Salut, merci à ceux qui continuent de lire depuis le confort de leur house et autres résidences secondaires~


LA RITOURNELLE DU DRAGON 04

L'étonnant spectacle d'une fin de journée, le pas troublé par quelques verres de vin.
Drago s'arrêta de nouveau devant la vue de la ville toute entière, depuis une route en hauteur. L'amitié que lui portait Blaise, Pansy et Hermione lui avait fait du bien. S'il se sentait seul dans ce monde, il savait au moins qu'il aurait des gens sur qui compter.
Il s'étonnait de relativiser aussi bien sur sa situation. Depuis quelques jours qu'il était là, Drago n'avait jamais cédé à la panique. Il avait surtout écouté, il s'était adapté. Voir des visages connus, des comportements plutôt proches de sa réalité à lui, devait jouer. Perdu sans être perdu.
Ce décalage lui faisait même plutôt du bien. Il n'avait pas l'impression de devoir porter totalement le poids de ses actions. Il ne se sentait qu'à demi concerné par l'avenir de ce Malefoy d'ici. Et puis… Il finirait pas retourner sur Poudlard. Cette croyance enracinée en lui, l'aidait à se tenir tranquille.

Le château du Sir éclatait de lumière, tout au loin. Il imagina la horde de domestiques en train de vaquer à leurs occupations. Drago remarqua également les contours de voitures qui entraient dans le domaine. Il y avait de l'effervescence au château. Pour la préparation de cette mondanité à laquelle lui-même était invité, fut-il sûr. Quelle genre de fête serait-ce, s'interrogea-t-il. Il n'avait pas demandé ses amis à se sujet, aurait-il dû le faire ?
Quant au Sir Harry Potter, voilà qu'il était pressé de le voir. C'était bien quelque chose qu'il n'avait pas en commun avec le Drago de la Haust. Ce dernier voulait après tout fuir toute interaction avec le Sir, avec son destin. Drago ne trouvait pas lâche son désir, au contraire. Il fallait une dose de courage, de folie... Être au point de soi où on a plus rien à perdre quoiqu'il arrive. Bah… Bah, il avait réussi, il n'était plus là !
Drago se remémora alors une conversation avec un Serpentard. Un garçon qui était vraisemblablement au courant des rumeurs sur l'affiliation de son père Lucius avec le mal. Il lui avait reproché son manque de positionnement. « Choisis ton camp Drago » avait-il dit. Cela avait énerve Drago jusqu'aux tremblements. Choisir, choisir, qui choisissait quoi que ce soit dans une grande famille ? Ah, il n'y avait bien que les ploucs pour penser qu'on était libre de toutes ses décisions. Être pauvre et sans nom, sans passé, ça, ça donnait accès à une dose de liberté, du moins ça n'imposait pas quelque chose en plus.

Le mouvement du peuple en contrebas, les paniers de victuailles, les couples bavards et flâneries entre amis. Drago eut faim tout d'un coup, mais depuis Le Souterrain il ne lui restait pas un sou en poche pour aller se sustenter. Il décida de rentrer à la maison.
Lorsqu'il passa devant la fontaine du Dragon, il la trouva changer ou plutôt, elle n'eut pas le même impact sur lui. Les dorures sur le dragon étaient abîmées, certains détails de la sculpture avaient même été saccagés. Avec cynisme il pensa que de toute manière, l'argent irait mieux qu'une patine dorée sur ce dragon et qu'il lui fallait bien, pour prouver sa valeur, porter en lui quelques blessures de guerre.
Il ne revit pas les deux petites filles.

Ce soir-là, son père, sa mère, l'interrogèrent sur sa journée passée. Était-il avec Blaise ? Oui, il l'était. Qu'avaient-ils fait, est-ce que Blaise irait lui aussi, à la fête ? Oui, il irait. Drago répondit docilement à tout l'interrogatoire, pressé de retourner au confort de sa chambre. Il avait la tête dans les nuages, à rêver des actions passées du Dragon, il rêvait aussi à cet homme Haust, qui était-il, comment était-il… Quelle relation l'avait lié au Dragon...
« J'espère que vous saurez vous tenir, chez le Sir, reprit Lucius au bout d'un moment. Que vous ne ferez pas d'esclandre. Il vous faut son amitié. Pas sa haine encore mieux enracinée.
- S'il me hait ça ne sera que de bonne guerre d'après ce que j'ai compris, dit Drago. Après tout, il a tous les droits dans le coin, non. S'il le veut, il me fera couper la tête, alors… Alors hein, son amitié… Ne vaut-il pas mieux son ignorance envers ma personne. »
Il fit un geste de la main, balayant la discussion. Devoir s'imaginer jouer au vassal devant Potter et surtout, voir que son père le souhaitait, l'y encourageait, agaçait pas mal Drago. Ce monde avait troqué son Vol-de-Mort contre un Potter, génial ! Qui gagnait au change ? Pas la Haust, pensa-t-il.
« Mais vous êtes fou Drago, de parler ainsi !
- Qu'est-ce que je dis de fou ? Vous me demandez de supplier ce type de me reprendre dans ses bonnes grâces ! D'ailleurs reprendre, non, prendre tout court. Il a la rancune tenace cet idiot de Potter, s'il continue de détester notre famille pour une stupide histoire aussi vieille que les pierres (son père et sa mère le regardèrent avec une certaine stupeur). Pour votre bon plaisir, je tenterai ma chance. Mais… Mais ne me demandez pas d'aller m'humilier. Nous sommes des Malefoy, pas des jouets de bois que l'on jette au moindre défaut… Et il n'est que Harry Potter. »
Drago ne fut fier que quelques secondes de son discours. Lucius se leva d'un geste, suivit par Narcissa. Le dîner vola en éclat, les assiettes renversées. Drago, toujours assit, se tendit ostensiblement, n'osant même pas retirer de son pantalon, un reste de viande, tombé sur lui. Encore un des gestes théâtrale de son père, ne manquait plus qu'une main sur son front et un « mon fils ! » lâché comme une réplique shakespearienne. Ne faites pas ça, supplia intérieurement Drago, c'était déjà assez cliché comme ça.
« Jamais vous n'avez été aussi loin dans l'injure, Drago ! Lui dit son père les mains tremblantes. Une stupide histoire, c'est ainsi que vous voyez le socle de notre famille ?! »
Drago ne dit rien, détourna les yeux, légèrement.
« Vous n'êtes rien Drago, qu'une puce dans ce monde, un grain de poussière dans la généalogie des Malefoy. Un enfant beaucoup trop gâté. Comment pouvez-vous…
- Lucius, temporisa Narcissa. Drago est jeune, trop fougueux. Il n'a pas encore conscience en son cœur et en son sang des concessions que l'on doit faire, que nous faisons déjà. »
Lucius fit non de la tête.
« Cela dépasse les bornes. Insulter Dragon, insulter le Sir… »
Lucius se détourna de Drago qui, trouva enfin en lui la force, d'essuyer ses habits couverts de nourriture.
« Il n'y arrivera pas Narcissa, il nous enterrera définitivement, fit plus doucement Lucius.
- Sa bouche s'ouvre dans l'intimité, mais en public Lucius, il saura mieux se tenir, assura-t-elle.
- Ce n'est pas ce qu'il nous a prouvé ces derniers temps. Et ces fleurs Narcissa, ces fleurs…
- Je sais. Mais… (elle se mit à parler très bas), il y résiste. A terme cela nous sera peut-être bénéfique. Severus parle d'une manière de s'en servir, pour… vous savez… »
Ils se turent. Au nom de Severus, Drago s'était redressé.
« S'en servir pour quoi faire ? Reprit Drago, bien que se doutant qu'ils ne parlaient pas pour être écoutés de lui.
- Drago, allez dans votre chambre. Vous faites suffisamment de dégâts comme cela, dit Lucius.
- Je viendrai vous voir tout à l'heure, lui assura Narcissa. »
Ils m'expédient quand la conversation se révèle plus intéressante, se dit Drago en se levant pourtant. Il était à la fois désappointé et trop heureux de profiter de cette accalmie dans la colère de son père, pour s'en aller.
Drago quitta la salle à manger sans mot. Il s'attarda contre la porte, mais n'entendit rien de la conversation. Dommage, il aurait voulu savoir ce qu'incarnait le Severus d'ici.

Retournant finalement à sa chambre, Drago se demanda s'il croiserait le nom d'autres figures poudlariennes. Aussi fou que cela paraisse, il était curieux de croiser la famille des Weasley, notamment Ron. Si ici, il était l'ami de Granger, alors qu'en était-il de Ron ? De Lundubat et des autres ? Frère de cœur de Neville Londubat, il était ouvert à toute proposition, ahah !
Il s'installa finalement à son bureau , les habits souillés par les éclats du dîner et étala devant lui quelques pétales de roses, hilare non à cause de l'ivresse, mais à l'idée de ces possibles amitiés.
« Et pourquoi pas Goyle en ministre de la région, tant qu'on y est... »
Il rit et il rit encore. Drago passa sa soirée à rêvasser, à défaut d'être drogué des roses pour l'instant. Il avait remarqué, dès le second jour de son arrivé à Haust, que les fleurs sèches étaient limitées dans la substance de drogue qu'elles libéraient. Cela lui donnait envie de faire des tests. Ah, s'il n'avait pas ce bracelet d'entrave, il partirait tout de go à la recherche de bouquets de fleurs, qu'il réduirait en poudre pour tenter de… de quoi d'ailleurs ? D'exploiter la drogue ? Un Malefoy dealer. Belle idée, ça avait un côté séduisant. Drago bien sûr, éclata un peu plus de rire (mais là, les émanations de fleurs devaient l'aider).
Vous savez quoi ? Drago dormit bien ce soir là.

Les deux jours qui suivirent, furent tout à la préparation mentale de Drago pour la fête du Sir. C'est-à-dire que dès qu'il le croisait, son père ne pouvait s'empêcher de lui lancer quelques remontrances sur son attitude. Drago écoutait d'une oreille distraite, fuyant la maison à la moindre occasion, pour le moindre prétexte.
Il retrouvait alors Blaise au Souterrain ou ailleurs. Ce dernier, dans la Haust, était une sorte de formidable dandy qui, quand il ne fumait pas, buvait comme un trou et quand il ne buvait pas… Eh bien il parlait. Drago était saoule de ses paroles. Au moins prit-il connaissance de toute la société familiale de Blaise et d'autres choses. Les ragots allaient bon train avec lui. A mesure qu'il lui parlait, Drago se demandait même s'il ne tournait pas en boucle. Combien de fois devrait-il écouter Blaise dire que Pansy sortait ici et là avec machin et truc, que Hermione traînait le soir dans des lieux pas recommandables (mais de ces histoires, Drago était friand, eh, Hermione en petite délinquante, ça dépassait l'entendement).
Enfin, au détour de quelques bières, Drago tenta sa chance, sur un certain sujet :
« Et Ron Weasley ? Il devient quoi ? »
Drago se disait que lâcher des noms à tout hasard, l'aiderait à en savoir plus. Quelle ne fut pas sa stupeur devant la réponse de Blaise :
« Ron qui ? Je connais ce type moi ?
- Euh… Eh bien, Weasley, tu sais, la belette ? Un rouquin pas très beau, pas très élégant… ?
- La belette ? Rouquin ? Non, non, ça ne me dit rien… Pourtant j'ai une bonne mémoire des visages, assura Blaise.
- Vraiment ? »
Blaise haussa les épaules, lui répétant qu'il n'avait aucune idée de qui il lui parlait. Drago en fut tout troublé. Il pensait que tous les gens de Poudlard étaient ici. Pourquoi y avait-il des trous, dans les personnalités présentes à la Haust ?
« Et Severus Rogue ? Tenta-t-il encore.
- Oui ? Oui et ? Tu as des nouveautés sur lui ? Dit Blaise en se penchant sur lui.
- Non… Et toi ? »
Un truc que Drago développait au mieux, c'était retourner les questions qu'on lui posait, pour masquer son ignorance des faits.
« Pas depuis la dernière fois. Depuis les soupçons de la milice à son propos, il se fait décidément bien discret.
- La milice ?
- Bon sang Drago, ça devient un vrai problème tes trous de mémoire ! Râla Blaise.
- Je sais… Écoute Blaise… je t'expliquerai à l'occasion, pourquoi il y a des choses dont je ne me souviens pas, mais en attendant… Si tu pouvais m'en dire un peu plus sur cette histoire de milice. »
Drago se pencha légèrement sur la table, traçant le contour de son verre du bout du doigt en fixant Blaise. Allé, pensa-il, crache le morceau. Granger au moins, n'avait pas hésité elle, à reprendre les bases pour lui. Mais Blaise trop curieux et gourmand en histoires voulut d'abord qu'il lui dise donc, pourquoi ces trous de mémoires.
« Par Merlin, gémit Drago, tu n'es pas sympa Blaise, je ne te demande pas grand-chose pourtant !
- Par Merlin ? C'est quoi cette expression, décidément, se mit à rire Blaise, on dirait que tu viens d'un autre monde !
- Si tu savais… si tu savais. »
Alors Drago eut beau insister, Blaise préféra se moquer de son expression de Merlin, de ses trous de mémoires. Au final, il le comprit bien, Blaise esquivait autant que possible le sujet. Un sujet épineux. Il était peut-être de mauvais ton d'en parler à voix haute, en public.
Cas cela ne tienne, mon bon Blaise, se dit Drago, je finirai par savoir, foi de Drago Malefoy.
« Bon, puisque tu n'es bon qu'à rire ce soir, alors rions, temporisa Drago. J'ai soif de vin !
- Ah, voilà que je te reconnais ! Allons d'abord manger Drago et puis… la nuit nous appartiendra ! Fais-je envoyer un mot à Hermione et Pansy, pour qu'elles nous rejoignent ?
- Pourquoi pas, plus on est de fous, plus on rit. »
Et plus j'en saurai de belles, pensa Drago en terminant son verre.

Ils dînèrent ensemble et Blaise l'entraîna dans les rues de la Haust. Il aimait mieux ce Blaise que celui de Poudlard. Il semblait plus détendu, plus fou aussi – et plus adulte. Quoi qu'à bien y regarder, Drago devinait là une certaine composition dans son attitude. Tout le monde a ses masques, il n'allait pas le juger pour ça.
Bras dessus, bras dessous, ils partirent joyeusement dans un bar plutôt bien animé. Pansy était déjà là, à fumer en parlant avec des habitués. Elle leur assura qu'Hermione viendrait, un peu plus tard :
« Je l'ai croisé, elle m'a dit vouloir manger chez elle, avant. Pensez donc, les garçons, la Granger, elle va s'enfiler un coup avant de venir, rigola Pansy. Pour ne pas avoir à dépenser trop d'argent en verres !
- La pauvre, se moqua Blaise à son tour, à force ne devrait-elle pas savoir, que nous serons toujours bon chevaliers à lui offrir l'hydromel, n'est-ce pas Drago ?
- Évidemment ! »
Les gens modestes, étaient les moldus d'ici-bas. L'honneur était un minimum sauf.

Comme l'avait deviné Pansy, Hermione arriva plus tard, les joues un peu colorées, l'œil brillant. Blaise lui commanda un verre avant même de la saluer, lui forçant déjà la main pour lui offrir la boisson donc.
Rien de bien intéressant n'avait été dit par les trois compères avant son arrivée. On parlait de tout, de rien, en bons copains. On continua un moment après l'arrivée d'Hermione.
Puis, les cheveux un peu décoiffés, à force de se les passer dedans, la pupille plus dilatée et les gestes grandiloquents, Drago profita d'un tour de Blaise et Pansy au comptoir pour se rapprocher d'Hermione.
« Hé Hermione, comment ça se passera chez le Sir d'après toi ?
- Oh, je ne sais… Sans doute bien. Harry reçoit généralement bien. Hm, c'est vrai que c'est la première fois qu'il accepte que tu viennes, tu ne sais rien des fêtes du Sir, fit Hermione d'un ton désolé. »
Drago fronça un peu les sourcils. Ça alors, le Potter ne voulait pas de lui habituellement ! Au moins il n'aurait pas à faire des pieds et des mains pour donner l'impression qu'il connaissait tout de ces soirées. De même, il comprenait mieux le harcèlement de son père.
« Donc Potter me fait bien là une grâce que de m'accueillir en son château… Je la sens mal cette histoire…
- Tu exagères, rit Hermione. Harry est gentil ! Le Sir qu'il incarne est peut-être sévère, c'est bien normal, mais je t'assure, c'est quelqu'un de gentil au fond de lui.
- Bien sûr Hermione, qui suis-je, ô moi Drago Malefoy pour oser penser du mal de cet être majestueux qu'est le saint Potter, dit-il en roulant des yeux. »
Hermione lui lança un sale regard et lui demanda de baisser d'un ton.
« Ivre ou non Drago, il y a des choses que tu ferais mieux de ne pas dire ou de penser.
- Comme tu l'as dit, Hermione Granger, je ne suis jamais allé à ces soirées, jamais je n'ai vu le Sir, que sais-je de sa gentillesse, il se pencha sur elle, tout ce que je vois, c'est la misère de ma famille et l'article que tu as publié (il avait fini par le lire).
- Tu es injuste, bredouilla-t-elle. Il fait des efforts.
- Oh pitié, où est l'effort lorsqu'on est au chaud dans son château ? Où est l'effort lorsque personne ne vous regarde avec des éclairs dans les yeux ? »
Il pensait à sa situation d'ici, comme à celle de Poudlard. Et puis, agacé, lassé de la situation, il se leva alors brusquement.
« Je rentre. Tu ferais bien de ne pas tarder, toi non plus, au risque de voir ton ardoise auprès de Pansy et Blaise, augmenter, cracha-t-il presque. »
Hermione resta plutôt bouche bée de son attitude, de ce revirement, tandis que Drago, récupérant manteau et esprit s'en allait saluer Blaise et Pansy. Les deux piaillèrent de le voir partir si tôt.
« Mais reste un peu plus, je pensais que tu voulais t'enivrer toute la nuit ! Fit Blaise.
- Je suis fatigué… On se retrouvera pour la soirée du Sir, après demain donc, je ne te manquerai pas pour longtemps.
- Oh Drago, mon beau Drago, un dernier verre, un dernier verre au moins, insista Pansy.
- Non, non. Blaise l'ami, il attrapa Blaise par l'épaule un peu fébrile. Allons ensemble hein, à la soirée du Sir, tu promets ?
- Bien sûr, si tu le souhaites ! Retrouvons-nous devant la fontaine du Dragon. Je te ferai envoyer un mot, pas d'inquiétude, mais tu es sûr de rentrer, là ? Et Hermione, tu l'abandonnes ? Elle et nous tous comme des malpropres ?
- Juste pour ce soir, je vous abandonne comme des princes. »
Drago les embrassa pour couper court et sorti. Il n'eut pas fait quelques mètres, qu'il entendit courir derrière lui. Hermione le rattrapa par le coude, assez vivement.
« Tu es vil, tu sais ! Tu me craches ton fiel au visage et tu pars, comme un lâche Drago Malefoy ! »
Elle parlait fort, ivre autant que lui sans doute.
« Pitié Granger, tu ne vas pas me suivre dans la rue pour jouer les hystériques, hein ? »
Hermione qui fit non de la tête, avait les mains tremblantes, l'air pitoyable, complémentent saoule.
« Merlin, qu'on ne m'y reprenne pas, se dit-il tout bas. Je te ramène chez toi, où que tu vives Granger, tu ne devrais pas boire autant si t'es infichue de tenir le coup. »
Elle acquiesça sans protestation et lui prit le bras.

Ils restèrent un moment silencieux, tandis qu'ils s'éloignaient de l'animation des bars. Hermione se maintenait à lui, tout en essayant de garder la posture droite. Elle regrettait, ça se devinait, d'avoir l'air aussi cruche à ses côtés.
« Drago tu es… expansif en ce moment, dit-elle au bout d'un moment. D'habitude, tu es… tu es je sais pas… Bavard, mais pas sur des choses te concernant. Il t'es arrivé quelque chose, la dernière fois aux champs, j'en suis sûre !
- Parle plus bas, tu vas ameuter tout le quartier.
- Et quoi, et quoi ? Tu démens pas hein ! Ah ! »
Drago roula d'abord des yeux, puis rit doucement.
« Si on m'avait dit qu'un jour, je verrai Hermione Granger complémentent ivre, sur un bord de chemin, hein…
- Détourne pas trop la conversation Malefoy. Avant que tu partes aux champs… Avant… »
Elle inspira profondément et s'éventa de la main, pour se reprendre un peu.
« Tu vas me dire que tu te rappelles pas. Tu as la tête de celui qui ne se souvient de rien Drago… Mais… Avant les champs, tu es passé, j'étais pas là. Papa m'a donné un mot de ta part, mais il a oublié, me l'a donné que l'autre jour…
- Fais court je t'en prie, je ne comprends pas ton charabia, Hermione… »
Elle l'arrêta alors toute ébouriffée et lui fit face, une main sur son épaule, pour ne pas trop tanguer. Était-elle vraiment obligée de lui imposer une telle scène ? Manquerait plus qu'un badaud les prenne pour un couple. Ignoble, pensa Drago quelques secondes.
« Sur le mot, t'avais marqué que tu partais pour la dernière fois t'endormir dans les fleurs… Pour échapper à tout ça, ton nom, le Sir... Alors pourquoi on te retrouve là, comme si de rien était ?
- C'était une façon de parler, dit-il sans trop d'assurance.
- Drago… On sait tous les deux… T'endormir dans les fleurs, c'est pas la première fois que tu le disais. C'est pas la première fois que tu disais que tu voulais mourir. Il s'est passé quelque chose pour te pousser vraiment à l'acte et là… Là, t'es pas le même ! Je suis pas juste ivre hein, je suis pas assez saoule pour penser que tu sois pas le même. »
Elle bavassait un peu trop fort cette maline de Granger et lui était troublé de ses paroles. Il l'entoura d'un bras, pour la pousser à avancer.
« Plus bas Granger, plus bas. Écoute-moi… À toi, sans doute puis-je le confier… Il s'est passé sans doute quelque chose, qu'en sais-je hein… Enfin, sur un point tu as raison, je ne suis pas le même Drago Malefoy.
- Ah bah, ah bah oui, je le savais ! Dit-elle en souriant. Et alors, qu'est-ce qui a changé ?
- Tout. Je viens pas d'ici. Je viens... d'un autre monde, essaya-t-il expliquer.
- Je suis saoule, mais pas stupide, tu te moques bien de moi !
- Non, du tout. Je viens d'un autre monde. Le Drago d'ici, je ne sais pas où il est… Moi je ne connais rien à votre ville, à la Haust, je viens d'un autre endroit, d'une école de sorciers, Poudlard et…
- Oh j't'en prie, arrête un peu tes histoires à dormir debout ! »
Hermione repoussa son bras et le poussa tout court, puis s'arrêta. Ils étaient arrivés devant chez elle, vraisemblablement.
« Si tu ne veux rien me dire, ne me dis rien, je peux le comprendre, mais tes contes de fées, tu les gardes pour Pansy ou pour Blaise.
- Ah Granger, tu me fais chier. Ne me crois pas ! J'invente, j'invente ! Va te coucher, t'en seras moins moche demain ! »
D'un air dédaigneux, totalement arrogant même, il lui fit un salut de la main et se détourna.
« Va manger tes morts, Malefoy ! Lança Hermione avant de rentrer chez elle, claquant presque la porte. »
Drago se raidit quelques instants. Il eut presque cru qu'elle avait dit mangemort.


Aïe, aïe, pas de Potter encore, j'ai mal calculé mon coup, prochain chapitre sans aucun doute !
Que voulez-vous, je me suis laissée happer par le dialogue entre Hermione et Drago... A défaut d'aller dans un vrai bar en ce moment, je le vis à travers eux !

En attendant, que le Corona ne soit pas avec vous ! Ciao