Bonjour tout le monde!
Nous sommes lundi, c'est donc le jour de la suite de Deux Couleurs !
Encore merci à toutes pour vos commentaires qui m'ont fait plus que plaisir à lire ! Ne vous restreignez pas (surtout pas) ahah !
Précédemment: Hermione s'est faite agressée et c'est Severus avec l'aide de Drago qui l'a sauvée. Le Serpentard prévient même Harry qui rejoint Hermione à l'infirmerie et qui dort avec elle !
Bonne lecture ! J'attends vos avis avec impatience!
12.
Hermione se décala vers un bord du lit, et Harry se coucha sur le côté contre la jeune femme. La Gryffondor nicha son cou sur le torse de son ami, et celui-ci appuya son menton sur le dessus de la tête de la blessée. Hermione avait besoin de cette étreinte, de ce réconfort qui lui permettait de ne pas sombrer, d'oublier que maintenant elle était seule, il ne lui restait plus qu'Harry. Il y avait Ron aussi bien entendu, mais le début d'année avait été compliqué, et puis il avait une famille lui… Hermione pleurait silencieusement, et à bout de force, comblée de caresses dans ses cheveux par Harry, la jeune femme s'endormit profondément.
Severus n'avait pas bien dormi. Au début il s'était inquiété de savoir comment allait sa protégée, puis après la question de leur « relation » -si l'on pouvait appeler cela comme cela- qu'ils entretenaient était venue à son esprit. Cette chose entre eux, ce « lien » comme tout le monde se plaisait à l'appeler, les unissaient d'une manière ou d'une autre, et ils semblaient tous deux impuissants, et Severus détestait cela. Il devait montrer qu'il était encore maître de ses choix. Et puis, il était son professeur, et elle était si bornée et têtue, une miss-je-sais-tout comme il aimait si bien l'appeler. Mais son devoir de professeur lui intimait de prendre soin d'elle, elle était plus que quiconque en détresse -mise à part Potter peut-être. De fait, après avoir quitté Hermione qui s'était endormir, il pénétra le bureau du professeur Dumbledore qui ne semblait jamais dormir.
« Severus, que me vaut cette visite à une heure aussi tardive ? » demanda le vieil homme en reposant sa plume dans l'encrier.
« Albus, miss Granger a été agressé il y a quelques heures. » annonça Severus, décidant que cela serait plus rapide de ne pas tourner autour du pot éternellement.
Les yeux du directeur perdirent leur étincellement. Il avait pressenti qu'une telle chose arriverait, mais il avait espéré se tromper.
« Savons-nous qui sont les agresseurs ? Comment va la jeune Hermione ? » demanda Dumbledore soucieux de savoir quelles étaient les ampleurs de cette agression.
« Quelques ecchymoses, elle se repose aux bons soins de Pompom. » répondit Severus, essayait de se montrer aussi neutre qu'il lui était possible.
« Miss Granger ne doit plus se promener seule dans l'enceinte du château. Il semblerait qu'elle soit devenue une cible privilégiée pour les Mangemorts et ceux qui aspirent à le devenir, j'aimerais que tu ne la quittes pas d'un œil, Severus. »
Encore une fois, le regard que lui jeta le vieux fou le dissuada de contester. Il se contenterait de la garder à l'œil de loin et de la raccompagner le soir dans sa tour dorée. Après tout, cette tâche ne devait pas être très compliquée, il la voyait tous les soirs pour les entraînements, et il lui faisait cours quasiment tous les jours. Toutefois, le fait de devoir la côtoyer d'avantages ne le réjouissait pas, il ne devait pas continuer d'entretenir cette ambigüité.
« Bien… Et ses nouveaux pouvoirs ne lui ont pas été efficaces ? » demanda Dumbledore, curieux de savoir si ces pouvoirs pouvaient être d'une certaine utilité pour d'éventuels combats.
« Non. La peur semble être la seule émotion qu'elle ne parvienne pas à maîtriser. Quant à la colère, des progrès sont … constatables. » expliqua Severus, impassible.
Le professeur Dumbledore médita ces paroles en touchant sa longue barbe blanche. Miss Granger semblait être en danger en dehors de Poudlard, mais tout autant dans son enceinte. Si la jeune femme n'était plus un danger pour les autres, elle restait un danger pour elle-même, attisant la haine de certains élèves. Le directeur de Poudlard n'était pas sot, il savait qu'il devait s'agir de Serpentards, et plus particulièrement de futurs mangemorts, ou de mangemorts.
Severus eut un instant peur pour son filleul, il semblait être en plein changement, dans une phase qui pourrait s'avérer décisive pour sa vie, et pour celle de nombreuse autre. Il pouvait encore fuir les mangemorts, et être membre de l'ordre, ou encore neutre.
« Drago Malefoy m'a averti de la découverte du corps de miss Granger. Je suppose qu'il a empêché les agresseurs d'aller trop loin… » Puis Severus ajouta, comme pour se rassurer « Il y a encore une chance Albus, n'est-ce pas ? »
« De l'aide sera toujours fournie à ceux qui la demande, Severus. »
A la première le lendemain matin, Severus se dirigea vers l'infirmerie afin d'informer la jeune femme qu'elle ne devrait plus se déplacer seule. Il allait lui proposer de la reconduire dans la soirée dans ses quartiers pour quelle puisse se reposer. Il supposa que Pomfresh ne la laisserait pas sortir avant le soir même, malgré les nombreux soins qu'elle avait effectué sur sa patiente.
Le professeur de potions entra en silence dans l'infirmerie, espérant pouvoir parler à son élève quelques instants. Il ouvrit le rideau, et put voir sa protégée collée contre le torse de nul autre qu'Harry Potter, les lunettes en travers de son visage. Ils semblaient tous deux très bien dormir. Severus inspira calmement et avec autorité parla soudainement fort ce qui eut pour effet de réveiller les deux élèves.
« Potter, debout ! J'enlève vingt points à Gryffondor pour comportement inapproprié. Maintenant dégagez. »
Harry remit ses lunettes en place et fusilla du regard son professeur. Ils ne faisaient rien de mal, ils dormaient juste, et cela faisait un bon moment qu'aucun des deux n'avaient dormis de la sorte. Il prévint Hermione qu'il repasserait dans la journée, et disparut prendre son petit-déjeuner. Hermione voulut se justifier…
« Professeur… »
Severus la foudroya du regard, comme s'il se sentait trahi, mais il n'en laissa rien paraître, comme à son habitude.
« Miss Granger, le professeur Dumbledore exige que vous soyez accompagnée dans chacun de vos déplacements, débrouillez-vous pour que votre petit ami ne vous laisse pas vous faire agresser. »
Il termina sa phrase avec un certain mépris visible, puis sans attendre une quelconque réponse, il tourna les talons, ses robes s'envolant derrière lui. Hermione voulut le rappeler, lui dire qu'il n'y avait rien entre Harry et elle, mais à quoi cela servirait-il ? Elle ne lui devait rien, et il s'en fichait éperdument. Madame Pomfresh décida d'apparaître à ce moment précis pour prendre soin de sa patiente.
« Miss Granger, vous voilà enfin réveillée. Comment vous sentez-vous ? » demanda l'infirmière en inspectant chacune des marques de sa patiente.
« Courbaturée. » répondit simplement Hermione encore perturbée du départ précipité de son professeur.
« C'est tout à fait normal, mon enfant, après ce que vous avez vécu, votre corps a besoin de repos et votre magie aussi. » prévint l'infirmière.
« Quand pourrais-je reprendre les cours ?»
« Pas avant demain, et je vous interdis de sortir de cette infirmerie avant, ou sinon vous aurez à faire à moi jeune fille ! » avertit Madame Pomfresh toutefois avec un sourire bienveillant et moqueur.
Hermione acquiesça tristement. Qu'allait-elle bien pouvoir faire de la journée ? Après l'auscultation, la jeune femme décida de se reposer et de dormir encore un peu. Elle espérait au fond d'elle que le sommeil la mènerait une fois encore vers ses parents, mais rien ne fit.
A son réveil, Hermione retrouva ses affaires de cours, avec un petit bout de parchemin posé au-dessus.
« Je pensais que tu aimerais avoir de quoi t'occuper. Harry »
La jeune femme sourit, ravie de l'initiative de son meilleur ami qui lui avait aussi pris les cours de la matinée. La Gryffondor se mit à jour dans son travail et essaya de s'avancer un peu plus encore. Les baumes appliqués avaient eu raison de ses marques, même si sa lèvre avait visiblement encore besoin d'un peu de temps.
Lorsque l'heure du repas fut finie, Harry rendit visite à Hermione, l'informant que le professeur Snape avait été particulièrement injuste avec lui le matin et qu'il n'avait pas dîné dans la grande salle. Après son départ, Hermione sortit discrètement de l'infirmerie. Elle avait cette envie insupportable d'aller voir le professeur Snape et de lui expliquer que ce qu'il avait vu le matin même ne signifiait rien. Toute l'après-midi elle s'était sentie comme divisée, éloignée, tenue à l'écart. La Gryffondor ne tint pas compte de l'ordre que Snape avait transmis, et se dirigea vers son bureau, persuadée de le trouver assis en train de corriger des copies. Mais quand elle franchit le palier de la porte, c'est le professeur Dumbledore qu'Hermione trouva tranquillement assis sur le canapé.
« Miss Granger, j'attendais de votre visite. » commença-t-il, un scintillement lumineux sortant de ses yeux.
« Professeur Dumbledore… » dit Hermione, déroutée et surprise de le trouver ici, alors qu'elle n'avait aucun motif valable pour rendre visite au professeur Snape.
« Ne vous en faites pas Miss, tout va bien. Je tenais juste à vous informer que le professeur Snape avait décidé de se retirer de ses fonctions pour quelques temps. »
Cette information eut l'effet d'un coup de poignard dans l'estomac d'Hermione. Il était parti. La seule question qui se répétait dans cette surprise fut : Pourquoi ? Mais le professeur Dumbledore passa outre sa question muette et continua.
« Vos entraînements sont donc suspendus jusqu'à nouvel ordre, et comme le professeur Snape a déjà dû vous le dire, ne vous promenez plus seule, pour votre sécurité. Et d'après mes informations, vous êtes censée être en train de vous reposer à l'infirmerie. »
Le directeur de Poudlard avait fini sa phrase avec un petit amusement dans la voix. Mais l'état de la jeune femme était tout autre. La Gryffondor ne savait toujours pas quoi répondre, stupéfaite de ce départ précipité et injustifié. Etait-ce à cause d'elle ?
« Le professeur Snape m'a confié cela avant de partir. »
C'était une cagette de fioles, c'était ses potions quotidiennes. Hermione prit les potions, salua brièvement son supérieur et retourna dans l'infirmerie, complétement perdue dans ses pensées. Il était professeur dans cet établissement, quelle raison était assez importante pour l'amener à quitter Poudlard pendant un temps indéfini. Etait-ce une mission pour l'Ordre ou à l'inverse pour Voldemort ? Ou c'était peut-être d'ordre personnel. Tout ce que la jeune femme comprit à cette absence, était qu'elle se retrouvait seule et qu'elle allait devoir apprendre à se défendre de façon autonome. Il ne lui avait même pas dis au revoir.
Hermione prit la potion et elle constata qu'elle avait un goût différent de celle qu'elle prenait précédemment. La jeune femme s'endormit, encore faible, quelques minutes plus tard. Ce n'est qu'à son réveil que la Gryffondor comprit en quoi cette potion était différente : elle ne provoquait plus de rêve mutuel. La raison apparue limpide aux yeux de la jeune femme : il ne voulait pas qu'elle puisse le contacter.
Alors ? Allez-vous me donner un petit remontant pour affronter cette (horrible) rentrée ?
