Bonjour à tous ! Voilà la suite de Deux couleurs. J'ai repris de façon sérieuse l'histoire, j'en vois le bout tout doucement. Merci à tous ceux et celles qui ont pris le temps de laisser un commentaire, j'espère que la suite vous plaira !

À très vite et n'hésitez pas à me laisser votre avis ou vos hypothèses pour la suite !

Bonne lecture !

38.

Severus chercher un élément qui ne devrait pas être dans la chambre de la jeune femme. Une chose, un objet qui aurait pu faire tâche dans le décor. Malheureusement tout semblait être normale. Il inspecta les flacons de potions et put reconnaître à l'odeur les ingrédients pour une potion anti-vomissement et une contre les migraines. Seulement, quand il sentit le dernier flacon qui se trouvait sous le bureau il ne reconnut pas les mêmes fragrances. La potion elle-même lui était inconnue. Toutefois, il reconnut un ingrédient qui était souvent utilisé pour les potions nocives. Il soupçonna que c'était la raison des problèmes d'Hermione. Il emmena la fiole dans son bureau et l'examina sous toutes les coutures. Après des heures de travail acharnées, il retourna dans l'infirmerie où se trouvait toujours son filleul, Weasley et Potter. Il demanda à Dumbledore et Minerva de les rejoindre.

« Il me semble avoir trouver la raison de son inconscience. » dit-il en montrant la fiole que sentit Dumbledore et Minerva à leur tour.

« Ce n'est pas du poison » fit remarquer la professeure de métamorphoses.

« Non en effet, mais c'est quand même nocif. Je n'ai jamais vu de potions de ce genre. »

Severus regarda Hermione qui était toujours inconsciente. Madame Pomfresh avait dû soigner de manière moldue la plaie à la tempe. Elle avait des points de suture et un pansement. Son teint était pâle comme un bâton de craie et sa respiration lente.

« Donc on ne sait toujours pas ce que c'est ? » demanda Harry

Severus se tourna vers lui et d'une voix froide répondit :

« A moins que vous ne soyez devenu un maître d'analyste de potions de l'époque ancienne qui pourrait éclairer notre lanterne, non, nous ne savons rien Potter. »

Harry s'apprêtait à répliquer mais Drago qui fixait depuis de nombreuses secondes le flacon intervint.

« J'ai déjà vu ce flacon. »

Tous les regards se tournèrent vers le blond qui se leva de sa chaise et se dirigea vers son parrain pour examiner la fiole.

« Je l'ai vu au Manoir, sur une étagère de mon père. C'est une potion antique mortelle. »

Aussitôt des recherches commencèrent, Harry, Ron et Drago se relayaient auprès de leur amie encore endormie, pendant qu'ils faisaient des recherches approfondies à la bibliothèque. Severus s'était enfermé dans son laboratoire et n'avait pas remis les pieds dans l'infirmerie depuis la révélation de Drago. Les indices étaient minces : une potion antique qui peut être mortelle et que Lucius Malefoy détenait ou avait détenu. Il connaissait assez bien Lucius Malefoy pour savoir que le fait qu'il ait détenu cette potion ne présageait rien qui vaille. Comment cette potion avait-elle pu atterrir entre les mains d'Hermione ? La seule chose qu'ils savaient était qu'Hermione était enceinte et ne réagissait plus aux sorts. Quelles étaient les risques ? Les conséquences ? Son état était stable et calme, elle se reposait simplement pendant une longue durée. Il s'agissait d'une sorte de coma magique auquel la jeune femme ne pourrait se réveiller qu'une fois que son corps serait ressourcé. Après deux jours de recherches intensives, Hermione ouvrit les yeux pour la première fois. Le premier prénom qu'elle appela fut instinctivement et naturellement celui de Severus. Aussitôt madame Pomfresh convoqua le concerné.

« Pompom, que se passe-t-il ? » demanda le maître des potions en rentrant dans l'infirmerie.

« Elle s'est réveillée Severus. »

Le professeur de potions semblait perdu. Devait-il être heureux ? Devait-il se sentir soulagé ? Devait-il courir à son chevet et lui dire qu'il l'aimait encore, qu'il lui pardonnait peu importe les raisons pour lesquelles elle avait rompu ? Certes, il s'inquiétait pour elle, certes il l'aimait toujours, mais elle était toujours enceinte d'un autre. Elle avait toujours rompu avec lui. Et les mots prononcés étaient toujours là.

« J'ai du travail. » se contenta-t-il de dire avant de retourner dans son bureau, loin de son âme-sœur.

Quand Hermione demanda si le professeur Snape allait venir, l'infirmière détourna la question en disant qu'il avait beaucoup de travail dû à son état et qu'elle allait appeler ses amis. Madame Pomfresh fit aussitôt venir Harry, Ron, Drago, Dumbledore et Minerva. Elle les informa que miss Granger était réveillée et qu'elle pouvait avoir de la visite mais qu'il ne fallait pas la bousculer. Il n'en fallu pas plus aux trois élèves pour rejoindre leur amie dans le calme. Ils s'installèrent chacun près d'elle : Ron à sa gauche, Harry à sa droite, et Drago au bout du lit.

« Comment tu te sens Mione ? » demanda Ron.

« Extenuée, honnêtement. » répondit la jeune femme en touchant son ventre arrondi.

La jeune femme ne savait pas quoi ajouter, même si elle venait de se réveiller elle avait l'impression qu'un troupeau d'hippogriffes lui était passé sur tout le corps. Le principal à ses yeux était qu'elle et son bébé allaient bien. Madame Pomfresh lui avait confirmé dès son état qu'ils allaient tous les deux bien. Les professeurs Dumbledore et MacGonagall rejoignirent le petit groupe rapidement. Hermione remarqua aussitôt que Severus était absent. Il l'évitait. La dernière conversation qu'elle avait eue avec lui, ou du moins ce qui s'en rapprochait le plus était à l'infirmerie quand il avait appris qu'elle était enceinte. Elle l'avait revu en cours mais il prenait soin de ne jamais lui adresser la parole ou même de la regarder. Puis il y avait eu son malaise. Que s'était-il passé au juste ? L'infirmière lui avait vaguement expliqué qu'elle avait perdu connaissance et qu'elle s'était cogné la tête pour une raison inconnue.

Après les questions sur la santé et le ressenti de la jeune fille, le directeur de Poudlard s'approcha et tendit le flacon en question devant la jeune femme. Hermione paraissait perplexe que le directeur de Poudlard lui montre ce qui semblait être un simple flacon d'une potion anti-vomissement.

« Hermione, savez-vous ce que c'est ? »

Toutefois, ce flacon était reconnaissable puisqu'elle le prenait depuis le début de sa grossesse.

« C'est la potion anti-vomissement que j'ai pris ce matin… »

Harry souffla gentiment à la jeune femme qu'elle avait dormi pendant près de deux jours. Son ressenti quant à sa fatigue était bien réelle : son corps avait été épuisé et avait eu besoin de temps pour se ressourcer et cela avait nécessité pas moins de deux jours. Puis le vieil homme continua.

« Non malheureusement, il s'agit d'une potion antique, très néfaste. Avez-vous une idée de comment vous avez pu l'acquérir ? Avez-vous remarqué quelque chose d'inhabituel ces derniers temps ? Quelque chose qui pourrait expliquer que vous vous soyez retrouvé en possession de cette potion ?» demanda le directeur de l'école d'une voix calme.

Hermione avait les larmes aux yeux. Jamais elle n'avait vu ou entendu parlé de cette potion de sa vie. Et bien qu'elle soit enceinte elle n'était pas devenue stupide au point de se méprendre quant à la prise de ses potions. Jamais elle n'aurait risqué sa santé ou celle de son bébé. Jamais elle n'avait voulu tout cela, que se passait-il ? La jeune femme secoua la tête, montrant son incompréhension. Les deux professeurs comprirent que la jeune femme n'en savait absolument pas plus qu'eux, et qu'il valait mieux la laisser se reposer en attendant d'en savoir plus. Ils prirent congé de la jeune femme et lui demandèrent de se reposer et de ne pas s'inquiéter tant qu'ils n'en savaient pas plus. Mais la Gryffondore décida qu'elle ne se laisserait pas faire, loin de là. Elle voulut se lever mais une douleur à l'abdomen inconnue l'en empêcha et Madame Pomfresh accourut à ses côtés.

« Il se passe quelque chose d'étrange ! » s'exclama Hermione alarmée en touchant son ventre.

Madame Pomfresh s'approcha de la patiente avec un échographe moldue qu'elle était parvenue à se procurer pendant les deux jours d'inconscience de la jeune femme. Harry et Ron semblait tout aussi alarmés, ils étaient près de la jeune femme, essayant de comprendre d'où venaient ses douleurs. L'infirmière ausculta la patiente paniquée, passant l'échographe sur l'abdomen arrondi de la jeune femme et soupira avant de sourire.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Hermione qui ne comprenait pas le sourire de Pomfresh.

« Ma chère, c'est votre bébé qui bouge. »

L'infirmière tourna l'écran vers la Gryffondore qui put voir pour la première fois son bébé. Hermione tenait la main d'Harry et avait les larmes aux yeux. Dans tout ce malheur et cette inquiétude, son bébé était là. Il bougeait, il vivait. Elle toucha son ventre et sentit les petits coups contre sa peau. Hermione pleurait de joie et de soulagement, elle avait été tellement inquiète. Elle aurait tellement aimé que Severus soit là, qu'il puisse partager sa joie. Mais Hermione savait que si Severus avait été là, il aurait cru que ce bébé était celui d'Harry, mais pas le sien. La Rouge et Or continuait de sourire en voyant son bébé sur l'écran. Les trois autres élèves et l'infirmière étaient touché d'assister à ce moment-là. Toutefois, le sourire de Madame Pomfresh s'effaça rapidement.

« Quelque chose ne va pas ? » questionna Hermione constatant le changement d'expression.

« Je ne sais pas… le bébé semble avoir grandi rapidement. Trop rapidement. Lors du dernier examen il faisait une taille normale, mais il semblerait qu'aujourd'hui la grossesse se soit accélérée… »

« Comment ça ? »

« Si la croissance du bébé continue à cette vitesse là… l'accouchement aura lieu dans moins de deux semaines. »

« Non, ce n'est pas possible. C'est trop tôt, beaucoup trop tôt. » s'inquiéta Hermione.

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Harry, Drago et Ron faisaient des recherches dans la bibliothèque. Ils devaient à tout prix évaluer l'ampleur de cette maudite potion, la vie de leur amie et de son bébé était en jeu. Harry était découragé, cela faisait des heures qu'ils cherchaient ne serait-ce qu'une piste, qu'un indice qui prouvait qu'ils étaient sur le bon chemin, mais tout ça ne menait visiblement à rien. Il passa sa main dans ses cheveux ébouriffés.

« Merde à la fin ! Pourquoi s'en prendre à Hermione et son bébé ? »

« Harry, tu ne comprends pas ? Hermione a un âme-sœur, et elle est enceinte de lui. Ce bébé est le produit d'un amour pur et véritable ! Aucun livre n'a recensé auparavant un tel évènement. Le bébé pourrait être doté de pouvoirs extraordinaires, plus forts que le Mage-Noir ou toi, ou vous deux réunis même ! Tu connais la puissance des pouvoirs magiques d'Hermione, ajoute à cela ceux de Snape, et mets le tout dans un enfant, tu imagines ? »

Drago avait compris l'ampleur de la situation. Tout le monde était confronté à une situation improbable et extraordinaire, la naissance d'un enfant de deux âmes-sœurs. C'était inouïe, presque irréel. Il semblerait donc normal que des personnes avec de mauvaises intentions soient intéressés par ce bébé !

« Mais pourquoi s'en prendre à l'enfant, parce que c'est une menace ? Et puis personne ne sait que c'est Snape le père, tout le monde pense que c'est moi ! » dit Harry en repensant à tous les regards meurtriers de Snape qu'il avait senti sur lui.

Draco sourit à la dernière remarque de son petit copain, puis réfléchit à l'intention de la potion. Qui était visé ? Puis le visage de Drago s'assombrit.

« En tout honnêteté, je pense que ce n'est pas le bébé qui est visé dans l'attaque, je pense que c'est Hermione. »

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Durant les jours suivants, Severus veilla particulièrement à ne pas croiser Hermione et résista à la tentation d'aller la voir et de prendre de ses nouvelles. Il savait par Dumbledore et MacGonagall que la jeune femme se reposait et que sa grossesse s'était accélérée de façon anormale et inexpliquée. Hermione en souffrait plus que tout. Elle aurait tant aimé tout lui dire, tout lui avoué, tout lui expliqué, mais elle ne pouvait pas. Elle devait prendre sur elle et refouler sa douleur, se concentrant principalement sur son bébé. Elle avait besoin de son soutien plus que jamais, mais elle devait continuer cette mascarade, pour son bien. Hermione espérait seulement qu'un jour il comprendrait. Qu'il comprendrait et qu'il saurait la vérité.

Contre les indications de l'infirmière, Hermione avait fait des recherches toute la nuit. Elle était parvenue à sortir discrètement de l'infirmerie et à aller à la réserve de la bibliothèque. Elle devait savoir. La vie de son bébé, de leur bébé était en jeu. Elle trouva un livre antique dans la réserve dont certains symptômes énumérés correspondaient aux siens.

L'enfant maudit est une malédiction très noire datant de la nuit des temps. La potion doit être ingurgitée par la sorcière enceinte. Le bébé sera victime d'une croissance accélérée. En grandissant dans le ventre de sa mère, il abaissera ses barrières magiques et rendra ainsi inefficaces toutes réactions aux sortilèges de guérison. Ainsi, après un sort, la jeune femme ne peut être soignée par des soins magiques mais le bébé restera la plupart du temps sain et sauf. De fait, lors de l'accouchement, la jeune femme n'ayant que très peu d'énergie décède en couche mais l'enfant survit. Dans la plupart des témoignages, par haine et colère, le père aveuglé par le chagrin, tue le bébé. Ce maléfice permet aussi d'obtenir un héritier sans s'encombrer de la femme.

Cela ne pouvait pas être vrai. Elle ne pouvait pas. C'était presqu'une chance que Severus ne soit pas au courant que ce bébé était le sien. En clair, son corps était redevenu moldu avec une âme sorcière. Elle devait partir, loin, seule. Si quelqu'un voulait qu'elle meure en couche, quelqu'un voulait avoir ce bébé. Ce produit d'âmes-sœurs, cet enfant fantastique et puissant. Elle devait se protéger, le protéger. Et quand il verrait le jour… elle ne serait sûrement plus là pour le protéger.

La jeune femme se dirigea vers ses quartiers et commença à faire ses affaires qu'elle rangea dans un sac ensorcelé sans fond et sans poids. Elle devait aller dans le monde moldu, elle trouverait une sage-femme, elle referait sa vie et… elle oublierait Severus. Elle le devait. Il devait rester loin d'elle. Ou ils en mourraient tous les trois. Avec un peu de chance les Mangemorts et ses amis ne les retrouveraient pas. Pourtant au fond d'elle, Hermione savait qu'il s'agissait d'une utopie. C'était tout simplement impossible de disparaître quand on était une personne recherchée comme elle. Et même si elle parvenait réellement à disparaître, elle n'était pas sûre de survivre à l'accouchement. Pourtant elle devait essayer.

Le professeur Connoy ne traînait plus sur son chemin, et Hermione l'évitait comme la peste. Elle sentait les regards de sa professeure dès qu'elle la croisait dans les couloirs. Cette femme avait ruiné sa vie. La vie de Severus et celle de leur bébé.

« Mione, qu'est-ce que tu fais ? »

Harry venait d'entrer dans la chambre d'Hermione et il vit que sa meilleure amie mettait des affaires qui disparaissaient dans un minuscule sac. En plein milieu de la nuit, Harry avait trouvé bizarre de constater sur la carte du Maraudeur la trace de sa meilleure amie dans sa chambre et il avait décidé d'aller voir par lui-même ce qui se passait exactement. La confusion de la Gryffondore était palpable. Avant qu'elle ne mette des parchemins avec des livres dans le sac, il put voir écrit « enfant maudit ». Hermione s'assura que son sac était prêt et se tourna vers le jeune homme et décida d'être honnête avec lui. C'était son meilleur ami après tout.

« Je dois partir. Pour notre bien, pour le bien de Severus. » expliqua Hermione de façon évasive.

« Mais tu es enceinte ! Et d'après Pomfresh tu pourrais accoucher bien plus tôt que prévu ! Snape doit être mis au courant ! Il est temps Hermione ! Ça n'a que trop durer…»

La jeune fille sourit tristement et caressa la joue de son meilleur ami, ce qui l'arrêta tout net dans sa tirade. Elle le prit dans ses bras et il ne comprit pas pourquoi elle s'excusait jusqu'au moment où elle utilisa ses pouvoirs extraordinaires pour l'endormir contre sa volonté. Hermione accompagna Harry dans sa chute jusqu'à ce qu'il soit complétement allongé par terre. La jeune fille prit son sac et caressant son ventre, elle se dirigea vers la sortie.

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« Severus, tu dois retourner auprès d'elle, elle a besoin de toi. »

Albus se tenait derrière son homologue masculin. Comment faire comprendre à cet homme aussi têtu qu'une mule qu'il devait retourner vers son âme-sœur ? Il n'était pas sûr des raisons exactes qui avaient justifié leur rupture, mais il savait qu'Hermione avait besoin de lui, peu importe ce qu'il s'était passé entre eux.

« Elle s'est mise dans cette situation seule. » répondit-il amèrement.

Dumbledore aurait aimé répondre que pour être dans cette situation-là en l'occurrence il fallait être deux, mais le cœur n'était pas aux plaisanteries et Severus risquerait de se méprendre. Même si le professeur de potions mourrait d'envie d'aller à ses côtés, il n'en restait pas moins qu'elle portait un enfant. L'enfant d'un autre homme. Son corps et son âme entiers lui criaient de la rejoindre, mais il ne pouvait pas. Elle lui avait demandé de rester loin d'elle, et il le ferait, même si cela le tuait de l'intérieur.

Dumbledore voyait les pensées de son ami s'agiter. Il savait que leur situation était inédite et que si rien ne pouvait être fait, leur union, la présence de l'un et de l'autre ne pouvait être que bénéfique. Ils avaient besoin l'un de l'autre. Ils avaient besoin de se retrouver, pendant qu'il était encore temps. Dumbledore décida d'avouer toute la vérité à son ancien élève.

« Severus… Il s'agit de ton enfant. Miss Granger porte ton enfant. »

Comme si la foudre venait de s'abattre sur lui, Severus resta figé, analysant les mots qu'avait prononcés son aîné. Dumbledore répéta calmement la même phrase, comprenant que son ami avait besoin d'une confirmation qu'il avait bien entendu. Son enfant. Hermione portait son enfant. Pourquoi lui avait-elle caché ? Elle vivait un enfer, seule, depuis plusieurs mois. Pourquoi le maintenir dans l'ignorance ? n'était-il pas légitime de sa part de réclamer son enfant ? De vouloir être au courant qu'il aura une descendance ?

Sans plus attendre, Severus sortit de ses quartiers et courut dans les couloirs. Il devait la trouver, il se doutait qu'elle devait être de retour dans sa chambre si ce n'est de façon autorisée alors de façon illégale. Seulement, tout ce qu'il trouva fut un Potter qui reprenait ses esprits en se frottant le visage, mais Severus n'y prêta guère attention.

« Où est-elle ?! Où est Hermione ?! » demanda-t-il en cherchant les pièces de la chambre.

« Je ne sais pas, elle a dit qu'elle partait avant de m'assom-… »

Severus n'attendit pas d'autres explications de la part de l'élève et courut dans les couloirs. Si elle voulait partir elle n'avait pas d'autres choix que de sortir de l'enceinte du château. Severus avait fait augmenter les protections magiques de l'école, ne permettant absolument aucune entrée ou sortie, sauf les siennes. Sans se soucier du froid, le professeur de Potions transplana devant l'enceinte du lycée comme le lui permettait son statut d'espion. Il devait lui dire, il devait comprendre. Il s'agissait de son bébé, et elle devait avoir de bonnes raisons de lui avoir caché, il avait le droit de savoir ! Elle ne pouvait pas partir, elle serait en danger, à la merci des plus horribles sorciers que la terre ait porté.

Il atterrit de son transplanage et il trouva à dix mètres devant lui Hermione, emmitouflée dans un gros manteau qui ne cachait pas son ventre très arrondi à présent. La jeune femme tenait un flacon de parfum dans sa main, cela semblait être un objet magique. C'était un portoloin. Severus comprit ses attentions et tendit une main vers elle.

« Hermione ! Attends – »

Des larmes coulaient sur les joues de la jeune femme, puis elle n'attendit pas plus longtemps.

« Je suis désolée ».

A peine avait-elle fini de s'excuser qu'elle actionna le porte-au-loin, et disparut dans un tourbillon de vapeurs dans un lieu inconnu, loin de tout, loin de lui.