Hey, hey, hey, le temps passe vite !
Merci de me lire, merci pour les reviews ; je pense que le côté "frais" de ma fic vient de ma non-maîtrise de l'univers de HP, qui me permet de faire comme-que-je-veux-n'importe-comment-que-je-peux ahah.

Sinon, pour quelqu'un qui ne voulait pas se prendre la tête, je me la prends. D'où mon temps pour ce nouveau chapitre.
Vas-y, je sens que cette fic va durer un moment, alors que je croyais faire léger et détendu à la base...


LA RITOURNELLE DU DRAGON 06

Dans le salon, une quarantaine de personnes à tout casser. Des gens importants, d'autres moins. Tous saluèrent d'un même geste de la tête inclinée, l'entrée du Sir. Même Blaise, même Théodore avaient adressé cette petite révérence. Drago, lui non. Il ne savait pas que c'était de coutume. On se doutera que ce simple manquement à la règle ferait les gorges chaudes à la Haust.
Cela dit Harry Potter ne sembla pas remarquer cette pseudo défiance. Il avait le regard planté dans celui de Drago. L'un comme l'autre se jaugeait. Une première rencontre et pas des moindres…

Parce qu'il ne s'était pas attendu à voir un Potter différent de celui de Poudlard, Drago fut encore plus troublé par celui qu'il découvrait ici. Beaucoup trop adulte, pensa-il. Beaucoup trop royal. Il n'avait rien à voir avec l'adolescent engoncé dans le rôle du Sauveur. Le Potter de la Haust assumait tout. Le maintient droit, la tête haute. Mais qu'est-ce qu'il était laid ! Son visage marqué de fatigue, d'usure du devoir à accomplir. Étonnamment, son air de bandit s'adoucissait par la tiare d'or sur laquelle la cicatrice avait été reproduite, épousant parfaitement la forme de celle à son front. Mais il puait le danger. Le mal en quelque sorte. S'il le voulait, il pourrait envoyer au bourreau quiconque l'ennuyait.
Alors était-ce vraiment à lui qu'on avait confié le pouvoir décisionnaire de la Haust ? Lui qui était trop jeune pour avoir de la vraie barbe, lui dont les joues avaient encore ce petit truc adolescent. Harry Potter était aussi jeune que Drago l'était et comme à Poudlard comme dans mille autres dimensions, il continuait de porter des charges extrêmes. Avait-il besoin à ce point de se faire remarquer ? Malédiction !

Hermione posa une main sur l'épaule d'Harry, l'obligeant à légèrement détourner les yeux. Drago se détendit grâce à cela et revint à ses deux amis. Il remarqua à ce moment le silence qui s'était fait depuis leur échange de regards.
« J'ai pensé un instant qu'il allait se ruer sur toi pour t'abattre, lui souffla Blaise. »
S'il haussa les épaules, Drago était rassuré que ça ne puisse arriver, auquel cas, il craignait de ne pas pouvoir tenir le coup face à Potter. Il comprenait son homologue haustien d'avoir voulu fuir le plus loin possible. Le Sir ne prendrait pas de pincettes pour le réduire en poussière. Pourquoi ne l'avait-il pas fait avant, si avoir la descendance Malefoy dans les pattes l'ennuyait tant. Quelque chose était effectivement étonnant à la Haust. On aimait pas la famille Malefoy (à raison ?) et plutôt que de faire en sorte de s'en débarrasser, on s'en accommodait en râlant, leur laissant même jouir d'une grande maison – bien que délabrée, certes. À sa place, lui aurait fait tout brûler pour passer à autre chose. Il espéra que cette retenue était due au côté Grifondor de Potter qui perdurait qu'importe le lieu, qu'importe le temps.

Drago reporta son attention sur le duo Potter Granger. La tête pleine de pourquoi, Drago s'interrogeait sur la nécessité d'envoyer un chien de garde comme Granger tâter le terrain pour le faire couler… Enfin, en partant du principe qu'elle était effectivement une personne du côté du Sir. Elle était à plaindre, se dit Drago, plus que lui-même. Si elle jouait vraiment un pareil double-jeu, une fille aussi intègre… Viendra un moment où elle devra se poser les vraies questions, prendre les bonnes décisions. Voilà qu'il se prenait presque à la prendre en pitié. Décidément, il se prenait trop au sérieux et trop au jeu des intrigues d'ici.
Or, craignant qu'à prendre trop parti, il soit digéré par ce monde et ne puisse plus trop s'en échapper (c'était quelque chose dont il n'avait pas sciemment conscience, mais qu'il ressentait malgré tout), Drago se reprit et se tourna d'un chef vers Théodore et Blaise, faisant dos au Sir et à tous les soucis qu'il risquait de lui apporter. Il y penserait plus tard, hein !
« Théodore, Blaise… A la vôtre, fit Drago en levant son verre de vin. »
C'était sa seconde défiance à l'ordre établit. Blaise et Théodore l'imitèrent, dans un sourire discret.
« Cette soirée promet d'être intéressante, dit Blaise en buvant.
- Fatigante, le corrigea Théodore.
- Qu'importe ce qu'elle sera, dit Drago, le tout est d'y survivre. »
Ses deux amis hochèrent la tête tandis que dans un coin de sa tête, Drago riait en se rappelant les mots de son père : « pas d'esclandre Drago, pas d'esclandre », ah ça !

La première partie de la soirée fut relativement calme, cela profita à Drago. Il put se familiariser avec l'ambiance, avec les histoires de chacun. Au détour d'un bavardage par exemple, il apprit que Vincent et Gregory s'étaient récemment rapprochés de Luna et de Neville. Ces deux figures intellectuelles de la Haust tenaient une revue littéraire en vogue depuis peu.
« Je ne sais pas si cela est vrai, dit Pansy sur le ton de la confidence, mais paraît-il que ces deux loubards de Vincent et Gregory seraient les auteurs de certains des meilleurs textes du Cadran Bleu.
- Et puis quoi encore, fit Blaise moqueur, je les imagine mieux séquestrer un écrivain chez eux et le forcer à écrire à leur place !
- Au contraire, intervint Théodore, je serai plutôt d'avis qu'il faut se méfier des apparences.
- Mouai, on ne parle pas de deux jeunes chiots inoffensifs non plus, reprit Drago. »
Il se plaisait à enfin pouvoir intervenir dans une conversation, car au moins il était de notoriété publique que ça soit à Poudlard comme ici, que ni Vincent ni Gregory n'étaient des flèches. Mais tout de même… S'ils avaient vraiment un talent d'écriture… Drago en riant sous cape, se promit de les interroger sur leur intellect de retour chez lui (à Poudlard).
« Et, fit Blaise, est-ce pour ça qu'ils traînent en public avec Lovegood ?
- Je ne sais trop, fit Pansy. Soit c'est ça, soit…
- La garde rapprochée de Luna, conclut tout bas Théodore.
- Je ne comprends pas, garde rapprochée de Luna ? Pour quoi faire ? »
Et voilà, à peine avait-il compris quelque chose, qu'on le reperdait, se dit Drago, un peu désespéré. Blaise posa une main sur son épaule et se pencha légèrement sur lui.
« Je t'expliquerai, en attendant fais comme si tu savais, c'est mieux.
- Hum… Sans doute. »
Théodore lui lança un regard, intrigué par son comportement, mais ne posa aucune question.
Et puis la discussion ne se poursuivit qu'à grande peine. Pansy étalait le reste des rumeurs tandis que Théodore lâchait quelques paroles sibyllines, l'esprit préoccupé depuis l'histoire des écrivains-crétins. Il ne tarda pas d'ailleurs à les abandonner pour retrouver quelques autres personnes. Quant à Pansy, elle haussa les épaules.
« Bah, on saura mieux parler chez toi, Blaise. Ici, c'est difficile, toujours... »
Elle était apparemment ennuyée de devoir brider sa parole et ne savait plus trop quoi dire de neuf. Si les mondanités et les ragots elle en avait l'habitude, il était évident qu'elle se retenait de rire à grand éclat et d'avoir l'air simplement plus relâché, plus naturel. Drago remarquait bien, de toute façon, qu'elle ou Blaise, Théodore et tout le monde ici, demeurait sur le qui-vive. Est-ce que ça le changeait de Poudlard ? Pas vraiment et il trouva ça plutôt triste, tandis que Pansy s'esquivait pour babiller auprès d'un groupe de filles et de garçons plus jeunes qu'eux.

De nouveau à deux, Drago et Blaise se servirent encore un verre. Mon dieu, ce taux d'alcoolisme qu'il n'avait jamais atteint, pensait-il quand, ô miracle, Hermione les approcha finalement ! Plus d'une bonne heure s'était écoulée, or Harry n'avait pas le fait le geste de le saluer voire de simplement le rabaisser. Drago pensa à juste titre que le Sir ne voulait pas lui donner tant d'importance. Cela demeurait une façade vu le nombre de regards de sa part qu'il parvenait à capter, lui-même les lui rendant. Encore une fois, on frôlait le ridicule dans leurs attitudes respectives, mais bon, Drago ne ferait aucun effort, qu'on s'entende bien.
« Bonsoir Blaise, bonsoir Drago, j'espère que vous vous portez bien ce soir, salua-t-elle.
- Comme deux gais lurons ! Et toi Hermione ? Nous t'avons vu faire ton entrée avec le Sir, une manière d'officialiser les retrouvailles ou le mariage ? Rit Blaise.
- Oh je t'en prie Blaise, râla-t-elle pour la forme. J'étais avec Harry, c'est un fait. Il me contait son empressement à te rencontrer pour de vrai, Drago.
- Évidemment… Au moins autant que je ne le suis… »
Disant cela, il désigna les bouquets de fleurs un peu partout. Les gens ne se lassaient pas d'aller les sentir ou les triturer. C'était incroyable d'en avoir à la Haust s'extasiaient certaines personnes. Ces gens n'ont pas de nez, se disait Drago a qui ce parfum donnait mal à la tête.
« Et à part ça, ta mémoire Drago, ça va mieux ? Je n'ai pas oublié ce que tu m'as dit l'autre soir et…
- J'avais trop bu Hermione. Je ne me souviens que vaguement de mes propos. Seulement, je crois avoir confondu la réalité avec un livre qui m'avait tenu toute la journée. J'ai du te dire beaucoup de bêtises.
- Ah… ? Un livre qui parle d'un autre monde alors? Tu es un lecteur de très bon goût, je serai curieuse de connaître ce livre, Drago. »
Drago lui sourit. Il tentait de noyer le poisson, puisque Blaise lui disait de ne pas trop faire confiance à Hermione. À présent seulement, il se rendait compte effectivement, qu'Hermione était un peu trop intrusive. Mais si elle n'agissait qu'en amie, cela se valait également. Il ne savait plus bon sang ! Et Hermione qui souriait l'air de prendre tout bien !
« Vos histoires d'intellectuels ne sont pas de bon ton pour une soirée comme celle-ci, intervint Blaise.
- Bien sûr, tu as raison… Drago, tu devrais aller saluer le Sir. Je te vois sourciller, mais c'est une affaire de simple politesse. Il t'a invité… Et c'est le Sir, quoiqu'il arrive.
- Elle a raison, Drago. Tu finiras par faire plus de mal que de bien autrement.
- Soit, soit… Si vous me poussez comme on pousse un gêneur, j'y vais. Conversez bien.
- Tout de suite, tu prends mal les choses, ah ah, ton égo est à la hauteur de ton nom ! »
Blaise lui appuya une main sur l'épaule, un geste amical, mais les doigts légèrement resserrés, Drago y devinait la méfiance, surtout qu'Hermione ne les quittait pas du regard. Son œil inquisiteur notait tout. Mais ça, c'était plus facile à comprendre maintenant qu'il était au courant qu'elle était potentiellement une moucharde.
« À tout à l'heure alors... »
Il les quitta, se reprenant un verre au passage. Il n'avait pas le cœur à affronter Potter les mains vides.

Dans le salon où ils étaient, il n'y avait plus de trace de Potter cependant. Il alla dans une salle à côté, laquelle était disposée en salle de jeu et de fumette, faisant d'elle une sorte d'aquarium. Mais toujours aucun Sir à l'horizon. Il ne s'abaissa pas à aller demander où ce dernier était, se sentant suffisamment humilié par les regards des gens présents. Mais ce qui gêna davantage Drago, au-delà des regards et de Potter – en soi moins il le voyait mieux il se portait, c'était l'odeur trop puissante des fleurs. Elles lui donnaient la migraine, c'était comme sentir le parfum capiteux d'une vieille femme. Ça et la fumée de cigarette, il allait finir asphyxié. Il chercha du regard une fenêtre ouverte, il n'y en avait pas. Elles étaient obstruées par d'autres bouquets. Il avait vraiment fait en sorte d'en tapisser chaque mètre carré. Merlin, quoi ! Quel mauvais goût en plus. Aucun sens de la mesure !

Alors Drago sorti dans le couloir, abandonnant son verre. Une main dans les cheveux, il soupira longuement. Le couloir était vide maintenant. La soirée entrait doucement dans sa meilleure phase, celle où on est ivre mais joyeux. Il entendait les conversations se faire plus forte, les rires éclater un peu plus haut. Il regretta de ne pas être un convive lambda pouvant rire de tout, de rien. Non, au lieu de ça, il était le pestiféré de la soirée. Celui qu'on observe de loin et sur lequel on médit.
Mais Drago n'était pas homme à bouder le plaisir d'une petite touche de solitude ! Il se dit que tant qu'à faire, il profiterait de l'instant pour aller mieux regarder le tableau du Dragon.
Il aimait la posture du Dragon, son arrogance aussi. Il était tout simplement Malefoy. Cela lui faisait plaisir de voir une image d'un membre de sa famille avec tant de prestance.
Et si la guerre devait un jour éclater à Poudlard, pensa Drago, j'aimerais être comme lui sur le champ de bataille. Beau, élégant… vivant.

Une douleur plus vive à son poignet, le ramena à la réalité de la Haust. Il se le tint, serrant fort et maudit son père pour l'entrave. Son poignet n'avait pas fière allure. La marque rouge finissait par faire peler sa peau. A force, il allait saigner ! Était-ce ça, que voulait son père ? Qu'il saigne et pourquoi pas qu'il perde sa main, tant qu'il y était ! Bah oui, un Malefoy manchot c'est ce qui manquait dans leur famille ruinée ! Au moins pourrait-il faire l'aumône et qui sait gagner assez d'argent pour remettre à neuf leur bicoque.
« Je vois que le tableau vous plaît. C'est comme se contempler dans un miroir, n'est-ce pas ? »
Qu'il lui fit peur ! Drago se tourna d'un coup et regarda Potter sans répondre. Ce dernier avait profité du grand bruit dans le salon pour venir se poser non loin de Drago, contre le mur. Il tenait dans une main un beau verre d'alcool.
« Je vous ai fait peur, fit Harry souriant d'un air satisfait, vous n'osez pas parler…
- J'ai été surpris, nuança aussitôt Drago.
- Bien sûr… J'ai fait mettre ce tableau ici, exprès pour vous. »
Il se déplaça de son mur et vint juste à côté de Drago, qui s'écarta légèrement. La voix d'Harry restait basse et son vouvoiement donnait quelques accents cérémonieux à ce qu'il lui disait. Et, bon sang, se disait Drago, il se sentait petit garçon à côté de lui. Avec tous ses apparats, tout ce contexte, Harry avait tout de l'homme accomplit.
« Incroyable chute non ? Passer d'un Dragon debout sur les cadavres à… vous. »
Drago se retint de l'insulter, mais ses sourcils se froncèrent tandis qu'il serrait plus fort son poignet. Plus Harry était proche, pire était la brûlure. Un emmerdeur jusqu'au bout.
« Et les fleurs ? Enchaîna-t-il. Vous aimez ?»
Il porta une main à un bouquet de fleurs posé sur un petit meuble juste en-dessous du tableau... Bouquet qui avait du être rajouté après son entré au salon. Peut-être pour ne pas gâcher la surprise de la découverte des milles et une fleur tapissant la salle. C'était plutôt bien mis en scène songea Drago en regardant le geste de Potter qui effleurait les pétales, sans le quitter du regard.
« J'entends dire que vous aimez beaucoup les roses Drago Malefoy. Appréciez-vous la décoration ?
- Arrête ça, Harry Potter, fit Drago excédé par son comportement.
- Pas de Sir ? Pas de vouvoiement ? On dépasse beaucoup de bornes, Drago Malefoy.
- Me parler comme ça, en dépasse une autre également. »
À la manière dont le regarda le Sir, Drago devina qu'il ne s'attendait certainement pas à ce qu'il lui parle de cette manière. Pour le coup, son attitude n'était pas juste un manque de connaissance des règles. Il venait d'une famille suffisamment noble pour savoir comment se comporter devant une personne à tenir en respect. Mais traiter Potter comme… comme quelqu'un de supérieur à lui, ça dépassait son entendement. Il en était hors de question.
« Vous êtes véritablement un enfant, Drago Malefoy… Aucun sens du monde, des conventions… Vivre dans la déchéance vous a fait tout perdre, c'est donc vrai.
- Je peux avoir le sens du monde, mais cela ne changera en rien ni ma pensée ni la vôtre, Sir, fit Drago en haussant les épaules.
- C'est pourtant mieux. Maintenant répondez. Les fleurs, la décoration…
- Elles n'ont pas l'odeur de vraies fleurs. Je ne sais pas comment vous faites pour être capable de respirer au milieu d'elles. Quant à la décoration… Elle est celle du faste.
- Quel nez délicat vous avez. Dire qu'elles sont là pour vous faire honneur.
- Me faire honneur ?
- Bien sûr. Je ne vous ai invité ici que dans ce but.
- Ah oui ? Vraiment… »
Drago ne fut même pas sûr qu'il dise cela par cynisme. Il était au contraire persuadé de son honnêteté. Les fleurs étaient vraiment pour lui, la fête également, qui sait. Cela le rendit dix fois plus méfiant. Il s'écarta même encore, prétextant dans son geste, s'éloigner du tableau pour un autre : une vanité des plus conventionnelles.
« Aux yeux de mademoiselle Granger vous êtes quelqu'un de tout à fait envisageable.
- Envisageable ? Répéta Drago.
- Côtoyable si vous préférez.
- Et vous vous fiez à son jugement, bien sûr… Pourtant j'ai ouïe dire que vous n'avez pas apprécier son article sur ma famille.
- Je ne l'apprécie toujours pas. Les Malefoy restent selon moi une tumeur à la Haust. Mais ne prenez pas la survie des vôtres pour un geste de grâce de ma part. »
Harry vint à ses côtés et se pencha près de son oreille.
« Je trouve simplement qu'il est plus délectable et amusant de vous voir tomber par vous-même. »
Il posa une main sur son épaule pour le retenir de s'écarter.
« J'ai des yeux et des oreilles partout. Vous ne m'atteindrez jamais, Drago Malefoy. »
Drago garda les yeux rivés sur la vanité en face d'eux. L'attitude de Potter le mettait extrêmement mal à l'aise. Il n'appréciait pas non plus de le voir le coller pour essayer de l'intimider. Il trouvait la chose risible d'ailleurs. Mais Potter restait Potter et les gens comme lui avaient ce besoin impérieux de donner du lien physique dans la menace.

D'un geste sec, il dégagea cependant son épaule de la main du Sir et se tourna légèrement vers lui.
« Il faut que la situation vous inquiète particulièrement pour me mettre en garde, Sir. »
Du salon leur parvinrent quelques éclats de rire et les mots d'une conversation. On venait de se mettre à lancer des paris sur un jeu de cartes.
« J'ai confiance en mon jeu, fit Harry en s'amusant à reprendre à son compte ce qui se passait dans la pièce à côté. Mais je dis cela pour vous. Soyez sage et ne tentez rien, vivez et mourrez dans l'ombre de votre manoir ou bien… Tentez d'attaquer et…
- Vous n'attendez que ça, que je vous attaque, lâcha Drago.
- Pensez-vous ?
- Vous voulez clairement que je vous atteigne.
- Vous vous bercez d'illusions mon pauvre Drago Malefoy.
- Pourtant…
- Pourtant je l'avoue, je suis curieux.
- Ah ? Fit Drago avec surprise. »
Harry se décala de nouveau vers le tableau du Dragon.
« Vous lui ressemblez comme deux gouttes d'eau. Vous n'ignorez pas (il l'ignorait pourtant) que je suis également le portrait craché de Haust.
- Et quoi ? Il y aurait là-dedans un jeu de destinées ?
- Qui sait. Qui sait si Dragon n'est pas revenu en vous pour que le Haust en moi achève de vous faire payer la trahison… »
Drago ne sut quoi dire. Il secoua la tête, bien qu'au fond il se dise que sa présence à la Haust et cette histoire de trahison d'aïeul avait effectivement un goût de malédiction qui arrivait à son terme.
Harry lui tendit une main.
« Jouons le dernier acte, jouons le bien, Drago Malefoy.
- Ai-je le choix ?
- Toujours. Vous pouvez vivre dans la poussière de votre nom.
- Tss… Assez d'insultes Potter. »
Et Drago lui saisit la main, de son poignet au bracelet doré. Pour ce que ça valait, pensa-t-il au passage, ayant davantage répondu à la poignée de main par agacement et pour ne pas avoir l'air faible, que par conviction.

Étrangement, ce geste fit remonter du fond de sa conscience un autre, beaucoup plus vieux, qu'il devina ne pas totalement lui appartenir. Il sonda le regard de Potter, lui-même le fixant avec, il sut, la même pensée.

Il y a très longtemps, oui, une même poignée de main avait été échangée entre Dragon et Haust. Mais il n'y avait aucune animosité. Ils n'étaient pas dans le château, il n'y avait pas encore de château en fait.
Ils étaient dans une salle plutôt sombre, à l'odeur de métal : l'atelier d'armes des Malefoy à l'époque.
Le Dragon apparut dans la pièce en tenant une arme empaquetée dans un linge. Haust semblait soucieux. Tous les deux devaient avoir treize ou quatorze ans à peine.
« Comment fais-tu Lior… On dirait que tu n'as jamais peur.
- C'est qu'en moi il n'y a pas de place pour la défaite.
- Hum…
- Oh, je t'en prie Hoel, ressaisis-toi. Tant que nous serons là, l'un pour l'autre, tout ira bien. Nous les pourfendrons tous ! Ah, j'espère en tuer beaucoup, comme ça on me donnera un nom de guerrier, rit Lior. »
Haust (ou Hoel?) soupira de son attitude. Il trouvait son excitation un peu déplacée.
« Et tu voudrais quoi comme nom de guerrier ? Lior la puce bondissante ?
- Moque-toi, moque-toi… Mais un jour on m'appellera le Dragon…
- Mais que tu es vaniteux !
- Peut-être mais c'est tout réfléchi. Je suis un Malefoy pas un sang de paysan. »
Cela eut le mérite de faire un peu rire Hoel. Mais très vite il redevint soucieux. Il lui tendit finalement une main.
« Quoi ?
- Lior… Est-ce que tu promets vraiment que nous serons toujours là, l'un pour l'autre, du premier au dernier acte de nos vies ?
- Hoel, quel drame nous joues-tu ? Soupira-t-il. Bien sûr que je le promets. A la vie à la mort, même. »
Lior lui saisit la main et serra fort en souriant. Hoel lui rendit son sourire, bien que fébrile.
« A la vie à la mort... »
Et tandis que fuyaient les quelques mots de Hoel, Drago brisa l'élan de ce souvenir par un geste nerveux du poignet. Alors Harry remarqua le bracelet.
« Vous saignez, commenta-t-il. »
Et en effet, du sang gouttait du poignet de Drago. Il lâcha un soupir à fendre l'âme. C'était peut-être redondant à dire ou à penser, mais encore une fois, il ne comprenait rien.


Lior, Hoel... OK, je les aime d'amour mes ancêtres malfo-potlesque.

A bientôt, sans doute plus vite, esperanto, je serai au moins là jusqu'au 11 mai .ah.

Confinez-vous cordialement, Ciao.