Chapitre 13
Remus avait longtemps hésité, assis à son pupitre. Devait-il se rendre au dîner de Noël qu'avait organisé le professeur Dumbledore, ou devait-il rester confiner dans ses appartements ? Les heures passèrent lentement, alors que son regard restait inexorablement braqué sur la porte de son bureau.
Caroline.
La jeune femme lui manquait. Irrémédiablement.
Quand il l'avait aperçue dans sa longue robe blanche, quatre jours auparavant, Remus était devenu soudainement livide. Bien sûr, il avait attendu qu'elle se soit éloignée, pour la dévorer de ses yeux chocolat ébahis. Caroline était tout simplement magnifique, avec ses cheveux dorés et son petit nez retroussé. Toutefois, cette vision enchanteresse n'était qu'une illusion. Le « bonsoir » fade et sans saveur qu'elle lui avait adressé martelait son esprit sans cesse. La Serpentard était blessée, par sa faute, et Remus le regrettait amèrement.
Avait-elle réellement eu envie de l'embrasser, lui, le professeur malade à la mine exécrable ? Il ne comprenait pas. C'était impossible. Remus pensait qu'elle s'était emballée, sur un coup de tête, suite au nombreux verres de rhum qu'elle avait ingurgité. Mais à présent qu'il la voyait longer les couloirs, la tête baissée et le visage mélancolique, ses certitudes s'effondraient. Ressentait-elle réellement quelque chose pour l'être monstrueux qu'il était ? Bien sûr, elle ne connaissait pas cette facette détestable de sa personnalité. Pour elle, il n'était que le gentil professeur Lupin.
Malgré tout, une part de lui-même croyait aux paroles de la jeune femme. Ce chagrin permanant qu'elle affichait sur son visage pâle le convainquait qu'il devait agir, pour leur bien commun.
Remus avait donc choisi de se rendre au Ministère, inquiet de son état cadavérique. Quand il était arrivé sur les lieux, les yeux noirs de Caroline ne reluisaient déjà plus de joie, ni de malice. Le désespoir de la jeune femme les grignotait à petit feu, tous les deux. Il n'avait pu se résoudre à lui parler, ce soir-là, ni aucun autre d'ailleurs. Le problème n'avait pas d'issue dans son esprit. Lui-même était dévoré par un vide douloureux, quand il la croisait dans les couloirs, et se forçait à l'ignorer. Il y avait tant de raisons qui le poussait à la renier, mais cette attirance restait définitivement réciproque, et Remus s'en voulait énormément d'avoir manqué à son devoir. Il n'aurait pas dû l'encourager, en l'invitant dans son bureau, en la choisissant pour le Club de Duel, en s'intéressant à elle. C'était entièrement de sa faute. Tout ce qui se déroulait entre eux, cette conversation… Rien n'aurait eu lieu s'il avait su imposer des limites dès le départ.
Voilà pourquoi il avait finalement décidé de se rendre à la fête de Noël, afin de briser ce silence stérile qui dominaient entre eux. Remus appréciait Caroline au-delà du convenable. Une évidence qui l'accablait, et qui, une fois seul dans son bureau à la nuit tombée, l'empêchait de s'endormir paisiblement.
Remus culpabilisait, et voulait simplement retrouver leur complicité d'antan, afin de pouvoir discuter joyeusement, sans ambigüité ou arrière-pensée. Il savait que ce serait difficile. Cependant, Remus espérait qu'un jour, Caroline comprendrait que cette relation ne mènerait à nulle part, de par son « problème de fourrure » et leur différence d'âge. Il n'assumerait jamais cet écart générationnel, d'ailleurs. La vie accueillait la jeune femme à grand bras, contrairement à lui, qui l'avait déjà embrassée depuis bien des années. Sans compter sa lycanthropie, qu'il ne ferrait subir à personne d'autre. Remus ne souhaitait pas la dissuader, ni l'encourager, mais laisser le temps éclaircir son jugement, afin qu'elle ouvre les yeux et qu'elle conçoive qu'il n'était rien de plus qu'un homme, comme l'on en trouvait partout, à chaque détour du Chemin de Traverse.
ooo
─ On ne peut plus continuer de cette façon, Caroline.
La Serpentard tressaillit, à l'entente de sa voix étriquée. La jeune femme lâcha la rambarde lentement et resserra la veste usée autour de ses épaules. Elle se délectait de cette chaleur volée, et néanmoins bienvenue. Le paysage enneigé dédramatisait la tableau peint en cette soirée du réveillon. Pourtant, Caroline n'avait plus envie de rire, ou de manger une bûche de Noël. Elle désirait seulement serrer Remus dans ses bras. Un modeste cadeau qu'elle réclamait depuis des semaines…
─ L'autre jour, vous m'avez demandé pourquoi j'étais si triste, vous vous souvenez ?
Remus ne bougeait pas, son regard chocolat rivé sur les flancs de montagne, où la neige dégringolait doucement dans un tourbillon magique. De douces rafales de vent décoiffaient ses cheveux, qui s'éparpillaient au sommet de son crâne, ou retombaient négligemment sur son front. Caroline aimait cette allure originale que lui conféraient sa maladie. Même les cicatrices avaient leurs places sur ce visage séduisant. Elle soupira, une fois certaine que Remus n'allait pas lui répondre :
─ Il est parfois très dur d'accepter ce que l'on n'a pas choisi.
Remus se pencha légèrement en avant, la tête baissée entre ses épaules. Bien sûr que la vie était injuste. Caroline le savait mieux que quiconque. Remus gardait ses yeux rivés au sol, dans un silence de plomb. Elle l'observait avec douceur, rapprochant son corps du sien avec appréhension :
─ Dans quelques mois, je ne serais plus à Poudlard, professeur.
─ Caroline…
Son nom sonnait telle une plainte dans sa bouche. Remus la suppliait d'arrêter de défendre une cause « perdue d'avance ». La Serpentard ne flancha pas, et maintint ses deux billes noires vrillées sur lui :
─ Je vous apprécie comme vous êtes, Remus.
Elle avait hésité à l'évocation de son prénom. Cette familiarité entraîna Remus dans une culpabilité sans fin. Qu'avait-il fait des limites ? Caroline s'avança encore, s'arrêta près de lui, en ne laissant qu'un mince filet d'air entre eux. Immobile comme une gargouille, il détailla le visage de son élève longuement. Sa peau rougie par le froid et ses lèvres pulpeuses lui donnait envie de l'embrasser. Cette pensée l'effraya gravement. Caroline était jeune, et inconsciente. Jamais il ne l'obligerait à subir sa nature de Loup-garou. Ce que Caroline désirait était tout simplement impossible. Il espérait seulement qu'elle comprendrait son point de vue un jour.
─ Osez me dire que vous ne ressentez rien pour moi, professeur.
Dans le regard de son élève se mêlait nombre d'émotions, dont la peur et la colère. Remus ne bougeait toujours pas, le souffle chaud de Caroline percutant ses lèvres sans cesse. Elle n'avait jamais été aussi proche de lui. Un véritable dilemme naissait au creux de son estomac, entre l'envie de s'emparer de ses lèvres, et celui d'agir honnêtement, en la repoussant fermement.
─ Vous êtes trop jeune Caroline. Ce n'est pas possible.
Le cœur de Caroline tambourinait fort dans sa poitrine, asphyxié par cette tension dévastatrice. Il n'arrêtait pas de fixer ses lèvres. Ce regard chocolat envoutant l'accaparait entièrement, elle ne réfléchissait presque plus. Il avait envie d'elle. Caroline le lisait aisément dans ses yeux brillants.
─ Je suis bien assez mature pour savoir ce que je désire ou non.
Remus eut un sourire discret. Caroline remarqua ce changement d'expression, puis croisa les bras, légèrement désarçonnée. Ne la croyait-il pas ? Elle détendit ses épaules, reculant de quelques millimètres, afin de reprendre ses esprits. Décidément, il supportait cette atmosphère étouffante de convoitise beaucoup mieux qu'elle.
─ Je ne suis pas celui que vous croyez, Caroline, vous le savez. Pourquoi ne laissez-vous pas une chance à Bastien ? Nous n'avons pas les mêmes attentes, et je suis loin d'être aussi parfait que vous semblez le croire.
Un rire avenant s'échappa de la bouche de Caroline. Cette dernière arbora un sourire charmeur, en s'appuyant sur la rambarde :
─ Je n'ai jamais dit que je vous trouvais parfait, professeur.
Devant l'air ahuri de Remus, la jeune femme exposa concrètement le fond de ses pensées :
─ Vous êtes désorganisé, ce qui ne me dérange pas outre mesure. Vous avez également la fâcheuse tendance à vouloir que je m'entende avec tout le monde. La bonté n'est pas quelque chose que j'aime entretenir…
L'ambiance s'était mystérieusement apaisée, à mesure que Caroline détaillait les nombreux défauts qu'elle avait relevé chez son professeur. Ce dernier l'écoutait, amusé par la frimousse exaspérée de la jeune femme.
─ Vous êtes trop secret avec moi, je n'aime pas votre façon de vous écraser face au professeur Rogue. Et puis, est-il nécessaire de préciser que je rêve de mettre le feu à vos habits ?
Caroline ricanait en tirant sur la veste qui ornait ses épaules. Remus soupira longuement avant qu'elle ne reprenne, plus calmement :
─ Ce n'est pas Bastien que je veux professeur, c'est vous. Considérez-vous chanceux, Caroline Dorm ne s'est jamais autant battue pour quelqu'un.
Elle lui souriait malicieusement, comme avant. Remus ne pouvait se décider à l'éviter le reste du semestre. Il réfléchit longuement, profitant de la regarder et d'imprégner son visage dans sa mémoire. Ce dernier soupira en lui tournant le dos ; ils n'arriveraient jamais à un compromis. Caroline était trop butée. Il n'avait plus le choix, cette fois-ci. C'était elle qui avait pris l'ascendant.
─ Pour l'instant, vous êtes toujours mon élève, Caroline, donc je n'accepterai pas de gestes déplacés de votre part.
Caroline grimaça aussitôt. Remus était incorrigible. Caroline était persuadée qu'il craquerait devant la convoitise partagée qui brûlaient leurs pupilles dilatées. Elle se mordit la langue, en rétorquant :
─ Eh bien moi j'accepte que vous soyez « déplacé » et « indiscret » à mon égard…
Ce murmure innocent parvint aux oreilles sifflantes de Lupin. Cette simple phrase avait enflammé ses sens, et son ventre réclamait déjà une étreinte torride. Caroline n'arrêterait pas d'être provocatrice ; il devrait s'y habituer, jusqu'à ce qu'elle ait compris que tout ceci n'était qu'une lubie.
─ Aurais-je le droit de vous rendre visite tout de même ? demanda-t-elle, rabougrie.
Il se retourna et posa son doux regard sur elle. Le front de Caroline était froncé, ses sourcils arqués, et sa bouche formait un joli rond mécontent.
─ Seulement si vous me promettez d'arrêter de vous promener avec cette mine effroyable.
Caroline délaissa son irritation passagère et lui sourit de toutes ses dents. Elle aurait souahité se jeter dans ses bras, heureuse, mais ce geste faisait sûrement partis de la « liste interdite ». Remus l'invita rapidement à redescendre les marches menant à la Tour d'Astronomie. Tout ce qu'il pouvait faire à présent, c'était laisser le temps faire son œuvre. Peut-être que dans quelques semaines, elle l'oublierait. Il l'espérait en tout cas.
Caroline souffla bruyamment en découvrant que son T-Shirt Moldu était taché de sauce brune, à la lueur des torches du Château. Elle râla en frottant sur la tâche, déjà sèche.
─ Arrêtez de soupirer, jeune fille.
Caroline leva les yeux au ciel, et décrocha la veste en tweed de ses épaules pour la lui lancer dessus. Elle avait l'air irritée, mais au fond d'elle, une allégresse intense s'installait confortablement au creux de son cœur. Caroline avait enfin trouvé le bout du tunnel, et la lumière qui l'accompagnait.
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Caroline sortit de son dortoir le lendemain, aussi frivole qu'une hirondelle à l'orée du printemps. La joie illuminait son visage terni par les semaines de chagrin qui avait précédé le réveillon de Noël. La Serpentard sifflotait gaiement, en se baladant dans les couloirs déserts du Château. Depuis la veille, Caroline rêvait de se détendre, de visiter la Volière, et peut-être de s'accorder un instant à contempler le paysage gris à travers la fenêtre du sixième étage. Caroline avait découvert sa vue époustouflante, en troisième année. Ce sentiment contagieux de bonheur effrayait Caroline, mais celle-ci gardait le tête froide, consciente que Remus n'avait pas encore craquer entièrement, et qu'elle devrait s'armer de patience jusqu'à ce moment-là.
D'ailleurs, elle aurait adoré partager une tasse de thé avec lui ce matin, mais il s'était absenté aux aurores. Alors la Serpentard avait choisi d'aller prendre le petit-déjeuner, en compagnie de Percy. Le Griffondor était déjà attablé, quand Caroline pointa le bout de son nez dans la Grande Salle. Il n'avait pas pris la peine d'enlever son horrible pyjama, tricoté par les doigts de fées de sa mère. Caroline s'installa en face de lui, dans un silence religieux. Weasley lisait la Gazette des Sorciers, tout en remuant son café distraitement.
─ Tu vois Caroline, j'étais déjà assez ennuyé de devoir déjeuner avec toi ce matin. Alors j'avais espéré profiter de ces quelques minutes avant que tu n'arrives, mais décidément, tu es partout, déclara-t-il en refermant son journal.
─ Quoi ?
Voilà, il cassait déjà l'ambiance avec ses remarques agaçantes. Caroline attrapa une tranche de pain, ainsi que du beurre, alors que Percy lui tendait le journal en question :
─ Regarde par toi-même.
Caroline saisit le journal hâtivement, après avoir lâché son pain, et dirigea son regard sur l'article que lui indiquait le Griffondor avec impatience.
─ Par la barbe de Merlin, pourquoi suis-je dans le journal ? s'écria-t-elle brusquement.
─ Tu serais, d'après cet article, une « jeune fille complexée qui n'aurait d'autre choix que d'obéir à un père tyrannique et sournois », ricana joyeusement Percy.
Elle lut rapidement le petit paragraphe qui lui était consacré. Il était signé Rita Skeeter. « Vraiment étonnant », marmonna-t-elle en jetant le journal sur la table.
─ Qui va croire ces sornettes ? agressa-t-elle Percy.
─ Tous ceux qui ont déjà envoyé une lettre au Ministère pour demander la démission de ton père, Caroline.
Le regard brillant de la Serpentard dériva au ciel, exaspérée par la joie qu'éprouvait Percy en pareil circonstance.
─ Les gens sont prêts à croire n'importe quoi.
Caroline enfourna la tranche de pain dans sa bouche, le dos voûté, et la mine soudainement froide, sanguinaire. Percy lui sourit désobligeamment, et reprit, de sa voix criarde et mielleuse (qui donnait à Caroline l'envie subtile de lui lâcher des cognar dessus) :
─ A mon avis, ces personnes changeraient d'avis, s'ils savaient que tu fricotes avec ton professeur de DCFM.
─ Pardon ?
Caroline cracha son bout de pain dans son assiette, après s'être étrangler avec. Elle le regardait avec d'énormes soucoupes volantes à la place de ses yeux noirs. De plus, il avait eu la délicatesse de crier bien haut et fort cette phrase calomnieuse (bien que Caroline aurait souhaité qu'elle soit vraie).
─ Ne me le fais pas à moi, j'ai vu comme vous vous regardiez. Et hier, j'ai bien vu qu'il y avait un problème entre vous. J'y ai pensé toute la nuit d'ailleurs. Serait-il allé voir ailleurs ? Cela ne ressemble pas vraiment au professeur Lupin, mais tout est possible…
Le culot de Percy l'étonnerait toujours.
─ Weasley qui se mêle des affaires des autres ? Je n'ai jamais entendu un telle chose, siffla-t-elle ironiquement.
─ Caroline, c'est un professeur, tu te rends compte quand même ? reprit-il sérieusement.
─ Il n'y a rien entre lui et moi, Weasmoche, alors je te prierai de garder ta petite cervelle dans tes affaires et de me laisser tranquille.
La Serpentard attrapa une brioche, et quitta la Grande Salle faussement énervée. A l'intérieur, elle était terrorisée à l'idée que Percy découvre quoi que ce soit sur sa relation avec Remus, bien qu'il n'y ait vraiment rien de répréhensible entre eux. Elle ne souhaitait seulement pas que des rumeurs se propagent, et mettent Remus dans une situation précaire.
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Caroline s'était réfugiée à la Volière, pour échapper à Percy, et avait reçu la surprise du jour dans ses mains. C'était la fameuse lettre que son père lui écrivait, à chaque fois, le jour de Noël. Elle l'ouvrit, sans même attendre un mot doux de sa part. Il recopiait les même lignes d'années en années, ne pensant certainement pas qu'elle gardait précieusement toutes ces lettres insignifiantes.
« Ma fille, Noël restera toujours le jour préféré de ta sœur. Savoure cette journée. La vie ne dure jamais éternellement. Salue tes amis de ma part, et n'oublie pas qu'un bon sorcier ne doit sa renommée qu'au travail accompli. La jeune femme dont je t'ai parlé à la réception est vraiment exceptionnelle, j'espère que tu suivras son exemple. Bonnes vacances, Caroline.
Ton père, Jack. »
Cette année, il avait décidé de changer entièrement la forme de son message, mais le fond restait inexorablement semblable d'année en année. Caroline replia la lettre, déçue, et la rangea soigneusement dans son enveloppe. Cette dernière rejoindrait incessamment sous peu la boîte où elle conservait toutes les bricoles les plus importantes à ses yeux. Dont le collier en or.
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Les vacances avaient été atrocement longues. Remus s'était absenté pendant plus d'une semaine. Caroline dévalait les escaliers avec impatience ; le cours d'études des Moldus s'était achevé il y a cinq minutes. La rentrée avait toujours son lot de surprises, mais cette fois-ci, la journée s'était déroulée sans anicroches.
Son livre sous le bras, elle se stoppa dans l'allée du premier étage, et plus précisément devant la porte en chêne brut de son professeur préféré. Elle toqua deux coups, les lèvres entre-ouvertes, prête à lui adresser un « bonjour » rayonnant. L'attente était insoutenable. Remus finit par ouvrir la porte quelques secondes plus tard, passablement surpris :
─ Que faîtes-vous là, Caroline ?
─ Bonjour, claironna-t-elle sensuellement. Je me suis dit que nous pourrions boire un thé ensemble…
Caroline s'emballait à mesure qu'elle le déshabillait de son regard capricieux. Remus parut légèrement désarçonné, et jeta un coup d'œil discret derrière lui :
─ Je ne suis pas seul Caroline, pouvez-vous repasser plus tard ?
Les yeux de la jeune femme se plissèrent furtivement, afin de guetter l'intrus qui la privait de sa tasse de thé à la cannelle. Remus la regardait s'élever sur la pointe des pieds, lançant des regards incroyablement peu discrets par-dessus son épaule.
─ Que faîtes-vous Caroline ?
─ Rien du tout… mêlez-vous de vos affaires, je vous l'ai déjà dit… baragouina-t-elle, en pleine inspection.
La jeune femme intercepta soudainement la tête d'Harry Potter, derrière son enseignant. Alors Potter avait le droit de passer du temps avec lui, et pas elle ? Caroline fulmina, et mourut d'envie d'écraser la tête de Potter avec un marteau. La jalousie lui crevait le visage, si bien que Remus remarqua immédiatement son humeur changeante. Elle croisa les bras, et maugréa en lui tournant le dos :
─ Je repasserai plus tard.
Remus sourit légèrement, puis ferma la porte. Caroline décida d'aller dîner, et se promit de revenir une fois l'estomac plein, en espérant qu'Harry Potter aurait été foudroyé entre temps, ou aurait avalé une Goutte du Mort-Vivant par pur bonté envers elle.
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Tard dans la soirée, l'orage grondait une nouvelle fois au-dessus de Poudlard. Caroline avait traversé la cour gentiment, dix minutes auparavant. Ses cheveux blonds étaient trempés, et déversaient de petites gouttelettes sur le parquet de son professeur de DCFM.
─ Caroline, arrêtez de regarder mes lèvres, la réprimanda-t-il fermement.
Elle ne stoppa nullement son manège. Caroline s'était approchée, telle une vipère fondant sur sa proie, enjôleuse en cette soirée pluvieuse. La tension était palpable dans la pièce. Remus n'arrivait plus à se concentrer sur ses copies, sachant le regard brûlant de Caroline sur lui.
─ Ça vous dérange peut-être ? demanda-t-elle sans intonation particulière.
─ Caroline, répéta-t-il en fronçant les sourcils.
La jeune femme sourit en coin, puis parcourut sa bibliothèque du bout du doigt, comme elle en avait l'habitude. Les couvertures vétustes défilaient à mesure que son regard s'intensifiait sur les noms célèbres d'écrivains Moldus.
─ Vous n'avez pas d'humour, souffla-t-elle malicieusement.
─ Je ne vous retiens pas.
Ses billes sombres cherchèrent le regard de son professeur, qui s'évertuait à corriger ses copies dans le calme et la sérénité.
─ Je le sais, et c'est bien dommage, soupira-t-elle en se laissant tomber dans le fauteuil, à côté de la bibliothèque.
Caroline ôta ses chaussures et recroquevilla ses jambes contre sa poitrine. La chaleur des quartiers de son professeur enveloppait son cœur d'un duvet moelleux. L'eau chauffait encore, et elle devait prendre son mal en patience avant de savourer son thé à la cannelle.
─ Que faisait Potter ici, cet après-midi ?
─ Des cours particuliers. Les Détraqueurs semblent s'intéresser particulièrement à lui, alors je lui apprends à utiliser le sortilège du Patronus.
Caroline posa sa tête doucement sur ses genoux, l'observant avec admiration de l'autre bout de la pièce. Remus était irrémédiablement séduisant. Elle avait beaucoup de peine à lui résister. Il fallait qu'elle parle, vite, avant que des envies ingérables la surprenne :
─ Connaissez-vous un certain Edgard Morval ?
─ Non, qui est-ce ? répondit-il distraitement.
─ Je ne sais pas vraiment. Monsieur Weasley m'en a parlé au Ministère. Je crois que c'est cet homme que soupçonne Goerges. C'est peut-être lui qui m'a envoyé ce collier…
Remus lâcha sa plume aussitôt, et fixa Caroline d'un regard inquiet :
─ Où l'avez-vous mis ?
─ Je l'ai jeté dans une poubelle.
Il la dévisageait d'un regard sceptique, manifestement surpris par sa franchise, et par l'étrange manière dont Caroline traitait ses cadeaux :
─ Vraiment ?
─ Oui, dès que j'ai su que vous n'étiez pas celui qui me l'avait envoyé, sourit-elle nerveusement.
Caroline avait menti à Remus, évidemment. Après tout, elle ne lui devait rien. Un secret de plus ou de moins, que cela changerait-il ? Elle décelait le malaise de son professeur derrière son impassibilité. Il ne s'attendait sûrement pas à entendre de telles allusions, en l'ayant laissée entrer cinq minutes plus tôt. Ils ne s'étaient pas revus, depuis leur dernière conversation, à la Tour d'Astronomie.
─ Il devait être ensorceler, poursuivit Remus sans relever sa réponse. Vous avez bien fait de vous en débarrasser.
─ Ou peut-être était-ce juste un simple cadeau.
Cette simple réflexion avait un but très précis. Et Caroline boudait intérieurement que Remus n'ait montré aucune jalousie concernant son probable destinataire. Elle était certaine que ses sentiments étaient réciproques, mais à force de petits détails aussi insignifiant que celui-ci, Caroline en doutait de plus en plus. Ce n'était pas parce qu'il avait accepté qu'ils discutent en dehors des cours, qu'il était irrémédiablement entiché d'elle. Cette pensée l'attrista, et elle prononça d'une voix enrouée :
─ Peut-être, nous ne le saurons jamais.
Elle se leva tel Terminator, une machine humaine d'un film Moldu, et prépara le thé en silence. Ses esprits vagabondaient dans des territoires connus, mais toutefois hostiles, à l'image de cette personne, ou ces personnes, qui cherchaient à lui nuire. Caroline avait envie de partager ses théories depuis longtemps avec Remus, et ne s'en priva pas, aujourd'hui :
─ Je commence à soupçonner Elly, ou Daryl pour cette histoire de sortilège d'Imperium. Qu'en pensez-vous ?
─ Ce sont vos amis, Caroline.
─ Comme Peter et Sirius étaient les vôtres, rétorqua-t-elle fâcheusement. D'ailleurs, pourquoi ne pas m'avoir dit que Sirius Black était l'un de vos meilleurs amis ?
Caroline ne savait pas exactement la nature de leur lien, mais elle tenta un coup de poker, comme les Moldus disaient. Remus ne parut pas agacé, ni même embêté. Il reposa son dos contre le dossier de sa chaise, et déclara calmement de sa voix suave :
─ Parce qu'il ne l'est plus.
─ Vous étiez amis avec eux, n'est-ce pas ? Peter, James et Sirius ?
─ Oui, nous étions meilleurs amis, ici, à Poudlard.
Cette conversation avait jeté un froid sur eux. L'atmosphère échaudée s'était soudainement évaporée. Remus s'évertuait encore à éviter les sujets qui le concernaient. Elle aurait été énervé en temps normal, mais cette fois-ci, Caroline décida d'oublier Sirius Black. Elle se rappelait d'un détail, qui l'intriguait beaucoup :
─ Je voulais vous demander, connaissez-vous des personnes qui se faisaient appeler les « Maraudeurs » ?
─ Pourquoi cette question ?
─ Oh j'en ai entendu parler il y a quelques temps, et je me demandais de qui il pouvait bien s'agir. J'ai fait des recherches à la bibliothèque, mais aucun livre ne mentionne ces personnes.
Remus fixait le vide, pressant son visage dans sa main droite, signe manifeste qu'il était épuisé. Néanmoins, Caroline était rassurée qu'il n'ait pas de canne, comme à la dernière Pleine Lune.
─ Je ne sais pas, Caroline, finit-il par répondre.
Avant qu'elle n'ait pu rétorquer une ingénieuse question qui le mettrait dans l'embarras, il coupa court à leur conversation :
─ Vous devriez aller vous coucher, vous avez cours demain.
─ Dans votre lit ?
Caroline ricanait grassement, alors que Remus la fixait d'un regard las. Ces plaisanteries ne l'amusaient pas du tout. La Serpentard soupira, but son thé d'une gorgée, et sortit sans faire d'histoire. Elle ne lui souhaita pas une bonne nuit, car elle savait pertinemment qu'il dormirait mal.
Elle entra dans son dortoir sur la pointe des pieds. Il était passé minuit. Caroline avait jugé utile de faire un tour du propriétaire, pour calmer ses ardeurs, avant d'aller se coucher. Mais tous ses efforts pour paraitre discrète furent anéantis, quand Bianca sortit de son lit, un sourire angélique sur le visage :
─ Alors ?
Caroline releva la tête, et croisa le regard malicieux de Bianca. Prise sur le fait, en beauté.
─ Alors quoi ? rétorqua-t-elle simplement, en s'asseyant sur son propre lit.
Son amie leva les yeux au ciel, et se rapprocha, la surplombant d'une tête :
─ Avec le professeur Lupin voyons, vous vous êtes réconciliés ?
Caroline resta stoïque, mais ne put s'empêcher de se demander si quelque chose se distinguait vraiment sur son visage, ou sur une quelque conque autre partie de son corps (malheureusement, c'était pas le cas, leurs contacts physiques se réduisant à la démonstration d'un sort).
─ Nous n'étions pas fâchés.
─ Tu chipotes là, Caro.
La Serpentard lâcha un râle excédé, et parla d'une voix railleuse, enlevant ses chaussures d'un geste brusque :
─ Il a accepté que nous nous côtoyons, mais sans… ambiguïté.
─ En clair, que vous continuez comme avant… que tu ne lui dises que tu avais envie de le mettre dans ton lit, n'est-ce pas ?
─ Bianca !
─ Ne joue pas ta coincée, tu n'es pas aussi innocente qu'il le pense.
Bianca entortillait son doigt dans ses cheveux, l'air aussi dépité que Caroline. La Serpentard enfila son pyjama prestement :
─ Ce n'est pas une raison pour dire des choses pareilles.
Son amie lui fit quelques gestes, penaudes, et demanda avec un naturel déconcertant :
─ Daryl aimerait qu'on aille à Pré-au-Lard tous les quatre, samedi prochain. Tu serais d'accord ?
Même si elle répondait par la négative, Bianca la forcerait à venir tout de même. Alors Caroline décida d'abréger son supplice :
─ Oui. Bonne nuit Bianca.
─ Tu vas dormir ? Déjà ? Mais on n'a même pas discuté de la soirée au Ministère… et de Ludo Verpey.
Caroline restait stoïque, mais l'air faussement trahi de son amie la fit sortir de ses gonds :
─ Bianca, ne me dis pas que vous avez…
─ Bien sûr que non ! rétorqua-t-elle hilare de l'insinuation de Caroline.
Les deux amis partirent dans un fou-rire tonitruant. Elles se moquaient d'avoir réveillé la moitié du dortoir. Caroline souriait à nouveau, et c'était tout ce qui comptait pour Blanche-Neige.
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Le cours de potions était particulièrement inintéressant cet après-midi. Pourtant, Caroline n'arrêtait pas de sourire bêtement depuis le début de la leçon. Le professeur Rogue la regardait d'un mauvais œil, assis à son bureau, un journal devant lui. Elle mélangeait sa potion doucement, et avec soin, ce qui était très douteux quand on connaissait son talent dans cette matière. Il se redressa alors, avança dans les rangs, et s'arrêta devant la préparation fumante de Caroline. Rogue jeta un coup d'œil exaspéré à sa potion, puis parla d'une voix menaçante et tranchante :
─ Miss Dorm, votre potion a brûlé. Êtes-vous réellement bête ou le faîtes-vous exprès ?
Le voile fin de rêverie qui parait ses yeux disparut, et Caroline plongea son regard dans le liquide noirâtre qui stagnait dans son chaudron. La consistance était pâteuse, des morceaux nageaient à la surface, et la couleur aurait dû s'apparenter à un violet nacré. La Serpentard grimaça de dégoût, relevant la tête, le visage déconfit :
─ Qu'avez-vous mis dedans ? demanda-t-elle.
Le professeur arqua un sourcil d'étonnement, avant de la dévisager cruellement, ses dents grinçant sinistrement :
─ Êtes-vous en train d'insinuer quelque chose, Miss Dorm ?
─ Non, je dis juste qu'avant que vous n'arriviez, ma potion était parfaitement conforme.
Severus se pinça l'arête de son nez crochu. Caroline avait le don de l'énerver, pour tout et n'importe quoi. Il gigota sa baguette au-dessus du chaudron, et la mixture texture goudron disparut aussitôt.
─ Ce soir, vous viendrez refaire cette potion ratée, dans mon bureau à vingt heures. Maintenant déguerpissez avant que j'aie la subtile idée de vous mettre en retenue pour le restant du semestre.
Caroline attrapa son livre, le cala entre sa poitrine et sa main, puis sortit rapidement de la classe. Elle marcha ensuite en direction de la bibliothèque, la tête dans les nuages. Il était à peine quatre heures de l'après-midi. Peut-être aurait-elle le temps de rendre visite à Remus, avant sa retenue. Caroline suspectait toujours son professeur d'avoir compromis sa potion, mais son humeur ne flanchait pas. Severus Rogue aurait beau lui infliger des retenues à répétions, Caroline exhiberait toujours ce sourire béat qui lui collait au visage depuis cinq jours.
─ Salut Caroline.
Elle se retourna furtivement, et tomba nez-à-nez avec Celia la traitresse. Ses petits yeux globuleux et peinés la regardaient étrangement. Caroline fronça les sourcils, irritée par la présence de cette fille au teint bronzé qui l'avait trahie.
─ Qu'est-ce que tu veux ? l'agressa-t-elle, resserrant la prise de son bouquin contre elle.
─ Juste te parler. Ce n'est pas ce que tu crois, vraiment.
Celia parlait d'une voix douce et calme, loin de cette hystérie inquiétante dont Caroline avait été témoin. La Serpentard tapait son pied au sol, impatiente. Elle intima à son interlocutrice de se dépêcher, et d'aller au fait.
─ Je ne pensais pas que tu le prendrais mal, elle m'avait dit que tu aimais ce genre de plaisanteries.
La jeune femme avait la nette impression d'avoir manqué un épisode du feuilleton. Son air interrogateur n'échappa pas à Celia, dont la figue s'assombrit soudainement :
─ Elle ne t'en a pas parlé ?
─ Qui ? rétorqua Caroline exaspérée.
─ Ton ami avec les cheveux noirs, je ne me rappelle plus son nom. C'est elle qui m'a donné les mornilles pour Anrick, d'ailleurs.
Pourquoi lui parlait-elle de Bianca ? Et pourquoi donc elle aurait donné de l'argent à ce Griffondor de pacotille ? Caroline s'effondra intérieurement, cherchant une sortie de secours à l'incendie qui ravageait son esprit.
─ De quoi tu parles ?
La voix de Caroline s'était étouffée dans un murmure. Bianca avait-elle quelque chose à se reprocher dans toute cette histoire ?
─ Ce n'était qu'une farce, Caroline, répondit Celia anxieusement.
─ Pourquoi tu m'as dit que la personne qui m'a droguée n'était pas mon amie ? C'était Bianca ?
─ N'oublies pas ce que je t'ai dit surtout, le mensonge est si facile…
Ses pensées implosaient littéralement. Devait-elle croire Celia ? Quelqu'un avait décidé de la rendre folle cette année. Tout ceci n'avait aucun sens. Toutes ses convictions étaient mises à mal. Caroline ne savait plus qui elle pouvait croire. Bianca savait qu'elle détestait les plaisanteries. La Serpentard transperça Celia du regard, puis fit quelques pas à reculons, avant de s'enfuir en courant. Si Bianca était vraiment l'auteur de cette farce, elle aurait très bien pu être celle qui l'avait enlevée ou ensorcelée. Caroline courait à vive allure dans les couloirs, bousculant le moindre élève lui barrant la route.
Bianca lui avait certifié que Daryl n'était pas le coupable. Mais si elle était dans le coup, cette donnée était erronée. S'agissait-il vraiment de l'un de ses amis ? Ou le complice s'amusait-il de la voir soupçonner tout son entourage, afin qu'elle perde leur amitié ? Caroline pouvait-elle croire Celia ? Impossible de démêler le vrai du faux. Elle réfléchissait tellement, le regard pointé sur ses chaussures luisantes, qu'elle finit par percuter quelqu'un de plein fouet. La jeune fille rebondit, et ses fesses s'écrasèrent lourdement au sol. Le choc lui coupa la respiration quelques secondes.
Une pensée surgit soudainement : que voulait ces personnes ? Était-ce juste des farces ou couvaient-ils des intentions plus sombres ? Caroline resta assise suffisamment longtemps, le regard dans le vide, pour inquiéter la personne qui s'était penchée sur elle.
─ Caroline, vous m'entendez ?
Elle se concentra sur la voix, et reconnut le visage de Remus avec soulagement. Il était partagé entre l'idée de l'aider à se remettre sur pied, et celle de la laisser par terre. La deuxième option était nettement plus confortable pour lui ; il n'aurait pas besoin de la toucher. Contre toute attente, Caroline lui fit un grand sourire, et s'excusa joyeusement, mettant momentanément ses pensées de côté :
─ Excusez-moi, professeur, je ne regardais pas où j'allais.
─ Ou courriez-vous comme ça ?
─ Je… j'essayais de battre le record de sprint Moldu, répondit-elle impassible.
Remus avait envie de rire, mais ne le fit pas. Il attendait patiemment qu'elle se relève. Caroline était d'humeur joueuse en sa présence, et murmura à son attention :
─ Vous n'allez pas m'aider à me relever ?
─ Caroline, nous en avons discuté.
─ Et il me semble que ce geste est tout à fait approprié, sourit-elle innocemment.
Devant son air dépité, Caroline ne tenta pas le diable et posa ses mains à terre pour se relever. Elle épousseta ses fesses et le reste de sa robe, puis reposa son regard manipulateur sur Remus :
─ Je vous laisse, le professeur Rogue m'a mis une retenue ce soir, et il faut que j'écrive une devoir avant d'y aller. Bonne soirée.
Caroline regrettait de devoir le quitter si prématurément, mais elle n'avait pas le choix. Il fallait qu'elle réfléchisse seule à la possibilité que ses amis n'étaient pas aussi sincères qu'ils le laissaient croire. Le dortoir était l'endroit idéal pour se retrouver en catimini avec ses pensées.
Bianca. Daryl. Elly. Bastien. Celia. Ces noms revenaient souvent sur ses lèvres, et Caroline n'avait aucune envie de croire que l'un d'eux était impliqué dans cette histoire saugrenue. Percy avait raison, elle s'était ramollie cette année. Elle avait des scrupules à présent. La Serpentard était certaine que Remus avait eu un effet délétère sur elle, lui transmettant une part de sa bonté. Caroline n'en voulait pas, elle désirait seulement rester froide et incomprise. Elle voulait haïr les enfants, créer des sarcasmes à la hauteur de sa réputation et mener la vie impossible à ses professeurs. Mais Remus compromettait vilement ses plans.
Quoi qu'il en soit, sa liste de suspect s'agrandissait encore. Percy avait-il quelque chose à se reprocher ? Elle l'ajouta à sa liste de bonté de cœur. Et puis MaGonagall, derrière ses airs de professeur fiable, s'était finalement laissée tenter ? Caroline s'arrachait les cheveux de rage. Tout le monde était suspect. C'était une des premières règles des films d'horreur Moldu. Par ailleurs, elle ne savait même plus ce qu'il lui était réellement arrivé. Kidnappée ? Ensorcelée ? Droguée ? Quelqu'un jouait avec ses nerfs.
Bianca. Daryl. Elly. Bastien. Celia. Percy. McGonagall. Remus ? Caroline se mordit l'index, consciente qu'elle ne trouverait jamais le coupable, avant que celui-ci n'en ait décidé autrement.
Elle gagna son dortoir rapidement, impatiente de prendre une douche, afin d'éteindre l'incendie ravageant ses neurones. Quand elle entra dans la pièce, son regard fut immédiatement attiré par un point lumineux dans la pénombre. Une lettre était déposée sur son lit. Caroline s'approcha avec méfiance, et une fois certaine que ce n'était pas un piège (elle avait tenté divers sortilèges, plus ou moins réussi pour certains), elle osa l'ouvrir délicatement. C'était l'écriture de Georges. Le stress s'empara de sa gorge aussitôt, et son cœur bondit dans sa poitrine, comme un oiseau enfermé en cage :
« Ma petite Caroline. Je sais qui a tué ma fille. Rejoins-moi à minuit, chez moi. Assure-toi de venir accompagnée d'une personne de confiance. Je t'attendrai. Goerges »
Ouf, le voici enfin. J'ai eu du mal à le terminer, donc j'espère que vous en avez profitez, je n'ai pas encore débuté la chapitre 14...
Avec qui va-t-elle se rendre à Pré-au-Lard ? Que de suspense.. aha !
Que pensez-vous donc de la tournure des événements ? Pas déçues j'espère ? Tout n'est pas encore fait, n'ayez crainte !
Un grand, et énorme merci aux onze personnes qui ont reviewé le chapitre précédent et l'histoire, c'est à dire lolahg, Lizziana (ce collier est intriguant, mais je ne crois pas que Caroline y ait accordé de l'importance, vu que ce n'était pas Remus qui le lui avait offert... on saura plus tard de qui il vient ! Et j'espère que le petit point de vue de Remus au début du chapitre t'a plu. Encore merci pour toutes tes reviews !) , Brookh, faolbee, Polugritiya, june746, Lu (cela me fait vraiment plaisir que tu apprécies Caroline, j'ai toujours peur qu'elle soit trop froide, "bizarre" et qu'au final, elle ne soit pas intéressante. Et puis, c'est une petite victoire pour moi que tu aimes suivre l'histoire de personnages que tu n'affectionnes pas habituellement ! Pour le coup, tu as bien lu dans les pensées de Remus, et j'espère que cette suite t'a convenue. Merci beaucoup pour tes deux reviews, cela me fait énormément plaisir de savoir ce que tu as pensé de l'histoire !), Lily (j'espère que ce chapitre t'a plu ! Tu l'as lu avec la chanson en fond sonore ? Je l'ai écrite avec ma chanson dans la tête en tout cas ahah), Mlanie (merci pour ta review, je suis contente de savoir que tu apprécies cette histoire !), Aliete et alxd (c'est vrai que j'ai eu quelques scrupules à arrêter le chapitre à ce moment-là... c'était plus une question de timing en fait, juste un coup de malchance pour les gentils lecteurs qui suivent cette histoire ahah. Je ne suis pas sadique normalement... Merci pour ta review !).
J'en suis très heureuse, et ceci me pousse à terminer mes chapitres le plus vite possible (je sais que l'attente peut être très longue...). Comme je l'ai dit, le suivant n'est entamé que de quelques lignes donc je ne garantis rien pour le week-end prochain... Si vous avez des questions, des remarques ou juste envie de laisser une trace de votre passage, n'hésitez pas, j'y répondrai avec plaisir :)
Bonne fin de semaine, et à (très) bientôt !
