Plus elle cherchait, plus elle se perdait dans les rues de la ville morte. Elle n'avait pensé qu'à s'échapper, sans réfléchir à un plan pour retrouver son fils. Il pouvait être n'importe où. Tout ce que Clarke savait, c'est qu'il était avec Sian. Elle avait foi en l'adolescente. Celle-ci devait avoir gardé Aden auprès d'elle. Clarke ne la connaissait pas. Mais elle n'avait d'autre choix que de croire en elle. Sian était son seul moyen de retrouver son fils.

Elle finit par demander son chemin à quelques passants. La nuit tombait, le temps pressait. On lui indiqua la direction de la mairie. C'est là qu'avait eu lieu le marché. Là qu'elle avait rencontré Fred.

Clarke respirait mécaniquement. Elle se rappelait d'inspirer, puis expirer, pour ne pas oublier, pour ne pas céder à la panique. Les gardiens à ses trousses allaient finir par mettre la main sur elle. Elle ne reverrait plus jamais Aden.

Une larme tomba sur sa joue, qu'elle essuya aussitôt. Elle n'avait pas le temps de s'apitoyer sur son sort. Son bébé devait angoisser, sans sa mère auprès de lui. Abandonné. Vite.

Clarke rôda aux abords du marché, à l'affût. La nuit la couvrait, mais ne l'aidait pas non plus à couvrir ses arrières. Tout était sombre. Quelques lumières brillaient parfois au loin, à chaque fois la poitrine de Clarke s'enflammait. Et si c'était un gardien venu l'emporter ?

La place du marché était vide. Des sans-abris traînaient ici et là, comme elle l'avait fait la veille, et Clarke chercha parmi eux la silhouette d'une adolescente. Ou d'un homme grand. Mais ce n'était que des silhouettes sur le sol. La nuit leur volait ce qui leur restait d'identité, ce que la ville morte ne leur avait pas encore volé.

Une heure s'écoula pendant laquelle Clarke rôda autour de la place, sans qu'aucun signe ni de Sian ni de Fred ne lui apporte d'espoir. Dépitée, elle décida de quitter les lieux. C'est là qu'on l'interpella.

- Tu devrais couvrir tes cheveux, ils se voient trop de loin.

C'était elle. L'adolescente des ruelles. Sans Aden.

- Où est-il ? demanda Clarke.

Ses jambes lourdes n'accepteraient pas de mauvaise nouvelle. Clarke commettait erreur après erreur, alors qu'elle faisait au mieux pour protéger son enfant. Après avoir tant échoué, elle ne supporterait pas un échec maternel. Elle ne vivait plus que pour voir son fils heureux. C'est tout ce qui lui importait.

- Il va bien, admit enfin Sian. Suis-moi.

Et Clarke la suivit, sans poser plus de question. Rien ne lui prouvait que cette adolescente était digne de confiance. Malgré la fatigue, l'espoir perdurait. Elle marchait derrière Sian, suivait ses ordres de s'arrêter, de se cacher, d'avancer à tel moment, parce que l'adolescente semblait savoir ce qu'elle faisait. Clarke, elle, n'avait été que perdue dans cette ville devenue étrangère. Il n'y avait plus un endroit au monde que Clarke connaissait bien. Tout avait changé si vite, pour elle. Sa vie, son monde, s'était écroulée du jour au lendemain. Même son passé lui semblait lointain.

Elles traversèrent un quartier aux bâtiments serrés. Plus elles avançaient, plus Clarke se sentait enfermée. Les immeubles montaient hauts dans la nuit. Clarke ne pouvait distinguer que quelques fenêtres éclairées, qui paraissaient atteindre le cinquième étage. Une odeur immonde imprégnait les sols et murs du quartier. Clarke crut identifier une odeur brûlée parmi tous les parfums. Le nuage de fumée de son quartier avait dû venir jusqu'ici. Un terrible rappel pour la jeune mère sans domicile, accusée d'être l'auteur de cet incendie.

Sian fit entrer Clarke dans un bâtiment. L'adolescente connaissait les moyens pour y entrer. Elle avait l'habitude de venir ici. Elles montèrent les marches, faiblement éclairées par une lampe murale en haut de la cage d'escalier. Le carré de vide qui séparait chaque étage ne suffisait pas à refléter la lumière. Clarke manqua de trébucher sur une marche, mais le bras de Sian la retint.

- Tu t'habitueras à marcher dans le noir, lui murmura l'adolescente.

Sian faisait preuve d'une extrême discrétion. Si Clarke avait su se débrouiller ainsi, elle n'aurait jamais été attrapée par un gardien. Mais avec un bébé, difficile d'être discret.

Elles s'arrêtèrent éventuellement devant une porte. Clarke était convaincue du fait que, si elle devait fuir cet endroit, elle aurait du mal à retrouver son chemin. Elle n'avait pas fait attention à l'étage auquel elle se trouvait, trop préoccupée par les marches sous ses pieds qui la narguaient dans l'obscurité.

L'adolescente toqua une fois à la porte, petit coup calme. On les fit entrer dans l'appartement sans que Sian n'ait besoin d'insister. Clarke fut éblouie par une lumière tamisée. Un large aquarium. contre le mur de gauche.

- Il est là.

La jeune femme qui leur avait ouvert la porte désigna le canapé, sur lequel un minuscule corps était calé entre de gros coussins. Un berceau improvisé. Clarke se rua sur le sofa. L'enfant dormait. Clarke eut envie de le prendre dans ses bras, le serrer fort contre elle, le couvrir de baisers baveux, mais elle se retint. Il dormait paisiblement, au chaud, confortablement installé. Il méritait ce repos, après ce que sa mère lui avait fait endurer.

Clarke saisit son petit poing fermé et déposa un baiser sur son front.

- Maman est là, Aden, murmura-t-elle si bas qu'elle s'entendit à peine. Je ne t'abandonnerai jamais.

C'était une promesse à elle-même plus que pour lui. Aden ne comprenait pas ces mots-là, mais il entendait, ressentait. Son nez remua dans son sommeil. Sa bouche téta le vide. Clarke se tourna aussitôt vers son hôte.

- Il a mangé ? questionna-t-elle.

La jeune femme vint s'installer sur le fauteuil adjacent au sofa, une assiette dans les mains. Elle la tendit à Clarke.

- Je sais qu'une de mes voisines a trois enfants, se contenta-t-elle de répondre.

Clarke avait besoin d'en savoir plus. C'était de son fils dont il s'agissait. Son regard interrogateur poussa la jeune femme à préciser. Clarke accepta l'assiette tendue, tandis que son hôte répondait :

- Sian a été voler quelques pots de nourriture. Ma voisine est une vieille folle, elle prépare plein de pots pour nourrissons de différents âges, puis les revend dans le quartier.

Clarke tourna la tête vers l'adolescente. Pourquoi voler ? Pourquoi prendre de tels risques ? Elles ne se connaissaient pas. Devant l'air suspicieux de Clarke, Sian justifia :

- J'allais pas laisser crever le gosse.

Clarke décida d'en rester là. Elle n'avait pas besoin d'en savoir plus. On l'avait aidée, cela devait suffire. Aden allait bien. Ils étaient en sécurité. Pour le moment. Et puis, douter ne lui apporterait rien. Elle n'avait pas le temps de mener une enquête, pas même une réflexion, sur la bonté de ces deux jeunes femmes. L'hôte devait être en fin d'adolescence. Pas bien âgée non plus. Clarke baissa la tête, jaugea la nourriture qu'on lui offrait. Une drôle de purée blanche. Ç'avait une odeur de...

- Du poisson, la rassura Sian.

- Du cabillaud, précisa la plus âgée des deux filles.

Clarke observa ses alentours. L'appartement était petit. La pièce de vie partageait son espace avec une petite cuisine. Les murs étaient tapissés d'images de la mer. Dans l'aquarium, seule source de lumière, quelques alvins nageaient entre des coraux, fuyant parfois les plus grands poissons qui confondaient leurs enfants avec leur dîner.

- Je m'appelle Dani, se présenta finalement la locataire des lieux.

Le visage heureux de voir Clarke s'intéresser, même brièvement, à sa décoration marine, Dani ajouta quelques précisions :

- Mon Précédent était pêcheur en Bretagne. Aujourd'hui, ça se trouve dans le secteur 3. Je suis poissonnière en formation, mais un jour j'irai là-bas, à la mer. J'aurai mon bateau et mon commerce. J'élèverai des huîtres, aussi. Mais pas pour les vendre, juste comme ça.

Cette jeune femme avait des rêves. La passion dans sa voix émut Clarke. Autrefois, elle aussi débordait de passion. Elle entendit bouger à côté d'elle. Aden s'éveillait. C'était lui, le seul intérêt de Clarke. Plus de passion. Seulement de l'amour maternel.

Clarke prit son fils dans ses bras. Le nourrisson sourit quand il reconnut l'odeur de sa mère. Ses yeux entrouverts se refermèrent vite. Il se rendormit aussitôt.

- Il n'a pas trop pleuré ? eut le besoin de demander Clarke.

Elle changeait la conversation, mais ça ne semble pas déranger Dani. La poissonnière avait attiré Sian auprès d'elle, sur le fauteuil, pour contempler le spectacle avec émotion.

- Avec moi, un peu, répondit-elle, mais avec Sian, il gloussait ce petit con.

- Dani ! l'avertit sa comparse.

Bien qu'elle usait rarement de grand vocabulaire, Sian n'appréciait pas les manières de Dani. La jeune femme ne se comportait bien que lorsqu'elle avait un gain éventuel à soutirer.

Clarke ne lui en tint pas rigueur. Tant qu'elle ne blessait pas son fils, elle pouvait dire ce qu'elle voulait. Aden resterait le plus beau des bébés aux yeux de sa mère. Il fallait préciser le fait que Clarke avait longtemps rêvé de bébés, et elle avait osé espérer ne pas en avoir de moche. Elle en avait plaisanté, avec Raven, alors qu'elle racontait un rêve dans lequel une mère expliquait à son Précédent qu'elle voulait échanger de nouveau-né, car le sien était trop laid. Cela avait marqué l'étudiante à jamais, car elle avait toujours imaginé le point de vue maternel comme inévitablement biaisé. Aucune mère ne pouvait voir de la laideur en son bébé. Il fallait le protéger à tout prix. Peut-être qu'Aden était laid, maintenant que le souvenir du rêve lui revenait. Mais pas pour elle. Jamais.

- Tu dois être douée avec les enfants, Sian, commenta-t-elle.

Elle embrassa le front de son fils. Ce séjour chez la jeune poissonnière était des plus étranges, mais elle lui en était reconnaissante. L'énergie des deux adolescentes lui changeait les idées. Elle s'endormit sous la diction passionnée du conte marin préféré de Dani.


On lui offrit l'hospitalité pour une deuxième nuit, mais Sian avait été claire. Clarke devait partir. On commençait à remarquer une présence étrangère dans le voisinage. Les quelques sons bambins avaient interpellé un voisin au petit matin, et la voisine volée cherchait avec hargne le coupable.

La nouvelle de l'incendie avait fait le tour. Clarke était la cible numéro un. Les gardiens rôdaient dans les quartiers. Celui-ci n'avait pas été épargné. Cachée dans les étages de l'un de ces immeubles, Clarke aimait se croire en sécurité. Mais cela n'allait pas durer. Elle ne savait pas où aller. Sian la conseillait. Elle essayait d'écouter l'adolescente pour réussir sa fuite de la ville.

Elle essayait d'y croire.

Comment fuir alors que nombreux étaient ceux qui la pensaient coupable ? Comment être invisible avec un nourrisson contre le sein ? Comment échapper à son destin dans une tragédie ?

Enfermée dans la salle de bain, Clarke pleurait. Elle étouffait ses pleurs dans sa paume. Il était tard. Elle devait partir peu avant l'aube. Sian avait réussi à convaincre Dani de conduire Clarke hors de la ville, mais la camionnette n'appartenait pas à la poissonnière. Le risque était grand. Dani conduisait depuis peu. Le risque était trop grand pour un bébé. Mais Clarke avait accepté, car elle n'avait pas d'autre moyen de fuir. Pas de meilleure idée.

Elle noya ses larmes sous l'eau de la douche. Elle vagabondait dans des rêves de vie isolée, au bord de la mer, au cœur d'une forêt, où elle pourrait voir son fils grandir. Et s'il existait encore des tribus dans les zones rurales ? Clarke pourrait les rejoindre. Vivre avec eux. Les autres enfants joueraient avec Aden. C'était un beau rêve. Vite interrompu par la réalité.

Clarke n'entendit pas toquer à la porte. Elle n'entendit pas Dani lui demander de sortir. Elle ne vit que la porte de la salle de bain s'ouvrir. Clarke avait laissé le temps s'écouler dans la douche. En ce temps perdu, la situation s'était renversée.

La silhouette de la gardienne se tenait dans l'encadrement de la porte. Sa tenue pourpre délaissée pour du noir, la jeune femme tendait à Clarke une serviette.

- Habillez-vous et suivez-moi, ordonna-t-elle.

Clarke pensa à fuir, un court instant, une idée brève et stupide. Elle ne pouvait fuir d'ici. Elle était à l'étage, et son fils dormait sur le sofa. La gardienne ne la lâchait pas du regard. Clarke se tourna et s'habilla. Elle surveillait la silhouette par-dessus son épaule.

Elle passa devant elle pour sortir de la pièce. La gardienne lui saisit le bras à son passage. Clarke foudroya son regard. Froid. Agacé. Elle avait épuisé la patience de cette gardienne. Mais elle devait lutter. Trouver un compromis. Pour Aden.

- Vous comptez me repasser les bracelets ? la provoqua-t-elle.

La gardienne ne répondit pas. Elle lâcha son poignet. Inutile de serrer plus fort. Clarke était piégée dans cet appartement. La gardienne le savait et en jouait vicieusement.

Il ne restait que Dani, ici. Sian était partie deux heures plus tôt. Des choses à faire. Un regard à la poissonnière suffit pour que Clarke comprenne qu'on ne lui viendrait pas en aide. On ne risquait pas un appartement confortable pour une inconnue.

- Nous allons quitter l'immeuble en silence, Clarke. Retourner à l'hôtel. Attirez l'attention et vous finirez avec mes collègues. Ils sont moins cléments que moi.

La gardienne jaugeait le moindre mouvement de Clarke qui, debout au milieu de la pièce, cherchait désespérément une solution. Elle n'avait que la provocation. Jouer ce jeu malsain avec cette femme.

- Vous agissez depuis le début dans le dos de vos collègues. Vous seriez embêtée s'ils apprenaient que vous m'aviez attrapée à deux reprises sans les prévenir.

Lexa croyait rêver. Jamais un suspect intelligent n'avait osé parler ainsi à un gardien. Parce que Clarke l'était, intelligente, et cela troublait Lexa. Pourquoi agir de cette manière ? Quelles étaient les motivations de cette femme, depuis sa disparition à sa récente fuite ?

- Vous n'avez rien à perdre, répliqua-t-elle. Pourquoi risquer l'arrangement que je pourrais vous offrir ?

La mère avait beaucoup à perdre. Tout. Mais ni Lexa ni les autres gardiens ne le savaient. Un élément crucial manquait à son dossier. Sans cet élément, Clarke serait peut-être retournée à la métropole quand sa situation fut devenue précaire. Ou elle aurait fui. Elle aurait été libre de ses mouvements. Mais elle avait une raison de se battre plus importante que son propre confort.

Cette raison remua sur le sofa, et Clarke eut pour réflexe de se ruer sur lui. Une main la retint. Clarke se tourna et repoussa la gardienne avec une force qui les surprit toutes les deux.

- C'est votre dernière chance, l'avertit Lexa.

La gardienne ne voulait pas faire usage de la force. Il était évident que Clarke ne savait pas se battre, et qu'il serait aisé de la contrôler. Mais Clarke ne la combattit pas.

La jeune mère prit le nourrisson éveillé dans ses bras. Elle lui embrassa le front et la joue, puis le serra contre elle. Le poing gauche d'Aden s'ouvrit sur le menton de sa mère. Clarke reconnut ce signe. Elle alla déposer le nourrisson sur la table à langer improvisée, et entreprit de changer la couche en tissu du garçon.

Ignorée, Lexa observa Dani. La locataire était restée en retrait. Elle craignait d'être accusée de complicité. Les gardiens avaient pour habitude de semer le chaos par plaisir. Mais Lexa était différente de ses collègues.

- Vous vous connaissez depuis longtemps ? interrogea calmement Lexa.

La poissonnière haussa les épaules.

- Une amie me l'a ramenée. On m'a dit qu'une femme et son bébé avaient besoin d'un toit pour une nuit, j'ai accepté.

Voilà la réponse que Lexa cherchait. Une mère et son enfant. Elle s'approcha de la table à langer.

Clarke lui faisait dos, préoccupée par Aden. Si c'était la dernière fois qu'elle changeait son fils, elle voulait le faire bien, prendre son temps, jouer avec lui.

Le nourrisson gloussait tandis que sa mère lui chatouillait le ventre. La gardienne observait le spectacle par-dessus l'épaule de la femme.

- C'est donc ça, ta raison, murmura Lexa.

Clarke se crispa, ses mains posées sur le buste de son fils proprement revêtit. Elle le reprit dans ses bras protecteurs. Elle fit face à Lexa, qui était partagée entre l'agacement et l'émerveillement. Cette découverte compliquait la mission de la gardienne.

- Ça, c'est mon fils. Il s'appelle Aden.

Lexa aurait juré voir des éclairs dans les yeux de Clarke. La jeune mère ne semblait pas savoir se battre au corps à corps, mais Lexa sut qu'il valait mieux ne pas trop s'approcher de cet enfant. Clarke était prête à tout pour son fils. Elle l'avait déjà prouvé.

La gardienne était dans une impasse. Si sa morale lui disait de ne pas priver cet enfant de sa mère, sa déontologie l'obligeait. Mais Clarke ne se laisserait pas faire. Ce n'était pas du bluff. La jeune maman l'avait dit, et pour protéger son enfant, elle le ferait. Elle vendrait Lexa à ses collègues. Ces derniers n'attendaient qu'une raison, même infime, pour discréditer Lexa. Le talent et l'autorité de la gardienne leur faisait de l'ombre.

Cette menace n'était qu'une excuse, mais Lexa n'était pas prête à l'admettre. Elle avait besoin de penser qu'elle ne commettait pas d'erreur. Qu'elle ne trahissait pas les siens par choix. Elle le faisait en l'attente d'une meilleure solution.

- Mes collègues sont dans le quartier voisin. On doit fuir maintenant ou il sera trop tard.

Elle ne pouvait plus reculer. Cette femme et son enfant allaient causer sa perte, ou un nouveau départ attendu depuis longtemps.