Salut ! Merci des follows, com' et lectures.

J'entends que les paragraphes sont trop longs ? Personnellement je déteste les interlignes sur le site, donc je les supprime automatiquement (après je ne lis les fictions que via mon ordi en format 1/2 peut-être pour ça que ça ne me choque pas)... Quant à mettre les "pensées" de Drago en italic, ça m'embête un peu, puisque certaines sont prises dans le récit même. M'enfin :)

Je me relis avec le temps, supprime les fautes avec le temps. Entre ma version word et mon post' certaines fautes me sautent aux yeux. Soyez doux pour ça, merci.

Je suis désolée, je comprends pas pourquoi, certaines fois, lorsque je poste, mes fichiers sont en bordels... En tout cas sur mon ordi, tout le code est apparent !


LA RITOURNELLE DU DRAGON 02

Le bain, vous savez quoi, fut un casse tête pour Drago.
Tout commençait bien pourtant. Il entra dans une très belle salle d'eau. Les murs souffraient toujours d'un drame passé, mais quelqu'un semble-t-il, avait tenu à redonner un certain charme, un certain luxe à la pièce. De larges miroirs étaient disposés d'un côté et de l'autre. La grande baignoire, contre la fenêtre était décorée d'une mosaïque en camaïeu de blanc, de beige, dans laquelle on devinait des arabesques. L'eau chaude du bain, remontait en de douces vapeurs et Drago se défit de ses habits, pressé d'y entrer. Mais voilà, il y avait un soucis : il ne comprenait rien aux produits à mettre.
Sur une étagère étaient déposés les flacons de poudre, de crème, de liquide, d'huile, qu'importe. Il y lisait « eau de la fée bleue », « crème de la fée du lagon », « poudre à caracole », etc.
« Quel est ce sinistre charabia… »
Drago passa une dizaine de minutes assit au bord de la baignoire, à renifler les flacons, à lire et relire les étiquettes. Par chance, il se rappela les mots de Blaise sur la crème de la fée des lagons et pensa, à juste titre, qu'elle ferait le bonheur de ses cheveux donc. Ensuite, il espéra avoir l'instinct pour choisir les bons flacons, comme il l'eut pour trouver son chemin vers la maison.
Mais bon, il se trompa et en versant un peu d'un liquide bleuté dans l'eau, il comprit qu'il avait sans doute utilisé un produit qui appartenait à sa mère : une odeur féminine se dégagea de l'eau. C'était doux, un peu sucré aussi. Il finit par hausser les épaules. De toute manière, il s'en moquait, c'était même pas chez lui, ici.
Il se glissa dans l'eau chaude et en profita, comme beaucoup de gens à l'heure du bain, pour réfléchir. Entre temps, il tenta d'utiliser ses sorts, mais rien ne marchait. Même le plus simple des lumos, était un échec.
Tout en tapotant la mousse qui formait des nuages sur l'eau, Drago récapitula sa situation il était en terre inconnue, mais pas complémentent. Il avait croisé Blaise, ses parents, pensait qu'il finirait aussi par voir Harry.
« Les gens ici sont les mêmes qu'à Poudlard, mais pas avec les mêmes règles… J'espère que le moi d'ici ne se trimbale pas à ma place à Poudlard… Cela serait extrêmement embêtant... »
Il souffla fort, la mousse alla voleter plus loin.
Quant à savoir ce qu'il devait faire pour remettre à niveau sa famille de la Haust, Drago s'inquiéta. Si son lui d'ici fuyait comme la peste le destin que lui imposait le père, c'est qu'il devait avoir une bonne raison, mais laquelle. Il fit doucement taper l'arrière de son crâne contre la baignoire. C'était tellement frustrant de ne rien comprendre des codes de cet endroit. Et leur foutu problème avec les roses aussi, il comprenait pas.
« Comprends rien, comprends rien… Qu'est-ce je fou là. Bordel de merde, bordel de Merlin, bordel à bordel ! » il continua un moment à insulter tout et n'importe quoi et plongea la tête au fond de l'eau du bain. Des bulles remontèrent lentement à la surface. Des bulles et de la mousse. Mais pas de réponse.

Plus tard, quittant le bain, habillé un peu plus encore à la mode du pays, Drago croisa sa mère, qui haussa un sourcil.
« Vous vous êtes baigné avec mes produits de bain, Drago ? »
Il haussa les épaules, ne sachant quoi dire.
« Vous êtes bien étrange depuis que vous êtes revenu des champs, je trouve. Elle secoua la tête. Vous allez mal finir mon bel enfant, à force. Vous savez à quel point c'est dangereux. C'est un miracle que vous soyez encore sur vos deux jambes… Tout le monde le dit. Tout le monde… Et vous, qui sciemment, tirez sur la corde.
- Bien sûr mère. Je sais quelle chance j'ai. »
Non, il ne savait pas du tout, il ne savait pas trop de quoi elle parlait, mais tant pis, autant jouer le jeu.
« Votre père passera vous voir tout à l'heure, chéri. Soyez plus doux, plus docile. Vraiment… elle marqua un temps. Vous vous ressemblez, têtu l'un comme l'autre. »
Elle se pencha sur lui et lui caressa la joue, doucement.
« Et vous me ressemblez un peu plus, à sentir mes produits de bain. Drago quel enfant, quel enfant ! »
Elle rit, lui se mit à rougir, un peu honteux d'être à ce point là un enfant à ses yeux. Elle lui embrassa fort les joues, lui souhaita la bonne nuit et le laissa regagner sa chambre.

Il s'appuya longuement contre la porte, contemplant enfin sa chambre. Un grand lit, une armoire lourdeaude, un bureau encombré… Chambre d'un luxe désuet mais qu'il trouva agréable à vivre, douillette. Il alla d'abord s'asseoir sur son lit et regarda vers la fenêtre. Elle donnait sur l'entrée de la maison. On distinguait le muret qui entourait la grille. C'était dramatique, comme le reste. Il se leva et s'installa au bureau, soulevant les livres. De la littérature qu'il ne connaissait pas. Il feuilleta un ou deux bouquins : des histoires d'aventures, de conquêtes historiques. Bon. Il reconnut des manuels scolaires, trouva un devoir coincé entre deux pages, avec une note excellente. Il sourit de fierté. Qu'importe l'univers, un Malefoy, reste un Malefoy.
Drago s'enfonça dans son siège ensuite, triturant une plume qu'il venait de saisir. Et maintenant ? Qu'y a-t-il d'autre pour en savoir plus ? Il ouvrit les tiroirs, trouva du matériel de papeterie basique, des bibelots. Il trouva également des pétales de rose, sèches. Il avait vraiment un soucis avec ça. Dans un geste qu'il devina habituel pour le Drago d'ici, il déposa une pétale de rose sur ses lèvres, la tête penchée en arrière. Il inspira tout doucement par le nez. Un agréable vertige le saisit, mêlé d'odeur de rose fraîche, de rose séchée, des parfums du bain. Il resta comme ceci plusieurs minutes, ne pensant à rien d'autre qu'aux sensations présentes. Sa respiration, les battements de son cœur, la plume en bois dans sa main gauche.
Lorsqu'il se redressa, la pétale tomba sur ses genoux et ses yeux étaient légèrement voilés du gaze de l'ivresse.
Alors comme ça, le Drago haustien se droguait aux roses. Incroyable. Si Blaise et Pansy de Poudlard connaissaient ce truc !
« On ferait ça tous les soirs, dans les cachots Serpentards… Tous les soirs, on serait dans un de ces états… On serait super bien. »
Il se frotta le visage des deux mains, laissant tomber la plume sur le bureau. Il ne tarda pas à ranger les pétales au fond du tiroir, au cas où. Si des fleurs sèches parvenaient à offrir aussi vite un état d'ivresse, alors les fraîches, pensa-t-il. Il comprenait un peu mieux la réaction des gens lorsqu'il se baladait avec sa jolie rose à la main. Pourtant… Pourtant, sa mère semblait penser qu'il y résistait extrêmement bien, au parfum des roses.
La porte de sa chambre s'ouvrit, coupant le fil de ses pensées.
« Drago, salua son père.
- Oh père. Mère a dit que vous viendriez, il se tourna vers lui.
- Effectivement… Mais pourquoi diable sentez-vous le parfum de votre mère ? »
Drago haussa encore les épaules face à cette question.
« Encore un acte de rébellion de votre part, maugréa-t-il.
- Du tout, je l'ai utilisé par erreur…
- Mais bien sûr, Drago. A présent vous confondez l'huile de sucre bleu et l'eau de montagne ! Bientôt vous confondrez votre tête avec vos pieds aussi. »
Ah, pensa Drago, il faut que je retienne ceci, ici j'utilise de l'eau de montagne. Quel nom charmant, j'aurais dû y penser.
« Tout ceci, c'est bien la faute de ces satanées roses ! »
Il l'approcha et Drago se fit plus petit, davantage quand son père se pencha sur lui, l'examinant, saisissant encore une fois son menton.
« Vous venez d'en prendre, n'est-ce pas…
- Non.
- Allons ! Je le vois dans vos yeux, je sens même encore le parfum des roses sur vous. Vous pensiez pouvoir le masquer sous l'odeur des sucres bleus… Drago… Drago ! »
Son père se mit à faire les cent pas dans la chambre. Drago se frotta la bouche, le nez. Il avait du mal à distinguer le relent de rose, de celui des bains.
« Est-ce… si grave, père ? »
Il tentait, il tentait ! Son père lui lança un regard noir, mais ne répondit pas. Par Merlin, se dit Drago. Plutôt que de le fusiller du regard, ne pouvait-il pas lui balancer toute l'histoire de ce truc, de cette drogue ou autre. Il en avait marre de composer avec quelque chose d'aussi flou que ça.
« Je veux dire… Je veux dire que je m'en remets bien, non, continua-t-il d'une voix qu'il essaya de se faire douce, caressante.
- Ah, merveilleux Drago. C'est merveilleux ce que vous dites là ! Jusqu'à quand sortirez-vous indemne des roses, quand tous les autres qui s'y lancent, ne nous reviennent pas. Drago... »
Il revint à lui, lui caressa la joue, lui releva sèchement le visage.
« Pourquoi mon fils… Pourquoi tout ce mal ?
- Les roses… elles tuent ? murmura Drago.
- Vous vous fichez de moi ? Est-ce qu'elles vous ont si bien attrapé, que vous êtes incapables de réfléchir. Vous m'énervez. Vous énervez votre mère et vous réduisez en lambeau notre nom un peu plus à chaque instant. »
Son père le lâcha et se remit encore à vadrouiller dans sa chambre. Il était nerveux, quand Drago lui était juste… perplexe et pensif. Il se massa la mâchoire en observant son père. Plus mince qu'à Poudlard, davantage cerné de soucis, beaucoup plus mobile. Ce n'était décidément pas auprès de son père qu'il pourrait obtenir plus d'informations sur ce monde. Au contraire, il avait l'impression que ce dernier ne s'adressait à lui que par des non-dits et c'était insupportable.
« Il faut que cela cesse à présent, Drago. »
Lucius s'arrêta devant lui et sorti de sa poche un bracelet en or, mince, qui se fermait par une chaînette. Inconsciemment, Drago se toucha le ventre. De nouveau cette sensation intense, comme lorsqu'il avait entendu la ritournelle des deux petites filles.
« Donnez votre poignet. »
Drago secoua la tête, sans savoir pourquoi.
« Dépêchons.
- Je n'ai pas très envie, pas du tout envie plutôt.
- Vos envies ne sont jamais les bonnes de toute manière. A présent, votre poignet. Je ne me répéterai pas. »
Il mit un temps fou à lui tendre. C'était physique. Parce que dans sa tête, il ne comprenait pas de quoi il avait peur. Le bracelet était beau, semblait de très bonne facture. Et quoi ? Qu'est-ce qu'il était, à craindre qu'on lui passe ça au poignet. Ridicule !

Le soucis avec ce bracelet, il en prit pleine conscience lorsque son père referma la chaînette. Il en eut brusquement le souffle coupé et se plia en deux sur sa chaise. Ce truc était une entrave, comprit-il, trop tard, évidemment.
« Vous restez dans votre chambre, à la maison à présent. Plus de fugues dans les champs du Sud, plus de vadrouilles auprès de Blaise durant quelques jours, est-ce clair ? »
Il hocha la tête, incapable de respirer correctement.
« Des mots, je veux des mots, Drago.
- Clair, c'est clair, chuchota-t-il. Je resterai ici... »
Et plus Drago répéta qu'il resterait là, plus sa respiration fut aisée. Le père lui passa une main dans les cheveux.
« C'est pour vous que je fais ça. Pour vous seul. Dormez bien. »
Il sorti et Drago toujours plié en deux, ferma fort les yeux. Un simple bracelet d'or constituait une entrave, ici. Une entrave comme une brûlure dans son ventre. Et il était prêt à mettre sa main à couper (si possible celle avec le bracelet!) que ce truc ne marchait que sur lui. Blaise, lui, n'y verrait qu'un joli bracelet inoffensif. Pourquoi ce genre d'épée de Damoclès n'était bonne que pour un Malefoy ! C'était toujours pour sa pomme. Bon sang !
Il leva doucement les yeux vers la porte, qu'il fixa d'un air rageur.
« Ce n'est même pas mon putain de monde ! Alors pourquoi je souffre de vos règles de fou furieux ! »
Se tenant le ventre d'un bras, il attrapa un bouquin de l'autre, qu'il jeta vers la porte. Il s'énerva sur un peu tout ce qui traînait et une fois son bureau vide de livres et babioles, il se calma un peu, ouvrit un tiroir et se saisit d'une poignée de pétales, qu'il respira à plein nez. Le Drago d'ici, faisait souvent ça, il le sut aussitôt. Si souvent, qu'il aurait du être plus prudent en ramenant sa rose fraîche. Ces pétales sèches n'étaient plus assez gorgées en… en quoi d'ailleurs ? En tout cas, il faudrait du temps pour qu'elles parviennent à calmer l'effet douloureux dans son ventre.
« Il faut, il faut que j'accepte d'être enfermé dans cette chambre et ça ira mieux… Il le faut. Calme-toi Drago, calme-toi, murmura-t-il dans ses roses. Ce n'est qu'une question de self-contrôle… En tant que Malefoy, je suis un expert là-dedans. »
Il chercha à se rassurer à voix basse. Toute la demi-heure qui suivit, le visage enfouit dans les pétales, il attendit que la douleur passe. Cela remuait ses entrailles, le ramenait à quelque chose de lointain, qui ne lui appartenait pas tout à fait. Un héritage de très mauvais goût.
Enfin, plus ou moins ivre de fleurs, il les abandonna sur son bureau, se fichant éperdument que sa mère, son père ou Merlin même voient les résidus de son addiction. Il parti en titubant, se raccrochant à la chaise, puis à l'armoire pour enfin s'écrouler dans son lit. Il roula sur le dos, leva son bras devant ses yeux.
« Un bracelet d'or… »
Son poignet dessous avait un peu rougit, comme s'il faisait une allergie.
« Or et rouge… Décidément, c'est un peu trop Gryfondor pour moi. »
Il ferma les yeux, appuya la paume de sa main sur son visage. L'odeur des pétales, le froid de la chambre, la pulsation dans son ventre. Il entendit dans le creux de son oreille, le murmure de la ritournelle des petites filles, qu'il ne tarda pas à reprendre depuis le début, à voix basse :

« Cours, cours joli Dragon,
Cache-toi si tu le peux.
Notre sir valeureux,
Tiare d'or sur le front,
Saura, lui, te trouver…»

Les mots s'échappèrent de ses lèvres et il s'écouta parler, plus qu'il ne comprit, tandis qu'il fixait le plafond. Il connaissait parfaitement cette ritournelle et pourtant, c'était bien la première fois de sa vie qu'il l'entendait.
« Il ne faut pas être stupide, finit-il par murmurer. Pour comprendre que je suis le joli dragon de l'histoire… Tu m'étonnes qu'il n'avait pas envie de rester là, le Drago de ce monde… Tu m'étonnes. »
Il éclata d'un rire sans joie, porté par ces fleurs enivrantes qu'il avait senti et se tourna sur le côté, les yeux fixés sur le bracelet.
« Tu m'étonnes, répéta-t-il. Qui aurait envie de rester, pour crever comme ça... »

Il eut du mal à se laisser aller, à s'endormir, troublé par la ritournelle. Si lui, un étranger de ce monde, comprenait le sens de la ritournelle du premier coup, alors pourquoi semblait-il le seul à être inquiet ? Était-il trop égocentrique, à ramener la chanson à lui ? Est-ce qu'il la prenait trop au sérieux ? Il espéra que oui. Et puis, s'il était voué à être pourfendu, comme suggéré dans le chant, jamais son père ne s'entêterait à lui parler de blason à redorer. Qui irait parler d'avenir à un cadavre après tout.
Mais, dans le cas où tout ça n'avait rien à voir avec ce mauvais présage en chanson, qu'est-ce qui poussait le Drago d'ici à la fuite, comme le dragon ?
« Ah, gémit-il, je tourne en rond. Pourquoi je dois me prendre la tête sur la vie de ce type… Dès que je le peux, je me barre, moi aussi. »
Drago se cacha le visage dans ses bras. Le lien entre le bracelet et le reste de son corps, pulsait si fort en lui, qu'il en avait la nausée.
Aussi, quand il s'endormit, la nuit était déjà bien avancée.

Les jours qui suivirent, ne furent pas très palpitants. Cloîtré comme une jeune vierge avant son mariage, Drago en profita pour se mettre à la page de ce monde. Il lut les quelques bouquins qui traînaient dans sa chambre, passa de longs moments dans la bibliothèque à feuilleter certains ouvrages. Il se rendit compte, au détour d'un livre de botanique, qu'on évoquait rarement les fleurs du pays et lorsque c'était le cas, on se bornait à dire qu'elles étaient dangereuses.
Sa mère, souvent, le rejoignait là où il était, pour lui demander si il allait bien, si son poignet allait bien. Elle était plus tendre que sa mère de Poudlard. Il faut dire, pensait Drago en regardant son poignet toujours aussi rouge, qu'ici, il traînait beaucoup plus dans les jupes de sa mère (ou l'inverse) qu'à Poudlard.

Lorsqu'elle était près de lui, Drago tentait de la questionner. Enfin, pas trop. Il voyait qu'elle s'inquiétait pour sa santé mentale, ses questions étaient trop évidentes, sans doute. Mais au moins, elle répondait clairement, pas comme le père !
« La bibliothèque est pleine de livres sur l'histoire du monde alentour, mais… Il n'y a rien sur la Haust, sur l'histoire récente, mère. Je me demandais pourquoi. »
Elle vint poser une main sur son front et se pencha tout sur lui.
« Drago, je commence à ne plus trop apprécier votre plaisanterie… J'espère que c'est une plaisanterie d'ailleurs, que ce n'est pas un effet de ces roses dans lesquelles vous passez votre temps.
- Ah mère, non, mais… Dites-moi simplement, je voudrais entendre tout ça de votre bouche. Je… Je m'ennuie et l'Histoire contée par vous est agréable. »
Drago lui fit un sourire mitigé, tout en se trouvant exceptionnellement futé d'avoir imaginé ça.
Narcissa n'eut pas l'air totalement dupe par contre et passa ses deux mains sur ses joues, avant de lui prendre le poignet pour masser la marque rouge.
« Et bel enfant, qu'avez-vous en tête ? Que souhaitez-vous entendre ?
- La ritournelle mère. D'où vient-elle. »
Narcissa le lâcha aussi sec et fixa sur lui un regard troublé.
« Vous l'avez de nouveau entendu ? De la bouche de qui cette fois-ci ?
- Deux petites filles. Elles la chantaient autour d'une fontaine.
- Même les enfants s'y mettent, murmura Narcissa. Nous finirons bien par trouvé celui qui l'a remise en circuit, ne vous en faites pas Drago.
- Comment ça ? »
Narcissa secoua la tête, lentement.
« Depuis votre arrière grand-père, on ne l'avait plus entendu… Nous pensions enfin pouvoir nous reconstruire avec tranquillité. Vraiment, si je retrouve le gredin qui s'amuse à nous détruire à nouveau… Ah, Drago… Il serait bon que vous soyez plus compréhensif avec votre père. Ce n'est pas pour vous humilier qu'il veut vous faire ami-ami avec le Sir. Au contraire, c'est pour nous laver définitivement de toute cette histoire... »
Elle s'éloigna, passant une main sur les reliures des livres de la bibliothèque.
« Parfois… Moi-même je me demande, pourquoi nous devons porter sur nos épaules, le poids des tragédies de nos aïeuls. Ce n'est pas comme si dans notre sang, coulait leurs ambitions. N'est-ce pas Drago ?
- Je… Suppose mère. Je le suppose. »
Drago baissa les yeux sur le bracelet, la marque rouge. Il entrevoyait des choses sur l'histoire de sa famille présente. Une chute passée, un événement qui avait du détruire les Malefoy et pousser les dernières générations à s'en détacher le plus possible.
« Et pourquoi, quelqu'un, aujourd'hui cherche à faire resurgir tout ça, mère ? Pourquoi cette ritournelle ?
- Drago, ne faites pas l'innocent, vous le savez.
- Ah, euh, peut-être, bredouilla-t-il.
- Vous lui ressemblez tant… Dans vos yeux, dans vos traits... »
Narcissa le regarda dans les yeux. Il sut qu'elle ne voyait pas son fils, mais quelque chose de beaucoup plus ancien. Quelque chose qui avait fait s'écrouler le faste des Malefoy.
Il se détourna, n'osant pas assumer cette chose. Pas ici, pas dans ce monde, même pas à Poudlard. Nul part.


J'espère que le confinement se porte bien de votre côté ! Moi ça va, j'en profite pour pas me doucher, ça économise l'eau (quel vieux crados je fais).

On verra ce que donnera la suite de cette histoire qui, n'oublions pas, s'écrit au rythme de la détente et du confinement.

Que le Corona ne soit pas avec vous ! Ciao