Chapitre 24

Caroline errait dans le Ministère, un exemplaire de la Gazette du Sorcier coincé sous le bras. Ses pas claquaient froidement les dalles noires lustrées de l'atrium, broyant un cadavre invisible, apparenté à celui de Remus dans l'esprit de la Serpentrd. La regard grave d'Harry Potter était toujours imprimé en première page de la Gazette, parfois masqué par le nom imposant d'Albus Dumbledore. Caroline était excédée de croiser le visage niais du Griffondor absolument partout, comme si ce garçon empoté hantait ses pas jour et nuit.

Le bureau de Percy n'était plus très loin. Elle guettait soigneusement chaque allée, craignant d'être apostrophée par Dolores Ombrage. Cette bonne femme en rose lui brûlait la rétine. Mais, d'après quelques échos, elle était désormais à Poudlard et enseignait à toute cette joyeuse bande de babouins. A choisir entre elle et Remus, en tant que professeur de défense contre les forces du mal, elle se rabattrait tout de même sur Remus, même s'il lui avait brisé le seul de ses organes qu'elle pensait insensible. Il avait au moins eu la décence de lui dire la vérité - pour une fois.

Lorsqu'elle cogna du poing la porte du bureau de Percy, Caroline râla à voix haute. Pourquoi recherchait-elle du réconfort chez la seule personne qui n'était pas en mesure de lui en fournir ? La Serpentard songea à faire demi-tour, immédiatement. Qu'elle idée moisie d'être venue ici. Percy n'était plus le même ; il avait changé. Et il était peut-être temps qu'elle change elle-aussi, qu'elle exorcise ses démons, afin de tout oublier et repartir de zéro. C'est-à dire, sans cette fichue magie, sans cet Ordre du Phénix pompeux, et surtout, nom d'une chouette tricolore, repartir de zéro sans Remus !

« Caroline ? »

Trop tard pour fuir lâchement. Elle aurait aimé être aussi douée que Remus pour le coup. Cette pensée lui arracha un râle amer ; il ne manquait pas de culot à fourrer sa langue dans la bouche d'une autre, puis dans la sienne, en espérant sérieusement qu'elle reviendrait comme un gentil Détraqueur, contrainte par le brillant Patronus qu'il avait créé avec ses lèvres toutes douces. Non, il pouvait toujours courir.

Caroline s'arma de courage pour sourire au Ministre de la Magie. Cornelius Fudge la regardait curieusement, des dossiers en pagaille dans ses bras.

« Je ne m'attendais pas à ta visite !

- C'est Percy que je cherchais en fait », précisa Caroline poliment.

Son humeur exécrable suintait par tous les pores de sa peau. Le Ministre ne s'en formalisa pas, il avait d'autres soucis en tête. Toujours les mêmes soucis.

« Ah ce brave garçon », reprit-il, « il doit être quelque part par là. »

Son dos se courba légèrement et il jeta un regard à la dérobée de chaque côté du couloir. Caroline le dévisagea, âme en peine, cherchant quelque chose de sympathique à lui raconter, sans succès. A croire qu'il n'y avait rien de bien dans sa vie, hormis les Moldus et sa mauvaise foi légendaire. Elle bailla d'ennui, transperçant Cornelius de ses yeux embrumés. Qu'est-ce qu'il fabriquait au juste ? Lentement, le Ministre se rapprocha d'elle en dodelinant son corps massif, visiblement mal à l'aise.

« Si vous saviez quelque chose, Caroline, vous me le diriez, n'est-ce pas ?

- Evidemment », siffla-t-elle sèchement.

Elle n'avait pas la moindre idée du sujet de sa requête. Caroline souhaitait simplement se débarrasser de lui au plus vite.

« Percy a l'air convaincu que vous êtes de mèche avec ce loup-garou qui était professeur à Poudlard il y a deux ans, je ne me rappelle plus son nom…

- Remus Lupin, raya-t-elle à contrecœur.

- Peu importe, continua Cornelius d'un geste désinvolte, il dit que vous êtes également de mèche avec Sirius Black. Vous savez que votre père le recherche activement. Black est un criminel et je serais terriblement désolé de devoir vous enfermer à Azkaban s'il se trouvait que vous saviez quelque chose à son sujet, Caroline. »

Il perdait définitivement tous sens de la réalité. Caroline aurait eu pitié dans d'autres circonstances, mais aujourd'hui, elle était purement furieuse. Son air outrageusement scandalisé fit regretter à Cornelius ses menaces. L'ombre de Jack, planant dans le sillage de Caroline, effrayait considérablement le Ministre de la Magie. Par la barbe de Merlin, réfléchissait-il un tant soit peu ou était-il tellement aveuglé par ses propres mensonges, qu'il déraillait complètement ?

« Mais bien sûr, ce n'est sûrement pas le cas, rajouta-t-il, d'un rictus nerveux.

- Vous savez où est Percy ? reprit Caroline, ne cachant plus son ras-le-bol et toute l'animosité refoulée qu'elle gardait péniblement en son for intérieur depuis ce matin.

- Désolé Caroline, je ne peux pas vous aider. »

Derechef, Caroline continua son errance jusqu'au bureau de son père, pâle à faire jalouser un fantôme, et n'ayant adressé qu'un bref regard affligé à Cornelius en guise de "bonne journée".

Remus. Remus. Remus.

Par la barbe de Merlin, pourquoi devait-il toujours tout gâcher ? Harassée, Caroline se mordit l'intérieur de la joue et brailla un juron agressif lorsqu'un peu de sang se répandit sur sa langue. C'était entièrement de la faute de Remus, et un peu celle de cette affreuse Tonks qui avait jeté son dévolu sur lui. Toute la haine et le ressentiment de Caroline étaient braqués sur Remus, comme des projecteurs Moldus auxquels on aurait mis le feu ; seulement, Tonks était clairement la personne à abattre. Caroline aurait pu l'apprécier si elle n'avait pas choisi d'aimer le même homme qu'elle. La Serpentard trouvait de même un soupçon de réconfort dans le fait que Tonks aurait autant, si ce n'est plus de mal à convaincre Remus qu'il ne gâchait pas leurs vies en les aimant. Qu'il les gâchait déjà bien assez en fuyant de la sorte.

Caroline avança encore quelques mètres, maugréant des injures plus farfelues les unes que les autres sur Tonks, jusqu'à trouver la porte du bureau de Jack. Lentement, elle frappa avec sa paume, malgré qu'elle n'ait aucune envie de parler à son père. Le battant s'ouvrit et Caroline manqua de donner un coup de pied dans les jambes de Tonks, souriante à faire crever son cœur de malveillance. Pourquoi était-elle toujours sur son chemin ? La Serpentard ne se força pas à sourire ; elle tirait une gueule d'enterrement.

« T'es toute pâlotte, tu devrais vraiment te reposer, s'inquiéta Tonks en tâtant son front pour prendre sa température.

- Bien sûr. »

Les lèvres de Caroline subirent plusieurs soubresauts. Sa main est sur mon front. Sa saloperie de main est sur mon front. Tonks retira finalement ses doigts de sa peau, satisfaite, et invita Caroline à entrer en lui racontant une blague. Pas drôle du tout. Caroline imita à la perfection Dark Vador (vive les Moldus et leur imagination débordante) en pénétrant dans le bureau. Elle maîtrisait difficilement sa respiration ; hurler de haine sur l'Auror, et lui tordre le cou canard qu'elle arborait fièrement était presque devenu un besoin vital.

Heureusement, le regard glacial de son père la calma aussitôt. Il était assis sur son bureau, bras croisés, élégant et séduisant dans son beau costume noir.

« Fille ? »

Sa voix trahissait presque un soupçon d'étonnement. Jack ordonna silencieusement à Tonks de sortir du bureau et se redressa, dépassant ainsi Caroline d'une bonne tête. Son père était très grand, plus grand que Remus et Sirius.

Remus. Remus. Remus.

Qu'elle abruti celui-ci ! Caroline fourra ses mains dans ses poches et remarqua enfin qu'elle avait oublié de changer de vêtement et qu'elle puait atrocement d'une odeur indescriptible. C'était abject.

« Je cherche Percy.

- Le fils Weasley. »

Le fils de son ami Arthur. Percy travaillait avec lui depuis plus d'un, mais il n'arrivait toujours pas à se souvenir de son prénom. Caroline soupira intérieurement. Son père était irrécupérable. Elle était néanmoins heureuse qu'il se rappelait encore du nom de sa propre fille. Quand elle vit une ombre s'étirer dans le coin de la pièce, Caroline nota enfin la présence de l'invité de son père. Ludo Verpey était coincé entre les armoires fournies de Jack et son énorme bureau. Drôle de surprise, elle ne l'avait pas revu depuis cette fameuse soirée au Ministère. En l'observant d'un peu plus près, elle se remémora tous les petits détails que lui avaient contés Bianca durant des heures au coin du feu de leur Salle Commune. Le bon vieux temps.

« Désolé Ludo, s'excusa Jack.

- Ce n'est rien Jacky, je voulais juste savoir si tu avais plus d'infos sur… enfin, je vais y aller. » Il s'arrêta, dévisagea intensément Caroline, comme s'il voyait un fantôme à travers ses grands yeux sombres. « Ravi de t'avoir revu jeune fille. »

Ludo referma soigneusement la porte derrière lui. Caroline scruta le visage fatigué de son père, légèrement stupéfaite, car son père cachait généralement reès bien ses faiblesses.

« Je ne sais pas où est ton ami ma fille.

- Ce n'est pas mon ami. »

Jack haussa les sourcils. Sa fille n'avait décidément aucun don ni talent dans l'art de mentir.

« Qu'est-ce que Tonks faisait ici ?

- Elle travaille. »

La langue de Caroline tournait nerveusement dans sa bouche, se retenant tant bien que mal de verser son venin sur son père. Elle fit le tour du propriétaire, lorgnant ses nombreux livres (aucune lecture de qualité, que des bouquins de sorciers pompeux), sa décoration spartiate, ses tableaux renfermant des visages aujourd'hui oubliés. La Serpentard s'imaginait entourée de sa mère, de sa sœur, sur la voie 9 3/4, la félicitant d'avoir reçu une mention pour le cours d'études des Moldus. Avant qu'Elly ne remue le couteau dans la plaie, Caroline aurait aimé avoir sa famille réunie, mais à présent, elle ne savait plus qu'en penser. L'entrepôt avait flambé, emportant avec lui les photos compromettantes de sa mère et d'Edgard Morval. Seulement, elles étaient parfaitement ancrées dans la mémoire de Caroline. Sa mère avait-elle commis le péché de rejoindre le Seigneur des Ténèbres, non parce que son meilleur ami le lui avait demandé, mais simplement parce qu'elle l'aimait ? Son père était-il au courant de cette liaison ? Caroline avait de la peine pour lui, et parallèlement, elle ne pouvait s'empêcher de penser que son père n'était pas la victime dans toute cette histoire. Il avait toujours été le bourreau, pas celui que l'on retrouvait habituellement dans les livres Moldus, mais celui calme et sans crainte du monde des Sorciers.

Alors qu'elle posait scrupuleusement ses yeux sur le bureau de son père, Caroline découvrit une photo terne, animée par moment d'un brin de folie. C'était un homme, quelque peu pouilleux. Ses poignets étaient accrochés avec des chaînes et il portait l'affreux déguisement des prisonniers d'Azkaban. Caroline n'était jamais allée là-bas, mais Georges lui en avait brièvement parlé quand elle était petite. Cet endroit est pire que la mort, disait-il. Sirius avait décidément le "cul bordé de nouilles" de s'être échappé de cet enfer sans une égratignure.

« C'est qui ? demanda Caroline doucement.

- Antonin Dolohov. Un Mangemort.

- Il est toujours Azkaban ? »

Jack détestait ses insinuations, et c'est pourquoi Caroline prenait un malin plaisir à les user. Faire tourner son père en bourrique, médire sur Harry Potter, crier sur Percy, haïr Remus, c'était un boulot à plein temps.

« Il a l'air aussi dément que Sirius Black. »

Elle sourit discrètement. Sirius était si charmant qu'elle n'en croyait toujours pas ses yeux lorsqu'elle croisait par hasard son portrait pouilleux dans le Ministère.

« Pourquoi tu as sa photo ? ajouta-t-elle, méfiante.

- Je le garde à l'œil.

- Tu as peur de quoi exactement ?

- Qui sait ce qui peut se passer », rétorqua son père mystérieusement.

Un tas de choses pouvait se passer maintenant que le Seigneur des Ténèbres était revenu.

« Ce Mangemort a un rapport avec maman ? »

Jack releva la tête, croisant ses bras de fer sur son torse musclé. Le succès qu'il avait auprès des femmes était surtout dû à ce torse musclé, à l'étroit dans sa chemise chemise blanche.

« J'ai du travail Caroline, nous nous reverrons ce soir. Ne soit pas en retard. »

Elle avait oublié ce stupide souper. A contrecœur, Caroline sortit du bureau, ignora Tonks sagement postée devant la porte et bondit dans le réseau des cheminées. Sur le trottoir, elle s'accorda à souffler un instant et grignoter le biscuit qu'elle avait volé dans un des bureaux du Ministère. Puis, elle se décida d'aller faire un tour au pub pour boire quelque chose. Hors de question qu'elle s'enferme au Square Grimmaurd jusqu'au dîner.


Les yeux rivés sur ses pieds, Caroline ne vit pas l'étrangère qui lui percuta l'épaule. Elle se retourna nrusquement, comme si le spectre de Bianca était passé sous son nez. Les cheveux noirs de jais de l'étrangère ressemblaient beaucoup à ceux de Blanche-neige. Abruptement, elle héla la dame, habillé d'un long manteau beige, mais elle avait déjà disparu du trottoir. Caroline ferma la bouche, contempla la rue d'un regard empli d'espoir, avant de se résigner et de poursuivre son chemin. Ce n'était pas Bianca. Et si c'était elle, pourquoi ne s'était-elle pas arrêtée ?

Caroline s'assit sur le comptoir et dévisagea le serveur atteint d'une calvitie précoce. Les Moldus n'avaient décidément pas de chance, ils ne pouvairnt pas se servir de sortilèges pour recouvrir leurs crânes luisants de beaux cheveux soyeux. A force de les côtoyer, Caroline avait saisi l'importance de l'image corporelle chez les Moldus. Ils s'efforçaient pour la plupart de montrer une facette sur-jouée d'eux-mêmes, un visage couvert de poudres en tout genre qui finissaient par masquer leurs imperfections. En un sens, ils les gommaient. Caroline ne put s'empêcher de penser que c'était ce que s'efforçait de faire Voldemort également, il tentait de gommer les imperfections du Monde des Sorciers. Car pour lui, ce n'était pas des boutons ou une peau luisante de sébum qui posaient problème, mais des sorciers au sang impur. Ce parallèle était effrayant, et n'avait pas lieu d'être. Mais même dans la différence, les gens étaient au fond tous pareil.

Caroline commanda un cappuccino, sortit quelques pièces Moldues de sa poche et les fit rouler devant elle. Elles finirent par heurter une petite ardoise, dressée fièrement sur le comptoir. Caroline n'y avait pas prêté attention, ce n'est que lorsqu'elle vit son nom inscrit à la craie qu'elle s'empara du cadre en bois brutalement.

« Tu y es allée. Tu as vu ce qu'il y avait dans l'entrepôt… maintenant, laisse tomber. »

Il n'y avait rien d'autre sur l'ardoise. Laisse tomber ? Ce n'était que de simples mots, mais la déception qui s'en dégageait était blessante. Bianca avait-elle déposé cette ardoise ici ? Était-ce elle dans la rue ou avait-elle rêvé ?

« Voilà, un cappuccino pour la demoiselle.

- Qui a écrit ça ? » demanda Caroline en brandissant l'ardoise comme un objet que l'on aurait ensorcelé et dont il fallait immédiatement se débarrasser.

Le serveur chauve la regardait avec pitié. Caroline crut qu'elle allait lui arracher les derniers cheveux qui pointaient derrière ses monstrueuses oreilles poilues.

« Une dame m'a donné un paquet d'argent pour que je laisse cette ardoise sur mon comptoir. Elle a dit que c'était un message, que la personne se reconnaîtrait. » Il devint soudainement intéressé. « C'est vous ?

- Mêlez-vous de vos affaires, marmonna Caroline.

- Je voulais juste être sympa, pas besoin d'en faire tout un fromage.

- Je déteste le fromage », rétorqua Caroline furibarde.

Le serveur haussa les épaules, un sourire gêné collé aux lèvres. De toute évidence, Caroline n'avait pas saisi le sens de sa tirade. Elle voulut l'agresser, mais une main s'était tendue par dessus de la sienne. Elle remonta son regard affûté le long du bras pour reconnaître le jeune homme Moldu qu'elle avait déjà croisé ici, quelques jours auparavant. Caroline plissa les yeux. Ce Moldu avait un sourire rayonnant et dégageait une confiance en lui débordante. C'en était déjà trop pour elle.

« Qu'elle surprise, je ne m'attendais pas à vous revoir, s'exclama-t-il.

- Allez voir là-bas si j'y suis. »

Julien éclata de rire, provoquant une crise de tétanie dans les muscles de la jeune femme. Il était beaucoup trop bruyant. Elle entendit une voix appeler le Moldu dans son dos.

« Popeye, qu'est-ce que tu fous ?

- J'arrive, deux secondes. »

L'œil de Caroline tressauta. Ces Moldus étaient insupportables. Elle froissa son ticket nerveusement, priant le destin pour qu'il s'en aille. Il resta accouder au comptoir, à la déshabiller du regard, un sourie plus que charmeur sur les lèvres. Caroline renifla fort dans l'espoir de le dégoûter, mais Julien n'avait pas l'air choquer, ni écœurer. Elle accusa le coup et soupira :

- Ces gens vous appelle Popeye, comme le type aux gros bras et aux boîtes d'épinard ?

Elle aimait les histoires Moldus, et en parler, même avec ce sagouin, lui faisait plaisir.

« Oui, mes amis m'ont surnommé comme ça. »

Caroline daigna lui accorder un peu d'intérêt. Cet homme n'avait rien de Popeye, pas même les muscles.

« Vous y ressemblez pas du tout pourtant.

- Je sais. »

La jeune femme fronça les sourcils.

« Alors pourquoi on vous appelle Popeye ?

- Ça vous intéresse ?

Julien avait ce sourire agaçant, le même que Sirius. Elle préféra l'ignorer, terminant son cappuccino à grosses gorgées.

« D'accord, ce sera pour la prochaine fois, se résigna le fameux Popeye.

- La prochaine fois ? » répéta Caroline, ahurie.

Ce type n'avait aucune gêne, détendu et frais comme la rosée du matin. Elle, elle transpirait comme un bœuf. Depuis quand les Moldus devenaient aussi irritant que Percy ? Inconcevable, non, elle ne pouvait y croire.

« Oui, comme vous me dévorez du regard, je présume que vous allez m'inviter à dîner. »

Concevable finalement. Caroline leva les yeux au ciel. Percy avait-il bu du polynectar ? Était-il en train de se moquer d'elle, de la pousser dans ses retranchements ? Ce gars était un parfait sosie de cet abruti, et possédait même les mimiques de Sirius et les beaux cheveux de Remus. Ce constat l'énerva plus que de raison. Personne ne pouvait avoir de plus beaux cheveux que Remus. Et elle était doublement irritée de constater que Remus était toujours le meilleur dans ce monde dépravé de magie. Il n'était plus rien, et tout à la fois. Caroline aurait beau lutter, il lui resterait toujours un résidu d'affection pour ce sorcier courageux. La Serpentard secoua la tête, vidant ses pensées de la douceur et des mots de son ancien professeur, et planta un regard sanguinaire sur Julien.

« Jamais de la vie. Il n'y a rien de plus moche que Popeye. Alors, sur ce, je vous souhaite une très belle journée. »

L'hypocrisie de Caroline raviva le regard fiévreux de Julien, mais il n'insista pas. Sûrement parce que ses amies continuaient à l'appeler et à siffler dans leur direction.

« Vous changerez d'avis, je le sais. »

Sa voix roucoulait, tandis que son regard glissait dangereusement sur les lèvres de la jeune femme, et finalement, il s'arracha à elle et rejoignit son groupe. Caroline repoussa sa tasse vide violemment. Sa langue trépidait d'injures qu'elle rêvait de crier à ce Moldu prétentieux. Il n'arriverait jamais à la cheville de Remus.


Caroline observa la façade du restaurant. Elle avait passé son après-midi à lire au pub, et à six heures précises, elle avait transplané, pour le dîner auquel son père l'avait conviée gentiment. C'était un bel endroit, où l'on mangeait de délicieux mets, enrobés de sorcellerie et de malice. Une soupe pouvait vous cracher à la figure, un pavé de bœuf pouvait vous mettre une claque, un sorbet au thé bleu pouvait s'écraser sur votre tête, et tout ceci, comme par magie. Curieusement, les propriétaires étaient des Né-Moldus, c'est pourquoi la magie revêtait un caractère spécial et enfantin dans leur restaurant, et surtout dans leurs plats. Il méritait sa réputation ; le restaurant Sorcier le plus prisé de Londres. Caroline attendit son père, trois minutes exactement, avant qu'il n'apparaisse et attrape son bras tel un gentleman. C'était exactement le genre de petits détails qui la rendait nerveuse et extrêmement mal à l'aise.

Une fois confortablement installés à une table, son père entama les hostilités.

« Tu n'es pas rentrée à la maison depuis des jours.

- J'avais d'autre chose à faire, hésita-t-elle en enfouissant son visage dans le menu.

Elle préféra mettre sa mauvaise foi de côté et se confier sincèrement à Jack. Elle en avait assez de se battre, elle était exténuée de paraître plus forte qu'elle ne l'était. Qui plus est, elle ne pourrait jamais duper son père.

« J'espère qu'ils s'occupent bien de toi, là-bas. »

Jack n'était pas stupide, Caroline était certainement là où se trouvait Black.

« Qu'est-ce que faisait Ludo Verpey dans ton bureau ce matin ?

- C'est un ami, nous discutions simplement…

- De Bianca ? » s'enquit Caroline.

Jack pencha légèrement la tête en avant, but une gorgée de vin et gratta sa barbe naissante. Jack n'avait jamais de barbe naissante d'ordinaire ; encore un détail qui interpellait sa fille.

« Ludo est très inquiet, comme nous tous. Il…

- Quoi ? » s'impatienta-t-elle.

Il ne termina jamais sa phrase, et Caroline ne sut jamais ce qu'avait caché l'hésitation de son père.

« A vrai dire, ça me blesse d'en parler, reprit Caroline dont le malaise était papable, et si je n'en parle pas, c'est parce que je ne veux pas souffrir… encore. Parce que si est réellement partie, ça me briserait le cœur papa et je ne suis pas sûre que j'arriverais à m'en remettre », souffla-t-elle, comme si la honte avait placé un couteau sous sa gorge.

Le vide incommensurable que Bianca laissait dans son cœur l'étouffait un peu plus chaque jour. Et elle comprenait, par les non-dits, par le regard condescendant de Sirius, par la tristesse de Remus, par tous ces petits détails insignifiants, qu'ils la croyaient tous morte. Ils n'avaient cependant pas vu les lettre, l'ardoise et l'inconnue aux beaux cheveux de jais - ceux de Blanche-Neige. Caroline savait donc que ce n'était pas vrai, Bianca n'avait pas traversé le voile. Mais à force de voir et d'entendre la même chose, on finissait par y croire.

« Tu vas vite en besogne ma fille, je n'ai jamais dit que...

- Elly et Celia ne sont pas mortes, papa. La menace est toujours réelle. Elle est même plus que réelle, elle est à notre porte. »

Jack soupira gravement. Ces deux jeunes filles étaient le cadet de ses soucis. Les gens du Ministère avaient toujours d'autres soucis. Ils commandèrent à manger et attendirent que le serveur reparte avant de poursuivre leur échange.

« Maman te trompait ? » questionna Caroline, fourrant un bout de pain dans sa bouche. « Je veux dire, avec Edgard ?

- Je n'en sais rien Caroline.

- J'ai vu des photos d'elle et lui. »

Stoïque, il n'avait pas bronché. Soit il était au courant, soit il n'avait plus rien à faire de sa femme décédée.

« Peut-être bien alors, mais elle ne me l'a jamais avoué.

- Ça ne te pose pas de problème ?

- Toi oui ? C'est vieux tout ça maintenant Caroline, tu devrais arrêter de brasser le passé, ça ne te servira à rien, juste à te ronger l'esprit. Comme Cornelius.

- Comment ça ?

- Il a peur de revivre ce qui s'est passé. »

Caroline plongea ses prunelles dans celles dans son père, penchée en avant sur la table, sa poitrine menue reposant sur ses couverts.

« Toi aussi tu as peur. »

Elle se dégagea pour que le serveur puisse déposer leur deux assiettes sur la table et disparut dans un nuage de poussière dorée. Caroline piqua un bout de légumes avec sa fourchette.

« Qui ne serait pas effrayé ? La dernière fois, j'ai perdu ma femme et l'une de mes filles. Crois-tu que j'aie envie de revivre ça ?

- Je suis toujours là moi.

- Des gens meurent Caroline, tous les jours. Cornelius refuse de le croire, mais c'est la réalité.

- Ce n'est pas écrit dans les journaux... »

Jack soupira cette fois-ci bruyamment, excédé par la naïveté soudaine de sa fille.

« Ce professeur que tu avais, le loup-garou, tu devrais lui demander comment ça s'est passé la dernière fois, comment tu-sais-qui est devenu celui qu'il était avant sa chute.

- Le professeur Lupin ? s'étonna Caroline.

- Oui, il faisait déjà partie de l'Ordre du Phénix à l'époque.

- Comment tu le sais ? s'enquit-elle, ahurie.

- Il y a certaine chose qu'il est préférable de garder pour soi ma fille. »

La Serpentard baissa les yeux sur son assiette, et se morfondit en silence. Elle avait envie de pleurer. De lâcher une tonne de larmes. Caroline refusait de s'apitoyer, mais elle était incapable de passer par-dessus la trahison de Remus. Elle qui avait souhaité si ardemment vivre à ses côtés se retrouvait bercée de désillusions.


Caroline poussa la porte du Square Grimmaurd, le cœur lourd. Son père avait abrégé leur dîner, prétextant une urgence. Sûrement un meurtre, s'était dit Caroline. Ses pensées paranoïaques auront un jour raison d'elle. Discrètement, elle se faufila dans la salle à manger, avec l'idée de dévaliser les placards de chocolats et sucreries. Son besoin de réconfort n'avait pas de limite. Elle se sentait si seule.

Alastor était là, assis à la table à manger, et il la fixa sévèrement de son œil fou dès qu'elle posa un pied dans la pièce. Sa bouche bougeait, comme s'il se mordait l'intérieur des lèvres, jaugeant l'apparence cadavérique de la Serpentard. Caroline resta planté à le dévisager, et inversement, Alastor ne bougeait pas d'un poil. Ce n'est lorsque le souffle de Sirius se posa sur sa nuque qu'elle se détendit un peu. Le prisonnier d'Azkaban apparut près d'elle, un sourire en demi-teinte. Ses cheveux frôlèrent la peau frémissante de Caroline. C'était agréable mine de rien. Mains sur les hanches, il contourna la jeune femme et apporta un verre de whisky Pur-Feu à Maugrey.

Ni une ni deux, elle leur tourna le dos et monta les escaliers hâtivement. Le regard de Maugrey était effrayant, Caroline avait l'intime conviction qu'il était barjot. Et il n'y avait rien de pire qu'un barjot armé d'une baguette, ayant rempli la moitié des cellules d'Azkaban.

A part Percy, cela va de soi.

Les affaires de l'Ordre du Phénix n'étant pas les siennes, Caroline était toujours gênée de se retrouver au milieu de leurs réunions improvisées. Sirius s'en amusait, mais d'autres membres étaient beaucoup moins enthousiastes quant à la présence de Caroline au Square Grimmaurd. Alastor Maugrey en faisait partie.


Caroline était étalé dans son lit, un petit pot de glace dans les mains, à la cannelle et à la fleur de lait. Merci les Moldus. Elle avait forcé Kreatur à lui voler ce pot de glace dans un petite échoppe, tandis qu'elle prenait tranquillement un bain. Il avait l'interdiction de faire attendre la maîtresse du maître.

Sirius toqua à la porte et sans que Caroline ne l'y invite, il s'installa sur le lit près d'elle, remontant l'une de ses jambes sur draps propres. De petits étoiles nées de la baguette de la Serpentard parsemaient le plafond ; tous deux les contemplaient en silence. Sirius planta un doigt dans le pot de glace de Caroline, son sourire mutin la provoquant malicieusement. Il lécha le peu de glace qui coulait de son index et écouta distraitement les grognements de la jeune femme – « sale cabot ».

« Comment va ton père ?

- Il est malade. »

Bien qu'étonné, Sirius ne dit rien. Caroline goba une montagne de glace.

« Il ne me l'a pas dit, mais son visage ressemble en tout est pour tout à celui du professeur Lupin. De toute façon, s'il était malade, il ne me le dirait pas. »

Caroline aurait pu lui parler de l'adultère de sa mère, d'Antonin Dolohov – cet homme hantait ses pensées depuis ce matin – et elle aurait pu parler de Remus, pleurer toutes les larmes de crocodile qu'elle avait en stock. Elle avait tant de choses à dire, et si peu de personnes l'écoutaient.

« J'ai invité Remus ce soir, mais il n'a pas voulu venir. Saurais-tu pourquoi par hasard »

Elle garda le silence. Sirius soupira, ôta le pot de glace de ses mains et le posa sur la table de nuit. Caroline croisa les bras d'agacement. Par la barbe cramée de Merlin, on venait l'enquiquiner jusque dans son lit !

« Remus est la personne la plus gentille que je connaisse », reprit Sirius en fixant le plafond étoilé.

Les doigts de Caroline serrèrent fortement la couverture. Que pouvait-elle dire de plus ? C'était entièrement vrai, mais elle le haïssait encore plus d'être aussi parfait.

« Il m'a broyé le bras. »

La noirceur de son regard éveilla chez Sirius un soupçon de culpabilité. Il ne l'avait jamais vue paraître aussi désagréable, aussi méchante qu'à cet instant.

« C'est pour ça qu'il ne voulait pas venir ?

- Non, je ne pense pas que ce soit pour ça », rétorqua Caroline sarcastiquement.

Puis, prise d'un remord insoupçonné, elle souffla tout bas, comme si son âme se brisait en deux :

« Je ne lui en veux pas pour mon bras, je ne lui en ai jamais voulu.

- Alors pourquoi tu es si en colère contre lui ?

- Je ne le suis pas », mentit Caroline.

Sirius dévisageait Caroline. Tu mens très mal, râlai sa conscience.

« Remus n'a pas eu une vie facile. Son père s'est querellé avec un loup-garou quand il était petit. En représailles, le loup-garou a mordu Remus. Il l'aurait tué si son père n'était pas intervenu à temps. »

Le remord gonfla dans sa poitrine, menaçant d'imploser à tout moment. Comment avait-elle pu se montrer si méchante, après tout ce qu'il avait traversé ?

« Tu sais, sa maladie est très dure à endurer, et par seulement pour lui. Il n'y avait aucun remède à l'époque, rien qui ne pouvait le sauver. Ils étaient constamment obligés de déménager, de vivre en retrait…

- Pourquoi tu me racontes ça ? le coupa-t-elle farouchement, dépassée par le remord.

- Parce que Remus ne se confie jamais à personne, déplora Sirius.

Caroline émit un grognement plaintif. De toute évidence, la vie de Remus ne l'intéressait pas. Mais ce que Sirius ne savait pas, c'est qu'il se trompait totalement. Elle souhaitait juste que ce soit Remus qui le lui confie, plutôt que son meilleur ami. Car c'était encore un moyen de fuite déguisé.

« Alors si ce n'est pas à cause de Remus, pourquoi ne veux-tu pas rentrer dans l'Ordre du Phénix ?

- Parce que je ne veux pas. Ce n'est pas un mal, non ? Je suis empotée, autant dire que si je me retrouvais en face d'un Mangemort, je prendrai mes jambes à mon coup et laisserait les autres mourir derrière moi.

Caroline s'agita dans son lit, irritée et affreusement gênée d'être ici sans rien à offrir en contrepartie à Sirius.

« Pourquoi y tiens-tu autant à ce que je rentre dans l'Ordre ?

Cette question à double sens lui arracha un sourire vil. Ils voulaient tous qu'elle abandonne ses rêves Moldus et qu'elle se batte, pour mourir fièrement en héroïne. Mais non, Caroline ne voulait pas être comme Harry Potter.

« Ce n'est pas mon idée. C'est celle d'Albus Dumbledore. »

Elle s'étrangla avec sa cuillerée de glace.

« Pourquoi le professeur Dumbledore voudrait de moi ici ? Il me connaît pourtant, il sait que...

- … tu n'as pas encore trouvé ta place. »

Caroline renifla bruyamment, espérant cette fois-ci que son stratagème fonctionnerait. Mais même avec de la morve au nez, Sirius serait resté auprès d'elle, effleurant sensuellement sa cuisse avec sa jambe.

« Encore une parole de vieux fou, maugréa-t-elle. Si je suis ici, c'est pour Goerges et Bianca. C'est pour elle que Daryl reste aussi, sinon il se serait déjà barré depuis longtemps. Et moi, ma place est chez les Moldus.

- Tu en es sûre ?

- Goerges adoraient les Moldus, sourit Caroline, j'adore les Moldus. Il me parait évident que c'est chez eux que je dois me trouver. »

Sirius lui sourit, plus par moquerie que par gentillesse. Puis, délicatement, il effleura sa main. Un vrai tombeur, pensa nerveusement Caroline. Elle l'imaginait à Poudlard, entouré de Remus, le père de Potter et le gros rat, séduisant à faire rougir toute les filles de l'école. La Serpentard ricana alors, certaine que Bianca serait tombée dans le panneau. Elle mettrait sa main au feu.

« Pourquoi aucun de vous ne cherche Bianca ?

- Elle a disparu depuis deux mois, nous n'avons pas la moindre idée de ce qui a pu lui traverser l'esprit quand elle est partie. »

Sentant poindre les piques sarcastiques de Caroline, il nuança :

« Remus l'a cherchée longtemps. C'était son ancienne élève, il se faisait beaucoup de soucis pour elle. J'ai trouvé ça un peu bizarre, parce qu'à chaque fois que Bianca et Remus se retrouvaient dans la même pièce, elle lui lançait des regards moralisateurs, cherchaient constamment à le rabrouer pour tout et n'importe quoi. Remus n'est pas du genre à se chamailler, alors il laissait faire. »

Caroline haussa les épaules. Dans sa tête, elle bouillonnait de fierté. Bianca s'était fait violence pour montrer à Remus que son comportement avait été stupide.

« Il avait peut-être quelque chose à se reprocher.

- J'ai plutôt l'impression que c'est vous deux qui avez quelque chose à lui reprocher », contra Sirius.

Sirius se doutait-il de quelque chose ? Caroline mordit une fournée de glace à même le pot, bavant à moitié dedans. Cela non plus, ce n'avait pas l'air de le déranger.

« Qu'est-ce qui s'est passé hier ?

- Rien du tout. On a juste… pas la même façon de voir les choses, rétorqua-t-elle évasivement, peinée sans le laisser transparaître.

- Tu n'es pas non plus facile à vivre, s'amusa Sirius.

- Et toi tu pues le chien, je n'en fais pas tout un fromage. »

Malgré tout ce qui se tramait ce soir dans sa tête, Caroline éclata subitement de rire. Elle revoyait la tête du serveur chauve, au pub. Elle adorait les expressions Moldues. Comment avait-il pu penser un seul instant qu'elle ne connaissait pas celle-ci ? Sirius sourit à son tour. Il remonta sa main le long du bras de Caroline lascivement. Le cœur de Caroline s'emballa aussitôt. Ce geste doux lui paraissait beaucoup trop sensuel, brûlant. Combiné aux onyx de son propriétaires qui la déshabillait intensément du regard, il ravivait une flamme qui s'était éteinte la vieille – pour toujours, avait-elle cru, mais vraisemblablement, elle s'était encore fourvoyée. La main termina son tracé sur l'épaule de Caroline, trop perturbée pour réfléchir à débiter un sarcasme qui briserait cet agréable moment. Elle crut sentir la peau rugueuse de Sirius caresser la sienne, mais abruptement, la chaleur s'évanouit. Caroline se concentra tant bien que mal sur la main, à présent pendue à côté des hanches de son propriétaires, debout en face d'elle. Il lui offrit son plus beau sourire, séduisant et infernal, susurrant « bonne nuit Caroline » d'une voix rauque.

Caroline regretta presque son absence, puis, apaisée par le geste de Sirius, elle s'endormit paisiblement, en dépit des quelques larmes qui coulaient sinueusement le long de ses pommettes rosées.


C'était un chapitre un peu fourre-tout, mais quand même important, c'est une journée typique dans la peau de Caro ahah. J'espère que ça vous a plu tout de même ! Un grand merci aux personnes qui laissent des reviews, ça me vraiment trèèèèèèèèèèèèèès plaisiiir !

Donc MERCI à faolbee, SaniaWive, Leslie (Remus est sa conscience me font un peu rire et j'imagine Caro le regarder avec consternation et indignation aha. C'est hyper compliqué et je ne vais pas te mentir, c'est plutôt mal parti pour les réconciliations, Caroline a l'impression que Tonks est partout et rien que ça, ça l'agace. Si elle lui pète la gueule, elle va se casser le poignet tellement elle a pas de force Caro aha. En tout, cas merci merci merci ! :D), Amandine Valentine, Guest (Ça me fait chaud au cœur que tu aies aimé, j'ai toujours la hantise que Remus soit toujours associé à Tonks alors que je préfère nettement les Remus/OC !), Lucia Fila, Roxanegrx (Coucou ! Je suis absolument touchée par ta review, ça me fait toujours très plaisir de savoir que des personnes lisent cette histoire depuis le début. Concernant la relation Caro/Sirius, je laisse le suspense ahah. Il va peut-être se passer quelque chose, peut-être pas. Ce serait compliqué pour Remus si c'est la cas, mais ça le forcera peut-être à se bouger pour Caro ! Encore merci et je prie pour que la suite de ses aventures te plaise :D), Chl007, Yaguel (La fameuse suite est arrivée, j'espère que l'attente a voulu le coup...) , Alhena (Oui j'ai menti... la suite devrait arriver plus vite cette fois !), Lu (Contente que ça te plaise toujours, vraiment ! Oui, ils sont torturés et ce n'est pas fini ! Ce chapitre j'ai eu beaucoup plus de peine à l'écrire, c'est un des ceux que j'aime le moins, mais j'avais besoin d'introduire certaines choses... j'espère que ça passe quand même. Encore merci pour tes encouragements ! :D) et Leah (la suite est là, j'avoue que je suis mauvaise pour les délais ahah, j'essaierai de faire plus vite pour le prochain !).

Pour ne pas mentir, je ne promets rien quand à la suite, parce que je n'arrive plus à tenir mes délais... elle viendra, peut-être dans deux semaines, peut-être plus tard, tout dépend. Je vous dis quand même à bientôt ! :)