Les pleurs de l'enfant avaient empêché les deux femmes de dormir.
Clarke avait fait de son mieux pour calmer son fils. Lui qui ne pleurait que rarement avait laissé déchaîner un torrent de larmes. Sa mère n'avait eu d'autre choix que d'accepter ce signe : Aden n'allait pas bien. Il était perdu, plus que Clarke, plus que Lexa. Il n'avait aucun repère. Sa mère était malheureuse. La tension entre les deux femmes qui l'accompagnaient lui serrait la poitrine. Si petit. Si triste.
Au petit matin, Clarke ne savait plus quoi faire. Ni pour aider Aden, ni de sa journée. Elle n'était pas une bonne mère. C'était devenu un fait évident. Elle avait vu son fils se murer dans le silence pendant des semaines, jusqu'à ce qu'il explose en pleurs et ne cesse plus.
Assise sur le lit, dos au mur, elle essayait de bercer Aden. Elle lui murmurait des chansons dont elle-même avait oublié les paroles. Le jour commençait à filtrer au travers des cimes des arbres. Bientôt, il faudra faire quelque chose. Quoi, Clarke n'en avait aucune idée, mais elle s'y sentait obligée. Elle ne pouvait rester là à rien faire.
La veille, elle avait laissé Lexa s'occuper de tout. La gardienne avait entretenu la cabane tandis que Clarke avait dormi dans la chambre avec son fils. Ce n'était pas une option envisageable aujourd'hui. Clarke ne pouvait dépendre de Lexa. Pourtant, elle ne pouvait y arriver seule. Son expérience, ces quelques derniers mois, en était une preuve.
Plus elle y pensait, plus cela la heurtait. Quelle idée folle lui était passée par la tête pour qu'elle poursuive sa grossesse ? Le père de l'enfant l'avait quittée. Elle n'aurait pas dû poursuivre. Sans réel moyen d'avortement, elle aurait dû se faire très mal pour mettre fin à sa grossesse imprévue. Elle baissa les yeux, son regard honteux sur Aden. Le garçon avait fermé les yeux, ses cris amenuisés par la fatigue.
Clarke n'aurait jamais pu avorter. Car son Précédent était pédiatre et que son enfant la liait à lui d'une manière inédite. Car elle s'était d'emblée sentie proche de son enfant, avant même qu'il n'en prenne la forme. Car elle avait voulu aimer, et être aimée en retour. Mais à ce sujet, elle n'était plus certaine que ça soit le cas. Aden l'aimait tant qu'il avait besoin d'elle. Mais quand il sera plus grand, il partira. Clarke n'en doutait pas. Elle jouait une terrible mère.
Perdue dans la forêt, elle prenait conscience de tous ses mauvais choix. Selon elle, sa poursuite de grossesse n'en était pas un. La façon dont elle avait géré la nouvelle, en revanche, était le départ d'un feu ravageur. Elle aurait dû accepter ses fautes à ce moment-là. Retourner à la métropole. Reprendre sa place. Expliquer. Essayer de s'arranger. Raven aurait peut-être témoigné à son égard.
Si la métropole n'avait pas accepté sa situation, s'ils lui avaient pris Aden, aurait-ce été une si mauvaise chose ? L'enfant aurait été placé chez un couple, il aurait été aimé, il aurait eu tout ce dont il avait besoin. Ce que sa mère biologique ne pouvait lui donner.
Clarke n'avait pas réfléchi sur la durée, en mettant seule son fils au monde. Aden allait grandir, devra aller à l'école, dans celles aménagées dans les quartiers. Voir d'autres enfants. Pour cela, il fallait faire partie d'une communauté. Avoir quelque chose à offrir en échange de ces services. Les professeurs des quartiers ne pouvaient accepter les enfants des imprécédés. Ceux qui prétendaient ne pas avoir de Précédent, ceux qui vivaient dans le déni, ceux qui refusaient d'offrir ce que le passé avait de mieux à proposer.
Clarke devait devenir pédiatre. C'était ainsi que sa vie était écrite. Ses rêves lui dictaient le chemin à prendre. Elle le dessinait à sa guise. Tant qu'elle atteignait le but prescrit.
Elle avait essayé de le rejeter. Elle avait aimé ce destin, autrefois. C'était familier. Mais cette familiarité était liée à tout ce qu'elle avait aimé avant et désormais perdu. Son père, sa mère, son goût de la vie.
Penser à la médecine, à ses études, à l'hôpital qui requérait sa présence, la faisait souffrir. Un poids sur le cœur. Une nausée acide. Une migraine vaporeuse.
Il fallait que ça cesse.
La solution ne se trouvait pas dans la fuite. Elle devait faire face à ses problèmes.
Elle se leva. Elle quitta la chambre, déposa son fils endormi sur le canapé. Derrière elle, le poêle ne présentait plus que des braises étouffées. Elle se chargea de raviver les flammes. Ses mains tremblaient, lourdes. Elle n'avait pas l'habitude d'utiliser de poêle. Elle fit ce qu'elle put pour redonner vie à ce feu.
Peut-être un peu trop.
En un mouvement brusque, un morceau de bois tomba au sol. Clarke s'écarta rapidement. Le morceau de bois noircissait le revêtement. De fines flammes narguaient Clarke. Elle fixait le feu, comme s'il était la solution. C'était à cause de lui qu'elle se trouvait là ce jour. Mais si son immeuble n'avait pas brûlé, elle se serait retrouvée à la rue quelques temps plus tard. L'issue était la même. Le feu n'avait fait qu'accélérer ce triste dessein.
Clarke ne pensait plus à son fils assoupi, calé sur le sofa. Elle ne voyait que les flammes. À ce qu'elles pouvaient lui apporter. Le feu se développait sous ses yeux écarquillés. Des flammèches qui rongeaient le sol. S'approchaient d'elle. Un désir de contact non ressenti depuis longtemps. Elle attendait. Les flammes allaient-elles oser la toucher, ou détourneraient-elles leur chemin ? Sa bouche s'entrouvrit. Un filet d'air s'en échappa. Elle se retint de souffler sur le feu. Elle tendit la main vers lui, laissa ses genoux se plier. Il n'y avait plus rien au monde que ces flammes. Le seul foyer assez chaud pour accueillir Clarke. Elle vivait dans le froid depuis trop longtemps.
Elle était une déception. En tant que fille. Mère. Amie. Elle ne manquerait à personne. Ses parents étaient morts. Elle ne parlait plus aussi souvent qu'avant avec Raven. Ses anciens voisins la pensaient coupable de la destruction de leurs logements. Son fils était encore assez jeune pour l'oublier.
Elle pouvait disparaître dans les flammes. Ne plus jamais revenir. Ne plus subir la dualité de son destin. Un combat infini. Des plaies ouvertes qui ne parvenaient à cicatriser.
C'était facile.
Jusqu'où ces flammes pouvaient-elles aller ? Aussi loin que Clarke s'était perdue ?
Le feu s'éteint. Aussi vite que Clarke en avait perdu le contrôle. Étouffé sous un tissu humide. Un pull noir.
Des yeux verts pour la juger. Des mains sur ses épaules. Son nom qu'on appelait.
Clarke s'éveilla. Debout dans le salon elle prenait conscience de ce qu'elle avait manqué de faire. Le vêtement écrasé au sol. L'odeur âcre de fumée. Lexa, face à elle. Aden, toujours endormi sur le canapé.
- Que faisais-tu, Clarke ? la questionna la gardienne.
Pourtant, Lexa savait. Elle voulait seulement le lui entendre dire. L'entendre l'admettre. Ainsi, elle arriverait peut-être à admettre ses propres maux. Des problèmes liés au feu. Mais différents de ceux que Clarke avait essayé de noyer dans les flammes.
Clarke ne sut pas répondre. Qu'avait-elle été sur le point de faire ? Abandonner, si facilement, en prenant le risque de blesser son fils endormi à côté ? Non, elle n'avait pu être aussi lâche. Elle avait failli commettre la pire des erreurs. Celle qu'elle ne se serait jamais pardonnée, et que son héritier non plus n'aurait pu accepter.
Elle couvrit son visage de ses mains. La honte. La peur d'elle-même, de ce qu'elle avait manqué de faire. Et si Lexa n'était pas arrivée ? Si le feu s'était répandu encore un peu plus ? Les larmes coulèrent, doucement d'abord, en silence.
Lexa les aperçut glisser sur les poignets de Clarke. Elle ne savait pas quoi lui dire pour l'aider. Elle aussi avait perdu de vue ses buts. Elle laissait passer les jours. Elle préférait oublier son Précédent. C'était moins douloureux ainsi. Du moins, c'est ce qu'elle avait pensé. Elle se répétait parfois qu'il y avait bien des missions de secours chez les gardiens. Qu'elle serait utile tôt ou tard. Qu'elle ressentirait à nouveau cette harmonie intérieure entre elle et son passé.
Cela n'arrivait pas. Jusqu'à ce qu'elle voie les flammes sur le sol de la cabane, Clarke debout devant elles, immobile, absorbée par leur danse. Prête à se laisser consumer. Un fantôme orangé, dont l'ombre avait tremblé contre la table de la kitchenette. L'endroit était petit. Il aurait été vite emporté par le feu.
À défaut d'avoir de tissu humide à disposition, Lexa avait ôté son pull noir, l'avait passé sous l'eau, puis l'avait déposé sur le foyer.
Ce feu avait été mince. Un faible danger. Mais l'éventualité avait été là. Cela avait suffi pour agir.
Elles ne pouvaient rester là, ainsi, à attendre de trouver une solution. C'était trop dangereux.
Lexa enjamba le pull. Les pleurs de Clarke devenaient bruyants. La gardienne l'attira contre elle. Elle l'enlaça un moment. Clarke ne découvrit pas son visage avant de longues minutes. Lexa tint bon. Elle resta là, ses bras autour de la jeune mère. Elle ne sut que faire d'autre. Elle n'avait rien à offrir à Clarke pour le moment. Aucun remède miracle. Mais il leur fallait tenir le coup, jusqu'à se sortir de là.
Elles entendirent bouger. Aden était alerté par les pleurs de sa mère. Clarke sursauta, prête à se ruer pour le prendre dans ses bras. Lexa la tint immobile.
- Il reste de l'eau dans la salle de bain, lui signala-t-elle. Et des légumes dans la casserole.
Elle la lâcha et alla saisir le bébé. Clarke observa Lexa prendre son fils dans ses bras. Cela lui parut irréel. Quelqu'un proposait de s'occuper de son fils. Habituellement, Clarke s'y serait opposé. Mais la vision de Lexa tenant Aden contre elle lui semblait plus naturel. Lexa ne le faisait pas par obligation. Elle n'était pas à l'aise avec le nourrisson qu'elle ne connaissait pas, crainte de faire le mauvais geste, le blesser, se faire rejeter par des pleurs. Mais elle le tenait comme si elle le protégeait du monde. Comme Clarke le tenait. Comme on tenait contre soi un être auquel on tenait.
Clarke s'enferma dans la salle de bain. D'abord elle, puis Aden. Lexa les enlaçait avec précaution, mais aussi avec une empathie désespérée. Ce n'était pas seulement la douleur de la mère, que Lexa essayait d'apaiser. La gardienne aussi vivait mal. Mais le mal se trouvait-il dans son présent ou son passé, Clarke n'arrivait pas à le déterminer.
Elle prit une rapide douche. Elle pensa se sentir mieux dans son corps, une fois propre. Ça ne fut pas le cas. Depuis qu'elle avait frôlé les flammes, Clarke sentait tous ses problèmes se lister dans sa tête. Tout ce qui n'allait pas, ce qui la faisait souffrir. La liste s'allongeait. Elle sortit de la salle de bain plus fatiguée qu'auparavant. Un regard à la casserole. Elle n'avait pas faim. Elle chercha Lexa et Aden. Ils étaient dans la chambre.
Allongé sur le lit, Aden remuait, au désarroi de Lexa qui essayait de changer sa couche. La gardienne remarqua la silhouette de Clarke sur le pas de la porte. Embarrassée, elle combla le vide :
- Il va falloir aller laver les tissus dehors, on n'en a plus de rechange après celui-là.
Clarke sourit. Un sourire timide, mais il était là, dans le dos de Lexa. Si la gardienne l'avait remarqué, elle aurait souri aussi. Clarke ne se sentait pas bien, mais voir Lexa s'occuper de son fils la réconfortait.
Lexa ne savait pas s'occuper d'un bébé. C'était évident. Elle essayait de nouer le tissu en couche sur un nourrisson mobile. Après avoir profité un peu du spectacle, Clarke s'approcha. Elle s'assit à côté de la femme et de son enfant.
Elle posa ses mains sur celles de Lexa pour les lui ôter calmement. Surprise, Lexa leva la tête.
- Il faut des nœuds aux extrémités, pas un au milieu, lui expliqua Clarke.
Elle entreprit de montrer à Lexa comment nouer le tissu. La gardienne avait du mal à saisir la nuance. Serrer, mais pas trop. Avec Aden qui bougeait sur le lit, difficile de lui mettre la couche correctement.
- Avant, ils avaient des couches jetables, précisa la mère.
Son ton était devenu plus neutre. Elle informait, sans subjectivité. Lexa écoutait. Son regard ne se préoccupait plus du nourrisson. Elle découvrait une autre facette de Clarke.
- Elles polluaient trop, reprit-elle. Alors, on est repassé aux couches du siècle précédent. Aujourd'hui, il existe des couches réutilisables pratiques, très faciles à utiliser et à nettoyer, comme les serviettes hygiéniques. Je n'ai pas pu m'en procurer, mais j'ai participé à un projet de tests sur les allergènes pendant mes études.
La pédiatre parlait. Et Clarke semblait apprécier ses dires. Elle aimait expliquer son savoir. Elle aimait montrer à quelqu'un comment s'occuper de son fils. Elle se sentait moins seule. Lexa se demandait alors pourquoi Clarke avait arrêté ses études. Si elle aimait son passé, pourquoi le renier ?
Lexa nota l'ironie de sa pensée. Elle n'était pas fidèle à elle-même. Elle n'était pas bien placée pour juger Clarke.
- Et voilà, finit la mère en prenant son fils contre elle.
Un baiser posé sur la joue du bébé lui soutira un gloussement. C'était un moment de légèreté. Un instant de paix pour les trois habitants du chalet. Ils retournèrent tous ensemble dans le salon. Lexa alluma un feu dans le poêle. Clarke préférait laisser Lexa s'en charger. La gardienne savait s'y prendre avec les flammes.
- Mon Précédent était pompier, avoua Lexa.
Assise de biais sur le sofa, elle faisait face à Clarke et son fils. Cet aveu piqua la curiosité de la jeune mère. Lexa n'était pas certaine du but de ses propos. Elle voulait simplement en discuter. Le point de vue de Clarke pouvait s'avérer intéressant. Différent du sien, malgré le problème similaire qui avait emporté les deux femmes jusqu'au cœur des bois.
- J'ai rejoint les gardiens parce qu'au-delà de leur devoir de surveillance, ils portent aussi secours aux gens. Ma mentor pendant mes études était la meilleure gardienne de la métropole.
Lexa ravala un sanglot. Elle n'allait pas pleurer maintenant. Elle avait une histoire à raconter. Une histoire qui la pesait depuis trop longtemps. Une histoire que seule sa sœur savait, mais dont elle-même ne parlait plus. Parfois, il valait mieux oublier. Et d'autrefois, il était important de se souvenir.
- Elle a été assassinée pendant une mission. Elle était à la recherche d'un criminel qui sévissait depuis trois ans dans les villes mortes. Ses collègues ne la soutenaient pas dans ses recherches. C'était trop dangereux, puis ce problème appartenait aux habitants. Les citoyens étaient en sécurité en métropole. Nous étions en sécurité. Mais elle brûlait de justice.
Le feu se reflétait dans le regard de la gardienne. Pourtant, elle était de profil au poêle. Clarke observait le visage de Lexa s'ouvrir, se tordre d'émotions que la jeune maman ne lui aurait pas imaginé. Lexa parlait d'une personne chère. Disparue. Décédée. Un deuil incomplet. Clarke n'eut pas besoin d'entendre la fin de l'histoire pour le deviner, mais elle se tut et écouta. Lexa avait besoin de le lui dire.
- Obsédée par l'affaire, elle a poursuivi ce meurtrier pendant des mois. Puis elle l'a localisé. Un matin, j'ai reçu un message. Elle allait y aller seule, puisque personne ne la suivait. Si j'avais été avec elle en mission, plutôt que sur le campus où j'étudiais, je serais allée avec elle. À deux, on aurait pu l'arrêter.
Elle s'arrêta un instant. De ses yeux clos s'écoula une larme. La main de Clarke posée sur son bras, elle termina son monologue :
- Son corps a été retrouvé huit jours plus tard. Il a fallu qu'elle meurt pour que les gardiens se décident à arrêter un tueur en série.
La colère fit vibrer la gorge de Lexa. Les sourcils de la gardienne se froncèrent de peine. C'était peut-être pour ça qu'elle avait souhaité aider Clarke. Par honte. Par peur de faire encore preuve de lâcheté. Lexa voulait sauver le monde. Braver tous les feux pour aider ne serait-ce qu'une personne.
- Brrrrrrrrrrr, fut la réponse d'Aden.
Le bébé jouait avec les doigts de sa mère. Il devait s'ennuyer. Lexa soupira, un rire mêlé aux larmes. Elle essayait encore de donner du sens à cette situation étonnante.
Clarke non plus n'avait pas de discours pour Lexa. Elle n'avait aucun message de réconfort. Ce qui avait pu leur arriver pour qu'elles soient en conflit avec elles-mêmes aujourd'hui n'avait plus de sens, ici, dans cette cabane isolée.
Elle s'approcha, s'installa contre Lexa, son fils sur les genoux. Une étreinte, c'était tout ce qu'elle avait à offrir pour le moment. Elle ne faisait que rendre la pareille à la gardienne.
Elles contemplèrent le feu en silence. Au bout d'un long moment paisible, Clarke émit sa crainte :
- On ne va pas pouvoir rester ici plus longtemps, n'est-ce pas ?
Lexa pensa à ses collègues, qui avaient dû sonner l'alerte à la métropole. Une gardienne qui disparaît avec un suspect, ce n'était pas commun. Son équipe ne les trouvera jamais, ici. Mais plus elles attendaient, plus il leur serait difficile de revenir. Elles ne pouvaient pas s'éterniser ici. Elles devaient retourner à la civilisation. Pour Aden.
- On en discutera cet après-midi. Pour l'instant, je suis bien là.
C'était une réponse vague, mais qui satisfit Clarke. Blotties sur le sofa, réchauffées par le poêle, elles se reposaient. Aden s'endormit le premier. Leur culpabilité suivit. Les deux femmes avaient encore des choses à se dire. Des aveux à faire sur ce qui les avait amenées ici. Pour pouvoir repartir, elles échangeaient, petit à petit, des informations qu'elles n'avaient osé admettre. Mais ici, cela semblait plus simple. Il n'y avait qu'elles. Un espace dépourvu de jugement.
