se moqua Bianca en buvant une gorgée de Bièraubeurre.
Caroline l'observa, puis déclara aussitôt :
─ Allons-y, c'est le moment.
─ D'accord, d'accord, je plaisantais ! C'est sûrement de Cornelius Fudge dont elle doit s'extasier.
La Serpentard leva les yeux au ciel, peu enclin à parler de la gente masculine intéressant leur professeur de métamorphose. C'était abject comme sujet de conversation. Caroline pressa le bras de Bianca, anormalement stressée. Elles devraient agir vite, si elles voulaient avoir la chance de revenir avant que McGonagall ne réalise leur absence.
─ Dépêche-toi.
Caroline bouscula un élève de troisième, pour sortir discrètement. Elle se cacha derrière lui, maintenant les bras de celui-ci fermement pour qu'il ne puisse s'échapper. L'élève resta muet, jusqu'à ce qu'elle ait atteint la sortie. C'était tout à fait inutile, mais Caroline s'extasia d'imiter les agents secrets des films d'action Moldus.
─ Merci Leville, dit-elle sans un regard pour lui.
─ C'est Neuville, rétorqua-t-il tout bas, la tête baissée.
La jeune fille était déjà loin. Bianca la suivait avec peine, courant à travers les allées à vive allure. Caroline guettait les passants dans la rue principale, prenant soin d'éviter les lieux les plus fréquentés par les élèves de Poudlard. Elle savait où le trouver. Bianca lui tira le bras en arrière plusieurs fois, mais Caroline continuait d'avancer avec détermination. Elles tombèrent finalement sur une petite masure, à l'écart du village, mais encore assez proche pour ne pas être dissociée de la civilisation.
─ C'est ici, annonça Caroline, confiante.
Bianca observa la maisonnette, aussi dégoutée qu'elle pouvait l'être. Elle pourrissait par endroit, dû à une humidité sous la toiture. Caroline l'invita à entrer, tirant sur les poils de son bras nerveusement. La porte grinça affreusement quand Bianca y posa sa main timidement. Les deux amies avancèrent prudemment dans le couloir, menant à un petit salon terne où régnait une légère odeur d'ammoniac.
Une voix s'éleva froidement dans leur dos, une fois coincées dans la pièce :
─ Je t'attendais, ma petite Caroline.
Georges les contourna, sa bouteille de whisky à la main, fouillant dans des placards délabrés. Il en sortit d'étranges friandises. Bianca les refusa poliment, tout comme Caroline. L'homme s'assit ensuite dans un grand fauteuil, fixant les deux jeunes filles avec un sérieux déroutant. Aucune d'elle ne l'avait vu aussi… conscient.
─ Bonjour Georges.
─ Je pensais que tu allais venir plus tôt. Déjà plus d'un mois que je t'attends.
─ Mes professeurs me surveillent, je ne peux pas m'absenter du Château sans raison.
Goerges but une gorgée de sa boisson goulument, et s'essuya grossièrement la bouche. Il n'était plus habitué à la compagnie d'autres personnes, et en oubliait ses manières. Caroline était néanmoins heureuse qu'il ne lui ait pas roté à la figure.
─ Qu'est-ce qui s'est passé ? Dumbledore est doué pour la rétention d'information.
─ Je ne me souviens plus, on m'a lancé un sort d'Oubliettes.
Caroline le regardait peu ahurie ; lui semblait pensif, la tête basculée en arrière, sur son fauteuil terni.
─ Ce jour-là, j'ai vu un homme suspect se balader près d'ici. Je l'ai suivi, et nous nous sommes rapidement éloignés du village. Au bout d'un moment, il s'est volatilisé. C'était étrange… Surtout qu'à mon retour, l'un de tes professeurs m'est tombé dessus.
─ Lequel ?
─ Celui avec des habits noirs, très classe, commenta-t-il, un sourire ironique aux lèvres.
─ Il doit parler du professeur Rogue, murmura Bianca en ricanant.
Caroline l'ignora, et reprit soucieusement :
─ Et cet homme que tu as suivi, qui était-ce ?
─ Je ne sais pas. Mais ce n'était sûrement pas un hasard. Il m'éloigne et tu te fais enlever, raya-t-il mécontent, en reposant sa bouteille violemment sur la table.
Bianca sursauta. Elle était effrayée par l'ancien Auror. Il avait beau être un ivrogne de renommée, il n'en restait pas moins charismatique et impressionnant.
─ S'il était avec toi, ce n'est pas lui qui m'a enlevé dans ce cas, rétorqua-t-elle sceptique.
─ Un complice. Ils sont au moins deux.
Caroline se mordit la joue. Ce n'était pas bête. Mais pourquoi l'avaient-ils enlevée, et déposée devant la Cabane Hurlante, en vie ? Quel était le but de la manœuvre ? La jeune femme ne comprenait pas l'utilité de toute cette mascarade. A moins qu'elle ait subi un interrogatoire, et qu'ils cherchaient à savoir quelque chose de très précis. Caroline commençait à croire que cet incident était peut-être lié à son enfance. Et au meurtre de la fille de Georges.
─ Tu penses que cela a un rapport avec Claire ?
─ Certainement, gronda-t-il. Et il est temps que je découvre la vérité. Ma fille ne restera pas dans l'ombre. Je trouverais celui qui l'a tué.
La Serpentard baissa les yeux, mal à l'aise. Toutefois, une douce main releva son menton. Elle croisa le regard lucide de Georges, qui pour la première fois depuis cinq ans, lui souriait généreusement. Elle aurait bondi en arrière, quelques semaines plus tôt. Mais aujourd'hui, la lueur qui brillait dans ses yeux avait une douce impression de déjà-vu. Une vieille image, qu'elle n'aurait cru revoir un jour.
─ Fait attention à toi, Caroline. Je ne serais plus là pour te protéger pendant mes recherches. Méfie-toi de tout le monde, y compris de ton nouveau professeur.
─ Pourquoi ? S'étrangla-t-elle avec sa salive.
─ Une intuition. Les coupables peuvent revêtir n'importe qu'elle forme, ne l'oublies pas.
Georges était aussi paranoïaque que son père. Caroline lui sourit à son tour, et avant qu'elle n'ait pu refuser, il la serra tendrement dans ses bras. Elle n'eut pas la force de le repousser. Il ne lui avait pas souri depuis des années. L'espoir renaissait dans son cœur, et peut-être que la vérité pourrait le libérer de sa prison infernale. Caroline oublia totalement l'angoisse qu'elle ressentait en sa présence. L'ancien Georges était revenu. Elle le reconnaissait à présent, derrière ses rides, et l'épuisement marqué de son visage torturé. Le Goerges qu'elle adorait.
L'ancien Auror les guida à l'extérieur par la suite, et ferma la porte derrière lui. La discussion était close.
─ Est-il vraiment nécessaire qu'il ferme à clé ? Se moqua Bianca tout bas.
Caroline leva les yeux au ciel, même si elle était totalement d'accord avec Blanche-neige. Personne ne voudrait cambrioler ce vieux taudis. Georges les accompagna jusqu'aux Trois-Balais en silence. Caroline vérifia qu'aucun professeur ne se promenait, et salua l'ancien Auror d'un petit signe de main. Il disparut rapidement au-delà des maisons environnantes. La Serpentard s'apprêtait à charrier Bianca, quand on lui saisit l'épaule fermement :
─ Caroline, soupira son professeur calmement, comme un reproche.
La voix si douce de Remus Lupin l'électrisa. Elle paniqua, son coeur s'accélérant comme si un Mangemort la menaçait de lui faire subir un sortilège impardonnable. Comment avait-il pu apparaître aussi vite ?
─ Nous prenons l'air professeur, il fait très chaud à l'intérieur du pub, mentit-elle avec aplomb.
Son visage la happait dans une spirale d'envies plus ou moins innomables. Bianca confirma les dires de son amie avec un sourire timide. Ce n'était pas un comportement normal, si l'on n'avait rien à se reprocher. Caroline se tapa la tête de dépit, accablé de la bévue de Blanche-neige. Remus était sceptique, elle le devinait aisément.
─ J'ai des bouffées de chaleur, que voulez-vous.
Caroline lui sourit d'un petit air innocent, osant enfin plonger ses yeux dans les siens. Il eut l'air déstabilisé une fraction de seconde.
─ Je ne pensais pas que vous me mentiriez Caroline.
Il n'était pas bête, évidemment. C'était plus fort qu'elle. Elle ne pouvait s'empêcher de raconter des excuses bidon. Georges l'avait prévenue, et Caroline écoutait son vieil ami avec attention. Devait-elle douter de Remus ? Sûrement. Pourtant, son sourire la faisait fondre comme neige au soleil. Il n'était pas comme M. Crowney le disait. Le professeur Lupin était gentil. Peut-être pensait-il passer inaperçu grâce à ça… Peut-être que cette manie d'esquiver la moindre question sur lui et son passé était relié à toute cette histoire. Avait-il peur qu'elle découvre quelque chose de compromettant sur lui ? Incontestablement. Caroline se vouait un dilemme, partagée entre l'envie de se confier à lui et les avertissements de Georges. Après tout, une chanson Moldue disait : « il ne suffit pas d'être pauvre, pour être honnête ». Elle choisit de suivre son instinct malgré tout:
─ D'accord, bouda-t-elle, je suis allée voir Georges.
Bianca lui donna un coup de coude. Le regard de Remus s'adoucit immédiatement, et il lâcha son épaule, satisfait. « Non non ! » s'exclama-t-elle intérieurement.
─ Je sais. Je vous ai vue rejoindre sa maison.
Elle le dévisagea gravement. Caroline détestait que l'on s'immisce dans ses affaires, même s'il s'agissait de Remus Lupin, celui qui la rendait aussi douce qu'une jeune pousse de mandragore.
─ Professeur, est-ce que vous me surveillez ? Demanda-t-elle de but-en-blanc.
Caroline savait qu'il la surveillait. Il fallait être un Mammouth aveugle pour ne pas l'avoir remarquer. Le professeur Dumbledore avait certainement confié cette mission au seul professeur qui la supportait encore. Toutefois, c'était dérangeant quand elle y réfléchissait sérieusement. Peut-être avait-il vu qu'elle farfouillait dans son nez très souvent ? Elle supplia le Troisième Œil que ce détail soit passé inaperçu. Ses fouilles archéologiques devaient rester top secrètes…
─ Vous avez toujours réponses à tout Caroline, n'est-ce pas ?
Son cœur rata un bond quand elle le vit sourire de toutes ses dents. Il rajeunissait de dix ans en l'espace de ce rayonnement éphémère. Elle ne pouvait s'en méfier ; il était foncièrement bon. C'était évident. Georges l'aurait aisément deviné s'il avait discuté avec lui. Caroline hocha la tête, ravie de cette constatation et profita enfin de sa présence.
─ Croyez-vous que le professeur Dumbledore allait vous laisser parader sans surveillance, après ce qu'il vous est arrivé ? Continua-t-il, sans perdre cette petite lueur au fin fond de ses yeux, qui le rendait séduisant.
Son allure, son intelligence, ses beaux yeux chocolat, et ce visage au charme redoutable. Ce cocktail était tout bonnement la drogue de Caroline. Elle se surprit à dévorer longuement chaque détail de sa figure blême. Elle l'avait fait tant de fois déjà, mais la jeune femme ne s'en lassait pas. Remus l'envoutait, sans qu'elle ne puisse lui résister. Il dut le remarquer, puisqu'il se retourna brusquement, et déclara d'une voix moins assurée :
─ Rentrons boire quelque chose, avant que Minerva ne vous mette une seconde retenue cette semaine.
Il les invita à entrer dans le pub, l'air préoccupé. Caroline s'arracha quand même un sourire, que Bianca n'avait jamais vu sur son visage froid. Elle ne lâcha pas son amie du regard, atterrée par ce comportement anormal qu'elle adoptait en présence de Remus.
─ Et après, tu oses me dire que tu n'es pas attirée, souffla Bianca, en déformant sa bouche en cul de poule.
─ Je t'interdis de me refaire le coup, la prévint Caroline sèchement.
Celui-là même qui l'avait conduite dans les bras de Bastien. L'énorme erreur de sa vie. Bianca hocha la tête docilement. Néanmoins, Caroline lui marcha sur les pieds pour lui faire comprendre qu'elle ne tolérerait aucune insinuation déplacée.
─ Que voulez-vous boire ? demanda Remus en ôtant sa veste.
─ Attendez, je vais chercher ce qu'il nous faut. Asseyez-vous, professeur.
Remus remercia Bianca gentiment. Caroline flaira l'entourloupe. Blanche-Neige préparait quelque chose. Mais quoi ? Elle se méfiait maintenant qu'elle l'avait déjà vue en action. Leur professeur s'était assis à la table, et Caroline hésita à prendre place en face lui. Ce serait plus confortable d'être à côté de lui, si elle voulait l'observer discrètement. Caroline choisit donc de s'assoir à son côté, mais avant qu'elle n'ait pu poser ses fesses sur le doux rembourrage, son amie lui donna un coup de hanche violent.
La Serpentard éjecta immédiatement.
Caroline se retrouva affalée sur son professeur, la tête nichée à la hauteur de son estomac. Ses mains s'étaient agrippées instinctivement à la banquette, et à la cuisse de Remus. Cette proximité avec son entre-jambe enflamma ses joues, tel un incendie. Elle crut s'évanouir. Le sang lui montait à la tête, et ne semblait pas vouloir en redescendre. Des frissons parcoururent son petit corps frêle, alors qu'elle se laissait aller à cette étreinte volée, ne cherchant pas à s'en échapper.
─ Caroline, vous m'écrasez, lui fit remarquer Remus mal à l'aise.
Cette simple phrase la fit bondir d'horreur. Elle retira sa main brûlante, et se redressa, souriant à s'en décrocher la mâchoire, comme un pantin. Elle détourna la tête lentement, fixant Bianca au comptoir avec une haine contagieuse.
─ Pardon professeur, il semblerait que j'aie trébuché.
Sa voix déraillait, la rage étreignant sa gorge. Le malaise qui suivit ce moment fut extrêmement embrassant. Bianca revint avec trois Bièraubeurres, qu'ils accueillirent avec soulagement, tous les deux.
─ Pourquoi tu es toute rouge, Caro ? questionna Bianca innocemment.
Caroline eut envie de faire un meurtre, au beau milieu du pub. Bianca avait recommencé, avec ses plans ridicules. La Serpentard s'en voulait. Elle aurait dû demander à Elly de l'accompagner aujourd'hui ; elle aurait préféré ne pas voir Georges, plutôt que d'affronter les insinuations gênantes de Bianca.
─ Les bouffées de chaleur.
Blanche-Neige ne s'attarda pas sur son amie, et se retourna vers Remus Lupin. Lui n'avait pas l'air si dérangé.
─ Alors professeur, vous avez une femme ? Des enfants ?
C'était une catastrophe. Caroline avait envie de se tirer les cheveux et de cacher ses yeux de cette tragédie. Le désespoir l'avait embrassé aussi doucereusement que les paroles cyniques de son Directeur de Maison.
─ Je n'ai pas cette chance.
Il était libre ; la voie était libre ! Caroline trépignait sur son siège, malgré la fureur qui courait dans ses veines. A peine l'euphorie l'avait gagnée, qu'elle pinça Bianca discrètement.
─ Arrête tout de suite, la menaça-t-elle, prenant soin que Lupin n'entende rien.
Bianca n'en avait pas l'intention. Caroline le lut immédiatement sur son visage narquois.
─ Ça doit être ses robes pourries à mon avis, rétorqua-t-elle aussi bas que son amie.
─ On s'en fiche bien de ton avis.
La langue de Caroline avait sifflé tout haut. Remus les regardait complétement désarçonné. Que faisaient-elles, leurs têtes presque sous la table ? Caroline se comportait étrangement aujourd'hui ; il le remarquait de minutes en minutes. Peut-être devrait-il déjà se cloître dans son bureau, avant qu'elle ne veuille prolonger leur discussion. C'était la pleine Lune ce soir. La prudence était de mise.
─ Ah professeur, je cherchais Miss Dorm et Miss Sandoro justement.
La bénédiction ! Caroline n'avait jamais été autant heureuse de voir la vieille chouette, aussi proche d'elle. Elle voulait lui serrer la main, pour la remercier. Décidément, elle était d'une grande bonté aujourd'hui. McGonagall s'attarda sur son collègue :
─ Je vous laisse raccompagner Miss Dorm au Château, professeur Lupin. Je rentre avec les troisièmes années.
Elle rassembla les élèves rapidement, provoquant un mouvement de foule dans le pub. Il pleuvait dehors ; ils s'étaient tous retrouvés ici, bon gré, mal gré. Bianca exploita l'occasion, pour s'éclipser elle-aussi :
─ Il faut que j'y aille, Caro, je dois finir un devoir en Sortilège.
Bianca et Minerva quittèrent les Trois-Balais hâtivement, laissant Remus et Caroline seuls.
Angoisse.
Voilà ce que Caroline ressentait, quand elle prit place en face de lui. Elle se sentait nue comme un ver. Il pouvait lire le contact de leur deux corps sur sa peau rougie. Le moment tournait en boucle dans son esprit. Sa main était si proche de son… ! Cette vision lui hérissa les cheveux sur la tête. La jeune femme aurait beau déballer tous les sarcasmes qu'elle avait en stock, elle serait toujours vaincue par ces deux billes de chocolat qui la fixaient attentivement.
─ Excusez Bianca, elle dit parfois n'importe quoi, se justifia-t-elle, serrant sa chope pour décharger son malaise.
─ J'ai l'habitude avec vous, Caroline.
─ Pardon ? Rétorqua-t-elle brusquement rabougrie.
Il avait repris son air amusé. Et la tension s'évanouit immédiatement. Caroline soupira, observant les tables alentours. Il n'y avait plus aucun client, mis à part elle et Remus. Madame Rosemerta les regardait en époussetant son comptoir. Caroline eut l'impression d'être en plein rendez-vous romantique. Cette idée n'était pas déplaisante, mais elle brisa la magie de l'instant :
─ Donnez-moi vos mains.
Il s'exécuta après hésitation. Le contexte était clairement ambigu. Elle les empoigna fermement, puis les posa à revers, sur la table. Elle passa son index lentement sur les rainures de celle-ci, lissant ses courbes avec concentration. La jeune femme frissonnait de le toucher aussi naturellement. Elle ne laissa cependant pas ses pensées s'écarter de son but. Pour une fois.
─ Que…
─ Restez tranquille, le professeur Trelawney m'a appris un petit tour.
Les traits disparurent progressivement, laissant une main ôtée de toute apparence humaine. Une main de poupée Barbie Moldue. Ils réapparurent sous la forme de petites lettres grossières. Caroline se racla la gorge bruyamment, et annonça le verdict :
─ Par la barbe de Merlin !
Des soucoupes volantes apparurent dans ses orbites. Remus était dubitatif, lorgnant la jeune femme de la même façon, avec de gros yeux. Son nez pointu frôlait presque son membre translucide.
─ Qui est… le petit gros ? Articula-t-elle difficilement.
Caroline crachotait presque le nom de l'inconnu. Quelle curieuse idée de s'appeler « le petit gros ».
Bon, d'accord, elle faisait exprès d'écorcer son nom…
Elle avait envie de rire, mais l'air grave de son professeur l'en empêcha. Il retira sa main précipitamment, troublé par sa demande. Le traits de cette dernière, auparavant disposés de manière à rendre le nom de l'inconnu visible, étaient redevenus normaux.
─ Qu'avez-vous dit ?
Elle n'était plus vraiment sûre que ce petit tour lui plaise. Il la dévisageait telle une inconnue folle à enfermer à Azkaban.
─ Le petit gros… Vous le connaissez ? Demanda la Serpentard soudainement intéressée.
Se pourrait-il que le petit tour du professeur Trelawney ait fonctionné ? Caroline était épatée, hochant vigoureusement la tête de haut en bas. Jamais elle n'aurait cru que c'était possible.
─ Qu'avez-vous fait ?
Il scrutait sa main sous toutes les coutures, vraisemblablement anxieux.
─ Rien de bien méchant… Le professeur de Divination m'a appris à lire dans les lignes de la main, balbutia-t-elle. Votre futur est normalement mêlé à ce qui apparait dans votre paume.
Plus elle parlait, plus elle se sentait bête. Remus la fixait sans aucune expression, presque inquiété de la santé mentale de son élève. Il fallait qu'elle cesse de s'embarquer dans des histoires abracadabrantes.
Le visage de son professeur se détendit pourtant, après quelques secondes d'un interminable silence.
─ Il me semble que vous avez encore des progrès à faire, dans l'art de lire les lignes de la main, la rassura-t-il d'un ton calme.
─ Vous ne connaissez pas de petit gros alors ?
Elle était pendue à ses lèvres, la bouche ouverte.
─ Peter Pettigrow était l'un de mes amis, il y a bien longtemps.
─ Pourquoi ne l'est-il plus ? C'est l'un de vos amis dont vous m'avez parlé ?
─ Il a été tué, il y a de cela douze ans.
Caroline se pinça la joue. Sa prédiction était en effet complètement fausse. Elle voulut s'excuser. Toutefois, son professeur ne lui en laissa pas l'opportunité. Il s'était levé précipitamment et éloigné à grandes enjambées, sortant du pub sans elle. Caroline se sentit stupide. Comment avait-elle put sauter dans le plat aussi bêtement ? Il s'était enfui une nouvelle fois alors qu'elle avait tenté d'en apprendre plus sur lui. Le mystère l'enveloppait, et elle doutait d'arriver un jour à chasser cette brume malsaine qui asphyxiait son professeur.
Elle rentra bredouille, dix minutes plus tard, sprintant pour arriver le plus vite possible au Château. Minerva aurait été capable de lui mettre une retenue, si elle avait appris qu'elle était rentrée seule.
Quand elle fit irruption dans la salle commune des Serpentard, mouillé comme un chien insouciant, elle sauta furibonde sur son amie. Ses mains empoignèrent les épaules de Bianca, l'écrasant de sa frêle carrure.
─ Bon sang, c'était le moment le plus gênant de ma vie !
─ Avoue que tu as apprécié…
Bianca mordillait sa plume candidement. Caroline aurait préféré avoir Percy devant elle. Elle aurait au moins pu s'acharner sur lui. Mais Bianca n'accepterait jamais de servir de souffre-douleur.
─ C'est un professeur Bianca, tu ne peux pas m'envoyer sur lui, comme ça.
─ Il faut bien que quelqu'un prenne l'initiative ! Vous ressemblez à deux ados introvertis.
─ Personne ne doit prendre d'initiatives ! S'écria Caroline horrifiée.
Bianca continua à défendre son point de vue, contre vent et marrée :
─ Caro, je ne suis pas aveugle, je t'assure qu'il ne se serait pas installé à cette table avec nous si tu n'avais pas été là !
Caroline comprit que la discussion était sans issue. Bianca n'admettrait jamais avoir eu tort. Et elle non plus. Elle se positionna alors un peu plus loin sur le canapé, soupirant gravement :
─ J'ai tenté de lire dans la paume de sa main.
Blanche-Neige eut un regain d'énergie :
─ Et alors ? Cela a fonctionné ?
─ Pas du tout. C'est un nom qui est apparu dans sa main. Celui de l'un de ses amis décédés. J'avais l'air maligne ! Cette journée est un désastre.
─ J'aurais pensé que vous étiez connecté spirituellement pourtant.
Bianca sourit mais ce dernier se fana quand Daryl entra dans la pièce. Caroline baissa les yeux, et prit son amie dans ses bras, oubliant sa rancune momentanément. Elle avait envie de l'envoyer au bûcher, mais sa mine triste l'incitait à repousser son plan diabolique. Il n'y avait aucun mot qui pourrait réconforter Bianca. Car aucun mot ne pouvait décrire l'énorme déception qui courait dans son cœur, quand son regard rencontrait celui de Daryl.
ooo
Trois jours auparavant. La fin de la journée s'annonçait, alors que l'orage grondait à l'extérieur. Caroline fixa la fenêtre, suivant le chemin des gouttes d'eau. Bianca la sortit de sa contemplation. Le cours était terminé. McGonagall regagnait son pupitre, attendant que les élèves quittent la classe. La Serpentard aimait les soirées orageuses comme celle-ci. Avoir l'impression que le monde s'effondrait à l'extérieur, et être au chaud à l'intérieur, au coin de feu. C'était un bonheur simple. Qui pouvait être décuplé avec la seule présence de Remus. Elle rêvait de se blottir contre lui, dans son lit, observant le monde s'assombrir à l'extérieur, et prêts à passer une nuit de folie pure, sous les coups de tonnerre tonitruants.
Rapidement, il ne resta plus que quelques Serdaigle dans la classe, ainsi qu'Elly et Daryl. Ces derniers observaient le Préfet-en-Chef parader sans modestie. Elly l'apostropha, l'agressant vivement :
─ Arrête de parler de Caroline comme tu le fais.
─ Quoi ? J'ai le droit de dire ce que je veux, alors va réprimander des premières années qui le méritent.
Bastien était en train de révéler à ses chères admiratrices le moyen qui l'amènerait à « reconquérir » la Serpentard. Enfin, le mot qu'il avait réellement utilisé était beaucoup plus insultant. Elly lança un regard désespéré à Daryl, avant de sortit de la classe. Bastien sentit une pression sur son épaule, et se retourna prestement :
─ Je t'ai dit d'aller te faire voir…
La voix de Bastien s'étouffa quand il vit qu'Elly n'était plus là. Daryl l'avait remplacé, avec un air impénétrable.
─ On ne s'est jamais entendu, toi et moi. J'ai toujours détesté comment tu regardais Caro, avec tes yeux mal placés…
─ Tu peux parler, le coupa Bastien. Tu es le plus dégueulasse de nous deux !
L'étreinte de Daryl se referma violemment, et l'épaule de Bastien craqua. La menace devint palpable. Bastien referma sa bouche, avec une appréhension non dissimulée.
─ On sait tous ce que tu deviendras en sortant de Château, cracha-t-il tout bas.
─ Alors tu sais à quoi t'attendre dans les prochains mois. Oublie Caro.
Daryl était extrêmement sérieux, et la tension s'amplifiait à mesure que sa main broyait l'articulation du Serdaigle.
─ Je te connais assez pour affirmer que tu n'en as plus rien à faire d'elle.
─ Il se trouve que j'affectionne une personne qui tient beaucoup à elle, alors Caroline devient aussi mes affaires.
Bastien ne rajouta rien de plus. Daryl consentit à le lâcher, agacé par l'assurance hautaine du Serdaigle. Il était vrai que Caroline n'était pas l'une des causes qu'il défendait ardemment. Mais il le faisait pour Bianca. Sa petite sœur de cœur.
Ils se jaugèrent encore du regard, avant que le Serpentard ne se décide à quitter la classe. Personne n'avait remarqué leur échange tendu. Bastien ne perdit pas son sourire pour autant. Son harem l'entoura hâtivement, et ils laissèrent Minerva seule, au milieu des devoirs en pagaille qu'elle avait reçu au début du cours.
ooo
Daryl entra dans la salle commune de mauvaise humeur. Même la fille avait laquelle il devait passer la soirée n'avait pas réussi à le désenvoûter de cette énergie négative. Il n'y avait qu'un moyen : Bianca. Elle était assise sur le canapé de cuir noir en compagnie de Caroline. Il grimaça, mais les rejoignit tout de même. Il glissa son bras autour des épaules de Blanche-neige, collant son corps au sien avec fougue. Caroline s'était décalée, non sans lui lancer un regard noir. Les ennuis n'allaient pas tarder à arriver.
─ Ta prétendante t'a laissé tomber ? Demanda Bianca sans relever la tête de son bouquin.
─ Non, j'avais juste envie de te voir…
Drayl comprenait que la présence de Caroline dérangeait. Bianca avait l'air de lui reprocher quelque chose. Il devait discuter avec elle seul à seul.
─ On pourrait peut-être aller du côté de la Tour d'Astronomie, comme au bon vieux temps.
─ Comme avec toutes tes poufs tu veux dire ?
─ Qu'est-ce que tu as ? S'indigna-t-il.
Il était venu la chercher car il avait envie de passer un bon moment, et non pour se coltiner une fille chiante de plus. Il tenta d'accaparer son regard, mais elle s'évertuait à l'éviter. Elle savait qu'elle n'avait aucune chance de lui résister.
─ Rien, rien, marmonna-t-elle.
─ Alors tu viens ? Ça me ferait plaisir.
Il était sérieux. Bianca ne put combattre plus longtemps. Elle se leva, raide comme un piquet, et se dirigea vers la sortie sans le regarder. Caroline était inquiète de voir Bianca aussi peinée et froide. Elle se leva à son tour quand ils disparurent, et les prit en filature quelques minutes. Bianca marchait devant, la tête haute, et Daryl tentait de la suivre tant bien que mal. Le spectacle était pour le moins anodin.
Toutefois, elle stoppa rapidement son enquête. Il était l'heure de dîner, et elle mourrait de faim. Caroline se dirigea tranquillement vers la Grande Salle, le tête dans les nuages, et surtout dans le souvenir de son corps affalé sur celui de Lupin. La jeune femme se dit qu'il était peut-être temps d'aller s'excuser auprès de lui, après avoir mangé.
Bianca n'était pas venue de tout le repas. Caroline se décida à la rejoindre, craignant de la trouver en larmes dans un coin du Château. Elle monta les escaliers deux par deux, et s'arrêta au premier étage. Bianca ou Remus ? C'était évident. Pourtant, mais elle eut besoin d'un temps d'adaptation. Elle passa donc son chemin sans s'arrêter au bureau de son professeur de Défenses contre les Forces du Mal. Au deuxième étage, elle croisa une personne totalement inattendue. La fille aux cheveux courts de la fête. Elle dut la reconnaître, parce qu'elle adressa un grand sourire à la Serpentard.
─ Salut.
Caroline remarqua tous les livres qu'elles portaient contre sa poitrine. Celia aussi.
─ Oui, les BUSE n'attendront pas, rigola-t-elle.
─ Ah oui, c'est vrai.
Caroline se souvint qu'elle était en cinquième année. Celia la regardait, le sourire figé. Elle attendait manifestement qu'elle s'exprime.
─ Excuse-moi, mais j'étais un peu dans le brouillard lors de la fête… tu t'appelles comment déjà ?
─ C'est rien. Je suis Celia.
Caroline resta impassible. Elle n'avait pas l'habitude de parler avec de nouvelles personnes. Comment amorcer le sujet sensible ?
─ Et alors, tu avances avec ton bel inconnu ? questionna Celia amusée.
Elle crut s'étrangler avec sa salive. Lui avait-elle parlé de Remus ? Caroline remua sur place ses bras, et muscla ses mollets, en se postant sur ses doigts de pieds. Le stress était un vrai sport pour elle.
─ Oui, enfin, non, c'est compliqué…
Celia la regardait avec cette bienveillance, propre à Remus. Avait-elle des hallucinations ? Caroline devait abréger cette conversation, avant de devenir folle :
─ En fait, je voulais te parler de quelque chose de délicat.
─ Oui, vas-y.
La Poufsouffle n'était pas inquiétée par le ton inquisiteur de Caroline. Elle était nettement plus bronzée qu'elle, et portait des lunettes. Seulement pour étudier, et lire vraisemblablement. À la fête, elle n'en portait pas.
─ Quelqu'un m'a drogué ce soir-là, et je n'exclue aucune possibilité.
─ Quoi, tu as été droguée ? Et tu crois que c'est moi ? Rétorqua-t-elle désarçonnée.
─ Oui, avec une potion, et non, je ne crois rien. Je sais juste que c'est arrivé et j'aimerais savoir de qui il s'agit.
─ Ce n'est pas moi.
Caroline eut peur de l'avoir froissée. Le visage de son interlocutrice s'était renfermé. Elle reprit, toute en nuance, consciente que Celia était à deux doigts de partir :
─ As-tu une idée, peut-être ?
─ Ecoute, beaucoup de gens n'étaient pas très contents que tu sois restée à la fête, il pourrait y avoir des dizaines de personnes potentielles.
Caroline rumina un instant, blessée. C'était brutal, mais Celia était honnête, au moins. Ce n'était jamais agréable d'entendre que la plupart des personnes de ce Château ne la supportaient pas.
─ Je peux t'aider si tu veux. Moi, je me rappelle de tout.
─ Vraiment ? S'étonna Caroline.
─ J'avoue que tu es plus sympa quand tu es un peu pompette, mais j'ai apprécié discuter avec toi.
─ D'accord.
Caroline n'allait pas nier ; Celia avait raison. C'était une sauvage en compagnie d'inconnus. Cette soirée avait été l'exception qui avait confirmé la règle.
─ Je vais enquêter de mon côté, et te faire part de mes conclusions. Laisse-moi six jours. On se donne rendez-vous ici, devant les toilettes, à la même heure, vendredi prochain ?
Caroline hocha la tête, impressionnée par la Poufsouffle. On aurait dit qu'elle avait fait ce genre de compromis toute sa vie. Elle ressemblait beaucoup à une enquêtrice, star d'une série Moldue. Sauf qu'elle avait un teint bronzé, comparé à celle que Caroline avait en tête.
─ Merci.
─ C'est rien, ce n'est pas comme si j'avais beaucoup d'amis qui m'attendaient dans mon dortoir.
Celia lui sourit tristement et passa son chemin, ses livres sous les bras. Caroline avait ressenti sa peine, ce qui l'avait tétanisée et peinée à son tour. Aurait-il fallu qu'elle lui en touche un mot ? La Serpentard était de loin la moins douée dans cet exercice. Caroline se rendit aux toilettes pour mouiller son visage et soulager sa vessie, avant de reprendre ses cherches, pour trouver Bianca, tout en pensant à Celia. Après tout, Bastien l'avait traitée de fille bizarre. Caroline se promis de faire attention à cette fille peu commune dans le futur.
Voilà un new chapter ! J'ai adoré lire vos reviews, lolahg et foalbee ! Merci beaucoup :)
Caroline n'est pas encore prête à se jeter à l'eau. Mais le sera bientôt, si elle se rend compte de ce qu'elle veut vraiment...
Bon week-end ! :)
