Salut !
Voilà la suite de l'histoire avec un peu de retard (comme d'habitude et je m'en excuse!).
Merci encore à toutes celles qui prennent le temps de poster un commentaire, merci surtout à Manon, Fantomette34, .5, Angel-ina66200 ...
Merci aussi à toutes celles qui mettent en favoris cette fiction et merci encore à tous ceux qui prennent le temps de la lire!
Précédemment: Hermione et Severus sont sous l'emprise d'un charme qui les fait se rapprocher (et pas qu'un peu), mais Severus se rend compte du problème et a des mots durs envers Hermione... Pendant ce temps Harry a surpris Drago roder près de la chambre d'Hermione ce qui a valu une petite confrontation!
Je vous souhaite une bonne lecture !
9.
Hermione se sentait honteuse face aux évènements qui s'étaient passés un peu plus tôt dans la nuit. Que s'était-il passé ? Comment avait-elle pu être assez stupide pour penser que ce cadeau pouvait provenir de son professeur, et surtout de lui ? Et ce désir qu'elle avait ressenti… Comment cela avait-il pu être à ce point réel ? Et la façon dont il lui avait parlé, lui crachant sa vérité au visage, son triste statut d'orpheline… Comment pouvait-il être à ce point sans cœur ?
La jeune fille rentra dans ses appartements, le sillon de ses larmes tracé sur ses joues pâles. A sa grande surprise, Harry se trouvait assis sur son canapé, épongeant du sang de son nez.
« Oh mon dieu Harry, que s'est-il passé ? » demanda la jeune fille inquiète quant à l'état de son meilleur ami.
Quand Harry vit son ami, ses yeux faillirent sortir de leur orbite : quel était cet affreux suçon dans le cou d'Hermione ?
« Heu… Ca serait plutôt à toi de m'expliquer ? Tu as pleuré, et tu as une affreuse marque d'amour dans le coup toute fraîche. »
Hermione porta aussitôt la main à son cou, de quoi parlait-il ? Elle courut dans sa salle de bain et constata l'horrible situation : Severus Snape lui avait fait un suçon, l'avait marqué. Elle vit dans le reflet de son miroir, son meilleur ami accolé contre la porte.
« Alors ? »
« Harry… Je ne peux pas t'en parler … »
« Pourquoi ? Est-ce que quelqu'un t'a forcé ? Quelqu'un t'a fait du mal ? » demanda-t-il en commençant à s'énerver.
Hermione prit les mains de son meilleur ami entre les siennes.
« Harry, je peux te rassurer que personne ne m'a forcé à quoique ce soit … Je ne peux juste pas en parler … »
Harry pensa un instant pénétrer l'esprit de sa meilleure amie, mais ça serait violer son intimité, et il avait beaucoup trop de respect pour elle.
« Et toi alors, que t'est-il arrivé ? Ton nez est complétement de travers. »
« Justement je me demandais si tu pouvais arranger ça. »
Hermione sourit et sortit sa baguette, en un sort et un craquement le nez du survivant avait retrouvé sa position initiale. Il lui sourit pour la remercier.
« Bon alors et toi ? »
« Une petite altercation… Mais je ne peux pas t'en parler. » dit-il avec un petit sourire en reprenant les mots de la jeune femme.
L'élu ne voulait pas inquiéter d'avantages sa meilleure amie, surtout qu'elle avait l'air complétement chamboulée. Si elle savait qu'il avait vu Drago Malefoy traficoter quelque chose de louche aux alentours de ses appartements, elle chercherait à savoir de quoi il en était, et elle avait autre chose à penser.
La jeune femme, lui fit un petit sourire.
« On a l'air de deux cons, hein ? » dit Harry en rigolant.
« Oh que oui… Une bière-au-beure ? » proposa la jeune fille.
« Avec plaisir. »
Tous les deux avaient bien besoin de ça, même si ce n'était pas forcément autorisé de détenir de l'alcool au sein de l'établissement, même les circonstances étaient particulières. Ils s'installèrent tous deux dans le canapé, leur tête l'une contre l'autre, buvant chacun leur bière, repensant aux évènements de la soirée.
Pendant ce temps, Drago Malefoy avait les mains ensanglantées, blessées d'avoir frappé si longtemps ce miroir qui lui rendait un reflet qu'il détestait. Celui de l'impuissance. Il ne voulait plus de ça, plus de cette vie de servitude que son père avait imposé à leur famille. Un seul et simple choix venant du paternel, et plusieurs vies gâchées. Comment avait-il pu ? Et sa mère qui ne pouvait plus rien faire, si ce n'est limiter les dégâts occasionnés. Quel con.
Et ce Potter qui avait pénétré son esprit, quel con celui-là aussi. Pour qui se prenait-il lui aussi ? Il avait vu sa détresse, sa mission, ses douleurs … Et ce regard … Personne ne regardait un Malefoy de la sorte, alors pourquoi lui se permet-il de le faire ? Il fallait lui régler son compte à celui-là.
Et la mission Granger ? Tant pis, le charme avait dû faire son effet et tant pis. Il en avait déjà trop fait. Bousiller la vie de son parrain était impossible, il avait tellement fait pour lui, il l'avait protégé et soutenu à plusieurs reprises, il l'avait dissuadé de commettre l'irréparable avec Dumbledore … Il lui était redevable. Et Drago ne pouvait décidément pas lui faire ça. Quant à Granger, elle devra s'estimer heureuse que je lui fasse une fleur. Drago se laissa glisser contre le mur de la salle de bain et décida qu'un verre de Whisky ne pouvait pas lui faire de mal.
Severus Snape était fou de rage, complétement hors de lui. Après avoir cassé une bonne dizaine de flacons de potions et jeté ses copies dans tous les sens. Il s'assit sur son canapé, et regarda les flammes de sa cheminée. A quel moment la situation lui avait-elle échappée à ce point ? Il avait embrassé Granger. Pire, il avait voulu la prendre directement contre ce mur. Même le fait de savoir que ce n'était que son l'emprise d'un charme ne calmait pas sa conscience. Ce n'était qu'une élève et elle avait quoi, dix-huit, dix-neuf ans tout au plus ? Et lui en avait presque quarante ? Et pire, c'était son élève.
Et si c'était Granger qui avait volontairement porté ce collier, pour le rabaisser et le discréditer ? Non, Granger était certes une Gryffondor mais elle était loin d'être stupide. Donc quelqu'un d'autre était responsable, quelqu'un qui voulait que tous deux soient expulsés visiblement, c'était la seule raison logique et envisageable. Après tout, une bonne partie de ses élèves dans toutes ses années d'enseignement voulait le voir disparaître au moins du lycée ou pire pour certains.
Après s'être calmé, il repensa à la jeune femme. Elle avait paru si pleine de désir à son égard, ses yeux en avaient même changé de couleurs. Et ce regard de tristesse et de déception qu'elle lui avait jeté… Sa colère avait fait dépasser ses mots de sa pensée. Comment voulait-il qu'ils travaillent ensemble et qu'ils s'entraînent après cet épisode ?
Le lendemain matin, Hermione se réveilla sur le canapé, après le départ d'Harry tôt dans la matinée, elle n'avait pas eu la force de se mettre au lit. Elle en payait les conséquences avec un mal de dos impossible. La jeune fille savait pertinemment qu'elle commençait la semaine avec un cours de potions en commun avec les Serpentards, mais son caractère de Gryffondor l'obligeait à se présenter en classe. Après maintes et maintes réflexions qu'elle avait eu durant la nuit, elle s'était décidée à l'affronter et lui prouver qu'elle pouvait très bien s'en sortir sans lui. Elle s'entraînerait de son côté, sans son aide et elle lui montrerait à quel point une « pauvre orpheline » peut très bien s'en sortir sans l'odieux personnage qu'il était. La jeune fille mit un foulard léger blanc autour de son coup pour cacher le suçon qu'il avait laissé. Quand elle y repensait, elle était parcourue de frissons : jamais de toute son existence elle n'avait ressenti ça, et vu le comportement de Snape, il avait ressenti la même chose. Une fois prête, la jeune fille se dirigea vers son premier cours de la journée.
Snape en ouvrant la porte pour accueillir ses élèves fut surpris de constater que Granger était venue. Il pensait qu'elle serait en train de pleurer toutes les larmes de son corps sur la façon dont les évènements s'étaient passés. Mais elle était là, la tête haute. Il décida de l'ignorer, et d'éviter de croiser ce regard qui lui avait fait perdre la tête la veille au soir. Il n'essaya même pas de sentir ses émotions, et même s'il l'avait fait, il se serait retrouvé confronté à un mur d'indifférence.
Le cours se déroula sans embûche, sans même qu'un chaudron n'explose. Il la vit se gratter la nuque, ce qui baissa un bref instant ce foulard blanc et il put voir la conséquence de ses actes. Il pâlit presque un instant en voyant la façon dont il l'avait marqué, comme si elle était sienne, sa propriété, et un bref instant cette idée lui plut, mais il décida de l'ignorer. Au moins, elle avait eu l'intelligence de cacher cette marque. Le professeur de potions se demanda un instant si elle l'avait dit à quelqu'un, Potter et Weasley étaient-ils au courant ? En parlant de Potter, il avait une ecchymose sur le nez, Weasley se tirait les cheveux devant la complexité de la potion et les Serpentards se tenaient tranquilles. Le seul qui ne semblait pas bien, c'était Drago, il avait les mains encore rougis des coups de la nuit, même en ayant mis un baume réparateur. Il faut que je lui parle. Pensa Severus. Hermione contre sa volonté entendit la pensée de son professeur et releva la tête soudainement. Leur regard se croisèrent, Hermione regarda Drago à l'autre bout de la salle, Severus comprit qu'elle l'avait entendu, mais il ne dit rien, encore une fois. Dans la tête d'Hermione un rapprochement se fit : les poings blessés de Drago et le nez -anciennement- cassé d'Harry. Elle devra lui parler aussi à ce petit cachotier.
Le soir-même, Hermione maintint son idée de s'entraîner seule, elle enfila un débardeur et pénétra la salle-sur-demande. Elle fit apparaître des cibles de Mangemorts animées, et commença son entraînement. Severus Snape, pendant ce temps attendait dans son bureau, mais il savait qu'elle ne se présenterait pas à l'entraînement, et au fond de lui-même il savait qu'il aurait fait la même chose, et il ne serait même pas venu au cours du matin, Serpentard oblige. Il utilisa le lien créé par la potion pour savoir où se trouvait Hermione, et une fois qu'il comprit, il se dirigea devant la salle-sur-demande.
« Je souhaite voir Hermione Granger. » dit-il sobrement devant la porte.
Les portes s'ouvrirent et il put admirer de dos une Hermione en plein effort, les yeux pâles, en débardeur et jean. Elle semblait utiliser sa colère pour répondre aux attaques fictives de ses attaquants. Quand le dernier disparut, Severus applaudit, ironiquement pour manifester sa présence.
Hermione prise par surprise et ne maîtrisant pas encore sa peur, envoyant une chaise de la salle contre l'assaillant, qui réduisit en poussière l'objet.
« Que faîtes-vous là ? » demanda-t-elle avec plus de hargne que voulut.
« Vous avez oublié votre entraînement, il me semble. »
« Je suis désolée de vous contredire, mais comme vous pouvez le voir, mon entraînement est ici, sans vous. » répondit-elle avec insolence.
Severus fronça les sourcils, mais décida de rentrer dans son jeu.
« Vous savez que les dangers en dehors de cette salle et de ce château sont bien plus réels, et ne sont pas de simples cibles minables. »
« Au moins, celles-ci ne parlent pas. » dit-elle en buvant une gorgée de sa bouteille d'eau et en s'épongeant le visage transpirant.
« Prouvez-moi que vous pouvez vous en sortir seule, et je vous laisserais. » proposa-t-il comme marché.
Severus savait que face à l'obstination et à l'orgueil des Gryffondors, il ne pouvait rien faire à part proposer un marché qu'il savait à l'avance qu'il allait remporter.
« Marché conclu », répondit-elle heureuse d'avoir l'occasion de se débarrasser de lui.
Severus enleva sa cape et se positionna en face de son élève qui le regardait avec un certain taux de méchanceté dans le regard. Il avait pu voir qu'elle maîtrisait maintenant la colère, et qu'elle répondait à beaucoup d'autres émotions comme le désir par exemple. Alors il décida d'utiliser une émotion particulière : la peur. Il savait que la jeune femme était tétanisée par certains moments traumatisants, comme la mort de ses parents. Mais il savait aussi qu'elle avait une peur inconsidérable de se retrouver confronter de nouveau à la mort d'un de ses proches. Il décida alors de faire apparaître un corps inerte ressemblant fortement à celui de son meilleur ami et de voir comment elle réagirait. Quand le double d'Harry Potter apparut en entrant dans la pièce, la méchanceté d'Hermione partit pour laisser place à de la surprise et de l'incompréhension.
« Hermione ? » prononça la voix du double de l'élu.
« Sectum Sempra » prononça Severus sans aucune émotion.
Le corps s'effondra inerte. Hermione se précipita vers le corps de son « meilleur ami » en hurlant de protestation. La situation paraissait beaucoup trop réelle. Elle s'agenouilla aux côtés du corps en essayant de son mieux d'éponger le sang qui coulait de partout.
« Hermione, aide-moi… » murmura Harry, sa voix très réaliste laissant passer la douleur.
Hermione voulait lancer le contre-sort mais la peur et la panique l'empêchait de faire quoique ce soit, ses mains tremblaient et des larmes commençaient à couler le long de ses joues. Ce ne pouvait pas être vrai, Harry était sûrement en train de jouer aux échecs avec Ron, alors pourquoi cela semblait si réel ?
« Ça va aller, ne t'en fais pas, je suis là, ça va… » chuchotait Hermione impuissante.
Severus se contentait de regarder la scène. C'était un coup bas et il le savait, mais il devait remporter ce défi, elle avait besoin de lui, même si elle ne s'en rendait pas compte.
Petit à petit, les murmures d'Harry faiblissaient, et la magie d'Hermione n'opérait pas, ses pouvoirs ne se manifestaient pas. Ses yeux étaient devenus très pâles, mais rien n'y faisait, aucun sort ne voulait fonctionner. La main qu'Hermione tenait fermement tomba, signifiant la perte de vie du corps. Hermione s'effondra en larmes contre le corps inerte.
Severus décidant que le jeu avait assez duré, fit disparaître d'un coup de baguette le corps.
Hermione quant à elle se releva, réalisant qu'il l'avait testé et qu'elle avait échoué. La tristesse laissa de nouveau place à la colère. Elle se releva et le regarda.
« Vous avez encore besoin de moi » dit-il.
« Vous vous amusez des sentiments et des émotions d'autrui à votre bon vouloir ! Comment pouvez-vous être à ce point sans cœur, si froid ? » demanda-t-elle en colère contre lui mais aussi contre elle-même qui n'avait pas été capable de se contrôler et de faire face à cette situation.
Severus comprit à la question qu'elle faisait aussi référence aux évènements de la veille. C'était un terrain glissant, et voulait-il vraiment s'y aventurer ?
« Nous étions tous deux sous l'emprise d'un charme. Rien n'était réel. » dit-il sans émotion.
« Et pourtant, ça c'est bien réel ! » hurla Hermione en montrant son suçon.
Le regard de Severus se posa de nouveau sur le coup pale de son élève. Il se souvenait encore du goût de sa peau. Il la regarda de nouveau dans les yeux, se contrôlant du mieux qu'il le pouvait.
« Nous étions ensorcelés. Dans des circonstances normales, rien de tout ça ne serait arrivé. »
« Vous comptez donc faire comme si ça ne représentait rien, comme si rien n'était arrivé ? »
Severus prit un instant pour réfléchir. Quel comportement devait-il adopter ? C'était son élève, et il était son professeur. L'un des deux devait au moins se comporter raisonnablement, et visiblement c'était à lui de le faire. Alors il répéta toujours avec son masque impassible :
« Cela ne signifie rien, notre comportement n'est pas le résultat de nos émotions, c'était à cause du charme. Vous êtes loin d'être stupide, vous devriez comprendre. Il n'y a rien de plus qu'une relation entre une étudiante et son professeur qui ont été piégés. »
Il savait qu'il mentait, mais pour leur bien à tous les deux, c'était ce qu'il fallait faire. Il remit sa cape et se dirigea vers la sortie, laissant derrière lui, une Hermione chamboulée et perdue. Avant de sortir de la salle et sans se retourner il lui annonça.
« On se retrouve donc demain soir, pour votre entraînement quotidien. »
Et il partit, sans un mot de plus.
Alors ? Un commentaire pour égayer ma journée ?
