En ce jour du Seigneur nouveau chapitre !
Toujours un merci pour vos lectures et reviews !
En moi cela reste un peu la roue de la fortune concernant certains points de l'intrigue. J'hésite entre plusieurs tournures pour ceci, pour cela, alors... N'en attttttendez pas trop de moi, ahhhhhh !
(Et toujours se baladent quelques fautes d'ortho' & co des mes chapitres, j'en suis navrée)
LA RITOURNELLE DU DRAGON 07
On en était donc là, à voir goutter le sang du poignet de Drago. Le bracelet lui lacérait patiemment la chair, une ligne sanglante faisait tout le tour, comme si la chaîne était faite de rasoirs chauffés à blanc.
Il voyait bien que c'était le contact avec la main de Potter qui venait d'aggraver l'entrave. Cela le perturbait, il pensait qu'elle ne marchait qu'au travers des interdictions de son père. Lucius lui avait dit de ne pas aller aux champs et il avait eu terriblement mal. Mais peut-être se trompait-il sur la cause de la douleur. En y repensant, il avait extrêmement souffert au moment où il lui avait fait mettre le bracelet, ensuite la douleur était constante mais supportable, tandis que là… Il ne fallait pas chercher midi à quatorze heure ! Encore une fois, Potter était la cause de tous ses maux.
Il lança un bref regard au tableau du Dragon où déjà le bracelet était présent. S'il trouvait la raison qui faisait que déjà à l'époque le Dragon portait ceci, Drago était persuadé d'obtenir la clef pour s'en libérer.
En attendant, il arracha sa main à celle de Potter et cacha son poignet sous la manche de sa chemise. Elle s'imbiba rapidement de sang.
« Ce n'est rien, dit-il à Potter. »
Potter retira un carré de tissu posé en décoration sous le pot de fleur qui trônait devant le tableau, versa un peu d'alcool que contenait son verre dessus et le lui tendit.
« Que vous soyez adepte des scarifications est une chose Drago Malefoy, que vous saigniez dans tout mon château en est une autre.
- Ah pitié, si c'était de la mutilation, je ferai en sorte d'être plus discret. J'ai du me blesser sans vraiment le remarquer, mentit-il. »
Il attrapa tout de même le tissu et y camoufla sa blessure.
À peine avait-il récupéré sa main que déjà la blessure pulsait moins. Mais cela restait extrêmement douloureux, sa peau brûlée par l'entrave lui arracha des frissons nerveux au contact de son bandage de fortune. Il pensa brièvement que s'il souffrait déjà comme un petit fou pour une simple brûlure de bracelet, alors la marque de mangemort le terrasserait. C'était déjà une bonne raison de ne pas tomber du côté du Mal ! Pourquoi Voldemort, comme d'autres méchants n'investissait pas dans des anneaux pour les gouverner tous, hein ? (L'idée était peut-être déjà surexploitée, mais Drago le savait-il ? Non).
« Et comment ? Et puis... J'ai cru apercevoir un bracelet ?
- Cela ne vous concerne pas, Sir, répliqua-t-il aussitôt en secouant la tête.
- Ah, au contraire cher Drago Malefoy, tout de vous me concerne, n'oubliez pas…
- Alors envoyez vos oreilles et vos yeux à la conquête de tous mes secrets, je ne suis pas prêt de vous les livrer sur un plateau d'argent. »
Encore une fois, son manque de retenue quant à sa manière de lui parler, d'oser répliquer, arracha un air étonné au Sir. Mais il n'eut pas l'air de si mal le prendre, puisqu'il haussa les épaules et lui sourit, ne lâchant plus son poignet du regard.
« J'apprécie votre manière de me mettre au défi, Drago Malefoy. Croyez bien que je me ferai un plaisir d'épier vos bavures.
- Fort bien, mais n'oubliez pas de prendre soin de votre petit royaume, Sir. Ce n'est pas en dépensant des fortunes dans les fleurs et les soirées que vous gagnerez l'estime du peuple.
- Du vôtre, plutôt ? Corrigea-t-il presque malicieux. Le peuple m'aime. Contrairement à vous, je viens d'une lignée qui a levé haut, la Haust… Vous en tant que Malefoy, vous n'êtes voué qu'à la destruction. La vôtre même. »
Drago éclata d'un rire légèrement nerveux. L'amour qu'on pouvait porter à Harry ici était similaire à celui qu'on lui portait à Poudlard: il venait de quelque chose qu'il n'avait pas choisi. Être le sauveur d'un royaume, d'un monde, tout ça… Tout ça lui était simplement tombé dessus. De même, Drago pensa avec un brin de jalousie, que la haine qu'on lui vouait s'était déposée sur ses épaules en même temps que son nom de Malefoy. Et qu'on ne croit pas qu'il n'était pas au courant que Malefoy résonnait de manière négative aux oreilles… Le Mal, la mauvaise foi… Ah, par Merlin, on l'aurait appelé Drago Connard ou Drago Méchant, c'était pareil. Était-ce malin de la part de ses ancêtres de se battre pour ce nom plutôt que d'en changer ?
« Vous n'aurez pas mon estime Potter. Comme je n'aurai pas la vôtre. Je crois que nous sommes hors de ces choses-là. Ce sont des questions qui nous dépassent, termina-t-il plus doucement. »
Ils restèrent silencieux quelques instants et Harry laissa couler le fond de son verre d'alcool sur les gouttes de sang tombées sur le parquet.
« Durant cette poignée de main que nous venons d'échanger, reprit Potter d'un ton plus simple, vous aussi, vous les avez vu… ? (Drago hocha brièvement la tête). Je me demande ce que cela signifie…
- Je ne sais pas, fit Drago pensif sur ce point. Je ne sais pas... »
Entre eux le silence encore s'imposa. Vraisemblablement, Harry était plus troublé que Drago lui-même sur la signification de cette brève scène qui les avait traversée. Peut-être n'avait-il jamais pensé qu'avant le Dragon, qu'avant Haust, avaient existé deux jeunes garçons, l'un fougueux et l'autre plus réservé. Il devait avoir même du mal à concevoir leur amitié. Sans mentir, Drago également concevait mal qu'une quelconque amitié puisse naître entre Potter et lui-même, alors que cela soit possible dans le reflet des anciens...
Drago mal à l'aise devant ce Harry Potter perdu dans ses pensées (faisait-il exprès?), lançait quelques coups d'œil à droite et à gauche, se demandant comment quitter ce couloir. Pour lui, la discussion était close et il n'avait pas encore toutes les informations suffisantes pour essayer d'interroger Potter sur un quelconque sujet ou encore de tenter de l'attaquer verbalement sur d'autres. Et puis, il avait tout simplement envie de retrouver son camarade Blaise. Les rires de ce dernier, sa nonchalance et son caractère de dandy le détendait follement. En plus, il était une bonne excuse pour la picole et on ne va pas passer par quatre chemins : Drago était encore jeune et il avait fallu qu'il tombe à la Haust pour réellement découvrir les vraies joies de l'ivresse adolescente.
A son grand bonheur, la porte du salon s'ouvrit sur Hermione. Elle sortie et vint à eux, après avoir doucement refermé derrière elle.
« Ah, Harry, Drago… Personne n'ose plus faire un pas hors des salons en vous sachant dans le couloir. »
Elle avait l'air rassuré qu'ils ne se soient pas entre-tués. Enfin, jusqu'à ce qu'elle remarque la petit flaque d'alcool et de sang au sol.
« Mon dieu, que s'est-il passé ?
- Du calme Hermione, modéra Harry. Monsieur Drago Malefoy ici présent est blessé au poignet. Quelques gouttes de sang sont tombées et afin de ne pas totalement ruiner le parquet, j'ai versé un peu d'alcool.
- Oh…
- Ah, crois-tu que je sois assez insensé pour aller pourfendre quelqu'un – même un Malefoy, durant une de mes fêtes.
- Non, bien sûr... »
Hermione lui sourit et vint rapidement à Drago, posant une main sur son avant-bras. Elle agissait avec beaucoup de douceur et dans son air inquiet pour lui et dans le froncement de sourcils de Harry, il comprit qu'au moins pour ça, Hermione ne jouait pas de rôle.
« Tout va bien, Drago ? Veux-tu me montrer ta blessure, peut-être puis-je y faire quelque chose ?
- C'est bon, merci Hermione, ce n'est rien.
- Es-tu sûr… ?
- Hermione, ne vient-il pas de te dire que tout allait bien... »
Hermione passa la main le long du bras de Drago comme une caresse, comme une manière de dire qu'elle prenait son parti au moins là. Drago sourit légèrement. Il devina qu'Harry Potter était jaloux de l'intérêt qu'Hermione lui portait. On parlera ici d'un intérêt amical évidemment. Dans les yeux de Potter il était évident qu'elle ne pouvait pas et l'apprécier lui et apprécier Drago Malefoy pour de vrai.
Ce dernier s'écarta tout de même d'elle.
« Peut-être avez-vous des choses à vous dire, dit-il. Je vous laisse converser et puis… Cela libérera ce petit monde terrifié dans le salon. »
Ils hochèrent tous les deux la tête et Drago soulagé put enfin repartir au salon. Il leur lança un dernier coup d'œil malgré tout, regrettant de ne pas pouvoir utiliser un sort afin d'épier leur conversation. Il était sûr qu'Harry et elle allaient dire des choses essentielles. Et puis, s'ils pouvaient les écouter, il saurait pour de bon ce qu'Hermione fabriquait dans cette histoire.
À la fois désappointé, mais satisfait de reprendre une nouvelle coupe (c'était quoi, son quatrième ou cinquième?), il fut bien sûr alpagué par le bras de Blaise que ce dernier passa autour de ses épaules.
« Drago, Drago, nous te disions d'aller saluer le Sir, pas de t'isoler avec lui dans le couloir. Sais-tu qu'en t'y rejoignant, il a donné l'ordre que personne ne vienne vous déranger. Ah, ma foi Hermione n'y tenant plus a fini par vous y retrouver. La pauvre, elle craignait tant pour vos vies. S'inquiétait-elle à raison, hummmm ?
- Bon sang Blaise, je t'ai à peine quitté que déjà tu sens l'alcool a plein nez. Tu aurais pu te modérer en m'attendant, râla Drago. »
Il écarta un peu son ami, trop avachi à son goût, tout en souriant un peu. Blaise avait le ton chaleureux et même si ce qu'il venait de lui raconter ne plaisait pas forcément à Drago (Harry voulant s'isoler avec lui, Merlin, il aurait pu y passer pour de vrai!), la manière dont il le disait, donnait envie à Drago d'être aussi ivre que lui.
« Il ne tient qu'à toi de me rattraper ! »
Blaise eut un bel éclat de rire et cela dit ce n'est pas tant ça qui attirait les regards sur eux, que le retour au salon de Drago. Les gens étaient intrigués de l'échange qu'il avait eu avec Potter. Malheureusement pour eux, Drago ne comptait pas piper mot. Pas ici du moins.
« Et je te rattraperai, mais plus tranquillement… »
Drago leva sa coupe en son honneur et tous les deux allèrent vers les buffets.
Bien que tenté, Drago eut la présence d'esprit de ne pas se saouler comme un vieil ivrogne. Il se disait que c'était là une mauvaise idée vis-à-vis de son image. Ajouté qu'il restait un minimum sur ses gardes. Ni Potter ni Granger n'étaient encore revenus du couloir. Cela commençait à faire un moment et puisqu'il voyait quelques personnes quitter le salon, il se douta qu'ils étaient aller s'isoler quelque part.
Ne pas savoir où le Sir se trouvait, inquiétait donc Drago, qui avait du mal à se dévouer totalement aux mondanités. Régulièrement il lançait quelques coups d'œil tout autour à sa recherche. Il finit par abandonner, se trouvant l'air un peu trop suspicieux et puis il lui fallait vraiment temporiser Blaise sur le nombre de verres et de denrées qu'il s'enfilait. Ce garçon n'avait-il aucune limite ? Comment diable fait-il, se demanda-t-il. Croisant le regard atterré de Pansy qui elle aussi le surveillait d'un peu plus loin, Drago supposa qu'il n'était pas le seul garde-fou de son camarade. Dans le fond, il trouva ça plutôt charmant.
« Drago, qu'est-t-il arrivé à son poignet ? Tu as saigné ou est-ce du vin ? Lâcha Blaise un peu plus calme une bonne heure plus tard.
- Je me suis blessé avec mon bracelet. Rien de grave.
- Tu devrais cacher cela un peu mieux, on va croire que le Sir t'a lacéré ahah.
- Allons Blaise, fit Drago en rentrant tout de même sa main dans la poche de son pantalon pour la cacher au monde, ne penses-tu pas que s'il avait voulu me blesser je n'aurai plus de main du tout, plutôt que ça ?
- Oh, oh, tu le crois si sanguinaire ?
- N'est-ce pas toi qui insinue qu'il en veut à ma vie depuis l'instant même où il a croisé mon regard ?
- Et je n'ai pas menti !
- En ce cas, il l'est, un peu au moins.
- Je trouve que ça le rend séduisant.
- Pardon ? Fit Drago sans masquer son étonnement.
- Je t'ai offensé ? Je ne voulais pas dire que sa haine envers toi était séduisante, reprit Blaise. »
Drago secoua la tête. Il n'était pas étonné sur ce point là. C'est plutôt l'idée d'entendre son ami Blaise parler de cette manière de Potter. Jamais à Poudlard ils ne se seraient permit d'aborder un tel sujet tous les deux. A la rigueur, il arrivait à supposer que Blaise bavasse là-dessus avec quelqu'un d'autre, mais pas avec lui. Ensemble, ils n'avaient pas le temps pour ce genre de sensiblerie. En fait, ils n'avaient pas le temps pour grand-chose en réalité.
« Mais tu admettras qu'il dégage quelque chose de neuf, sauvage si j'ose dire. Nous sommes loin d'un Sir endimanché dans le luxe, bien que ce soir-ci n'en soit pas la meilleure des preuves. Mais ma foi, avec ses airs, il brise tout des codes de la préciosité que l'on attendrait d'un Sir… C'est agréable d'avoir un homme comme lui à la tête de notre petit royaume. Mes affaires en sont certes plus imprévisibles : le Sir entretient une relation plus frileuse avec les marchands que son prédécesseur… Mais cela ne me déplaît pas tant que ça. »
Drago préféra ne pas répliquer, laissant Blaise philosopher sur la belle allure de Potter. Néanmoins il était d'accord sur un point : il était plus agréable de faire face à un Potter assumé qu'à une chiffe molle.
« Et cependant c'est un peu triste, continua Blaise. Toi qui le vois pour la première fois, cela doit être encore plus frappant : mais il n'a pas l'air d'avoir notre âge n'est-ce pas (Drago hocha juste la tête). C'est ça d'être de la lignée du Haust, de tant lui ressembler je suppose… Et il ressemblera à ce bon vieux Dumbledore d'ici cinq ans, ahah !
- Blaise…
- Bah, le Sir est maudit autant que toi en un sens.
- Oh Blaise !
- A se demander si sous ses cheveux sombres il n'est pas plus cheveux blancs et Malefoy que toi en fait.
- Ça, très cher Blaise Zabini, j'en doute. »
Loin dans son bavardage, Blaise s'était tant écouté parler qu'il n'avait ni voulu entendre les appels de Drago, ni remarquer le bref silence qui précédait l'avancée de Potter sur eux. Mais plutôt que de se répandre en excuses, il sourit simplement.
« Eh bien Sir, c'était une façon de parler.
- Tâchez de trouver une autre manière de parler de moi alors.
- Je vais m'y astreindre, dit Blaise en levant son verre. »
Potter ferma un instant les yeux, semblant effacer de sa conscience la petite audace de Blaise. Bien qu'en parti soulagé par sa tempérance, Drago trouva effarant qu'il ne remette pas plus sèchement Blaise à sa place. S'il était lui-même Sir, il y a longtemps qu'il aurait fait décapiter Blaise ou au moins fait enfermer dans un cachot quelques jours pour lui apprendre la vie. Certes agir comme ça aurait fait de Drago un dictateur dans l'âme, mais eh, il se faisait une image quasi divine d'un pouvoir établit. Or, on ne se moquait pas du divin yeux dans les yeux… Le fait qu'il soit un Malefoy était la seule exception à la règle… Lui avait la carte du passé commun, d'une ritournelle, tout ça tout ça.
Mais les attitudes respectives de Potter et de Blaise lui permirent de se rendre compte d'une chose : Blaise pesait lourd dans le jeu des mondanités et il fallait mieux ne pas se le mettre à dos.
Ah je comprends, pensa brusquement Drago, c'est pour ça que je me sens si bien, si à l'aise avec Blaise… C'est grâce à sa seule présence que les gens n'osent pas médirent plus en avant sur moi. Il pèse trop cher en poudre de fée, en or, en marchandises pour qu'on ait l'outrecuidance de s'en faire un ennemi. Même le Sir préférait ne pas s'y essayer.
« J'admire les fleurs que vous nous offrez ce soir, lâcha Blaise d'un ton aimable.
- Vous m'en voyez ravis. Elles viennent des royaumes de Pincrove.
- Je m'en doutais. Est-ce une manière d'officialiser l'ouverture des nouvelles routes marchandes ?
- Officialiser ? Aucunement. Mais des arrangements sont toujours possible.
- Cela ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd, Sir. »
Potter hocha la tête. Il n'avait pas l'air aussi enjoué que Blaise à bavarder affaires. Il s'y attela tout de même, remplissant en quelques nouvelles phrases lancées son devoir de Sir à l'encontre des marchands. Blaise de son côté paraissait très heureux de la tournure. Il avait beau être ivre il n'en restait pas moins un fier petit commercial à poser les bonnes questions, les plus percutantes. Drago les écoutait avec la sensation de tenir la chandelle. Si l'empire cosmétique (ou quelque chose du genre selon ce qu'il comprenait depuis ses quelques jours à la Haust) que détenait la famille de Blaise avait au premier abord le charme des grandes fortunes, passé au-delà, eh bien… Cela n'intéressait pas Drago. Il préférait les intrigues plus filandreuses, de celles qui lui étaient associées par exemple ou du moins qui avaient un aspect plus charnel… La fin du monde sorcier avec Voldemort, celle de sa famille à la Haust étaient des histoires plus… Nous dirons plus humaines.
Détournant les yeux du Sir et de Blaise, Drago fixa une rose orangée importée de cette fameuse Pincrove. Ah, quel dommage qu'il ne puisse aller dans le champ en cet instant, se noyer dans les hautes tiges sans épines des roses mortelles de la Haust. Tout plutôt que l'ennui d'une soirée.
Et puis Drago posa son verre vide sur la table du buffet près duquel ils étaient et tendit une main vers le bouquet de fleurs pour se saisir de celle qu'il regardait depuis un moment. Harry Potter le regarda faire, tout en faisant taire Blaise d'un geste du doigt.
Contrairement aux roses de la Haust, celle-ci avait des épines. Or les doigts et les yeux engourdis d'alcool, Drago n'y fit pas attention et s'y piqua les doigts.
« Les roses de Pincrove, ne sont pas celles de la Haust, Drago Malefoy. Elles se protègent par leurs épines, quand les nôtres sous leur fragile nudité sont plus vicieuses... »
Potter lui prit la fleur de la main, l'attrapant par les pétales.
« J'imagine qu'elles ne sont pas aussi agréables à vos yeux, n'est-ce pas ? Mais dites-nous, oui dites-nous Drago Malefoy, vous qui vous y plaisiez, à quoi ressemble de près une fleur mortelle, une rose du Dragon comme s'amusent à présent à les nommer les gens de ma cité, par votre seule faute. »
La tirade déclamée assez bas fut malgré tout entendue par les convives autour d'eux, qui sous couvert de prendre un gâteau ou un verre pour mieux approcher leurs oreilles inquisitrices, attendaient la réponse de Drago cela va s'en dire.
« Si cela vous intrigue, Sir… Pourquoi ne pas aller voir de vous-même. »
Il le dit avec simplicité, sans réfléchir vraiment, tout en essuyant les quelques gouttes de sang sur son pantalon sombre. Il ne se rendit pas compte que cela fut prit comme le pire des affronts envers le Sir, par les gens qui écoutaient.
« Sir, reprit aussitôt Blaise une main dans le dos de son ami, Drago souhaitait, je pense, simplement dire qu'il n'y a pas de mot assez précis pour décrire la beauté des roses qui peuplent nos champs. Que seul un regard sur elles peut en approcher leur majesté... »
Mais l'occasion était trop belle et trop de témoins avaient entendu. Drago ne saisissait toujours pas la teneur de la bourde qu'il venait de faire. À ses yeux la phrase était plutôt banale, il avait déjà été plus odieux avec Potter à Poudlard lorsqu'il parlait de ses parents morts ou l'insultait directement de balafré… Ah malheur, se dit-il en fermant les yeux quelques instants. Poudlard et la Haust se mélangent en moi, j'oublie qu'il ne sait rien de mes insultes ici, qu'il ne sait rien de notre haine verbale, rien de rien.
En réaction à l'affront, à la proximité impériale de Potter, son poignet caché sous les plis de sa manche, dans le fond de sa poche, il le sentit, se remit à lui brûler et à saigner.
Autour d'eux, il entendit le murmure d'un faux pas : « ce Drago Malefoy est aussi fou que son amour des roses », « il a osé, il est venu chez les Sir et il ose le menacer ». Il regarda le Sir, puis Blaise sans trop savoir ce qu'il pourrait faire pour diminuer tout ça, pour ne pas se faire lapider en place publique !
« Excuse-toi Drago, excuse-toi, lui murmura ce dernier. »
Et comment, hein ?
Blaise défit sa main de son dos, pour l'appuyer sur son épaule. Il semblait vouloir le pousser à quelque chose.
Hermione traversa le salon pour les rejoindre. Elle posa une main calme sur l'avant-bras de Potter, puis vint à Drago, se penchant à son oreille.
« Fais-le Drago, je t'en prie. Excuse-toi platement, à genoux devant lui. Ne fais pas de quelques mots, une stupide tragédie. »
Resserré par l'étau de Blaise et Hermione, encadré par les personnes du salon et le regard figé de Potter, Drago se sentant aussi mal que s'il avait reçu un doloris, finit par ployer. Il posa un genou à terre et baissa la tête, gardant un instant le silence. Ici, il fallait qu'il se le mette dans le crâne, il n'était certainement pas l'égal de Potter. Contrairement à Blaise il ne pouvait pas se permettre la moindre parole de travers (devant témoins surtout, Potter était plus laxiste en privé). S'en rendre compte en pareil circonstance et aussi physiquement, lui donnait des envies de mort.
« Je vous prie Sir, de bien vouloir pardonner mon insolence... »
Harry Potter ne répondit pas. Quoi, il en attendait plus ? Drago le ferait dévorer par des chiens s'il le pouvait.
« En disant cela, je n'avais pas en tête la moindre idée néfaste à votre encontre. »
Potter fit un seul pas vers lui. Drago baissa un peu plus la tête. L'occasion, pensa-t-il avec rage, est beaucoup trop belle pour lui. Il lui offrait la première bavure. Tu es un crétin Drago, se dit-il.
« Malgré votre nom, malgré le mal qui coule dans votre sang, j'ai accepté de vous inviter ici. Et vous, de toute votre impudence vous me menacez… De si légères excuses suffisent-elles Drago Malefoy ? Ployez donc plus bas, touchez davantage le sol qui est, je le crois bien, plus en accord avec votre nom. »
Plus personne ne parlait, mais on pouvait aisément imaginer le brouhaha intérieur des convives. Les joues de Drago étaient devenues rouges de colère, de honte aussi. Il dut se faire force, tout en maudissant Potter et en promettant sur la tombe de tous ses aïeuls de se venger de cet épisode un jour.
Il se mit tout à fait à genoux par terre, appuyant son front contre le sol. Son poignet pulsait aussi fort que son cœur et qu'un côté de son ventre. Le sang sur sa manche de chemise se remarquait et quelques gouttes clapotaient discrètement sur le parquet.
« Je vous supplie à présent Sir, de bien vouloir me pardonner... »
Le Sir attrapa un verre de vin rouge et en versa tout son contenu sur la tête de Drago. Cela éclaboussa aussi sa manche.
« Puisse le vin laver votre cervelle de toute sa stupidité, Drago Malefoy. »
En lui-même, Drago venait de mourir d'humiliation.
Bon, on sort de la soirée du Sir après ça, fiou !
J'espère rouler toujours assez vite ma cervelle sur le clavier pour le prochain chapitre !
Have a nice Confinement, faites de la confiture de rose !
