Un petit chapitre pour vous faire attendre... je n'ai pas réussi à terminer l'énorme chapitre que je voulais poster pour la fin de la deuxième partie, alors je vous mets déjà le début qui est une sorte d'intermède, il sert un peu à rien à l'intrigue ahah. Le prochain chapitre sortira donc dans le courant mi juillet, je table sur le 17 juillet. Encore désolé et merci infiniment à toutes le personnes qui ont laissé un commentaire au chapitre précédent, soit Maggie (J'espère que tu n'as plus envie de frapper Remus là, et contente que cette histoire te plaise, ça fait toujours plaisir de savoir que Caroline est apprécié ! :) On reverra Snape et Percy plus tard d'ailleurs. Encore merci d'avoir laissé une trace de ton passage et à très bientôt !), Niakovic, AppleCherrypie, faolbee, Kahouete, Chl007, Princesse Champignon, Amandine Valentine, Guest (Ahah moi aussi j'ai hâte qu'ils se retrouvent mais il reste encore un peu de chemin ! Merci pour ta revieew ! ), Alhena (la suite sera bientôt là...) et Freyja11 !
Chapitre 27 (1ère partie)
Après la découverte de la tombe d'Elly, Caroline s'était considérablement rapprochée de Daryl, au point qu'il lui rende visite au Crado's chaque jour de la semaine. Elle ne s'en plaignait pas, même si elle gardait des souvenirs amers de l'époque où Daryl maltraitait les Sang de Bourbes. Caroline ne lui accordait pas son pardon pour toute cette souffrance infligée gratuitement mais elle était prête à lui donner une seconde chance.
« Toujours pas de nouvelles de Bianca ? Pas de lettres ? » lui demanda-t-il en avalant une gorgée de bière Moldue.
Caroline avait insisté pour qu'il goûte à ce breuvage typiquement Moldu, et malgré son aversion palpable, Daryl avait fait l'effort d'y tremper ses lèvres. Aujourd'hui, il en raffolait purement et simplement. Les Moldus sont magiques, n'est-ce pas ?
« Rien, le néant », soupira Caroline.
Le néant s'invitait aussi du côté de sa vie sentimentale, si elle pouvait l'appeler ainsi. Remus et Sirius étaient débordés, aucun d'entre eux ne l'avait courtisée depuis ce fameux repas de Noël. Elle craignait que le pire ne soit devant eux. Dolores Ombrage avait été nommée grande inquisitrice à Poudlard et le professeur Dumbledore avait été révoqué de son poste de Directeur, disparaissant dans la nature. Caroline avait de plus en plus peur de la menace des Mangemorts et du Seigneur des Ténèbres. Parfois, elle ne trouvait plus le sommeil, car trop affectée par la disparition de Moldus ou trop angoissée qu'au petit matin, on lui ferait parvenir le décès d'un de ses proches. Elle avait une tendance à la paranoïa très exacerbée.
« Tu as vu la Gazette du Sorcier d'aujourd'hui ? » murmura sombrement Daryl, une fois sa bière engloutie.
Caroline secoua la tête, bien sûr qu'elle ne l'avait pas lue, ce n'était qu'un torchon rempli d'inepties. Daryl jeta des coups d'œil anxieux de part et d'autre du comptoir, puis discrètement, il sortit un exemplaire de ce journal de la poche de son jeans – Caroline le lui avait offert pour son anniversaire, et encore une fois, il s'était laissé prendre au piège par la magie créatrice des Moldus. Il fit glisser lentement la Gazette du Sorcier sur le comptoir. Caroline se contenta de la fixer négligemment, tout le dégoût qu'elle éprouvait pour Rita Skeeter collé au visage.
« Regarde la première page. »
Elle marmonna dans sa barbe, mais obtempéra tout de même. A la seconde où elle posa son regard sur la légende de l'article, son cœur lâcha. Elle crut que le monde s'écroulait sur sa misérable tête. Une dizaine de Mangemorts s'étaient échappés d'Azkaban, et pas les plus sympathiques. Caroline froissa le papier entre ses doigts moites.
« Bellatrix Lestrange, Antonin Dolohov…, récita-t-elle d'une voix glaciale.
- De partisans fidèles de tu-sais-qui, le Ministre continue à tout mettre sur le dos de Black mais les sorciers ne resteront pas dupes longtemps.
- Cet Antonin Dolohov, j'ai déjà vu son visage… »
Le regard animal et cruel du Mangemort la rebuta. Elle chiffonna le journal et le fourra dans son sac, calé dans le comptoir. Caroline servit un client hâtivement et revint vers Daryl, la mine livide. Ils restèrent silencieux durant un long instant, tous deux ayant la sensation désagréable que Bianca n'était pas étrangère à cette évasion massive.
« Bonsoir. »
Ils relevèrent la tête ensemble, l'un un faible sourire aux lèvres, l'autre avec une grimace ; le plus curieux étant que ce soit Daryl qui souriait et non pas Caroline. Remus était élégant ce soir, il avait revêtu un manteau moins usé que ceux qu'il traînait habituellement. La dernière pleine lune avait été plus douce que les précédentes et il n'avait aucune cicatrice récente sur le visage. Daryl leur souhaita une bonne soirée avec un sourire moqueur, puis quitta le « Crado's » en titubant légèrement. La bière Moldue lui montait à la tête !
« Que me vaut ta visite ?
- Je voulais voir comment tu allais, répondit-il, ses yeux chocolat la dévisageant intensément.
- J'allais bien, jusqu'à ce que tu me gâches la vue. »
Caroline croisa les bras et le fixa froidement avec toute la hargne dont elle était capable. Elle était au bord de la rupture, de craquer et de lui sauter dans les bras. Mais il n'aurait pas gain de cause, il l'avait fait trop souffrir. Ce ne serait pas aussi facile.
« Que dois-je faire pour que tu me pardonnes ? soupira Remus en s'accoudant au comptoir.
- Et si je ne veux pas te pardonner, tu y as pensé ?
- Je sais que tu es têtue oui.
- Et toi tu es un lâche », siffla Caroline de sa mauvaise foi habituelle.
Remus baissa les yeux, mais se redressa et contourna le comptoir pour être plus proche de Caroline, qui reculait comme s'il avait la peste.
« Au contraire, j'ai eu assez de courage pour ignorer ce que je ressentais, pour que tu aies un avenir heureux. Sans moi.
- C'est stupide de faire ça.
- Tu ne sais pas la souffrance que j'endure depuis que j'ai été mordu. Tu ne sais pas la peine que tu ressentiras en m'entendant hurler, les cris de désespoir déchirants que tu ne sauras pas oublier, même quand je serais devant toi, pareil à aujourd'hui. Ces cris qui t'empêcheront de dormir, cette peur que je puisse te mordre dans ma folie, cette honte que tu ressentiras à vivre avec un paria, tu ne sais absolument pas la douleur que ça t'infligera.
- Non, je ne le sais pas. »
Caroline ferma les yeux, empêchant son regard de la trahir.
« Tu ne m'as pas laissé le choix. Et si tous ces aspects regrettables de ta vie n'étaient pas suffisants à faire taire ce que je ressens pour toi ? Et si les moments heureux que ne pourrions vivre effaceraient cette souffrance ?
- J'y ai pensé…
- C'est mon âge qui te dérange alors, rétorqua Caroline du tac-au-tac.
- Que diront les autres en apprenant que j'ai profité de mon élève ? »
La voix légèrement saccadée de Remus dévoila à Caroline une facette qu'elle ne connaissait pas encore chez lui. L'incertitude et la peur du rejet. Caroline avait toujours eu l'impression que son professeur était sûr de lui, mais après tout ce temps, elle avait enfin réussi à briser à sa carapace.
« Ce n'est pas le cas », souffla gentiment Caroline.
Elle s'approcha de lui et posa sa main sur le torse de Remus. Les battements affolés de son cœur la fit sourire.
« Ton père me tuerait s'il…
- Vas-tu te taire Remus ? » se plaignit Caroline.
Remus consentit à sa taire, et doucement, Caroline vint se blottir dans ses bras. Sans tarder, il la serra contre lui et huma le parfum de cannelle de ses cheveux. Il n'y croyait pas, Caroline avait fait un pas vers lui. Que s'était-il passé dans sa tête ? Depuis qu'Arthur s'était fait attaqué, Caroline n'était plus que l'ombre d'elle-même. Il craignait que les jours à venir ne soient trop durs à endurer pour elle.
« J'aime bien Tonks », avoua Caroline, alors que sa bouche bavait un peu sur son costume usé. « Tu mériterais d'être avec elle aussi, tu es quelqu'un de bien Remus, auquel il est arrivé de mauvaises choses.
- On dirait le professeur Dumbledore, sourit Remus.
- Qui te dit que je ne suis pas la professeur Dumbledore ? J'ai peut-être pris l'apparence de Caroline et j'essaie de te faire cracher le morceau…
- Tu crois vraiment qu'il n'a que ça à faire ? » rétorqua Remus, dépité.
Caroline lui donna un coup de tête dans la poitrine et recula de quelques pas. Le professeur Dumbledore était partout et tout le temps, mettant son nez dans les affaires des autres constamment, alors pourquoi ne serait-il pas là aujourd'hui ? Caroline bondit d'effroi. Elle jeta des regards stressés à la salle du Cardo's, comme si elle se sentait épiée, mais personne n'affichait de longue barbe blanche. Elle se faisait des idées, encore cette fichue paranoïa. En reportant son entière attention sur Remus, elle eut la sensation étrange qu'il avait le cœur plus léger.
« Je ne te pardonne pas, mais je pense que tu as le droit de m'inviter à manger, proposa Caroline avec un sourire mesquin.
- Je pars en mission dans une meute de loup-garous Caroline, je pars ce soir, confessa-t-il d'un air sombre.
- C'est une blague ?
- Non… je venais te dire au revoir, mais je reviendrais avant l'été.
- C'est une très mauvaise blague », railla Caroline en grattant le comptoir avec ses ongles.
Remus adoucit son regard et soupira. Il avait été tellement heureux de la serrer dans ses bras qu'il aurait aimé lui dire que ce n'était qu'une blague. Seulement, c'était la triste vérité.
« Ne m'en veut pas, je le fais pour l'Ordre.
- C'était trop beau pour être vrai. »
Caroline était terriblement déçue, voire chagrinée. Remus s'approcha d'elle, prudemment – les claques se perdaient facilement ces temps – et déposa un baiser agréable sur son front. Caroline soupira d'aise à son tour. Elle en avait marre. Marre de lui résister, marre de cet Ordre du Phénix, marre de ce Seigneur des Ténèbres.
« Je ne serais peut-être plus là quand tu reviendras, dit-elle dans un murmure à peine audible.
- Tu as peur.
- Je suis froussarde, oui j'ai peur.
- Sirius ne laissera jamais personne te faire du mal, l'informa Remus.
- Et si partais simplement ? Je n'ai plus aucune raison de rester ! »
Remus glissa sa main dans son dos et la rapprocha tendrement de lui. Elle avait horreur de ça mais ne s'y opposa pas.
« Tu restes parce que tu as peur pour nous, tu es beaucoup plus attachée au monde des sorciers que tu ne veuille l'admettre. Tu aimes tes amis, ton père. C'est pour ça que tu es encore là aujourd'hui. »
Caroline émit un grognement plaintif, et se libéra de son étreinte. Elle retourna servir l'un de ses clients, lançant à Remus :
« Ne te gêne pas de partir, tu l'as toujours fait, ce n'est pas aujourd'hui que ça va changer. »
Il la regarda s'éloigner avec beaucoup de peine. Caroline ne jeta pas de dernier regard à Remus avant qu'il ne franchisse la porte du Cardo's. Elle en avait franchement marre ! Alors elle termina son service d'une humeur massacrante et rentra se coucher avec des envies de meurtres.
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L'air extérieur lui fit le plus grand bien. Elle avait trop bu durant cette soirée. Ses bras se raccrochèrent à la barrière péniblement, tandis que son corps entier se penchait en avant pour observer la forêt qui s'étalait à perte de vue sous ses yeux. Elle entrevoyait, niché au cœur des pins, le petit étang de son enfance où elle se baignait avec sa sœur. C'était si beau, le Manoir de Jack était juché au pied d'une colline. Elle avait envie de courir toute nue dans la forêt, mais c'était sûrement parce que sa robe de soirée était trop serrée à la taille. Ou parce qu'elle était totalement soûle.
Sans surprise, un souffle chaud vint réchauffer la peau veloutée de sa nuque. Sirius la tenait fermement dans ses bras, son torse à la chemise déboutonnée se frottant à son dos, l'empêchant ainsi de basculer en avant. Cette proximité électrisa la jeune femme, qui ne pensait plus qu'à l'envie déchirante qu'elle éprouvait dans son bas-ventre. Elle se retourna, effleurant le fugitif sensuellement, et se jeta sur ses lèvres. Mais il l'en empêcha en enfouissant son nez dans sa crinière dorée, murmura d'une voix grave et amusée à son oreille :
« Tu as trop bu jeune fille. »
Il ne put cependant résister à son deuxième assaut. Elle fondit sur lui, sur ses lèvres, et goûta à la chaleur enivrante de sa langue qu'elle adorait mêlé à la sienne. En fermant les yeux, Caroline se persuada que c'était Remus qu'elle embrassait, et pas son meilleur ami. Il répondit avec passion à son baiser, caressant son dos et ses fesses sauvagement. La langue de Sirius descendit ensuite le long de son cou, ses dents mordillèrent gentiment sa peau. Il pressait son bassin contre le sien, l'informant qu'il était déjà parti loin dans les étoiles, de par la bosse qui se formait impatiemment dans son pantalon.
Malgré tout, Caroline sentit ses lèvres s'écarter des siennes brusquement. Elle rouvrit les yeux impatiemment. Le professeur Rogue était devant elle, le dos tourné. Elle reconnassait ses cheveux atrocement gras et sa longue cape de chauve-souris. Mais que faisait cet abruti à cet endroit, à ce moment précis ? Caroline tenta de se concentrer un peu en plissant les yeux. Black était à l'autre bout du balcon, et il insultait gentiment son ancien professeur. De plus, leur boucan avait attiré une partie des invités. Remus dispersa la foule avec des excuses gênées et se posta près de son meilleur ami.
« Ce n'est pas votre affaire Lupin, railla Severus en le voyant se ranger du côté de Sirius.
- Que se passe-t-il Severus ? »
Ce dernier se détendit bizarrement et abaissa sa baguette. Il savourait déjà le moment qui allait suivre. Caroline resta cachée dans son dos, elle avait la peur panique qu'il découvre ce qu'elle avait fait.
« Demande-le à Black », rétorqua-t-il sarcastiquement, de son air grandement satisfait.
Remus se tourna naturellement vers Sirius, et le questionna du regard. Black n'avait rien à cacher, et c'était ce que Caroline redoutait le plus. Il serait capable d'avouer à Remus qu'il l'avait embrassé et touchée à des endroits très peu conventionnels. Non, non, non !
« Servilus se mêle des affaires des autres, comme d'habitude. »
Caroline soupira de soulagement, mais Rogue se déplaça brusquement pour que tout le monde puisse la voir. Le vilain, il mourrait d'envie de faire de la peine à Remus. Caroline se promit de le lui faire payer. Remus fronça les sourcils lorsqu'il reconnut son élève.
« Et quels sont ces affaires dont tu parles ? demanda-t-il à Sirius, le ton soupçonneux.
- J'ai juste embra…
- Ça suffit », intervint la jeune fille paniquée.
Caroline éjecta de son lit en sursaut. Elle avait transpiré et ses joues étaient rouges comme des tomates. Bon sang, pourquoi avait-elle rêvé de Sirius ? C'était la dernière personne qu'elle avait envie de voir dans ses rêves ! Ou peut-être l'avant-dernière, ou même… ce n'était pas si désagréable d'avoir pu toucher son torse musclé... Non ! Elle voulait rêver de Remus, seulement de Remus. Sa tête débloquait gravement ces temps. Il était trois heures du matin à peine.
Son subconscient lui jouait un mauvais tour. Elle était bien sûr terrifiée à l'idée que Remus apprenne de la bouche de Sirius qu'ils s'étaient embrassés, mais son cerveau en faisait tout un foin.
De grâce, elle se leva et descendit dans la salle à manger pour boire un verre d'eau. Il fallait qu'elle parle à Sirius. La culpabilité était trop pensante. Elle n'était pas ravie de devoir choisir entre eux, c'est vrai, Sirius était quelqu'un de formidable. Il avait beaucoup d'humour, et sans offenser Remus, il dégageait quelque chose de très attirant. Mais elle ne l'aimait. Comme Bastien à l'époque, elle était sortie avec lui parce qu'il était drôle, capitaine émérite de l'équipe de Quidditch de Serdaigle et que son charme légendaire l'avait hypnotisée. Mais en réalité, elle ne l'a jamais aimé. Et heureusement ! Ce sagouin l'avait trompé avec une fille de Griffondor de deux ans plus jeunes qu'eux.
Le seul homme qu'elle n'ait jamais aimé était Remus. Malheureusement pour elle, c'était également l'homme le plus parfait de la terre et comme rien n'était parfait dans ce monde, forcément qu'ils n'avaient pas pu concrétiser leurs sentiments. Caroline se frappa la tête avec son verre, pour se remettre les idées en place, et remonta se coucher. Qu'on ne l'y reprenne plus à rêver de Sirius !
