34.

Comme convenu, le soir-même, Hermione se dirigea vers les quartiers de son amant. Encore une fois, Drago avait prévu de passer la nuit avec Harry, la jeune femme serait donc tranquille pour faire ses devoirs et s'avancer avant que son amant ne revienne de sa réunion. La Gryffondore s'installa en face de la cheminée et commença à potasser ses manuels de potions. Quinze minutes passèrent avant que des flammes vertes ne s'illuminent dans la cheminée et signalent l'entrée de deux personnages : Lucius Malefoy et Fenrir Greybak. Lucius Malfoy avait appri, par des élèves aspirants mangemorts, que son fils avait intégré les quartiers de Snape, et que la jeune sang-de-bourbe s'y rendait toutes les nuits. Soit elle venait pour son fils, soit pour le professeur. Dans les deux cas, elle se trouvait au même endroit. En voyant les deux mangemorts, Hermione se releva précipitamment et se mit derrière le canapé pour placer un obstacle, qu'elle savait bien moindre, entre elle et ses agresseurs. Il fallait qu'elle laisse une marque du passage des mangemorts. D'un sort informulé, une bourrasque fit valser tous ses copies et ses cahiers, provoquant un désordre surprenant dans la pièce. Avant même qu'elle n'ait pu lancer un sort, elle était désarmée et stupéfixiée, tombant à terre dans un bruit sourd, cognant sa tempe contre le coin d'un meuble. Le blond se plaça au-dessus d'elle et donna l'autorisation d'un signe de tête au loup-garou de la soulever.

« Sang-de-bourbe, tu viens avec nous. »

Hermione reprit possession de ses mouvements dans une cave sombre et humide. L'odeur de la moisissure et du sang lui agressait les narines. Des évènements précédents, elle ne se souvenait que de l'arrivée subite de Malefoy et son acolyte. La Gryffondore ne présentait pas de blessures, ou du moins pas visibles. Cela voulait dire qu'ils la voulaient en pleine possession de ses capacités, mais pour quoi faire ? Bien évidemment, sa baguette n'était pas là. Hermione se sentait démunie mais elle essayait de se rassurer en disant qu'elle avait toujours sa nouvelle magie avec elle, et ça personne ne pouvait la lui enlever.

« Tu es réveillée » observa Malefoy sénior d'un air pédant et d'une neutralité absolue.

Il ouvrit la porte en fer de la cellule étroite et pointa sa baguette sur la jeune femme.

« Si tu veux t'en sortir en vie, tu fais ce qu'on te dit, est-ce clair ? »

Hermione se contenta d'hocher la tête pour montrer qu'elle avait très bien compris ce qu'on lui disait. Elle avança docilement devant le mangemort blond. Elle devait gagner du temps, Severus, en espérant que sa réunion ne s'étale pas dans la nuit, allait se rendre compte de son absence et de la marque qu'elle avait laissée. Le blond la dirigea jusqu'à une large pièce d'un blanc immaculé. Son acolyte le loup-garou tenait une petite fille par la nuque. Quand il vit la jeune fille rentrer en compagnie du mangemort, il poussa la petite à ses pieds.

« Que fait cette petite fille ici ? » demanda Hermione en s'agenouillant devant elle, s'assurant qu'elle allait bien.

« La règle est simple, tu la guéris, et vous êtes libres. »

Hermione s'apprêtait à riposter qu'elle semblait allerbien, jusqu'à ce que Greyback lui taillade le bras. La petite se mit à pleurer et crier sous la douleur.

« Arrêtez ! » hurla Hermione en mettant sa main sur la plaie de la petite fille.

« Tu sais ce que tu dois faire pour que tout cela s'arrête. »

Hermione appuya sur la blessure pour essayer de contenir au mieux le sang qui coulait abondamment. Elle se revoyait quelques semaines auparavant, avec le sang de Drago sur ses mains. La Gryffondore avait les larmes aux yeux devant la douleur de la petite inconnue.

« S'il vous plaît, arrêtez... » supplia Hermione, essayant de garder son calme et sa concentration.

« Tu ne sembles pas comprendre, on va te donner une autre motivation. » informa Malefoy en lançant un sort sur la cuisse de la petite fille.

« Je-je... ne peux pas la guérir... » sanglota Hermione.

La gryffondore concentra toute la magie qu'elle avait en elle pour essayer de sauver la blessée, même si elle savait que sans le lien de sang, elle ne pourrait rien faire. Une flaque de sang stagnait maintenant sous les jeunes femmes.

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Severus rentra tard de la réunion professorale. Il avait dû assister à la présentation de la nouvelle professeure qu'il aurait aimé ne jamais connaître. Si Dumbledore et MacGonagall avaient des doutes quant à ce personnage, ils n'en avaient laissé rien paraître. Severus préférait garder ses doutes pour lui, les deux plus âgés avaient assez de jugeote et d'intelligence pour se rendre compte d'une personne dangereuse quand ils en voyaient une. Le Maître des potions n'aspirait maintenant qu'à retrouver sa bien-aimée et oublier ses tracas dans ses bras. Pourtant il avait un mauvais pressentiment, il décida de le justifier par la présence d'Hélia dans l'enceinte du château. Il pénétra dans ses quartiers et sentit un manque. Il ne sentait pas la chaleureuse présence d'Hermione et son entrée dans le salon et le désordre qu'il vit confirma ses pensées : Hermione n'était pas là. Le désordre des papiers semblait pourtant en quelque sorte ordonné. D'un geste, les feuilles se mirent dans un ordre particulier et il put lire :

« Mangemorts »

Hermione avait été enlevé par Malefoy, et le sang qu'il trouva par terre et sur le coin de la table confirma son idée. Il envoya un message par Patronus à Dumbledore et Macgonagall dans lequel il les priait de venir sur le champ car Hermione avait disparue. Pendant ce temps, Severus cherchait par quel moyen un mangemort avait pu pénétrer dans ses quartiers. Il était impossible qu'il soit entré par la porte, il y avait un code et le tableau protégeant les appartements l'aurait vu. Le transplanage étant interdit, cette idée fût rejetée. Il maudit Drago d'avoir rejoint Potter encore une fois, laissant seule Hermione, provoquant sa disparition. Dumbledore et sa sous-directrice rentrèrent dans les quartiers.

« As-tu la moindre idée par quelle manière miss Granger ait pu être enlevé ? » demanda le directeur sans autre cérémonie.

« Non, ma porte était fermée, et le transplanage est impossible et ma cheminée est condamnée... »

MacGonagall regarda autour d'elle cherchant un détail qui pourrait les aider. Son regard s'arrêta sur la cheminée et son foyer. La vieille femme s'agenouilla et prit entre ses doigts de la cendre qu'elle remua et sentit.

« En es-tu bien sûr Severus ? C'est de la cendre de voyage en cheminette. »

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« Comment as-tu soigné Drago si tu ne peux pas la soigner elle ? »

La gryffondore s'attendait à cette réponse de la part de Malefoy senior, mais elle devait essayer de garder son secret le plus longtemps possible. Hermione essaya de concentrer et d'ordonnée ses pensées. Même si elle parvenait à utiliser sa magie sans baguette, elle ne pouvait rien faire de bien puissant sans sa baguette.

« Je... j'avais ma baguette pour sauver Drago » menti-t-elle.

Lucius lança un regard à Greyback. Allaient-ils risquer de lui rendre sa baguette ? Ils devaient à tout prix savoir de quelle manière et avec quel sort elle avait sauvé son fils. C'était le seul moyen de regagner la confiance de leur maître et d'avoir connaissance d'une nouvelle magie.

« Sang-de-bourbe, si tu tentes quoique ce soit, la petite meurt, et ta mort sera des plus lentes et douloureuses. »

Hermione acquiesça et d'un sort referma les plaies. Toutefois, le sang continuait de s'évacuer par la plaie refermée.

« Tu as juste fermer les plaies, tu ne la guerris pas ! » s'impatienta le loup-garou

« Je ne peux pas la guérir... s'il vous plaît prenez moi à sa place ! » continua Hermione en continuant de maintenir les plaies fermées.

Malefoy, rigola mais impatient, il lança un sort de doloris sur la petite fille et s'écria :

« Pourquoi ?! »

« Drago est le filleul de Severus... »

Sans s'arrêter, le mangemort lançait des doloris en continu sur le corps inerte de la petite fille. Il voulait savoir et il ne s'arrêterait pas avant.

« Quel est le rapport avec Snape ?! »

Hermione serrait contre elle la petite fille moldue dans ses bras, la petite était tombée dans une douloureuse inconscience, incapable de supporter la douleur. La Gryffondore priait pour que quelqu'un vienne les aider, les secourir, la Moldue qui avait une gourmette au nom de Mia n'allait pas pouvoir tenir plus longtemps. Elle ne pouvait leur dire qu'elle était liée à Severus, ou sinon il s'en prendrait à lui. Subitement, Malefoy arrêta ses sorts et pencha la tête pour observer la Gryffondore. D'un accord tacite commun, Greyback acheva d'un sort mortel Mia, la faisant sombrer dans un monde sans douleur.

« Noooooon ! » hurla Hermione en serrant fermement le corps inerte contre elle.

La vague de colère et de tristesse qui la submergea provoqua un sort de répulsion. Elle récupéra sa baguette et sans savoir comment, elle transplana au pied du château. Elle atterrît sur l'herbe humide de la rosée du matin.

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« Ils sont entrés et sortis par la cheminée ? Comment est-ce possible ? Je l'avais moi-même condamnée à l'arrivée d'Hermione ! »

« Il ne peut y avoir d'autres moyens » expliqua Albus, cherchant encore à comprendre comme la cheminée avait pu être utilisée.

Severus fulminait, il préparait déjà un sac pour mettre des potions et aller chercher Hermione quand soudain il s'arrêta telle une statue de sel. Il la sentait. Elle était dans l'enceinte du château. Sans prévenir personne, il s'enfuit dans le couloir, cherchant à localiser la jeune femme. Il ne comprenait pas vraiment comment marchait ce fichu lien, mais pour l'instant son instinct le guidait. Il savait qu'il était sur la bonne voix en sentant une chaleur de plus en plus puissante. Il trouva Hermione allongée à terre à l'entrée de l'enceinte de Poudlard. Suivi de Dumbledore et MacGonagall, il se précipita vers la jeune femme qui s'était relevée. Il la serra fort contre lui, remerciant Merlin et tous les saints de lui avoir rendu intact.

« Hermione ! Hermione répond moi ! Es-tu blessée ?! Que s'est-il passé ? »

La jeune femme pleurait toujours silencieusement. Sa chemise d'écolière était imbibée de sang et son corps entier tremblait.

« Ils... Ils voulaient savoir comment j'ai sauvé Drago... Ils... ils ont capturés et torturés Mia... je ... n'ai pas pu... j'ai pas pu la sauver Severus... »

Le professeur serra de nouveau Hermione contre lui, tenant son visage contre son torse. Il voyait derrière la jeune femme, le corps d'une petite fille. Elle ne devait pas avoir plus de sept ans, son corps était tailladé et du sang avait séché sur sa peau. Son teint blême et son immobilité ne pouvait qu'être des preuves de sa mort.

« Severus, ils vont faire le lien, ils ont compris que c'était parce que tu étais le parrain de Drago... ils vont comprendre... et ils sauront la vérité... » sanglota Hermione.

« Ils n'en sont pas encore là… » dit-il calmement en caressant les cheveux de sa bien-aimée « Viens, je vais m'occuper de ta tempe. »

Severus se redressa et s'apprêta à aider Hermione pour marcher, mais la jeune femme restait immobile, regardant derrière elle le corps inerte de la petite fille.

« Non, je ne veux pas laisser Mia, pas comme ça... »

Minerva s'approcha de son élève, et lui serra l'épaule tendrement. La détresse de son élève la touchait profondément. L'empathie d'Hermione avait été mis à rude épreuve : elle avait dû choisir entre sauver son secret et les personnes qu'elle aimait, et entre sauver la vie d'une innocente parfaite : une enfant.

« Miss Granger, je vais veiller sur Mia et m'occuper d'elle. Allez vous faire soigner, je vais la laver et m'occuper d'elle. Faites-moi confiance.»

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« Merde ! Comment cette sang-de-bourbe a-t-elle pu nous échapper ?! »

Malefoy ne prêtait pas attention aux rugissements de son coéquipier, la fuite de la Gryffondore ne l'inquiétait guère. Il savait maintenant qu'il y avait un lien entre elle et Severus. Car c'était lui la raison de la survie de son fils. Maintenant il ne manquait plus qu'à savoir le point faible du professeur de potions. Le blond avait sa petite idée, mais il devait en être sûr. Il n'avait plus le droit à l'erreur.

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Severus regarda Hermione dormir cette nuit-là. Elle n'avait pas pu s'endormir sans sa présence réconfortante. Il avait soigneusement guéri sa tempe et enlevé scrupuleusement chacun des tâches de sang sur son corps. Le professeur de potions continuait de s'interroger sur la façon dont sa cheminée avait été mise en service. Il repensa à toutes les personnes qui étaient rentrées dans ses appartements mais aucune d'elle n'aurait eu de raison valable. Aucune, sauf Hélia Connoy. Toutefois, avant d'agir Severus devait s'assurer qu'il s'agissait bien d'elle.

Le lendemain, Severus accompagna Hermione jusqu'à l'entrée de la grande salle d'une façon assez discrète. Il était tôt dans la matinée et les couloirs étaient déserts. Minerva MacGonagall, les traits légèrement tirés s'avança vers son collègue et son élève.

« Severus, Miss Granger, je voulais vous assurer que je m'étais occupée de la petite Mia. La jeune fille a été rendu à ses parents, j'ai modifié leur souvenir pour qu'ils croient à un accident de voiture. Elle repose maintenant en paix, près de ses proches. » affirma la professeure de métamorphose d'un air triste.

Hermione ferma les yeux et remercia profondément sa professeure. Hermione n'avait tout simplement pas pu laisser le corps de la petite fille comme cela. Une innocente avait été torturée et tuée, quelqu'un devait faire quelque chose, et la Gryffondore remerciait sincèrement sa directrice de maison de s'être occupée de cette tâche difficile. Puis, celle-ci prit la direction de la table professorale.

« Es-tu sûre de vouloir retourner en cours aujourd'hui ? Après hier au soir… » commença Severus.

Hermione fit un sourire en coin et serra les mains de Severus dans les siennes, lui montrant que tout allait bien, du moins en surface. Au même instant, Hélia Connoy fit interruption dans le couloir. Hermione lâcha aussitôt les mains de Severus et installa une distance raisonnable entre eux.

« Oh mon cher Severus, quelle belle matinée, n'est-ce pas ? Oh vous devez être la charmante Hermione Granger, n'est-ce pas ? La petite amie d'Harry Potter !» commença la femme en se tournant vers Hermione d'une façon peu naturelle.

Hermione fut quelque peu déstabilisée et acquiesça toutefois tout en reniant le fait d'être la petite amie d'Harry. La nouvelle professeure se plaça aux côtés de Severus. Dans son comportement, Hermione la trouva très proche de son « petit ami », si elle pouvait l'appeler comme ça.

« Tu sais Severus, la relation du fameux Harry Potter et de Miss Granger me fait étonnement penser à notre relation d'antan. Quand nous étions, tu sais, ensemble. »

Hermione reçu un coup dans son estomac mais ne montra rien. Pourquoi Severus ne lui avait-il pas parlé de cette femme avec qui il semblait avoir eu une histoire ? Une histoire qui était visiblement terminée aux vues du comportement de son amant à son égard.

« Hum. Je dois rejoindre des amis dans la Grande Salle, bonne journée professeurs. » s'excusa Hermione sans même jeter un regard à son petit ami.

Severus resta impassible, et sans rien dire planta sa nouvelle collègue. Il avait autre chose à faire que d'assister à une scène tordue de son ex.

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Lucius Malefoy marchait d'un pas rapide dans l'allée des Embrunes. Il savait exactement où aller et qui voir. Son instinct lui disait de creuser du côté de Severus pour en savoir plus sur la guérison miraculeuse de son fils. La sang-de-bourbe avait mentionné son nom, il devait y avoir quelque chose derrière tout ça. Il entra dans une boutique sombre et de très mauvais goût. Une vieille femme dont la peau était ridée, sortie de l'arrière-boutique.

« Je sais pourquoi tu es là, Lucius Malefoy. Tu veux ta revanche sur quelqu'un qui fut un temps ton ami. »

« Dans ce cas, vous savez aussi que je ne partirai pas d'ici sans avoir ce que je désir. »

Le mangemort posa une bourse bourse dont les pièces résonnèrent dans le sachet. La femme s'assit derrière une petite table ronde. Le comportement du mangemort ne l'effrayait en aucun cas. Elle en voyait des dizaines dans son genre, cherchant à devenir plus puissant, plus riche.

« J'ai besoin d'un bout de son identité. »

« Il est le parrain de mon fils, l'échange de sang a eu lieu. Voici quelques gouttes de mon sang, qui coule dans les veines de mon fils et dans celles de Severus Snape. »

La vieille femme saisit la fiole couleur bordeaux et la versa dans un bol étrange.

« Très bien, nous pouvons commencer. »

Ses yeux devinrent blancs et un froid sans égal se répandit dans la pièce.