Ce matin, le ciel grisâtre dominait Londres de toute sa splendeur. Il ne tarderait pas à pleuvoir. Caroline s'était d'ailleurs assise contre le mur du quartier général et se lamentait de sa vie, en cohésion parfaite avec l'ambiance maussade qui régnait dans la rue. Bien que le Seigneur des Ténèbres était revenu et qu'une mystérieuse personne cherchait à la réduire en cendres, c'était tout autre chose qui occupait les pensées de Caroline. La soirée avait pourtant bien débuté, maugréa-t-elle, lorsque quelqu'un tourna la poignée de la porte d'entrée. Quand il franchit le pas de porte du Square Grimmaurd, une valise sous le bras, Mondingus sursauta en tombant nez à nez avec les yeux cernés et bouffis de Caroline.
« Nom de nom, tu ressembles au cadavre de ma grande tante », souffla-t-il, médusé.
Caroline grimaça brièvement. Ce vicieux petit bonhomme n'avait pas tort. La mine exécrable de son visage devait frôler la pâleur maladive. Une idée totalement saugrenue lui avait traversé l'esprit. Percy avait-il une vie bien meilleure que la sienne ? Certainement oui. C'était dire si son morale était au plus bas.
« Jolie valise. »
Mondingus sourit narquoisement à Caroline et tapota dessus comme si elle abritait un trésor. D'ordinaire, elle lui aurait demandé où il avait bien pu la voler, mais aujourd'hui, elle se contenta de lui sourire gentiment. Mondingus Fletcher était un parfait escroc, ce qui n'empêchait pas Caroline d'avoir un peu d'affection pour lui. Ils auraient pu se ressembler, dans une autre vie. Mondingus sortit sa baguette de sa poche en regardant le ciel grisâtre, puis, sous les yeux soupçonneux de la jeune femme, il traversa la rue et disparut derrière des buissons.
« Bon débarras », marmonna-t-elle.
Alors qu'elle fermait les yeux, Caroline se trouva à nouveau plongée dans les souvenirs saccadés qu'elle conservait de la soirée d'hier. Elle aurait bien aimé tout oublier. Malheureusement, elle se rappelait de chaque détail, de chaque mot prononcé.
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Caroline s'écrasa la tête la première dans son lit. Elle avait entendu la porte se refermer délicatement dans son dos et Remus s'était assis sur le bord de son lit. Son odeur de vieux costumes troqués dans d'affreuses boutiques parvenait jusqu'aux narines de Caroline. Elle humait à pleins poumons cette odeur familière et réconfortante. D'un geste très peu gracieux, Caroline glissa sur le côté, roula jusqu'à Remus et planta son regard dans le sien.
« Je suis inquiet pour toi, Caroline.
- Comme d'habitude », soupira-t-elle, un doigt dans le nez.
Vraiment, l'alcool lui laissait faire n'importe quoi. Remus la dévisagea sévèrement, les mains en croix, posées sur ses genoux. Il hésitait à se mettre debout, car le corps chaud de Caroline avait tendance à se coller vicieusement à lui.
« Tu t'inquiètes toujours, mais tu ne fais rien, poursuivit-elle, légèrement agacée.
- Je ne peux rien faire si tu ne te confies pas à nous."
Caroline arqua son sourcil, étonnée.
« Sirius ? Tu aimerais que je me confie à lui ?
- Je ne serais pas toujours là, Caroline. »
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Son ventre gargouilla bruyamment. Caroline pressa sa main dessus pour le faire taire, sans succès. Elle avait des terribles nausées. Et seul l'air frais de la rue lui permettait de garder la tête hors de l'eau. Alors qu'elle fermait les yeux à nouveau, Caroline sentit quelque chose de baveux et chaud couler sur sa joue. Elle ouvrit lentement son œil droit. Un chien noir la fixait joyeusement, sa queue se balançant dans tous les sens et fouettant le mur du Square Grimmaurd. Caroline se pinça le nez en chassant le chien d'une main. L'odeur de la bave était insoutenable.
« Maudite bête », marmonna-t-elle, en refermant son œil.
Puis, soudain, comme si elle avait enfin reconnu les deux prunelles jaunes du canidé, elle les rouvrit en sursaut. Le chien aboya dans la rue, léchant encore deux ou trois fois le visage de Caroline, et courut autour des quelques personnes qui s'étaient regroupées sur le trottoir. La jeune femme regardait dangereusement l'animal, alors qu'un peu de bave dégoulinant le long de son cou :
« Et si on allait faire un petit tour à la fourrière Moldue, Sirius ? »
Le chien la nargua de toute sa splendeur, assis fièrement aux côtés d'Harry Potter. Caroline pesta tout bas et essuya la bave avec le coin de son pull. Lorsque Remus sortit du Square Grimmaurd à son tour, Caroline se surprit à lorgner ses fesses. Elle détourna la tête juste avant que Tonks ne le remarque. L'Auror était, comme toujours, fidèlement postée aux côtés de Remus. Le regard de Caroline s'assombrit.
« Tu ne vas pas leur dire au revoir ?
- A ces babouins ? » rétorqua Caroline avec mauvaise foi.
Daryl sourit sarcastiquement à Caroline et s'adossa près d'elle. Remus prenait Harry dans ses bras et la Serpentard ne put s'empêcher d'éprouver une pointe de jalousie. Par le barbe de Merlin, elle ne pouvait pas être jalouse d'Harry Potter quand même ! Il avait la vie la plus détestable qui soit. Mais était-elle vraiment pire que la sienne ?
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« Soit, raya Caroline en donnant un coup de genoux dans la cuisse de Remus en se relevant, mais il n'aura pas autant de scrupules que toi ! »
Le sous-entendu ne tomba dans l'oreille d'un sourd. Le visage de Remus se crispa, et ses yeux devinrent plus incisifs. Sirius avait-il osé toucher Caroline ? Remus sentit son sang bouillir dans ses veines.
« Je ne parlais pas de…
- Et bien-moi si ! J'en ai marre d'attendre que tu ouvres les yeux sur nous !
- Parle moins fort, Caroline. »
Remus entendait des bruits de pas dans le couloir. Il n'avait aucune envie que quelqu'un surprenne leur conversation. Caroline leva les yeux au ciel, bondit sur ses deux pieds et ouvrit la porte dans la volée, après avoir déverrouillé la serrure, au bout du troisième essai.
« Tu es content ? Il n'y a personne qui nous écoute. »
Le couloir était vide. Caroline claqua la porte pour la refermer, trouva la serrure du premier coup et jeta la clé aux pieds de Remus.
« Je ne suis peut-être plus ton professeur, mais tu n'as pas à me parler sur ce ton. »
Caroline eut un sourire en coin.
« Tu sais maintenant pourquoi aucun des professeurs ne m'appréciaient.
- Je le savais déjà, mais je pensais être à l'abri. »
Remus soupira. Caroline était toujours aussi incorrigible. Et le fossé entre eux ne cessait de s'élargir.
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Sous l'impulsion de Daryl, elle se leva et dépoussiéra mollement ses habits. Elle jeta un coup d'œil ennuyé aux Griffondors, puis fit un signe de main résigné dans leur direction. Si elle n'avait pas été aussi mal, elle aurait ri de l'air benêt de Ron, quand il demanda à Harry pourquoi la folle leur faisait signe. Elle regrettait presque de ne plus retourner à Poudlard. Était-ce parce qu'elle aurait voulu que sa dernière se déroule totalement différemment ? Peut-être.
« Tu manges avec ton père ce soir ? »
Caroline hocha pauvrement la tête. Elle avait complètement oublié cette affaire. Son père lui avait fait parvenir un hibou ce matin, aux aurores. La lettre était encore posée sur la table de la salle à manger. Il l'avait invitée à manger dans le meilleur restaurant Sorcier de Londres.
« Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ? » lui demanda-t-elle, pour changer de sujet.
Daryl avait bien observé Caroline. Et il devinait que quelque chose n'allait pas. Seulement, il n'arrivait pas à mettre le doigt sur ce qui la chagrinait autant.
« Une mission pour l'Ordre.
- Pourquoi tu mobilises autant d'énergie pour eux ? »
Daryl haussa les épaules. Caroline, non convaincue, poursuivit tout bas :
« Je n'ai pas oublié qui tu étais. Tu détestes les Weasley, tu détestes les Sang-de-Bourbe. Alors qu'est-ce que tu fais ici ? Tu es un espion à la solde du Seigneur des Ténèbres ? »
Daryl sourit fugacement à son ancienne amie.
« Je ne suis pas le professeur Rogue. »
Le professeur Rogue ? Que venait-il faire dans cette conversation ? Il était le cadet de ses soucis. Depuis qu'elle était revenue, Caroline avait du mal à saisir et comprendre certaines choses, comme la disparition de Bianca ou la nouvelle facette de Sirius. Elle était seulement partie une année mais tout semblait avoir changé.
« Tu es ici pour Bianca. »
C'était certainement la raison la plus plausible. Daryl détacha son dos du mur et s'élança dans la rue, parlant d'une voix forte pour que Caroline puisse l'entendre distinctement :
« Je suis ici parce qu'il y a quelque chose que je hais encore plus que les Weasley et les Sang-de-Bourbe... »
Daryl s'immobilisa, puis siffla entre ses lèvres, avant de transplaner :
« L'abandon. »
Le jeune homme disparut dans une traînée de poussière. Caroline baissa les yeux et se rassit contre le mur. Décidément, Daryl était quelqu'un qu'elle ne comprendrait jamais. Que connaissait-il de l'abandon ? Sûrement rien, s'énerva subitement Caroline, en enfouissant sa tête dans ses genoux.
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« Je sais que tu es en colère contre moi, soupira Remus.
- Je le suis peut-être encore, mais je peux plus étouffer ce que je ressens. »
Le regard langoureux de Caroline ne laissait pas de place au doute. Remus espéra fuir un court instant, mais c'était une cause perdue. Il ne pouvait pas sortir de la pièce. C'était Caroline qui détenait la clé, après l'avoir habilement ramassée avant lui. Il était obligé de se noyer dans la tension étouffante et sensuelle des lieux.
« Tu ne sais pas ce que tu dis, tu es complètement soûle Caroline. Donne-moi la clé, on ferait mieux de redescendre dans la salle à manger.
- Au contraire, je n'ai jamais été aussi sûre de moi. »
Caroline avança dangereusement vers Remus, après avoir glissé soigneusement la clé dans son soutien-gorge. Il n'avait aucun échappatoire au désir brûlant qui naissait en lui.
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Sirius et les Griffondors étaient maintenant partis. Caroline restait rabougrie contre son pan de mur, dévisageant Tonks d'un œil mauvais. Elle et Remus étaient encore en train de discuter sur le trottoir. Soudainement, l'Auror fit volte-face et s'approcha énergiquement de Caroline. Son sourire rayonnant de sincérité transperça le cœur de la Serpentard. Tonks était réellement gentille, et très compétente. Tout ce que Caroline n'était pas. Discrètement, la Serpentard jeta un regard glacial à Remus, qui se grattait la tête d'un air désolé.
« Tu n'as pas l'air d'avoir beaucoup dormi », ria Tonks, en s'agenouillant devant elle.
Caroline n'eut pas l'ombre d'un sourire sur son visage pâle. Comprenant que la Serpentard était de très mauvaise humeur, Tonks cessa de rire et reprit gentiment :
« Ton père m'a convoqué ce matin, je me disais que tu voudrais peut-être m'accompagner au Ministère. »
La Serpentard se releva brusquement. De qui se moquait-on ? La fureur qui gagnait son cœur failli éclater à la figure de Tonks. Néanmoins, Caroline réussit à endiguer ce flot de haine et à lui répondre, en tentant piteusement de sourire, les dents serrées :
« Merci d'avoir pensé à moi, mais j'ai encore quelque chose à dire à mon ancien professeur.
- D'accord, à plus tard alors."
Tonks lança un grand clin d'œil à Remus, puis partit sans plus attendre. Caroline crut vomir lorsqu'elle vit cette effluve de bonheur sur le visage de l'Auror. De qui se moquait-on ? Une fois qu'ils furent seuls, Remus suivit Caroline à l'intérieur du Square Grimmaurd, le cœur lourd. Caroline posa ses fesses sur la table de la salle à manger, déserte, et prit une profonde inspiration. Remus se tenait dans l'encadrement de la porte, et seul Merlin savait ce qu'elle avait envie de lui faire subir.
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Caroline s'assit lentement sur les cuisses de Remus, dont les yeux s'étaient perdus sur les lèvres de la jeune femme. Il les dévorait littéralement du regard. Caroline recroquevilla ses jambes autour du bassin de son ancien professeur et se colla à lui sensuellement, sa poitrine frôlant le torse crispé de Remus. Ses mains vinrent timidement caresser sa chevelure fatiguée et s'enrouler autour de sa nuque. Caroline brûlait de désir, son bas-ventre réclamait plus de la part de Remus. Et pourtant, il restait incroyablement figé, essayant désespérément de résister à l'attraction de leurs deux corps. Caroline déposa ses lèvres dans son cou, le parsemant de plusieurs baisers, pour tenter de le faire céder définitivement. Remus gardait ses lèvres closes, de peur de lâcher des soupirs d'aise. Sa conscience le martelait à l'intérieur, il devait la repousser. Mais ce n'était plus aussi simple que lorsqu'elle était encore son élève. Et Caroline avait bien dû sentir la bosse qui s'était formée dans sa pantalon.
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Caroline soupira, ses yeux brillants plantés dans ceux de Remus. L'air désolé de ce dernier crevait le cœur de la Serpentard. Elle saisit doucement l'une de ses mains, profitant dans sa peau, dans sa chaleur, puis la relâcha à contre-cœur, quelques secondes plus tard, comme si elle avait enfin vu la bête sauvage qui sommeillait en lui.
Et pour cause, Remus lui avait une nouvelle fois brisé le cœur.
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« Arrête. »
Caroline s'immobilisa et retira ses lèvres de son cou pour l'observer. Ses joues rougies par le désir lui seyaient à merveille ; son visage pâle resplendissait. Remus avait le don de faire fondre le glaçon qu'elle cachait jalousement dans sa cage thoracique.
« Pourquoi ? »
Remus soufflait bruyamment, cherchant à calmer les pulsions dévastatrices que créaient Caroline en lui.
« Je ne veux pas que ça se passe comme ça. »
L'incompréhension totale de Caroline fit esquisser un sourire peiné à Remus. Comment pouvait-il lui dire la vérité ? Il prit soin de choisir chacun de ses mots, conscient qu'il la blesserait de toute façon, qu'elle que soit la manière dont il les lui révèlerait.
« Tu as tellement bu que tu ne te souviendras même pas de ce qui aurait pu se passer dans ce lit, et même, je ne peux pas parce que… »
Il regrettait déjà ce qu'il s'apprêtait à lui dire. Cette situation avait un goût amer de déjà-vu. Il se revoyait, valise à la main, cherchant à fuir Poudlard sans avoir à la confronter. Et Caroline, debout dans son dos, recevant un coup de marteau qu'elle n'avait pas mérité. Il était un lâche. Il fuyait toujours, et s'inventait même des excuses pour ne pas se confronter sincèrement à ses sentiments. Décidément, il ne comprenait toujours pas ce que Caroline lui trouvait.
« Quelqu'un d'autre m'a avoué ses sentiments. »
Le cœur de Caroline éclata littéralement en lambeaux. Son visage se décomposa, son sourire se fana. Que venait-il de dire ? Caroline n'arrivait pas saisir le sens de cette atroce révélation. Impossible, c'était impossible. Soudainement, une larme perla au coin de ses yeux grands écquarquillés, et tomba sur le torse de Remus.
« Pardon ?
- Je ne veux pas me moquer d'elle, ni de toi. Il fallait que tu le saches. »
Caroline crut que le plafond s'était écroulé sur elle, tant l'oxygène lui manquait et tant elle était dégoutée d'être dans ses bras, alors qu'il pensait à une autre femme. Caroline se mordit la lèvre inférieure, jusqu'au sang, ayant beaucoup de peine à ordonner ses pensées.
- Il fallait, hein ? » siffla-t-elle agressivement.
Sa voix avait tremblé. Caroline lâcha Remus, comme s'il était devenu toxique, et recula jusqu'à heurter la porte dans son dos. A cet instant, Caroline crut réellement qu'elle pouvait perdre Remus pour toujours. Cette sensation étouffante de vide qui se créait dans ses entrailles lui oppressait le cœur. Sa poitrine devenait douloureuse. C'était un mal aussi ravageur qu'un doloris. La jeune femme essuya ses larmes du revers de la main et ouvra la porte précipitamment, en récupérant la clé dans son soutien-gorge. La seconde d'après, elle était déjà dans les escaliers, prête à terminer sa soirée comme si rien ne s'était passé. Elle ne pouvait y croire. Calmement, elle prit place sur le banc près de Sirius, et posa sa tête sur son épaule, sans lâcher un seul mot.
« Déjà de retour ? » lui chuchota-t-il voluptueusement à l'oreille.
Caroline n'avait pas l'air dans son assiette. Sirius questionna Remus du regard, lorsqu'il revint à son tour dans la salle à manger. Son ami se contenta de secouer la tête, lui-même ayant l'air affreusement mal dans sa peau. Sirius fronça les sourcils. Nom d'une bouse de dragon, que s'était-il passé dans cette chambre ? Il n'insista pas et laissa Caroline s'endormir sur son épaule. Sirius n'avait bien sûr pas remarqué les quelques larmes qui avaient insidieusement mouillé sa chemise.
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Remus était très mal à l'aise. Il ne s'était pas attendu à se retrouver seul à seul avec Caroline, aussi précocement. La Serpentard croisa les bras, se forçant à paraître aussi froide que possible.
« Qu'est-ce qui s'est passé entre Tonks et toi ? »
Caroline n'était pas aveugle. Elle avait deviné que l'autre femme dont lui avait parlé Remus était Tonks. Alors qu'il ouvrit ses lèvres faiblement, Caroline cessa de respirer :
« Elle m'a embrassé. »
La Serpentard ferma aussitôt les yeux. L'épée de Damoclès qui flottait au-dessus de sa tête s'était violemment écrasée, éclatant et broyant tous ses organes au passage.
« Je ne voulais pas te faire du mal en te…
- Je n'en ai rien à faire Remus », rétorqua méchamment Caroline. « Tu ne sais absolument rien de ce que je ressens. »
La jeune femme attrapa une chaise entre ses mains. Ses doigts la démangeaient. Elle avait envie de saisir sa baguette et lui lancer un sort, souhaitant ardemment qu'il n'ait jamais été son professeur, et pire, qu'il n'ait jamais existé.
« Tu ne m'aimes réellement pas alors. »
La gorge de Caroline s'était collapsée. Elle était tellement triste. Remus lui avait brisé le cœur, encore une fois, mais hors de question qu'il la prenne en pitié. L'orgueil démesuré de Caroline veillait à ce qu'elle ne laisse rien paraître de ce bouleversement intérieur.
« C'est plus compliqué que…
- Non pas vraiment. »
Il ne m'aime pas. Caroline s'embourbait dans un mauvais rêve. Elle n'avait jamais douté de leur histoire. Même quand il l'avait sauvagement remballée à Poudlard. Elle savait au fond d'elle que Remus n'avait pas été insensible et qu'il éprouvait réellement un petit quelque chose pour la personne taciturne qu'elle était. Mais aujourd'hui, c'était différent.
« Tu pourras dire à Sirius que je n'ai pas la moindre envie de me confier à toi, ni à lui d'ailleurs. Je devrais même quitter cet endroit, je ne sais pas pourquoi je m'entête toujours à vouloir croiser ton chemin !
- Caroline…
- Non Remus, tu me fatigues ! »
Les larmes de Caroline blessèrent Remus. C'est toi que j'aime, avait-il envie de lui murmurer. Ces quelques mots pendaient au bout de sa langue depuis deux longues années. Et pourtant, ils ne sortaient pas. Remus n'arrivait pas à lui ouvrir son cœur. Caroline avait déjà beaucoup de mal à gérer sa propre réalité, alors comment, par la barbe de Merlin, pourrait-elle supporter la sienne ? Elle était trop jeune pour endurer son calvaire. Son problème de fourrure la ferait fuir au moindre pépin. C'était un véritable cercle vicieux.
Et malgré tout, aujourd'hui, il savait pertinemment qu'il était en train de la perdre. Elle lui glissait entre les doigts. Et c'était entièrement de sa faute. Auparavant, il ne s'agissait que d'une question éthique. S'il n'était pas un Loup-garou, s'il n'était pas son professeur, si elle n'était pas aussi jeune, peut-être auraient-ils pu construire un avenir heureux ensemble. Mais à présent, il était également question d'une autre femme, qu'il avait appris à apprécier durant leur mission pour l'Ordre du Phénix.
Seulement, Tonks n'était pas comme Caroline. Il lui manquait ce petit grain de mauvaise foi qui lui plaisait tant chez la Serpentard. Remus savait pertinemment, au fond de lui, que ce n'était pas Tonks qu'il désirait.
Et puis, voir Caroline rigoler avec Sirius l'avait profondément agacé. Il n'avait pu se résoudre à la laisser entre les griffes expertes de son meilleur ami. Seul Merlin sait ce qui aurait pu se passer entre eux s'il n'était pas intervenu ! Sirius était un grand séducteur et Remus savait que Caroline l'appréciait, même si elle s'efforçait de montrer le contraire. Alors il l'avait suivie dans cette chambre, ce qui était vraiment une très mauvaise idée. Elle s'était totalement désinhibée et il avait été incapable de la repousser. Parce qu'il l'aimait.
« Je vais faire un tour au Ministère, et j'espère que quand je reviendrai, tu ne seras plus là. »
Caroline marcha machinalement vers la porte d'entrée. Elle était en train de lui filer entre les pattes. Pour la première fois, son ancien professeur paniqua. Remus n'avait plus le temps de réfléchir. Il abandonna toute notion du bon ou du mauvais. Précipitamment, il la retint par le poignet et l'enferma dans ses bras, dans un geste doux et protecteur. Caroline écarquilla les yeux. Elle ne l'avait jamais vu agir avec autant de spontanéité. Remus saisit délicatement son menton dans l'une de ses mains, plantant son regard torturé dans les prunelles luisantes de Caroline. Qu'elle était belle. Remus sourit intérieurement, puis posa lentement ses lèvres sur celles de Caroline. La jeune femme répondit à son baiser tendre et salé, mais le cœur n'y était pas. Elle finit par le repousser au bout de quelques secondes.
« Laisses-moi tranquille Remus. »
Les entrailles de Caroline étaient rongées par la rancune tenace qu'elle éprouvait à son égard. Pourquoi l'embrassait-il après tout ce qui s'était passé ? Il avait été très clair. Il ne l'aimait pas. Caroline baissa les yeux, détourna la tête et sortit du Square Grimmaurd avec un immense regret lui enserrant la poitrine. Et si nous recommencions depuis le début ? avait-elle envie de lui chuchoter à l'oreille, dévorée par son chagrin et la sensation que tout ne serait jamais plus comme avant.
Bouuh, ne me jetez pas de tomates dans la figure ahah. J'étais un peu triste d'écrire ce chapitre quand même, même si tout n'est pas encore fini (vous le devinez bien). Tellement désolée pour l'attente d'ailleurs ! J'espère que ce chapitre était quand même bien.. enfin voilà ahah.
Merci à faolbee, Chl007, Lu (Coucou ! J'étais hyper contente de recevoir ta review, vraiment. Ca m'a fait plaisir de voir que tu suivais toujours cette histoire ! Donc pour sa relation avec Remus, et bien, on en sait plus. C'est pas joli mais tout s'est passé si vite que Caroline a besoin de temps pour remettre ses idées en ordre... et pour l'intrigue, on en saura plus au prochain chapitre ! Encore merci de ta review :D), Leslie (Coucou ! Voilà, tu sais ce qu'ils s'est passé dans la chambre close... j'espère que ça n'a pas jeter un froid aha. L'intrigue avec Bianca va faire un bond dans les prochains chapitres et Caro & Remus auront encore l'occasion de se croiser, c'est certain... Merci pour ta review :D), LilyPorridge, louny9895, Guest (Du coup je t'ai répondu sur l'autre site aha :D) et Dictionir (Coucou, ravie que ce histoire te plaise toujours ! :) Et oui, je n'arrive plus à écrire mes chapitres aussi vite qu'avant, mais je la terminerai de toute façon ! En tout cas, merci beaucoup ta review, elle m'a fait très plaisir :D) pour vos reviews ! Elles me donnent du baume au cœur !
Le prochain chapitre devrait arriver d'ici deux ou trois semaines (dimanche 12 mars au plus tard), vu que je ne l'ai pas encore entamé... Alors à bientôôt !
